mercredi 17 juin 2009

Wargame

Sortez sur le balcon le barbecue en fonte, les merguez, le romarin, les oignons roses, quelques côtelettes premières d'agneau et ces merveilleuses petites tomates en branche, j'entends les F-16 de Tsahal qui approchent, le repas sera vite prêt, si vous habitez Téhéran.
président iranienLa réélection obligatoire de Mahmoud Ahmadinedjad par les Ayatollahs de Qom oblige à faire bientôt le plein de JP4 sur les bases israéliennes, puisqu'il va falloir se résoudre à incinérer les usines atomiques de la sanglante théocratie. Elle conforte Netanyahou dans sa bunkérisation en refusant le bâton merdeux que lui tend Obama, au simple motif qu'il est le seul bras armé du Pentagone sur zone à pouvoir stopper la bombe chiite. Le sale boulot est pour Tsahal, le vidangeur c'est Bibi. Obama est bloqué. Son discours du Caire n'a eu aucun effet décisif en Iran et l'encre à peine sèche, peut être brûlé dans l'âtre aux utopies. Les Juifs ne veulent pas prendre la bombe atomique sur la gueule ! Le reste est académique...

Les baisés comptez-vous : ce sont toujours les Palestiniens qui encaissent le choc, il n'est jamais temps de les écouter entre deux bombardements. Bill Clinton a attendu l'extrême limite de son mandat pour laisser une trace inutile dans le dossier de Palestine. Georges W. Bush a prétexté la guerre aux terroristes pour imprimer une feuille de route succinte et laisser les parties se débrouiller entre elles en attendant la démocratisation générale du Moyen Orient ! Obama croit en Dieu et aux Bisounours, mais dix jours après l'homélie au croissant, il est mort debout dans le dossier.

Iran airforceLa détermination du pouvoir iranien d'aboutir ne laisse aucun doute. Elle renforce celle du pouvoir israélien de lui couper la route. Ces deux nations se nourrissent l'une de l'agenda de l'autre et vont de conserve comme deux cavaliers de l'Apocalypse. Le pire n'est jamais sûr, encore faut-il être toujours en ce bas-monde pour le dire ! Il vaut mieux d'entrée intégrer le paramètre du pire absolu et assuré : la guerre éclate au Moyen-Orient dans ses modèles conventionnel et asymétrique, et le Golfe persique devient la mer de feu. "Quand" est la seule incertitude.

Abou Dhabi ! Nous y sommes.
frégate US exocetiséeLes accords de défense passés entre la République française et les Emirats arabes unis ne prévoient rien moins que nous jetions toutes nos forces en secours de nos amis attaqués (CLIC). Par qui, on s'en doute un peu ! Des observateurs bien informés relèvent la précarité de notre ancrage au sol dans le Golfe, le peu de pertinence d'une base navale derrière le détroit d'Ormuz et le doublon constitué avec notre grosse base de Djibouti planquée en Mer Rouge. Il y a du vrai. Nous risquons effectivement d'être impliqués au premier jour dans le conflit arabo-persique ouvert, et il est temps de nous y préparer et d'y réunir les moyens de contre-attaque majeurs attendus par les Arabes.

Attendus ? Et oui. Nous proclamons urbi et orbi notre retour au front. L'opposition nationaliste française n'a de cesse d'exalter la grandeur de notre nation, l'immensité de nos intérêts et cette vocation universelle unique que nous ne saurions partager ; si j'ai bien lu les experts en grandeur comme le général Gallois. C'est le moment, c'est l'instant, tournez manège ! On va avoir "notre" vraie guerre avec des avions ennemis, des missiles hostiles, des troupes amphibies ennemies, des parachutistes ennemis, plein de trucs sortis des mémoires depuis 1945 !
On a chassé les va-nu-pieds viets, les fells armés du fusil de traite, les nègres en kalash-machette et au moment les égorgeurs talebs en paquets de vingt. Dès lors, plus question de commandos de chasse aux fellouzes dans la vallée d'Uzbin. L'Armée française n'a pas fait la guerre pour adultes consentants depuis 65 ans, si l'on excepte Tempête du Désert, désertée par le ministre français de la Défense d'alors car c'était trop dur pour lui.
On va savoir ce que valent les crédits que nous avons dépensés sur la piste aux étoiles. Nous avons un contigent mexicain d'officiers généraux capable de commander la Grande Armée napoléonienne. Il serait souhaitable pour la santé de notre budget de les mettre devant.

mirage PAFReste la question à dix balles : le Américains seront-ils attaqués en même temps que les Emirats ? Car si nous sommes moralement alliés sur le Golfe, nous ne sommes pas articulés en coalition offensive avec les Américains et les Britanniques, nous partageons seulement les secteurs de patrouille maritime. Peut-être le président de la République va-t-il énoncer la coagulation des forces alliées sur le Golfe lundi prochain à Versailles et rappeler les réserves si l'on veut être à l'heure ?

Et puis, de vous à moi, la guerre est toujours la meilleure sortie de crise, le plus tôt sera le mieux. En 39, elle avait déjà trop tardé. Pensez : destruction de la Dette par celle de l'épargne, rénovation générale de l'économie, nationalisation de l'effort de reconstruction et réédition des codes et modèles sociaux. La retraite à 100 ans ! P... taing, je cours à Aubagne !

videogame


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mardi 16 juin 2009

Débriefing Européennes

bulletinsDemain soir 17 juin, le bureau politique de l'Alliance Royale fait son débriefing des Européennes au centre Saint-Paul*. Présente dans six circonscriptions sur les huit ouvertes au scrutin, l'Alliance a ramassé 4244 voix. On peut raisonnablement penser qu'avec le Grand Sud-Ouest et le Nord, elle aurait presque fait 6000 voix, ce qui n'est pas beaucoup mais dévoile quand même que 6000 roycos ont (ou auraient) téléchargé le double bulletin sur Internet, l'ont (ou l'auraient) glissé dans leur poche sans le chiffonner, puis dans l'enveloppe officielle du scrutin à l'abri des regards. Quand même !...
Note (*) : RV avant 20h au 12 rue Saint-Joseph à Paris 2°, M° Bourse ou Sentier

Il est très difficile de projeter un résultat si les moyens financiers du parti lui avaient permis d'imprimer bulletins et professions de foi. Nul doute quand même qu'il serait devenu visible par l'Opinion dans deux ou trois circonscriptions.
Royal-Artillerie a apporté son soutien à cette démarche de notoriété, tout comme le Groupe d’Action Royaliste de la Croix des Petits-Champs, les Etudes Politiques Françaises, le site La Couronne, la webradio Fréquence Royaliste, les sections locales de la RN et du CRAF qui ont collé et tracté d'abondance, jusqu'au Parti de la France de Carl Lang dans les régions où il n'allait pas.
Royal-Artillerie prend sa part de l'insuccès et fait son propre débriefing.
Le parti-pris du blogue avait été de lancer des billets sur les questions européennes et d'approcher en réponse le miroir de l'Alliance royale, car il n'était pas sûr qu'un déroulé officiel des positions soit efficace. Certaines critiques ont été portées contre le programme pour soutenir l'intérêt. On peut dire au vu des chiffres de fréquentation donnés par Sitemeter pour cette période que le procédé à la limite du subliminal a foiré.

Deux remarques adressées à l'Alliance :

Dans une campagne électorale, pour que l'électorat soit "bon public" il faut jouer le jeu et donner toute la représentation de la pièce. Le programme, très critique, était bien trop succint, si tant est qu'il en fut un, et résumé à un plaidoyer pro domo. Il fallait aller au bout de l'épure et sortir quelque chose comme les 69 positions de Marielle que j'avais exemplifiées, mesurer les thons rouges, critiquer les garanties que la BERD accordait à la Hongrie ou prendre parti sur le siège de l'Union pour la Méditerranée. Les rares électeurs qui ont lu quelque chose sur les Européennes n'y attendaient que l'Europe. Sachons ne pas flamber l'axe aux Régionales.

La deuxième remarque concerne les "acteurs" des clips électoraux officiels ou domestiques : je les ai trouvés plutôt bons (image projetée, clarté du discours) dans cet exercice de voltige qui consiste à vanter ses mérites avec la conviction nécessaire, mais dans le cadre d'une critique globale mal assumée car le cadre lui-même est refusé ! Pas facile ! Bravo !

En résumé,
il n'y a pas de vrai gagnant à l'issue de cette démarche de notoriété, sauf dans l'expérience acquise et une remotivation des équipes un peu désorientées par le retrait d'Yves-Marie Adeline.
En revanche, les perdants sont les deux états-majors parisiens d'Action française, qui, après des décennies de propagande, n'ont jamais osé tenter de recueillir l'un ou l'autre, voire ensemble(?), 6000 suffrages dans des conditions techniques de vote aussi scabreuses, alors que le jeune parti AR, né en 2001 seulement, y est parvenu. Combien d'adhérents, combien d'abonnés ? Mystère !
Assises ? Assises !

Dans le paysage royaliste français, vous trouvez aujourd'hui un jeune parti en progression, "fort" d'environ 6000 voix infaisables qui sont autant d'adhérents virtuels, en dépit de l'ostracisme des princes résidents, princes qui ne se compromettent pas dans la cause monarchiste, tout en revendiquant un héritage que le temps a liquéfié.

Tout le monde devrait réfléchir en brisant les tabous qui sont légions :
Que veut-on au final ?
Comment y atteindre sûrement ?
En avons-nous les moyens ?
Comment les augmenter à proportion du défi de l'enjeu ?
Qui commande ?
Qui juge et sanctionne ?
Qui paye ?



Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

lundi 15 juin 2009

Du discours du Caire

ObamaJ'ai relu le discours du Caire. Merci à la Maison Blanche pour l'avoir rapidement mis en ligne. Merci à BFMTV de l'avoir transmis en direct sur nos télévisions. On peut y accéder sur YouTube plus bas. Encore une fois, les médias majeurs, craignant de lasser la ménagère de quarante ans, une conne avérée pour CocaCola, ont réduit l'information à quelques commentaires vaseux qui n'étaient même pas de chez eux. Quand donc les cimetières s'empliront-ils de ces chaînes indispensables ? Voici le discours original de 55 minutes. Si vous en connaissez la teneur vous pouvez zapper et sauter à l'analyse :...


Faisons un sort à l'aisance naturelle du "panelist" pour comprendre comment il a enfumé tous ses concurrents lors des présidentielles : c'est une bête de pupitre, peu de notes, une bonne respiration, des césures souriantes, une prescience de la question détruite par une réponse préalable, un discours structuré et relativement simple. Voilà ! Pour le fond, j'ai bien peur que l'islam ait rencontré son meilleur propagateur en ce sens qu'il allie une puissance de conviction très développée à une puissance financière et militaire hégémonique, ce qui devrait terroriser Bibi Netanyahou complètement à la ramasse dans ses petites revendications de confectionneur. Le Premier israélien fait mine d'oublier que la Maison Blanche peut couper le courant en dix secondes, si elle décide que le Trésor US ne garantit plus les emprunts de l'Etat juif sur les marchés internationaux de capitaux. Mais le vrai sujet est ailleurs puisque Israël ne finira pas le siècle.

Quatre pivots constituent tout le mécanisme du monde wilsonnien selon BHO, le Onze Septembre, la Jérusalem terrestre, la doxa universelle E Pluribus Unum, le péché originel d'Hiroshima. Les quatre pivots sont plantés aux Etats-Unis qui sont le nouveau phare d'Alexandrie éclairant la Terre. A lire ce discours en français, on a parfois l'impression d'entendre un président de l'Empire français chapitrant les Nuls à Phnom Penh ou à Cancun. Nous étions assez forts dans cet exercice grandiose.

twinsOnze Septembre et doxa : Il sait que la rue arabe jusques y compris la bourgeoisie cairote a fêté l'attaque d'al-Qaïda que CNN passait en boucle. Il convient donc de culpabiliser ces déviants sur la base des préceptes pacifiques qu'il a fini par trouver dans le saint Coran. C'est adroit. Confirmer qu'il incinèrera les terroristes et leurs affidés talibans était plus que nécessaire en pays arabe où la force est respectée. Lier le développement à la démocratie est aussi très malin, surtout si l'on évite de le prouver. On retiendra de ce domaine que si tout le monde suivait le schéma politique intérieur des Etats-Unis, le monde entier s'en porterait mieux. Je ne sais pas si c'est "tendance" et lui non plus qui a cité le droit à la différence de deux pays démocratiques ayant réussi leur économie, le Japon et la Corée du Sud.
Le contrexemple est la Chine marxiste du Veau d'Or qui a réussi également mais en dehors de tous critères occidentaux, l'autre la Russie démocratique, riche et tsariste à la fois, qui a échoué.

Jérusalem : La fédération des trois religions du Livre participe d'un schéma simplificateur typique de l'angélisme américain qui s'exprime dans cette énormité : « l’Amérique et l’islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain. » Sans doute parle-t-il de l'islam américain apaisé par ses échecs antérieurs de conversion de la communauté noire. Ces trois religions sont issues du désert et leur modèle vengeur ont illuminé les longues nuit de veille des gardiens de chèvres. Que la loi darwinienne de l'évolution les ait fait converger à Jérusalem ne prédispose pas que ce mouvement engendre aucune paix. L'histoire de chacune, à la fois au sein de son domaine propre que affrontée à sa cousine, accumule d'épouvantables tueries sous le règne de l'Intransigeance sauvage. Si à l'époque moderne et dans l'ordre d'apparition sur Terre, deux sur les trois ont cessé de saigner, on ne voit pas - du moins moi - sur quoi fonder un œcuménisme du Livre tant les doctrines sont antagonistes et les docteurs pour le moins méfiants. Le monothéisme est-il en cause ?

La plus ancienne est du modèle hermétique et se réserve à une élite. Sa "cité terrestre" ressemble de plus en plus à la table de Massada. Sa filleule chrétienne, éclatée par l'exégèse humaine d'une légende merveilleuse, se revendique de la charité et de l'Amour, ce qu'elle n'a cessé d'oublier jusqu'à ce qu'elle soit mise au pli par les pays hôtes, lassés de ses objurgations. Si on ne peut vraiment pas lui reprocher les croisades orientales, il n'en va pas de même des croisades occidentales et de son antijudaïsme endémique qui, mijoté dans des cerveaux détraqués, a fini par s'exprimer dans l'épouvante de la Shoah et des massacres discrets d'Ukraine et Biélorussie en cours d'inventaire.
hijabLa dernière venue dont les drapeaux s'ornent de sabres courbés, est une fabrication maladroite d'un corpus législatif de canons moraux et sociaux destinés à des chefs tribaux qu'il s'agissait d'agréger sous un même sceptre. Le génie des philosophes appartenant aux grandes civilisations résidentes, impressionnés par l'efficacité d'un outil dialectique frustre, a enluminé la doctrine de base, sans nous convaincre. Mais jusqu'à la décadence du XIX° siècle, les fruits furent impressionnants en qualité et dispersion.
Obama prévoit-il un abâtardissement des deux religions de masse qu'il conjugue dans sa propre éducation pour les faire coexister ?

fusees iranHiroshima : Les Etats-Unis sont les seuls à avoir exterminé un population civile au moyen d'une bombe atomique. C'est donc avec une autorité non partagée que le président américain refuse la prolifération ; sans que l'on sache aussi explicitement qu'il le dit pour al-Qaïda, jusqu'où est-il prêt à aller pour parer ce danger. Va-t-il vitrifier Téhéran comme le conseillait Chirac ? Mais ce qui intéresse d'abord les Français est son projet de dénucléarisation des armées du monde. Le président Medvedev l'accepte, et ses négociateurs (Anatoli Antonov) des accords Start 2 - Start² échoit en décembre 2009 - travaillent déjà sur cet axe avec les Américains (Rose Gottemoeller).
Restent cinq puissances atomiques impliquées malgré elles dans les Start : la Grande Bretagne, la France, la Chine, l'Inde et le Pakistan. Les seuls pays qui ne soient pas menacés immédiatement d'une bombe atomique sont la France et la Grande Bretagne. Il est à parier que la pression américaine de l'administration Obama va s'appliquer sur eux deux, au prétexte de ... montrer l'exemple ! Les réponses françaises ne sont pas prévisibles à cette heure. Et il n'est pas dit que, même les derniers à rendre les bombes, nous y trouvions encore notre avantage, tant nous avons dégraissé notre défense conventionnelle.

Nous ne nous étendrons pas sur la question palestinienne. On sait de quel côté sont les terroristes et les voleurs. Des deux. Sans doute lui-aussi le sait ! La menace voilée ne sera pas exercée contre Israël, les prétextes pour y parer seront faciles à provoquer du côté de Tel Aviv. Cette guerre civile israélo-ismaélique ne finira que par un vainqueur, au pays de Canaan. C'est écrit¹ !

Restent les petites questions où le président est sensiblement off limits - à côté de ses pompes - et qui ne méritent pas de commentaires particuliers : le voile, la Turquie, l'éducation des filles dans leur différence.
Au final, le discours est archivable car il servira de référence pendant déjà huit ans.

aleïkoum as-salâm !


Note (1): Gen. XXI, 9 à 14
Note (2): Strategic Arms Reduction Treaty, traité de réduction des armes stratégiques




Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Les Seize Carmélites

livre Apaiser la TerreurLes massacres de la Révolution française furent si nombreux et dispersés qu'on en oublie toujours. Certains furent purement politique par élimination de la faction parlementaire ayant eu momentanément le dessous, d'autres furent de simple vengeange, quand ils ne précédaient pas une récompense foncière, et beaucoup furent motivés par l'apparence, la différence voire l'arrogance des captifs affrontées à l'ivrognerie des sans-culottes, à la sauvagerie de la lie animale du peuple. Il y eut aussi les représailles de guerre, les grandes tueries populaires, mais encore les assassinats faciles gouvernés par la Bêtise. Salut à Toi Dame Bêtise, Toi dont le règne est méconnu, chantait Brel.
Le Carmel de Compiègne fut immolé à la Bêtise.
C'est le 4 août 90 que le couvent fut dissous par ordre de la Constituante. Les carmélites dispersées en ville furent ensuite convoquées à la mairie pour prêter serment, ce qu'elles firent sans difficultés tant leur émoi devait être grand. Ne sachant rien faire d'autre que vivre ensemble de pain d'hosties et de prière, elle formèrent quatre petits groupes distincts en attendant l'embellie. Mais elles avaient quelque chose de particulier :

carmeliteTout part d'un songe. Un siècle avant les évènements, la soeur Elisabeth-Baptiste avait rêvé toute sa communauté en manteau blanc, palme du martyr à la main, chantant les louanges du Très Haut dans un Ciel radieux. Pendant l'année 1792, la mère supérieure proposa à ses filles que la communauté s'offrît en holocauste pour apaiser la colère divine et ramener la paix. Cette démarche sacrificielle invoquant un Dieu terrible était quelque part inquiétante, mais au moins n'impliquait-elle personne à l'extérieur du carmel. La consécration fut répétée tous les jours dans les groupes jusqu'à la délivrance ... attendue de la guillotine.

Dieu était-il attentif ? Au prétexte que, même sécularisées et dispersées, les religieuses avaient reconstitué le carmel, les jacobins de Compiègne les dénoncèrent au Comité de Salut Public, enrobant leur geste d'accusations ad hoc afin d'en finir avec ce "danger" pour la pureté des consciences populaires. On les emprisonna le 22 juin 94 et les filles rétractèrent leur serment de 90 pour ne pas louper l'échafaud.

Trois semaines après, elles étaient transférées à la Conciergerie de Paris. N'ayant rien de plus à perdre qu'éventuellement le Paradis, elles observèrent la règle du carmel et ses heures de prière au vu et su de tous. Le Tribunal révolutionnaire les jugea le lendemain de la fête de ND du Mont Carmel (leur Camerone) et les condamna à mort pour maintes vilénies et pour « attachement à (des) croyances puériles, sottes pratiques de religion » (dixit le président Scellier)! On avait bien touché le fond. Robespierre mourrait dans dix jours !

Misere, Salve Regina, Te Deum et Veni Creator furent entendus tout au long du sinistre cortège de la charrette jusqu'à la place de la Nation, et une par une renouvelant leur voeux monastiques dans les mains de la mère Thérèse de St Augustin, elles montèrent à l'échafaud se faire tuer par la République. Les corps furent jetés à la fosse commune de Picpus. Leur noms sont ici.

Cette histoire éblouissante et terrible inspirera divers ouvrages dont le fameux Dialogue des carmélites de Georges Bernanos.

église St Jacques
Lys de France commémorera le martyre des carmélites lors de sa IV° Route Royale, dont nous vous donnons le programme.

Dimanche 28 juin 2009
11h : Messe au Carmel de Jonquières
12h : Visite de la salle des martyres de 1794
13h : Déjeuner à la Brasserie Parisienne de Compiègne, 17 rue Legendre
14h : Allocution du Pr Jean-Paul Besse sur "Les saintes figures de Compiègne"
15h : Visite guidée du château
17h : Visite de l'église Saint-Jacques avec Jean-Paul Besse
18h : pot d'adieu et dispersion au Pont de Berne, en forêt, à l'endroit même où Louis XVI, alors dauphin de France, accueillit pour la première fois Marie-Antoinette d'Autriche.


Le prix de la journée est de 25€ Tarif et conditions avantageuses sur le site des Lys de France.
S'inscrire au plus tard le 25 juin.

Lys de France
BP 80434
75327 Paris Cedex 07




Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

samedi 13 juin 2009

Un cirque à Rome

KadhafiLe Roi des rois - c'est le titre qu'il a demandé en tant que président en exercice de l'Union Africaine - n'en finit plus de traîner la péninsule en remorque de ses caprices, et dans l'esprit militaire de sa colonellitude il s'est réglé sur le méridien de Greenwich (+2h), juste pour les emmerder.
Le Cavaliere sûr de son agenda diplomatique n'en a cure et montre aux présidents impatients de la Repubblica que l'heure n'est pas à la pendule mais aux affaires.
Aiguillonné par la Lega Nord pour une Pandania sans nègres, il a convaincu le Lion de Tripolitaine de ne plus lancer ses bateaux sur la mer à l'assaut de Lampedusa et de laisser les migrants se noyer dans les eaux internationales pour calmer la colère de Neptune, ainsi qu'en ont fait la démonstration réussie les Australiens en coulant l'émigration indonésienne dans le détroit de Torrès.

Nul doute qu'on trouvera ici de bonnes âmes pour convenir qu'il faut ce qu'il faut, le danger étant incommensurable, de laisser se vider toute l'Afrique en Europe. Ce ne sont pas les bédouins qui les pleureront. Alors qui ?

logo ENIMais Berlusconi n'a jamais les deux pieds dans le même escarpin. Cette posture défensive qui fait aussi la nique aux commissaires européens, cache une offensive économique vers les anciens territoires impériaux qu'il a décidé de réinvestir, la plus belle Italie du monde ne pouvant donner que ce qu'elle a, c'est-à-dire plus rien ! L'idée n'est pas neuve d'ouvrir les usines à bas coûts salariaux sur la rive sud de Mare Nostrum plutôt que d'importer des clandestins pas chers dans les usines péninsulaires. Rien que la création des infrastructures d'exploitation du pays et la construction de logements de masse (il en connaît un rayon le Silvio dans la promotion immobilière) vont ouvrir de multiples chantiers italiens, renforçant par là une présence aussi discrète que significative. L'Italie est redevenue le premier partenaire de la Libye. Elle en importe le quart de son pétrole et le tiers de son gaz, et 52 entreprises de taille nationale y sont implantées.
Derrière le carnaval à destination du peuple inventeur des cirques, il y a des millards de dollars en jeu, agrégés à la colonne vertébrale que représente l'autostrada internationale reliant Ras Jedir, située sur la frontière tunisienne, à Sallum sur sa frontière égyptienne. Et le projet bénéficie d'un "starter" de 5 milliards à titre de dédommagements coloniaux dans le cadre du traité d'amitié de 2008.

Berlusconi
Ex-aequo avec le nôtre, le Cavaliere est le plus agaçant de tous les chef d'Etat européens, mais on ne peut lui retirer le sens de l'initiative, une créativité diplomatique recentrée sur les avantages italiens - de la Géorgie il s'en fout ! - et peu de timidité dans les corrections qu'il inflige régulièrement aux autorités bruxelloises. C'est bien pour cela qu'il a ramassé 35% aux Européennes malgré le scandale médiatique de la Boticellienne du noemigate qui ne l'a pas atteint.
En Italie comme presque partout ailleurs, les électeurs se méfiant des détracteurs le plus souvent planqués dans des fromages publics, ont privilégié les mains aux manettes. Kadhafi aussi qui sait le prix du volontarisme !

Au fait le saviez-vous ? La Libye avait un président de la République, certainement taxidermisé !


vestiges byzantins
Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Rogations syndicales

Aujourd'hui 14:00, tous à la Bastille on l'aime bien, pour le cortège anti-pluie sous le soleil de juin. Nous marcherons contre la Crise, le grand capital, les havanes, Cartier, Airbus et General Motors mais pour la fonction publique, les services publics, la Dette, le Smic et Chenard Walcker - on me dit dans l'oreillette qu'ils sont morts depuis belle lurette - qu'importe, il y en aura d'autres ! Le trajet est détaillé ici.
Le premier arrivé à Montparnasse profitera de l'innocence de Nini Peau d'chien sous la tente du NPA ! La procession sera fermée par les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence de la municipalité et région convergées.
Si vous avez raté les rogations en matinée, sans doute pourrez-vous vous libérer en soirée. Voici la bande annonce :


Grand Pow Wow envoyé par Zappons
pour la CGT, CFDT, CFTC, FSU, UNSA, Solidaires et la CGC

Et lundi, la France laborieuse et démocratique se réveillera rassérénée. Vive la Nation, la grève en marche et les gentils organisateurs uniques au monde dont nous pouvons être fiers !


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

jeudi 11 juin 2009

L'ire de Saint-Flour

vue de St FlourLe petit reître n'est pas assez enraciné¹ pour comprendre que lorsque des éleveurs du Cantal sortent de leurs gonds, il y a péril au château, et de gros risques à la gendarmerie. Ils ne portent pas cagoule comme les Corses ni ne tirent dans le dos, mais franc de face, ils peuvent nuire gravement à la santé de qui se moque d'eux. Au lieu d'encenser l'endive Barnier et sa frétillante houri pour leur succès immérité aux élections européennes, M. le président aurait été mieux inspiré de laisser les combines d'appareil à ses nombreux conseillers et investir de la matière grise dans l'analyse du paysan.

L'averne est "légitimiste", posé, endurant et accepte l'émigration vers Paris comme variable d'ajustement du produit intérieur brut cantalou. Mais par atavisme il sait compter. Recevoir depuis des mois 210€ à la tonne de lait quant elle lui en coûte beaucoup plus, remettre son bas de laine dans le compte-courant du Crédit Agricole pour ne pas être "interdit bancaire", se lever à l'aube par tous les temps et bouffer des rutabagas en regardant passer la limousine du gros distributeur régional, l'exaspère, même s'il n'est pas envieux de nature.
Ceci est vrai pour tout le Massif Central, ses paysans n'aiment pas être pris pour des cons par les monsignores des gangs Leclerc, Carrefour, Auchan et Cie. Ils sont comme du dentifrice : s'ils sortent de leurs exploitations, impossible de les y faire rentrer.

vache rousseMême en l'absence de surveillance efficace de l'Observatoire des Prix et Marges, on se doute bien que la grande distribution se goinfre, au motif que ce qui est pris aujourd'hui risque bien de ne pouvoir l'être demain. Aucun consommateur n'a vu les prix baisser même symboliquement en conséquence de l'effondrement des prix payés au paysan, et dans aucun compartiment, fruits, viande, légumes, laitages.
Mais c'est bien plus qu'une remise à plat des filières qu'il faut engager ; il faut repenser les modèles économiques agricoles de ce pays et se poser la question des quasi-monopoles de distribution de masse dont le gourou médiatique Michel Edouard Leclerc ose passer dans les lucarnes pour vendre sans vergogne sa défense du pouvoir d'achat populaire. Le sermon est génétique dans cette famille !

Glissons, il se trouvera peut-être un détraqué du porte-monnaie pour le faire taire. En attendant, Royal-Artillerie ne va pas se ridiculiser à dérouler un plan de refonte de l'agriculture française, mais offre gracieusement à son distingué lectorat quelques notations.
Tous les éleveurs (porc, vaches, lait) que j'ai entendus craignent d'abord leur banquier, à deux titres : gel des découverts de campagne, défaut sur remboursement de prêts. J'ai noté aussi que dans les calculs de déficits quasi-structurels maintenant, le coût des crédits d'investissement est celui qui fait basculer l'économie de l'exploitation. Les éleveurs sont pris à la gorge à cause de leur sous-capitalisation.

vache blondeL'agriculture démocratique n'est viable que de subsistance et surplus au marché du bourg. Au-delà, le segment économique oblige à disposer d'un certain capital. Et l'on répond depuis 50 ans à cette carence notoire par le Crédit Agricole qui fonde son risque qui est grand sur le foncier de l'emprunteur. S'est-on posé la question élémentaire, Dr Watson ?
Si le Capital ne vient pas dans les fermes - sauf en Champagne ou en Bordelais - c'est que les dividendes sont maigres ou inexistants. Les capacités rémunératrices des exploitations étant faibles, on ne peut s'étonner qu'elles peinent ou défaillent à suivre la banque. L'agriculture démocratique est un vestige du passé, une erreur économique dès qu'on la veut "économique".
L'agriculture n'est pas une entreprise comme une autre. Ses bilans ne se comparent pas au reste des activités humaines. Avant d'en vivre plus ou moins bien, ou pas, elle est patrimoniale, familiale, toute d'enracinement, et la rémunération qui manque au bout de la sueur donnée est simplement la fierté d'en être. Il n'y a que des desouches dans l'élevage, et quelques miséreux d'ailleurs pleins de courage qui reprennent des terres enrésinées pour y creuser leur tombe (quand les autorités cantonales les laisse faire) ! Je n'ai jamais croisé d'éleveur juif sur le Levézou.

vache lait-chocolatTroisième et dernière notation. Les bonnes âmes désignent la qualité comme canot de sauvetage de la profession. Il y a certainement beaucoup à repenser sur les modes de culture et faudrait-il ainsi braver les semenciers et les chimistes qui tiennent la production en amont. Mais la qualité va se fracasser sur le consommateur lambda, le plus nombreux, qui ne recherche que des prix, quitte à plus tard ruiner la Sécurité Sociale pour avoir ingurgité de la merde pendant des lustres ! L'éducation diététique est à faire, peut-être en commençant par les cantines d'écoles et la restauration d'entreprise. Sans une pédagogie soutenue de la qualité, voire du plaisir, la promotion d'une agriculture saine (et de la proximité) est perdue d'avance.

Il est à souhaiter que les affameurs prennent vraiment peur et libèrent ce secteur indispensable à la France.

Note (1): gosse des villes, il avoua un jour à Philippe de Villiers que les clochers, les campagnes de France, tout ça ne lui disait rien.




Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mercredi 10 juin 2009

Africanisation mentale

défilé carnaval nègreCe n'est pas au moment où le vieux sorcier du Gabon rend le paquetage aux esprits de la forêt qu'il faudrait parler de l'africanisation de la France. Et pourtant ! Nous y allons tout droit. Ce n'est pas d'immigration qu'il s'agit, encore moins devrait-on se plaindre de l'immigration noire qui a l'avantage sur bien d'autres de parler la même langue que nous, et d'avoir avec nous une certaine complicité de culture populaire que l'on cherchera en vain chez les Kosovars, les Ukraniens, les Roms ou les Biélorusses qui se pavanent dans nos rues la sébille à la main ! Il s'agit de l'africanisation des mentalités de nos élites.
Tous les Africains qui accèdent aux études supérieures veulent devenir experts-comptables, avocats, banquiers, hauts fonctionnaires, voire traders en blanchissant ! Il s'en trouve si peu qui aient la fibre industrielle voire seulement entrepreneuriale que je n'en connais pas. Et ce n'est pas faute d'en avoir maintes fois cherché dans mon bizness. Autour de moi, les générations montantes françaises sont dans le même train que les Africains, à privilégier les salaires vite promis, Rolex et RayBan, à toute recherche dans la réalisation de soi-même à travers une empreinte industrielle pérenne.

A quoi servent nos jeunes ingénieurs qui font une spécialisation "commerce" ou "finance" à la fin de leur cursus ? Pourquoi maintenir une Ecole des Mines (Louis XVI - 1783), Centrale des Arts & Manufactures (fondation privée - 1829), l'Ecole des Ponts & Chaussées (Louis XV - 1747), une Ecole des Arts & Métiers (duc de La Rochefoucauld - 1780), si tout se passe en entreprise dans les bureaux du directeur financier et du secrétaire général, au bénéfice premier des actionnaires ?
Si la crise élague le bois mort, elle renforce aussi la marge d'exploitation des unités de production pour fermer les usines ici au prétexte de meilleurs coûts ailleurs. On parlera une autre fois des fonds de pension pèlerins.

pont de millau
La France ne dispose d'aucune rente minière, d'aucun monopole (la Bolivie a le lithium, l'Iran a les pistaches) mais nous allons être exploités comme l'Afrique en ses mines, dans ce qui nous reste de meilleur, notre vivier de doctorants, nos savoir-faire agro-gastronomiques, le nez de nos parfumeurs, notre génie aéronautique et, entre autres, notre patrimoine exceptionnel que d'aucuns voudraient bien démonter pierre à pierre pour meubler leurs Disneylands tropicaux.

C'est une mention dans le magazine Fortune du 8 juin 2009¹ qui me braque :
Douze tunneliers travaillent actuellement aux Etats-Unis. Nous sommes reconnus comme l'un des trois ou quatre pays au monde pour les grands travaux publics, ponts et tunnels. Nos références sont longues comme le bras et commencent au XIX° siècle avec le canal de Suez. Nous avons fait des chemins de fer partout, des ponts en quantité et si beaux, comme ceux de Normandie ou de Millau, des barrages alpins, des tunnels aussi monstrueux que celui du Mont Blanc ou de la Manche. Le catalogue est infini ...
Les douze tunneliers sont fabriqués chez Herrenknecht² en Allemagne !

tunnelier
C'est sans surprise à la réflexion, le pays a abandonné son industrie, croyant pouvoir vivre de vent ! Que les couilles molles de l'ENA aient poussé les sciences molles au détriment de l'esprit d'industrie dans ce pays autrefois patrie des forges et pilons, et que nous en soyons rendus à la branlette de la bancassurance et autres services fumants délocalisables à l'envi, est le résultat d'une captation d'héritage du génie français par les plumitifs, aussi gelés dans leur tête que les agriculteurs sans sol ou les cuisiniers d'entrecôtes sans vaches³. N'est-ce pas Serge Tchuruk qui proclamait Alcatel "faiseur de systèmes sans usines", pour abandonner Alsthom à ses chaudronneries ? Il faut dire qu'il en avait pliées beaucoup avant de s'atteler au géant français de la téléphonie.
Sarkozy déclarait il y a peu qu'un pays comme la France ne pouvait se passer d'industrie. Outre le doute qu'il y comprenne vraiment quelque chose et que la formule en circonstance lui ait été soufflée, on peut observer que le grand sursaut de la relance a d'abord bénéficié aux invisibles qui nous ont mis dans le sac, avant de conforter nos axes industriels d'avenir, mais après les secteurs obsolètes.

barrage
L'avenir de l'industrie est apparemment dans le domaine écologique et surtout celui de l'eau. Nous avons tous les moyens pour investir ces deux secteurs et y prendre une première place, surtout dans le second où les groupes français sont majors. Encore faudrait-il que nous puissions construire ici les éléments composant les unités de production correspondantes. Cela passe par la relance de toute l'industrie y compris la mécanique générale, l'industrie de contrôle des fluides, les moteurs, les fils et câbles, etc... L'argent du pays y fructifiera plus vite que dans un secteur automobile en pleine mutation que nos constructeurs semblent incapables d'accompagner.

Après avoir dit que le problème c'était l'Etat, on le rappelle aux manettes faute d'imagination. Hélas, aux affaires publiques, dans les cabinets exécutifs, dans les enceintes législatives, on trouve d'abord des agents de l'Etat, des assureurs planqués, des avocats sans clients, des employés associatifs, des financiers en rupture, des professionnels des préaux en viager, et les quelques scientifiques représentés sont des médecins. Les hauts fonctionnaires qui nourrissent les colonnes du Canard Enchaîné et staffent les grandes entreprises nationales sont quasiment tous issus de l'ENA et prédisposés à la combinazione. S'ils proviennent de grandes écoles scientifiques, ils ruinent leur talent par la pantoufle dans les cabinets ministériels (comme Forgeard et cent autres) où ils apprennent le "mafiatage" et la guerre clanique. Toute cette strate abonnée aux cocardes de pare-brise est stérile en temps de crise. Ça crève les yeux. Elle cherche d'abord à sauver les positions monopolistiques de ses réseaux, les influences personnelles qui sont autant de sésames pour ses familles, et ne poussera l'innovation que si elle y trouve argument pour s'enrichir. L'avidité ne crée pas le talent. Le dépassement de soi pour la gloire de laisser une trace concrète sur terre peut l'exalter. Il nous manque des Pierre-Paul Riquet, Gustave Eiffel, des Ferdinand de Lesseps, André Citroën, Yves Rocard, et quelques Vincent Bolloré supplémentaires, mais nous avons pléthore de John Law, Henri Germain, Stavisky, Jérôme Monod ou Alain Juppé !

hippopotame

Note (1): Fortune, V 159 - Nr 11 - Asia edition - p.12 Going underground.
Note (2): Herrenknecht AG Schlehenweg 2, D-77963 Schwanau (RFA) www.herrenknecht.de
Note (3): "Steak de boeuf" produit par la BP de Lavéra, parfaitement mangeable !



Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Articles les plus consultés