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Un pape en chemin

pape François
La rumeur court les dicastères, qui fut reconnue tout récemment par Sa Sainteté elle-même nous signifiant qu'il était encore vivant. La rumeur d'un conclave alimente les agapes des monsignori et à l'autre bout du Saint-Siège fait pouffer les nonnes dans leurs petits couvents. Le pape craint serait mal en point depuis son opération du colon et marque la pénibilité de la charge d'une démarche bancale qui augure mal de son col du fémur en ajoutant une irascibilité de chaque instant. Charité chrétienne ! Des journalistes de bénitier (c'est une spécialité) ont prévu un grand article sur les "Trois Papes de Rome comme en 1409" si L'Esprit saint prolonge un peu S.S. Benoît XVI qui mériterait cette revanche sans jamais l'avoir souhaitée. Ils avaient un grand théologien, ils ont voulu un cynique qui les "comprendrait", mais qui s'enferme aujourd'hui dans la petite politique des obsessions modernistes, dans l'ouverture au monde qu'il ne maîtrise pas, le tout avec un insupportable orgueil à la Jules II (sans l'armure).

Sans se presser plus que de raison, le temps du bilan est venu, même si les voies de la Providence sont impénétrables. Ce pape a toujours marché à côté de ses pompes, que ce soit dans la pauvreté-spectacle du début de son règne, mais surtout par la vente de l'église cachée de Chine au Parti communiste (clic), l'insulte au cardinal Zen (voir la note en pied d'article) et plus près de nous, la rupture d'un dialogue apaisé avec la communauté de la Tradition dans la question des liturgies par le motu proprio Traditionis custodes, lequel décrète une cohabitation impossible entre le rite de saint Pie V et celui de Paul VI sous les mêmes voûtes, sauf circonstances exceptionnelles difficiles à réunir. Qu'avait-on besoin de ça ? Les épiscopes "conciliaires" se sont engouffrés dans la brèche liturgique pour bannir de leurs murs tout officiant qui ne baiserait pas l'anneau. On peut compter là combien de marches séparent les niveaux respectifs des papes Ratzinger et Bergoglio.

A moins que l'Esprit saint ne se moque des hommes qui chérissent des causes extérieures au magistère de l'Eglise, tout laisse penser que Son "intervention" dans l'élection du dernier pape est une supercherie. Le conclave a élu un jésuite que l'on savait habile en politique pour avoir traversé la dictature argentine les doigts dans le nez, et qui venait du nouveau monde mais parlait l'italien. Ça changeait du Ratzinger de Ratisbonne, du membre associé étranger de l'Académie des sciences morales et politiques de Paris au fauteuil de Sakharov, du philosophe des Bernardins qui avait subjugué le tout-Paris politique ! J'entends Badinter ébloui, tout à sa joie d'une soirée inoubliable. On a donc eu la pachamama, les musulmans syriens à l'exclusion des chrétiens d'orient, la vente des catholiques chinois, sa guerre des missels qui pousse au schisme et maintenant "la parole avant la foi". Qu'on ne me dise pas qu'il est "inspiré" ! Pape foutraque au possible - on ne va pas entrer dans la condamnation indulgente des mœurs coupables - Bergoglio (c'est Mgr Vigano qui le nomme ainsi) soulagerait l'Eglise romaine en se retirant dans quelque monastère de mission jésuite au pied de la cordillère des Andes. Il y contemplerait de loin la marée montante des Evangéliques sur toute l'Amérique du Sud, à désespérer des puissances célestes qui se gondolent au spectacle de sa mauvaise humeur !
Au suivant !


L'insulte papale au cardinal Joseph Zen

SE Joseph Zen
Quand il fut avéré que la diplomatie du Saint-Siège allait confirmer la remise aux autorités de Pékin de la direction de l'église catholique cachée, et voyant que les représentations qu'il avait faites au nonce apostolique de Taïpei pour en dissuader son maître ne portaient aucun fruit, Joseph Zen décida de prendre l'avion pour Rome afin d'expliquer de nouveau au pape François certains fondamentaux dans les négociations avec le Parti communiste chinois, à commencer par la valeur nulle de tout engagement de leur part en politique intérieure. Un accord "provisoire" avait déjà été signé en 2018 contre son avis. Prévoyant que le clergé chinois serait traqué, fiché, intimidé, les lieux discrets des célébrations liturgiques évacués (on le fit au Shandong), et fermés à tout motif comme les normes d'accueil ou l'absence de baux par exemple, il était résolu à convaincre le Saint-Père qu'il y avait un déficit d'évaluation des réalités que lui connaissait bien. Les prêtres fidèles à Rome, entrés dans la clandestinité pour certains afin d'échapper à la certification officielle dont le défaut ouvre droit à persécution, étaient devenu un "problème" pour la diplomatie, ce qu'il ne pouvait admettre. Mgr Zen n'avait pas mesuré la force de conviction des "négociateurs" du Vatican auprès du pape, qui voulaient leur part de gloire dans une normalisation historique, des vaniteux comme le cardinal Parolin ayant duré trente ans dans l'emploi de diplomate et voulait finir sur un exploit ! A quatre-vingt-huit ans, il prit l'avion l'an dernier, plein de courage. Il fut admis comme surnuméraire à l'audience papale du jour au milieu de la foule des croyants et Sa Sainteté le garda à déjeuner avec plusieurs membres de la Curie. N'osant pas aborder le sujet qui fâche au milieu du repas, il attendit patiemment que le repas s'achève pour avoir quelques minutes en privé afin d'expliquer les raisons de son alarme. On se leva de table et le secrétaire en charge lui signifia que l'agenda était trop chargé pour le recevoir maintenant en particulier, ni aujourd'hui, ni demain. Et le pape disparut sans un signe, qu'il ne revit jamais de son court séjour. Joseph Zen Ze-kiun, cardinal émérite et ancien évêque de Hong Kong, le prélat le plus connu et le plus respecté de toute l'Asie du Sud-Est catholique, traité comme un solliciteur encombrant, un emmerdeur ? Il laissa au secrétariat une lettre au pontife avant de reprendre l'avion. Fin de l'histoire.



[1978°]

Commentaires

  1. Lire la tribune du NewYork Times du 24 octobre 2018 traduite en français chez MCI.
    Mgr Zen y exprime le fond de sa pensée sur le renoncement du pape François en Chine :

    Accord Chine-Vatican – Pour le cardinal Zen « le pape ne comprend pas la Chine ».
    René

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    Réponses
    1. Merci René. Dans un entretien l'an dernier à un journal de Hong Kong (mais j'ai oublié lequel) il confirmait son affection au pape François sans laquelle la promesse évangélique serait abolie. Mgr Zen n'est pas un "agitateur" comme aime le présenter la curie romaine.

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