Paris - 9 mai 09 - Le 14° dalaï lama est invité le 6 juin à Paris par son premier magistrat pour recevoir la médaille de la Ville de Paris. Normalement cette décoration distingue des personnalités ayant contribué significativement au rayonnement de la capitale française ou ayant réalisé quelque chose d'extraordinaire à son bénéfice. M. Delanoë qui, à l'image de ses prédécesseurs est "propriétaire" de l'Hôtel de Ville, puise dans la cassette à médailles selon son bon plaisir comme un président de la III° République. Ainsi manifeste-t-il en chemin ses propres opinions et tout à la fois les récompense, jusqu'à désigner dans ses faveurs un pontife religieux d'une contrée lointaine avec laquelle la ville de Paris n'a ni attaches ni traditions.
Est-ce pour renforcer son ami Pierre Bergé dans sa lutte contre la confiscation du recel de bronzes pillés lors du sac du Palais d'Eté, ou tout simplement pour faire l'intéressant ? Que vient donc faire le dalaï lama hypermédiatique dans le schmilblick parisien ? De l'audience, chère médème, de l'audience pour la Guêpe de Bizerte malmenée par la liquéfaction de projets un peu pharaoniques de la précédente mandature et de l'explosion des taxes qu'elle a causée ! Alors, "faisons la une pour pas cher avec l'Océan de sagesse, et les emmerdes du petit reître que nous allons déclencher nous profiteront de surcroît".
Les relations franco-chinoises ont beaucoup souffert de la maladresse du ministère de l'Intérieur totalement "innocent" dans le traitement en voirie de la question tibétaine et surtout des rattrapages calamiteux du cabinet noir de l'Elysée. Nos postures de "grande puissance" font sourire les Chinois qui sont "au front" en permanence et connaissent très bien nos faiblesses et nos forces. Ça leur réussit pas mal : nous sommes allés à Canossa !
Dans une déclaration du 7 mai - juste au début du pont sacré - le porte parole du ministère des Affaires étrangères Mao Zhao Xu a tonné : « Nous demandons au gouvernement de la ville de Paris d'arrêter toutes les actions qui s'immiscent dans les affaires intérieures de la Chine et de ne pas faire encore les mêmes fautes sur la question du Tibet. Je voudrais aussi indiquer que les relations bilatérales ont été remises en orbite à travers des efforts communs. Nous espérons que nos deux pays pourront surmonter les obstacles et promouvoir le développement de relations sino-françaises saines et stables. » Si ce n'est pas faire la leçon, je n'y comprends rien. A ce jour, aucune réaction publique du Quai d'Orsay, directement visé par les Chinois même si la mèche est allumée par l'Hôtel de Ville, n'a été diffusée par les agences.
Nous ne reviendrons pas sur le fonds de la question tibétaine, sauf à rappeler que le Tibet ne sera jamais indépendant. Nous et les Tibétains de la diaspora ne pourront profiter d'aucune opportunité, et chaque jour qui passe, la sinisation de la province himalayenne avance comme un rouleau compresseur que rien ne freine ou freinera parce qu'il y a un milliard de Hans derrière tout ça, qui sont d'accord de bonne foi avec leur gouvernement. Même s'il est des voies et moyens intelligents pour soulager les Tibétains de la pression chinoise, il nous paraît simplement utile de dénoncer ce qui nous regarde, savoir la puérilité de prébendiers précaires qui jouent de leur irresponsabilité statutaire pour encombrer ad libitum les flux économiques indispensables à nos industries et à nos banques, de leurs émois fabriqués dans un but politicien, ou simplement pour se hausser !
En pleine crise économique, soyons sérieux ! Il est plus important de serrer les coudes pour protéger autant que faire se peut nos emplois et nos usines, que de proclamer à la face du monde notre irrésistible propension à dire le droit d'ordre et pour compte tout tiers empêché ! Je ne sais comment y parviennent si bien nos voisins anglais, allemands et italiens qui n'ont pas d'écoles du niveau exceptionnel de l'ENA. Il semblerait qu'ils ne mélangent pas les genres et ne partent pas en mission commerciale d'Etat quand ils prospectent la Chine. Du moins s'ils le font parfois, restent-ils discrets, et disposent en revanche des professionnels compétents sur la zone d'effort de manière permanente. Car à vouloir prendre l'avion du Président et tout le diable diplomatique son train pour partir signer des contrats, nos industriels marquent leurs projets de l'emblème de la caravane politicienne, et ne peuvent ensuite s'étonner d'être impliqués malgré eux dans les chicayas politiques droitdel'hommesques.
Et si nous profitions de l'Europe et de sa liberté de circulation pour importer leurs diplomates, voire quelques industriels !
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Ce jeu de l'oie n'a que cinq cases utiles et tant d'autres qui ne servent à rien. Pour une fois, nous jouerons sur les cases qui s'ouvrent vers l'avenir pour imaginer un royaume revenu. Un royaume ? Ni grand, ni petit, c'est d'abord un prince en famille et son projet, un pays et ses landes, ses montagnes, ses rivières à mouche, ses vignes, ses prés où des vaches languissent des trains, ses blés qui ondulent, un peuple apaisé qui s'occupe de ses propres affaires, la glycine en terrasse, et tout au bord, la mer et ses mouettes pour rêver d'ailleurs. Un royaume ? C'est une patrie tranquille, « cette quantité de terre où l’on peut parler une langue, où peuvent régner des mœurs, un esprit, une âme, un culte. C’est une portion de Terre où l’âme peut respirer » (Charles Péguy) ...
Quitte à mourir sous les pierres, nous avons brisé le tabou pour jouer au roi (de pique) et déroulons ci-dessous pour meubler un long après-midi férié une proposition institutionnelle qui ne se prend pas pour une solution, car au bout du bout il n'y en a sans doute pas dans l'environnement actuel et les circonstances probables qui le suivront. Que les chapelains me pardonnent, je cours au tronc et ne le ferai plus ...
Première case : UN PRINCE, UNE IDEE D'expérience, la cohérence d'un projet politique ou industriel est acquise plus sûrement s'il est mouliné par une seule personne qui au long de son élaboration s'oblige à garder une distance critique (?!), remisant l'ouvrage au tiroir s'il en doute, pour reprendre plus tard ses travaux de broderie, sans exclure bien sûr des consultations. Un prince est formé dès son plus jeune âge à l'approfondissement du projet monarchique dont il va hériter. Si la convergence d'esprits différents y atteint parfois, elle n'aura jamais la cohérence instinctive d'un projet individuel. L'autre intérêt d'un projet "autocéphale" est d'éviter, s'il est besoin de le publier, d'aboutir à une somme d'épaisseurs impossible à vendre au commun des mortels pour le salut de leur intelligence. Dans monarchie, il y a "mono" : il n'est pas bon que le prince s'en remette tout entier à ses conseils, car vient un moment, un instant où il devra trancher sans se tromper et vite. Autant dire qu'en l'état du paysage politique royaliste, j'ai des doutes sur la préparation et ne puis les lever par absence d'un projet public à jour, le dernier, fruit des réflexions du défunt comte de Paris, date de 1949. En attendant la mise à jour, parce que nul chef d'Etat ne peut faire l'impasse d'un programme politique au XXI° siècle, nous constatons deux graves imperfections du régime actuel.
Deuxième case : DEUX ATTENDUS... (1) Une "organisation" démocratique n'existant pas dans la nature sauf chez les lemmings, notre démocratie représentative est tordue dans ces procédures de telle façon qu'elle privilégie la victoire d'un camp aux fins de gouverner l'autre, sans entraves ni souci de représenter le pays réel. Les élus du système électoral ne représentent jamais plus des deux tiers des citoyens et pas la moitié des résidents. Ainsi 40 à 50% de la population n'est pas "tenue" d'obtempérer aux conseils ou injonctions d'un système qui les ignore. Si la crise s'aggrave, nous verrons ce que cela veut dire, après les défilés unitaires de la semaine passée.
(2) La social-démocratie du bonheur national illimité a ouvert sous nos pieds le gouffre des déficits dans lesquels vont se ruiner les générations montantes. Si l'on comprend que ce n'est pas une question de choix politiques successifs mais plutôt l'aboutissement d'une dérive démagogique intrinsèque à la démocratie qui récompense les catégories ayant porté le vainqueur au pouvoir au détriment des vaincus et dont l'alternance n'annule jamais les avantages distribués, le régime n'est pas réparable. Il est fondamentalement pervers. Ces deux gros défauts étant postulés, au milieu de quelques autres, trois principes peuvent être précisé pour y remédier.
Troisième case : TROIS PRINCIPES La monarchie n'est pas l'ennemie de la démocratie, elle a l'ambition de ne pas leurrer les citoyens en les embringant dans des disputes fabriquées d'avance par la caste au pouvoir, mais de les faire décider dans leur cercle d'intérêts.
(1) Le citoyen (ou le résident) doit avoir son mot à dire sur les politiques publiques à l'intérieur de son périmètre de conscience politique. Si chacun a le sien, qui peut varier dans le temps, on peut trouver une circonscription médiane raisonnable à équidistance des capacités individuelles de tous. Les anciens "états" ne sont pas si loin de la vérité. A l'époque moderne, la conscience dans l'espace de l'arrondissement départemental est un fait vérifiable.
(2) Le gouvernement des hommes doit favoriser la croissance du bien commun dans la réalisation des ambitions légitimes de chacun selon ses talents. Son environnement doit l'y prédisposer : la mise en sécurité, la police des moeurs, la facilitation des échanges participent de cet objectif.
(3) La permanence du cœur essentiel du pays est la condition de base pour que ses habitants gardent leurs repères importants et agissent en sûreté. Le paramètre chronologique de la monarchie permanente donne naturellement un rajeunissement périodique d'un gouvernement pérenne, tout en garantissant une amélioration de cet héritage qui passe de roi en roi. Du moins indique-t-il une forte propension d'y parvenir.
Quatrième case : QUATRE POUVOIRS L'essentiel des fonctions d'un Etat est rassemblé dans ce que l'on appelle encore aujourd'hui en République ses "pouvoirs régaliens". Ils sont au nombre de quatre, et doivent être protégés des disputes partisanes nées du débat démocratique, a fortiori de sa dérive endémique, la démagogie :
(1) UNE JUSTICE UNIVERSELLE C'est le fondement de l'Etat. Aucune justice de classe comme aujourd'hui n'est acceptable longtemps parce qu'elle provoque un jour la révolution et le déchaînement de la barbarie qui va avec. Nous avons déjà donné.
(2) LA POLICE DES MOEURS La paix civile est une condition incontournable du Principe n°2. D'où que proviennent ses effectifs, la police doit être efficace, réglée et impartiale. C'est une fonction essentielle de l'Etat, son visage quotidien, qu'il faut se garder de décentraliser, à la merci de satrapes territoriaux.
(3) UNE DIPLOMATIE L'imbrication transnationale des économies et des intérêts oblige à réunir au-dessus de la mêlée le faisceau des axes majeurs et déterminants de la politique étrangère du pays entre des mains expertes, et donc les retirer de celles du pouvoir éphémère issu du parlement qui agit trop souvent selon l'effet médiatique attendu (ex. Turquie, Thibet, Palestine, Sri Lanka!). Les grandes diplomaties persistent sur des axes majeurs nationaux. La France a une grande tradition qu'il serait sot de diluer dans des intérêts communautaires flous.
(4) LA GUERRE C'est l'ultima ratio de l'Etat. Dans nos sociétés modernes, la guerre n'est engagée qu'en cas de péril avéré. Ce n'est pas au moment où celui-ci se dévoile qu'il est permis de s'y préparer. La capacité d'une défense est proportionnelle à la puissance de son attaque. Ces choses se construisent avec du temps, au-dessus des affaires partisanes, et la conception doit être concentrée sur le succès brutal d'une guerre ouverte. Dissuader l'ennemi s'obtient plus vite par le vecteur de la peur. L'état actuel de nos forces armées et les complications insensées de leur projection, font toute la démonstration de la pertinence de notre propos qui rejoint l'inquiétude d'observateurs bien mieux placés. Le président et la nation sont à découvert.
Cinquième case : CINQ VERTUS Le combat monarchiste de Royal-Artillerie est quelque part décalé par rapport au combat royaliste en ce qu'il ne convoque pas les "valeurs sociétales" au débat, ce qui lui vaut des bordées d'insultes parfois mais plus souvent un certain ostracisme. Glissons ! Dans ce combat cybernétique, on se contente d'imaginer "pour de rire" une organisation de l'essentiel afin de pousser dans ce pays le cadre institutionnel capable de libérer le peuple d'une pseudo-responsabilité qu'il ne peut assumer, pour le laisser organiser librement ses propres moeurs selon les étages de pertinence que l'on retiendrait ; législation nationale, coutumes locales, droits catégoriels, privilèges. Le combat royaliste en revanche est fait autant sur les valeurs que sur le principe du prince. De nos jours, on associe les royalistes au "pouvoir fort", à la xénophobie, au folklore provincial, à l'intégrisme catholique, au combat pro-vie, au loden, aux privilèges désuets et au scoutisme traditionnel. Rien de vraiment répréhensible, mais quand même bien plus hégémonique que notre modeste épure.
Il n'en demeure pas moins que le système monarchique convoque aussi certaines valeurs d'exécution. La morale qui devrait conduire l'exercice d'un pouvoir monarchique non invasif peut se décliner en cinq "valeurs" : les quatre vertus pythagoriciennes et une cinquième souvent dévoyée en solidarité clientéliste par les pouvoirs : la charité.
(1) La prudence convoque la réflexion, le jugement et in fine l'action. C'est une méthode tactique qui se méfie de beaucoup de miroirs et d'abord des sondages. (2) La justice applique les droits élémentaires de la personne humaine ; règle le devoir de contribution à la vie commune en proportion des capacités de chacun ; oblige à l'établissement des lois du Bien commun qui seront acceptées par les justiciables au motif de vivre ensemble. La citoyenneté commence à l'acceptation de cette "dévolution" personnelle. (3) La force requiert la volonté, la résilience et la persévérance ; elle se modère par la magnanimité et la patience qui sans elle ne sont rien. (4) La tempérance s'exprime par la sobriété des moeurs princières, la modestie devant le projet vivant de la monarchie qui roule, et une certaine pureté intellectuelle et morale pour baliser le jugement. (5) La charité cherche à aimer son prochain par l'esprit d'indulgence et de miséricorde dans une fraternité d'espèce. Après la justice, elle est le second support de l'être.
Une monarchie indépendante des factions démocratiques (presque absolue), recentrée sur ses quatre pouvoirs régaliens durcis, stricts, et exercés selon la loi des cinq vertus, remplirait-elle le contrat ? Sera-t-elle facilement compréhensible des non-initiés majoritaires dans l'Opinion ? La question est ouverte si l'on veut convaincre plus largement qu'aujourd'hui.
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Demain, anniversaire de la capitulation du Reich millénaire signée à Berlin le 8 mai 1945. Tout le monde connaît l'histoire de la bataille de Berlin qui atteignit des sommets de courage et de cruauté. On sait moins que dans les rangs des derniers défenseurs du III° Reich, se trouvaient des soldats français, en nombre, qui se battirent jusqu'à la dernière heure et au-delà, à tel point que les historiens reconnurent leur surprenante pugnacité dans ce baroud d'honneur.
Le Reich était vaincu comme tous les empires qui veulent survivre par hégémonie, l'extension des conquêtes ne pouvant se rémunérer que par des territoires riches. Or l'Eldorado (mines, céréales, pétrole) que représentait l'Union soviétique n'avait pu être capturé. A l'inverse l'Italie, les Balkans, la Grèce ne lui apportaient rien de plus qu'une exposition en fenêtre du Sud et un étirement de ses lignes de front. L'affaire était entendue ...
Chiens de guerre ou fachistes convaincus, les Français du Reich répondirent à leur serment, et ont à leur manière expié leur mauvais choix dans une fidélité au contrat qui étonna jusqu'aux généraux allemands, enfermés comme eux dans la capitale ravagée. Ce sont ces gens de la 33° Waffen SS Grenadier Division Charlemagne dans la bataille de Berlin que nous évoquons cette année, pour la simple raison que le rédacteur, alors jeune sous-bite de l'infanterie, rencontra l'un d'eux pendant son service militaire en Allemagne, un qui parla. Mais ce billet n'est pas son récit dont nous n'avons conservé en mémoire que deux choses :
*son ironie quant à notre collaboration franco-allemande moderne ;
*sa certitude d'avoir choisi le « camp surhumain¹ » : l'Allemagne seule vainquit toute l'Europe continentale, il fallut plus de la moitié du Monde pour l'abattre.
(1) Dans Les Epées, Roger Nimier fait dire au milicien Sanders que «l'Allemagne en 1944, fut le grand lieu de rencontre des desperados de l'Europe. Toute l'ivresse d'une défaite éclatante et méritée s'est présentée devant nous... ».
Toute l'histoire des SS français de Berlin tourne donc autour du 1er Bataillon du 57° Régiment de la Division Charlemagne qui le 11 mars 1945 après avoir tenu 48 heures décisives dans l'enfer de Körlin (Prusse), perce les lignes russes à Dievenow (Dziwnów) emmenant avec lui cinq mille réfugiés poméraniens, sous le commandement du capitaine¹ Henri-Joseph Fenet. Celui-ci âgé de seulement 25 ans y gagnera une croix de fer de première classe.
La division Charlemagne fut levée en Allemagne pendant l'été 44 à partir d'unités éparses de la Collaboration comme la LVF du front de l'Est, les Franc-gardes de Darnand, la Sturmbrigade SS Frankreich, les volontaires français de la Kriegsmarine. Elle fut inscrite au tableau d'unités le 11 novembre 44 avec un effectif de 7260 hommes, alors que les Alliés parvenus aux Vosges attaquaient la Trouée de Saverne !
Après cet exploit de Körlin, coûteux en pertes et salué par Himmler en personne, le général de brigade francophilophoneGustav Krukenberg relève les Français de leur serment. Sur les mille volontaires revenant de Poméranie - la division engagée comptait plus de 7000 hommes -, quatre cents abandonnent et sont mobilisés dans les unités du génie civil. Reconstituée à Neustrelitz fin mars, la moitié du bataillon de volontaires combattants est dirigée sur Berlin car on ne dispose que de neuf camions en état de marche. Le Sturmbataillon Fenet est formé de quatre compagnies réduites plus une compagnie d'honneur et représente 360 hommes sur 600 volontaires. Le 25 avril l'objectif est l'aéroport de Tempelhof de l'autre côté de la capitale. L'approche éprouvante, ralentie par les ennuis mécaniques et les destructions, se termine à pied. Le Sturmbataillon de la SS Charlemagne est la dernière unité nazie à entrer dans Berlin avant bouclage.
Ils y retrouvent la 11°SS Panzergrenadier Division Nordland dont Krukenberg prend le commandement. La Nordland est formée d'engagés danois et norvégiens, et Fenet complète son tableau de jeunes aspirants frais émoulus de la SS Junkerschule de Bad Tölz. Après un répit en forêt de Grünewald, le Sturmbataillon Fenet est engagé à Neukölln, secteur C au sud-est de Berlin. Ce secteur C affecté à la Nordland est celui qui tient la plus forte pression soviétique. Ils engagent immédiatement les Russes, épaulés par quelques panzers de la 11ème, mais les Russes s'accrochent au sol et gardent leur position en dépit de la perte de trente chars et de plusieurs canons antichars. En cette journée du 26 avril, la moitié des Français est mise hors de combat.
Fenet, dont le poste de commandement est installé dans l'Hôtel de Ville, est blessé au pied (comme en 40), ce qui l'oblige à commander son bataillon en chaise à porteurs (littéralement) ! Le reste du bataillon est dirigé sur la Hermannplatz, et l'adjudant Hennecourt avec sa section de commandement est laissé en arrière pour récupérer les attardés rescapés.
Pendant la nuit du 26 au 27, les quatre compagnies sont reformées à effectif très réduit et renforcées de quelques Hitlerjugend. La 1ère compagnie de Labourdette remonte à Templehof qui est tombé la veille aux mains des Russes. La deuxième compagnie (Michel) n'a plus de chef ; la quatrième non plus, qui sera commandée par un prince russe, l'aspirant Protopopoff. La troisième est aux ordres de l'adjudant Rostaing², issu de la LVF. Ces trois débris de compagnie s'installent dans la brasserie Thomas Keller et Fenet accompagné de son officier d'ordonnance Douraux vont aux ordres. Ils ne les prendront de Krukenberg que dans la journée du 27 dans les sous-sols de l'Opéra sur la Unter den Linden. Krukenberg commande sa "brigade" depuis un wagon désaffecté éclairé aux bougies de la station "Stadtmitte". Sous son commandement se battent toutes les nationalités³, Lettons, Suédois , Hollandais, Espagnols, Danois, Français et même des Suisses plus trois anglais, sans oublier des Allemands quand même. Il s'agit dès lors de former des petits groupes de combat rapproché anti-char. Les Français quittent leur cantonnement et rejoignent l'Opéra Comique par les tunnels du métro. Autant dire qu'on sent la fin d'un monde.
La nuit du 27 avril, les Russes massent des chars près de la place Belle-Alliance afin de forcer l'accès au bunker de la Chancellerie, et deux de leurs pelotons ont percé sur la Wilhelmstrasse avant d'être détruits non loin du bunker. Dès l'aube, les groupes français et la compagnie de commandement de Wilhem Weber n'auront de cesse d'attaquer les blindés russes, et s'organisera alors un terrible concours de scores individuels. C'est un véritable combat mano a mano à bout portant de l'infanterie contre l'arme blindée. Au total, de ce moment jusqu'à la reddition, on "accordera" 62 chars détruits au Sturmbataillon Fenet !
Si les groupes SS sont vite désorganisées par le combat de rue au milieu des ruines, sous les bombardements d'artillerie et le napalm, la camaraderie aura toujours le dessus et personne ne sera abandonné sauf mort.
Si on peut appeler ça une ligne, les Français tiennent leurs postes entre la Wilhemstrasse et la Friedrichstrasse, commandés par Fenet et par le lieutenant allemand Weber, surnommé Zyklon(!) par ses soldats. La nuit du 28 se passe à attendre l'assaut de l'infanterie russe. Celle-ci progresse à côté des chars qui ont pour mission de détruire au canon les immeubles afin d'ensevelir les tireurs embusqués sous les décombres. C'est aussi une guerre de caves.
L'adjudant Roger Riberto, les sergents Lacombe, Couturier, ancien pompier de Paris, et Boural (qui finira dans les Ordres après-guerre) attaquent au pistolet et à la grenade les Russes retranchés dans les sous-sols. L'équipe de Riberto en tuera cinquante.
Mais la poussée russe est irrésistible et leur infanterie – qui carbure à la vodka - coule autour des positions françaises comme de l'eau. Fenet évacue son PC et masque sa retraite par des incendies, pour se réorganiser au carrefour de la Puttkammerstrasse. En fait sur la carte, ils n'ont cédé que cinquante mètres ! Leur position est pilonnée au mortier de 120 et malgré un dernier assaut de chars inabouti, la nuit du 29 avril tombe sur leurs positions certes méconnaissables mais conservées.
Le bilan est sévère surtout parmi l'encadrement qui a toujours montré l'exemple : on compte de nombreux tués comme les aspirants Billot et Lemaignan, et de nombreux blessés graves comme les aspirants de Lacaze, Boulier, Frantz et les sous-lieutenants Berthaud et Labourdette.
La nuit du 29, Berlin est en feu. L'air chaud saturé de poussières de gravats et de chairs brûlés est irrespirable. Le 30 avril s'ouvre par un bombardement massif aux orgues de Staline, le vacarme des explosions est presque insupportable. Un prisonnier ukrainien indique à Fenet que l'assaut général ultime sera donné le lendemain 1er mai.
Effectivement l'infanterie accompagnée de chars attaquent pendant la nuit du 30 et si la percée d'un T34 dans le dispositif du Sturmbataillon est stoppée, les positions françaises sont débordées au point que Fenet fait reculer tout le monde de 100 mètres en échelle de perroquet jusqu'à la Prinz-Albrechtstrasse où ils investissent les caves (il n'y a plus rien debout en surface). Le repli ne sera terminé qu'au soir c'est dire l'imbrication d'un combat intense.
En utilisant les soupiraux des immeubles (surtout celui du RSHA*), les derniers Français au nombre de trente - c'est tout ce qu'il reste des 360 hommes du bataillon chargé à Neustrelitz - retarderont la progression de l'infanterie russe mais Krukenberg devra abandonner la station Stadtmitte dans la nuit du 1er mai après avoir décoré le sergent Eugène Vaulot de la croix de fer de chevalier pour son huitième char russe.
Lors d'une tentative de percée pour sortir de la nasse vers le nord-ouest selon les ordres du commandant de place Weidling, le général Krugenberg sera capturé avec quelques hommes de la division Charlemagne, Vaulot sera tué en traversant la Spree. Note (*): RSHA = Office Central De Sécurité Du Reich (Himmler)
A l'aube du 2 mai, le calme est revenu. Il se passe des choses étranges près du Ministère de l'Air à côté duquel le Sturmbataillon est retranché : on voit des drapeaux blancs sur des voitures qui passent et parfois des fraternisations distantes entre soldats allemands et russes ; ça sent la fin de l'histoire !
Un ogre vient d'en manger un autre. Il n'a plus faim !
Fenet, maintenant seul avec une vingtaine de rescapés, cherche à rejoindre le Ministère de l'Air qui est une position plus sure construite en béton armé. Ignore-t-il que Hitler est mort depuis deux jours et que le général Helmuth Weidling commandant la place a capitulé la veille. Le règlement de combat obscurcit-il son jugement ? La bataille semblant finie, il cherche plutôt une solution. En chemin, ils croisent un détachement soviétique qui les contrôlera sans les arrêter. Il décide alors de retourner au Ministère de la Justice prendre des ordres. Avec une vingtaine de Baltes de la 15°Waffen-SS qu'il trouve là abandonnés au milieu des ruines, il décide de percer avec eux vers Pankow. Par une bouche d'aération, ils descendent dans le métro qui s'avère infesté de Russes, jusqu'à la station Potsdamerplatz où il choisissent d'attendre cachés le cessez-le-feu qui ne devrait pas tarder, si tant est qu'il n'ait pas été déjà déclaré à leur insu. Ce qui est la vérité.
A ce moment toutes les défenses lourdes de la ville se sont rendues, les deux forteresses berlinoises ont capitulé après le suicide de Goebbels, de même que la citadelle imprenable de Spandau qui tint jusqu'au dernier moment comme un coin dans le bouclage russe, permettant à beaucoup de quitter l'enfer.
Découverts dans le métro par une patrouille russe, Fenet et ses hommes sont faits prisonniers et soignés. Quelques jours plus tard, Fenet sera "abandonné" par les Russes à la porte de l'hôpital où son pied avait été réparé, et il décidera de rejoindre la France dans un convoi du STO. Condamné à vingt ans de travaux forcés, sa peine est commuée en conditionnelle en 1949. Fin.
L'aspirant de la Coloniale, Henri Joseph Fenet, deux fois blessé devant Verdun en juin 1940 et croix de guerre, croix de fer de chevalier, sera libéré en 1949 et mourra de ses souvenirs dans son lit à Paris le 14 septembre 2002.
Quand on réfléchit cinq minutes, on ne peut qu'être étonné du chevillage des convictions de ces soldats qui firent leur métier jusqu'au bout de la fin du Reich, sans se poser (apparemment) aucune autre question que militaire. Par ricochet, on comprend mieux le refus d'obtempérer d'un Brasillach qui partageait des convictions semblables et chevillées pareillement à son âme, convictions qui lui permirent d'affronter le peloton d'exécution.
Sans en faire un éloge déplacé, ces gens font aussi partie de l'histoire de France. Ils viennent de toutes les couches sociales et de tous les bords politiques jusqu'à être l'échantillonnage assez fidèle d'une population, résumée à ses effectifs finalement ...courageux. Quelques restes feront bientôt l'Indo !
Repos ! Vous pouvez fumer.
Note (1): Les grades de la Waffen-SS sont différents dans leur appellation de ceux de la Werhmacht
- Grades SS inscrits dans l'article :
*capitaine = Hauptsturmfüher
*général de brigade = Oberführer
*adjudant = Oberscharführer
*lieutenant = Obersturmführer
*aspirant = Standartenoberjunker
Note (2): Pierre Rostaing écrira "Le prix du serment" aux Editions du Paillon.
Note (3): Les divisions de volontaires (freiwilling) et « volontaires désignés » étrangers des Waffen-SS autres que la Nordland et la Charlemagne sont les suivantes :
- Estoniens : 20°SS
- Lettons : 15° et 19°SS
- Galiciens : 14°SS
- Hollandais : 23°SS Nederland et 34° SS Landstorm Nederland
- Croates : 13°SS Handschar et 23°SS Kama
- Ukrainiens : 14°SS
- Albanais : 21°SS Skanderbeg
- Hongrois : 25°SS et 26°SS Hunyadi
- Flamands : 27°SS Langemarck
- Wallons : 28°SS Wallonien
- Russes : 29°SS et 30°SS
- Cosaques : 15°SS Kosaken-Kavallerie-Korps
- Italiens : 29°SS
- Biélorusses : 30°SS
Lys de France vous convie à une visite-conférence au château de Versailles le dimanche 17 mai sur le thème Fastes de cour et cérémonies royales . Belle présentation de l'exposition en cliquant ici. C'est M. Alexandre Loire, secrétaire général de l'association Louis XVI, ingénieur et historien, qui conduira le groupe Lys de France. La visite commencera par une galerie de portraits de Louis XIV à Charles X en divers habits, du manteau de sacre au costume de novice du Saint-Esprit. Vient ensuite la cérémonie du sacre royal, les ordres royaux et autres distinctions accordées au mérite. Le thème final aborde l'influence de la mode sur le costume de cour au XVIII° siècle quand l'habit ne sert souvent qu'à parer le vice et à couvrir le corps d'un faquin. L'habit noble usurpé, son symbolisme se dévalorisera.
Rendez-vous dimanche 17 à 14:45 à la grille d'or du château. - Ticket à 25€ - 22€ pour les adhérents aux Lys; - gratuit pour les moins de 18 ans; - s'inscrire en adressant son chèque à :
Dans un mois, les électeurs royalistes porteront les listes de l’Alliance Royale au-delà des trois pour cent auxquels elles ont droit et qui lui permettront de rentrer dans ses frais de campagne. Bien que la situation s'éclaircisse par le retrait de Paul-Marie Coûteaux et son retour aux fondamentaux chevènementistes, cette démarche de notoriété de l’offre monarchiste est difficile ; elle mérite un coup de chapeau le 7 juin prochain. N’écoutez pas les bétonneurs du bunker qui se retranchent en pure perte dès lors qu’ils ne seront jamais attaqués par quiconque. Ils n’ont pas pignon sur mainstreet et ne le souhaitent pas.
La crise actuelle met en lumière un début de fracture entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale, mais à y regarder de plus près on s’aperçoit qu’elle date de la crise géorgienne, et c’est par la Politique européenne de sécurité et de défense que nous commencerons le constat …
PESD : Crise géorgienne. Avec le déroulé minute par minute des opérations des uns et des autres sur la foi des communications interceptées et des reportages sur zone, les services et les agences s'accordent à y voir une provocation hâtive des Georgiens qui pensaient boucher le trou de souris du tunnel de Roki afin de stopper tout renfort russe pendant la mise au pas de la rébellion ossète ... au moyen d’orgues de Staline (un natif du cru). Le président géorgien, se drapant comme dans un gilet pareballes de tous les drapeaux occidentaux que sa secrétaire avait trouvé à la militaria shop du quartier, avait oublié que l'ours russe savait voler par dessus le Caucase et marcher sur l'eau de mer même noire ! Mais aussi que Dick Cheney jugerait le danger exclusivement à la situation réelle sur le terrain au droit de "son" pipeline. Ceci dit, les pays de l'Est ont par réflexe, fait cause commune avec la Géorgie, en produisant beaucoup de tapage comme lors de la révolution orange de Kiev, dans l’intention d’emmener toute l’Europe derrière eux. L'Allemagne et la France n’ont pas mobilisé. Les garde-frontières russes viennent d’arriver aux postes de douanes méridionaux d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, sans réactions notoires du binôme continental précité. La divergence d'intérêts entre l'Europe occidentale et l'Europe orientale est patente. La Russie a 6000 têtes nucléaires.
Les pays de l’Est ont assimilé l’évidence qu’aujourd’hui pas plus qu’en 1938 les Européens de l’Ouest ne voulaient mourir pour Prague ou Varsovie. Ne leur reste comme allié crédible que les Etats-Unis. On va s’apercevoir de plus en plus de leur atlantisme forcé. Paquet énergie-climat : il commence à y avoir beaucoup de monde sur le marché médiatique du réchauffement et ce n'est pas facile de laisser sa marque. L'empreinte borloo-sarkozienne sur le climat s'est dissoute à Gdansk dans le pinaillage habituel des éternels requérants de subsides pour réduire leur dioxyde de carbone à nos frais ! Quand nous en débattîmes cet été la crise n’avait pas explosé. On sait maintenant qu’il n’y aura pas de subsides de la part de l’Ouest. Alors les pays de l’Est se retireront du paquet climat et on ne pourra pas convaincre la Chine, le Brésil et l'Inde en ordre dispersé. Les pays de l’Est affaiblissent notre pression sur ces pays émergents, même si quelque part on ne peut en vouloir à la Chine de faire aujourd’hui la révolution industrielle que nous avons terminée il y a cinquante ans. Dommage pour la Planète.
UPM : Nous ne sommes qu'aux prémices administratifs de L'Union pour la méditerranée et toute concrétisation dépendra du nouveau gouvernement israélien de monsieur Netanyahou. Quand il aura enfin affiché une feuille de route acceptable par les Américains, ... c'est le Maghreb qui se déchirera. Le président Bouteflika triomphalement réélu et le roi Mohamed VI s'y emploient à plein temps. Hélas, la question méditerranéenne aurait pu évoluer favorablement entre riverains car il y a une certaine complicité autour de cette mer. La pression de la rive nord aurait été plus efficace si la jalousie allemande ne l’avait diluée. Le sabotage d’Angela Merkel qui visait à préserver ses positions turques, a embarqué tous les pays de l’Est qui n’ont rien à y faire – pas plus d’ailleurs que les pays danubiens – sinon à vouloir diminuer systématiquement les moyens consacrés à la Méditerranée, au profit de leur propre développement. Après tout se disent-ils, nous sommes dans l’Union et le Makhrek n’y est pas. Nous d’abord ! Sauf que les intérêts français traditionnels sont plus sensibles sur la Méditerranée que dans les brouillards de la Vistule. L'Union méditerranéenne élargie a le destin d’un astrakan, au mieux celui du Protocole de Barcelone qui a été figé par le conflit palestinien. Mais le morceau de gloire, c’est la Crise ! Enthousiasme, force de conviction, aisance au pupitre, tout le monde fut d'accord sur le charisme du panéliste Sarkozy et ses capacités de mobilisation de l'auditoire, à la réserve près qu'il ne s'agissait pas de campagne électorale mais de tenter de faire coaguler les intérêts de 27 pays. Après des rappels nourris aux feux des caméras, l'Angleterre, la France, l'Allemagne et l'Italie ont choisi de se payer la relance mais chacune pour y pousser des politiques nationales adaptées à leurs besoins propres, même si le fonctionnement du Marché unique pouvait brider ou annuler l'effet de certaines bonnes idées. Les synthèses du président de la Commission qui brandissait 200 milliards d'euros de relance, choux et carottes mélangés, ne trompèrent personne. La Commission ne pouvait avancer que 15 milliards sur ses caisses et montra ainsi qu’elle n’existait pas dans la cour des grands. Elle n’est qu’un hologramme.
Le G20 de Londres a acté de notre aveuglement par capitulation devant le keynésianisme anglo-saxon, et les pense-court, même de notre bord, applaudissent comme des otaries à la débauche de fonds pressurés sur l’épargne des contribuables et engagés sur les revenus futurs de gens qui ne sont pas encore nés.
Dans la tourmente, les économies fragiles de l’Est peuvent être détruites aussi sûrement que si le communisme revenait. Les déficits publics créés par la reconstruction et les politiques sociales en sus de l’endettement des ménages pressés de consommer – on les comprend un peu – n’étaient supportables qu’avec des balances exportatrices. Or les débouchés occidentaux sont pour le moment sans demande et les investissements étrangers cessent là comme ailleurs. Le chômage déjà important qui pèse sur les salaires, est aggravé par le retour des émigrés chassés de l’Ouest par la crise ; crise qui frappe d’abord les secteurs qui avaient été investis en priorité comme l’automobile ! Très engagés dans des politiques coûteuses, l’Europe occidentale ne distraira pas de moyens supplémentaires pour secourir les pays de l’Est, leur montrant ainsi les limites de la solidarité affichée pour la gloire d’une Union qui n’existe pas dans la tempête. Il est heureux que la Russie, elle-même empêtrée dans son africanisation, ne puisse saisir l’occasion de « secourir » ses anciens alliés dans la panade. Reste la question, ouverte comme une plaie, de l’élargissement. A la fin de la présidence française, des incertitudes demeuraient sur les contours institutionnels de l'Union avec ou sans Lisbonne, mais surtout sur le sens des politiques de coopération menées avec les États limitrophes (Turquie, Ukraine et même Caucase) et l’on ne peut dire que la présidence tchèque, bordée d’un côté par les rodomontades sympathiques mais inutiles du président Václav Klaus, accompagnée de l’autre par la vitrification du premier ministre mis en minorité à la Diète de Prague, ait permis de contrer l’ottomanie du président Obama, qui a vu la faille « vieille-nouvelle Europe » pour s’y engouffrer et l’agrandir. Va-t-il fourrer le prochain élargissement de l’Albanie mafieuse, du Kosovo mafieux, de la Transnistrie mafieuse et de la Moldavie communiste ? Les pays de l’Est ne diront pas plus … dès lors qu’ils ont été abandonné dans les affaires ukrainienne et géorgienne.
Dans chacun de ces domaines, on détecte les traces de l’ancienne séparation bloc à bloc, et cette résurgence d’une forte différence ne semble pas être une préoccupation majeure d’aucun bord. A dire vrai, l'idée fédérale européenne n'est peut-être pas assimilée par nos dirigeants européistes autant que ne le crient nos amis souverainistes. Deux crises majeures ont fait reculer la fédération : Caucase et crise économique mondiale. Quand la situation est grave, la fédération ne marche pas, avec ou sans traité constitutionnel. L'encre de Lisbonne à peine sèche, il aurait été violé au motif de l'intérêt suprême de chaque nation, sauf peut-être par celle qui aurait eu au moment le commandement du Système !
La promotion de la Confédération des Etats est donc encore possible et peut être entendue par les électeurs européens lors du scrutin prochain. Il suffirait de l’argumenter.
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Miracle de la communication, la crapule Fofana se badigeonne d'intégrisme musulman pour améliorer l'ordinaire de sa probable perpétuité au sein de ses frères en Islam s'il est accepté dans ce monde bien organisé en prison. Jusqu'ici peu de voix s'élèvent dans la oumma contre ses provocations insupportables. Ce sera un grand caïd en centrale à qui on apportera des loukoums et des cigarettes à bout doré avant de lui présenter les fesses. Ces choses se gagnent dans les médias pas au palais de justice. M. Fofana est un primate intelligent.
Ayant prémédité et perpétré l'assassinat jouissif et rémunérateur d'un jeune homme au prétexte qu'il était juif et riche, l'étron barbare qui se sait foutu en droit, menace les jurés de mort pour faire capoter son procès dans un but inavouvé, sans que les magistrats ne sourcillent. Or rien de prouve que les jurés ne soient pas effectivement menacés par le mouvement antisémite qui recrute en banlieue sous la bannière de l'antisionisme. Un procès sans jurés devient impossible. Un procès à huis clos nourrit la légende. M. Fofana est informé.
La République incapable de remettre de l'ordre au quotidien dans les cités, ni de tenir tête à l'émeute, ne saurait protéger un juré d'assise dont les noms, adresse et qualité sont énoncés à la première audience. Va-t-on blinder les jurés comme on le fait des témoins à charge repentis ?
Qu'importe, rions sous les bombes. Selon le Procureur général Nadal près la Cour de Cassation qui était descendu à Bordeaux le 29 avril pour fêter les 50 ans de l'Ecole de la Magistrature, l'ENM est « une école de la République » (ndlr: ça veut dire quoi?) qui a su « garder son identité » (ndlr bis) et ceci, malgré sa grande capacité d'adaptation à l'évolution de la société et des attentes des citoyens. Cette identité conservée repose depuis cinquante ans sur trois éléments forts que sont « le caractère professionnel de la formation au métier de magistrat (Outreau ?), la technicité des compétences enseignées (Tracfin ?) et le souci constant de l'ouverture d'esprit des futurs magistrats ». Selon le directeur de l'ENM, M.Thony, ces trois dimensions, toujours conservées, font de cette école « un véritable modèle à l'étranger pour la formation des magistrats ». Nous voilà rassurés, c'est donc pire ailleurs.
Pourtant la dérive est palpable quand on sait la peur qui règne dans les prétoires où les prévenus menacent ouvertement leurs juges, et ceux-ci rentrent jusque chez eux en complète inquiétude, le noeud à l'estomac. La non-publicité des débats du procès Fofana au motif spécieux de la minorité de certains prévenus au moment des faits, ne les protège de rien.
La Justice qui arrive là au terme d'un long processus de déstabilisation de l'Etat bourgeois, aborde aux rivages du Grand désordre qui va susciter la justice individuelle et portative tant redoutée des normateurs, avant que ne foisonne dans les enclaves encore "civilisées" la loi de Lynch. Où faut-il émigrer ?
Prière du vendredi
Seigneur, en ces temps de misère budgétaire, Epargne-nous le nourrissement des salauds Et daigne dans ton infinie bonté Dépêcher le pitécanthrope Aux enfers. Amen
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Marcher pour la Jeanne. Ce second dimanche de mai les royalistes se réuniront devant la statue dorée de Jeanne d'Arc, place des Pyramides à Paris. Les voix et les moutons, "gentil dauphin", Reims, font dix pour cent de l'affaire Jeanne d'Arc, l'essentiel est militaire dans l'esprit de ce temps, c'est à dire à la fois brutal, imprévu et mystique. Est-ce pour cela que la canonisation du capitaine Darc n'aboutira qu'en 1920 après des siècles d'obscurité ? L'Eglise ne pouvait si facilement "adorer" ce qu'elle avait brûlé.
Le plus sûr de l'histoire sont les campagnes militaires d'une part et le procès terminal dont on possède les minutes, de l'autre. Laissons la chicane à l'Université et pénétrons la tactique.
Tout commence au siège d'Orléans, ... non ! Le Stalingrad valoisien c'est l'abbaye fortifiée du Mont Saint-Michel où le sire d'Estouville et cent vingt chevaliers tinrent tête à Lancastre au seuil du duché de Normandie pendant trois ans à partir de 1423 et demeurèrent invaincus (respect !).
Orléans, grande ville fortifiée et porte du Sud (ou du Nord selon le côté d'observation), meilleur bénéfice stratégique que le Mont, tiendrait-elle autant ? C'est ce que voulait savoir Montaigu, vétéran d'Azincourt et lieutenant-général du roi d'Angleterre en Normandie. Il mit le siège devant Orléans le 12 octobre 1428, et commença à élever des bastilles d'attaque sur les côtés ouest et nord de la ville. Le 24, il prit le châtelet dénommé Les Tourelles, qui tient le pont rive gauche, non sans mal puisqu'il y resta.
Talbot qui lui succèda s'y enferma pour assister à la coupure du pont par les Français - damned ! - et à son encerclement. Les Anglo-bourguignons comprirent qu'ils n'étaient pas assez nombreux pour l'emporter ou bien les murs français étaient-ils trop épais pour leurs bombardes, qu'importe, l'équilibre des forces s'avéra mère de l'ennui ; aussi le corps d'armée bourguignon se retira-t-il du camp au premier prétexte, ce qui donna l'idée aux capitaines français de couper le ravitaillement anglais en se l'appropriant.
Trois cents chariots étaient annoncés le 11 février 1429 sur la route de Chartres avec une forte escorte. Des tonneaux de harengs pour le Carême ! Mais ils ne le surent que plus tard. Dunois sortit de la ville avec un corps franco-écossais mais Bourbon qui devait rallier, se traînait pour une raison ignorée. Les Anglais ne se démontèrent pas et formèrent le cercle de chariots dans la plus pure tradition des pionniers de l'Ouest sauvage pour poster leurs archers protégés - on n'avait pas encore découvert l'Amérique. Devant ce "fort" impromptu, Stuart qui commandait les Ecossais voulut charger à cheval alors que Dunois préférait ses lignes d'infanterie. Pour ne froisser personne chacun n'en fit qu'à sa tête, et Bourbon ayant rejoint entretemps se lança de même, à son idée. Les Anglais récitant la maxime du maréchal Soult (la discipline faisant la force principale des armées ...) les écrasèrent ; ce fut la Pâtée de Hareng.
Les rescapés revinrent à Orléans le moral à zéro et communiquèrent leur désarroi à toute la ville. Au printemps de 1429, les vivres commencèrent à manquer, stérilisant toute initiative de la part des franco-écossais. La rumeur courut le royaume d'un siège terrible, bien pire que celui du Mont Saint-Michel. C'était compter sans le Dauphin qui rencontra à Chinon le signal d'une rupture stratégique sous la forme de Jeanne Darc, dix-huit ans, une âme incandescente chevillée au corps et surtout tenant bien en selle. La Providence rebattait les cartes et Orléans serait sauvée par l'enthousiasme. Le 29 avril, l'avant-garde du corps d'armée du Dauphin Charles de France, fort de quatre mille hommes bien équipés, levés à Blois, arrive en vue d'Orléans pour renforcer la garnison et desserrer l'étau.
Au grand dam de la sainte qui voulait attaquer derechef les retranchements anglais de la rive Nord, l'avant-garde progressa sur la rive sud en s'écartant largement des postes anglais pour atteindre Chécy où Dunois l'attendait en amont d'Orléans. Il ne s'agissait pas de se battre mais d'abord de descendre des vivres par le fleuve vers la ville affamée, car avant de charger sous l'étendard du Christ, il fallait abriter l'approvisionnement à Orléans même, puisque le pays ne possédait aucune autre place forte qu'Orléans pour les mettre en sûreté. Dunois attaqua le soir la bastille de Saint-Jean-Le-Blanc pendant la descente des barges et les Anglais ne purent stopper le train.
L'avant-garde n'avait en fait été détachée que pour l'approvisionnement de la ville et l'escorte de la Pucelle. Jeanne et ses gens entrèrent le lendemain soir dans Orléans, toujours assiégée sur son arc "nord/ouest/sud" mais libre à l'Est, par la porte de Bourgogne (n°5 du plan). Du 30 avril au 3 mai, elle arpenta les remparts en exhortant son auditoire au courage, puis s'aventura deux fois sous escorte jusqu'au poste anglais du capitaine Glasdale pour demander des nouvelles de deux hérauts que les Anglais lui avaient pris. Le séminaire de remotivation s'acheva par une grande procession de l'Invention de la Croix le 3 mai. Les Anglais étaient hilares ; ils ne pouvaient pas connaître la suite.
On passa dès lors aux choses sérieuses.
Dunois qui était parti à Blois prendre le gros des troupes, revint par la rive nord avec Gilles de Rais le 4 mai. Ils entrèrent en ville par la Porte Parisie (n°13) avant que d'attaquer la bastille Saint-Loup toujours sur la rive droite dans une position excentrée à l'Est, afin de faire passer les barges comme on l'avait fait la première fois mais sur la rive sud. L'escarmouche dégénéra et le tumulte de la bataille réveilla Jeanne en pleine sieste. Elle s'arma, leva les miliciens de la ville et sortit en renfort vers la bastille. Talbot accourut avec un fort parti anglais pour sauver sa position orientale. A ce moment précis, Dunois tourna ses forces contre la bastille de Saint-Pouair et leurra Talbot qui perdit Saint-Loup.
L'état-major français était plutôt relevé ; outre le Bâtard d'Orléans (Dunois), héros de Montargis à deux contre un, on y trouvait Gilles de Rais, spécialiste des prises de forts et châteaux ; Loré, tanné par les victoires et spécialiste de l'éclairage et des coups de main ; La Hire du camp d'Orléans, soldat audacieux mais entier, complètement droit en ces temps de bascule, jamais en deçà de la main au rempart ; Xaintrailles, capitaine gascon de valeur reconnue au point que les Anglais qui l'avaient fait prisonnier à Cravant, l'échangèrent contre le connétable John Talbot dont le seul nom terrorisait les enfants pas sages ; et Dammartin du parti de Charles de Bourbon, qui fera même le routier pour assouvir ses impatiences de soudard.
La Pucelle n'était pas seule avec Jésus et Marie mais entourée de valeurs militaires et d'expériences croisées. On décida donc de prendre les redoutes anglaises une par une plutôt que de faire une grande et glorieuse attaque pour entrer dans les Chroniques futures. Il est temps de sortir le plan d'état-major, à cliquer pour mieux voir.
Le verrou de l'Est, la bastille de Saint-Loup, était tombé le 4. Le fleuve était libre d'accès en amont d'Orléans. Talbot renforça les Tourelles qui bloquaient le pont rive gauche, en réduisant au minimum la garnison de la bastille de Saint-Jean-Le-Blanc qui pour lui, faisait double emploi. Jeanne et la milice passèrent sur l'île aux Toiles le 6 et, après que les sapeurs eurent jeté un pont provisoire vers la rive sud, s'emparèrent sans coup férir de St-Jean-le-Blanc déserté. La troupe fit tête vers les Tourelles qui était la position anglaise de conséquence.
Les compagnies sortant de la porte de Bourgogne continuaient de passer sur l'île aux Toiles et l'infanterie attaquait déjà le couvent fortifié de Augustins proche des Tourelles. L'objectif était de combler les fossés de fagots et de les incendier entre les assauts. La garnison anglaise qui combattait pour partie à pied sous ses murs, tint bon et au moment opportun lança sa contre-attaque. Jeanne qui commençait à prendre goût à la tactique, avait convaincu La Hire de former un escadron adossé à Saint-Jean-le-Blanc. Ceux-là chargèrent à ce moment et repoussèrent les Anglais derrière leurs murs. Les renforts français continuaient à passer le fleuve et pour la seconde fois Talbot fut leurré par Dunois qui attaqua la bastille Saint-Laurent dès que le groupe de Jeanne et La Hire monta à l'assaut du couvent. La Pucelle s'y blessa dans une chausse-trappe.
Dès la nuit, Talbot vida ses bastilles de Saint-Privie et de Charlemagne pour concentrer ses forces sur la rive nord. Ainsi les Tourelles et la barbacane qui tenait l'accès au pont, étaient-ils les seuls points d'ancrage des Anglais au sud du fleuve. Cette position dès lors isolée était destinée à tomber. Ça se passa le 7 mai. Après un bonne nuit de récupération en ville, Jeanne rejoignit aux aurores ses capitaines aux Augustins.
La barbacane située entre les Augustins et les Tourelles était une construction carrée imposante faite de quatre murs de pierre et de bois posés sur une levée de terre, le tout cerné d'un fossé en eau, sauf pour le mur du nord qui avait son pied dans le fleuve. L'accès se faisait par trois passerelles de flanc et un ponceau appuyé aux Tourelles. A 8 heures, l'infanterie teste les défenses. Il apparaît indispensable de combler le fossé de fascines et tous débris de démolition, ce à quoi la milice s'attelle pour terminer ce travail vers 1h de l'après-midi. L'assaut de la barbacane est donné aux échelles. Jeanne trop exposée prend une flèche sous la clavicule et l'assaut est brisé. Dunois envisage de remettre à demain, mais Jeanne demande de surseoir à cette décision le temps d'une prière. Sa bannière est dans les mains de Le Basque qui s'immobilise face au fossé, le pied de hampe posé au sol. Jeanne de retour saisit sa bannière de son bras valide et dans un geste naturel l'élève pour la reprendre au soldat. L'infanterie voit le signal et lance un dernier assaut, décisif celui-là puisqu'il surprit les Anglais qui croyaient en avoir fini pour la journée.
Pendant ce temps, les sapeurs français avaient construit un brûlot qu'ils lancèrent sous le ponceau des Tourelles reliant la barbacane, et l'endommagèrent à tel point que lorsque le capitaine de garnison voulut retraiter de la barbacane perdue aux Tourelles, celui-ci s'effondra sous leur poids.
Mais les choses avançaient aussi par le nord. La milice établissait des passerelles entre les bouts de pont sur la Loire et bientôt on put lancer des compagnies à l'assaut des Tourelles du côté opposé à la barbacane. Dans la tenaille, les Anglais ne surent résister et capitulèrent à la nuit tombée. Ce soir du 7 mai, Jeanne d'Arc et la troupe française rejoignirent la ville d'Orléans à pied sec, en passant par le pont sur la Loire.
Le lendemain était un dimanche. Suffolk, le commandant anglais, décida d'en découdre à la loyale et disposa ses gens en ordre de bataille à partir de ses positions de l'ouest, privilégiant ses archers gallois comme à Crécy (1346), et il attendit. Les Français, avisés de ce dispositif meurtrier, apparurent aux créneaux pour admirer la manœuvre mais ne sortirent pas. Sur les conseils de Jeanne, ils assistèrent à une grand-messe en plein air. Suffolk déçu plia bagage et retraita vers Meung où il fut pourchassé par des francs-tireurs.
Le siège d'Orléans était levé le 8 mai 1429.
Le dauphin vint à Tours pour y recevoir la nouvelle de la bouche de Jeanne le 10 mai 1429. Commença alors la campagne de la vallée de Loire sous le commandement du duc d'Alençon, dont le succès permettra le sacre de Charles VII à Reims. L'épopée de Jeanne d'Arc commençait.
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Le sondage français de la Conférence monarchiste internationale continue d'engranger les réponses. Malgré une publicité indigente dans les organes des mouvements, il va bientôt atteindre les mille réponses argumentées et deviendra le matériau d'un Livre Blanc qui donnera une image assez fidèle du "pays réel" royaliste en 2009. Trois régions ont bien répondu, Rhônes-Alpes, Ile de France et Provence Côte d'Azur ; curieusement Bretagne et Limousin sont à la traîne, mais ce n'est pas fini ...
Le dernier "sondage royaliste" fut publié par l'institut BVA avant les élections présidentielles de 2007. Voir ici. Nous en reprenons quelques chiffres significatifs : Les royalistes font 3% de la population observée dans les règles de l'art. S'y agrège un contingent de 14% de gens en sympathie ou simple empathie avec la monarchie. La question posée¹ évoque les monarchies constitutionnelles du Nord où les souverains règnent sans gouverner. On sait donc que 17% de Français ont compris l'intérêt de remplacer par un chef d'Etat permanent un chef d'Etat partisan, élu de peu (50% + epsilon) et provenant d'un petit socle de 15 à 20% d'électeurs exprimés ; c'est dire l'usurpation ! Mais attention : 56% de sondés sont tout à fait opposés au roi. Ceux du segment mou (plutôt opposés), ceux qui ne lèveront pas le petit doigt, représente 24% et cela ne nous avance pas beaucoup, sauf à nous prévenir que nous intéressons plus de 5% des gens comme on le sait après.
La deuxième question sur un candidat royaliste (5% voteraient pour lui) n'est pas déterminante. Par contre les résultats de la troisième sont terrifiants : 69% des sondés (en moyenne) jugent que le retour du roi altèrerait l'image de la France dans le monde et sa place dans l'Union européenne, amoindrirait l'unité nationale et pèserait sur les libertés individuelles, et surtout, c'est un comble, menacerait la stabilité du gouvernement. Les "sans opinion" sont en moyenne 9%.
Parce que le sondage avait été fait dans le cadre de la pré-campagne d'Yves-Marie Adeline, grand impulsif parti au front sous leur quolibets, les chapelles ne l'ont pas propagé. Peut-être qu'à la fin, ces résultats étaient bien trop sévères pour elles. Cent ans et plus d'Action française, des décennies déjà de royalisme orienté dans le sens de l'Histoire (NAr), autant de royalisme "diet" adapté à l'auditoire (RN), mais aussi 50 ans de combat légitimiste, des associations mémorielles dans tous les coins, en veux-tu en voilà, aboutissent à ce que 7 Français sur 9 jugent le roi comme un facteur d'instabilité gouvernementale ! La honte !
De deux choses l'une, ou bien nos organisations véhiculent une langue morte et n'arrivent pas à capter l'attention ; ou bien, nos idées ayant les qualités que nous savons, ces organisations ne comprennent rien à leur propagande ; mais alors rien du tout !
Comme il n'est pas imaginable que les chapelains lâchent leur rosaire sauf à être rappeler par Dieu, il est à souhaiter que le Livre Blanc de la CMI indique les pistes à suivre pour créer une structure de propagande professionnelle de l'offre monarchiste, sans s'occuper plus longtemps des "permanents" de la mouvance. Des réticences commencent d'ailleurs à être sensibles à l'idée que la réunion de copains des Assises pourrait virer au tribunal populaire.
En attendant, les premiers résultats diffusés par la CMI indiquent que 13% des réponses viennent d'encartés, 35% d'abonnés à des organes royalistes et 59% de défroqués des chapelles (plusieurs réponses possibles).
Synthèse et analyse des différentes réponses, ce « livre blanc » sera incontestablement un outil prospectif et stratégique utile à l'ensemble de la famille royaliste. Avec ou sans Assises, nous devrons alors agir; à défaut de quoi nous continuerons à gémir à l'unité de soins palliatifs. Il est donc important que tous les royalistes se donnent la peine de répondre au sondage de la CMI, en cliquant sur la bannière "Assises du royalisme" en pied d'article.
Note (1): Q = Seriez-vous favorable ou opposé à ce que la fonction de Chef de l’État, comme dans d’autres pays européens, soit assumée un jour par un Roi ?
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