mercredi 20 juin 2007

Chaâlis avec Lys de France

ruines de l'abbaye de Chaalis
Lys de France
communique

Notre sortie annuelle nous conduira sur les routes du Pays de France et du Valois. C'est de cette terre de France que la monarchie a su forger son identité alors que le royaume était réduit à des territoires épars. Mais, l'union du trône et de l'autel, du temporel et du spirituel, sera l'essence de notre monarchie et de son rayonnement.

A Chaâlis, la merveilleuse chapelle Sainte-Marie, récemment restaurée, nous fera réfléchir sur la signification de la beauté et du sens à donner à la vie. Ces artistes avaient la volonté de ne pas déplaire au Bon Dieu en donnant le meilleur d'eux-mêmes pour Sa gloire et Sa majesté.
Aujourd'hui, la déchristianisation de notre société entraîne des comportements égoïstes ou libéraux, Dieu ne s'inscrit plus que dans le décorum des fêtes privées (ex : mariage) ou à l'occasion d'un drame national. La réalité est brutale. Monde & Vie et l'Homme Nouveau se font les échos de toutes ces églises qui sont détruites par les collectivités locales. C'est la suite logique de notre société matérialiste et mondaine.

Tout ce qui ne rapporte pas à l'économie est considéré comme une charge. C'est ainsi qu'on supprime le caractère férié du lundi de Pentecôte, qu'on "réforme" la fonction publique, qu'on détruit les églises et les enfants à naître qui s'ils naissaient, seraient alors des "charges de famille", et demain, selon le voeu ouvertement exprimé par le candidat Sarközy, de "mourir dans la dignité" alors qu'en réalité un vieillard est aussi une charge pour les finances publiques, c'est-à-dire pour les électeurs-contribuables.

A Senlis, nous visiterons la collégiale royale Saint Frambourg. Nous la devons à la reine Adélaïde, épouse de Hugues Capet qui avait une certaine dévotion pour l'ermite du Bas-Maine (Mayenne). On venait prier devant les reliques des saints du Maine mais aussi devant celles de la Passion. Au côté du roi, la reine exerçait pleinement sa fonction complémentaire. En construisant un édifice religieux, elle contribuait à l'avancée de la civilisation. La Lettre Royale (réservée aux adhérents) relate l'avénement de la monarchie capétienne à Senlis et la vie de saint Fraimbault, celui qui inspira le légendaire Lancelot.

L'esprit amical et culturel de cette journée catholique et royale sera propice à l'annonce officielle du lieu où se tiendra le samedi 15 décembre la Saint-Nicolas 2007. Bien entendu, à l'occasion de la publication de la prochaine Lettre Royale, les adhérents des Lys de France disposeront d'informations complémentaires.

Royalement vôtre.

Nicolas CHOTARD
Président


L'abbaye royale de Chaâlis ?
avec http://www.chaalis.fr/ bien sûr !

Au coeur de la forêt d'Ermenonville, sur la route menant à Senlis, s'élèvent les restes de l'ancienne abbaye cistercienne de Chaâlis. D'abord abbaye bénédictine fondée au début du XIIème siècle par le sire de Mello à son retour de croisade, elle est rattachée ensuite à l'ordre de Citeaux et devient fille de Pontigny.

Le roi Louis VI le Gros choisit Chaâlis pour en faire une abbaye royale dédiée à l'âme de son cousin Charles le Bon, assassiné à Bruges. Si le comte de Flandres, Charles le Bon a été assassiné en 1127, ce n'est qu'en 1136, que le Roi de France Louis VI fonda définitivement le monastère cistercien de Chaâlis en l'honneur de son cousin et compagnon d'armes.

En 1202, l'église abbatiale était en construction et sa dédicace fut faite en 1219 par le frère Guérin, évêque de Senlis et "chancelier" de Philippe Auguste. Les travaux semblent donc avoir été très rapides.

Longue de 90 mètres, l'église abbatiale était probablement précédée d'un porche (comme celui de Pontigny, l'abbaye-mère). Elle présentait une longue nef flanquée de deux bas côtés et d'un large transept de 46 mètres avec croisillons semi-circulaires sur lesquels s'ouvraient des chapelles édifiées sur un plan polygonal assez exceptionnel. La nef était très bien éclairée par des fenêtres probablement bifores. Elle était couverte de voûtes sexpartites.

Dans un deuxième cloître avait été édifiée la chapelle Ste Marie ou chapelle abbatiale (1245-1255) dont l'architecture n'est pas sans rappeler celle de la Sainte-Chapelle.

C'est au milieu du XIVème siècle que l'abbaye connut son apogée. Avec le Concordat de 1516, l'abbaye tombait en commende et les abbés commendataires, comme le cardinal Hippolyte II d' Este, faisaient bénéficier l'abbaye de leur goût pour les arts. Son neveu, Louis d'Este, fit venir le Tasse à Chaâlis. Le poète y séjourna pendant l'hiver 1571-1572. L'illustre famille de Ferrare confia à Primatice, le soin d'orner l'intérieur de la chapelle de fresques .

Derrière la rosace actuelle, tout le mur intérieur de la façade reçut une fresque monumentale, représentant l' Annonciation, avec dans un globe céleste, le Père éternel lançant ses anges pour annoncer la nouvelle. Tous les voûtainsfurent peints des figures des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des Evangélistes et de nombreux anges portant les instruments de la Passion.

Au début du XVIIIème, les bâtiments périclitèrent mais un nouvel abbé, le Comte de Clermont, décide de rénover la construction. Malheureusement ce fut la faillite, les moines furent dispersés et le domaine vendu comme "biens nationaux".

carte routière vers Senlis
Programme du dimanche 24 juin 2007



  • 10h30 : Messe traditionnelle célébrée dans l’abbaye royale de Chaâlis

  • 12h00 : Repas tiré du sac (un kir royal sera offert)

  • 13h30 : Visite-conférence de la chapelle Sainte Marie sous la conduite du professeur Pierre Vasseur

  • 15h00 : Visite-conférence de la chapelle royale Saint-Frambourg (Senlis) sous la conduite de M. Jean-Paul Menou, vice-Président de la Fondation Cziffra, conservateur général du Patrimoine

  • 16h00 : Visite de la Cathédrale et des vestiges de l'ancien château royal, lieu d'élection de Hugues Capet en 987

  • 17h00 : Rafraîchissement au prieuré Saint-Maurice



  • PAF : 20 € - Adhérent : 18 €

  • Gratuit pour les moins de 16 ans



Hugues Capet élu à Senlis
Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07
nicolas.chotard@wanadoo.fr

samedi 16 juin 2007

Chrétiens perdus par l'Empire

Gérard Leclerc réclame dans la France Catholique de cette semaine le sursum corda sur la question liturgique que devrait trancher une fois pour toutes le motu proprio du souverain pontife. On sait les réticences de la conférence épiscopale, sans trop les comprendre à l’aune des enjeux qui les dépassent tant ailleurs, non sur le plan relativement subalterne du mode d’adoration le plus adapté à l’envergure théologique de notre temps – que Sa Sainteté soit bénie pour le souci qu’elle met dans ces questions -, mais par les dévastations les plus graves qu’endurent les communautés chrétiennes sur les terres de la Bible, du fait de la fureur animale de sectateurs aveuglés de haine contre le genre humain.

patriarche Emmanuel III DellyC’est dans ce numéro de la France Catholique que l’on déniche un article sur les malheurs des Chrétiens d’Orient. J’allais ajouter, les vrais ! L’article sur la tragédie des Chrétiens d’Irak se consulte en cliquant sur son titre.
Ce sont près d’un demi million de personnes qui ont dû fuir la nouvelle république irakienne, principalement (mais pas seulement) du fait de leur appartenance chrétienne. Les « stratèges » climatisés de Washington étudieraient le regroupement des restes dans la province de Ninive. C’est dans l’air du temps, on sépare tout le monde, sans doute pour que cesse la guerre civile aveugle, afin que se déchaîne la guerre classique, les yeux grand ouverts. Combien de temps tiendrait l’île chrétienne de Ninive dans l’océan de l’Oumma intégriste ? Sans doute au moins jusqu’au terme du second mandat de M. le président GW Bush.

Après moi le Déluge ! Justement, ça s’est déjà passé là ! Tout s’est passé là. Le jardin d’Eden, l’arche de Noé et de Spielberg, le patriarche Abraham, le sacrifice du mouton, la tour de Babel, les chaînes de Babylone, et pas si loin s’est poursuivi le pèlerinage mystique de l’homme vers son seul dieu, les Tables de la Loi, la Terre Promise, les Prophètes, les Rois, jusqu’au saint Sauveur ! Que suivit l’inondation chrétienne de toute l’Asie Mineure avant que de noyer le reste de l’Empire romain !

S’il est une terre d’ancrage biblique et forcément chrétienne c’est bien la Mésopotamie, et l’Asie Mineure (désolé pour les antiturcs) !

La guerre de religions qui détruit le Moyen Orient ne pouvait épargner les communautés chrétiennes d’Irak. Elles n’ont jamais été considérées comme des aliens dans la région, mais parfaitement intégrées au socle civilisateur, jusqu’à ce que les couples dominants-dominés traditionnels explosent dans le reclassement des alliances pour ou contre Israël, pour ou contre les Etats-Unis, pour ou contre Téhéran, pour ou contre Damas. Les Chrétiens furent souvent du bon côté du manche, mais impossible de ne pas choisir.
Les Chrétiens du Liban ont choisi d’abord le parti Baas syrien (fondé par le chrétien Michel Aflaq) quand les phalanges ont appelé Hafez el Assad au secours, après la déroute du général Aoun ; les Chrétiens d’Irak, assyro-chaldéens en majorité, ont choisi le Baas de Saddam Hussein, et s’en trouvèrent récompensés par les hautes fonctions confiées à Tarek Aziz.

Au Liban, les Chrétiens se sont partagés ensuite - un peu comme le font les Corses - au motif d’une illusoire indépendance du pays à leur bénéfice pour les uns, à la préservation de positions acquises avec les Syriens pour les autres, ou pour survivre sur l’estrade politique dans une alliance contre-nature ainsi que l’a contractée Michel Aoun avec le Hezbollah ! Que les communautés chrétiennes trinquent dans une nouvelle période de grande effervescence ne peut surprendre. Au passage, chacun se demande que fait la France dans ce désordre, sauf à être là à temps et à contretemps, comme si elle habitait ce pays depuis toujours et y promenait son chien !

En Irak, la question est bien différente. Sans doute par le « Rendez à César … » les Chrétiens furent toujours de loyaux sujets puis citoyens, sans arrière-pensées car, établis là depuis toujours, ils n’avaient aucun agenda politique. C’est ce qui les a enrichis, au point de faire envie aux communautés musulmanes les moins favorisées, les Chiites. Dans leur fureur d’imposer la stricte application des rites – cette religion ne serait-elle finalement qu’un catalogue de rites médiévaux élémentaires ? – ces derniers s’en prirent ainsi aux Chrétiens à double titre, la violation des rites de la charia (alcool, vêture, moeurs) et la loyauté au dictateur déchu qui les avait méprisés et écrasés. Capturer à Ankawa le recteur du Babel College de Bagdad participe quand même d’une volonté manifeste d’éteindre tous les chandeliers, définitivement.

Comme on ne voit pas de quelle façon les communautés chrétiennes fortement minoritaires auraient pu échapper à cette vindicte hystérique, il eut été prudent de la part des Anglo-saxons de peaufiner leurs réflexions dès après la première guerre du Golfe avec en tête ce souci de pérenniser la souche biblique, chose qui devait quand même les intéresser, surtout au moment de l’accession au pouvoir des néo-conservateurs évangéliques !!! Il me revient cette réflexion de la Mère supérieure d’un couvent catholique de Bagdad à qui l’on demandait son sentiment sur l’imminence de la guerre américaine en février 2003, répondre qu’elle redoutait bien plus que les bombes, la rupture des « digues » de Saddam City, le faubourg misérable chiite de la capitale. On sait mieux aujourd’hui de quoi voulait-elle parler.

Aucun compte ne fut tenu au Pentagone de l’exposition hyper dangereuse de ces communautés à la Revanche, puisque celle-ci - la revanche - n’était pas dans les programmes. Ces programmes américains d’après-guerre étaient d’ailleurs vides de toutes analyses. On en a eu la preuve maintes fois et en continu ! Il n’est que de citer les noms des proconsuls de rencontre qui se sont succédés à Bagdad pour écouter les ordres téléphoniques de Washington sans rien comprendre à rien ! Jay Garner, général de l’intendance à la retraite complètement déconnecté de la réalité politique du pays, Paul Bremer, administrateur civil qui géra la situation à la petite semaine par décrets et vetos, liquéfia l’armée nationale, pour terminer dans la fumée d’une gigantesque opération de corruption irakienne sur laquelle il ferma les yeux pour s’acheter des amis, ou la paix (dit-il) !

Ce qui ressort de l’affaire, c’est la médiocrité du haut commandement, et surtout celle du Commander in Chief ! Qu’attendre d’un président incapable de ramasser ses idées à la lecture d’une lettre de plus d’une page ! C’est bien à ce niveau qu’est Le Problème.

Georges W. Bush fut élu (mal élu) sur sa bonne mine et sur la facilité de compréhension de ses thèmes de campagne par l’électorat. Les débuts de son mandat ne révélèrent rien d’extraordinaire sauf à proclamer qu’il était devenu abstinent en lisant la Bible ; jusqu’à ce que les Saoudiens d’al Qaïda percutent les Twin Towers. A partir de là s’est joué un film de guerre, tourné par des faucons mouillés comme les dénonce la Gazette du New Hampshire testant des théories académiques inédites !
Il fut élu pour le second mandat parce qu’on ne change pas de cheval au milieu du gué, en pleine guerre, et aussi parce que son concurrent, WASP bostonien un tantinet méprisant, n’a pas convaincu les classes populaires.

La démocratie américaine qui a souvent produit des présidents d’envergure, a cette fois sorti du chapeau le lapin sot ! Parfaitement instrumentalisé par une coterie avide de pouvoir qui s’essayait au modelage démocratique du monde sur des analyses insuffisantes et des schémas inapplicables hors de la sphère occidentale, le président des Etats-Unis a rejoué la fable de l’Ours et l’Amateur des Jardins de Jean de la Fontaine. Et la lourde pierre a tout fracassé !

Mossoul messe syriaque aout 2005
La question nous est posée du pouvoir régalien.
Si dans un régime présidentiel équilibré comme celui des Etats-Unis l’insuffisance du chef de l’Etat conduit à de pareils désastres, quel serait notre argument pour lui substituer chez nous un chef permanent, souverain successible automatiquement ?

Certes les dommages causés le sont sur les théâtres extérieurs de par la position dominante de l’empire, et n’ont pas touché le pays lui-même ; sauf les familles des soldats morts ! Et sans doute que sur un plan domestique il n’aurait jamais pu continuer pareille aventure, les procédures de destitution l’auraient vite stoppé. Néanmoins il faut réfléchir à cette extravagance : une démocratie parmi les plus abouties, a sorti quelque sorte de tyran niais ! Heureusement qu’il était limité à huit ans !

jeudi 7 juin 2007

L'espoir en politique

lueur d'espoir"Tout désespoir en politique est une sottise absolue" (Ch.Maurras, L'avenir de l'intelligence). Combien de fois ai-je entendu cette maxime consolatrice du maître ? Trop de fois ! Là est toute ma perplexité devant le nombre d'impasses politiques constatées, qui ont été ignorées des conservateurs du capitulaire royaliste au motif de "l'espoir règlementaire". Trop de fois les interrogations des militants ou des sympathisants ont été reçues par le feu de salve des slogans du prêt-à-porter monarchiste que constitue l'oeuvre politique et polémique de Charles Maurras, et ignorées.

L'histoire du mouvement royaliste depuis la dernière guerre ressemble dans son volet "propagande" à la course du bel athlète sur un tapis roulant de gymnase. Il sue, la serviette roulée autour du cou, et le compteur abat les kilomètres, mais rapporté au droit de la fenêtre du monde extérieur il n'a pas progressé d'un mètre. Cinquante-cinq ans après la disparition de Maurras, la cause monarchiste n'a pas avancé d'un pouce en dépit de la qualité indéniable des "actionnaires" qui se succèdent dans ce qu'on peut bien appeler une fondation à succursales multiples.
La monarchie n'existe dans aucun programme politique visible sur la place publique, même si le mythe de l'homme fort ou providentiel qui lui est étranger, continue de fédérer une large tranche de l'électorat, jusqu'à porter M. Sarkozy au pouvoir. Pourquoi ?

La question s'adresse plutôt au médecin-légiste qu'au piéton blogueur. Le royalisme d'action bouge-t-il encore ?

Toute action politique, si elle ne vise pas à la perpétuation de positions rémunératrices ou de prébendes publiques, a une cible ultime, acceptée par tous ceux qui s'y engagent. Je différencie l'action de la philosophie politique qui peut la sous-tendre. Cette cible est affichée ou pas.

L'Alliance Royale par exemple, seul parti royaliste déclaré, veut faire amender par référendum la constitution de la Cinquième république pour pérenniser dans sa fonction suprême une famille princière. Sa démarche emprunte dès lors les voies démocratiques et l'obligent à se mêler au système qu'elle combat à son niveau supérieur. Ces voies exigent de fortes bases militantes ; elles restent à conquérir.

L'Action française, mouvement centenaire déjà, privilégie quant à lui l'irruption. Sans connaître en détails la démarche retenue, elle compte sans doute beaucoup sur une réactivité pragmatique fondée sur une vitesse d'analyse ultra-rapide d'un cercle le plus large possible de décideurs et de penseurs. L'Ecole de pensée forme-t-elle à cette réactivité ? Sans doute. Il n'est dès lors que d'attendre une fracture dans la continuité de l'Etat pour placer le coin au bon endroit avant que ne se referme la blessure, et dévier ainsi le long fleuve tranquille de l'Histoire.

Le problème n'est pas tant d'identifier la fracture au bon moment que de maintenir éveillée l'attention des militants qui doivent espérer ce jour sans savoir s'il adviendra. Et l'usure mentale s'installe vite quand on se livre à une rétrospective sur les fractures passées. 1940, 1945, 1958, 1968, aucune fois ne fut trouvée l'ouverture de la porte. La seule suggestion d'un retour de la monarchie fut émise par Charles De Gaulle en vue des élections de 1965, pour revenir sur sa réflexion dès que s'ouvrirent les hostilités électorales.

Aucune autre chapelle royaliste que les deux précitées n'envisage un combat politique plus loin qu'un débat d'idées en cénacle restreint, mais toujours de haute qualité. Les commémorations sont nombreuses et tout à fait discrètes, réunissant les mêmes et quelques autres qui ont le plaisir de se retrouver ainsi régulièrement. Il est loin le "politique d'abord" ! Alors quoi ?

Il faudrait s'enfoncer dans le crâne que l'exercice de la démocratie est comme l'ADN de nos sociétés occidentales. On peut combattre ses méfaits comme on extirperait les gènes dangereux de l'hélice, voire discuter des étages d'application, mais la nier politiquement conduit à l'impasse pour moi mythique de "l'irruption". En feignant de croire d'ailleurs que le nouveau régime surprenant sera exempté de l'adoubement démocratique sous une forme (congrès) ou une autre (plébiscite)!
On peut certes discuter à l'envi de l'infériorité philosophique de la démocratie, de ses dérives génétiques, de ses fourvoiements coupables, voire lui préférer son avatar ultime, la lotocratie grecque. Mais politiquement c'est vain et temps perdu. Il n'y a plus d'autre voie que démocratique. Donc il faut ensemencer le jardin avec de vraies idées susceptibles de se répandre, nos vraies idées au fond.

Les tentatives assez fréquentes d'accès au marché politique sous la bannière du roi ont chaque fois surpris par l'empathie de l'opinion, même si elle confond souvent le monarque et cet homme providentiel qui va tout résoudre par son charisme. Parmi les dernières, celles de M. Chauvin dans une partielle des Hauts de Seine et de M. Adeline en campagne nationale ont fait entendre un écho intéressé provenant de l'électorat, surtout et c'est l'important, quand on déroule le dispositif institutionnel. L'Etat cher et poussif actuel y aide beaucoup. Sa banqueroute annoncée aussi.

L'écho par contre peut fortement diminuer quand on se place sur le terrain des valeurs qui, par essence, ne découlent pas exactement des institutions. Je pense à notre registre traditionnel qui défend la patrie, la vie, la famille, l'artisanat, à la manière de Goscinny et Uderzo. Sur ce terrain des valeurs françaises il y a du monde, le meilleur et le pire, et le message monarchiste s'estompe dans ce brouhaha. C'est pourquoi je privilégie la propagande sur les institutions, fondée sur un argumentaire bien construit et relativement facile à défendre pour un royaliste formé. Pérennisation et indépendance des pouvoirs régaliens, incarnation de la continuité de la Nation, arbitrage, décentralisation poussée, etc.

Dans ce combat il faut se défaire de vieux concepts contre-productifs qui ne veulent d'ailleurs plus rien dire, comme l'antiparlementarisme - le parlement, comme son nom l'indique, est le lave-vaisselle des sociétés occidentales dont on ne se passera plus -, a fortiori la monarchie absolue de droit divin qui est un diamant si beau qu'il en est devenu invendable !

Ensemençons le jardin démocratique de la réforme institutionnelle jusqu'à devenir aussi les champions de la démocratie directe et des scrutins proportionnels, à tous les étages de l'Etat qui ne disposent pas des pouvoirs régaliens.
C'est une forme de troc entre le principe monarchique et une démocratie adulte !

A vouloir cela nous retrouverons l'espoir.

espoir

mercredi 30 mai 2007

Lignières du Berry

château de Lignieres

En préparation au CMRDS 2007 découvrons le château de Lignières.
Le nom de Lignières vient des lineries, fabrication locale d'antan. On y honore aussi l'âne, le "grand noir du Berry" lors de la Foire aux ânes créée dans les années 1980, à l'origine pour sauver la race berrichonne. Si la ville n'a pas de casino, elle dispose depuis 1879 d'un hippodrome, créé alors par la famille de Bourbon-Parme. Il y aura course hippique le 12 août au nouvel hippodrome départemental (trot ou galop, je ne sais). Il est bon de savoir qu'à Lignières se pratiquent aussi l'aïkido et le taekwondo, au cas où vous feriez des rencontres.

La ville possède une riche histoire, par l'importance de sa place forte à double muraille. Jeanne de France, fille de Louis XI, fut élevée au château de Lignières. Les guerres de religion verront l'armée protestante saccager la ville (vers 1569). Le château fort fut démoli par M. de Nouveau qui érigea le château actuel sur ses fondations ; il fut la propriété de la princess Palatine, puis de Colbert qui mourut le lendemain de l'acte, de Jean-Baptiste Colbert, son fils, et le château passa par héritage à la famille de Bourbon-Busset qui furent comtes de Lignières, puis par mariage à la maison de Bourbon-Parme, puissance invitante chaque année.

Notice des Monuments Historiques
Lieu-dit : Le Bourg
Epoque de construction : 1654 - 1660
Auteur(s) : François Le Vau (architecte) ; Michel Roy (maître maçon) ; Larivière (maître fontainier) ; Gabriel Thévenon (jardinier) ; Jérôme Drouard (maître fontainier) ; Robert Geoffroy (architecte) ; René Boissonnet (maître d'oeuvre)
Historique : Ce château fut construit à partir de 1654 par François Le Vau pour Jérôme de Nouveau, grand maître des Postes et Relais de France et financier parisien, sur les bases d'un château féodal abattu en 1653. Le corps de logis fut édifié de 1654 à 1656. La galerie fut alors construite, puis, en 1660, celle des deux pavillons qui cantonnent la terrasse d'entrée sur la cour. Les douves furent construites à la place des fossés par Larivière.
Les plans des jardins furent établis par Le Nôtre mais non réalisés. Les jardins furent conçus par le maître jardinier parisien Gabriel Thévenon ; les canaux sont de Jérôme Drouard, gendre de Larivière et maître fontainier de Paris.
Les travaux furent conduits par Robert Geoffroy, architecte, décédé en 1660, puis par l' entrepreneur René Boissonnet qui, en 1665, travaillait encore aux basses-cours.
Date protection : château, ses dépendances, cour d'honneur, douves, bâtiments des communs et petit parc : classement par arrêté du 27 juin 1935.


Des âmes illustres qui vécurent ou passèrent à Lignières, Henri IV, le duc de Clermont Tonnerre, le duc de Maillé, la Grande Duchesse de Luxembourg et son époux le prince Félix, la dernière impératrice d'Autriche, Zita de Hongrie, la reine Juliana des Pays-Bas et le comte Bernhard zur Lippe Biesterfeld, nous retiendrons aujourd'hui Catherine d'Amboise (1482-1550) dont les mânes hantent encore les pierres du lieu.

Enfant posthume de Charles Ier d'Amboise et de Catherine de Chauvigny, la plus importante famille de Touraine, Catherine d'Amboise est mariée très jeune à Christophe de Tournon, chambellan de Charles VIII, dont elle a un enfant qui ne survit pas. Elle est veuve à 17 ans et se remarie en 1501 avec Philibert de Beaujeu, seigneur de Lignières, qui meurt à son tour en 1541. À plus de soixante ans, elle contracte un troisième mariage avec Louis de Clèves, comte d'Auxerre, qui la laisse à nouveau veuve en 1545. Décidément ! La mort de son frère, Charles Chaumont d'Amboise, en 1511, puis celle de son neveu, Georges II d'Amboise, à Pavie en 1525, la font héritière de la seigneurie de Chaumont et également d'une partie de la bibliothèque du grand prélat humaniste Georges d'Amboise. Elle prend alors sous sa protection le bâtard de Chaumont d'Amboise, Michel d'Amboise, poète qui lui dédiera La Penthaire de l'Esclave fortuné (1530).

Catherine d'Amboise laisse des oeuvres manuscrites attestant le rôle culturel des dames de l'aristocratie à l'aube de la Renaissance. C'est en Berry, dans le château de Lignières, qu'elle compose des traités didactiques et des poésies religieuses. Les deuils qui l'ont accablée très jeune, et la destinée d'une famille placée au sommet du royaume, sont à l'origine de son premier ouvrage, Le Livre des prudens et imprudens des siecles passés. C'est un long traité en prose rassemblant les destins de ceux qui, depuis Adam jusqu'à Charlemagne, illustrent les conséquences du vice et le pouvoir de Prudence. Pour chacun des douze livres, ont été retenues six histoires, tirées de l'Ancien Testament, de Boccace, de Vincent de Beauvais, de La Mer des Histoires d'Orose ou des Histoires romaines. Catherine ne masque pas ses dettes à l'égard d'une littérature riche en exemples, mais également à l'égard des Chroniques qui fondent l'idéal de l'aristocratie. Le recueil, tout en proposant un miroir de vertus, dans la tradition des grandes compilations didactiques, fait écho à cet humanisme aristocratique dont le cardinal d'Amboise fut un des plus illustres représentants. Voisinent alors avec les grandes figures de l'histoire profane et sacrée, Cicéron, Virgile et Boèce qui a «repandu les sciences en traduisant Aristote».

Le déclin de la maison d'Amboise après le décès du cardinal en 1510, puis de Charles Chaumont d'Amboise et de son fils Georges, accentue la prédilection de Catherine pour Boèce. Dans La Complaincte de la Dame pasmée contre Fortune, allégorie en prose, l'auteur qui ici reste anonyme, apparaît à la fois comme narrateur et acteur : terrassée par de nouveaux malheurs, elle reçoit la visite de Raison qui l'engage à méditer sur les misères de ce monde, pour finalement trouver le chemin du «parc d'Amour divin» où réside Dame Patience.

La réflexion sur l'inconstance de la Fortune, inspirée par Sénèque et par le livre De la consolation de Boèce, devient méditation religieuse qui permet finalement de détrôner celle dont les «idolâtres» ont fait une déesse. Cette pérégrination mystique, qui s'achève sur une vision du Christ en croix, annonce la dernière oeuvre connue de Catherine d'Amboise : Les Devotes Epistres. Dans ces poésies écrites de son château de Lignières, la littérature pénitentielle n'efface pas la culture antique : pour louer la Vierge, Catherine invoque les anges, mais aussi Judith, Ester et Rachel, les Muses, Amphion, Orphée et Apollon.

Catherine d'Amboise est absente de l'histoire littéraire. Ce n'est que tout récemment que l'intérêt s'est porté sur son oeuvre. Profitons-en dès fois qu'elle passe à Lignières un soir d'orage en août.

Chant royal de la plus belle qui jamais fut au monde

Anges, Trônes et Dominations,
Principaultés, Archanges, Chérubins,
Inclinez-vous aux basses régions
Avec Vertus, Potestés, Seraphins,
Transvolitez des haults cieux cristalins
Pour decorer la triumphante entrée
Et la très digne naissance adorée,
Le saint concept par mysteres tres haults
De celle Vierge, ou toute grace abonde,
Decretee par dits imperiaulx
La plus belle qui jamais fut au monde.

Faites sermons et predications,
Carmes devots, Cordeliers, Augustins ;
Du saint concept portez relations,
Caldeyens, Hebrieux et Latins ;
Roumains, chantez sur les monts palatins
Que Jouachim Saincte Anne a rencontree,
Et que par eulx nous est administree
Ceste Vierge sans amours conjugaulx
Que Dieu crea de plaisance feconde,
Sans poinct sentir vices originaulx,
La plus belle qui jamais fut au monde.

Ses honnestes belles receptions
D'ame et de corps aux beaux lieux intestins
Ont transcendé toutes conceptions
Personnelles, par mysteres divins.
Car pour nourrir Jhésus de ses doulx seins
Dieu l'a toujours sans maculle monstree,
La desclarant par droit et loi oultree :
Toute belle pour le tout beau des beaux,
Toute clère, necte, pudique et monde,
Toute pure par dessus tous vesseaulx,
La plus belle qui jamais fut au monde.

Muses, venez en jubilations
Et transmigrez vos ruisseaulx cristalins,
Viens, Aurora, par lucidations,
En precursant les beaux jours matutins ;
Viens, Orpheus, sonner harpe et clarins,
Viens, Amphion, de la belle contree,
Viens, Musique, plaisamment acoustrée,
Viens, Royne Hester, parée de joyaulx,
Venez, Judith, Rachel et Florimonde,
Accompagnez par honneurs spéciaulx
La plus belle qui jamais fut au monde.

Tres doulx zephirs, par sibilations
Semez partout roses et roumarins,
Nimphes, lessez vos inundations,
Lieux stigieulx et carybdes marins ;
Sonnez des cors, violes, tabourins ;
Que ma maistresse, la Vierge honnoree
Soit de chacun en tous lieux decoree
Viens, Apolo, jouer des chalumeaux,
Sonne, Panna, si hault que tout redonde,
Collaudez tous en termes generaulx
La plus belle qui jamais fut au monde.

Esprits devotz, fidelles et loyaulx,
En paradis beaux manoirs et chasteaux,
Au plaisir Dieu, la Vierge pour nous fonde
Ou la verrez en ses palais royaulx,
La plus belle qui jamais fut au monde.

(Lignières, un jour de l'an de grâce 1541)

feu d'artifices au château
CMRDS 2007 du 17 au 26 août, s'inscrire dès aujourd'hui via l'A.F.E., Action Française Etudiante.

samedi 26 mai 2007

Les 10 meilleures affiches +1

Cercle Charles Maurras
AFE blog
CErcle Jacques bainville
affiche anti-partis
matrice républicaine
sticker AF Paris
AFE
AF Lyon
Cercle Jacques Bainville
tract électronique AFE
MRAF de Bretagne

Jean Foyer aux Lys de France

blason Lys de France
Réservez votre soirée du jeudi 14 juin pour écouter Jean Foyer et Pierre Cosme à la conférence de Lys de France. Si l'on ne présente plus l'ancien garde des Sceaux, membre de l'Institut, il faut peut-être dire un mot du second qui va accéder à une notoriété plus large grâce à ses ouvrages passionnants sur l'Empire romain.

Pierre Cosme est normalien, ancien élève de l'Ecole française de Rome, professeur à l'université Panthéon-Sorbonne. Il nous a livré déjà trois livres :
- L'Etat romain entre éclatement et continuité, de la mort de Commode au concile de Nicée (192-325) (Seli Arslam 1998),
- L'armée romaine de Servius Tullius à Théodose
- Auguste (Perrin 2005).

Piètre militaire, il étend l'Empire romain aux limites du monde connu. Valétudinaire, il vit 77 ans. Soucieux de garantir la république, il devient empereur. Le destin d'Auguste, né Octave, est pavé de paradoxes. Et d'idées reçues : l'emporter face à Lépide et à Marc-Antoine fut plus difficile qu'on ne le dit, organiser le clan familial lui demanda plus d'efforts qu'on le ne croit et l'âge d'or du «siècle d'Auguste» demeura rongé de fléaux. La biographie limpide que lui consacre Pierre Cosme remet les choses en place dans la vie du fils adoptif de Jules César... (C. Barbier, l'Express)

C'est d'un autre sujet que va nous entretenir le professeur Cosme le jeudi 18 juin, savoir ...
« Les transformations de l’état romain de Marc Aurèle à Constantin ».
Ce thème a fait l'objet d'une publication collective aux PUPS (Paris 2006) sous le titre La crise de l’empire romain de Marc-Aurèle à Constantin. Mutations, continuités, ruptures .

On ne présente plus Jean Foyer mais quand même.

Jean FoyerLe thème de son exposé « La législation royale et le droit canonique » est parfaitement central dans ses convictions. Légitimiste actif, il fut l'avocat du jeune prince Louis de Bourbon lors d'un procès en usurpation de titre et armes qui défraya la chronique du Landerneau royaliste, il est aussi proche du saint siège et membre de l'académie pontificale Pro Vita. Le 11 février dernier, il remettait à Benoît XVI une médaille à son effigie évoquant son élection en 1992 au fauteuil d'Andreï Sakharov à l’Académie des Sciences morales et politiques de Paris. La médaille porte l'inscription « Servare unitatem Spiritus in vinculo pacis »
(Conservez l’unité de l’esprit par ce bien qui est la paix).

Dans son remerciement le saint Père rappela à tous son inquiétude sur les dérives sociales prétendument modernes :
« Il importe que l’homme ne se laisse pas entraver par des chaînes extérieures, telles que le relativisme, la recherche du pouvoir et du profit à tout prix, la drogue, des relations affectives désordonnées, la confusion au niveau du mariage, la non-reconnaissance de l’être humain dans toutes les étapes de son existence, de sa conception à sa fin naturelle, laissant penser qu’il y a des périodes où l’être humain n’existerait pas vraiment. Nous devons avoir le courage de rappeler à nos contemporains ce qu’est l’homme et ce qu’est l’humanité. J’invite les Autorités civiles et les personnes qui ont une fonction dans la transmission des valeurs à avoir toujours ce courage de la vérité sur l’homme ».

Rendez-vous donc ...
jeudi 14 juin à 19 h 45 précises
chez les "Soeurs de l'Enfant-Jésus du Mans"
(Salle au sous-sol)
3, rue Antoine Bourdelle, Paris XVe
M° : Montparnasse (Sortie N°2 – Pl. Bienvenüe) / Duroc
Participation : 6 € (Adhérent : 4 €)

La conférence sera suivie d'une vente-dédicace autour d’un verre de l'amitié. Une question ? nicolas.chotard@wanadoo.fr

Mais ne rangez pas votre drapeau blanc si vite.

blason Lys de France
Le dimanche 24 juin vous parcourrez la 2è édition de la Route royale en Pays de France.

Au programme :

abbaye de Chaalis10 h 30 : Messe traditionnelle célébrée dans l’abbaye royale de Chaalis
12 h 00 : Repas tiré du sac (un kir royal sera offert)
13 h 30 : Visite du musée Jacquemart-André et de la chapelle Sainte-Marie
16 h 00 : Visite guidée de la chapelle royale Saint-Frambourg (Senlis), et de son premier reliquaire capétien.
18 h 00 : Hommage à sainte Jeanne d'Arc au village de Montépilloy où elle passa la nuit du 15 au 16 août 1429
Rafraîchissement et dislocation.

Participation : 20 € (Adhérent : 18 €) mais gratuit pour les moins de 16 ans

blason Lys de France
Sans attendre chaussez vos Caterpillar, le pélé de Pentecôte vous appelle :
25e Pèlerinage de Pentecôte entre Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres les 26-27 et 28 mai 2007.

Contactez aujourd'hui www.nd-chretiente.com.

Notre-Dame de Chrétienté
49 avenue de Paris
78000 Versailles
tél: 01 39 07 27 00
Courriel: information@nd-chretiente.com


l'abbé StockLes Marcheurs de Dieu méditeront sur la conversion par l'aumônier allemand Franz Stock d'Honoré d'Estienne d'Orves détenu au camp du Coudray, près de Chartres.
L'exemple du jeune officier français soutiendra son apostolat durant toute la guerre. "Je reste fidèle, écrit-il dans une lettre du 9 octobre 1945, à ceux dont j'étais pendant quatre ans l'aumônier ; je leur avais promis de prier pour eux et ils sont toujours près de moi de grands saints et martyrs de notre civilisation désaxée. Et si je veux une grâce spéciale, un éclaircissement spirituel ou une grâce efficace, je m'adresse à ceux qui savaient mourir, qui sont allés directement à Dieu, après tant de souffrances et une belle préparation intérieure, et que j'ai pu accompagner sur leur dernier chemin ; je m'adresse à eux et je suis convaincu que leur prière sera exaucée."

N'oubliez pas la poudre pour les pieds. Amen.

vendredi 25 mai 2007

La déesse Nation

lis du garde suisseSur le blogue de l'Action Française Etudiante, qui monte en qualité si régulièrement que tous les autres blogues roycos pourront passer à la livraison de poèmes - ce qui ne me déplairaît pas -, Doumenge Mistral vient de nous asséner un pavé sur le nationalisme, qui se lit sans effort tant il coule facilement. Vous pouvez cliquer ICI.

Chacun sait parmi le distingué lectorat qui se presse sur Royal-Artillerie, que je ne suis pas le thuriféraire du nationalisme pour la même raison que je ne soutiens pas la démocratie. L'un comme l'autre verse naturellement et inexorablement dans une perversion spécifique, la démagogie, dévorante de toutes valeurs y compris pécuniaires pour la démocratie, et pour le premier, l'agressivité la plus offensive, la plus aveugle, dès lors qu'un nationalisme extérieur cherche à affronter le nôtre. Pour mémoriser cela je dirais que le nationalisme "pur" est mort à Verdun ! Et la nation ne fut pas loin de le suivre !

L'auteur du billet AFE interpelle ma conscience maurrassienne quand il refuse la déification de la nation. Ecoutons Doumenge :

« Maurras écrivait dans Mes Idées Politiques : "Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique, mais tout au plus, en quelque sorte, ce que les anciens eussent nommé une déesse." L’appellation de déesse pourrait sembler choquante. Maurras pouvait se permettre plus facilement d’écrire cela que lui-même ne fut pas, avant sa mort, catholique. Sans doute eut-il plus modéré son verbe s’il l’avait été, car jamais il n’a souhaité déifier la nation : "Nous ne faisons pas de la nation un Dieu, un absolu métaphysique […] la nation occupe le sommet de la hiérarchie des idées politiques. De ces fortes réalités, c’est la plus forte, voilà tout."

La nation n’est pas un horizon indépassable pour le nationalisme, elle est simplement au "sommet de la hiérarchie des idées politiques", cela signifie que rien de politique ne peut avoir lieu au-delà de la nation, celle-ci demeure la limite humainement atteignable lors de la conduite d’une politique réaliste.

Cette conception ne nie pas les politiques de coopération internationales, mais, ainsi que leur nom l’indique, ces dernières sont "inter-nationales" elles ne peuvent avoir lieu que dans le cadre de la rencontre d’intérêts précis entre plusieurs nations. Enfin, le nationalisme n’entend pas fixer la nation en absolu : la nation n’est que la limite matérielle de l’action politique, mais elle-même s’inscrit dans une ordre plus large dont l’échelon supérieur est civilisationnel (l’Europe par exemple) ou encore métaphysique (la Chrétienté.)

Dès lors, toutes les idéologies qui ont entendu déifier la nation, la fixer comme point d’aboutissement ontologique de l’Homme lui-même, ne relèvent pas du nationalisme français. L’idéologie révolutionnaire dite française ou l’idéologie fasciste italienne, par exemple, ne s’inscrivent pas dans le courant du nationalisme maurrassien, ce dernier ne faisant qu’inscrire la nation au sommet de valeurs politiques et ne lui donnant, ainsi, aucune légitimité pour s’immiscer dans un domaine autre que la politique, c’est-à-dire la vie de la Cité : la nation n’est, par exemple, pas une notion spirituelle, même si le devoir du chrétien est de la servir. » (fin de l'extrait AFE)

Et c'est trop bien dit pour ne pas s'étonner que le nationalisme qui est l'exaltation de la Nation, ne sache pas se cantonner dans le Politique et déborde si largement à la fois sur la physique sociale jusqu'à la mysticisation du heimat. La dernière campagne électorale nous l'a montré, moins quand même que les commentaires et encouragements qu'elle a suscité parmi certaines élites qui ont pu débonder enfin le tonneau de leurs aigreurs chauvines et cachées. Mais ceci est subalterne.

Quand Maurras nous parle de la déesse Nation, il ne conteste pas l'ordre établi par la religion catholique. Il veut simplement transcender le concept affirmé par la Révolution au point de le détacher de sa gangue terrestre pour lui offrir une vie propre, accessoirement dotée des attributs rares de l'éternité. Bien sûr comment s'empêcher de penser à la Fête de la Fédération de 1790 présidée par la déesse Nation plus que par le roi, qui lui prêtera serment ainsi qu'à la Loi, déifiant cette trinité exotique pour l'époque et qu'on retrouvera sur toutes les monnaies, dans cet ordre : la Nation * la Loi * le Roi.
deniers Louis 16De la part de Maurras, "déesse" c'est un clin d'oeil, un trait d'autodérision. Mais vraisemblablement aussi le regret discret que cela ne soit jamais possible. Sa "nation" n'est peut-être pas aussi "sécularisée" qu'on le prétend et plus proche du nationalisme perverti qu'on ne le voudrait pour apparaître politiquement correct, mais sans le rejoindre quand même, heureusement ! Peut-être son retrait forcé des champs de bataille de la Grande Guerre lui évita-t-il ce piétinement de l'être par la nation que subirent les poilus, et qui, le laissant sur l'Aventin de son postulat du nationalisme intégral, le priva de sentir le pouls réel de la patrie qui avait sacrément dérouillé.

Si Maurras n'est pas "populaire" aujourd'hui on le doit à la "divine surprise" et à ce procès inique de collaboration. Le remettre en scène dans le courant central des idées populaires ne doit pas commencer par le nationalisme, ni même par son oeuvre politique, considérable et difficile. L'accès à Maurras c'est la philosophie et la métaphysique.

Maurras était pétri de divin, mais pas comme on l'entend aujourd'hui. Manichéen augustinien et agnostique à la fois, il était fasciné par le panthéon grec et son interaction avec le genre mortel : désordre métaphysique qui le poursuivra jusqu'au bout de son inquiétude et qui ne le prédisposait pas à cette inlassable quête de l'Unité. La Nation-déesse entrevue un instant, n'aurait pas déparé son riche désordre intime.

Incroyant le plus longtemps possible, il allait jusqu'à taquiner Gustave Thibon lors du repli de l'Action française à Lyon sous l'Occupation : "N'est-ce pas plus doux de croire aux dieux sans nombre de la mythologie, depuis Apollon, père des arts, ou Vénus, mère de l'amour, jusqu'aux petits lares qui protègent nos foyers. Un Dieu unique ? Quelle centralisation !"
Mais il faut être fils de Provence ou Languedoc pour résonner à cela.

Il faut commencer Charles Maurras par le Chemin de Paradis et par sa grécité, Anthinea, etc. C'est une torche puissante qui éclaire ensuite les arcanes de sa pensée politique et surtout permet de découvrir en chemin le diamant étincelant et glacé de sa poésie. Et nous finirons là-dessus en citant l'Ode Historique évoquant la bataille de la Marne :

La Montagne de la Victoire
Donne son souffle à nos drapeaux,
A sa voix deux mille ans d’histoire
Sortent en criant des tombeaux,
Comme un soleil sur la nuée
Toute la Gaule s’est ruée :
Mère des lois, mère des arts,
Notre Pallas est sœur d’Hercule,
Au double assaut déjà recule
Un germanique et faux César.

Toi, plus basse que les terres
D’où sont vomis tes combattants,
dans ta paix et dans ta guerre
Singe inutile des Titans,
Race allemande qu’enfle et grise
L’impunité de la traîtrise
Et l’ignorance de l’honneur,
Aucun reproche ne te presse
Comme le manque de sagesse
Qui de tout temps souilla ton cœur.

Tu ne sais pas la loi des mondes
Qui pour renaître fait mourir
En des épreuves si fécondes
Que le plus lâche y veut courir :
Pour égaler sa haute somme
L’être de l’âme se consomme,
De tous ses maux naît quelque bien,
Seule une race abandonnée
Des justes dieux est condamnée
Au crime qui ne sert à rien.

Le long de tes annales sombres
Hurle la flamme, pleut le sang
Et ton marteau dans les décombres
Frappe des coups retentissants,
Ce qui te plaît, ce qui t’importe
Est le charnier des villes mortes,
Ta seule gloire est de nourrir,
Qui te flétrisse d’âge en âge,
L’unique faim d’anéantir.

jeudi 24 mai 2007

Trois bouquins plus un

Petit article bibliophilique sur des ouvrages que j'ai croisés et qui au moment me paraissent "indispensables". Commentaires de lecteurs appréciés ainsi que le signalement de certains livres peu communs qui vous ont plu.

L'OURS (Pastoureau)
De Berne à Berlin jusqu'à la baronnie d'Hierle, notre "laboratoire médiéval", l'ours est l'emblème de la force régalienne sur un territoire dédié. Un ouvrage s'attache à décortiquer cette "humanisation" d'un animal quasiment mythique, au point de soulever des passions extrêmes quand il s'agit de lui rendre son bien, dans les Pyrénées spécialement !

Ce qu'en dit la Librairie Histoire:

couverture de l'oursLongtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l'imaginaire et les mythologies jusqu'au cœur du Moyen Âge chrétien. De bonne heure l'Église chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par la force brutale du fauve, par la fascination qu'il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l'ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques.

Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l'Église contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l'auteur ne s'arrête pas à la fin du Moyen Âge. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu'à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale.

Le livre se termine ainsi par l'étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son premier dieu.

23€, 419 p., le Seuil 2007


LA CRISE DU MONDE MODERNE (Guénon)
La confusion qui dérègle les esprits en Occident avait été traitée en son temps par l'orientaliste érudit René Guénon. La collection Folio n'est pas chère et c'est le moment de se replonger dans cet opuscule paru en 1994.

Ce qu'en dit le site René Guénon:

couverture de La CriseCet ouvrage est le plus important de tous ceux qui traitent de la crise de l'homme moderne.
L'auteur montre les causes profondes, qui ont amené le monde moderne dans les difficultés de toutes sortes dont il est incapable de sortir : individualisme intellectuel, matérialisme, subordination de la connaissance à l'action, suprématie du temporel sur le spirituel.

S'il dénonce le mal, René Guénon montre aussi la remède : avant toutes choses, il faut provoquer un redressement intellectuel qui aura ensuite sa répercussion dans tous les domaines de l'activité humaine. Ce redressement ne peut être obtenu que par un retour à l?esprit traditionnel qui, jusqu'aux temps modernes,a constitué la base et l'armature de toutes les civilisations.
Il est urgent qu'une «élite» véritable se reconstitue en Occident pour travailler à ce « Grand OEuvre » ; ce livre permet d'entrevoir comment on pourrait y parvenir.

6,60€, 208 p., Gallimard, collection Folio (250)

L'ESPRIT DE LA LETTRE (Thora van Male)
ou la vie secrète de l'alphabet

Ce qu'en dit l'éditeur:

couverture de l'espritL’alphabet exerce une fascination impérissable sur notre monde, et les jeux à base de lettres y foisonnent. "L’Esprit de la lettre" constitue un voyage à travers ce que Thora van Male appelle « la vie secrète » des lettres, et dévoile de multiples informations sur chacune de ces entités alphabétiques. En vingt-six chapitres, vous ferez connaissance avec les facéties, les aventures, mais aussi les zones d’ombre de chaque lettre. Par exemple : que signifiait le code « G » chez les notaires ? (J’ai : je prends pour moi) ; ou quelle est la lettre la plus jeune de l’alphabet français ? W : à peine 130 ans.

À la fin de chaque chapitre, un alphabet particulier
– poétique, prononcé, européen, corporel…
– ponctue cette découverte érudite et ludique de ces signes que nous pensions si familiers.

15€, 144 p., Editions Alternatives 2007, en librairie le 14 juin


Pour terminer un livre passionnant, rescapé d'un vide-grenier.

TRISTAN ET ISEUT renouvelé par Joseph Bédier (1864-1938)
(285 p. broché, Piazza éditeurs, Paris 1900)

Tristan et YseutMédiéviste d'excellence, l'auteur prit le parti de la langue courante pour restituer à l'oreille de l'homme moderne le souffle de ce fabuleux roman. Il a eu raison, ô combien, l'ouvrage recomposé à partir des fragments originaux existants aujourd'hui est un véritable thriller que finalement j'ai redécouvert après en avoir lu la version "érudite" et un peu rugueuse dans mon jeune temps !

Il est formé d'un base composite d'environ trois mille vers de Béroul, autant de Thomas et quinze cents vers anonymes, plus un travail archéologique dans l'indigeste fatras de la geste en prose, grossie par ses rédacteurs successifs, pour en extraire les débris précieux de vieux poèmes perdus. Les versions de Chrétien de Troyes et de La Chèvre ont péri en entier. Pour obtenir l'unité de ton, Bédier a privilégié les trois mille vers de Béroul et s'est attaché à traduire le reste dans ses couleurs.

C'est donc un poème du XIIè composé au XIXè qui se lit d'un trait, tant le scénario est inventif, rapide et libre de moeurs.

"On arrive à entrevoir ce qu'a pu être chez les Celtes ce poème sauvage, tout entier bercé par la mer et enveloppé dans la forêt, dont le héros, demi-dieu plutôt qu'homme, était présenté comme l'inventeur de tous les arts barbares, tueur de cerfs et de sangliers, savant dépeçeur de gibier, lutteur et sauteur incomparable, navigateur audacieux, habile entre tous à faire vibrer la harpe et la rote, sachant imiter jusqu'à l'illusion le chant de tous les oiseaux, et avec cela, naturellement, invicible dans les combats, dompteur de monstres, protecteur de ses fidèles, impitoyable à ses ennemis, vivant d'une vie presque surhumaine, objet constant d'admiration, de dévouement et d'envie. Ce type s'est formé à coup sûr très anciennement dans le monde celtique : il était tout indiqué qu'il se complétât par l'amour".
(extrait de la préface de Gaston Paris)

Dès que j'aurai un vrai scanner, je le mettrai en ligne.

Articles les plus consultés