dimanche 18 novembre 2012

Leroidec président !

C'est aujourd'hui que les battus de l'année éliront leur chef. La campagne préalable au scrutin fut longue à mourir presque, si M. Copé n'avait pas agité le tapis d'orient avec un pain au chocolat pour dire aux musulmans de ne plus empiéter sur l'espace laïc. Passé des bancs de la Chambre basse au banc-turbo de la France-d'en-bas décomplexée, il défie M. Fillon, son ami, son frère en chiraquie, l'employé de M. Sarkozy licencié pour fautes graves - triple-déficit, dette, chômage, balance commerciale africaine.

Le plus incoyable, chère Médème, est que le chevalier à la triste figure, qui s'est vautré dans la calamité sans jamais oser rendre les clefs, dénonce maintenant le gouvernement sortant autant que son successeur pour orner les manches de sa plaidoirie. C'est à se taper le coccyx par terre. Exactement comme le faisait son maître en campagne présidentielle, qui n'avait de cesse de se plaindre des insuffisances de son propre quinquennat. Et pourquoi donc ? Mais parce que les "sondages" lui ont prédit un avenir radieux chez les battus qui ont enfin trouvé plus cons qu'eux sur leur gauche et s'enhardissent. Chez tous les Français ensuite : 2017 n'est plus très loin. Le pays sous clystère se sera effondré, à moins que M. Normal n'ait accepté l'anschluss pour devenir le land au couchant du IV° Reich revenu ; et le médicastre Fillon arrivera comme le messie, c'est moi, tout neuf, chapeau pointu, mais avec de l'expérience à ne plus savoir qu'en faire. Qu'il n'en fasse surtout rien ! La France n'a aucun besoin de ces matamores de champ de foire, prêts à bouffer du lion comme Tartarin de Tarascon, et qui la ferment illico sur injonction brève du Château dans le dictaphone !

Il est obscène de voir les chefs de l'UMP à six mois de vue seulement de leur désastre - je ne parle pas des résultats électoraux mais des résultats économiques - se pavaner d'idées en slogans pour nous vanter leur expertise et des lendemains meilleurs à leur confier. C'est le parti timoré, sans idées neuves, sans connaissances utiles, un syndicat de sortants dont la moitié est crypto-communiste depuis la Libération et où aucun n'a compris un libéralisme économique praticable intelligemment. Ils ne veulent que ruser pour décaper les codes à l'acide sans les remettre en cause au fond. Ils s'en vantent.

La France n'a pas besoin d'une social-démocratie du centre-droit pour alterner avec la social-démocratie de centre-gauche. Elle n'a pas besoin de social-démocratie du tout : c'est ça la réforme structurelle d'un pays étouffé par une dépense publique qui capte 57% de la richesse produite. La France a d'abord besoin que tous ces types, tous ces prébendiers héréditaires qui se croient investis d'une mission nationale, dégagent ! Avant le grand branchage, nom de dieu. Et Lionel Lavabo Jospin aurait fait oeuvre grandiose, non en démontrant la pertinence du mandat unique, mais en réduisant le nombre de sièges parlementaires en temps de crise grave, de 577 à 300 à l'Assemblée nationale et de 348 à 0 au Sénat, 0 aussi pour le Conseil économique et social, jusqu'à meilleure fortune. Au gouvernement alors de passer sans traîner de 38 ministres à 15 avec aucun secrétaire d'Etat et de démonter tous les ministères non régaliens. Un trotskyste tel que lui avait les éléments et la fibre mentale nécessaire à cette réforme anarchiste percutante.
Après pareille explosion nucléaire, tout aurait été plus facile vis à vis des corps sociaux de la Nation qui sont conscients maintenant d'aller à la falaise des lemmings, en désordre, sans plan de bataille, poussés dans le dos par quelque complot qu'ils distinguent mal.
L'obésité étatique réduite, il n'était dès lors plus nécessaire d'attendre l'homme providentiel UMP, qui n'en est jamais un (au hasard, Balladur! Chirac! Séguin! Raffarin! Villepin! Rintintin!). L'élection de Tartempion ce soir est une farce... tout à fait démocratique, mais c'est un spectacle de cirque qui finira par nous coûter cher, car ces messieurs ne sont pas gratuits, ne l'oublions pas.



Nota bene : ce blogue est antiparlementaire primaire. Trois cents rationnaires maintenus à claquer des pupitres, c'est par bonté d'âme.

samedi 17 novembre 2012

Hubert l'Atlante

Le Védrine est sorti mercredi dernier, qui fait le pendant pour la Défense de ce qu'est le Gallois pour l'industrie. Ces messieurs de l'Elysée sont désormais équipés. Ce rapport de l'ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, préalablement conseiller diplomatique de François Mitterrand, est centré sur l'Alliance atlantique et son commandement intégré. Rapport complet, synthétique des équilibres en jeu, intelligent, on s'en doutait. Il fait bien le distinguo entre les textes ratifiés et la nature des actions qui en découlent, ou pas. Il se termine ainsi :

« La mutation de la politique étrangère, et de défense, américaine et l’évolution incertaine du monde multipolaire instable, rendent plus nécessaire, et moins impossible, un rôle accru des Européens pour leur propre défense en attendant qu’ils l’assument un jour, pour l’essentiel, par eux-mêmes, tout en restant alliés des Américains. Cette politique doit être menée de front, simultanément, au sein de l’Union européenne, de l’OTAN, de groupes ad hoc, selon des tactiques adaptées à chaque cas et à chaque enceinte et en anticipant les échéances. C’est une politique audacieuse et décomplexée d’influence accrue dans l’Alliance qui facilitera les efforts européens de la France. Le maintien d’un certain niveau de capacité est bien sûr indispensable à sa réussite.»

Statue d'HV au Quai d'Orsay en 2112
La conclusion est puissante mais à dessein elle croise à 90 degrés les réalités sociales du temps qui sont ramassées en page 17 du rapport dans la formule heureuse suivante : « Les menaces que ressentent les opinions européennes (mondialisation débridée, hypertrophie de la sphère financière spéculative, concurrence économique inéquitable remettant en cause la compétitivité économique et le système social des Européens, terrorismes, bouleversements identitaires ou culturels, compte à rebours écologique, auto-affaiblissement des pouvoirs publics) ne relèvent pas visiblement de réponses militaires.»

M. Védrine qui précise à juste raison que la défense européenne est une idée française, aurait pu ajouter - mais a-t-il dit le contraire ? - presque une marotte, qu'aucun pays continental n'a partagée, de peur qu'elle n'affaiblisse l'article 5 du Traité de Washington de 1949 et distende les liens d'assurance-vie qu'il procure aux anciens pays de l'Est en premier lieu. On peut lire ce rapport en cliquant ici, 25 pages seulement d'une rédaction fluide très Quai d'Orsay.

Dans les partis d'extrême gauche et d'extrême droite, on dénonce la participation française à l'OTAN, slogan pavlovien impossible à brider qui ne résiste à aucune analyse honnête. A gauche c'est au motif antimilitariste de base, à droite au motif souverainiste (de base). Aucun des deux bords n'a jamais posé la question en termes d'efficacité : quelle est la structure militaire capable de défendre militairement un territoire continental de 550000 km² avec quelque chance de gagner la partie ? Poser la question est y répondre. Mais pour certains, nous n'avons pas assez perdu de guerres chez nous. Faisons-donc la prochaine encore sur notre territoire, la reconstruction consécutive nous apportera enfin la croissance !

Je me permettrais de diverger sur un seul point de l'analyse de M. Védrine, en ce qui concerne la disparition de la menace continentale. Page 7 est évoquée la coopération franco-russe à côté de celle mise en place par l'OTAN, puis page 10 est déniée toute menace soviétique. Soviétique certes, mais que cela veut dire ? On voit bien que le Kremlin est sur une stratégie russo-centrée, quasiment autiste. Le "monde" se limite à ses marches qu'il a décidé de couver jalousement et il interprète toute action étrangère, même s'il n'est pas visé, comme sous-tendue par une hostilité rampante à son endroit sinon des arrières-pensées camouflées. L'opinion des élites russes est à 99% méfiante, se croyant cernées, là, par le Capital anglo-saxon et ses agents d'influence les ONG, ici, par les prédateurs affamés tels que la Chine. Détourner l'opinion vers un danger externe est de toujours un levier de politique intérieure russe. A à 69% le peuple russe juge négative une mise de niveau des forces armées chinoises par rapport à la force économique de l'empire émergent. Balkans, Baltique, Arctique, Sibérie orientale, steppe mongole, Caucase, forment le catalogue des hostilités ressenties. Le seul intérêt qu'ils aient jamais vu dans une proximité stratégique française est, depuis De Gaulle, dans une alliance de revers.
Collaborer dès lors avec une puissance paranoïaque aussi recentrée sur elle-même n'augure rien de bon (et sur le plan industriel les déboires ont été coûteux). Qui garantirait qu'à l'avenir, les maîtres du moment au Kremlin n'interpréteront de travers une stratégie occidentale (ou française s'il en reste) et ne deviendront pas menaçants avec des arguments de force modernisés. Or leur capacité nucléaire est disproportionnée par rapport à leurs capacités économiques, et leurs forces conventionnelles en pleine rénovation. Désarmer face à l'Est est une bêtise. Il faut maintenir un niveau de réplique cohérent, adapté à la menace éventuelle, mais y mettre les formes pour ne pas provoquer un pays où nous comptons beaucoup d'amis. L'a priori romantique de M. Védrine et de quelques autres comme Bertrand Renouvin par exemple, est risqué. Vladimir Poutine, romantique ?

T80 russes en manoeuvre - crédit Chistoprudov Dmitriy





Le rapport met aussi l'accent sur le commandement français ACT (Allied Command Transformation). Avec un effectif de 130 militaires français à Norfolk, nous sommes au coeur de l'épure. L'OTAN nous doit déjà une rationalisation de nombreux commandements dispersés qui a permis de vraies économies ; à nous de mettre notre "patte" au dessin de l'Alliance future, en forçant le trait parfois pour bien rester dans le défi militaire et ne pas laisser dévier l'ouvrage vers une coordination conrainte des politiques étrangères nationales.




vendredi 16 novembre 2012

Maurras mourut il y a 60 ans

Un billet commémoratif ? De grands esprits nous livrent cette année leur "analyse" de Charles Maurras, mais nous ne l'inviterons pas sur notre divan qui est bien trop petit. Maurras en son temps est un océan polémique, comme dit Tony Kunter, où l'on a vite fait de se noyer, même avec les meilleures intentions du monde. Aussi préférons-nous publier dans le domaine littéraire - la corde de l'arc maurrassien que nous aimons le plus - un de ses textes moins connus, comme les Amis du chemin de Paradis nous en proposent sur le site Maurras.net qui lui est entièrement dédié.
Ces gens magnifiques ont entrepris la lourde tâche de remettre l'oeuvre en perspective et en détails. Mille et un mercis à Nicole Maurras et à son équipe. Pour boucler la boucle, nous ramenons le Martégal en Provence dans Le Retour et le Foyer de 1901. Ce texte est dédié par Maurras à Jacques Bainville.


LES COLLINES BATTUES DU VENT

Passé Arles, commencent de grands pays muets, peu différents de ceux qu'aima le funèbre Vigny. Cependant cette plate et marécageuse campagne, dure plaine où, dit un poète, les derniers enfants de la terre essuyèrent les coups des puissances du ciel, ne conseille à l'esprit aucune détresse. Son silence a le caractère de la destinée accomplie. Rien ne change, tout est fixé. Entre le ciel de saphir bleu et la lointaine mer d'opale, on y semble à couvert de vicissitudes et de labeur.
Mais, après Miramas, sur la limite des arrondissements d'Arles et d'Aix, la nappe des terrains se plisse et s'ondule, les choses recommencent de souffrir et de sangloter à l'envi des choses humaines. Sur les tertres lépreux apparaissent des lots de pauvre terre jaune que parsèment des cailloux blancs. De tous côtés, le roc affleure, déchirant l'étoffe subtile du terreau. Le mistral et le vent d'ouest s'y déchaînent en liberté, au milieu de peuplades d'amandiers frêles et chétifs, tordus en des formes plaintives et levant leurs bras noirs sur la terre empourprée comme s'ils imploraient une vengeance et un pardon. Mais le ciel ne s'arrête pas de les flageller. Aucun mot ne peut dire le désespoir de ces arbrisseaux misérables, sous les coups du vent éternel. Je le perçus à l'heure du coucher du soleil, quand la voix du mistral se fait déchirante et cruelle. Ce n'est d'un bout à l'autre de cette plaine abandonnée qu'un geste et qu'un cri de pitié.
L'étang de Berre est entouré d'un demi-cirque de collines qui se plient en arc byzantin et qui s'ouvrent vers le couchant pour lui frayer une communication à la mer. Ces collines sont d'une grande sévérité. Tout le haut de leur corps est nu. Depuis de très longs âges, les ondées d'hiver et d'automne ne cessent de précipiter la terre meuble qui donnait à la pierre sa toison et son vêtement. Maintenant le squelette du sol est visible partout. Tout ce plateau élance, du linceul végétal attaché encore à son flanc, des têtes rases et brillantes comme les ossements d'un héros déterré. Cette surface nue enduite d'une couleur livide ou sanglante, je ne sais rien d'aussi lugubre ! Sur les pentes s'agrippent des touffes de kermès et de ces chênes nains dont la verdure sombre ne cède point à la lumière, mais fait une tache éternelle par les plus beaux soleils d'été. Les arbustes enracinés dans le calcaire ne plient pas non plus sous le vent. Raidissant leurs baguettes, ils se contentent de gémir en égratignant le mistral. Musique aiguë, mais incessante, à laquelle s'ajoute le ton grave du pin.
Le train s'arrête au cœur de cette terre d'affliction. C'est là que je descends, à la petite gare que l'administration a nommée le Pas-des-Lanciers. Le nom provençal de ce lieu est lou pas de l'ancié, c'est-à-dire, selon les uns, pas de l'angoisse, selon d'autres, du défilé. Peut-être, après tout, que nos pères avaient voulu signifier l'âme tragique d'une solitude battue du vent. Mais leur sentiment s'est perdu, et leur mot s'est défiguré.
Les cartographes ont massacré la Provence, les ethnographes ne l'ont pas beaucoup mieux traitée. Je voudrais y conduire les esprits simples à qui tout le paysage du midi semble fait de pure allégresse et qui placent au nord le refuge définitif des cœurs tristes et repliés. Il me serait facile de leur montrer ici les tristesses de la lumière à l'heure de son agonie. La sensation s'accroît des reflets de la nappe d'eau qui étend, au milieu d'une terre maigre et dorée, ses pâles successions de nuances demi-mourantes. Sur la plage éloignée de Vitrolles et de Berre, les salins réfléchissent au fond de leurs carreaux la pulsation régulière du crépuscule. Aussitôt le soleil disparu sous les nuées fauves, un souffle d'extinction accourt en gémissant sur le monde décomposé et l'on dirait qu'eux-mêmes, les sages oliviers, aient sur leurs troncs inébranlables, cédé à la voix du chagrin qui s'exhale de tout. Leurs cimes claires sont touchées du frémissement et palpitent ensemble dans le nocturne effroi qui tourmente plus loin la plume des roseaux et l'écharpe des tamaris.
Ah ! malgré la joie du retour, quoique je me redise le beau sonnet de Joachim sur l'agrément d'un long voyage et d'une rentrée au jour dit, et bien que, moi aussi, je voie tournoyer au couchant quantité de petites fumées qui me sont chères, il m'arrive de cet air vif, de ce vent furieux, de ces champs misérables, que la vigne, rampante et malade, n'égaye plus, un serrement de cœur étrange. Non, ce n'est point de sérénité ni de paix que se trame la vie sur ces collines, au bord de ces eaux passionnées. J'ai bien peur qu'il n'y passe tout autant de souffles amers que j'en ai senti autre part. L'impression est si forte qu'à voix basse, comme un Ancien, je prie le vent furieux d'épargner, ce soir, ma colline.


Si on me demandait au hasard quel ouvrage lire pour apprendre Maurras, je donnerais le Maurras et notre temps d'Henri Massis, et tout ce qu'écrivit son ami René Benjamin à son endroit (dont Charles Maurras, ce fils de la mer). On les trouve en vieux livres ou en bouquinerie.



jeudi 15 novembre 2012

L'avenir en soldes

C'est un cas d'école. Le 27 septembre j'ai assisté à une réunion publique sur le projet de port Seine-Métropole pour entendre que celui-ci était déjà divisé par deux. Selon le ministre des transports Cuvillier, seul le port à granulats, le moins cher en travaux d'infrastructure, sera(?) construit ; le port logistique d'éclatement fer et route est abandonné. Au même endroit, on apprend que le canal Seine-Nord-Europe joignant à grand gabarit le bassin Seine-aval au bassin des Flandres, n'est plus financé, malgré les motions de soutien de toutes les collectivités locales riveraines ; la part de l'Etat français (2,2Mds€) n'est plus disponible. Et M. le ministre de faire dire que le bouclage à l'ouest de la Francilienne (rocade A104) est lui aussi abandonné. Ses investissements fortement structurants sont donc annulés car on ne peut faire deux choses à la fois, préparer l'avenir des générations montantes en équipant le pays d'outils performants de compétitivité, et solder un million et demi de fonctionnaires en trop à chaque fin de mois. C'est, me direz-vous, saine politique en période de crue du chômage car les surnuméraires sont inconvertibles, ne sachant rien faire d'autre que de fonctionner.

Le bouclage de la Francilienne est réclamé depuis des lustres par la zone industrielle de Peugeot-Poissy et celle de Saint-Ouen l'Aumône (la plus vaste d'Europe occidentale). Elle devait séparer le transport de zone longue de la desserte locale, fluidifiant le roulage et donc la carburation. Les chicayas ordinaires de tous ceux qui font primer leurs idées fixes et leur confort douillet sur tous emplois du secteur marchand - ils ne se bougent que pour le secteur public - ont conduit à élaborer le tracé le moins disant en termes de nuisances et le plus cher bien sûr à construire, le condamnant d'avance. Une solution de rechange serait de monter la production de voitures sur le rail - l'usine est au bord de la voie ferrée est-ouest Paris-Le Havre avec un triage Peugeot - en créant une échappée sud-nord par la Grande Ceinture ; mais c'est se remettre entre les mains de la SNCF depuis que M. Pépy a récupéré RFF (Réseau Ferré de France) et peut donc contrôler les trains européens puisqu'il possède à nouveau les voies. Aucun patron avisé ne décide de bon coeur de mettre sur l'épure de son développement le prestataire de transport le moins fiable au monde. Je vous épargnerai mes témoignages de chargeur. Même les chemins de fer péruviens sont plus sûrs en délai !

C'est un noeud d'intelligence économique et écologique qui disparaît. Nous n'allons pas vous "vendre" le projet global Seine-Nord (tronçon vert de la carte) et Seine-Métropole, tant il a d'avantages, et ce d'autant plus que nous nous agacerions à le vanter en le sachant sacrifié sur l'autel de la bureaucratie socialiste. La liaison à grand gabarit des bassins fluviaux précités convoque au confluent de Oise et Seine un port d'éclatement assez vaste, et justement à cet endroit s'étendent les anciens champs d'épandage de la ville de Paris qui ne seraient mis à flot qu'en cas de submersion des usines de traitement d'eaux usées par une pluie centennale. On sortirait des bateaux comme on veut, par la route, par le triage ferroviaire d'Achères ou en rickshaw. Le point d'éclatement le plus en amont est le port de Gennevillers qui est plein et dont la rocade de sortie est l'A86 saturée. Le grand canal, le port et le bouclage de la Francilienne vont ensemble, et cette infrastructure était déterminante pour former l'hinterland qui manque aux ports de Rouen et du Havre.

C'était sans compter avec le lobby mixte (polytechnique-syndicats) de la SNCF qui reprend des couleurs depuis l'alternance politique et préconise une nationalisation de l'axe logistique sud-nord par la CGT, en lançant un fuseau de ferroutage en lieu et place du canal élargi. Je mets mon billet qu'on trouvera les fonds. Evidemment, les bateaux sont dangereux pour la démocratie, par définition privés, puisque l'astreinte en voyage est de 7/24, ils vont et viennent sans grand contrôle, et depuis la destruction du Tour de rôle en 2000 (loi Pétain du 22 mars 1941) ils négocient leurs frets ; leurs pavillons d'attache sont divers mais la "langue du fleuve" est le néerlandais ; tout cela pue la liberté que je ne vous dis pas ! Tandis qu'avec un grand fuseau SNCF facilement pris en otage au moindre nuage, la CGT de M. Le Paon et les irresponsables de Sud-Rail durent et perdurent.

D'autres grands investissements structurants ont été arrêtés par le cabinet Ayrault. Accordons-lui que certains (remise en peinture des plafonds de Versailles) n'ont pas d'urgence en temps de crise aiguë. Mais pour les infrastructures lourdes, c'est grave. La destruction de l'avenir pour satisfaire une clientèle électorale est le cancer de la social-démocratie de modèle latin. Sans mettre en cause la Chine, l'Inde ou le Bangladesh, nous serons bouffés d'abord par nos voisins.

Le Havre fluvial vu de l'est, Seine à gauche




Un peu de lecture :
- Canal Seine-Nord de VNF
- Port Seine-Métropole par Ports de Paris
- La Francilienne

Note : Une seule barge au gabarit européen porte 88 conteneurs 40 pieds (ou 176 x 20pds) soit l'équivalent de 88 semi-remorques en un convoi de six kilomètres, avec autant de moteurs camion en fonctionnement (+/-30000 chevaux pour le convoi, soit dix fois la puissance du pousseur fluvial).

mercredi 14 novembre 2012

Contre la loi d'adoption

Le 7 courant a été déposé sur la table du Conseil des ministres de la République française un projet de loi autorisant le mariage des homosexuels d'une part et l'accès à l'homoparentalité de l'autre, en clair, la possibilité d'adopter des enfants au sein de ces nouvelles "familles". Sur le fond, les hiérarchies religieuses du pays ont dans l'ensemble marqué leur opposition à ces dispositions législatives qui déconstruisent le socle naturel de notre civilisation ; nous y renvoyons notre distingué lectorat, en rappelant que le Piéton du roi, amis des homosexuels tranquilles, est contre cette double "avancée décadente", avec mention spéciale concernant les orphelins qui doivent être sauvés des désirs de parentalité de ceux que leur orientation bride dans la plénitude d'exercice de leur humanité.

(dans l'ordre d'apparition sur Terre)

Pour ce qui est des églises chrétiennes, souvenons-nous que l'église primitive ne condamnait pas l'émoi homosexuel, elle réprouvait la sodomie païenne en la brandissant comme une punition divine : “C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes.” (Paul aux Romains - Rm 1 :26-28).

Resterait-il à moderniser les Pères de l'Eglise au prochain Vatican III ? Des appels compassés au sein des églises chrétiennes nous le feraient croire. Il est peu de civilisations qui aient promulgué des lois affaiblissant la cellule familiale. Généralement, dans les phases d'interrogations des sociétés humaines en prise au doute quant à leur pérennité, c'était le "laisser-faire" de la débauche qui était la règle, jusqu'à la reprise en main par un imprécateur, un prophète aux pieds nus, ou par un chef barbare impatient de plier sa conquête sous sa loi virile en bottes de fer. Mais ici, on est en présence d'une fabrication vieille de deux siècles seulement, montée par des loges retranchées en parade des effets de leur influence, celle de l'égalité naturelle et obligatoire que ces esprits tordus déduisent de la revendication éternelle de liberté.

Les élites ont une fonction d'éclairage et de bons conseils au bénéfice de la société qui les nourrit. Des signaux s'étaient allumés dans le passé pour marquer l'amoralité des nôtres, signaux qui ne contribuèrent pas qu'un peu au slogan facile du "tous-pourris": il n'est que de se souvenir des amnisties auto-nettoyantes de faits graves de corruption que nos parlementaires se sont votés la main sur le coeur. Il n'est pas inutile d'adresser aujourd'hui un mémo à son député le rappelant à ses devoirs d'élite.


Dimanche prochain 18 novembre à 14h30

...une grande marche "Oui à la famille, Non au mariage homosexuel, Non à l'adoption d'enfants" partira du Ministère de la Famille, 14 avenue Duquesne Paris-VII°, en direction du Palais Bourbon.
Nous invitons le plus grand nombre à marcher pour la famille individuellement, car il ne s’agira pas de la manifestation d’une association ni d’une chapelle. Il s’agira d’une grande manifestation de tous les Français attachés à la famille, socle de base de notre société, et soucieux de préserver la finalité naturelle du mariage ainsi que l’intérêt supérieur de l’enfant.


mardi 13 novembre 2012

Le soft power allemand et le power normal

NOTE DE SYNTHESE A L'ATTENTION DE NORMALITO AVANT SA SESSION DE RATTRAPAGE A 16H

Il court le bruit qu'un collège d'experts teutoniques s'est penché sur un programme de redressement de la France par le moyen de réformes structurelles à la demande du pouvoir prussien. Lequel a démenti !
Au spectacle de l'incurie socialiste française on peut comprendre qu'il y ait de quoi s'inquiéter outre-Rhin de voir le coq gaulois déplumé et sans couilles¹ se casser en plus la patte ! Ça ferait un grand trou sur la carte routière du marché européen ! Il y a peu de chances qu'aucune des préconisations démenties puissent éveiller ici l'intérêt d'un pouvoir autiste, prisonnier d'une logorrhée obsolète qu'il est le seul à comprendre encore. Tous nos voisins attendent que le Léviathan français dégaze encore en vie parce que mort, la pestilence de sa putréfaction sera insoutenable. Une charogne de 550.000 km² ça empeste politiquement et économiquement ; stratégiquement déjà moins, puisque notre puissance n'est plus qu'un hologramme ! Peu de chances, parce que les deux modèles sociaux du fameux attelage qui tirerait le char européen sont incompatibles par construction, l'un est financé, l'autre non.

1881 : le nouveau central Siemens à Berlin
L'Allemagne qui a mis du temps à analyser un trou d'air de presque 50 ans s'est convaincue de revenir à ses fondamentaux qui ne sont ni bellicistes ni impérialistes. Depuis la Libération, tous les chanceliers prônèrent le profil bas, le chancelier Schmidt ne se déclarait-il pas confortable avec un certain nanisme politique qui lui ôtait tant de soucis, et Schröder était ouvertement pacifiste, misant tout sur la Deutschland AG pour maintenir le pays à son rang historique. La grosse erreur de trajectoire du pouvoir allemand date de la fin du XIX° siècle (1890). Qu'était alors l'Allemagne ? Une mosaïque d'Etats réunifiés depuis seulement dix ans qui s'était jetée dans l'industrie et la recherche à tout crin :
Après avoir édifié un modèle social qui fera des petits chez les autres nations (pensions de retraite et d'invalidité, assurance-maladie), l'Etat se prévalu du "Consensus de Berlin" pour centraliser la construction d'infrastructures de développement économique et celle d'instituts de recherche puissants. Dominants en sidérurgie, chimie et en électricité, ils étaient les fournisseurs de tous leurs voisins, et amassant du capital par ce commerce, ils parvinrent à manger leur taggesuppe sur la tête des grandes banques anglaises avec la Deutsche Bank devenue premier établissement mondial à la fin de 1913. Leurs universités étaient réputées jusque pour l'étude des langues romanes ou du grec antique.
A trente ans de vue, chacun leur prédisait le majorat européen avec un Etat-providence garant de la paix sociale, des industries de pointe dans tous les domaines et des banques opulentes graissant tout le système. Une prospérité pour longtemps.
Au lieu de quoi l'année 1920 découvrit un champ de ruines à tous égards, matériel et mental. Que s'était-il passé ? La formidable énergie allemande, infectée de l'hybris, avait été déviée vers une hégémonie politique en Europe, et vers la mise au défi des grands empires coloniaux français et britanniques qui étaient ses premiers clients. Ses clients se coalisèrent pour ne pas être mâtés. On sait la suite.
Aurait-elle persisté dans sa supériorité technologique qu'elle serait devenue indispensable à tous et sans doute leur amie. Mais les hommes sont ainsi faits qu'ils prennent souvent la grosse tête !

la Frauenkirche de Dresde
La leçon n'a pas été perdue. Les chanceliers et les industriels d'après-guerre n'ont eu de cesse de retrouver l'âge d'or, avec obstination et courage, usant de tout ce qui passait à leur portée qui leur soit avantageux, marché commun pour leur industrie, réunification de leur espace, pacte gazier russe, monnaie commune, privilèges en Chine.
Ils savent aussi qu'ils ne peuvent pas être grands tout seuls. Et l'Europe les inquiète. L'hégémonie économique indiscutable et solide d'aujourd'hui n'est-elle pas en train d'imiter la course prussienne à l'hégémonie politique de jadis ? Oui ! mais sans les millions de morts. Le paternalisme d'antan qui créa une nation solidaire et vaillante doit-il être appliqué maintenant à l'espace de chalandise allemand, pour faire simple, à toute l'Europe occidentale continentale ? A-t-on dévié comme en 1898 (première loi d'armement naval) ? Le débat est lancé en Allemagne entre les partenaires du "riches entre soi" et ceux d'une Europe allemande généreuse mais berlinisée. Dans les deux cas, ils sont bizarres ces mecs, c'est à l'Allemagne que pensent d'abord les Allemands. Que voient-ils des économies partenaires ?

Si l'Espagne est sortie d'affaire par l'effondrement de ses coûts de production qui vont relancer la machine économique ; si l'Italie, partenaire industriel historique, accumule les réformes à marche forcée et va bientôt convertir son excédent structurel en croissance ; la France, partenaire politique à contrecoeur, prend la forme d'une baleine échouée sur la plage ! Le gouvernement de Paris donne chaque jour un peu plus l'impression de touristes ahuris, toujours aussi fanfarons. La dernière mise en musique du choc de compétitivité française sur 2014 et 2015 les laisse sans voix ! D'autant que l'embellie attendue de la politique chamanique de l'Elysée convoque l'Allemagne dans tous les compartiments du jeu stratégique (relance budgétaire, mutualisation des dettes, submersion des déficits par le MES, crédits européens). Il n'est pas étonnant qu'à l'image de ce qui s'est fait pour la Grèce, l'Allemagne demande des comptes plus que des contreparties, elles les a déjà toutes.

la Frauenkirche de Dresde


La chancelière entre en campagne dans deux mois. Son inclination est de mettre Bruxelles à sa botte en contraignant la Commission aux réalités dans son projet budgétaire, dans la supervision bancaire continue, dans la réduction des déficits nationaux, dans les choix de développement sur crédits communs. Même si l'austérité conduit à une récession, elle considère qu'elle est déjà là et que les mesures drastiques préconisées par Berlin ont porté leurs fruits chez des petits pays, au tour des grands ; reste la France, le maillon faible, l'homme malade. Le naufrage français peut-il emporter la reprise européenne ? Certainement puisqu'il est sûr, tant que les mesurettes de ce gouvernement n'auront que l'ambition de régler le bas de bilan et jamais le haut, les fonds propres, les capitaux permanents, la structure étatique.
La seule façon pour l'Allemagne de forcer la France à prendre les mesures nécessaires pour sauver le marché commun est de passer par les agences de notation, comme elle le fait en politique en passant par la Commission. L'Allemagne va-t-elle nous jouer le mauvais tour de faire monter le spread² pour nous obliger à réduire la dépense publique ? C'est cette valeur qu'il faut surveiller, plus que les "déclarations communes" destinées aux journaux.


(1) Un pays où l'on brûle impunément plus de trente mille voitures par an pour faire la fête n'en a plus.
(2) La marge actuarielle ou spread d'une obligation (ou d'un emprunt) est l'écart entre le taux de rentabilité actuariel de l'obligation et celui d'un emprunt sans risque de durée identique. Le spread est naturellement d'autant plus faible que la solvabilité de l'émetteur est perçue comme bonne.

lundi 12 novembre 2012

Les Juifs de France sont des Français comme les autres

De le dire l'infirme. Mais qu'ils le soient ou pas ne mange pas de pain, ils vivent ici leur vie paisiblement, avec dans la tête le chromo d'une terre promise, même si la réalité de la promesse n'est pas d'Epinal : Israël est en guerre depuis 1948, on y saute parfois ; aussi tous les Juifs sont-ils sionistes de coeur, sauf pathologie des racines, la patrie est en danger.
Il n'en demeure pas moins que les deux seules communautés flattées par le pouvoir sont les israélites d'un côté par le Dîner annuel du CRIF et les musulmans de l'autre par la Rupture du Jeûne en fin de ramadan. On peut attendre longtemps les félicitations publiques de l'Elysée au Primat des Gaules pour le dimanche de Pâques ; sans imaginer non plus un signe officiel pour l'anniversaire de Gautama Bouddha.



Que font les Juifs de cette situation privilégiée ? Sans doute est-ce là que l'analyse se gâte.

Une grande partie d'entre eux font de la France leur seconde patrie, répondant en leur for intérieur à l'appel des dirigeants israéliens qui proclament que leur vraie place est en terre hébraïque. Certains finissent par faire le pas et s'embarquent. Ils en sont généralement satisfaits quelles que soient les difficultés d'installation si, comme partout, ils ont adopté les codes du pays d'accueil plutôt que de vouloir importer les leurs, surtout ceux d'un pays aussi affaissé moralement que le nôtre. Une autre partie s'est fondue dans notre société décadente et gère ses soucis prosaïques comme tout un chacun. Sans parler des rescapés de l'Holocauste qui ont perdu la foi en Dieu et dans le genre humain ! Reste une "minorité agissante" qui avec la bénédiction de l'Etat s'autorise à représenter Israël sur la voie publique et dans les médias ; et qui se place à bout touchant contre les adversaires de l'Etat hébreu sur notre sol.


Quand on a épuisé les baffes, il faut passer au groupe de pression. Organisés (les autres aussi), les activistes juifs brandissent l'antisémitisme comme arme fatale à laquelle répond celle de l'islamophobie. Ainsi même les faiseurs d'opinion à col roulé (comme aurait dit Frédéric Dard) se battent-ils avec ces deux boules de feu. Malheur à celui qui mérite leur attention. La liste est longue des gens d'idées débarqués par leur rédaction ou leur rectorat pour diverses phobies sémitiques. Juste pour faire "informé" nous citerons en vrac :

- Robert Redecker, prof de philo évacué de l'Education nationale sous le coup d'une fatwa ;
- Siné, dessinateur anarchiste débarqué de Charlie-Hebdo pour lèse-majesté antisémite et promotion de l'électro-ménager ;
- Richard Labévière, reporter débarqué à RFI pour une interview intempestive de Bachar el-Assad (c'était en 2008) ;
- Pascal Bonniface, directeur de l'IRIS, sévèrement recadré pour avoir dénoncé en 2003 l'interdiction de critiquer Israël en France ;
- Alain Ménargues, reporter débarqué" de RFI sur injonction de l'ambassadeur d'Israël à Paris, Zvili ;
- Edgard Morin, philosophe branché, condamné en 2005 pour avoir soutenu que les Sionistes répliquaient sur les Palestiniens ce qu'ils avaient souffert des autres¹
- ...(la liste est longue)

UPJF
Comme leurs homologues islamiques, les organisations juives sont à l'affût. Mais la grande différence est que les premières combattent tout ce qui pourrait entamer le prestige de leur religion (à la fois dans les préceptes coraniques et les traditions culturelles - le blasphème est grave) quand les secondes visent l'histoire de la Shoah et le soutien aux Palestiniens (toute critique du pouvoir israélien étant un soutien à ses ennemis), mais n'interviennent pas au plan religieux. Ce qui laisse entendre qu'il y a une approche antiraciste plus marquée chez les Juifs.

Il est admis qu'il n'y a pas de lobby juif en France, mais assurément un lobby sioniste, puissant. Dit autrement, les relais actifs d'un Etat étranger sur notre sol sont évidents. C'est dans ce contexte de diplomatie spéciale que se place la visite conjointe franco-israélienne à l'école Ozar Hatorah de Toulouse où des Français de confession juive ont été assassinés par Mohamed Merah. Les morts ont été "rapatriés" en Israël, comme le maréchal des logis-chef du 1er Train parachutiste fut "rapatrié" au Maroc. Il est dès lors important de dire qu'ils sont des Français comme les autres, des fois que...

L'importation en France de la guerre judéo-arabe de bientôt cent ans mesure la faiblesse des pouvoirs nationaux qui sont "baladés" par des capitales étrangères instrumentalisant nos propres lois de défense des particularismes sous invocation de la liberté égalitaire ! Notre propre civilisation n'est plus suffisamment capable d'assimiler les "autres" parce qu'elle est tout simplement abâtardie. Elle les promeut, à part !

jour tranquille à Gaza
Nous combattons nous-mêmes nos propres valeurs, nos propres coutumes, nous nous laissons insulter au motif d'une liberté d'expression que nous distribuons sur critères, bien plus facilement d'ailleurs aux aliens qu'aux souchiens. Nos élites politiques courent au mea culpa à tort et à travers jusqu'à nous repentir d'actes tout à fait étrangers à notre propre peuple, comme la traite atlantique qui a concerné une filière mercantile ultramarine, donc ultraminoritaire dans un pays de paysans, sous un régime aboli dont la République ne voulut hériter, puisqu'elle s'acharna à en détruire tous les codes, et pas seulement le Code noir. Lire au sujet de la repentancitude hollandienne le billet musclé d'un Français pur-porc, Jean-Gilles Malliarakis.
D'autres s'abandonnent à la surenchère comme Caroline Fourest qui impatrie six millions de morts en France, en moins de temps qu'il ne faut pour boire un verre d'eau... il n'y a plus de limites.

Il n'est donc pas si étonnant que des Français, moins sûrs que nous de descendre des Gaulois, recherchent ailleurs un socle plus solide en fierté, désinfecté des turpitudes sociétales de notre avachissement moral, pour fonder une espérance en leur propre destin. D'où l'attrait de la double-nationalité. La dépravation légale de nos moeurs, que tout l'Orient reçoit pour une abomination, les y pousse, et nous verrons bientôt fleurir des écoles primaires et secondaires d'obédiences étrangères pour instruire les enfants d'importation dans la "propreté". Le face-à-face entre ces communautés bétonnées et les faiseurs d'opinion décadents méritera le détour quand les vieux franchouillards de mon genre seront perçus comme de simples ronchons en comparaison des nouveaux résistants bien plus déterminés et surtout mieux financés, qui remettront les ratonnades à la mode sous un autre nom.

Nous ne réglerons la dispute entre Guelfes et Gibelins chez nous que par un sursaut qualitatif moral des Souchistes, retrouvant leur fierté d'être Français. Sacré défi quand on sait qui commande aujourd'hui ! Demain peut-être, plus tard !





(1) le texte incriminé d'un article du Monde :
« On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en « peuple dominateur et sûr de lui » et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier », écrivaient les auteurs, ajoutant : « Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs, qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens ».
C'est une "opinion" interdite.


dimanche 11 novembre 2012

Le char Renault FT 1917

Louis Renault (1877-1944)
Commémorons cette année le onze-novembre avec un des outils de la victoire. C'est Rodolphe Ernst-Metzmaier qui produisit les épures techniques du FT 1917 de Renault, et s'il n'inventa pas la tourelle pivotante à 360°, il réussit le premier à l'intégrer sur une caisse automotrice sans que son poids ne renverse le char. Tous les prototypes étrangers avaient échoué dès qu'on avait voulu dépasser le stade de la mitrailleuse capotée. Le design, comme on dirait aujourd'hui, était dû à Louis Renault, ingénieur autodidacte et inventeur de la boîte à vitesses à prise directe et changement de rapport par train baladeur (celle de votre voiture actuelle). Louis Renault déposa 500 brevets, on en retrouve certains dans ce char, dont un pour la suspension (très raide).
Les essais conduits par le patron en personne montrèrent un char très agile, pivotant sur place sans décheniller (le gros problème d'alors) et tirant dans toutes les positions.
Ce char léger de saturation des lignes fut un des atouts maîtres de l'armée française, avec une autre "star", le canon de campagne de 75. Bien qu'il ne puisse rompre un front comme le firent les panzers de la seconde guerre mondiale, il hâtera la victoire par sa rusticité et sa puissance de choc au contact qui permettait de briser les lignes, réduire les nids de mitrailleuses, et plus prosaïquement par l'économie de sa fabrication en grande série qui permit d'en aligner beaucoup, environ 3000. C'était aussi l'époque d'une France industrielle puissante que nous avons oubliée !
Le voici en détails :



CARACTERISTIQUES TECHNIQUES GENERALES
Constructeurs : Renault Billancourt (env.1850), Berliet Venissieux/Saint-Priest (>800), SOMUA Saint-Ouen (env.600), Delauney-Belleville Saint-Denis (280)
Période de production : 1917-1918...1920
Type : Char léger 18HP
Équipage: 2 hommes : 1 pilote, 1 tireur (chef de char)

CHASSIS
Caisse auto-porteuse indéformable
Dimensions (m): Longueur 4,95 ; largeur 1,74 ; hauteur 2,14 ; empattement 2,80
Poids en ordre de combat (kg) : 6 500 le char-mitrailleur, 6700 le char-canon
Blindage maxi (mm): 22
Moteur : Renault Billancourt, tout à l'arrière
Type : 4 cyl en ligne à 4 temps, refroidi par eau à 22% d'alcool
Cylindrée: 4L48 (alésage x course = 95x160mm)
Arbre à cames à commande engrenée
Carburateur Zénith sous pression, réglé d'usine, alimentation bridée
Allumage par magnéto HT et distributeur, avance fixe
Graissage moteur par pompes mécaniques à huile
Puissance max. (cv): 39 à 1500 t/min
Couple max. (m.kg) : 19,7 à 1200 t/min
Rapport poids/puissance (cv/T): 5,8
Boite de vitesse : Renault 4 vitesses manuelles et MA
Carburant : essence
Consommation (litres/h): 30
Capacité carburant (litres): 100
Traction par embrayage principal en sortie de vilebrequin, démultiplicateurs et embrayages latéraux des barbotins de chenilles
Changement de direction par débrayage de la chaîne d'entraînement latérale
Chenilles à tension constante: 32 patins
Largeur chenille (mm): 340
Équipement radio: néant (des chars de commandement seront équipés plus tard)

ARMEMENT
Tourelle circulaire sur billes:
. soit tronc de cône, bloc de fonderie
. soit chaudronnerie octogonale rivetée
. soit chaudronnerie rivetée à angles arrondis (Berliet)
Il fut produit 39 canons d'assaut sur châssis FT avec une casemate fixe abritant un canon de 75mm.
Armement principal:
. soit 1 mitrailleuse Hotchkiss mle.1914 de 8mm avec 4000 coups
. soit 1 canon semi-automatique Puteaux SA18 37/21 avec 240 coups
Rotation tourelle (degrés): 360°
Élévation du fût (degrés): +35/-20°

MOBILITE ET APTITUDES
Force d'arrachage en palier (T): 5 en 1ère et MA
Pourcentages max. des rampes: 119 en 1ère, 33 en 2ème, 16 en 3ème, 7 en 4ème (données constructeur dans la notice d'emploi)
Autonomie (km): 35
Vitesse sur route max. (km/h): 7,78
Garde au sol (m): 0,43
Franchissement obstacle vertical (m): 0,60
Passage à gué (m): 0,70
Franchissement creux (m): 1,35

Outre ses aptitudes au combat, ce char est carrément moderne tant dans sa conception que dans sa facilité d'industrialisation. On sent la patte du praticien Renault qui comprend chaque rivet ; techniquement le FT est un nid d'astuces. Veuillez consultez la notice constructeur avant de partir à la guerre.



Ses capacités répondent à trois critères :
- franchir une tranchée standard de première ligne avec sa queue anti-enfoncement (voir le croquis du char)
- passer un nid de mitrailleuse ou un trou d'obus en y descendant
- économique à fabriquer (il vaudra 56000 francs de l'époque, départ-usine)

Les premiers chars Renault FT 1917 auraient été utilisés le 28 juin 1918 à Saint-Pierre-Aigle (Aisne) dans la deuxième bataille de la Marne. Mais sa mise en ligne avait auparavant déclenché l'allumage de tout le front de sa division par l'erreur topographique d'une section qui s'était perdue (témoignage perso).
Les autres chars français de la Grande Guerre furent le Saint-Chamond de 22T à chenilles électriques et le Schneider de 13T, l'un et l'autre sur châssis américain Holt. En 1939, sept bataillons de chars de combat à 63 unités seront encore au TED avec des Renault FT 1917, sans parler des sections disséminées dans d'autres armes (infanterie territoriale, armée de l'air, coloniale au Maroc) !

Les chiffres de production sont discutés. Pour vous faire une idée (source François Vauvillier) :
Chars Renault FT détenus par les Armées au 20 Janvier 1920 : 3491
Chars Renault FT détruits au front : 485
Chars Renault FT livrés aux Alliés à partir de 1919 :
- Grande-Bretagne: 24
- Etats-Unis: 231
- Pologne: 120
- Italie: 4
- Espagne: 1
- Finlande: 30
- Brésil: 12
- Japon: ?
- Suisse: ?2
- on en a retrouvés jusqu'en Afghanistan: ?
Total export: 422
Total général : 4398

Note : les trois tubes que l'on observe sortant de la tourelle sont le canon de 37, en dessous son frein de recul, à sa gauche le (petit) tube de visée.

L'an prochain nous ferons le canon de 75 mle.1897.


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