lundi 10 août 2020

Don Juan Carlos au pays de l'Or noir


Dans l'affaire Juan Carlos, il y a les interprétations, l'accusation et la défense aveugles, et il y a les faits. Deux sont sûrs et posent problème plus qu'on ne le croit à tel point que même en Espagne ces questions ne sont pas réellement creusées pour l'instant après la fuite à Varennes du roi émérite.

Les cent millions de dollars signalés par la Justice suisse sont apparemment des retro-commissions balladuriennes puisqu'il n'est pas imaginable que le roi ait été remercié par les Séouds pour avoir pousser à la roue du TGV séoudien. Normalement ce devait être l'inverse. La question est donc : que récompensait la monarchie séoudienne avec cent millions de dollars à titre personnel et discrets ? D'autant que le roi n'était pas connu pour faire des affaires, même s'il œuvrait régulièrement à la promotion d'accords commerciaux à l'étranger, surtout en Amérique latine (récupération de l'économie argentine) et sur le Machrek arabe (Maroc, Algérie, reconnaissance d'Israël très tardive en 1986). Alors j'émets l'hypothèse à vérifier que la maison des Séouds a remercié le roi pour son soutien dans l'ouverture de l'Espagne aux wahhabites dont les imams salariés du Golfe prêchent dans des mosquées financées par les pétro-monarchies, sans parler des salles de prières salafistes éparpillées un peu partout où l'on éduque les paumés aux rites médiévaux. Le retour de l'islam en Espagne date de l'époque franquiste quand des accords formels ont été passés avec la communauté musulmane résidente dans les années 60, pour croître ensuite sous Juan-Carlos Ier qui vit s'édifier de magnifiques mosquées, à Madrid et sur l'ancien territoire d'Al-Andalous, toutes financées de l'étranger. Cf. la Wikipedia des mosquées espagnoles. Disons en passant que leur architecture est soignée pour être raccord avec les splendeurs architecturales du califat historique, et que toutes ont érigé un minaret de grande hauteur. Ajoutons aussi que la Commission islamique espagnole serait entre les mains des Frères musulmans par procuration ; mais on ne prête qu'aux riches.

Mosquée King Abdul Aziz al Saud de Marbella


Le second fait est l'atterrissage du roi émérite à Abou Dhabi et déjà son refus d'en bouger. S'il est sûr qu'aujourd'hui pour cent millions t'as plus rien, cela n'empêche pas d'avoir un mandat d'amener international exécutable dans la plupart des pays prétendument démocratiques. L'Amérique latine, un temps pressentie - la presse allait donner le numéro de la rue où Juan-Carlos se cachait en République dominicaine - l'Amérique latine donc était-elle à l'abri d'une procédure ? Les choses changent à chaque élection/révolution et le bain culturel ne compense pas l'angoisse d'Interpol. Par contre les pétro-monarchies du Golfe persique mettent à l'abri leurs riches amis sans qu'ils n'aient plus rien à craindre.

Ce billet ne tient aucun compte des spéculations sur la mésentente des familles au palais de la Zarzuela, sur l'accord tacite ou explicite du président du gouvernement, pas plus que des affirmations de Corinna Larsen zu Sayn-Wittgenstein (atchoum), amie de cœur du vieux paillard et mère de toutes les salopes à soixante briques la passe (c'est exagéré).


Si Don Juan Carlos s'est fait entôler par une croqueuse de diamants, on peut attendre la suite le sourire aux lèvres. Si les cent millions séoudiens rémunèrent l'accès des idéologues wahhabites à la communauté musulmane espagnole, c'est autrement plus grave, à la fois moralement en pays chrétien, mais surtout à gérer par la Fiscalia de Madrid ! Ça ne fait peut-être que commencer quand la Casa Real a pu croire un moment que l'exil étouffait les développements dangereux pour le couple titulaire actuel. Mais ce n'est pas gagné si l'on sait qu'un Centro de Investigaciones Sociológicas a fait un sondage en mai 2020, avant donc la fuite à Varennes. La république l'emportait de justesse à 51% mais la monarchie n'arrivait pas à convaincre plus de 34% des sondés (source HispanTV). On était en mai ! On imagine aisément que la fracture s'est creusée depuis la nouvelle de l'exil rocambolesque à Abou Dhabi. Aujourd'hui 55% des Espagnols voudraient qu'un référendum tranche la question du régime et 35% jugent que la monarchie pose problème (source N&R). Il faut que 2/3 du parlement espagnol approuvent le lancement d'un référendum ; reste à calculer finement de qui serait constitué le tiers réfractaire et bloquant. Mais l'appétit de nouvelles prébendes républicaines peut faire basculer les indécis au motif de "faire trancher le peuple" pour encaisser les bénéfices bourgeois. Nous terminerons par une motion de soutien au roi Felipe VI et sa charmante reine qui se donnent à fond depuis le début de leur règne pour perpétuer la monarchie de Bourbon en Espagne, dynastie régulièrement exilée depuis Carlos IV. Vive le roi !


L'Alhambra de Grenade et la Sierra Nevada au fond

Semer le roi à tout vent !

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Ensemencer l'opinion à l'idée du roi fut le leitmotiv de Royal-Artillerie dès sa création en 2005 (À Propos). L'idée n'est pas d'hier, de grands esprits sous la Révolution recommandaient de ne jamais cesser d'évoquer le roi pour que ne disparaisse pas la monarchie dans l'esprit populaire. Ce travail patient et la fureur sanglante des alternatives a conduit à la Restauration monarchique de 1814 pour revenir à l'état de paix, l'année suivante, jusqu'à ce que l'oligarchie d'alors se sente débinée et retrouve le goût du pouvoir, juchée sur les épaules d'un peuple au labeur, éternel cocu de l'histoire. Ce fut la monarchie de Juillet avec le roi des bourgeois, préoccupé par sa survie et soupçonneux de tout. Il gouverna ce pays pendant dix-huit ans en louvoyant autour du juste milieu sans réel affect populaire et, bien que fondé de pouvoir de la Forge et de la Banque, le couple royal finit par s'enfuir jusqu'au Havre sous le nom de Mr and Mrs Smith. Nous ne militons pas pour revenir au roi de Juillet ! Entendons-nous bien, si la démocratie en action a parfois sauvé la nation comme en 1848, son honneur en 1870 ou son avenir en 1958, l'infantilisme chronique du corps électoral français qui, unique en Europe, gobe tout et n'importe quoi, nous a conduit de revendication sociale en revendication sociétale au désordre actuel, qui n'est que les prémices du désastre annoncé par un virus de rien du tout. Ce n'est sans doute aucun pas par la démocratie que ce pays se relèvera. On a fait le tour de la question et ses pouvoirs semblent sous-calibrés rapporté à l'enjeu qui n'est pas moins que la survie de la nation française... dans le plus beau pays du monde mis à sac par une élite corrompue. Il faudra autre chose que la palabre parlementaire ou cantonale (démocratie directe) ! Quelque sorte de dictateur à la romaine, nommé pour le temps nécessaire à nettoyer la merde des écuries républicaines. Faudrait-il encore savoir préparer la nation au sursaut ! Nous en sommes loin.
Dans une vidéo conduite par Kévin Primero l'an dernier, Yves-Marie Adeline revient sur son essai d'acclimatation du roi en France à travers une précampagne électorale dans laquelle il avait réussi à entraîner l'Alliance royale, son parti. On sait qu'il a payé de sa poche pour vérifier son intuition, et sortir du bois lui a coûté cher et pas seulement en argent mais aussi en considération des autres chapelles de la contemplation. Pensez donc ! il n'avait pas déclaré de prétendant en douane ! Rien que pour cela il mérite notre attention :


Comme il l'a avoué par la suite au moment de rendre son tablier, les Royalistes ne l'ont pas suivi. A diverses raisons ils n'ont pas cru au canal électoral pour faire la propagande du roi, au motif éternel de ne pas se salir les idées ; et ceux qui bougeaient encore dans le microcosme se sont réfugiés dans les abonnements de presse et la lecture des blogs morts (dont celui-ci) en guise de militance. Quelques excités s'étripent encore au nom du roi sur de rares fora, à nul effet. On crie parfois, on écrit sans être lu (ici aussi), on affiche en sauvage dans les rues sans déranger le chaland qui passe. Celui que je vous propose ci-dessous maintenant a fait un bilan d'exploitation de l'agit'prop royaliste. Adrien Abauzit présente rapidement le catalogue de ses recommandations pour hâter le retour du roi, à commencer par la lessive mentale des esprits pollués par les mille et une idioties colportées par le clergé républicain et ses maçons. On l'écoute et on en parle :


Parmi les terrains en culture, il cite et commence par le « concept ». C'est peut-être le problème bloquant. Le peuple français ignore ce qu'est la monarchie qu'il se représente plutôt sur papier glacé n'ayant d'autre compte à lui rendre que sa popularité auprès des influenceurs cathodiques. Et ce ne sont pas les nouveaux surbronzés, échappés de monarchies dictatoriales, qui aideront à tordre le bras à cette idée fausse. Les avantages de la monarchie nationale ne se découvrent qu'en l'opposant à la démocratie d'étage national. Garante des libertés de premier échelon, elle gouverne l'Etat le moins susceptible d'enfler par intrusion dans la société civile qui heurte les libertés basses. Le temps long que donne la permanence en haut peut encadrer un projet d'envergure, quand la démocratie est un combat incessant où les vaincus d'aujourd'hui renverseront demain leurs vainqueurs pour s'en repaître. L'intérêt général n'existe pas sauf à travers le prisme partisan ; il n'y a personne au-dessus de la mêlée - on sait tout ça... Depuis l'instauration du quinquennat, nous vivons le renversement démocratique perpétuel parce que l'impermanence autorise l'espoir de tous les chefs de parti de gouverner un jour, même par surprise, afin de s'établir socialement avec leur famille. L'envie proudhonnienne est à son comble ; à moi, à moi, à moi, c'est mon tour ! Même de flamboyantes nullités, à voir que plus cons qu'eux ont réussi, y croient. Brisons-là notre mauvaise humeur.

Plus difficile pour le peuple des Bronzés, le « concept » monarchique traditionnel est architecturé sur la transcendance qui relie le roi à l'autorité du Christ, ce qui a généré cette idée de droit divin que certains ont pris pour la libre-pratique de toutes les turpitudes imaginables. Les bons auteurs sont illisibles par le populaire - essayez vingt lignes de Jean Bodin - un digest de saint Thomas d'Aquin serait-il une vulgarisation utile en trente pages ? Tentons le De regno ad regem Cypri, traité politique à l'attention de Hugues III d’Antioche-Lusignan ? C'est mieux que Le Prince de Machiavel mais l'existence évidente de Dieu au XIIIè siècle est-elle évidente de nos jours encore ?Non, et pourtant toute la charpente monarchique occidentale repose sur cette phrase du De regno : « Il faut que tous les rois du peuple chrétien soient soumis au pape comme au seigneur Jésus-Christ lui-même. En effet, ceux de qui dépend la responsabilité des fins antécédentes doivent être soumis à celui dont relève le soin de la fin ultime et être dirigés par son autorité ». Le premier ordre du royaume serait donc le clergé ! L'agnosticisme généralisé des peuples d'Occident va l'interdire et débander les rangs du roi transcendantal, même si un nouveau contrat social proche de la doctrine sociale de l'Eglise a ses chances dans la situation de désarroi des laissés-pour-compte qui forment une majorité des habitants de ce pays, à en croire les scores de soutien aux Gilets jaunes au début de leur insurrection (84% au plus haut fin 2018). Mais remettre le clergé aux affaires ne se discute même pas. Ce qui ne doit pas empêcher la rechristianisation du pays qui ne peut nuire, sauf à importer chez nous tous les astro-physiciens du royaume de Saba ! Mais par qui alors ? L'Eglise du pape François se bride d'elle-même. Relever le défi monarchique en commençant par la religion est un tunnel bouché. Il faut faire autrement.

M. Abauzit cite dans son message « la république des Lumières » et la « France réelle », vieux slogan maurrassien celui-ci, qui opposait le fonds réel du peuple français aux pouvoirs usurpés par l'Etat légal au moyen de la supercherie démocratique. Le gros problème aujourd'hui est que les Lumières en leur temps ont produit chez leurs disciples une loi d'acception et référence universelles qu'on appelle Déclaration des droits de l'homme. Et ça, il n'est pas né le tribun de préau qui chevauchera le taureau fou de leur suppression ! On peut faire une thèse de quatre cents pages sur la nocivité des "droits", il n'empêche qu'ils sont gravés dans le marbre pour l'éternité comme les Dix commandement du Sinaï, et qu'il faudra accepter que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Quant au "pays réel", c'est un pays rêvé, inaccessible étoile ! Les révolutions agraires et industrielles d'après-guerre, couplées à une immigration de masse, ont durablement chamboulé notre société, ses codes, ses coutumes au péril de notre civilisation. Le pays réel n'est plus celui de Charles Maurras. Par contre l'Etat invasif actuel, que Maurras appelait Les Bureaux, doit être combattu par tous les moyens et ramené à l'intérieur du périmètre régalien où il doit être purgé d'abord et renforcé ensuite. Tous les autres domaines publics doivent être purgés des normateurs, bureaucrates et autres curés du progressisme social et anthropologique, carrément, et quoiqu'en disent les gnomes de Bruxelles ou les juges de la Cour européenne des droits de l'homme ! Nous ne sommes ni Hongrois, ni Polonais à qui l'histoire n'a cessé de répéter où faire. Va-t-on à l'anarchie de la démocratie d'opinions, changeantes, fluctuantes ? Dans Le Père Goriot, Vautrin déclare : « il n’y a pas de principes, il n’y a que des événements ; il n’y a pas de loi, il n’y a que des circonstances : l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S’il y avait des principes et des lois fixes, le peuple n’en changerait pas comme nous changeons de chemise ». Bonjour le bordel ! Nul n'a su réguler l'anarchie même si le libéralisme à outrance finit pas porter de beaux fruits comme l'anticipe l'Ecole autrichienne d'économie, mais aux dépens de qui ? Du peuple, toujours ! Or disait Pierre Boutang, « le droit du prince naît du besoin du peuple ». Il faudrait donc "prouver" que c'est le régime de la monarchie qui répond le mieux au besoin du peuple. Et quoiqu'en pense Balzac, le peuple a besoin de principes, les gilets jaunes des ronds-points étaient des gens à principes. La monarchie a les siens ; reste à les vendre.

Sans doute est-il présomptueux de vouloir propager l'idée d'une royauté traditionnelle de droit divin, donc transcendée. Alors commençons par la monarchie stricto sensu. Sans opposer les deux concepts monarchie et royauté - le second peut découler du premier en cas de succès - on peut les distinguer. Le monarchisme privilégie une loi de gouvernement des hommes dont la pertinence est rationnellement démontrée ; le titulaire de la charge n'a besoin que des qualifications réclamées par l'emploi, qui d'ailleurs peuvent être très exigeantes selon la situation du moment. C'est le but à atteindre qui importe. Tandis que les royalistes es qualité reconnaissent la transcendance (le roi est second en tout dans un souci de tempérance du despotisme naturel du prince) et ils enferment le titulaire dans un corset de prescriptions aux origines souvent floues mais d'acception commune chez eux. Chaque pays a son propre corset royaliste alors que le principe monarchique est universel. Sans remonter aux ancêtres, les deux penseurs contemporains de la monarchie sont le professeur autrichien Erik von Kuehnelt-Leddihn (†1999) et le professeur allemand Hans-Hermann Hoppe (Démocratie, le dieu qui a échoué).

Les difficultés de tous ordres sont telles dans le retour du roi en France que je privilégierais l'approche technique plutôt que l'approche par les rogations et les flagellations. Laissons de côté pour l'instant le vitrail magnifique et démontrons la supériorité technique de la monarchie dans le gouvernement des gens, comme le font les deux auteurs précités, et opposons-la aux déficits d'intelligence du régime actuel qui ne survit que par sa voracité à contraindre tout un chacun à lui confier sa vie et ses pensées. Laissons de côté la transcendance quitte à y revenir plus tard. Lundi prochain commence le soixante-sixième Camp Maxime Real Del Sarte de l'Action française près de Roanne. On va y reconstruire un Etat nous dit le programme. Prions le Ciel pour que celui-ci soit un jour fort en l'essentiel et débandé pour tout le reste, afin que fleurissent partout ces libertés basses qui nous manquent tant ! Au fait, la Saint-Barthélémy c'est bien le 24 août ? Entre le 4 qui abolit les privilèges et le 24, il y aurait de quoi faire !



Cépatou mais pour Roanne, faudrait s'y mettre !

lundi 3 août 2020

Voyage, voyage...


Tous privilèges abolis demain, partons libres au nouveau monde savourer un espace illimité. La voie mythique des temps modernes est la Route 66 qui relie Chicago à Santa Monica sur l'Océan pacifique en 2278 miles. La Wikipedia nous explique tout ça très bien, je fais un don et vous cliquez ici. La meilleure façon d'avancer reste la moto entre copains copines pour ressentir la camaraderie indépassable du biker américain ou du motard français en club. Un clin d'œil aux choppers et... roulez bolides ! On redevient sérieux dans huit jours.




casque motard US

lundi 27 juillet 2020

dimanche 19 juillet 2020

Sur la plage, abandonné !


- Carnon -

Rupture mentale d'obsessions... scrutant l'horizon au-delà de la mer.




Bonnes vacances à tous !



Blanc de Villèle

jeudi 16 juillet 2020

Programme du CMRDS 2020

La Restauration nationale - Action française a édité le programme du camp de formation Maxime Real del Sarte (CMRDS), réservé aux étudiants, lycéens et jeunes travailleurs (15-35 ans) près de Roanne du 16 au 23 août prochain (dans un mois tout juste).

Royal-Artillerie le diffuse tel quel, avec quelques ajustements typographiques.
Tout ce que vous vouliez savoir sur le CMRDS sans jamais oser le demander est ici, et cette année, c'est du lourd, qu'on en juge !


Quinze conférences magistrales


JUSTICE
  • La Justice au cœur du régalien par M. Henri Bec, magistrat honoraire, président de la Restauration nationale
  • Au service du droit par Me Benoît Dakin, avocat honoraire du barreau de Dieppe
  • Justice, droit et politique par M. Frédéric Rouvillois, agrégé de droit public
SANTE
  • De la Providence à la Sécurité sociale par M. Pascal Cauchy, Secrétaire général du Comité français des sciences historiques de Sciences Po
  • Au cœur de la santé publique par le docteur Dominique Soyris, psychiatre
  • L’Etat : un “hôpital général” par M. Philippe Mesnard de Politique Magazine
SECURITE
  • Histoire de la sécurité extérieure par le général Jean-Marie Faugère, Lieutenant pour la France de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem
  • L’Afrique et les nouvelles tensions par M. Bernard Lugan, maître de conférences des universités
  • Actualité de la sécurité extérieure par M. Charles Saint-Prot, docteur en sciences politiques
FINANCES ENSEIGNEMENT

Dix-neuf cercles d’études

  • Le libéralisme par M. Antoine de Crémiers
  • L’empirisme organisateur par M. Charles Laroche
  • Clavel l’inclassable par M. Gérard Leclerc
  • La question européenne par Christophe Réveillard
  • La démocratie par M. Adrien Molin
  • Le compromis nationaliste par M. Luc Compain
  • Le royalisme et la Résistance par M. Francois-Marin Fleutot
  • Y-a-t-il un “cas corse” ? par M. Marc Savina
  • Les valeurs républicaines par M. Adrien Molin
  • La politique naturelle par M. Sernin Métayer
  • L’AF et la question sociale par M. Jean-Pierre Deschodt
  • Être journaliste en France aujourd’hui ? par M. Paul-François Paoli
  • Le nationalisme intégral par M. François Marcilhac
  • Le quadrilatère maurrassien par M. Charles Laroche
  • Géopolitique par M. Jean-Yves de Cara
  • La monarchie marocaine par M. Charles Saint-Prot
  • "Politique d’abord !" par M. François Marcilhac
  • Le populisme par M. Stéphane Blanchonnet
  • Pierre Debray par M. Philippe Lallemand

Quatre ateliers pratiques au choix !

  • Atelier dialectique
  • Atelier graphisme
  • Atelier video
  • Atelier de media training et relations presse
* Sport * Camaraderie

UDT 2020

Samedi 22 août, Université d’été ouverte à tous ! Journée de réflexion ” La cause du peuple “ sous forme de tables rondes : militants, adhérents, sympathisants ou simples curieux ? nous vous attendons ! 20H : Banquet camelot ! Infos pratiques et tarifs sur le site de l'Action française (clic). Reste un mois à languir avant de kicker la machine !
motarde en cuir

dimanche 12 juillet 2020

Action française, de l'antisémitisme au sionisme, une trajectoire inouïe

Avertissement. Ce 12 juillet on peut commémorer la mort du capitaine Alfred Dreyfus en 1935 ainsi que l'arrêt de cassation du jugement qui le réhabilite un 12 juillet également, en 1906. C'est l'occasion pour le piéton du roi de placer un article longtemps retenu, qui devait répondre aux accusations d'antisémitisme visant régulièrement l'Action française de la haute époque dans le milieu journalistique. Je demande pardon à ceux qui ne soupçonnaient pas cette trajectoire intellectuelle et en seront meurtris dans leur intime conviction de la culpabilité de Dreyfus !

Le chef de bataillon Alfred Dreyfus en 1934


C'est une affaire controversée que l'antisémitisme de l'Action française et on a beaucoup écrit sur le sujet, les tenants de l'antisémitisme d'Etat réfutant laborieusement la thèse de l'antisémitisme pavlovien du premier parti royaliste. Tous les arguments pour et contre existent dans l'océan de la production Action française de la haute époque (1899-1945) mais jamais au même moment. L'antisémitisme instinctif du Chemin de Paradis a muté, il s'est usé par le frottement des personnalités du Tout-Paris parmi lesquelles figuraient autant d'israélites et de convertis qu'aujourd'hui*, jusqu'à devenir une posture comme l'écrivait Bernanos d'Hitler, un type qui avait "déshonoré" l'antisémitisme par sa vulgarité. S'inventa à la fin l'expression précitée d'antisémitisme d'Etat, porte de secours offerte par les quatre Etats confédérés, qui laissait fermée celle de la dénonciation ad hominem du petit juif de la Rue Pavée.

Ce billet n'a évidemment pas l'ambition de clore le débat mais revient sur le laboratoire philosophique maurrassien que décrit si bien Eric Vatré*, pour montrer quelques bases de l'antisémitisme du martégal, et dans une seconde partie, porte témoignage de la persistance de l'effluve malgré un immense repentir déclenché par l'histoire.

Très tôt chez Maurras, tout ce qui touche à l'hébraïsme participe de la barbarie, même si les communautés israélites s'établirent sur le territoire devenu français depuis l'époque romaine et se seraient facilement intégrées ensuite sur tout le midi sans l'ostracisme du clergé catholique alors tout-puissant. Il n'est pas concevable pour Charles Maurras de mettre sur un pied d'égalité les ordres grecs, le monde hébraïque et le classicisme français. Cherchez l'intrus. L'intrus menace, comme il le fait comprendre dans la RAF du 1/2/1908. Sauver l'Occident (déjà !) des périls jaune (Japon), sémitique (l'Internationale juive) et islamique convoque pas moins qu'une croisade, avant d'endiguer le grouillement des contingents noirs qui vont nous assaillir. Au-delà des arcanes bibliques qu'il apprit à l'école des pères, on ne peut comprendre sa répulsion des juifs si on ignore son refus du monothéisme qu'ils incarnent par l'élection. Peuple élu, peuple dominant. Pour Maurras le Dieu unique est une centralisation hégémonique, totalitaire, et comme il le confiait à Gustave Thibon dans les bureaux lyonnais du journal : « N'est-ce pas plus doux de croire aux dieux sans nombre de la mythologie, depuis Apollon, père des arts, ou Vénus, mère de l'amour, jusqu'aux petits lares qui protègent nos foyers ? un Dieu unique, cette centralisation !»

Le monde hébraïque incarne à la perfection le monothéisme et ses travers, d'ailleurs il est à l'origine de tous les monothéismes. Ne dit-on pas que l'islam est né des pactes passés entre les Bédouins et les Juifs de Médine ? Le polythéisme quant à lui signe l'Europe primitive, et l'Eglise du Dieu seul eut fort à faire pour l'assimiler. Elle inventa la communion des saints qui en fut le succédané gagnant, à voir l'usure des pieds de plâtre de leurs statues !

Le jeune Maurras n'y va pas de main morte sur le nouveau testament en parlant des apôtres comme un "convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie" (Anthinea). Jacques Bainville de son côté moquera la maxime "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît" comme sortie des vapeurs bitumineuses du Jourdain. Frénésie, communisme, anarchie jalonnent les saintes écritures et c'est bien tout le mérite de l'Eglise romaine d'avoir stérilisé le venin des évangiles et l'imbécilité du sermon de la montagne.

Charles Maurras naît au monde philosophique et littéraire parisien dans la compagnie ou le souvenir récent de grosses pointures antisémites telles qu'Arthur de Gobineau (†1882) qui exalte le génie indo-européen, Ernest Renan (†1892) pour qui le judaïsme n'est que du lest dans le christianisme, Edouard Drumont (†1917), talentueux polémiste viscéralement anti-juif et tant d'autres qui ciblent à chacun son tour les grands israélites de la place et les petits fourreurs aux enseignes imprononçables. Charles Maurras en gardera l'empreinte jusqu'au bout, jusqu'à ce cri de dépit à l'énoncé du verdict de Lyon : « C'est la revanche de Dreyfus !» On comprit alors qu'il n'avait rien digéré de la réhabilitation du capitaine juif, et que l'accumulation des malheurs d'autrui avaient sédimenté jusqu'à masquer le fond. Le cri du 27 janvier 1945 faisait remonter le fond. L'Action française ressortait du procès durablement entravée, marquée au fer pour des générations, jusqu'au risorgimento tenté par Pierre Boutang sur une dialectique complètement différente mais peut-être trop savante pour agréger en masse.

Cette veine antisémite produira à jet continu dans tout le pays jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Elle se tarira à l'ouverture des grilles des camps nazis d'extermination quand le monde saura qu'à prendre les mots à la lettre pouvait conduire finalement à la mort industrialisée d'un peuple pour ce qu'il est. Mais il faut être borgne comme la Gauche actuelle pour ignorer que les partis ouvriers de l'entre-deux-guerres étaient antisémites plus violemment encore que les ligues, ne voyant dans la forge et la banque que la main apatride du juif assoiffé du labeur des humbles.

Si l'antisémitisme, explicite jusqu'à l'injure, disparut des interventions et textes du mouvement royaliste d'après-guerre, quoique les expressions "cosmopolitisme" ou fortune anonyme et vagabonde visassent toujours les mêmes, le mépris du juif et la dénonciation des positions indûment acquises continua sous le manteau de la respectabilité, jusqu'à récemment, quand au quarantième anniversaire de la mort de Xavier Vallat (†1972), Haut-commissaire aux questions juives du régime de Vichy, un clash retentissant déstabilisa l'équipe rédactionnelle du journal L'Action Française 2000 par le départ tempétueux de Michel Fromentoux chez Rivarol, et le lancement d'une sorte d'Action française canal orthodoxe menée par Maître Elie Hatem pour continuer d'exalter le souvenir du maréchal Pétain (si si !).

Mais ceci a moins d'intérêt que l'engouement qui, dans le milieu royaliste, naquit dans les années cinquante pour Israël à l'occasion de sa contribution victorieuse à l'expédition franco-anglaise de Suez (1956), les capacités militaires d'une nation étant une valeur importante au catalogue ! La guerre des Six Jours dix ans plus tard en apportera la confirmation. Cette nation savait se battre ! Elle méritait notre alliance.

Le génie de l'Occident et de la race européenne s'accommodèrent alors fort bien des origines bibliques du Déluge puisque nous devenions raccord avec la légende de Japhet, fils de Noé et frère de Sem (la tige d'où poussera le rameau abramique) et de Cham qui peuplera les pays de la Mer Rouge. On verra sur cet axe des intellectuels comme Pierre Boutang et des chevaliers comme Serge de Beketch. Dans un droit de réponse au mensuel de la Restauration nationale, Le Bien Commun, Olivier Véron dénonce l'antisémitisme rampant d'un rédacteur sous couvert d'antisionisme. Le contre-feu est assez étonnant parce qu'il lie les deux concepts de manière aussi adroite qu'érudite, reprenant l'amalgame officiel du CRIF :

« À quoi bon étudier ou prôner l’histoire, les lettres, la philosophie et même la Politique et prétendre en maintenir le vague prestige parmi les lecteurs perdus de l’Action française si c’est pour leur ôter définitivement le goût ou le flair, avec des remugles d’Égalité et Réconciliation ? »

Vient ensuite la volée de bois vert sur le dos d'Olivier de Lérins que l'on pourra déguster ici. Pour vous la faire courte, mais le texte mérite d'être lu jusqu'au bout, Israël défend sa peau au bout du fusil sur la terre que Dieu lui a donnée avec tous les moyens que réclame la disproportion des forces engagées sur zone, quand les penseurs nationalistes français déclament par monts et salons en conférences qu'il faudra bien un jour gagner le pouvoir par tous moyens même légaux en évitant soigneusement d'en saisir aucun ! C'est vache, mais que dire d'un mouvement échoué sur la grève des hésitations depuis cent vingt ans. Olivier Véron en remet une fine couche vers la fin de son pamphlet :
« Est-ce que vous condamnez moralement la résistance désespérée mais belle menée par Bar Kochba et qui s’acheva dans le carnage des suicides de Massada, en un tragique défi de la liberté à la Rome impériale ? Elle a pourtant servi de précédent aux révoltes "inutiles" du ghetto de Varsovie et de plusieurs camps de concentration nazis, et elle sert encore d’ultime avertissement à tous les soldats israéliens qui jurent "plus jamais ça". Car l’efficacité de cette question pour les défis du XXIe siècle est évidente, mais ce sont les élèves officiers d’Israël qui l’étudient dans le tremblement des écoles de préparation à l’endurance et à l’intelligence bibliques et militaires ». Et de terminer sur les vingt-huit rois d'Israël qui se tiennent debout sur la façade de Notre-Dame de Paris.

Roger Peyrefitte insère dans l'ouvrage cité** plus bas la dialectique fondamentale de notre bel Occident : « Les juifs sont les épices, le grain de sénevé, le ferment indispensable du monde chrétien. Israël nous prouve que le monde chrétien est encore plus indispensable aux juifs pour épanouir leurs qualités »

L'antisémitisme d'Action française est officiellement mort, emporté par l'histoire des scandales monstrueux du XXè siècle, bien qu'il persiste en bruit de fond dans la société française, et maintenant à l'extrême-gauche surtout, en soutien des revendications palestiniennes. Si ce n'est plus un "marqueur" pertinent de la mouvance d'Action française, les rédacteurs qui se réclament de cette école de pensée devraient quand même faire attention à ne pas laisser déteindre une humeur trop vive, voire justifiée, à l'endroit de telle ou telle personnalité de confession ou d'origine juive, parce que la critique comme la banque ne prête qu'aux riches.

Ceux de nos lecteurs qui descendent de camelots du roi connaissent l'antisémitisme transmis dans leurs gènes intellectuels. Il est très difficile de s'en défaire, et des réflexes peuvent trahir inopinément le fond de leurs convictions. Il est un bon remède à cela pour casser la malédiction : se faire un ami juif. Ça marche !


Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! (psaume 137 des vêpres catholiques)


*Charles Maurras, un itinéraire spirituel (Nouvelles Editions Latines, 1978)
**La meilleure sociologie des juifs de France se trouve dans Les Juifs de Roger Peyrefitte, Flammarion 1965

lundi 6 juillet 2020

Petit break !

Je me suis fait passer un savon par un fidèle lecteur du Zimbabwe qui moque ma prétention à savoir tout ce que le ministre des affaires étrangères d'Harare ignore. Damned, i was behind Rhodesia ! et ça se sait. Après quoi j'ai mis Patricia Kaas dans le mange-disque, D'Allemagne, (c'est perso... ils étaient réfugiés des Sudètes, elle avait les mêmes yeux avec des reflets fugitifs verts, les joues creuses, son père était nazi, elle voulait apprendre le français, je m'improvisais professeur, nécessité fait loi), le tout ce soir avec un double Monkey Shoulder sans glace :



Plus sérieusement... non, pas ce soir ! Royal-Artillerie n'est pas un blogue d'épanchement, certainement une thérapie gratuite pour le Piéton, mais il pense à votre place, il sert le bon sens à la louche, il n'est pas convenu, ni royal mainstreet. Ici on aime des gens que d'autres détestent et vice versa sans motif sérieux, au feeling, un feeling usé par trois quarts de siècle...

[la suite sur commande spéciale]



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