vendredi 22 mai 2009

AR : les Dix Commandements

Moîse brise les Tables
L'Alliance Royale est redescendue du Mont des Acacias avec ses Tables de la Loi pour les élections européennes. Avant que de les briser au pied du Veau d'Or bruxellois au petit matin du 8 juin, nous en communiquons par ici le texte au distingué lectorat du blogue, et ci-après, nos commentaires non autorisés :


I.- L’Union européenne doit rester une instance de coopération. Elle n’est ni une entité supranationale ni une entité fédérale, ni une nation.
RA : Qui dit coopération internationale dit coordination. Et coordination implique une structure permanente qui décharge les décideurs nationaux du quotidien de ces coopérations. On les appelle agences. Vient un jour où le foisonnement des agences oblige à une surveillance globale, elle-même rapidement permanente tant le matériau à surveiller est dense et renouvelé.
Il y a donc une forme de stratification à imaginer dans chaque domaine d'intérêts pour éviter d'atteindre la Grosse Commission.

II.- Seule une France forte et souveraine peut participer activement à une communauté européenne tout en préservant ses intérêts fondamentaux.
RA : La « souveraineté » que l'on appellerait plus justement indépendance décisionnaire, découle de la force et non l'inverse. Le souci d'indépendance dans le monde d'aujourd'hui ne peut aller au-delà de l'optimisation des dépendances. Le premier des fondamentaux est le bonheur du peuple, avant la satisfaction des docteurs de la loi. Le roi connaît très bien cela et maximisera la force car il voit plus loin devant lui qu'un président éphémère, issu d'une faction très minoritaire de la république, et pressé de s'établir lui-même et les siens.
montre rolex
III.- La France doit retrouver la maîtrise de ses lois.
RA : C'est tellement basique qu'on cherche encore le motif de la dévolution opérée jusqu'à faire primer le droit européen sur le droit national en cas de doute. A quoi sert d'ailleurs cette cour de justice européenne quand elle se mêle des affaires des particuliers?

IV.- La technocratie européenne doit cesser d’empiéter sur nos libertés et d’uniformiser les usages.
RA : Cette évidence est sans doute l'axe électoral le plus rentable, car s'il est compréhensible que la Communauté gère la ressource halieutique zone par zone de manière « neutre », il est risible qu'on l'ait laissée s'aventurer dans le diamètre des boîtes de camembert, le calibre des bananes par ailleurs vendues au poids ou la vitesse de chasse des ouatères d'hôtel ! C'est une prime au système kafkaïen qui, on le sait bien, n'est jamais réformable mais doit être détruit complètement et ses ruines nivelées au bull !

V.- Des mécanismes de coopération à géométrie variable doivent permettre aux pays membres de s’associer en fonction de leurs intérêts, sans contrainte.
RA : Bémol. La coopération sans contrainte s'apparente à la revendication des concierges d'avant-guerre à jouir sans entraves. Toute coopération est le fruit d'une négociation et les fourches caudines peuvent bien ne pas être celles des institutions européennes qu'elles seront toujours celles de la nécessité. Tous les programmes européens hors-Union le prouvent à l'envi, et quand les intérêts nationaux l'emportent, on fait l'Airbus A400M.
plan A400M
VI.- Pour protéger les intérêts des Européens contre la concurrence déséquilibrée des pays qui n’appliquent pas les mêmes règles du jeu, nous devons rétablir la préférence communautaire.
RA : La préférence communautaire est un concept flou dès qu'il s'agit d'application. Le slogan légèrement raccoleur est en revanche complètement démenti par le comportement des consommateurs en grandes surfaces qui recherchent un rapport qualité-prix ou plutôt vice versa. Même l'invocation de l'emploi les laisse de marbre. Cette observation donne les limites du patriotisme économique qui a mon avis préfigure celles du nationalisme.
Si des mesures de sauvegardes sont prises, elles le seront au périmètre du marché unique. Les frontières économiques internes sont ingérables comme le montrent celles appliquées pour les TVA. Ces mesures doivent être minutieusement calculées pour ne pas heurter nos exportations et fabriquer du chômage, mais comme nos voisins ne feront pas le même calcul pour les mêmes secteurs, il est à prévoir qu'elles resteront dialectiques et ne dépasseront pas la manifestation de notre mauvaise humeur.

VII.- Nous refusons l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
RA : C'est clair ! Mais le niveau de vie turc est déjà dans la moyenne euro-balkanique (source), et les cultures balkanique et turque sont malgré tout très proches, y compris dans la pratique de massacres d'ampleur. Comme on ne peut pas confiner les Balkans au lazaret (quoique !), il ne serait pas inutile de civiliser leurs populations résidant en Albanie, Serbie & Kosovo, Macédoine et plus loin peut-être en essayant de leur inculquer qu'une communauté n'est pas un distributeur de boissons chaudes. Cet espace de coopération agrégé par l'ouverture à l'Est n'est à l'évidence déjà plus le nôtre mais exotique. Notre espace culturel s'arrête en fait au Pont de Mostar.
pont mostar

VIII.- La France doit pouvoir préserver sa culture et ses amitiés hors d’Europe, en particulier dans l’espace francophone.
RA : Nos solidarités, la plupart très anciennes, n'ont pas à être jugées par des instances européennes quelles qu'elles soient aujourd'hui et demain. La France, royaume millénaire jadis, fut métropole d'empire, et sa langue, véritable diamant culturel, longtemps la colonne vertébrale du continent. Affaiblie par le mercantilisme anglo-saxon autant que par la gabegie endémique française(!), elle doit être diffusée et pour ce faire portée par la qualité et l'innovation : deux chantiers cyclopéens avec les élites que nous devons subir. Mais il est dangereux d'attendre d'avoir raison, aussi devons-nous combattre pied à pied et renforcer la Francophonie malgré ses défauts.

IX.- La charte des droits fondamentaux de l’Union doit être modifiée.
RA : L'immixtion d'autorités supranationales dans le règlement des moeurs de ces vieilles nations que sont les nôtres participe d'une impatience bureaucratique d'hégémonie qui ouvre de droit l'assignation en Haute Cour des hommes politiques français qui y ont consenti. Les codes de justice d'Europe sont parmi les plus anciens du monde et il n'est nul besoin de confier à des cuistres leur nécessaire évolution.
Dans ce domaine, les questions touchant à l'orientation sexuelle ou au mariage appartiennent à la sphère privée. Les empiètements constatés sur ces libertés essentielles doivent être réprimés par la loi générale sans qu'il soit besoin de particulariser le droit. Mais il n'est pas inutile non plus de faire montre d'un peu de charité envers la différence.
masques gay-pride
X.- Les traités européens doivent défendre l’héritage culturel de l’Europe et reconnaître ses racines chrétiennes.
RA : Oui ! L'Eglise catholique revendique les racines européennes, mais elle n'en est que partie. L'Europe fut façonnée d'abord par les cultes païens, celtiques, étrusques, nordiques, germains, par la civilisation grecque et sa transmigration romaine avant que d'être chrétienne. La péninsule ibérique fut conquise et administrée pendant sept siècles par les descendants islamisés des Vandales, Suèves et autres Alains déboulant du Nord pour ravager le bas-empire romain. Puis les armées franques de Rome firent le ménage par trois fois au moins dans la France hérétique (Vouillé, Croisade des Albigeois, Guerre des Camisards), jusqu'à ce que la religion soit expulsée de l'Etat en 1905.
Pour ce qui est de la religion judaïque, elle est parfaitement exogène, autant d'ailleurs que l'islam qui a poussé sur la même branche qu'elle.
C'est donc une mosaïque religieuse que l'Europe ! Mais si proclamer les racines chrétiennes peut braver l'intrusion islamique, qui est bien plus qu'une conversion des âmes, une véritable subversion sociale, alors d'accord, enracinons-nous !



affiche de campagne
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mercredi 20 mai 2009

Barrage contre la Mondialisation

Jacques SapirLe titre est emprunté à l’imaginaire de Marguerite Duras. Un certain Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS de Paris, s'est cogné au mur de la communication idéologique du parti socialiste que dirige une mégère sans idées ni talents. Calée sur un logiciel primitif que les systèmes actuels d’exploitation ne savent pas lire, la bataille des Européennes se résume de ce bord à agiter des slogans éculés qui ne font retourner personne. La mégère est la fille du ChicagoBoy masqué qui a ouvert les portes de Troie au cheval des grands trusts : un chrétien mou nommé Delors que détestait Margaret Thatcher !
Ainsi décida-t-on Rue de Solferino d’acheter un peu de talent à l’extérieur depuis que les penseurs maison sont passés avec armes et bagage à l’ennemi. M. Sapir a donc été convoqué, puis censuré dans ses propositions visant à brider la "mondialisation" sauvage au sein même de l'Europe. Un long billet est disponible sur le jeune blogue de Bertrand Renouvin, ici. Parlant de la destruction d'emplois et des grilles salariales par le dumping social des pays de l'Est, extrait :

... nous avons découplé la formation des profits par les entreprises des conditions du travail telles que l’on peut les avoir sur un territoire donné. Désormais, le profit se réalise de manière globale et la mise en concurrence des salariés dans un vaste marché se fait sous la forme du « moins disant, moins coûtant » [...] Il n’est pas étonnant, alors, d’apprendre que se creusent les écarts de salaires et que les 1% supérieurs des revenus salariaux accumulent une part croissante du revenu national. C’est une tendance constante dans les pays qui se sont ainsi ouverts, sans entraves ni protections, au commerce international. Seul, un retour au protectionnisme peut permettre d’inverser ce mouvement. Il faut tendre à le faire en commun avec des pays qui ont le même niveau de productivité. De ce point de vue, il y a une logique à chercher des protections communes avec les pays du noyau originel de l’Europe. Mais, s’il le faut, nous ne devrions pas hésiter à décider de mesures unilatérales. Elles seraient, il n’en faut pas douter, ce que nous appelons entre nous économistes [...] un « optimum de second rang », ce que l’on peut traduire par un pis-aller. Cependant, elles seraient préférables à ne rien faire du tout, au prétexte toujours plus illusoire, de réaliser un jour cette fameuse « Europe sociale ».

C'est cette lanterne porcine de l'Europe sociale concrètement impossible, qui a provoqué le clash entre le communicant du PS et lui.

RoegenNous n'allons pas disputer un professeur de l'EHESS - raison garder ! - mais nous allumons la lampe de poche dans le tunnel de l'entropie mondiale. Qu'est-ce à dire ? L'Europe sociale sera l'aboutissement d'un long et lent processus d'entropie générale.
Le rétrécissement de la planète par le progrès des moyens de communication oblige à tendre vers un alignement des niveaux de vie, étant bien entendu que cet objectif est un horizon marin indépassable puisqu'il recule sans cesse à mesure que se vaporisent les ressources terrestres.
L’utopie généreuse réside dans une triple action :
- Contraction volontaire des écarts de niveaux de vie et salaires du Monde afin qu’ils ne soient pas criants au point que les productions se délocalisent à grande distance (en couvrant facilement le prix de rapatriement des produits finis), mais surtout que la tentation de quitter leur pays natal par les pauvres soit éteinte par le doute ressenti d’une amélioration de leurs conditions d'existence balançant la peine de leur arrachement ;
- Abaissement relatif des niveaux de vie de l’OCDE afin de libérer des ressources et accélérer le rapprochement des conditions d’existence ;
- Gestion planétaire d’une décroissance modulée avant pénurie.

Pour le moment, nous en sommes très loin, mais c'est plus ou moins la feuille de route consensuelle des décideurs qui ont les bons chiffres. Qu'est-ce à faire cette histoire d'horizon marin avec un retour du protectionnisme européen ? On est en plein dans la question !

Si les grands trusts trouvent leur avantage dans la globalisation des échanges de biens, services et surtout flux financiers, l'élévation des niveaux de vie du Tiers Monde et le ralentissement voire l’affaissement des nôtres apaisent en partie la "jalousie" des pays pauvres et les distraient d'une insurrection frontale ou asymétrique très mauvaise pour les affaires et le foncier. Une Chine nucléaire dans la misère noire serait bien plus dangereuse pour le Monde que l'actuelle Corée du nord, si elle n'avait pas déjà même ouvert les hostilités sur son front nord. Que dire d'une Union indienne dans sa crasse sociale condamnée à un tête-à-tête atomique avec son frère de lait pakistanais, pas mieux loti. Pire encore pour l'Indonésie musulmane dont on pillerait le bois, l'huile, le gaz et les épices sans ouvrir des possibilités de développement. Etc...

fusees chinoisesOr, élever des barrières en Occident bloque le développement des pays grouillants et prouverait à leurs opinions publiques que l'égoïsme des blancs n'est pas un argument de propagande raciste, mais un fait acquis. C'est la confrontation que nous avons périodiquement à l'OMC entre l'agriculture de l'Union européenne et celles du Tiers Monde. Et sitôt la Crise passée le ton va sérieusement monter. Bien sûr, nous devons traiter chez nous un désavantage structurel amplifié par la liberté des échanges en prenant des mesures de sauvegarde un peu éloignée de la charité chrétienne mais il nous faut garder à l'esprit que la fin de l'histoire c'est toujours l'entropie globale, sauf à disparaître dans deux générations dans un holocauste nucléaire. Aussi devons-nous nous préparer « tout simplement » à gagner des parts de marché dans les secteurs économiques et financiers où nous avons nos chances sans trop compter sur l’accroissement du gâteau. Favoriser plutôt une saine gestion internationale.

Dans ce combat qui va s’avérer primordial, les socialistes, c'est-à-dire la grande majorité de la classe politique française, ont un réflexe colbertiste qui engage l’Etat à prendre en charge la prospective et lancer des filières. Le colbertisme gaulliste et ses succédanés pompidilo-giscardiens nous ont montré la vanité de faire naître ces mammouths dont aucun n’a survécu. A peine l’idée budgétée qu’affluent les rats en pantoufles, incapables de réussir en compétition ouverte mais décidés à établir leur rang social, et le fromage grandit à mesure des portées de profiteurs, asséchant les marchés de capitaux au bénéfice du monstre en croissance.
C’est le génie de l’Homme qui peut trouver la solution, pas la réunion de fonctionnaires limités désormais au 35 heures.

Dans cette guerre économique, il faut donc libérer les énergies individuelles en dérégulant partout où cela favorise la création et mettre à leur disposition, non pas des « aides » ou des « exonérations » mais les moyens ordinaires de développement que sont essentiellement les banques. Quand nous aurons des banquiers, bien sûr !

arnoldC’est ainsi que je persiste à dire que la Relance est une foutaise palliative pour les secteurs morts qui pompe des moyens refusés aux secteurs vivants ou naissants. On parle ces jours-ci de la Californie en faillite que le gouverneur Schwarzenegger convoque par référendum à augmenter les impôts. Les observateurs français dépêchés sur cette planète «Mars» rapportent que la situation économique est atroce mais que les gens ne descendent pas gueuler dans la rue car ils ont ancré dans leurs gênes la certitude que l’économie se purge actuellement pour repartir rapidement dans des secteurs adaptés ou nouveaux. De fait, les créations d’entreprises se multiplient en dépit de l’assèchement des concours financiers, ce qui veut dire que, arrivées au premier palier de croissance (2 à 4 ans en général), ces entreprises auront beaucoup de force car peu ou pas endettées originellement. Tout le monde prépare un décollage rapide, et l'on sait que l'optimisme est le meilleur moteur. Ce n’est pas tout à fait ce que l’on voit ici, où l’on se dispute de la fausse monnaie pour perfuser les mourants et où défilent les déçus de la météo !

L'autre frein à l’entropie générale est que pour cent raisons, l’amélioration des conditions d'existence sont ralenties sinon stoppées dans certaines zones géographiques comme l'Afrique sub-saharienne, les pays andins et les pays de jungle ou de deltas surpeuplés. Les coûts de manufacture découlant de cette misère resteront longtemps bien inférieurs aux nôtres jusqu'à ce que ça pète ! La seule solution est le développement à marche forcée des poches de misère et de toute l'Afrique sub-saharienne, afin de presque combler les écarts de manufacture, mais surtout ceux des conditions d'existence motivant l'émigration.
C'est une véritable « guerre à la misère » qu'il faut mener sous l'égide d'un état-major. L'argent dépensé dans les guerres ouvertes serait mieux employé dans celle-ci. En attendant que les trusts y trouvent leur avantage et se lancent d'eux-mêmes - car des systèmes politiques pratiquant l'éphémère je n'attends rien - nous devons creuser nos méninges pour faire survivre nos territoires dans un monde fatalement concurrentiel, car le barrage contre l'océan, d'autres avant nous ont essayé.

New Orleans flood
L'autre choix, purement virtuel mais caressé dans un milieu myope, serait de revenir aux petites forteresses nationales de la première moitié du XX° siècle avec leurs problèmes d'espace vital, d'interactivité au sein d'empires dominés et fermés, et de confrontations permanentes des ego nationaux. Ce schéma géopolitique a coûté ce que l'on sait à l'espèce humaine, et surtout aux jeunes générations qu'il a couchées par millions sous des croix blanches ou noires.
Devant ! Regardons devant !



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mardi 19 mai 2009

Jean-Philippe Chauvin

ChauvinCandidat à l'Ouest pour l'Alliance Royale aux Européennes, Jean-Philippe Chauvin sous sa guise de trotskard est un débatteur redoutable. Issu de la province excentrique celte - on y forme les druides - , il fut dressé à la pédagogie offensive dans la ZEP fatale à plus d'un des Mureaux, avant que de poser sa biasse de prof d'histoire au prestigieux lycée Hoche de Versailles. Sans doute l'Inspection d'académie jugea-t-elle que la cité royale finirait pas le dissoudre. Que nenni ! Les mânes de nos rois l'ont au contraire boosté : il attaquait Devedjian l'occidenté dans la partielle de Bourg-le-Reine en 2005.
Royal-Artillerie ne se lancera pas dans l'exégèse des thèses chauvines car l'impétrant n'a besoin de personne pour sa propagande, comme le souligne sa revendication d'électron libre du Roycoland.

Nous ne briserons pas un secret en disant qu'il est dans un certaine empathie avec Bertrand Renouvin qui approche de l'âge de la retraite. Le meilleur vecteur de son message politique étant lui-même, nous vous invitons à l'écouter ci-dessous et à courir à son blogue de combat royaliste ici.



Mais déjà des souvenirs politiques vous attendent là : tout ce que vous vouliez savoir sur le royalisme et Jean-Philippe Chauvin sans jamais oser le demander s'y trouve.

Si vous habitez le Grand Ouest, votez le 7 juin pour Jean-Philippe Chauvin et sa liste. Vous participerez à la réacclimatation de l'idée monarchique en France, car c'est bien de notoriété qu'elle a le plus urgent besoin et vous ne le regretterez pas.



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lundi 18 mai 2009

Impermanence et tradition

porte fenêtreTout se transforme, tout change et de place et d'aspect tel le chevalier errant des légendes médiévales, comme le courant du fleuve en crue, comme les nuages dans le ciel. Cette loi de l'évolution est d'airain au travers des quatre phases que traversent toutes choses, naissance, croissance à l'apogée, déclin et destruction. Nous-mêmes en notre corps d'éphémère roulons dans le renouvellement permanent de nos cellules de plus en plus vieilles, le corps de ce matin n'est plus le corps d'hier soir.
Le monde physique autour de nous est en constante évolution, on dit qu'il se réchauffe aujourd'hui. La société humaine qui le peuple se renouvelle dans un croît ininterrompu qui naturellement la modifie et les philosophes courent après cette roue. Dieu même dans l'image qu'il laisse entrevoir à cette "folle du logis" qui nous sert d'imagination, se métamorphose apparemment dans sa relation à l'humain. Et nous voudrions être intraitables quant à la préservation de nos traditions ! C'était notre minute bouddhique.
Clovis - 498 - le pigeon apporte la sainte ampoule - la Gaule retourne à Rome - terminé ?

On peut soutenir la thèse que si la France divorça d'avec sa monarchie il y a deux siècles, c'est que la seconde s'était arrêtée d'évoluer alors que la première subissait une accélération de son impermanence. Or parmi les bénéfices théoriques attendus du régime que nous promouvons, il est quand même attendu du titulaire "moyen" l'impulsion au bon moment, la prise de bannière et la tête de la charge de cavalerie qui va avec ; le fameux "ralliez-vous à mon panache blanc !".
Le roi d'il y a deux siècles aurait dû prendre les commandes (la bannière). Il est dommage qu'il ne se soit pas intéressé à la physique sociale avant que d'y être acculé sous un ridicule bonnet phrygien. Son prédécesseur avait assimilé le décalage croissant entre la ville et le château et, à ce que nous montre le travail législatif que son successeur interrompit, se préparait à le combler.

La vraie question met en cause le concept : « Si le principe prime le prince et assure une moyenne positive du gouvernement sur la durée, pourquoi fut-il contredit trois fois : Louis XVI, Charles X, Louis-Philippe ?» Les royalistes détestent ça et plongent dans les chroniques pour noyer le poisson dans le fatras du quotidien de cette époque. Moi-même y succombe. Les monarchistes le comprennent mieux, à tout le moins apparaissent-ils comme les seuls capables de projection à partir du pur concept de monarchie, projection qui vise à prouver que le concept est indéfiniment améliorable. Capables ne veut pas dire qu'ils y consentent facilement.

bodhisattvaLa fréquentation des milieux royalistes laisse découvrir la stratification des germes monarchiques et leur impossible germination dans l'évolution des temps, cette impermanence que l'on ne peut stopper. Listez les chapelles, cercles et associations en Roycoland et vous cataloguez un monde figé qui s'occupe moins de promouvoir le diamant d'une monarchie "absolue" en devenir que le propre souvenir des circonstances et causes parfois antagonistes de sa création. A chacun son gourou, ses soutras, ses souvenirs. Le problème n'est pas l'arrêt sur image que présente des structures mémorielles de qualité que l'absence d'autre chose !
Citez-moi une structure de prospective monarchiste capable de produire du concept ex-nihilo ? Il n'y en a pas. La dernière fut l'Action française de Charles Maurras, prolongée quelques années par la Nation française de Pierre Boutang. Elle s'est figée comme les autres et sent aujourd'hui la boutique. On me rétorquera bien sûr qu'il serait inutile de produire du concept quand tout a été dit en deux mille ans !

La dernière mondialisation date de l'empire romain ; quoi de neuf, docteur ?
Un empire quadrimillénaire presque disparu renaît de ses cendres en un demi-siècle et conquiert le monde par le seul labeur de sa race ; sans blague ?
Le basculement des pôles n'a pas eu lieu (désolé monseigneur) mais la ruine menace toute l'économie financière de la planète dopée aux stéroïdes monétaires ; back to the trees ?
N'importe qui est capable d'accéder à l'arme nucléaire pour vitrifier son voisin ou le voisin d'icelui d'un seul coup d'un seul ; mais que fait la police ? Etc...

Revenir à la tradition, revenir aux fondamentaux, se cacher dans la petite cabane au fond du jardin. Et j'entends siffler le train du monde qui passe en bruit de fond sans jamais pouvoir y monter.



grève de sable
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samedi 16 mai 2009

Alourdir l'empreinte nationale

hexagoneLa section AF de Meaux nous signale un rapport parlementaire pour projet de loi visant à renforcer les signes explicites de la République française dans le domaine public. Ce projet soumis à M. Besson, ministre de l'identité nationale, est porté par quatre députés UMP, Maurer (Bas-Rhin), Hostalier (Nord), Irles (Pyrénées-Orientales) et Meunier (Rhône), qui furent outrés par le match France -Tunisie où l'hymne national fut sifflé par la banlieue.
Il y est question de marquer fortement l'école et les édifices publics des "valeurs" de la République. Je vous renvoie à l'article de Meaux.

C'est aussi dans le cadre d'une lutte contre le communautarisme radical islamique que ces parlementaires veulent alourdir l'empreinte nationale partout où c'est possible, même si le projet est de portée générale et assumé par une revendication de laïcité intransigeante. Suivant l'exemple des Etats-Unis, planterons-nous des mâts dans le jardin de devant du pavillon pour hisser les trois couleurs le matin ? Les élèves en feront-ils autant à l'école ? Chanteront-ils la Marseillaise en rang par quatre la main sur le coeur ? Je ne serais pas contre bien sûr, parce qu'au fond ce ne sont pas tant les valeurs intrinsèques à la Convention qu'il s'agit de défendre mais les signes distinctifs spécifiques à la republica.

A siffler les hymnes, je me suis transporté grâce à la matinale de Canal + au stade de Valencia mercredi dernier, où se disputait la finale de football de la Coupe du roi entre l'équipe catalane de Barcelone et l'équipe basque de Bilbao. A leur arrivée, le roi Juan-Carlos et la reine Sofia furent conspués, et l'hymne espagnol qui suivit, copieusement sifflé par l'assistance au point que la régie de télévision a zappé ce moment de la retransmission. Un immense banderole (voir l'image) fut déployée par les indépendantistes qui s'étaient pour une fois entendus, jusqu'à ce que le police monte la récupérer.

banderole indépendantiste
Certes, la manifestion n'avait rien de spontané, mais on sait dans les deux provinces qu'il n'y aura le moment venu que deux catégories de Catalans ou de Basques, les activistes et les indifférents ou silencieux. Aucun ne se lèvera pour l'Espagne. En ce sens le régime est en péril, d'autant que ce sont les deux moteurs économiques du pays qui se détachent de la carlingue. A l'inverse, la République française sait adroitement se métamorphoser avant putréfaction, et reconnaissons-lui de savoir se défendre.

Tout ceci pour dire qu'il est vain de vouloir imposer une architecture politique à un pays qui n'en veut pas. L'héritage franquiste interdisait la sécession, mais les souvenirs terribles de la guerre civile obligèrent à une large autonomie qui fait plus que préfigurer une indépendance future. L'Espagne avance vers son éclatement en plusieurs Etats "nationaux" dans le giron européen.
Nous n'avons pas à craindre cette révolution en France où il n'y a pas de bastion autonomiste capable d'amorcer une évolution, même en Corse. Les "nations" dessinées sur les cartes sont des constructions folkloriques bâties par des professeurs de chant bridés dans une fonction sociale médiocre. Par contre la peste de la division peut être contractée de l'étranger.
Renforcer les signes de la nation est une sage précaution quand on détecte sur notre sol une infestation virale comme le communautarisme exotique (il n'y a pas que l'islam radical). Mais cela ne suffit pas.
hijab bleu blanc rougeLe régime quel qu'il soit doit être assimilé par les gens à commencer par les écoliers et collégiens, ce que propose le rapport parlementaire. Encore faut-il que les valeurs transmises soient de vraies valeurs et pas des vessies de porc ! Et là, nous constatons que beaucoup de celles que véhiculent les faiseurs d'opinions dans notre société ont du mal à cacher une exaltation de l'égocentricité individuelle contre le vivre ensemble, jusqu'au déchaînement du sacrifice d'autrui pour son propre bénéfice ou simple confort. C'est invendable aux jeunes qui ne sont pas si abrutis que le croient les pédagogistes.

De notre côté, il y a aussi du boulot pour faire coïncider la doctrine sociale de l'Eglise et les droits de l'Homme et du citoyen dans leurs développements modernes, même s'ils dérivent vers ce que nous considérons comme une lente décadence de l'Occident !
Il faut ensemencer l'Opinion de graines susceptibles de produire. C'est aux fleurs qu'on juge les graines, c'est aux fleurs qu'on mesure les modifications génétiques apportées pour l'amélioration de l'espèce considérée. Les graines ne germent pas dans du sable sec, on les y stratifie.
L'aggiornamento de la doctrine est convoqué au parloir dans l'intention de la faire produire.




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jeudi 14 mai 2009

La loi du lion

logo assisesLes Assises du royalisme français, repoussées à l'an prochain, seraient le bon moment pour au moins discuter l'agenda d'une rénovation monarchiste, si l'on s'accordait d'abord (?hum...) sur les quatre points suivants, sachant qu'à défaut il n'est jamais inutile de se rencontrer pour diffuser un peu d'humanité dans les relations internes au Roycoland :

(aa)- le retour du roi, probablement dans des circonstances dramatiques, ne pourra être obtenu durablement sans l'accord au moins tacite des peuples de France, à peine de les voir secourir les profiteurs du système aux abois qui tiendront jusqu'au bout les médias principaux pour appeler aux révoltes urbaines.

(bb)- une certaine "indifférence" populaire aux cris d'orfraies de la nomenklatura en péril ne peut être que l'aboutissement d'une démarche de "dénigrement raisonné¹" équilibrée par la vulgarisation d'une offre politique monarchiste lisible et applicable (du modèle présenté ici dans "le jeu du roi"? pourquoi pas?).

(cc)- l'énergie royaliste se dissout dans la division des chapelles et la dérive de militants émiettés sur tout le spectre royco, qui passent assez vite au stade de sympathisants pour finir dans le camp des nostalgiques flous. Cette situation découle de la loi de tolérance qui fait droit à toute opinion même néfaste dès lors qu'elle ne contrevient pas aux bonnes moeurs, et qui maintient donc dans des situations précaires mais semble-t-il éternelles, les sous-structures très endommagées survivant dans un décorum vide de sens et de gens.

lion bas-relief(dd)- l'union faisant partout la force sauf en Belgique, seule la loi du lion² permettrait de concentrer les moyens du succès en appliquant la substitution totale des cadres et moyens du vainqueur aux cadres et moyens des vaincus.
Aux Etats-Unis cette loi est qualifiée de "loi des dépouilles³". Elle est parfaitement légitime car elle garantit l'efficacité de la gouvernance.
Mais pas chez nous. Cent quatre-vingt ans de légitimisme, cent soixante ans d'orléanisme et un bon siècle d'Action française et de providentialisme mêlés, n'ont produit que des vaincus si l'on en reste au plan de la société politique. La seule accession d'un ersatz maurrassien au pouvoir dans l'histoire (1940-1945) est "controversée", la seule imitation (Salazar), inaboutie faute d'avoir transformé l'essai par une restauration.
Lequel trouvera l'agressivité nécessaire pour convaincre à défaut démolir ses contempteurs ? Aucun ! C'est sans se noyer dans le cristal de la boule le résultat que l'on peut prédire des Assises 2010, en espérant quelque part se tromper.

MAIS ! A supposer que surgisse la "divine surprise" d'un parti leader incontestable, - on pense bien sûr à un prince volontaire, formé à la physique sociale, porteur d'idées politiques et en fonds - on pourrait dérouler l'agenda politique ci-dessous :

Sept étapes :...

2010 ...
demi lis brodé1.- Promotion
la plus large du renouveau monarchiste au sein de la mouvance royaliste sur la base d'une plateforme politique simplifiée pour aider à sa propagande, par tous moyens de diffusion pendant un an.

2011 ...
demi lis brodé2.- Inventaire
des structures et organismes militants, y compris les cercles discrets de province. Le refus d'éditer les comptes sera qualifié de banqueroute de facto et les cotisants prévenus. Sinon on peut continuer à agoniser deux cents ans de plus.

2012 :
demi lis brodé3.- Destruction
complète des structures déficitaires afin que leurs vestiges n'encombrent la voie du renouveau et ne continuent à siphonner des subsides par charité chrétienne en souvenir du confort de l'échec inévitable. Option : mise en route du projet raspalien "Nous irons tous aux Kerguelen".

2012 :
demi lis brodé4.- Récupération
d'une structure viable avec sa propre équipe remotivée, ajout d'un attaché de presse expérimenté et insémination artificielle de la structure par la plateforme politique retenue aux Assises.

2013 ...
demi lis brodé5.- Construction
d'un portail médiatique et d'une agence de presse professionnelle sur crédit-relais privé. A défaut, on peut s'inspirer du portail Royal-Artillerie expliqué en long et en large au début de cette année.

2013 :
demi lis brodé6.- Appel général
exceptionnel à doubles cotisations sur la structure unique et abonnement groupé à sa presse par le moyen du portail. Sept ans de travail de propagande.

2020 :
demi lis brodé7.- Pèlerinage à Chartres
pour ouvrir le résultat de l'appel d'offres en direction des princes, après deux ans de palier de la rénovation monarchiste. Si ce palier n'est pas atteint en 2018-2019, jeter l'éponge et gagner la Patagonie.

demi lis brodé7bis.- Catoneo, en passe de ne pouvoir lire Tintin plus longtemps, passe commande aux Ets Kuhn-Blanchard de la même charrue que celle fournie par leurs fondateurs à Chinchinatus, et saborde enfin Royal-Artillerie avant de se retirer au Castanet !
A moins que ce ne soit à l'étape n°1...





Note (1): les professionnels de la propagande trouveront un terme plus heureux.
Note (2): le lion superbe et généreux qui a vaincu son adversaire lion, le tue ou le force à l'exil, et tue toute la progéniture de son prédécesseur avant que de le remplacer dans les faveurs de la lionne. C'est une loi naturelle de préservation de l'espèce que l'on peut transposer dans la perpétuation d'une idée meilleure parce que efficace, sur un espace libéré des saboteurs, au moins pour le temps de la reconquête politique. Y parvenir est moins important que d'en avoir parlé !
Note (3): succédané de l'antique loi des Opimes.

soldats
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mercredi 13 mai 2009

Treize Mai

AlgerIl y a 51 ans, un régime fantoche au comble du ridicule, duquel la haute fonction publique s'était carrément coupée pour que l'infantilisme parlementaire ne l'atteigne pas, s'écroulait foudroyé par un éclair tombé à 2000 km de Paris ! La IV° République, jeune d'à peine douze ans et déjà décrépite, appelait vite son "sauveur" comme la III° l'avait fait avant elle en juin 1940 ! Mais cette fois c'était une ruse de guerre ... pour le salut de l'Empire !
Par égard pour les royalistes gaullistes qui suivent la politique française derrière une canne blanche, nous laisserons le "je vous ai compris" historique du balcon d'Alger aux explications filandreuses des godillots qui hantent toujours les caves, et nous évoquerons l'Algérie telle que l'ont ressentie bien des soldats débarqués. A tout seigneur, c'est Hélie de Saint-Marc qui nous dit "son" Algérie, et me fait souvenir des récits de veillée de mon adjoint méhariste au camp de Stetten am kalten Markt. L'un et l'autre ont les mêmes yeux qui détecte l'oreille d'un fennec à quinze cents mètres :

« Au fil des mois, nous avons appris à connaître l’Algérie, si tant est que l’on puisse maîtriser un jour les mystères de ce pays. Notre apprentissage fut d’abord physique.
Hélie de St MarcJe me souviens du jour où nous avons croisé, dans un murmure, les premières caravanes. Le visage figé des nomades, creusé par le vent et le dénuement, marchant avec une noblesse venue du fond des âges. C’était l’Algérie du silence et de l’absolu. Les réminiscences nous accompagnaient : « Jacob fit monter ses enfants et ses femmes sur les chameaux et il emmena son troupeau ». Les nomades portaient des tuniques bleues et le chèche du désert. Les chameaux au pas lent, les chèvres aux côtes saillantes se déplaçaient comme si nous n’existions pas.
Nos opérations prolongées dans l’Algérie des montagnes nous mettaient en contact avec la pauvreté parfois moyenâgeuse des douars reculés. Dans ces régions, les colons étaient rares, l’administration lointaine, l’école absente, l’agriculture élémentaire. Les villages, écrasés par la canicule, étaient peuplés de vieillards assis contre les murs, suivant l’ombre, d’enfants mal vêtus et de femmes travaillant dur. La terre craquelée donnait un orge famélique et nourrissant mal les chèvres. Chaque été, l’espoir partait en poussière. Bien sûr, la colonisation n’était pas responsable de la pauvreté du sol, ni du climat, ni des siècles de solitude. Mais la beauté des grandes réalisations coloniales de la côte et de la Mitidja accentuait le contraste entre une Algérie privilégiée et une Algérie laissée-pour-compte.
Je découvris la capitale algéroise, qui allait si profondément marquer ma vie. La ville était entièrement dédiée au ciel et à la mer. J’aimais les chemins du haut d’Alger, parmi les cyprès, les lentisques et les oliviers. Le choc visuel était doublé d’un choc sensuel : fleurs sucrées des acacias au printemps, figuiers centenaires de l’automne, pins du gouvernement général, eucalyptus de Télemly, bouquets de bananiers, seringas et magnolias de l’été, pâtisseries luisantes d’huile et de miel des vendeurs de rue, effluves de girofle, d’anis et de café venus des échoppes ou senteurs d’huile d’olive et de poivrons grillés échappées des cuisines… A Alger, la vie avait une odeur...»


Tin Hinan
On connaît la suite¹, ... le gouvernement du double langage, l'accession du cynisme au pouvoir, l'abandon programmé, puis, contre le cabrage des gens d'honneur, la logique des assassinats par la raison d'Etat, pour finir dans la frime grandiose des leçons données au Monde.
Si l'on a pas mal écrit sur la guerre en Algérie, il reste à pousser les feux sur l'histoire de cette guerre dans les cercles du pouvoir français, quand bien sûr seront levés par la grâce de Dieu miséricordieux qui les rappellera, les obstacles à l'analyse de celui que certains d'entre nous et pas des moindres prirent pour Monk.

Cinquante-et-un ans plus tard, ne me restent de ce jour précis que les nouvelles crachotantes données par radio Sottens² et un silence général en ville où, dans l'attente de la Solution, beaucoup de gens bandaient le ressort de leur enthousiasme. Trois ans plus tard, j'avais déjà acheté le seau, les brosses, la peinture, et des baskets de sprint.


Note (1): le Cdt Denoix de Saint Marc, commandant le 1er REP par interim, répondra positivement au putsch des généraux Salan, Challe, Jouhaud et Zeller le 23 avril 1961. Ce sera le 3ème putsch d'Alger et le seul qui ne fut pas gaulliste (gag!).
Note (2): Quand quelque chose d'important se passait, mon vieux rad-soc de grand père basculait sur radio Sottens et ne revenait à Paris-Inter que pour la bourse, car on ne pouvait mal entendre.
Note (3) sur image du Djurdjura : exactement à Taouriat Ali ou Nsseur, commune de Iferhounene (Willaya de Tizi-Ouzou)



montagne kabyle
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mardi 12 mai 2009

Frontières, vous avez dit frontières ?

Bilge (Turquie kurde)Le massacre clanique de Bilge facilite la propagande d'un barrage formel à l'entrée de la Turquie (et des braises kurdes) dans les institutions de l'Union européenne. Ce dimanche à Berlin, le président français est venu parader au pupitre dans le cadre de la campagne d'Angela Merkel pour les élections du 7 juin prochain. Le clou de l'exposé quasiment aboyé fut la condamnation d'une Europe sans frontières qu'à y regarder de près, peu de responsables dans les institutions ne programment vraiment, mais qui court l'Opinion et les officines de contre-attaque comme une rumeur d'Orléans. Et c'est à cette Opinion, détentrice des clés des prébendes parlementaires, que s'adressent les pouvoirs allemand et français en ce pont du 8 mai.

Quand M. Sarkozy réclame des frontières, je n'en crois pas un mot pour la simple raison que l'éloignement glissant de telles frontières lui apporte une certaine distance entre les problèmes créés et son coeur de cible politique qui est l'électorat présidentiel français. On l'a vu dans l'affaire du gaz russe, la question survenue au cours de notre présidence semestrielle a été sous-traitée aux Allemands.
Par contre quand le chancelier Merkel s'oppose à l'intégration de la Turquie, alors que la République fédérale est une manufacture turque¹ depuis les accords d'importation de labeur de 1961 (loi des Gastarbeiter), je suis tenté d'écouter.

IstanbulLa réticence du parti démocrate-chrétien est provoquée par l'entrisme turc, non par le biais de la réislamisation des communautés turques expatriées, mais par l'appel à la subversion du pays d'accueil fait à la Kölnarena de Cologne devant 16000 personnes le 10 février 2008 par le premier ministre Erdogan qui disait (source Diplo) : « Je peux sentir les parfums et la sensibilité d’Anatolie que vous avez apportés jusqu’ici. Partout où nous allons, nous apportons l’amour et l’amitié. Nous n’avons rien à faire avec la haine et la violence. Je comprends que vous soyez chatouilleux quand on vous parle d’assimilation, personne n’a le droit de vous imposer ça. Vous n’êtes pas ici de passage. Les cinq millions de Turcs qui vivent en Europe ne sont pas des invités (Gastarbeiter), mais une part constituante de la société européenne.» Et d'inciter les familles à pousser leurs enfants vers l'université afin que les Turcs prennent des postes de commande et conservent leur spécificité.
Le problème n'est pas tant que les Turcs prennent l'ascenseur social allemand mais qu'ils le fassent dans une optique de noyautage légal en restant indéfectiblement fidèles à leur patrie. Ce qui n'a pas échappé à Angela Merkel qui s'est fendue d'une réplique à la prussienne : « Qui possède la nationalité allemande est un citoyen sans réserve, dont la loyauté s’exerce à l’égard de l’Etat allemand. Je crois que nous devrons en discuter à nouveau avec le premier ministre turc.» C'est peut-être de ce jour que date le "niet", les projections démographiques allemandes étant extrêmement pessimistes. C'est aussi une critique de la réforme socialiste du code de nationalité opérée par son prédécesseur Shroeder et une pierre dans le jardin du ministre fédéral de l'Intérieur Schäuble qui travaille à officialiser une représentation politique des communautés turques dans le style du CFCM sarkozien.

affiche döner K.L'Opinion allemande est sur la même longueur d'onde que l'Opinion française, c'est pourquoi M. Sarkozy est parti faire un peu de télé à Berlin. Le premier argument allemand (géographique) n'en est pas un qui masque simplement une aversion nette pour le peuple des kébabs qui grouille dans certains quartiers. L'Allemand moyen est xénophobe de construction et déteste surtout les peuplades opposées au naturalisme, au laisser-aller moral (en vacances), au nudisme² tudesque qui est une institution héritée de l'empire, à la gastronomie porcine qui est basique outre-rhin et à l'alcoolisme bon enfant de l'Oktoberfest. En fait les Turcs sont tout l'opposé des Allemands, et ne sont pas miscibles dans la "grande nation" revenue. C'est tout. Il faut dire à leur décharge que l'islamisation rampante des sociétés anglaise et française peut leur donner à réfléchir.
Cherchez d'autres motifs que ce motif élémentaire dans la presse et vous risquez de tourner en rond. En revanche, notre belle patrie d'asile et droits est le cul entre deux chaises, car nous les détesterions presque autant d'après les sondages, mais ne pouvons le dire, encore moins l'écrire dans un journal, à peine de ruiner notre réputation de conscience morale universelle sans laquelle le Monde n'aurait plus d'âme.

Qu'en dit l'Alliance Royale ?

logo ARLes Etats européens doivent reconnaître dans l’Europe un espace naturel d’intérêt commun dans lequel ils doivent exercer leur solidarité. Beaucoup d’intérêts divergent entre les différents pays européens. La Grande-Bretagne tourne sont regard vers le Commonwealth, tandis que l’Espagne est attirée par l’Amérique latine. L’Allemagne et la Grèce entretiennent avec la Turquie des relations complètement opposées. La Pologne, enclavée entre l’Allemagne et la Russie, l’Italie au cœur de la Méditerranée, ou la Norvège postée au grand large et regorgeant de pétrole, n’ont pas les mêmes intérêts. Mais l’Europe est un espace naturel, une communauté d’intérêt, dans lequel les différents pays ont avantage à collaborer, malgré de flagrantes différences.

Dans son argumentaire fondé sur les acquits communs et intitulé "L'espace naturel européen", l'Alliance place avec juste raison l'indivision civilisationnelle en quatrième position, après la proximité géographique qui aujourd'hui est secondaire (ex. DOM-TOM), la proximité des niveaux de revenus chère à Maurice Allais mais qui n'est pas réalisée en Europe occidentale. En effet, le creuset civilisationnel est le maillon faible de la stratégie anti-turque, car volens nolens les Turcs et la cavalerie arabe ont beaucoup impacté ce domaine dans leurs conquêtes européennes en forme de pince, de l'Espagne aux Balkans, sauf à déclasser la péninsule ibérique en Afrique de l'extrême nord et à mettre les Balkans en Barbarie.
In cauda, reconnaissons quand même que le Kosovo de la Chrétienté est justement cette Asie mineure que M. Sarkozy, qui séchait beaucoup de cours au lycée, exclut de notre sphère d'intérêts sans trop savoir pourquoi sur le fond ! C'est justement sans fond. Les tonnes d'arguments pour et contre s'équilibrent.

L'Alliance Royale refuse donc la Turquie à un motif assez subtil : l'image que le reste du Monde se fait de la vieille Europe n'inclut pas la Turquie qui est classée au Moyen-Orient, même si cela agace les Turcs qui ne le veulent pas ! Pour préservez une image consistante aux yeux des autres mondes, il est contre-productif d'agréger à la péninsule européenne l'Anatolie de M. Erdogan même si l'héritière de la Sublime Porte occupe encore notre bonne vieille Thrace orientale. Les Byzantins ne pouvaient imaginer l'énorme responsabilité de leur décadence.
Le coup de l'image internationale est assez rusé. Imaginez-vous Jaguar faire des camionnettes ou Petrossian mettre son caviar en pack de yaourt par 16 ?
Et bien, c'est pareil pour l'Europe occidentale : même bourrés, les noceurs ne se massacrent pas jusqu'au score de 44 morts ! C'est bien la preuve. Non ?

Clic : programme européen de l'Alliance Royale.

Oktoberfest

Note (1): l'Allemagne compte 2,5 millions de Turcs (à 20% kurdes) dont 0,5 million ont été naturalisés. Les liens économiques entre les deux pays sont très forts malgré la distance, l'Allemagne représentant 13% des importations turques et achetant 19% des exportations turques. Les flux financiers et les investissements industriels allemands en Turquie concernent environ 2700 entreprises teutonnes, certaines très grosses comme Daimler-Benz, Badische Aniline ou MAN. Les chemins de fer turcs sont de construction et technologie allemandes.
Note (2): le nudisme est né sous Guillaume II qui prisait les combats de lutte gréco-romaine de jeunes gens en slip. Ce "naturisme" est spécifique aux Allemands. Le tour-opérateur OssiUrlaub a des vols "nudistes" à son catalogue de voyages.




ADDITION du 14 mai:


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