lundi 28 septembre 2015

Du divorce des peuples et des États

C'est la grande affaire de la décennie et il y en aura pour longtemps si nous consentons à vider l'Oumma stérile pour la ressusciter vigoureuse au couchant du monde. Ils sont des millions à subsister sans avenir en zone verte, qui n'inventent rien et ne se gouvernent qu'à coups de sabre, pour envisager de continuer leur vie hors de la cage islamique. Au changement de paradigme (les printemps arabes), le signal fut donné et la foule s'est mise en mouvement. Comme chez les lemmings, on marche sans savoir pourquoi puisque tout le monde marche. On se guide au soleil comme ils se sont tous guidés depuis l'aube des temps, depuis les Grands Puants de la steppe mongole jusqu'aux Bougres et Ogres de nos livres de peur ! Mais le pays du bout du monde est déjà occupé, peut-être hostile... carrément hostile . Certes des ancres ont été lancées sous la forme de communautés musulmanes structurées et financées par les pays islamiques qui devraient stabiliser les requérants d'asile avant de les dynamiser, mais les territoires utiles sont densément peuplés et le plus souvent d'infidèles progressivement convertis à une xénophobie discriminée.

Gare de Budapest

Si les cultes étranges n'indisposent pas les indigènes - ça met de la couleur - la captation provocante de l'espace public les hérisse : prières de rue à même la chaussée, hommes en chemise de nuit vaquant à leur oisiveté, femmes niées dans leur féminité, égorgements rituels, justice coutumière réglant presque exclusivement le sort du sexe faible, violences gratuites, coupoles et minarets grandissant pour dominer la ville.

Alors quand les instances communautaires relayées par les pouvoirs nationaux appellent à intégrer des centaines de milliers, peut-être au total des millions de "réfugiés", à l'intérieur du périmètre européen, il y a divorce entre le pouvoir et les peuples administrés. Non tant dans le nombre - l'Europe en a reçu bien plus au XX° siècle - que dans sa composition. Bienvenue aux chrétiens dans toutes leurs chapelles, aux animistes, aux yézidis, zoroastriens, bábistes, baha’is, karaïtes, mandéens, yarésanis, alévis et même aux derviches tourneurs, et à tous autres qui ne sont pas gouvernés par la foi mais tracent leur chemin autant qu'ils le peuvent dans la dignité, l'honneur et le respect d'autrui à travers des jours empruntés à l'Inexplicable.
Pour les chiites, alaouites, kharidjites, sunnites et wahhabites, on va réfléchir, leur propension historique à massacrer tout ce qui précède laisse à désirer ! D'autant qu'ils constituent 90% des "réfugiés" !

Le pouvoir central européen charge en soutes des centaines de milliers d'individualités économiques à divers motifs techniques (démographie, relance économique, main d'oeuvre déclassée, cotisations sociales). Les Européens d'occident ont fait le tour de la question et ne veulent plus de musulmans, si tant est qu'ils gardent encore longtemps ceux qui s'enkystent dans nos sociétés avec des mœurs rejetées, à moins de les mettre en médinas, en ghettos et les faire visiter aux cars de touristes chinois ; les Européens orientaux sont saturés d'images et d'informations sur tous les désordres provoqués à l'Ouest pour ne pas vouloir faire la même expérience, ayant parfaitement compris le système de petits pas de l'innocence à l'hégémonie. Et puis il y a la litanie des attentats aboutis ou tentés et l'attaque très médiatique de Charlie-Hebdo à Paris. D'où les réactions tranchées des pouvoirs tchèques, hongrois, slovaques...

Qu'on se comprenne bien. On peut apprécier la grande civilisation des Omeyades et ses vestiges espagnols, comme on peut admirer les bains turcs de Budapest. Grenade est un enchantement et ce que l'on dit de son royaume force le respect. Mais l'abrutissement des foules d'aujourd'hui par un pseudo-clergé maniant l'alarme et l'anathème jette à nos portes des cohues impossibles à trier entre fanatiques et pacifiques, tous bien tranquilles jusqu'au permis de séjour, devenant pour certains conquérants jusqu'à l'insupportable une fois installés.

Les gouvernants européens sentent bien le hiatus entre les peuples et eux-mêmes, et gomment ou déforment autant que possible les origines ethno-culturelles des "migrants", mais ils sont ligotés par la doxa laïque qui les empêchent de trier. S'y ajoute une morgue naturelle à l'endroit des gens du commun bien incapables, selon eux, de comprendre le niveau des enjeux. L'oligarchie mercantile se prend pour une aristocratie et méprise le peuple souverain capable de mal voter en plus ! Ce divorce peut provoquer n'importe quoi. Certains pays que l'on attendait moins dans ce registre, comme le Danemark, cherchent à anticiper la fracture irrémédiable en durcissant de manière visible la gestion des flux migratoires. Ils placardent dans les journaux du Proche Orient des avis de découragement (comme ci-dessous), et militarisent leur frontière.


Par chance, un reportage parmi les réfugiés en transit dans les pays de l'Est nous apprend qu'ils veulent éviter la France, pays "compliqué" (code du travail), pauvre, endetté, dangereux et sale par endroit (clic) ! Ouf, on aura eu chaud dans notre crasse socialiste ! Ce qui n'entamera pas l'hostilité populaire tant le battage médiatique en faveur de ceux-là est intense. Les gens ressentent un danger avant de constater de visu l'aggravation de l'occupation du sol ou son absence, mais leur opinion se fonde sur ce ressenti avant de se voir confirmée par les réalités, rarement infirmée car on n'aime pas s'être trompé.

Le ressenti populaire peut s'exprimer par des manifestations xénophobes, et des contre-manifestations xénophiles de commande, mais on ne peut craindre l'émeute à ce stade. C'est une autre paire de manches en ce qui concerne l'élection aux prébendes politiques. Le mécontentement met en péril l'établissement des routards de la politique qui font carrière dans l'extraction des suffrages. Les élections régionales en France, qui jusqu'ici ne présentaient que peu d'intérêt pour le citoyen, peuvent devenir le coin qui s'enfoncera dans le tronc vermoulu de la nomenklatura.

Ce n'est pas le cochon de saint Antoine

La manipulation du scrutin qui fut décrétée en 2004 avec une prime au premier pour barrer la route au Front national dans les hémicycles de province se retourne contre les apprentis-sorciers quand le Front mariniste passe en tête le premier tour ! Et déjà, les principes s'effritent chez les rationnaires de la République qui cherchent par tout moyen à sauver leur "profession". Le braquage des logements aidés et des caisses sociales opéré par le gouvernement au profit des nouveaux immigrés peut déclencher un tsunami, si le Front ne trébuche pas sur une provocation, ou si le Menhir ne rallume pas les fours, voire pire en matière de raison d'Etat. Mais se garder de leurs amis comme de leurs ennemis est leur affaire, pas la nôtre. S'ils gagnent une seule région, ce sera la faute à la région. S'ils en gagnent deux ou plus, c'est toute la classe politique à table qui sera mise en cause. Le divorce alors sera patent !



lundi 21 septembre 2015

La Pax europaea en question


Europe attend le toro
Soixante-dix ans de paix ont si bien ramolli les nerfs des Européens, surtout les occidentaux, que la prophétie raspalienne du Camp des saints commence à se réaliser sous nos yeux. Dans ma jeunesse, quand on parlait de désarmement général, de mauvais coucheurs prédisaient qu'alors les Chinois viendraient nous mater à coups de bâton ! A quoi les experts du Harrys'Bar répondaient qu'ils les avaient trop petites pour se reproduire beaucoup chez nous. On importe aujourd'hui des bâtons plus gros, c'est plus sûr... et loin de moi de penser qu'il y aurait un échauffement énamouré chez les hétaïres politiques de ce beau pays qui s'ennuie, bien que les déclarations d'accueil de certaines gourdes s'approchent beaucoup de la dinde qui glougloute ! Finalement ce sont aussi des wagons de braquemards reconnaissants qui montent vers le Nord.

Ce ramollissement des peuples excite les provocations de tous ordres et d'aucuns voient dans la paix continentale les ferments de l'agressivité des envieux tout autour, lui opposant la guerre froide, la guerre technique sans haine, la guerre et ses histoires chevaleresques et sa magnanimité. On ne tranchera pas ici mais croyons bien que le Tiers-Monde nous imagine et nous découvre ensuite comme une "société de consommation", gavée, égoïste, cholestérolisée, en attente de pontages coronariens ! Une proie à sa merci ! Et nous les payons de honte pour nous repentir de l'écart obtenu sur tous ses rivaux par le génie universel de l'Occident d'autrefois. Nous provoquons et, désarmés par un tas de raisons généreuses, laissons venir la guerre que nous demanderons à d'autres de faire pour nous, comme la dernière fois. C'est ballot.

Une réponse pour muscler l'Europe nouvelle aurait pu être de revenir à l'empire, quelque sorte d'Étazuni d'Europe occidentale assénant sa stratégie au monde et déployant sa diplomatie et ses armées sur ses marches et ses mers. Il faut dire que le Saint Empire revenu avec Otto de Habsbourg à sa tête aurait eu plus de gueule à l'Assemblée générale des Nations unies que tout ce que nous avons vu défiler jusqu'ici, y compris même le "setter fou" de Chirac. Mais on ne peut abrutir un peuple à l'assistance publique et au principe de précaution pendant un demi-siècle sans qu'il soit modifié profondément dans ses gènes. Le mental des Européens s'est effondré ! A l'exception de quelques résistants, le plus souvent à l'Est, nul ne veut plus se battre ici. Le risque n'est pas même imaginable. L'apathie des témoins de violences dans l'espace public en dit long sur la castration de l'espèce. Il nous reste parfois des anglo-saxons dans les trains pour agir en hommes. L'Union actuelle coagule cette couardise européenne, on sent bien qu'elle va plier, qu'elle va se coucher après les incantations d'usage. Quel soulagement avant les vacances au ski !

Europe de Fernando Botero
Les consensus les plus adroitement recherchés à Bruxelles n'ont abouti qu'à l'émergence d'une Europe pour de rire que l'on nomme "Soft Power". C'est une moquerie, il n'existe nulle part ailleurs de "soft power". Ses représentants furent lamentablement ridicules dans le concert des nations, que l'on pense à Jacques Santer, Manuel Marin, Jose Manuel Barroso, Catherine Ashton et Herman Van Rompuy... mais on ne va pas loin non plus en continuant avec Jean-Claude Juncker, Federica Mogherini, ni même avec Donald Tusk qui reste propre sur lui et ne commande à rien !

Devant cette politique européenne de l'édredon, certains pays s'estimant capables de contrer la subversion mondialiste, imaginent pouvoir extraire leur laine de l'écheveau. C'est un leurre. L'imbrication des économies est achevée, et bien au-delà de l'espace européen. Les secousses se répercutent immédiatement dans toute la zone, que l'on soit partie prenante ou partie sortante. La chimie de l'amalgame a saisi toutes les économies ouvertes. On le voit dans le contrechoc de crises exotiques comme l'explosion de la bulle boursière chinoise ou l'effondrement relatif des émergents de deuxième division comme le Brésil ou la RSA. Le souverainisme est un loisir d'ancien combattant, une occupation sans risque, les interdépendances sont inextricables. Que le Brexit nous fasse mentir, on ne souhaite que ça !

L'Edit de Caracalla de Régis Debray anticipait la crise de l'Occident et la parait par la yankisation des citoyens du monde libre¹. C'est un roman à relire. Quelques années plus tard sortait le Choc des civilisations de Samuel Huntington dont le titre dit tout². Nous avons été prévenus. Il m'apparaît infaisable que des pays moyens comme les pays européens même dits-grands s'en sortent seuls en organisant des compromis successifs entre eux pour agir. La férule bruxelloise est une baguette de tambour qui n'a pas de force. Le président de la Commission n'est que l'adjudant-major du régiment, quelque sorte de secrétaire général ne gouvernant que la production de dossiers que vomissent en continu ses bureaux. La survie de l'Occident, si tant est qu'elle soit vraiment recherchée par nos élites, passe par le défi polémologique qui dissuadera les nations hégémoniques autour de lui, ou matera simplement les nations agressives. Réarmer et taper fort ! Qui y croit ? L'Europe est devenue une immense Gaule du chacun pour soi. Et chacun est dramatiquement petit.


A défaut, les Etats-Unis d'Amérique ont la capacité d'imposer ce défi quand ils le lancent et de le relever quand ils le reçoivent. Il ne s'agirait dès lors que de leur faire accepter la pertinence des analyses géostratégiques de la vieille Europe qui accumule beaucoup plus d'expérience qu'ils n'en auront jamais en ce domaine et qui éviterait bien des contre-performances³. A cette condition - c'est important - l'Alliance atlantique pourrait être renforcée et former le Sénat d'Occident investi des pouvoirs nécessaires à imposer nos intérêts contre ceux de nos contempteurs. Nous aurions et le mental et le marteau ! Le reste est dérisoire. L'UE est dérisoire. L'Eurocorps est dérisoire. M. Hollande est dérisoire.




Epilogue

Et le roi dans tout ça ? Ah oui, le roi ! Mais c'est bien sûr. Ben...... c'est son problème de roi ! Carolingiens et Capétiens n'ont pas attendu l'acclamation, ils la provoquèrent et pour la conserver se montrèrent adaptables aux circonstances du temps ; sauf le dernier peut-être qui n'avait rien compris au film ! Quoique ! Il avait parfaitement intellectualisé l'évolution des mœurs et lu l'Encyclopédie, mais n'avait pas le caractère révolutionnaire qui l'aurait poussé à tirer lui-même le char du changement. Rayé des cadres ! On ne peut se mettre impunément perpendiculaire au sens d'évolution des peuples. Un roi marche devant, c'est lui qui donne le "sens". Qu'en pensent les princes vautrés dans le chariot royal tiré par des bœufs ?




(1) Critique de Bernard Cassen [extrait] dans le Monde diplomatique (source):
Dans sa postface, dans laquelle il retrace la carrière hors normes de Xavier de C***, Régis Debray affirme qu’il « pose avec de longues mesures d’avance la question-clé du siècle à venir, une fois dissipées les euphories du “leurre” européen ». On pardonnera volontiers à l’auteur cette autocongratulation, véritable défi lancé à une Europe qui doit encore prouver qu’elle entend être européenne...

(2) Critique de Mehdi lazar [extrait] pour La Revue Géopolitique (source) :
Selon Samuel Huntington, les civilisations auraient vocation à s’affronter car : (i) elles sont différentes, (ii) le monde devient plus petit, (iii) les changements économiques et sociaux recomposent les identités qui sont de moins en moins locales, (iv) la prises de conscience du rôle des civilisations est mis en exergue par le rôle de «l’Ouest», (v) les caractéristiques culturelles changent moins facilement que celles économiques et politiques.

(3) Les contre-performances des Etats-Unis, soutenus par leurs plus proches alliés du Commonwealth blanc, commencent à la guerre du Vietnam puis resurgissent dans la seconde guerre d'Irak qui laissa le pays sans Etat, véritable trou noir du terrorisme. On ne peut pas leur reprocher les opérations d'Afghanistan où ils appliquèrent à la lettre les trois buts énoncés par Joe Biden : tuer Ben Laden, sécuriser les bombes atomiques pakistanaises, casser du taliban partout ; ni leur réserve dans l'affaire syrienne bien trop compliquée pour le Département d'Etat.

lundi 14 septembre 2015

L'Église roule la pente

Ce sera sans doute le billet le plus corrosif de la série. Il parle du flux migratoire poussé vers nous par tous les pouvoirs.

Jorge Bergoglio, SJ, S.S. François
Pourquoi le pape noir François 1er et beaucoup d'évêques européens, à la notable exception de quelques prélats d'Europe de l'Est¹, poussent-ils à l'accueil de cohortes musulmanes provenant du Levant et de Mésopotamie au sein d'une Europe fondamentalement chrétienne, même si la pratique de la religion y est en veilleuse ? Le motif de charité théologale écrase ici le concept de bon sens. La Conférence des évêques de France prévient qu'il n’est pas acceptable de faire un tri qui viserait à en accueillir certains seulement. On doit tout prendre ! Or la nature a ses lois : les territoires s'organisent pour leur mise en valeur par leurs propres habitants selon les codes sociaux qu'ils y ont établis. L'espace peut être clos ou ouvert et l'étranger accueilli à la simple condition de respecter us et coutumes du pays. On sait d'expérience que les musulmans, une fois installés dans l'assurance d'une résidence stable, se forment en communautés spéciales et visibles qui vont revendiquer une partie de l'espace public afin de "défendre" leurs mœurs coraniques d'abord, puis de les promouvoir par tous moyens licites. Même si une partie d'entre eux s'assimile en oubliant les rites désuets du désert originel, les autres s'enkystent.

Qui pourra endiguer et refouler l'islamisation de l'Europe occidentale ? L'Eglise ? Jean Sobieski ? Il s'agit de notre mode de vie, de notre civilisation même. Peut-être, comme le dit Michel Houellebecq dans Soumission, en avons-nous assez de cette molle décadence d'un Occident putréfié jusqu'à appeler à sa régénérescence une règle de fer forgée ailleurs.

L'histoire a prouvé que les divers monothéismes ne sont pas miscibles. Fondamentalement antagonistes, totalitaires par essence, ils sont en guerre entre eux, larvée aujourd'hui jusqu'à une paix hypocrite, sinon en guerre ouverte au prétexte que "mon Dieu est plus grand que le tien et le seul vrai". Si le catholicisme a prohibé les conversions militaires, l'islam est revenu sur une trajectoire de conquête sous divers visages, il faut être demeuré pour ne pas s'en apercevoir.

Mgr Fonlupt, évêque de Rodez²
Le pape et ses évêques semblent complètement branchés sur l'émotionnel comme n'importe quelle ligue pleureuse. Ils abandonnent l'essence même de la religion qui est de s'occuper des âmes ; des corps, il y a pléthore de soignants en concurrence féroce qui se disputent la manne publique et internationale pour faire carrière dans le charity bizness. Quand une religion abandonne l'eschatologie pour se complaire dans l'enrobage des mœurs civiles, son esprit meurt à petit feu. Et les hiérarques de se transformer en télévangélistes ou en père Fonlupt (photo) puisqu'il faut bien sauver les talents ! Pourtant, on ne croit pas en Dieu pour distribuer des pains au chocolat sur le quai des gares mais parce que nous sommes mortels et génétiquement angoissés par une fin certaine. Il semble que depuis longtemps cela n'intéresse plus la Sainte Calotte qui se vautre dans l'humanitaire, dans la communication permanentée, et qui ne va pas gâter l'ambiance en parlant de la mort ! Le porte-à-faux est manifeste.

Laissons pour une fois la parole à Ernest Renan qui, dans Patrice (à Rome, 1849), charge à fond la catholicité pour son déni des lois naturelles de bon sens et bonheur :

Si nous avions été païens, ou moins profondément imbus de christianisme, notre vie se fût écoulée normale et vulgaire. Si à cette époque nous eussions habité l'Italie, si j'eusse compris l'antiquité comme je la comprends maintenant, je n'eusse pas quitté les sentiers doux et faciles de la plaine pour les pics aigus et romantiques de la montagne. Je manquais radicalement à cette époque de cette mesure, de ce modus optimus qu'enseigne si bien cette terre classique. Apollon, Castor et Pollux, Diane, Minerve, Vénus me paraissaient insipides, parce qu'ils représentent la nature saine et normale. Je leur préférais une Vierge mère de Dieu, et la maigre image d'un Dieu tiraillé par des clous. Préférence donnée à l'anormal, à l'exceptionnel, au maladif, voilà l'esthétique chrétienne ; voilà les idées qui nous ont perdus. Maintenant je comprends à merveille que le beau n'est que dans le simple, dans le naturel, dans le vulgaire ennobli ; j'ai fait justice de ce prétendu attirail de finesse et de profondeurs, au moyen duquel on arrive à prouver que le laid, c'est le beau, que la pâle et hystérique sainte Thérèse est plus belle que Sapho. A cette étrange doctrine qui a bouleversé toutes nos idées sur le beau et le bien, je préfère la droiture antique ; à cette paradoxale théorie : Heureux ceux qui pleurent ! Heureux ceux qui ont faim ! Heureux ceux qui se privent ! Je préfère la prière de Solon :
« Charmants enfants de Mnémosyne et de Jupiter Olympien, muses qui habitez le Piérion, écoutez ma prière ! Obtenez-moi des dieux le bonheur et d'avoir toujours une bonne réputation aux yeux des hommes. D'être doux à mes amis et amer à mes ennemis, aimable pour ceux-là, terrible pour ceux-ci. Je souhaite d'avoir des richesses, je ne veux pas souffrir d'injustice...».
Voilà le vrai, le simple, le naturel. Voilà ce que le christianisme a profondément interverti par son surnaturalisme, en prêchant sans cesse le renoncement, le combat contre la nature, en subtilisant à l'infini sur le bien moral et le bonheur. Il nous a accoutumés à chercher les choses dans leur contraire, à chercher bien loin ce qui est tout près. Toutes les idées fausses qui sont dans le monde en fait de morale sont venues du christianisme. La Grèce, avec un tact divin, avait saisi la parfaite mesure, fugitive et insaisissable nuance qu'on entrevoit sans raisonnement par l'instinctive finesse de sa nature, mais où l'on ne peut se maintenir. La mesure d'ailleurs paraît froide et insipide à la longue ; on se fatigue de la proportion et du bon goût ; on en vient à préférer l'étrange, l'anormal.
(Fragments intimes, Calmann-Lévy, Paris 1914)

Nous y sommes en plein ! L'anormalité islamique fascine nos épiscopes. L'étrangeté d'une religion de chameliers jaillie de rien la leur coupe ! L'Eglise, qui jusqu'à hier structurait nos sociétés dans ses codes d'ordre, aspire aujourd'hui ses propres ennemis sur son territoire historique sans se préoccuper, semble-t-il, du devenir de ses "ouailles" promises un jour à la dhimmitude, comme c'est parti. Dans certains discours, nous avons la désagréable impression d'être devenus pour elle des obstacles à l'entropie universelle qu'elle promeut ! Les derniers Mohicans bas du front et vieux-jeu, nous gâchons l'enthousiasme des associations de secours exotiques. Nous ne comprenons pas "le" message.

L'Eglise du rempart de Charles Maurras s'est évanouie et sa justification structurelle disparaît. On fait place au culte de la sensiblerie, renouant avec les origines bitumineuses, gémissantes et carrément socialistes de son Chemin de Paradis. Qu'aurait-on pensé au tournant de la Seconde Guerre mondiale si l'on avait prédit que l'Eglise catholique pouvait représenter un jour un danger civilisationnel en s'associant au déclin de l'Occident chrétien ?






Qu'il soit bien clair que Royal-Artillerie milite pour l'accueil des Chrétiens d'Orient sans mesurer leurs effectifs. Incapables que nous sommes de les défendre chez eux, nous, en France, avons en conséquence le devoir de leur faire leur place ici. Ces gens sont les Chrétiens aborigènes des origines. Nous devons les respecter pour eux-mêmes et pour l'histoire qu'ils nous enseignent. Aparté : ils sont bien plus réalistes sur le dessein islamique que les monsignori du Vatican et leurs relais humanitaires, véritables chevaux de Troie.


(1) Mgr Henryk Hoser (Pologne) et Mgr Laszlo Kiss-Rigó (Hongrie)

(2) L'évêque de Rodez est l'héritier des Cardaillac, de François d'Estaing, de Georges d'Armagnac, de Colbert Seignelay de Castlehill et bien d'autres puissances en Languedoc, qui ne s'inclinaient que devant le pape ou le roi, et plus proche de nous, de Jean Ménard, dynamiteur de l'extension du camp du Larzac. La moustache rigolarde de Mgr Fonlupt fait bon marché des anciens titulaires ; il quitte le palais épiscopal qu'il ne peut plus chauffer pour un petit couvent de ville qui l'accueillera, lui et sa maigre escorte. Paix à son âme de liquidateur.


Postscriptum : Sur la question d'immigration elle-même, on peut se reporter au billet RA sur la thèse du Pr Hans Hermann Hoppe : La démocratie sociale force l'intégration des étrangers (clic).


lundi 7 septembre 2015

Le pentagone du prince

Le silence assourdissant des maisons princières aux jours de l'assaut des frontières européennes, ainsi qu'au spectacle de cette guerre non déclarée d'une rive à l'autre de la Méditerranée qu'est l'offensive du fondamentalisme musulman, m'a conduit à douter de leur perception des enjeux. Quel est leur degré de perception des réalités ? Ma langue au chat. Quel devrait-il être ? C'est déjà plus facile.

Contre la Cour - Billet didactique offensif

Il y a quatre choses pour soutenir un monde : La connaissance du Sage, la justice du Grand, les prières du Pieux, le courage du Brave. Mais tout cela n'est rien sans celui qui gouverne et connaît l'art de gouverner (Frank Herbert, in Dune). C'est le pentagone du pouvoir.

(source inconnue)
Cet art de gouverner s'apprend jeune. Il doit pénétrer le prince au fur et à mesure de sa croissance. C'est son sang, son âme, sa "spécialité". Les enfants des dynasties régnantes sont éduqués au berceau pour y atteindre - enfin, dès l'âge de raison. En dehors du cursus d'appropriation des connaissances, le plus difficile pour eux est d'apprendre à convaincre plutôt qu'à obliger. Aiguiser l'analyse et le jugement réclame des connaissances fouillées, mais d'abord la formation d'un caractère "intellectuel" affirmé, en plus d'un tempérament persuasif et serein. Le nerf du prince n'est pas celui du commun.
Les enfants des dynasties ambitieuses qui ne règnent pas doivent être mis au travail comme les autres, sinon on peut retrouver en eux le jour venu, les mêmes travers que l'on reproche aux dirigeants de rencontre que la République puise dans le vivier des arrivistes : boulimie sexuelle, comportement de parvenus ridicules, goinfrerie gratuite, caporalisme du commandement et in fine tyrannie ; toutes choses impossibles chez une famille régnante même depuis peu, qui entendrait poursuivre.

Nous devons constater, sans nous en affliger, que les prétendants que promènent ci et là les actualités royalistes ne sont pas prédisposés à la mise sur orbite d'un vrai chef d'Etat ; soit qu'ils jugent utopique une quelconque confrontation de leurs capacités à l'emploi éventuel qui les guette, soit que ces mêmes capacités ne suffisent pas à les porter au niveau requis et qu'ils en soient conscients. D'aucuns peuvent aussi se laisser tromper par le niveau parfois exécrable de chefs sélectionnés par le système démocratique. Sont-ce les princes les plus inquiets de ce hiatus ? peut-être plus que la cour qui ne rêve que de promulguer avertissements et conseils ! Les "dresseurs de prétendants", selon l'heureuse formule d'Yves-Marie Adeline, se renouvellent sans cesse à mesure de l'usure du précédent, vaincus par l'inertie du champion. La chambrière de Royal-Artillerie n'est pas loin non plus de glisser des mains du Piéton.

Mais hors de la pépinière des conseillers avoués, le doute fuse et la proportion très grande de militants royalistes rangés des voitures - comme l'avait mesuré le sondage¹ SYLM pour les Premières Assises Royalistes - ne s'explique que par la révélation de l'inanité d'un combat dont l'urgence n'est pas partagée en haut lieu. L'infanterie se laisse décimer en formation tant que le capitaine est devant, l'épée au ciel.

Villars à Denain - 1712


Sans déroger au respect que méritent les princes sincères, on peut faire une simulation de niveau et laisser à chacun le soin de mesurer l'écart à l'existant. Nous avertissons le lecteur que la description d'emploi contenue dans les lignes qui suivent ne visent en rien à copier les gouvernements d'Ancien régime, mais cherche à cerner les qualités utiles pour faire de la politique exécutive à haute fréquence. Dans notre monde, la prise de décisions irrévocables est quotidienne pour l'Exécutif. Cette aptitude dépasse la formation classique d'un élève appliqué. Il y faut la race : on ne peut que partir d'un tempérament favorable et forger le caractère qui y commandera. Sans ce préalable, il est vain de "cotiser".

Comme nous le disions dans un billet irrévérencieux au mois de mars, L'âme des princes, « la destinée du prince oblige à monter le niveau le plus haut possible pendant la période de sa formation - on en jugera par les diplômes obtenus - et à forger un caractère résilient. Outre les nécessaires humanités et mathématiques, il tombe sous le sens que des études de droit public, de finances publiques et de commerce international, clôturées par un passage dans une académie militaire, soient le minimum syndical pour qui s'apprêterait à nous gouverner aujourd'hui ». Ceci étant acquis, il reste la pratique des codes sans laquelle le prince accédant resterait dépendant de son entourage. C'est exactement l'objet de cet article.

Gouverner au plus près du vent oblige à bien connaitre les codes de communication et de transaction des hommes qui comptent. Sans en rechercher l'expertise, le prince doit être familier de la langue des grandes corporations sociales qui pèseront le plus lourdement sur ses décisions. Cet apprentissage ne peut être obtenu autrement qu'en travaillant le temps nécessaire à cette acquisition dans chacune de ces grandes corporations. Cette accoutumance "technique" est indispensable pour comprendre les débats du futur Conseil et provoquer sans délai les synthèses attendues. Le monde du XXI° siècle ne nous laisse plus le loisir d'interminables exégèses, il faut "réagir". Pour ce faire, faut-il aussi comprendre l'événement dans l'essentiel sans le filtre du chargé d'affaires. Les anciens rois nous avaient habitués à cette prescience.

Quelles sont donc ces corporations que la culture générale de l'honnête homme ne suffit pas à connaître ? Il y en a heureusement peu, mais ce sont des spécialités contiguës au pouvoir ; à notre avis, les voici toutes, je crois :

* Finances internationales immergées, marchés denrées et matières
* Droit international appliqué
* Infra-stratégies, art de la guerre
* Physique sociale du comportement des masses
* Géographie humaine de l'Afrique noire et haïkous

En quelques paragraphes pourquoi :

Ces spécialités ne sont pas enseignées pour elles-mêmes, sauf à dériver d'enseignements magistraux plus globaux, et il vaut mieux qu'il en soit ainsi car le monde universitaire est trop confiné et lent pour les pratiquer ensuite². Elles s'apprennent en s'investissant dans le milieu considéré, pas forcément longtemps. Il y a d'autres spécialités secondaires dans ce cas, mais elles ne sont pas contiguës au pouvoir et ne nous intéressent pas ici. Exemple : affrètement, conduite d'une opération amphibie, cyber-attaque,... le cas de l'espionnage se discuterait :)

#1. Les finances immergées et les marchés denrées-matières sont des spécialités dont la compréhension n'est accessible que par les back-offices des banques ou par les salles de marché des maisons de trading. Leur influence est considérable sur les paramètres politiques, certains disent que l'essentiel du pouvoir y gît.

#2. Sauf à passer par un cursus juridique classique de droit public, la connaissance des réalités pratiques du droit de force inter-nations est indispensable. Il est aujourd'hui des cours internationales qui brassent ces problèmes quotidiennement.

#3. Pour la stratégie, on a envie de pousser à l'étude des Sun Tzu et Clausewitz - ce qui ne serait aucunement perdre son temps - mais ce sont les infra-stratégies actuelles qui comptent dans le débat et leur approche n'est pas si aisée. Peu de cénacles s'en occupent et les pénétrer demande beaucoup d'habileté ou de relations. Avec les secondes cela reste possible.

#4. La sociologie des foules est une base d'apprentissage politique qui fut travaillée par de grands penseurs, mais la nouvelle société de communication actuelle en demande la révision complète pour ne pas dire la reconstruction. Les foules réagissent au smartphone. Le meilleur stage ne peut être fait ailleurs que dans un grand service de sûreté nationale ou chez... Facebook.

#5. Pourquoi l'Afrique noire ? Parce que c'est notre premier défi européen. Nous en économisons ici la description que chacun anticipe déjà. Le prince en formation ne pourra faire autrement que de passer du temps dans plusieurs ONG/agences mouillées sur le terrain. Vacances exotiques en perspective sur trois ou quatre ans. Et les haïkous ?
C'est le comte Herman Van Rompuy qui m'a demandé d'ajouter cet art tout en finesse qui ne sera jamais enseigné à la fac à peine d'en mourir. Ils lui permirent de meubler les séances interminables du Conseil européen. Royal-Artillerie vous offre le sien à la fin du billet.


(hors sujet - plaisir des yeux)



À la fin du cycle des spécialités, viendra le temps des synthèses. En situation d'accéder, le prince devrait avoir achevé la connaissance intime de son pays en faisant l'inventaire des dépendances incontournables, des contraintes indesserrables que sa géographie et le monde lui appliquent. Il serait dommage à ce moment d'affaiblir sa réflexion de l'incorporation de coutumes apprises de l'ancien temps puisque l'époque du royalisme pouet-pouet sera achevée à la veille de l'accession.
Les atouts du pays qui restent nombreux à ce jour seront mis à l'actif du bilan. Contraintes et dépendances au passif. Afin que le déséquilibre du bilan national soit gérable, il conviendra de combattre l'effet des dépendances et contraintes et de magnifier les atouts. Par l'optimisation des déséquilibres se terminera l'apprentissage de "l'art de gouverner" laissant place dès lors à l'accumulation de l'expérience.

A la table du nouveau gouvernement on ne devrait gérer que le domaine régalien - il serait sage précaution que de laisser la société à ses disputes démocratiques. Au Conseil de demain, ils seront cinq. Comme un poing fermé, ce Conseil des ministres sera puissant et réactif. Ainsi que l'expliquait Jean-Claude Martinez à la conférence du Centre d'Etudes Historiques sur le Maroc : un pays se gouverne avec une demi-douzaine de "patrons". Faut-il encore les avoir ! C'était l'effectif de la vieille monarchie et Napoléon n'en prit pas beaucoup plus. L'Allemagne (5+9), la Suisse (7) s'y tiennent presque. Les cabinets pléthoriques de la République française sont ridicules, et l'émiettement partisan du pouvoir ajoute l'inefficacité au grotesque ! Ne changeons pas en pire et retenons-nous, messeigneurs, de récompenser ducs et marquis, vicomtes et barons.

Que vienne ce temps avant que le pays n'expire. Il aura alors achevé sa révolution à l'extrême limite de la période autorisée pour sa survie. Deux siècles et demi pour lui faire faire 360 degrés, une révolution. Au roi, et vite !

Vexilla regis prodeunt, y a plus qu'à !








Note d'ordre

À quoi sert ce billet, en suite de quelques autres attachés à la formation du prince ? L'audience modeste du blogue laisse répondre : "à rien". Mais le Web est vaste comme l'océan où on laisse des bouteilles. Si quelque impétrant ramasse celle-ci sur la grève de nos regrets, elle voudra lui dire que nous prenons au sérieux le retour d'une monarchie en France et qu'il ne faut pas jouer avec notre espérance. A se dire "dynaste" comme on l'entend partout dans les maisons princières, il sied de se préparer à toute éventualité de restauration ou instauration pour la conduire au succès, et cela commence par sa propre formation et celle de ses héritiers.

Les princes d'aujourd'hui en situation d'accéder ne sont pas vraiment formés à l'emploi³. Etudes très moyennes, profession sans profession, inaptitude à bâtir un corpus doctrinal personnel, communication terne, confort de l'historicisation de toute apparition publique, revendication répétitive de droits hérités qui sont en fait perdus, le tout signalant une inaptitude alarmante. Le syndrome du bouchon de liège plombé par l'hameçon.

Si leurs enfants ne sont pas mieux formés à terme, alors nous saurons que les princes en vue n'y croient pas plus que n'y croient nos adversaires républicains et qu'ils jouent avec un mouvement de sympathie populaire qui les flatte et leur coûte si peu. C'est pour cela que j'observerai avec une grande curiosité les progrès que feront Eugénie, Gaston, Louis, Alphonse, Antoinette, Louise-Marguerite et quelques autres... en souhaitant de tout cœur que cette nouvelle génération s'investisse avec courage dans le grand projet en s'organisant entre eux pour le réussir.

A défaut de quoi, le pronostic historique demeure qu'ils devront s'effacer tous un jour pour laisser passer du sang neuf, car il est une certitude inflexible : le plus beau pays du monde ne pourra rester longtemps sans maître.





L'arbre se dévêt
Contre la morsure du vent
L'oiseau est trahi


(1) 61% selon le Livre Blanc de 2009
(2) La lexicisation du transport maritime mondial entreprise soit par l'ONU soit par l'université française dans les années 80 sont des exemples aboutis d'obsolescence instantanée. Deux mois de travail chez un transitaire hongkongais valent deux ans de cours et durent plus longtemps.
(3) Sauf un.


A paraître : Spécialités du pentagone du prince


(Cycle d'Arrakeen 2015)

lundi 31 août 2015

De la régénérescence de la langue françoise


Avant-propos : La Route des Ruthènes Nîmes-Millau va devoir attendre, du moins tant que le défi de tracer définitivement la voie romaine sera en ligne de mire. Il y a deux vérifications à faire, celle du contournement des gorges de l'Hérault après Ganges vers le nord, qui pourrait déclasser le chemin de Cap-de-Coste (chemin gaulois des Ruthènes, devenu plus tard route royale de la Généralité de Montpellier) et l'accès au plateau du Larzac entre Arrigas et Campestre (plusieurs possibilités). Le reste est bon, même le franchissement du Tarn. Il faudra y retourner.




C'est la rentrée. Royal-Artillerie redémarre appuyé sur le génie d'autrui, à défaut d'avoir phosphoré par soi-même. Dans notre série "L'École des Pintades" voici un diamant où miroite la langue. A faire circuler chez les pédagogistes fous de la Rue de Grenelle en ces jours de Rentrée scolaire.

A l'intérieur des lois de son art, un écrivain est libre de tout inventer, à peu près comme un funambule de risquer sur sa corde les gambades les plus libres, sauf à se rompre le cou s'il tombe, ou comme un dompteur qui n'a pas d'autre limite à la fantaisie de ses jeux avec ses lions que la prudence nécessaire pour n'en être pas dévoré.

L'écu de Calonne
Les écrivains sont la conscience de la langue : ils ont pour rôle de garder tout le français vivant, d'en entretenir la richesse, sans quoi, la paresse aidant, il arrive que l'esprit tourne dans un cercle de mots toujours plus étroit. Les ressources du français sont admirablement diverses. Il n'est pas du tout nécessaire que nous confondions notre langage avec celui que nous a laissé le XVII° siècle. Ce français-là est sans doute d'une pureté admirable, et jamais on n'a, pour ainsi dire, appliqué de vitre plus transparente sur les opérations de l'esprit. Mais l'acquisition de ces qualités nous a coûté cher. Qu'on se replonge dans la langue du XVI° siècle, elle est toute à la gloire de la sensation, familière, domestique, rustique, et faite, aussi bien, pour la bataille et pour l'aventure. Notre Moyen Âge, au-delà, est encore plein de mots charmants et naturels. C'est aux écrivains à ramener dans l'usage tous ceux qui le méritent, et à empêcher ainsi, en en retrouvant d'excellents, qu'on n'en invente de monstrueux.

Lorsqu'il s'agit d'acheter, de vendre, nous ne disposons, pour nos échanges, que de la monnaie contemporaine. Qu'on imagine ce que serait si toutes celles, de bon aloi, qu'on a frappées durant notre histoire, n'avaient pas cessé d'avoir cours, si l'écu d'or et les gros tournois d'argent de saint Louis, l'agnel de Jean le Bon, l'angelot, le royal, le grand blanc et le petit blanc voisinaient dans notre bourse avec le teston de Louis XII, le louis d'or de Louis XIII, l'écu aux trois couronnes et le superbe écu de Calonne. Quel sentiment nous prendrions alors d'un présent ainsi investi par notre passé !

Ce trésor complet, cependant existe et il ne tient qu'à nous d'en user : c'est notre langage.

(Abel Bonnard, dans un brouillon de 1923 retrouvé par Luc Gendrillon)


samedi 15 août 2015

Quinze Août

Le Quinze Août est ma fête nationale ; c'est du moins ainsi que je ressens ce jour spécial et je ne suis pas un Acadien pour qui c'est vraiment la fête nationale. Où que je sois et même très loin, je penserais un 15 août au Quinze Août. C'est... génétique. La plus grosse fête de l'arrondissement cévenol qui m'a conçu à moitié est à cette date, et finalement j'en ai manquées assez peu si je compte pour toute une vie d'homme. Sauf cette année.

Le jour du grand bouleversement, j'aimerais que nous quittions le Quatorze Juillet que le monde entier connaît sous le faux nom de Bastille Day (pouah !) et que la Nation se retrouve en elle-même à l'Assomption du 15 août. Dans le microcosme royaliste français ce jour commémore aussi le prononcé du Vœu de Louis XIII consacrant la France à la Vierge de l'Assomption comme suite de l'Edit de la lampe perpétuelle du 10 février 1638 (ndlr: l'intitulé est de RA). Nous sommes en pleine Guerre de Trente Ans, guerre atroce, et les Impériaux ont enfoncé les lignes de la Somme et de l'Oise l'année précédente. Repoussés avec succès grâce à la mobilisation de Paris (où le roi se maintient), ils réitéreront leur percée sur la Somme au mois d'août 1638 et le roi gagnera Abbeville en soutien de nos armées, Abbeville où sera prononcé solennellement par le roi l'Edit de Saint-Germain-en-Laye en l'église des Minimes. Voici le vœu, plaisir du texte aussi :

« Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne, sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté, que d'accidents qui nous pouvaient perdre.

« Lorsque nous sommes entrés au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause, que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice. La rebellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

« Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne, se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.

« Prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets.

« Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la Sacrée Croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa Mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.
« A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'Eglise cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tienne en ses bras celle de son précieux Fils descendu de la Croix et où nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

« Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse.

« Nous admonestons le sieur archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que tous les ans le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son Eglise cathédrale et qu'après les vêpres du dit jour, il soit fait une procession en la dite Eglise à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourgs et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.

« Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leur diocèse; entendant qu'à la dite cérémonie les Cours de Parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers de ville y soient présents ; et d'autant qu'il y a plusieurs épiscopales qui ne sont pas dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques en ce cas de lui dédier la principale chapelle des dites Eglises pour y être faite la dite cérémonie et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre et d'admonester tous nos Peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse largement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés ; car tel est notre plaisir.»

Louis
par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre

L'Edit fut enregistré au Parlement de Paris lui donnant force de loi. C'est une spécificité peu connue. Dix ans plus tard, le 19 août 1648, sera livrée à Lens la dernière grande bataille de la Guerre de Trente Ans, où le Grand Condé écrasera définitivement les Espagnols, obligeant Ferdinand III de Habsbourg à traiter. Ce sera la Paix de Westphalie qui organisera l'Europe continentale pour longtemps.



Assomption de Rubens

Aujourd'hui à midi,
les cloches sonneront partout
pour les Chrétiens d'Orient.

 


[ Ce billet est le treize centième publié sur ce blogue ]


lundi 3 août 2015

En vacances


J'ai tant de serres, de trucs, de pics, de puechs, de peyres, de monts, de cols, de rocs à dénombrer de ma terrasse en baronnie d'Hierle que le mois n'y suffira pas.
Vais-je le faire enfin cet article inédit sur la Route des Ruthènes ? J'y pense, j'y pense, et son tracé avance sur la carte "80" de Michelin. Mais les choix d'itinéraire des ingénieurs des Ponts et Chaussées impériaux sont déroutants et il faut passer à la série TOP 25 de l'IGN pour valider un tracé plausible.

À bientôt.
Le Piéton du roi





Well I'll be damned
Here comes your ghost again
But that's not unusual
It's just that the moon is full
And you happened to call
And here I sit
Hand on the telephone
Hearing a voice I'd known
A couple of light years ago
Heading straight for a fall

As I remember your eyes
Were bluer than robin's eggs
My poetry was lousy you said
Where are you calling from?
A booth in the midwest
Ten years ago
I bought you some cufflinks
You brought me something
We both know what memories can bring
They bring diamonds and rust

Well you burst on the scene
Already a legend
The unwashed phenomenon
The original vagabond
You strayed into my arms
And there you stayed
Temporarily lost at sea
The Madonna was yours for free
Yes the girl on the half-shell
Would keep you unharmed

Now I see you standing
With brown leaves falling around
And snow in your hair
Now you're smiling out the window
Of that crummy hotel
Over Washington Square
Our breath comes out white clouds
Mingles and hangs in the air
Speaking strictly for me
We both could have died then and there

Now you're telling me
You're not nostalgic
Then give me another word for it
You who are so good with words
And at keeping things vague
Because I need some of that vagueness now
It's all come back too clearly
Yes I loved you dearly
And if you're offering me diamonds and rust
I've already paid
©1975 Chandos Music

(Aux sources du Vidourle 2015)

Contre Myard

Monsieur Myard qui se targuait jadis d'être diplomate avant d'être élu de la Nation, se répand dans la presse pour justifier de la pertinence de la démarche de Crimée en compagnie de monsieur Mariani. On peut le lire sur Boulevard Voltaire. Il aurait besoin d'une mise à jour. Je la lui propose gratis. C'est un abrégé de la situation en Crimée :

(A) Fin de l'histoire communiste de la Crimée

MM. Myard et Mariani
Erigée en république autonome au sein de la Fédération de Russie en 1921, la péninsule de Crimée vit son statut modifié après guerre pour faits de collaboration des Tatars. La république autonome devint un simple oblast, oblast qui fut cédé par la RSFSR à la RSSU (Ukraine) en 1954 au simple motif que c'était l'Ukraine qui lui fournissait toutes ses utilités (eau, électricité, communications etc). Le Soviet Suprême de l'URSS légiféra le 28 avril 1954 et fit inscrire le transfert dans les constitutions russe et ukrainienne. Ce ne fut pas une simple décision "administrative".

Après la désintégration soviétique, les deux républiques cousines au sein de l'URSS signèrent un traité de reconnaissance réciproque en l'état le 19 novembre 1990. Mais c'est la déclaration d'indépendance de l'Ukraine du 24 août 1991 qui amena Boris Eltsine à reconsidérer le bornage général de la Fédération de Russie. Le parlement ukrainien de son côté déclara ses frontières internationales et fit l'erreur du statut de république autonome de Crimée au sein de l'Ukraine nouvelle, au lieu de le limiter au port de Sébastopol. Des déclarations croisées font de l'Ukraine un successeur de l'URSS et de la Russie son continuateur : d'où le porte-à-faux, et tout le monde aura tort dans la dispute incessante qui va de 1992 (remise en cause par la Douma des frontières coupant les ethnies russophones) jusqu'au renversement de Ianoukovitch le 22 février 2014 à Kiev.

(B) La révolution

C'est à ce moment-là que le parlement autonome de Crimée refuse de reconnaître le président de substitution de Kiev et décide de mettre son avenir à référendum pour le 16 mars. Confortées par l'attitude "politique" des autorités de Simféropol - il n'est pas permis de dire qu'elles sont guidées - les sections anonymes russes se déploient dans toute la péninsule pour expulser les reliefs du pouvoir de Kiev au prétexte de protéger les russophones (de quoi, on ne le dit pas). Le parlement de Simféropol proclame l'indépendance de la Crimée le 11 mars 2014 que reconnaît presque immédiatement la Douma de Moscou. Le référendum du 16 mars donne 96,77% pour le rattachement à la Fédération de Russie. Seul M. Myard fut impressionné. La loi constitutionnelle russe du 21 mars 2014 absorbe formellement la péninsule et déplace ses frontières internationales en conséquence. Au 1er janvier 2015, la Crimée est russifiée dans tous les domaines économique, administratif, fiscal et judiciaire. C'est désormais Moscou qui commande partout. A la réserve près...

(C) Un grand port adossé au désert

Chenal de Kertch
Personne n'a vraiment vu le découplage des intérêts fondamentaux russes à ce moment. L'Anschluss n'étant reconnu par personne sauf par Kaboul, Damas, Caracas, Minsk (mais Loukachenko refuse l'anschluss du Donbass) et par M. Myard, le Kremlin a découpé la péninsule en deux entités au cas où les choses tourneraient mal dans l'avenir. La partie utile est représentée par la municipalité maritime de Sébastopol, aussi devient-elle Ville-Etat détachée de la République de Crimée, une sacralisation. Il n'y en a que deux autres en Russie : Moscou et Saint-Pétersbourg. Sébastopol, fondée par Catherine II, est la base russe par excellence et pas Bizerte ! Elle ne retournera jamais à l'Ukraine, et on commence à l'accepter dans les chancelleries occidentales. On pourrait faire dix pages sur le caractère russe inviolable de Sébastopol. Par contre, le reste ?

Un désert tatare où peuvent s'engloutir des milliards de roubles de développement à peu d'effet, la République de Crimée ne produit rien. Et cerise blette sur le gâteau, il y a le défi du fameux pont mixte (fer et route) de Kertch que lance Moscou pour 3 milliards d'euros, les conditions techniques étant très défavorables et donc dispendieuses à surmonter : les tempêtes y sont redoutables et toutes les tentatives antérieures de franchissement en site propre furent emportées, ce qui explique pourquoi ce pont "évident" n'est toujours pas là. On parle déjà de passer la patate chaude au BTP turc qui a des références en matière de ponts difficiles quand personne n'en a plus en Russie. En fait, hormis Sébastopol qui est une valeur stratégique à condition de rétablir un cordon ombilical avec la Russie, la péninsule de Crimée ressortit plutôt à la catégorie du bâton merdeux plus facile à prendre qu'à lâcher.

(D) Un peu de droit international

Il y a deux cas qui pourraient éclairer ce problème diplomatique, la sécession turque de Chypre et la sécession albanaise du Kosovo. La première fut condamnée en droit (ONU - résolution 550 du 11 mai 1984), la seconde (CIJ - avis consultatif mais décisif du 22.07.2010) englobée dans l'élargissement des peuples subjugués commencé au XIXè siècle. Considérons Sébastopol revenue à la mère-patrie et ne parlons que de la république de Simféropol. Aucun des deux cas ne correspondant exactement à la situation, la diplomatie russe se serait fondée sur la résolution 1514 des Nations Unies (14.12.1960) encadrant l'octroi d'indépendance aux pays et peuples coloniaux. Lavrov n'a peur de rien, on le sait. Cette résolution déclare que "tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel".

Sergueï Lavrov, attentif


Monsieur Myard garde ses valises prêtes pour Barcelone demain, Edimbourg après-demain et Vitoria ensuite. A quoi sert-il de moquer la diplomatie de son propre pays dans un domaine inessentiel comme l'affaire de Crimée, et d'être pris pour un bouffon par ses hôtes - car il est une chose que détestent les Russes depuis toujours : ce sont les traîtres à leur propre nation qui s'obligent vis à vis de l'étranger. Pour eux, Etat, parlement, chemins de fer et postes tout va ensemble, ils ne comprennent pas la revendication d'indépendance d'un élu à l'extérieur du territoire. On ne parlera pas de l'aventure tragi-comique de Damas.




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