À droite, toute !

Laurent Joffrin
Au débriefing du troisième grand débat des Républicains d'hier dimanche, Laurent Joffrin sur CNews (en photo) marqua sa stupéfaction au spectacle de l'extrême droitisation des idées d'un parti de gouvernement, anticipant un effet de renfort au candidat Macron venant du centre mou dépité. A moins qu'il n'ait surjoué sa réaction, il semblait sincèrement effaré. Droit du sang, préférence nationale au logement, moratoire sur l'immigration, délai probatoire d'allocataire, quotas, double peine, charters...
Nous sommes en démocratie, monsieur Joffrin. C'est un régime de marché, de marché politique. La demande est à droite de la droite, les commerçants du marché répondent à la demande en offrant les produits qui se vendront. C'est très bête, je sais. La "morale" ? Il n'y a jamais eu de morale en démocratie que dans les vapeurs bitumineuses du socialisme d'amphithéâtre. D'ailleurs les grands fauves de gauche quittent le champ de manœuvre préférant jouir des derniers feux de la prévarication. Espèce inadaptée, elle va s'éteindre selon la loi naturelle d'attrition des chimères. Même les petits miquets comme Bilal Hamon ont rendu les clés du paradis socialiste, sur injonction peut-être d'une épouse lassée de ses enfantillages islamiques. Dominique Strauss-Kahn est parti soigner son priapisme dans la finance sans frontières ; Robert Badinter ne survit que dans la peine de mort ; Lionel Jospin qui a voulu revenir encourager un candidat socialiste pour se lire dans le journal, est reparti à l'île de Ré au vu des sondages calamiteux de la gagnante des primaires ; si tant est qu'on les interroge, tous les intervenants autrefois socialistes marquent un recul critique à l'étalage des résultats calamiteux de leur passage aux affaires ; Chevènement sculpte sa statue de ministre-rebelle en reportant son affection sur Vladimir Poutine pour faire pièce aux démocraties illibérales (pendant la première guerre du Golfe il aimait Saddam Hussein); le grand majordome Olivier Duhamel hésite encore à partir se noyer pour quelques enculades népotiques sans conséquences sur sa carrière, et François Hollande persiste à vouloir faire rire ! Et vous vouliez, monsieur Joffrin que la France ne coulisse pas à droite ? Que reste-t-il à gauche qui fasse envie ? Il fut un temps où ils avaient au moins de la cuisse. Fabius encaisse, Lang encaisse, Manuel Valls ? la pie Taubira, Cruella Hidalgo, Jean-Luc Chavez Mélenchon ? Pento Cambadélis juché sur sa palette, Dray toujours à l'heure ? L'exception de sincérité Montebourg confirme la règle du désamour général pour les profiteurs institutionnels dont la liste est trop longue pour ce petit billet d'humeur. D'accord, il y a Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian, qui n'entreront pas en lice.

Les frondeurs de jadis sont dépassés par les minorités bruyantes que gouvernent le démon du wokisme et celui de la déconstruction bras dessus bras dessous dans l'intersectionnalité. Tyrannie ordinaire de factions s'arrogeant une légitimité payée de la fausse monnaie des bons sentiments. Et la Sociale dans tout ça ? Elle a tenté d'accrocher les wagons aux cris d'Allahou akbar, mais fut vite éconduite par les Frères qui ont leur propre agenda. En fait, ils sont perdus ! A voir la cruche andalouse qu'ils ont choisie pour faire la guerre au fascisme imaginaire dans le vide des évidences, on mesure leur désarroi ! "Faut arrêter le crack !" a lancé Rachida Dati en plein discours d'autosatisfaction de la maire au Conseil de l'Hôtel de Ville. L'insulte a porté, ne craignant plus rien de ce bord, toutes les chaînes l'ont retransmise.

Revenons au débat.

Michel Barnier
Michel Barnier
Les chroniqueurs politiques font la liste des mesures préconisées par les candidats du parti LR, comme Marc Baudriller qui parle de "Noël patriotique" chez Boulevard Voltaire (clic). S'il faut retenir quelque chose de cette soirée, ce sont moins les promesses qui n'engagent que ceux qui les entendent, que l'effet Zemmour qui a poussé tout le monde à droite-droite !
L'imprécateur a-t-il achevé sa mission ? Il semblerait à tout le moins que la bourse des opinions qui de sondage en sondage balance entre panique et hystérie, le pense aussi. Difficulté à récolter les promesses de parrainage, à constituer un front de combat avec quelques pointures de métier, attirer les penseurs qui font les meilleurs discours de fonds, créer partout des équipes de colleurs d'affiches, en un mot, transformer la foule des badauds en électeurs-militants !

J'ai retenu une orientation nouvelle dans le débat de dimanche, c'est une volonté de retour à la Constitution dans le partage des pouvoirs entre le parlement, l'exécutif et la présidence. Michel Barnier l'a annoncé clairement, Matignon gouvernera de facto dans l'axe choisi par le président. Xavier Bertrand pour sa part distingue deux champs présidentiels, marquer les urgences, engager le temps long. Les autres restent dans la configuration macronienne du président je-sais-tout-je-fais-tout qui a versé la nation au fossé. Les monarchistes auraient de bons arguments à présenter pour entrer dans cette voie en surplomb de la politique quotidienne. Il serait utile au pays qu'ils élaborent maintenant un modèle lisible de gouvernance rétablissant les libertés basses et les capitulations territoriales ; mais jusqu'ici les chapelles dénoncent, stigmatisent, ricanent à nul effet et pissent à petits tirages. On a déjà tout entendu d'elles. Sauf à se renouveler, elles vont suivre les sections socialistes au cimetière des éléphants.

A finir sur un pronostic dangereux et tenant compte que seuls les militants votent, je continue à donner Barnier gagnant au congrès LR du 4 décembre, ce qui n'augure pas de sa victoire par après, mais bon...! Rien ne dit non plus que ses concurrents évincés (surtout Pécresse et Bertrand) mettront toute leur énergie à lui faire gagner la deuxième place au premier tour de l'élection présidentielle. A suivre évidemment !



[1979°]

Commentaires

  1. Qui s'occupera enfin de la dette et des déficits ? C'est bien la seule question qui compte mais qui ici n'intéresse personne. Et c'est bien dommage parce qu' on n'a pas fini de passer pour des guignols chez les civilisés.

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    1. La bovitude d'un peuple assisté à mort lui fait accepter la lâcheté de la classe politique.
      A la lanterne, sera un bon début, mais pour qui ? Les votants ou les élus ?

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  2. Un prochain billet sur le "wokisme" ?
    Impossible, il suffit de lire le long article de François-Xavier Roucaut dans la Revue politique et parlementaire sous le titre Les lectures nietzschéennes : Le wokisme ou l’égalitarisme à l’ère de l’abolition de la volonté de puissance..
    Tout y est, rien à ajouter (qui oserait ?), y faire juste référence le jour venu et se retirer sur la pointe des pieds.

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  3. Pourquoi pas Ciotti?
    Quant à la dette, je doute qu'on puisse un jour la rembourser: compte tenu de son importance (+ de 30 mille € par habitant) et sachant qu'elle s'accroit chaque jour, c'est impossible. Sans le dire, les politiques la considèrent comme une sorte de crédit révolving à l'échelle du pays. Et qui mettrait la France en faillite? Personne ne l'a fait pour la Grèce ou l'Italie. A mon avis, elle se transmettra de générations en générations.

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    1. Eric Ciotti est du club des cinq celui qui a le discours le plus clair, assumé. Il ne biaise pas, sans doute parce qu'il a mesuré que ses chances sont faibles.

      La dette est un crédit-revolving depuis toujours mais pourrait devenir un crédit-révolver. Ce n'est pas le capital qui est une menace mais le service de la dette. Pour le moment le Trésor émet des bons à des taux de +/- 0,5%. Quand un bon arrive à maturité, le Trésor émet un nouveau bon pour rembourser le capital dû. Ce nouveau bon peut très bien ne trouver preneur qu'à 2, 3, 5 ou 10% voire plus, si les taux de marché ont remonté. Cette dette est détenue pour moitié par des non-résidents qui ne feront pas de cadeaux.
      A ce moment-là, le service de la dette (30mds€ d'intérêts payés en 2020) sera en constante augmentation et deviendra insupportable pour les finances de l'Etat qui devra couper dans la dépense publique pour dégager l'argent nécessaire au paiement des intérêts dûs. A moins qu'on s'abandonne à la cavalerie financière sans le dire bien sûr, jusqu'à la banqueroute ! Etats-Généraux, 1789, en avant !

      Les décideurs d'aujourd'hui auront tous foutu le camp aux Bahamas pour siroter des Daiquiri au bord de la piscine envahie de blondes à forte poitrine ! Faudra les castrer à Roissy après le check-in.

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  4. Si on avait dit à Laurent Joffrin que Ciotti virerait la course LR en tête il aurait fait l'infarctus !!

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