Pécresse en lice !

Plus aucun candidat de centre-droit pendu aux cordes à linge ! La menace la plus grande pour Emmanuel Macron vient de poser ses pieds sur un socle partisan de plusieurs milliers d'élus des territoires et d'une grosse centaine de milliers de militants actifs. Le seul parti politique survivant du quadrille démocratique traditionnel est mis au défi de ne pas déconner d'ici le mois d'avril 2022. Contrairement à nos prévisions qui donnaient Barnier sur le pavois pour la gueule d'abord, l'expérience internationale ensuite, Valérie Pécresse entre en lice pour le compte des Républicains. Des cinq qui se sont avancés pour recueillir les suffrages du Congrès LR, elle est désormais le concurrent le plus redoutable pour Emmanuel Macron à divers motifs, dont le genre qu'elle affirme de galante façon n'est pas le moindre.

Valérie Pécresse
Ginette, HEC, l'ENA dans la botte, maître de requêtes au Conseil d'Etat, elle grimpe toujours, prof de droit constitu à SciencesPo, plusieurs fois élue, ministre, elle a le bagage, même s'il lui manque le Commando Hubert ! Elle dispose du soutien actif des grands élus franciliens, dont le président du Sénat Larcher, les barons Jacob, Baroin, Woerth, Copé et plus loin, Xavier Bertrand, Hortefeux, les présidents LR de Conseils départementaux de la zone Nord. Le chef en cuisine s'appelle Patrick Stéfanini, préfet et conseiller d'Etat, fin connaisseur des problèmes migratoires, un habitué de l'exercice puisqu'il était directeur de campagne de Jacques Chirac. Ce qu'en pense Sarkozy n'a aucun intérêt, on a compris qu'il hésitait à prendre la carte d'Horizons, le mini-parti d'Edouard Philippe au sein de la Maison de tolérance commune.
Le Programme Pécresse est imprimé partout, nous vous en faisons grâce. D'aucuns le disent "ultra-libéral" faute de savoir ce que libéral veut dire. Les censeurs de la Gauche caviar affûtent les coûteaux contre celle qui a rayé des listes le parrain Bartolone, président de l'AN, puis qui une seconde fois a ridiculisé les miquets-miquettes Autain, Bayou, Pulvar, Saint-Martin dans le même scrutin régional. Attendre donc le shitstorm habituel de la basse police médiatique, France Inter et consorts. Mais comment va-t-elle s'insérer dans la course de chars est plus intéressant que d'insulter le service public qui le mérite bien.
Ils sont quatre concurrents désormais en Poule A : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Valérie Pécresse et Eric Zemmour. Le champ de manœuvre est fermé, camp clos ! Le ticket d'entrée au second tour est aujourd'hui à 16,75% sur un tirage de 1+3 et de 14,5% sans Macron (voir plus bas). Pour intéresser la partie, il y aura aussi une course en division 2 pour ceux des candidats capables de se faire rembourser les frais de campagne avec plus de 5% des suffrages : Hidalgo, Jadot, Mélenchon. Puis derrière eux, les inévitables candidats témoins de leur idéologie crépusculaire ou de leur projet individuel comme Jean Lassalle, la division 3 que personne ne regardera. Ce qui est jouissif est que la Gauche a complètement disparu da la Poule A. Mis à part Arnaud Montebourg en apiculteur sincère, elle se ridiculise avec des sous-ordres, sans idées neuves, sans crédibilité, sans charisme, obligés d'aboyer à l'esstrème-droate avant de convoquer leurs antifas aux basses œuvres !

Au dernières nouvelles, nous avions pour le premier tour 2022 de l'élection présidentielle (source):
  • Macron à 23-24%
  • Le Pen à 19-20%
  • Zemmour à 13% (avant sa déclaration de candidature)
  • Pécresse à 11% (avant sa qualification)

Le réservoir de voix de la Division 2 convertibles pour partie en votes utiles est de 22-23%.
Le réservoir de voix de la Division 3 captives des partis bloqués est de 10-11% ; elles seront perdues sauf à extraire les 2% d'Arnaud Montebourg du magma.
L'abstention est par hypothèse calée à 50% des inscrits, mais l'intensité du match peut mordre dessus si les électeurs de la droite populaire croient l'heure des quatre vérités venue. A l'opposé, le retard pris par les trois candidats de gauche peut démobiliser des électeurs qui comptaient sur eux.
Dans tous les cas de figure et à la date d'aujourd'hui Emmanuel Macron l'emporterait aisément au second tour.

Macron est stable en intentions de votes depuis le début, ce qui devrait aussi l'inquiéter. La lutte à trois derrière lui se dédouble comme suit :
- un combat Le Pen-Zemmour entre deux programmes très proches mais des personnalités que tout oppose au milieu d'un vivier électoral de 32 à 33% des votants, peu susceptible de s'agrandir (MLP avait fait 33,90% au second tour en mai 2017). On pourra deviner que certains militants soutiens d'Eric Ciotti renforceront Eric Zemmour dans le Sud au lieu de voter pour la Versaillaise.

- deuxième opération, le siphonnage par Valérie Pécresse d'une fraction du centre-droit rallié par intérêt à la macronie et celui de la Division 2, une récupération de quelques électeurs républicains qui se sont déportés sur Eric Zemmour, le tout assorti d'une conquête des femmes abstentionistes et celles du parti de l'ordre. Elle a 4 à 5% à remonter dès le départ (ce week-end) pour coller au bloc éligible au tour suivant, à augmenter ensuite pour virer en second derrière le favori des sondages ! C'est haut ! Elle compte agréger le centre-droit encore libre mais les traîne-lattes du marais ont déjà un œil sur les maroquins 2022 que Macron offrira, s'ils se rallient à temps. Aussi engageront-ils leur propre électorat à entrer dans la Maison Commune en passant le message de bouche à oreille. Nous ne les citerons pas car nous ignorons la météo politique du mois de janvier 2022 et parce que c'est une question de vent.
Des sondages réalisés le 2 ou le 4 décembre après les résultats LR pourront donner des chiffres légèrement différents, mais pour Pécresse, c'est faisable, sans être acquis. C'est sur Patrick Stéfanini qu'elle doit compter pour y arriver.

A partir de maintenant, le défi pour chacun des trois poursuivants est de créér une "dynamique". Les pronostics de Royal-Artillerie pour le premier tour : concurrencée dans son pré carré, Marine Le Pen restera sous son plafond de verre habituel. Eric Zemmour a déjà créé son mouvement brownien et devrait osciller entre 13 et 16%. Valérie Pécresse est la nouveauté du match, ça peut lui profiter, autant qu'elle saura habilement dramatiser sa participation (sans trop de minaudage mais elle semble avoir banni ce travers). Elle a beaucoup travaillé sur son programme et elle bosse à fond son ambition, à ce que dit Florence Portelli, sa jolie porte-parole. La position politique atteinte par Pécresse en tant que challenger officiel du président sortant ne s'obtient qu'une fois dans la vie depuis que nous avons américanisé notre démocratie où les battus vont disparaître ; aussi y mettra-t-elle tout son courage. C'est maintenant la course de fond, un marathon de dix-huit semaines ! Il faudra rester en forme physique et mentale mais elle est entourée. Pour cent raisons que nous distillerons jusqu'au mois d'avril si Dieu et ses plaies nous prêtent vie, Valérie Pécresse est sans doute le moins mauvais choix pour succéder à Emmanuel Macron qui de toute façon doit partir pour le bien du pays ! Puisque ce n'est pas un candidat monarchiste qui le chassera, il faudra s'en remettre à meilleure fortune.

[1987°]

Commentaires

  1. Sondage IFOP du lundi 6 décembre 2021 avec les écarts IFOP (ne pas mélanger les instituts) :
    - Emmanuel Macron : 25% (inch.)
    - Valérie Pécresse : 17% (+7)
    - Marine Le Pen : 17% (-2)
    - Eric Zemmour : 13% (-2)
    - Jean-Luc Mélenchon : 9% (?)
    (source et tableau)

    Donc Valérie Pécresse a intégré le wagon de tête en un week-end. Ce choc d'opinion était la condition première pour la suite. A 48% contre Macron au second tour, elle est pour ce soir qualifiée. Que sera-ce demain ?
    Reste à calmer M. Ciotti qui donne l'impréssion d'avoir fait 40% au plan national.

    RépondreSupprimer
  2. Par le sondage Elabe sorti hier, Pécresse entre dans le rôle de "vote utile" pour chasser Macron. Cela devrait lui profiter parce qu'avec sa plasticité politique elle n'a pas de plafond de verre.
    Ciotti s'y voit de plus en plus.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et quand vous aurez Pécresse à la place de Macron, serez-vous satisfait ? Dommage car ce sera bonnet blanc à la place de blanc bonnet.

      Supprimer
    2. Bonsoir,
      Dans ses fonctions politiques précédentes Pécresse a eu des résultats et il est injuste de lui imputer les bévues de son parti d'alors. Macron, Jupiter plus puissant que le Roi-soleil, n'a pas de résultats.
      Quant à être satisfait d'une "élection", je vous laisse deviner que je suis royaliste :)
      Bonne soirée.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Modération a priori. On peut utiliser dans la rédaction du commentaire les balises "a", "b" et "i" pour formater son texte.