mardi 14 février 2006

Confrontation : régimes ou civilisations

En route pour trente ans de réaction
par Jacques Bainville

obusier autrichien« Le propre d'évènements aussi grandioses que ceux dont l'Orient est en ce moment le théâtre (ndlr : première guerre balkanique qui va ébranler l'Empire ottoman et faire éclore les nationalités qui vont à leur tour s'entre-dévorer dès 1913, cause imminente du déclenchement de la Grande Guerre), n'est pas seulement de bouleverser l'ordre et l'agencement des positions diplomatiques. C'est aussi, c'est même peut-être surtout, d'alimenter des courants d'opinion, de créer de nouveaux états d'esprit politique. La guerre est une formidable accoucheuse d'idées. La victoire fixe les jugements des hommes. Après l'expérience décisive de Kirk-Kilissé (prise de la ville forte du même nom par les Bulgares) et de Lule-Bourgas (bataille où les Bulgares enfoncent les lignes ottomanes jusqu'à 30 km de Constantinople), la cause des révolutions est perdue, celle de la monarchie autoritaire est gagnée dans une vaste partie de l'Europe.
On conçoit que les Républicains s'en alarment ! Et puis quand ils ne sont pas tout à fait ignorants de l'histoire, ils comprennent que nous voilà revenus à la période et à la politique des partages, que la parole appartient à des nations jeunes ou rajeunies, à des dynasties qui, anciennes ou nouvelles, se serviront, pour leur grandeur, des méthodes dont Catherine et Frédéric usaient déjà. Ils comprennent qu'en aucun cas, les idées du libéralisme et de la démocratie ne peuvent intervenir dans cette compétition impitoyable, sinon pour se faire exploiter et pour se laisser battre. Par contagion ou par développement de la vitesse acquise, l'avenir qui s'ouvre à l'Europe est réactionnaire. Pendant au moins un âge d'hommes, les peuples vont "réagir". Ils réagiront contre les principes de l'insuccès qui sont ceux de l'anarchie, c'est à dire de la démocratie libérale et parlementaire. Et gare aux peuples qui s'attarderont ! L'Europe est en route pour trente années de réaction et les traînards sont condamnés d'avance. » (J.B., 2 novembre 1912)

Journée Jacques BAINVILLE
A l’occasion du 70ème anniversaire de sa mort

Samedi 25 Février 2006
Centre Charlier
70, Boulevard Saint Germain – 75005 Paris


1912 + 30 = 1942 = Stalingrad + tant de millions de morts en Europe et ailleurs ! Les monarchies autoritaires périront toutes, à l'exception notable du pseudo-empire soviétique qui demandera quarante-cinq ans de plus pour s'éteindre dans le ridicule de son implosion. Alors les idéologies vont dès la fin de la seconde guerre se livrer une nouvelle guerre, celle des idées, parfois brandies très dangereusement, mais toujours soutenues par un impérialisme hégémonique inassouvi. Les systèmes monarchiques expulsés des territoires de la pensée politique moderne seront ringardisés et le triomphe de "la liberté éclairant le monde" annoncé pour durer mille ans, autant que prétendait durer le dernier Reich.
Malgré tout, les revers que subit aujourd'hui dans sa marche vers l'Est, l'empire américain, indiquent que certaines limites sont atteintes. Démocratie outrée, marchandisation forcée des cultures, droits de l'homme, droit des nationalités à disposer de soi, toutes idées "bien de chez nous", affrontent une contestation de plus en plus ouverte du monde dit-tiers qui ne se paie pas simplement d'idées, car il n'en a pas les moyens.

Jusques à quand les peuples d'Europe accepteront-ils de se laisser gouverner par des idées abstraites. Par des idéologies. Elles ne marchent plus chez eux, elles ne marchent pas non plus à l'exportation. Quelle mouche a piqué l'intelligence humaine pour forcer une décision collective en faisant converger sur elle le nombre le plus grand de soutiens, et quelles que soient les oppositions quand bien même additionnées, surpasseraient-elles le nombre homogène le plus grand, elles seraient considérées comme battues et disqualifiées de toute légitimité dans leurs entreprises. Notre beau pays est gouverné par un socle d’opinion plus ou moins homogène représentant tout au plus un cinquième des choix exprimés. Combien de temps cela peut-il durer ? On est en train d’en voir le bout. Mais le plus grave est de faire métastaser ce principe pervers chez des peuples qui le prennent au premier degré, comptant bien si leur faction ressort victorieuse du processus "démocratique", imposer légalement (ils connaissaient déjà) et maintenant légitimement, leur dictature. Les radicaux iraniens minoritaires tirent le rideau noir de la dernière séance libérale très légitimement, le Hamas palestinien surgi tel la "divine surprise", va taxer les dhimmis sur tous les Territoires comme il le fait déjà dans ses municipalités, en toute légitimité, le parti islamo-démocrate turc minoritaire hors des campagnes, verrouille tous les compartiments de la société qu'il peut extirper de l'influence de l'armée laïque (jusqu'à quand ?), parce qu'il revendique la disposition d’un soutien populaire, analphabétique.

Et pendant qu'on se goberge de "démocratie" à Paris, Strasbourg, Rome ou Bruxelles, des empires puissants d’un genre inédit se sont constitués sur les décombres de nos valeurs mercantiles en les sublimant au niveau d'un gouvernement mondial, du moins c'est le but. Leur champ de manoeuvre c'est le globe, leur centre de pouvoir n'est pas géographiquement circonscrit mais il réunit tous ceux qui décident réellement; ils ne sont pas si nombreux qu'on puisse les voir tous ensemble à Davos. Le parlementarisme qu'ils souhaitent universel, précipitant une certaine médiocrité et affaissant les capacités de réactions des nations dans d'interminables joutes oratoires ordonnées autour d'une arithmétique politicienne de l'instant, est le meilleur terreau d'ensemencement de leur légitimité supérieure dès lors qu'ils se positionnent en recours arbitral des incapacités subalternes. Que ne demande-t'on pas à Davos, qui au même moment sera ôté de la sphère décisionnelle des nations !

Un seul pays de référence ne joue pas le jeu ! C'est une monarchie autoritaire d'un genre adapté : La Chine. Elle refuse clairement le gouvernement mondial et officieusement la démocratie. Ceci ne la prive de rien de ce que les autres puissances peuvent lui donner de confiance, de termes d'échanges, voire d'estime. Elle prouve à sa façon que la démocratie parlementaire n'est pas inéluctable pour progresser, s'enrichir, créer des classes moyennes, et parvenir sans doute au premier rang des nations qui parlent sans être interrompues. Elle n'affronte pas plus de risques que les tenants du système approuvé, bien qu'on lui en fasse une liste longue comme un jour sans pain. C'est un vieil empire, jamais aboli.

A l'escroquerie intellectuelle démocratique, s'ajoute l'escroquerie morale des Droits de l'homme, valeur également d'obligatoire exportation. Non pas qu'il faille récuser l'énoncé des droits fondamentaux de chaque être humain, mis à part le fait que les deux pays en pointe sur le chapitre de leur propagande, ne soient pas les moins critiqués pour les enfreindre gaillardement. Les droits individuels de l'homme sont inaliénables et le premier article de la Déclaration devrait s'apprendre par coeur dès le cours préparatoire : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune (modèle du 26 août 1789)". Connaît-on vraiment les seize autres articles ? On y trouve bizarrement aussi des "droits et devoirs réciproques" qui ne sont jamais mis en avant. Mais cette analyse sera poursuivie une autre fois.

Dans le package occidental du "prêt-à-croître", droits et démocratie sont donc larrons en foire. Mais comme les deux compères de Pinocchio, le goupil et le chat, ils ne termineront pas l'histoire parce que l'Histoire n'a plus besoin d’eux. Certains pays pourraient nous étonner d'avancer la prétention de leurs propres "devoirs", en codicille à nos 17 articles de "droits". Ceux-là vont-ils se fracasser sur les dogmes intangibles de l'existentiel, de l'agnosticisme, de l'introspection freudienne et de la "réalisation de soi"; pas du tout ! Nos dogmes vont être fracassés par ces "devoirs" exotiques, le plus souvent collectifs qui pis est.
Le plus dérangeant d'entre eux est le devoir d'assistance aux vieux en communauté familiale. Il contrevient au schéma de libération des générations, à la liberté de l'égoïsme total, aux systèmes des fonds de pensions et au développement de la climatisation.
Il en est d'autres, comme le respect intégral dû aux rites religieux. Notre franc-maçonnerie, qui a créé les siens propres pour accueillir la Lumière en ses loges à l'orient de Vesoul, ne peut que s'offusquer de ces antiquités provenant pourtant de la même source. La laïcité est en train de prendre des coups dont elle pourrait bien ne pas se relever.
Et l'on ne peut s'en aller du sujet sans parler des rites sociaux qui restent en Orient de véritables tabous de cohésion nécessaire à une société entassée.
Quelle résistance inexpugnable au progrès des Esprits !

Le choc des régimes, autoritaire contre parlementaire, comme le prévoyait Bainville, devient aux jours du village global, un choc de civilisations. Pas vraiment entre les peuples d'Occident et ceux du Croissant Vert qui ont bien des traits communs, mais entre leurs élites de pensée. Plutôt même entre d'une part, l'esprit des Lumières, corrompu à l'envi par un parlementarisme effréné, un cosmopolitisme arrogant et par toutes ces tricheries politiques qui se sont cachées derrière eux ; et face à lui, le jugement pondéré de civilisations anciennes et de masse, qui éprouvent chaque jour le bien-fondé et la modernité de leur socle traditionnel. Les empires émergents dont on parle avec crainte, y parviennent "sans nous". Nous n'avons plus de socle traditionnel, et au moindre choc nous courrons aux principes idéologiques qui nous apparaissent au moment … évanouis. L'épiphénomène des caricatures du prophète a bien montré l'inconfort philosophique de nos sociétés qui ne peuvent pas trancher une situation relativement simple.

Les "monarchies" et pseudo-monarchies autoritaires ont-elles à nouveau le vent en poupe ? C'est moins un choix de l’organisation de l'Etat et la définition d'un processus de gestion des alternatives politiques qui vont compter dans le rallye des peuples du XXI siècle, que le retour à des valeurs "basiques" de notre vieux genre humain. La "réaction" annoncée n'est pas exactement bainvillienne, mais elle est y ressemble. Les peuples vont-il "réagir"? Nous reste-t'il de quoi rebâtir ? On peut en douter. Mais souvenons-nous que notre socle traditionnel est monarchique. On nous le répète tous les jours en république pour s'en plaindre ! En vrai, une monarchie éclairée qui obéissait à des lois de paix et de sagesse pour la préservation du bien commun de la nation et de la nation elle-même.

"Réagissons !"

mercredi 8 février 2006

Le Choc, et après ?

L'affaire des caricatures du prophète Mahomet conforte l'avertissement des tenants de la Quatrième Guerre mondiale qui "voient" dans la boule de leurs puissantes analyses, l'inéluctable Choc des Civilisations. Et les pisse-copies de la nomenklatura éditoriale d'embrayer l'un, Max Gallo, sur le courage nécessaire à l'affrontement quelle que soit l'orgie d'imbécillité et de sang qui peut en couler, l'autre, Frédéric Lenoir, sur la compréhension nécessaire à l'apaisement que l'on doit dans le respect intégral des croyances, dussions-nous en voiler nos épouses un jour.

Istanbul
En fait le vrai Choc fut déclenché par le désastre de Manzikert. Le 19 août 1071, les Turcs seldjoukides viennent de plier l'armée de l'empereur byzantin Diogène qui s'était porté à leur rencontre sur le lac Van. Les Turcs ont déjà pris la Mésopotamie aux Arabes, et à Bagdad la magnifique, ont abandonné Alan Goa et les déesses de la steppe pour se faire musulmans. La marée turque ne cessera dès lors d'avancer jusqu'à la fin du XVIII siècle.
Au retour de Diogène, le pape Grégoire VII a compris le danger. Il alerte les Francs d'Occident durs d'oreille, et vingt-cinq ans plus tard Pierre l'Ermite sur les incitations du nouveau pape Urbain 2, prêche la levée en masse. Ce sera la première croisade. A partir de ce moment l'Islam et la Chrétienté seront au contact pour toujours. Les valeurs "tierces", celles des Vikings, des Varègues, des Ogres, des Bougres, les valeurs séléniennes de Sîn, celles des néo-platoniciens et même les nombreuses résurgences païennes des pays froids, seront écrasées entre celles que profèrent ces deux forces immenses, qui ont décidé de ne se battre pour leur dieu, puisqu'il n'y a de dieu à chacune que le leur !

Pour mémoire, il est considéré que la conquête maure de l'Espagne wisigothique (711-1492) ne participe que de l'expansion nord-africaine de l'Islam, la frontière de ce continent se situant au premier obstacle naturel, la chaîne des Pyrénées. D'accord, Louis XIV ne savait pas qu'il envoyait le duc d'Anjou en Afrique, par contre Napoléon en revint convaincu, ce qui prévint plus tard Hitler de l'imiter. C'était la seconde de décompression.


Toute l'histoire de l'Occident sera dominée par cette confrontation qui finit dans ce que les historiens appelèrent pour la clore, la Question d'Orient. Les réponses impériales des alliés franco-anglais, renforcés bien vite des Américains dès que le sable se mouilla de noir, crurent un moment la régler. Il n'en était rien. Le monde musulman est comme un volcan, ses éruptions sont imprévisibles. Il est besoin de sismologues d'expérience.
Il serait à ce propos intelligent peut-être, d'imiter la politique orientale de feue la monarchie et de sortir de la Question par le haut.
Si les relations plutôt bonnes de la monarchie française et de la Sublime Porte ont été d'abord vues comme une alliance de revers contre le saint Empire bouillonnant et arrogant, on oublie que le royaume chrétien de Palestine établit par les Croisades s'obligea à une cohabitation avec les nations arabes et turques, et que bien souvent leurs moeurs, leurs arts, leur philosophie et leurs sciences furent jugées bien supérieures par les chevaliers et leurs gens, au point qu'ils ensemencèrent tout le Moyen-Age de l'Occident de leurs importations. Nos précis actuels de jardinage égrennent les "découvertes" qui furent rapportées de si loin. La liste des contributions de l'Orient à notre civilisation est infinie et ne sera jamais close. Il y eut donc assez tôt une ... empathie entre Chrétiens et Musulmans, même si la critique nécessaire de certaines ambiguïtés d'ordre religieux ne pouvaient être levées que par des esprits avertis et suffisamment curieux. On se doute que ce rapprochement ne pouvait être le fait du bon peuple, emmuré dans sa foi de charbonnier. Il suffit déjà de convoquer au débat la sauvagerie des guerres françaises de religion et pire encore, celle de la croisade des Albigeois pour éliminer déjà la participation du commun à une démarche "antichoc".

Derrière les cuistres salafistes, wahhabites, l'Islam cache des élites d'une grande finesse et pénétration de raisonnement, qui perpétuent la tradition de l'Orient excellent d'intelligence. Ici, nous pouvons nous flatter d'avoir conservé des esprits profonds et très avertis de toutes les nuances de la Oumma, professeurs et philosophes arabisants et même des hommes de qualité très versés sur la Question. N'est-il pas temps de favoriser une Conférence de La Bonne Foi quelque part en Europe ou dans une ville libre du Proche Orient, qui réunirait ces esprits supérieurs en les priant d'échafauder les conditions de notre coexistence, pour seulement le siècle commencé.
Il serait sage d'abandonner à leurs travaux quotidiens les hommes politiques même éminents dès lors que nous savons qu'ils sont génétiquement tiraillés d'ambitions précaires, ligotés de préjugés médiatiques et finalement à la remorque du Nombre. On doit rechercher une réflexion de longue haleine que pourrait difficilement soutenir les gouvernements alternés et adverses de divers pays, pas nécessairement en phase. Oublions pour le moment les masses hurlantes, les imans analphabètes, les laïques voltairiens, les catholiques fondamentalistes et les télévangélistes de la Nouvelle croisade, manifester et contre-manifester, ils se lasseraient si les médias voulaient bien débrancher.

De notre bord, de hautes autorités morales ayant le sens du Temps seraient les mieux à même de sceller une nouvelle alliance entre Orient et Occident. Qu'ils viennent des vieilles familles qui ont traité ces questions durant des siècles serait une garantie d'aboutissement. Convoquons les Otto de Habsbourg-Lorraine, Henri d'Orléans, Siméon de Saxe Cobourg Gotha, Michel de Roumanie, Victor-Emmanuel de Savoie-Carignan, Jean de Luxembourg et quelques autres que nous oublierons ce soir afin qu'ils n'envoient pas leur mot d'excuse.
Et que les héritiers du Calife conduisent la délégation islamique. Et qu'il soit demandé en premier lieu à la République turque de revenir sur ses ambitions européennes, qui lui ont été vendues par la propagande effrénée des mercantis du libre-échange illimité, mais qui sont une alliance perverse et redoutée des peuples de chaque bord.
Que l'on décide dans cette instance de coopérer à la seule fin de battre la misère matérielle, morale et intellectuelle des habitants de ce demi-monde pour retrouver la munificence artistique et scientifique des temps anciens.
Afin qu'après le pétrole, la civilisation des bergers, l'inquisition identitaire des nouveaux francs, le Choc de Hutington, vienne la paix des intelligences ! Le Protocole qui en sortira aura suffisamment d'autorité pour qu'il soit proclamé d'application universelle par une instance supranationale acceptée, reconnue et défendue par les nations impliquées. Et la Quatrième Guerre Mondiale sera étouffée dans l'oeuf.
ange à genou
Si Jérusalem pouvait accueillir le sommet des sages ... le Protocole aurait un sens qui en écraserait définitivement un autre qui sent le salpêtre et que l'on réédite de nos jours.

mardi 7 février 2006

Actualisation des Lois


Hier, nous avons construit un "codex royal" individuel et portatif des sept lois.
Partant du postulat que la monarchie est le meilleur des régimes pour les raisons suivantes, nous allons déconstruire aujourd'hui notre codex, une règle après l'autre tant que nous ne portons pas atteinte à l'efficacité, d'autre diraient la perfection, du régime monarchique dans son essence. C'est manière d'approcher la pierre de touche du principe ; ce qui subsistera sera le vrai pour demain.

La monarchie de principe capétien assure la professionnalisation et la pérennité du chef de l'état. La nation a un destin, le roi dans sa fonction permanente a un dessein. Il est le secrétaire perpétuel de la nation, qu'il libère du souci d'organiser les pouvoirs régaliens indispensables : sécurité et sûreté de la nation, à l'intérieur (justice, police) comme à l'extérieur (armée, diplomatie) avec en contrepartie, ce qu'il faut de contributions fiscales de la nation pour assurer sa sûreté.

Secondement, le roi veille à ce que la liberté laissée au peuple ne favorise la jungle où les plus forts dévorent les plus faibles. Il établit et défend les règles du jeu, au pénal, au civil et au consulaire. Il est la main suprême de justice.

Il est pressenti que l'administration royale puisse fonctionner régulièrement avec un effectif sans rapport avec les services pléthoriques actuels qui ont envahi toutes les cases de la société, et que l'Etat au final soit beaucoup moins coûteux. Ce qui permettra de commencer à combler la Dette qui est devenu le vrai cancer de la nation.

Nous allons maintenant disputer la pertinence des lois fondamentales pour une monarchie dont on n'exalterait que les principes ci-dessus, et éprouver ce faisant la solidité de l'édifice.

Loi de dévolution :
L'automaticité de la succession de père en fils (le mort saisi le vif) participe directement de la "professionnalisation" du titulaire par l'éducation précoce du dauphin. Et c'est le fondement de l'immanence du pouvoir. S'y ajoute le rajeunissement naturel des esprits au plus haut niveau, accompagnant l'évolution du monde.

Loi salique :
Le mariage de la fille du roi avec son ennemi ressortit d'une époque passée. Le ciment européen, malgré certaines dérives qui seront corrigées bientôt, rend cette précaution désuète. De plus l'égalité des sexes ne reconnaît plus de différence intellectuelle, et à la guerre, les femmes ont depuis longtemps montré leurs capacités, du plus loin , Jeanne d'Arc, au plus près, Margaret Thatcher. La loi salique, dès l'instant où la loi de catholicité est préservée, peut être abandonnée.

Loi d'indisponibilité :
Elle renforce la loi de dévolution en ce qu'elle superpose l'intangibilité du principe. Même si elle peut se trouver combattue par certains prétendants, elle est essentielle pour exclure de la succession "le choix".

Loi de souveraineté :
La contemption du saint Empire romain germanique est légèrement obsolète. Le droit international moderne y supplée largement et dans le détail. La souveraineté nationale, quels que soient les pouvoirs économiques dévolus à une entité constituée pour faire front aux autres empires économiques du monde, n'est pas amoindrie si l'on se dispense de cette loi fondamentale.

Loi de catholicité :
Elle n'est utile que pour autant le symbole du Sacre soit revivifié. La supprimer ne touche rien de l'édifice politique. Par contre le Sacre mythifie la fonction et apporte le respect du peuple. A défaut de faire déteindre la catholicité sur les institutions de la Nation, on la réservera au prince et à sa maison.

Loi de légitimité :
Elle devient une loi d'ordre car elle privilégie la famille et le mariage. Deux institutions qui vont retrouver un certain lustre pour parer au désordre des moeurs. Par contre la légitimation des conjoints par le roi serait certainement jugée "d'ancien régime". A ceci près, elle est utile au principe monarchique.

Loi de nationalité :
Les familles royales sont de nous jours, au plus étroit, européennes. La pratique des langues, la connaissance du monde et l'acclimatation utile à des coutumes diverses, militent en faveur d'un abandon de la loi de nationalité. Mais le peuple gaulois étant chatouilleux sur la nationalité, il sera plus sage de la laisser dans un tiroir sans officiellement s'en séparer. La pratique des alliances montrera la sagesse du prince devant les attentes de son peuple.


Le raisonnement est iconoclaste, mais il est résolument tourné vers l’avenir. Du passé il n’est pas fait table rase, mais nombre de dispositions vétustes sont à remiser sur les étagères des commémorations. C’est du salut du pays dont on parle. Pas de celui de la monarchie qui n’existe plus.
Celle-ci est l’outil le plus perfectionné pour la résurrection de la France et pour qu’elle conserve le rang nécessaire à la protection des peuples qui l’habitent. Elle y atteindra par l’excellence de son administration et aussi par le respect que lui assurera la remise en vigueur d’un système prestigieux. Mais la monarchie ne saurait être un aboutissement.

C’est la Nation le vrai souci ! Les Lois s'adaptent.

lundi 6 février 2006

Les Sept Lois

Les sept piliers de la sagesse nationale ou Lois fondamentales du royaume.

le roi PharamondLoi de dévolution
Loi salique
Loi d'indisponibilité
Loi de souveraineté
Loi de catholicité
Loi de légitimité
Loi de nationalité


Ces lois s'imposent à tous, maison royale, corps constitués, états de la nation, et priment toutes décisions du monarque. Elles sont réputées intangibles, surtout par lui. Ses lois ont été forgées au fil des siècles, à partir de textes fondateurs rédigeant des coutumes antérieures, d'édits royaux, de testaments et recommandations royales, et d'une jurisprudence parlementaire abondante. L'ensemble s'étirant sur quinze siècles.

Il est d'immenses analyses qui courent les étagères de nos bibliothèques et servent de plaidoyers pour telle ou telle situation particulière du moment. Ces travaux de Chicane rémunérant sans doute leurs auteurs au poids, il nous a paru utile de ramasser les règles à l'essentiel à l'intention des jeunes royalistes et de ceux plus avancés qui découvrent la construction monarchique de l'état. Que les légistes distingués nous pardonnent, mais mon fils de treize ans m'a demandé de lui faire court.
Voici donc un vade-mecum de ce corpus juridique ramené au squelette.
Les maximes retenues ne sont pas les titres de ces lois, mais ont été choisies pour mémoriser les principes énoncés. Les titres sont délibérément simplifiés pour leur mémorisation. Nous avons divisé le codex royal en sept lois pour sacrifier au mythe biblique. On pourrait en faire cinq ou neuf.

Loi de dévolution ou de successibilité automatique
"Le roi est mort, vive le roi"

Dès le dernier souffle du roi, son successeur est le roi. Les lois le désignent, jamais les hommes.
Pour sacrifier à certaines circonstances graves, des lois oubliées ont été exhumées pour satisfaire à ce principe et ne pas tomber dans le travers de la cooptation ou de l'élection. Ainsi l'Etat perdure sans rupture d'aucune sorte, et normalement sans surprises.



Loi salique
"Les lis ne filent pas"

Selon le code barbare des Francs saliens « De terra salica nulla portio hereditatis mulieri veniat, sed ad virilem sexum tota terrae hereditas perveniat ». Le successeur du roi défunt est son fils survivant dans l'ordre de primogéniture. Le roi est un mâle. S'il advenait après un désastre ou disons (pour conjurer le sort) après désintégration du noyau atomique, que la Maison royale soit anéantie, le peuple recouvrerait le droit inaliénable de restaurer une monarchie. Ceci en application de l'Edit de 1717 du Conseil de régence, confirmé par Louis XV dans un édit de 1723.
La dénomination "loi salique" est quelque peu abusive. La Loi salique rédigée vers 500 est un code beaucoup plus large que la seule règle des successions de propriétés foncières sur les terres franques. C'est un tarif des peines, un code pénal.
La loi primitive a été complétée par la règle de "planche et pont" qui interdit au fils de la seule reine de régner s'il n'est aussi celui du roi légitime.
Ceux qui veulent creuser la question ne feront pas l'économie du traité Peyré de 1828 titré "Lois des Francs".



Loi d'indisponibilité
"Le Dauphin n'hérite pas du Roi"

Il naît avec cette disposition héréditaire pour lui succéder, et ce n'est pas le sacre qui le fait roi, mais sa seule venue au monde.
La règle d'indisponibilité de la couronne qui s'articule aussi avec l'inaliénabilité du domaine, annule par avance toutes dispositions testamentaires touchant la succession, ainsi que les effets de toute abdication, transport ou annulation de droits dynastiques.



Loi de souveraineté absolue
"Le roi de France est empereur en son royaume"

Il ne répond à personne sur terre, à nul empire, à nul pontife. Il n'a de jugement à craindre que celui de Dieu. C'est la règle de transcendance.
Si elle ne fut jamais contestée par les monarques qui se succédèrent sur le trône du saint Empire, elle créera bien des disputes avec le pouvoir papal.
Elle serait évidemment discutée en notre présente époque de dévolution européenne.



Loi de catholicité
"France, fille aînée de l'Eglise"

Le roi est lieutenant du Seigneur sur terre. A l'époque de la Réforme, la monarchie a choisi de rester dans l'Eglise catholique, et ce principe demeure, du moins pour le roi et la Maison royale. La loi de catholicité ne porte rien qui puisse faire de la religion catholique romaine, la religion d'état. Elle s'applique au roi, pas à la nation. Il doit au minimum obéir dans sa vie aux règles du droit canon.



Loi de légitimité
"Les princes du sang ne se marient pas sans le consentement du roi"

La règle vise à se prémunir d'alliances néfastes autant qu'elle exalte la vertu.
En exigeant que les enfants dynastes soient issus de mariages légitimes approuvés, elle exclut les bâtards, même légitimés ou les revendications lointaines. Cette disposition ne leur retire pas la qualité de "princes du sang". Il vaut mieux pour eux qu'ils l'exercent à la guerre qu'au Conseil. Cette disposition vise aussi à la paix de la famille royale que pourrait miner certaines incertitudes d'antériorité. C'est aussi un hommage implicite à la reine, un minimum sur une terre de chevalerie.



Loi de nationalité
"Le roi est français sur des terres françaises"

Depuis le Serment de Strasbourg qui partagea l'empire carolingien entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, les Français ont vocation à régner sur toute la rive gauche du Rhin. Après mille ans de brassage des maisons royales d'Europe, il serait plus sûr de parler d'une règle européenne, la nationalité de nos jours et plus encore demain, devenant d'abord la résidence du guichet social et fiscal formant l'état duquel ressortit le titulaire.



Terminons sur un sourire provocateur puisé dans le dictionnaire philosophique de Voltaire.
« La loi fondamentale de tout pays est qu'on sème du blé si l'on veut avoir du pain ; qu'on cultive le lin et le chanvre si on veut avoir de la toile ; que chacun soit le maître dans son champ, soit que ce champ appartienne à un garçon ou à une fille ; que le Gaulois demi-barbare tue tout autant de Francs entièrement barbares, qui viendront, des bords du Main qu'ils ne savent pas cultiver, ravir ses moissons et ses troupeaux, sans quoi le Gaulois deviendra serf du Franc, ou sera assassiné par lui.»

En médaillon, Pharamond, présumé premier roi des Francs, qui édicta le code pénal que Clovis fera plus tard rédiger.

dimanche 5 février 2006

Lisez Les Epées

C'est une revue trimestrielle royaliste dont la devise est empruntée à Pierre Boutang : "Le droit du prince naît du besoin du peuple ".
Numero 18Le numéro 18 est consacré à un dossier qui fait la couverture en barbelés et titré "Défense de la Frontière", avec MM. E. Marsala, Alain Raison, Paul-Marie Couteaux, Michel Michel, Aymeric Chauprade, Benoît de Falkenhorst et Robert Grégoire. Suivent beaucoup d'articles passionnants, dont un sur l'instrumentalisation hardie des Grecs commise par Detienne de l'Ecole Pratique ; un hommage affectueux à Vladimir Volkoff ; un éreintage mérité de Harold Pinter ; un regard d'une fine acuité sur Arthur Honneger, et des lectures critiques en nombre. On termine sur l'Empire de la mélancolie, Génie et folie en Occident (expo), rare. Le sommaire est sur le site des Epées que vous pouvez atteindre en cliquant directement sur le titre du présent article. Voilà !
Glanés sur 64 pages - typographie assez petite, on n'est pas volé - quelques extraits pour vous faire envie.

D'Antoine Foncin sur Bernard Billaud qui a commis "D'un Chirac à l'autre".
Il n'est pas question d'affirmer que par elle-même la considération d'un Bien placé dans un au-delà politique -... - puisse suffire, comme le dit Joseph de Maistre, à relever "la note tonique du système" et à le sauver. Mais supposons que ce Bien, pour une nation et à une époque donnée, soit incarné dans la permanence d'une famille vivante léguée par l'histoire. Alors s'opère comme un changement de signe, et l'énergie conquérante, remarquable à sa manière d'un Jacques Chirac, trouve son point d'appui non hors mais dans la politique, et ne s'abîme plus, ... dans les marécages inqualifiables de l'opinion et du nombre tout-puissants.

De Paul-Marie Couteaux, Eloge de la frontière, sur le partage de l'empire carolingien.
Rien plus oultre.
Toute frontière est garante d'une civilisation en ce qu'elle lui donne à la fois une permanence et peut-être un mystère, une protection et peut-être une défense, une cohérence propre et peut-être une essence. C'est à l'endroit même où se constitue la connaissance de soi que l'autre est possible, même désirable. Une illustration parfaite de cette dialectique fut donnée un beau jour de l'an 842 à Strasbourg, lorsque les deux petits-fils puînés de Charlemagne, Louis le Germanique et Charles le Chauve, se rencontrent sur la frontière du Rhin pour se jurer assistance mutuelle contre les revendications de Lothaire - Lothaire, l'homme sans frontières qui entendait recréer à son profit l'empire carolingien. Or à Strasbourg chacun des deux frères puînés s'exprime dans la langue de l'autre. Ces textes [qui forment le] Serment de Strasbourg sont emblématiques de la dialectique essence/reconnaissance de l'autre : ce jour-là, chacun des deux frères à la fois reconnaît l'autre en ce qu'il est différent de lui et simultanément le reconnaît comme n allié. C'est là peut-être la pure formule de l'alliance et sans doute la clef de toute Europe, de toute Europe des nations.

De Robert Grégoire, La différence créatrice.
Quant à l'Internet ? Dissout-il la frontière ? Tant qu'existeront les nations dans des rapports Fichtéens, et définies par Renan comme un ensemble d'éléments subjectifs, dont la langue, existeront alors des barrières linguistiques qui joueront toujours le rôle de frontières dans le domaine des communications numériques.

De Sarah Vajda, entretien avec Laurent Schang sur la critique littéraire.
Schang : A part s'épier et se copier, j'ai l'impression que nos critiques excellent surtout dans le fichage des écrivains.
Vajda : Et comment pourraient-ils faire mieux dans le contexte. Stipendiés, ils doivent feindre d'être libres. Nul n’est dupe. Rinaldi - l'un des meilleurs du jour - paraît exigeant, ennuyeux à plus d'un, d'ailleurs il quitte Le Figaro ces jours-ci ! La réussite sociale a un prix et la vie d'un écrivain, serré aux rets du Milieu, n'est qu'une longue captivité dans la cage aux singes littéraires (le mot est de Montherlant). S'il en réchappe jamais, les chiens et les flics le retrouveront, critiques en cour et universitaires, qui au fond parlent le même langage, déguisé en un mot : "nécessaire conformité à l'esprit du temps".

D'Arnaud Odier, Morand roman.
Le volume de La Pléiade nous le rappelle : diplomate, amateur d'art, ami de Marcel Proust, séducteur d'innombrables femmes, époux d'une princesse roumaine follement riche et antisémite, poète et prosateur, devenu après la guerre un moraliste amer et contempteur de son temps, Paul Morand a vécu assez pour alimenté en anecdotes piquantes et en situations romanesques plusieurs générations de nos auteurs dépressifs.

D'E. Marsala, Les montagnes magiques (sur Charles Ferdinand Ramuz.)
Portrait de l'artiste en laboureur
Le premier niveau est celui du récit. Un récit presque toujours situé dans les communautés archaïques de la montagne suisse, où de rejoue inlassablement la tragédie des passions élémentaires : l'amour, la haine, la jalousie, l'abandon, la trahison, l'enlèvement, l'humiliation, le suicide et le meurtre. Comme dans l'Iliade -...- l'universalité se réalise dans le décor modeste, presque misérable, de hameaux perdus au fond des vallées, au bord des pentes caillouteuses ou au milieu des vignobles, avec parfois, au loin, le reflet trouble du Rhône, et la minuscule griffure de la voie de chemin de fer, seul signe tangible de l'existence de la "civilisation".

De Philippe Mesnard, L'empire de la mélancolie (expo).
Notre monde tout entier s'écroule (dans la sensation exténuante d'une chute sans fin vers une "société" toujours plus amorale : "de l'enfer il ne sort / que l'éternelle soif d'une impossible mort"), et les élégants symptômes d'un sentiment qu'on cultive pour mieux le domestiquer, le brider, l'annuler, font place aux affirmations sans fards d'une déréliction, d'un abandon, d'une acédie irrémédiable (Bonnefoy). Glissement déjà médiéval entre le péché et la maladie, entre l'acédie et la mélancolie, entre le morose et le triste, entre l'humeur noire et le corrompu.

Je ne me gêne pas de vous donner le prix des abonnements :

ABONNEMENT
 Normal : 18 euros
 Structure : 30 euros
 Propagande : 40 euros (3 exemplaires reçus, un pour votre concierge qui en parlera et le troisième pour le vicaire de la paroisse pour relever le niveau des sermons)
 Soutien : 48 euros
 Fondation : 145 euros
 D'un pays étranger: 30 euros

Chèque à l'ordre de A.D.P.R adressé à :
Les Epées
4, Square de la côte Saint-Thibault
92270 Bois-Colombes

vendredi 3 février 2006

Les Trois Voeux du Prince

Vous retrouverez le texte intégral des voeux 2006 de Mgr le comte de Paris en cliquant sur le titre de cet article.

Blason de l'IMRF

"La lutte des classes est dépassée, notre monde est à la veille d’un tournant de l’Histoire alors que nous subissons une lutte de civilisation. C’est vital. C’est passionnant... Si tu ne veux pas te battre, tu n’as rien à faire sur la terre de tes pères."

C'est un appel au courage. C'est aussi une convocation à l'assaut du monde pour sa libération. La vocation de la France éternelle est réaffirmée, dans une tradition de l'honneur chevaleresque, qui avouons-le, paraît avoir disparu des allées du pouvoir depuis si longtemps que nous en sommes choqués. On attendait du souffle, on a la dénonciation du déclin et le refus de la gouvernance médiocre "enseignée dans les temples du savoir national administratif".
Il fait fort Henri de France.

Et de conjurer d'abord le choc des civilisations qui s'annonce, par l'oecuménisme des trois grandes religions monothéistes issues d'Abraham, et leur apprentissage dès l'école pour mieux fonder le socle d'une civilisation méditerranéenne et occidentale nourrie à coeur de ces influences. Voeux pieux mais incontournable puisque le pays ne se relèvera que dans la paix du monde. En guerre, il disparaîtra.

Et le prince de formuler trois voeux.

Premier voeu:
Que le cœur des Français demeure toujours aussi vaste, généreux et courageux.

La fracture sociale appelle à la redistribution, et malgré la ponction éhontée jusqu'ici des classes laborieuses, il faudra mettre encore à contribution la générosité française pour combler les failles dangereuses de la Nation. La seule question que l'on oserait poser à Monseigneur est sur la solidité du tissu national actuel. Est-il réparable ?

Deuxième voeu:
Que nos gouvernants aient le courage d’une politique volontariste pour promouvoir le travail, pour le protéger d’une fiscalité ubuesque, en inventant un nouveau « colbertisme » intelligent et ponctuel.

La reprise en main de l'économie au milieu des tempêtes de la mondialisation est une idée séduisante. L'autorité peut-elle combattre "le « pouvoir gris » - projection et parade inventée par les intellectuels de l’époque, issus des grandes écoles, qui a engendré les rencontres de Davos - et les OPA sauvages qui s’en suivirent, ont propulsé un train fou que personne, si ce n’est une poignée de décideurs à l’échelon de la planète, ne sait et ne peut contrôler, si ce n’est à leur profit inéluctable pour leur propre survie; mais de toute façon, (qu')ils ne peuvent plus arrêter."

Si la solidité du tissu national est questionnable, celle du tissu économique ne l'est pas. Il n'y a plus rien de conséquent qui soit encore national, sauf l'artisanat et les services de proximité. Les moyens d'une politique colbertiste n'existent plus. Faire accaparer par l'Etat des secteurs que l'on jugera stratégiques, est une chimère en soi au stade actuel d'interpénétration des industries du monde, et parfaitement impraticable dans l'état de décrépitude avancée des finances publiques.
Même convoquer l'épargne privée à la mise en oeuvre de cette utopie, n'y suffirait pas. Le citoyen le plus généreux est déjà trop échaudé par ces grands machins impotents et ruineux qu'on a essayé de lui vendre dans le passé avec ses propres impôts.
Le seul étage possible de résistance, sans pour autant y prédire un succès certain, serait l'Europe fédérale durcie à coeur. Est-elle dans le schéma princier, j'en doute.

Troisième voeu :
La vraie politique ne peut se développer, croître et embellir que si elle prend en considération l’Homme dans la plénitude de sa dignité et dans toutes les composantes qui concernent sa diversité.

"Dans toute construction politico-économique l’impasse faite sur l’être humain n’amène que malheur, or notre humanité a une juste aspiration au bonheur. De nos jours nous devons nous battre pour que soit reconnue notre dignité, pour que chaque individu, chaque famille puisse avoir sa place au soleil." ... "Toutes les grandes civilisations ont disparu lorsque pouvoir et argent ont supplanté la nécessité vitale de la transcendance de chacun."

Si la place de chacun doit comporter son entièreté, allons-nous au communautarisme anglo-saxon ? Pourquoi pas s'il est prouvé être moins pire que le modèle assimilationniste français qui est planté. Mais que devient dès lors la Nation, dont le prince en conclusion exalte la mission; et nous lui laisserons comme il sied à sa qualité, le dernier mot :

Henri de FranceConscients des mutations nécessaires et inéluctables de notre époque, souhaitons que les Français aient le courage d’inverser les énergies de l’absurde. La France a une mission à accomplir en ce début de nouveau millénaire. Au fil des siècles, des hommes et des femmes illustres ont surgi pour arracher notre pays à toutes sortes de périls. Que la Providence continue de veiller sur la France.

mardi 31 janvier 2006

Le Griffon de Renaudot

Louis XVI qu'on disait indécis, et même moyen, n'était pas que doué pour la serrurerie, comme se plaît à le diffuser l'école républicaine qui là comme en d'autres histoires, se raconte des fables pour avoir moins peur des tragiques origines du régime actuel.

Ce roi fit deux ou trois choses intéressantes et créa le corps des pompiers, rétablit le Mont-de-piété de Paris, abandonna aux équipages de l'Escadre le tiers de la valeur des prises de guerre qui lui était jusque là réservées, aida l'abbé de L'Épée dans son oeuvre d'éducation des "sourds-muets sans fortune", dota richement l'école de Valentin Hauÿ pour aveugles, ordonna à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs anglais et obtint la réciproque pour ses français, ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis comme les propres sujets du roi, bien avant la Convention de Genève, abolit servage et mainmorte par tout le domaine royal, abolit la question préparatoire à l'instruction judiciaire, accorda le droit de vote aux femmes pour l'élection des députés aux Etats Généraux, et dans la foulée permit aux femmes d'accéder à toutes les maîtrises, finança tous les aménagements de l'Hôtel Dieu afin de le pourvoir de lits individuels, fonda l'hôpital des Enfants Malades pour les petits contagieux, créa le Musée des Sciences et Techniques, futur Conservatoire des Arts et Métiers, fonda l'École des Mines, finança sur sa cassette les expériences d'aérostation des Montgolfier, exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants, accorda des pensions de retraite à tous les inscrits maritimes, demanda le premier qu'on établisse une balance annuelle du commerce français, créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique, créa l'École de musique et de danse de l'Opéra de Paris et le Musée du Louvre; etc.
Pour un serrurier, ce n'est déjà pas si mal.


griffon de pierre
Arrêtons nous aujourd'hui au Mont-de-Piété puisque l'actualité pousse le Crédit municipal de Paris sous les feux de la rampe médiatique.

Le docteur protestant Théophraste Renaudot, bien connu pour sa Gazette, avait publié un Traité des Pauvres en 1612. Obsédé par le sort des miséreux de la capitale, il avait dressé un plan de lutte contre la pauvreté et obtenu du cardinal la charge de Commissaire Général des Pauvres du Royaume. Plus tard, en 1630, il avait créé à Paris le Bureau et Registre d'Adresses qui fit office de bureau de placement et de dispensaire tout à la fois. Il publia sous le titre "Feuilles du Bureau des Adresses", une feuille de choux mettant en relation employeurs offrant du travail et travailleurs qui en cherchaient, puis très vite acquéreurs et vendeurs de biens, et jusqu'à faire de la réclame pour les artisans. Seront bientôt publiées des "Nouvelles de Paris" et la Gazette distribuée sous ce titre jusqu'en province. Ce n'était pas un journal d'opposition ! Il deviendra le journal officiel du ministre sous le titre de Gazette de France.

Renaudot s'entichera bientôt du Monte di Pietà pour des prêts sur gage lancé par le récollet De Terni au bénéfice des pauvres de Pérouse, déjà au XVè siècle, et sous la protection du cardinal de Richelieu, ouvrira un premier Mont de Piété à Paris en 1637. Ca marcha évidemment, au grand dam des usuriers de tous poils qui peuplaient aussi le parlement, sinon y disposaient de relais "reconnaissants". Il avait déjà fait des jaloux parmi les médicastres de la Faculté qui le détestaient pour sa position de médecin du roi, obtenue grâce aux faveurs du cardinal et du Père Joseph, qui appréciaient beaucoup son ouverture d'esprit.

L'époque est à la chimie, on s'étripe sur les cornues. Renaudot vient de la faculté de Montpellier, plus ouverte aux manipulations de substances modernes. Voilà pas qu'il obtient trois ans plus tard, l'autorisation par lettre patente de préparer des médicaments dans son propre laboratoire, laboratoire qu'il met en plus à la disposition des apothicaires de la place en délicatesse avec les Docteurs Régents de la Faculté. Pis encore, il pousse la provocation jusqu'à construire à ses frais un hôpital pour ses malades à lui, l' Hostel des Consultations Charitables, où il traitera les patients à sa façon !

La vengeance est un plat qui se mange froid, la haine de la Faculté de Paris attendra. Le roi décide entre-temps d'étendre le prêt sur gage à taux modeste aux provinces où il connaîtra un franc succès. Mais toute l'affaire va pâtir de la lutte à mort entre Renaudot et les Mandarins. Dès la disparition du roi Louis XIII, sous la pression de la Faculté de Médecine de Paris, et sous les coups des usuriers combattant cette concurrence déloyale, un arrêt du Parlement de Paris du premier mars 1644, neuf mois seulement après la mort du roi, coulera les Monts-de-Piété. Les taux d'emprunt remonteront aussitôt à cent-vingt pour cent l'an. La belle vie est revenue, on pourra flamber comme avant.

Renaudot très mortifié, suivra la Cour à Saint-Germain dès le déclenchement de la Fronde, puis se retirera à Paris toujours fidèle à son roi, pour mourir d'une dernière crise d'hémiplégie à 69 ans, le 25 octobre 1653. Il repose à Saint Germain l'Auxerrois, la paroisse de la famille royale. Quant aux pauvres ? Quels pauvres ? Un siècle passera.

Le jeune roi Louis XVI, plus attentif au sort de ses sujets, ayant convoqué un comité de médecins pour la réforme hospitalière générale dans un pays qui en un siècle avait vu sa population doubler jusqu'à déborder toutes les possibilités caritatives classiques, forma le vœu ... « d'améliorer les divers hôpitaux de la Ville de Paris. Sa Majesté en ressentira la plus douce des satisfactions s'il peut en résulter un plan sage qui assure davantage la conservation de l'enfance abandonnée, qui prépare une retraite à la vieillesse indigente et adoucisse le sort des malades ».

Il écoutera au même moment la requête du lieutenant de police de Paris, Lenoir, qui milite pour prévenir la dérive de la misère en amont, en sauvant les familles qui n'ont pas encore versé au ruisseau. Sa solution est de les aider financièrement. Le roi passera outre les avis intéressés de la coterie des "financiers" de la place. Par lettres patentes du 9 décembre 1777, il rétablira l'institution de feu Renaudot en autorisant un taux d'intérêt sur prêt de dix pour cent l'an, afin d'assurer ses équilibres comptables. Ce taux n'est pas excessif dans l'environnement de crise budgétaire de l'époque. Son conseiller de Beaunay est nommé directeur. L'affaire est suivie de près à Versailles.

Victime de son succès, le Mont doit être renfloué au bout de douze ans. Le 9 octobre 1789, le roi lui verse trois cent mille livres prélevés sur sa cassette personnelle afin que les nécessiteux puissent retirer leurs affaires engagées sans mettre le Mont-de-Piété de Paris en péril. L'institution survivra à la Révolution malgré un éclipse en 1795 due aux évènements.

Avec des fortunes diverses, mais profitant d'un engouement toujours renouvelé des laissés-pour-compte de la Banque, le Mont-de-Piété traversera tous les régimes et les trois guerres, et sera désigné par les Parisiens sous le sobriquet discret de Chez Ma Tante. Le griffon, mi-lion mi-aigle de la mythologie grecque, gardait les mines d'or du dieu Apollon. Il fut choisi comme emblème par Barnabé De Terni pour ses œuvres italiennes. Il est toujours celui du Crédit Municipal de Paris qui a succédé au Mont-de-Piété en 1918.

Si vous aimez bien Louis XVI, ou si vous souhaitez redécouvrir un roi juste et bon, passez voir le site de Paul et Pierrette Girault de Coursac qui pendant quarante ans ont travaillé à sa réhabilitation historique.

samedi 28 janvier 2006

Le Dragon des Cimes

Si vous parlez de Wang Tchouk au dîner de l'ambassadrice, vous éveillerez l'intérêt de votre voisin qui mastique le canard domestique à l'orange avec de vulgaires repères sarkoziens, et vous parviendrez à lui ravir l'attention de la belle Shéhérazade aux yeux de biche qui buvait ses paroles. Parce que Wang Tchouk c'est exotique et sérieux à la fois. Cent fois mieux que le vivarium politique français.

La presse britannique pourrait l'appeler le dragon des cimes mais faute de s'être levée à l'heure, nous déposons le titre nous-même et vous narrons toute l'histoire.
Jigmé Singye Wang Tchouk eut en 1987 cette formule choc : "Je suis plus intéressé par le Bonheur National Brut que par le Produit National Brut". L'homme vit dans un pays d'escaliers grand comme la Suisse, qui sur une distance de 150 kilomètres monte de 300 à 7000 mètres. 680 000 sujets seulement mettent en valeur ce royaume tropicalo-himalayen qui se développe à un rythme soutenu tant en économie qu'en démographie. Je vous parle du roi du Bhoutan.

Monarchie absolue depuis 1907, la Terre du Dragon Tonnerre dispose d'un gouvernement composé de plusieurs ministres et d'une assemblée nationale de 150 membres ainsi que d'assemblées villageoises (depuis 1981) et de districts plus récemment. Ce sont des forums où les Bhoutanais font part de leurs propositions et où sont expliquées les décisions gouvernementales.
Parmi celles-ci, on relève une volonté de se démarquer courageusement du mercantilisme mondial triomphant. Le roi a proscrit le tabac nocif pour la santé, comme il a décidé de protéger son peuple constitué de diverses ethnies, des ravages de la libre circulation des fauteurs de troubles et autres suceurs de sang. Ceci indispose bien sûr les promoteurs de la libéralisation à outrance des moeurs, droits d'ingérence, et migrations des comptes bancaires, qui mettent tant qu'ils le peuvent, des bâtons dans les roues du char royal, dans toutes les enceintes promouvant la permissivité générale.
Lui n'en a cure.
Tous les hommes naissent...Après avoir proclamé sagement la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dont nous vous passons le premier article, le plus important, il a le 17 décembre dernier, annoncé que le royaume se transformerait en une démocratie parlementaire en 2008 et qu'il abdiquerait à cette date en faveur du prince héritier, son fils aîné qui sera alors âgé de vingt-huit ans. Le projet de constitution, en préparation depuis 2001, prévoit la création d'un parlement bicaméral, composé d'une Assemblée nationale de 75 membres et d'un Conseil national de 25 membres. Le chef de l'État serait le roi, mais il pourrait être destitué par un vote réunissant les voix des deux tiers des membres du Parlement.

Et de faire la tournée des assemblées "cantonales" pour vendre son projet constitutionnel. Entre-temps, le royaume s'il se méfie du monde, le regarde quand même à travers ces étranges lucarnes bleues qu'on a fini par importer de la Chine voisine. Et d'y voir les malheurs en tous genres, le vacarme parlementaire, la concussion généralisée, la chose publique kidnappée par des factions prébendières, et pour finir la guerre !
Aussi, les sujets du Dragon Tonnerre viennent-ils de lui faire savoir qu'il valait mieux rouler le beau parchemin de la nouvelle constitution dans les réserves de la bibliothèque nationale et laisser les choses en l'état , et garder malgré lui les soucis du juste gouvernement. La démocratie c'est pour les oisifs.

L'opinion internationale a souri au début de la campagne. Aujourd'hui elle grince, car ce peuple "arriéré" n'entre pas dans les canons de la beauté politique unanimement acceptés. Inouï, ce peuple bizarre se fie au jugement d'un homme de confiance. Il repousse le dogme de la collégialité incontournable des analyses sociétales, il refuse de rétribuer les acteurs du forum politique, qui pis est, finira-t'il par aimer son roi ? Aimer un despote ? Du jamais vu ! Ce royaume va-t'il devenir un laboratoire anti-parlementaire ? Le Népal voisin a déjà fermé son hémicycle aux bavards. Si le Bhoutan s'y met aussi, c'est grave, docteur !
Mais le gouvernement du Bhoutan est assez malin pour avoir su présenter sa démarche à des responsables politiques de qualité, qui ne vivent pas scotchés sur les droits de l'homme applicables à autrui surtout. La liste des soutiens internationaux est éloquente : au-delà des grandes structures classiques comme le PNUD ou l'OMS, on trouve la Suisse (bien sûr), les Pays-Bas, le Japon, le Danemark et la Norvège, à savoir quatre monarchies constitutionnelles.

Son Bonheur National Brut intéresse beaucoup d'économistes, un peu saturés des thèses des Chicago Boys. Bien que fondé sur les valeurs du bouddhisme tibétain, le BNB se mesure à partir de paramètres "laïques" plus palpables, au nombre de quatre, chiffre bouddhique :

  • Croissance et développement économique ;
  • Conservation et promotion de la culture ;
  • Sauvegarde de l'environnement et utilisation durable des ressources ;
  • Bonne gouvernance responsable.

  • Une conférence s'est tenue en Ecosse l'été dernier. Quand verra-t'on la seconde à Davos ? Jamais !
    A défaut d'y être allé voir nous-même, le visa est cher, laissons parler le premier ministre du royaume :
    « la poursuite du "Bonheur national brut" a produit de riches dividendes pour notre peuple. Le Bhoutan a atteint un progrès économique soutenu sans compromettre l'intégrité de notre environnement et de notre culture. Nous avons été en mesure de conserver bien plus des 60% de superficies émergées sous couvert forestier requises par nos lois. Nous avons exploité des voies plus durables de croissance économique comme l'essor des installations hydroélectriques et des ressources d'écotourisme, tout en renonçant délibérément aux gains économiques à court terme de la coupe et de la vente de bois d'œuvre. En conséquence, nous sommes en mesure de créer des revenus considérables tout en protégeant les bassins versants et l'habitat de la flore et de la faune. De même, nous avons accordé l'attention qui lui est due à la conservation de nos riches traditions et de notre culture que nous estimons fondamentales pour préserver l'identité et l'âme de notre peuple. »

    le roi du BhoutanUne ambassadrice itinérante de l'ONU, Misako Konno, a raconté son séjour :
    « Pendant la semaine que j'ai passée au Bhoutan, qui a débuté dans la capitale Thimpu, je me suis toujours déplacée dans une charrette tirée par un cheval. J'ai peiné pendant des heures sur des routes de montagne aux virages en épingle à cheveux. La gentillesse qui se lisait sur le visage des gens rencontrés au détour des routes m'a frappée et c'est ce qui m'a fait penser à la philosophie bhoutanaise du "bonheur national brut", qui ne concerne pas seulement les gens, mais aussi la nature en général. Les Bhoutanais détestent tuer des créatures vivantes, ce que leur interdit leurs convictions religieuses, et cela se voit dans la manière dont ils coexistent mais aussi dans le respect qu'ils portent aux plantes, aux animaux, aux animaux et autres formes de vie.
    Pour moi, le Bhoutan est un pays digne où les gens vivent heureux; c'est un pays développé en termes écologiques. »
    Evidemment l'utopie met par terre la productivisme de la World Company qui aurait déjà dévasté la forêt bhoutanaise, rasé les maisons basses pour monter des usines à gosses "Nike", et aurait appelé à cotisation les gogos écologistes pour préserver une faune dont elle aurait déshabillé l'environnement.
    La leçon au monde, et l'axe d'effort au peuple, ont été donnés par un homme. Un homme peut-être, mais un sacré dragon !

    VIVE LE ROI

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