dimanche 14 janvier 2007

In Memoriam Regis

oeillets et lis blancsMoins de huit jours maintenant. Ce sera mieux le matin à la fraîche. On a moins le temps de se repasser le film de cette horrible matinée. Le soleil a peine levé, hop ! Manteau, chapeau et cache-col, j'irai à la chapelle qui m'offre à dix minutes de chez moi, une belle messe tridentine pour le repos de l'âme du roi Louis XVI. Plus de monde sans doute cette année où ça tombe un dimanche. Mais loin de Paris, je n'aurai pas de civilités hypocrites à supporter - avec l'âge c'est de plus en plus dur - encore moins de "révérences égalitaires". Quelques serrements de mains, tristes et muets. On se comprend sans rien dire. C'est un peu la mort de la Grande France que l'on commémore le 21 janvier.

Trente semaines d'années et quatre ans déjà que la Nation insurgée s'est coupée de sa raison d'être en liquidant le lieutenant de Dieu sur terre.
C'est le comput qu'utilise le Ciel dans les cas graves me disait un capucin du prieuré où j'ai mes habitudes d'emplettes, pour le trois-six.
Combien va durer encore la pénitence que la Providence nous inflige ? Quarante-neuf pour les crimes de sang, m'avoua le saint homme. Je serai mort avant.

Dès fois qu'il soit exagéremment pessimiste, je reprends mon clavier militant pour vous dire que Louis XVI était un roi bon et affectueux, intelligent et cultivé. S'il avait quelques défauts dont nous ne parlerons pas aujourd'hui, il ne méritait pas d'être "détruit", même s'il s'agissait pour les Révolutionnaires de rompre le principe dynastique. Pure sauvagerie pour des idées simplistes que cette exécution inique ! La Révolution française fut d'abord du sang humain à torrents.

Louis XVI pardonna à ses bourreaux. Le récit de sa dernière journée nous laisse le souvenir d'une étonnante sérénité. La Passion d'un juste, comme s'il ne s'agissait que de passer mal commodément une porte vers les étoiles. Aurons-nous cette "candeur" à notre dernier jour, nous qui en comparaison n'avons "rien" fait de grand dans l'histoire ?

De cette époque terrible nous vous offrons le Voeu du roi remis, dit-on, le 21 juillet 1792 à son confesseur, supérieur général des Eudistes, le père Hébert, avant qu'il ne soit tué aux Carmes en septembre de la même année. Les résolutions numérotées nous semblent un ajout posthume un peu trop à l'avantage de la papauté, dès qu'on les rapporte au ton général ; mais c'est une pièce du dossier Louis XVI. D'autres sites royalistes vont ré-éditer le testament de décembre 92.

« Vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa Personne, sa Famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.

Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l'abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m'environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé la licence du peuple et l'irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j'ai fourni moi-même des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l'audace de tout oser.
Je n'aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l'idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l'assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.
Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l'intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;
2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiers institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat ;
3° De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du pape qu'auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;
4° D'aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l'église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l'offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;
5° D'ériger et de décorer à mes frais, dans l'église que je choisirai pour cela, dans le cours d'une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré ;
6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu'on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l'acte de consécration exprimé dans l'article quatrième, et d'assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd'hui prononcer qu'en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

0 Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation.
Ainsi soit-il. »


Le Lacrymosa de Verdi en cliquant sur l'oeillet blanc.

oeillet

1 commentaire:

  1. Messes à Paris, Ammerchwihr, Aix-en-Provence, Amiens, Avignon, Béziers, Bordeaux, Louailles du Maine, Marseille, Metz, Montpellier, Nantes, Nancy, Nice, Nîmes, Rouen, Saint-Denis, Talence, Toulon, Uzès, Versailles et en beaucoup d'autres lieux.

    Horaires et adresses sur le site de l'Association Louis XVI

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