vendredi 9 janvier 2009

La faute de Gaza

RatzingerBenoît XVI dont l'autorité n'a jamais été aussi forte depuis qu'il promeut la théologie sans restrictions mentales, a condamné hier le militarisme de l'Etat hébreu, sans se gêner non plus d'intervenir dans les affaires intérieures d'un état souverain en estimant «très important» que des élections du 10 février prochain puissent «émerger des dirigeants capables de faire progresser avec détermination le processus et de guider leurs peuples vers la difficile mais indispensable réconciliation». Sur Radio Vatican le porte parole du saint siège n'y était pas allé de main morte non plus le 27 décembre : «L'acharnement d'Israël à Gaza a renforcé la répugnance ‎mondiale envers ce régime»...

Les réactions "outrées" du Vatican aux assauts de Tsahal sur la bande de Gaza remettent en lumière la Déclaration de Jérusalem donnée au monde par les hiérarques chrétien en Palestine et qui n'a jamais été déméntie par Rome. Isabelle des Charbinières nous la restitue dans son contexte, et il vous faut cliquer ici pour la lire. La Déclaration condamne sans appel le "sionisme chrétien", une forme de collaboration qui approuve préventivement de toutes les réactions de l'Etat juif. Certains d'entre nous devraient donc mesurer le soutien qu'ils accordent à l'Etat hébreu à l'aune de sa capacité à vivre dans le concert des nations, même s'il s'en éloigne chaque jour un peu plus.

Extrait :
patriarche Sabbah« Le Sionisme chrétien est un mouvement théologique et politique qui fait siennes les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, au point de nuire à une paix juste en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien propose une conception du monde dans laquelle l’Evangile s’identifie avec l’idéologie impérialiste, colonialiste et militariste. Dans sa forme la plus extrême, il met l’accent sur des événements eschatologiques qui mènent à la fin de l’Histoire plutôt qu’à l’amour et à la justice vivants du Christ. Nous rejetons catégoriquement les doctrines du sionisme chrétien comme constituant un enseignement erroné qui pervertit le message biblique d’amour, de justice et de réconciliation [...]»
(Jérusalem¹ le 7.07.2007)

Les Chrétiens sont donc prévenus de ne pas appuyer les Juifs dans le conflit palestinien et par conséquent, même si ce n'est pas dit, de se distancer de l'argument des réparations morales exigibles sans limites à cause de l'Holocauste. De même en va-t-il de l'argument de la spécificité unique d'Israël : tandis que les Arabes de Palestine disposent de vastes pays d'accueil autour d'eux si leurs affaires tournent mal, les Juifs de palestine n'ont que la maison d'Israël comme refuge. Les tiers non impliqués, comme les Norvégiens par exemple, leur répondent qu'une maison ne vaut refuge que par la solidité du gros oeuvre, la sûreté des abords et la vaillance de ses occupants, ce qui n'est pas garanti sur l'avenir, à cause du différentiel démographique entre les deux branches sémites.

Dr MahathirUn milliard de musulmans haïssent Israël et leur grande majorité se déclarent sans complexes antisémites. A l'image du bon docteur Mahathir de Malaisie ou du guide iranien Khamenei, ils ne frissoneraient pas d'horreur à l'incinération des six millions de Juifs qu'Hitler a loupé. La solution définitive (pour ne pas dire finale) de la crise envisagée par les Chinois est du même tonneau.
Aussi les dirigeants israéliens seraient-ils bien avisés de ne pas ajouter au milliard de spectateurs impatients à contempler leur ruine, un contingent supplémentaire d'un milliard de catholiques dont les gènes sont prédisposés par le verset fameux (Matthieu 27/25) : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants". Même un «peuple d'élite, sûr de lui et dominateur» ne peut sédimenter en sécurité contre les avis convergents de plus de deux milliards d'hommes. Sauf à détonner la bombe pour une issue grandiose sur le chemin de Massada !

Israël qui ne craint pas que le ciel lui tombe sur la tête, devrait se méfier de ce "pape sans divisions" capable de retourner un auditoire comme un crêpe en lui assénant des constructions philosophiques compliquées et définitives, comme nous avons pu en juger à Paris cet été lors de l'inauguration du collège des Bernardins². Peut-être est venu le temps de l'intelligence et d'accepter la résolution anglaise du Conseil de Sécurité votée hier par suite de deux énormes bévues engageant directement l'UNRWA, et qui "appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza".

UNRWA
A 10h aujourd'hui (horloge de Tel-Aviv), Tsahal n'avait toujours pas obtempéré. Paraphrasant Bonald, nous pourrions leur dire qu'une guerre gagnée pardonne par nature ses crimes, mais politiquement n'absout pas ses fautes³.
Le carnage en cours est une faute !


Note (1): la Déclaration était signée du patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, du patriarche orthodoxe syrien de Jérusalem, Swerios Malki Mourad, de Mgr Riah Abu El-Assal, Eglise épiscopalienne de Jérusalem et du Moyen-Orient, de Mgr Munib Younan, Eglise évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre sainte.
Note (2): cf. le billet Qaerere Deum de Royal-Artillerie
Note (3): le stupide refus israélien de lever la barrière le 23 novembre devant le nonce apostolique Antonio Franco qui devait célébrer la messe du Christ-Roi à l'église de la Sainte-Famille de Gaza, a ouvert une ère de la glaciation des relations avec le Vatican.



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