mardi 20 mars 2007

Du bon usage du roi

Alger la nuit

Le gouvernement espagnol dispose d'un atout-maître dans son jeu diplomatique, et l'utilise volontiers dès qu'il est bloqué sur un dossier important. C'est le cas de l'Afrique du Nord, à portée d'influence du royaume d'Espagne, qui représente un marché compensatoire au Marché commun envahi de productions à bas prix des pays de l'Est. Les trois pays maghrébins ont des relations anciennes et tumultueuses avec la maison d'Espagne depuis le reflux des Maures andalous qui le plus souvent s'installèrent sur la côte, à rêver à leur patrie perdue, dans la même position que nos Pieds-Noirs, réinstallés sur la rive nord de la Méditerranée en 1962.
A Bizerte, on trouve le fort espagnol et le quartier du même nom qui en réalité évoquent les rapatriés musulmans. En Algérie, c'est en enlevant le fort du Peñon en 1529 que Barberousse conquit Alger pour la Sublime Porte. Quant au Maroc, il est lié à l'Espagne par les cinq places de souveraineté hispaniques enclavées sur sa côte méditerranéenne, et in fine, par la dispute interminable sur le Rio de Oro (ou désert sahraoui). C'est justement là que ça coince, parce que l'Algérie a tout fait dans le passé pour mettre des bâtons dans les roues du char de Hassan II après la Marche Verte de 1975 qui captura le protectorat espagnol sans égards pour les indigènes qui ne reconnaissaient aucune allégeance envers la dynastie alaouite. Sachant aujourd'hui les conditions d'exercice du pouvoir de Hassan II, on peut les comprendre. On eut alors la guerre du Sahara occidental qui obligea le Maroc à dresser un mur immense du Nord au Sud partageant par moitié est et ouest le Rio de Oro.
Depuis 1991 l'ONU tente un referendum établissant la souveraineté définitive sur ce territoire riche en phosphate et fer.

Des contrats juteux sont pris régulièrement par l'Espagne au Maroc et en Algérie, jusqu'à nous y avoir remplacé dans bien des domaines où les Français n'ont su se maintenir. Il y a aussi une connexion judéo-maghrébine bien exploitée par les Juifs du Maroc. Mais le gouvernement Zapatero a décidé récemment d'appuyer le projet marocain d'autonomie de la province rebelle lui déniant ce disant l'indépendance réclamée par Alger, et adossant son soutien à des contrats de fournitures d'armes ! Bouteflika gronde ... qu'à cela ne tienne, on lui envoie le roi !

Juan-Carlos et la reine Sofia"Nul ne peut avancer que l’escale du roi d’Espagne à Alger est en mesure de constituer le contrepoids des initiatives ibériques au profit du Maroc" titre la presse algérienne. Et pourtant ! El Watan du 17 mars ne s'y trompe pas, qui ne doute pas une minute de l'impact du roi en Espagne même.
L'occasion est trop belle pour l'Algérie de ne pas franchir des obstacles difficiles et d'en assurer la pérennité des résultats par la "rémanence" du pouvoir espagnol quel que soit le destin précaire du ministre Zapatero. Bouteflika a mis aussitôt à l'agenda la lutte anti-terroriste (contre le groupe salafiste qui lui pourrit sa loi de réconciliation nationale), la coopération policière au prétexte de l'immigration clandestine, la coopération judiciaire sur les extraditions, le gazoduc Medgaz et la construction de l'usine d'ammoniaque d'Arzew. On voit tout de suite que ce sont des dossiers précis de gouvernement qui ont été débattus avec le roi, et sans doute conclus, en sus de la conversion de la dette algérienne !

Des va-et-vient ont précédé ce voyage pour que l'on n'en reste pas au protocole des cortèges et au traité d'amitié de 2002. Il fallait être efficace, on ne sort pas le roi tous les jours.

La visite s'est achevée sur six accords précis de coopération. L'Algérie appelle en outre les entreprises espagnoles dans les quatre secteurs suivants : le transport urbain et ferroviaire, la construction, l'épuration d'eau, l'industrie pharmaceutique, les ports et les aéroports. Un forum d'hommes d'affaires et un déplacement dans le Sud ont servi de volet décoratif au voyage. Le roi fit à son hôte la grâce d'une déclaration diplomatique passe-partout qui adoucit l'accord marocain en privilégiant "une solution prévoyant la libre détermination de ce peuple et passant par un dialogue des parties dans le cadre des Nations Unies".

Abdelaziz PrimeroIl est rare de voir une négociation bilatérale embrasser autant de domaines à la fois. Le niveau exceptionnel des interlocuteurs a été souligné par le président algérien, non tant par la royauté du visiteur, quoique Bouteflika soit né au royaume chérifien et y ait grandi jusqu'à 25 ans, que par le sceau de permanence qu'appose sur des accords un roi au-dessus des aléas politiques de son pays. A se demander même si Zapatero a bien saisi le "blocage" de sa politique dans son choix d'envoyer négocier Juan Carlos Ier à Alger.

A ceux qui doute d'une monarchie constitutionnelle il est montré qu'un certain indéfinissable dans la pratique du pouvoir prime la règle écrite si le monarque est motivé, ce d'autant plus que l'étranger vous assigne une place prééminente dans l'organisation de ses propres intérêts. De la même façon, la reine d'Angleterre pèse sur la politique anglaise par ses conseils, objections ou réprimandes lors de l'accueil hebdomadaire de son premier ministre à Buckingham Palace. Et ce depuis tant d'années sur le même axe qu'elle finit bien par apporter une continuité dans la réflexion politique.

Mais pour nous Français, un chef d'Etat qui ne braille pas sous les préaux tous les cinq ans, n'a pas de pouvoirs.

lundi 19 mars 2007

Ils seront douze

Sphynx du Conseil constitutionnel
Ils seront douze, sans nous, le filtre à particules ayant rempli son rôle ! Le Conseil constitutionnel va proclamer la liste des sélectionnés avec gravité, ajoutant l'insulte publique à la forfaiture du dispositif protégeant les partis parlementaires.

A un mois du premier tour hasardons un pronostic : les quatre premiers dans un mouchoir, se partageront 80 pour cent des voix, car nous excluons les scores faramineux à 30% que l'on donne aux deux champions annoncés. Cela n'est jamais arrivé dans ce scrutin.

Les huit autres tenteront de survivre sur les 20 pour cent restant, soit une moyenne de 2 % par tête, si l'on prend en compte une fraction de blancs et nuls à 4%. Ce qui veut dire que la barre fatidique des 5 % ouvrant droit au remboursement des frais de campagne, ne sera pas atteinte facilement.

Si nous postulons que la frontière entre les voix des quatre "ténors" et celles des huit candidats de témoignage ne sera pas franchie parce que les électeurs qui donneront leurs voix aux "petits" le feront par conviction profonde ou par dépit anti-système, nous voyons que le jeu est à somme nulle sur une base de 4 x 20, le peu que l'un prendra, l'autre le perdra !
Est-ce à dire que tout est possible ? Exactement. Et de grands penseurs de la Gauche comptable comme Jean-Luc Mélenchon, anticipent le cauchemar républicain d'un second tour entre Le Pen et Bayrou, ou pire pour lui, un Sarkozy-Bayrou. La Gauche serait rayée des cadres par désintégration du Parti Socialiste qui ne supporterait pas une seconde humiliation terrible, grâce à la gourde épouse du Premier secrétaire !

Il passera beaucoup d'eau sous le Pont Neuf avant que l'on ne devine qui passera, et peut-être même devra-t-on attendre le soir du scrutin. Victoire de la démocratie à la française qui sortira du champ électoral soixante pour cent des suffrages exprimés. Ne poussons pas le calcul en tenant compte de l'effectif en âge de voter, on verse dans le Ridicule. Pourtant cette fois-ci, les observateurs avertis ont reconnu un intérêt certain des Français pour cette présidentielle, même si 61% d'entre eux déclarent ne faire confiance ni à la Droite ni à la Gauche pour relever le pays, et 46% des sondés déclarent n'avoir pas arrêté leur choix. Donc vraiment tout peut arriver.

Qu'en est-il du projet royaliste ? Le candidat s'est bien battu, multipliant les réunions, les tractages, les apparitions dans les médias. La trace laissée sur le blogue d'Yves-Marie Adeline est éloquente. Et pourtant il n'a pas pu franchir le seuil de sélection qui aurait permis de continuer la promotion de l'offre monarchique. Ce qui est d'autant plus dommage que le candidat a fait preuve d'aisance et de réactivité dans ses confrontations médiatiques et qu'il aurait porté brillamment le message royaliste dans la campagne officielle.

Ce barrage est d'autant plus inique que le sondage commandé chez BVA avait détecté qu'un Français sur six était ouvert à une proposition royaliste et qu'un sur cinq pouvait à l'occasion voter royaliste. Le sondage n'a pas dit quelle proposition royaliste, il y en a tant ! Trop !

Qu'importe finalement rancoeurs, aigreurs ou lâche soulagement de certains contempteurs de la méthode Adeline, si l'on est du parti-pris de la voie démocratique il vaut mieux s'essayer à tirer quelques enseignements de cette démarche, presque incongrue dans les milieux royalistes.

Le schéma royaliste peut être entendu par les gens non avertis, à condition qu’il soit clair et a priori jouable sans révolution profonde de notre société. Le promouvoir plus largement exigeait d’accéder à la campagne officielle.

L'avant-tour des parrainages a-t-il été sous-estimé ? Sans doute un peu. Un argumentaire spécifique aux collectivités locales visées n'a pas été développé aussi bien qu'on l'a vu faire du Parti trotskyste des Travailleurs qui affiche son candidat-croupier Schivardi comme le candidat des maires ruraux délaissés par les pouvoirs publics. C’est un tour de force à retenir.
Et justement, les franchises communales, la liberté de premier échelon, la démocratie de proximité, sont aussi des notions royalistes. Nous privilégions les républiques aux étages immédiats tant que la conscience politique du citoyen y trouve son compte. Si la démarche royaliste se saisit des pouvoirs régaliens c’est bien aussi pour dégager l'espace politique au-dessous afin de favoriser l'expression libre démocratique. Les maires auraient-ils été sensibles à cette dévolution d'autorité ? Peut-être !

A contrario l'issue fatale de ces parrainages a été surestimée. Du moins l'indignation légitime du candidat qui peinait à conquérir ses 500 promesses, a-t-elle pris le pas sur le projet politique pendant tout le dernier tiers de sa campagne. L'iniquité du barrage a montré notre sensibilité à l'injustice.

L'histogramme de la notoriété médiatique publié par le site présidentielle.info avait relevé un certain retard à l'allumage de la campagne AR, qui déplaçant dans le temps la pente de progression, n'a pas permis d'atteindre le niveau accessible par l'excellente qualité des arguments. La cause probable tient à la faiblesse des moyens déployés dès le mois de mars 2006, qui n'auraient pas permis de mener campagne à grand train sur douze mois. On le comprend bien.
histogramme de la notoriété médiatique d'Adeline
On comprend moins que les chapelles canal historique ne se soient pas ralliées à une démarche de notoriété de l'offre monarchiste, persistant à dénigrer la voie démocratique d'une restauration alors qu'il ne s'agissait pas de cela mais de simplement réacclimater une monarchie populaire et fédérative dans l'opinion. Des moyens plus importants et des relais auraient bien servi la cause d’Yves-Marie Adeline. Trop d'entre nous sommes restés sur notre quant-à-soi, … l'Aventin de nos succès étant inaccessible par défaut.

Si l'AR entend forcer la porte des campagnes électorales qui suivent la présidentielle, il lui sera sans doute utile de choisir un message plus au cœur de la cible. Les législatives devraient être l'occasion de parfaire la présentation d'une démocratie équitable avec la réforme du Parlement, mais au-delà des institutions, il doit s'agir de programmes de lois et de codes. On entre ici de plein pied à l'étage social de la république, pour accéder à la critique des mœurs. Et c'est tout le danger pour la queue de trajectoire, la restauration, car l'opinion est défavorable à certains combats, légitimes pour nous, minoritaires et intégristes pour elle.

Le porte-voix des programmes politiques est le complexe médiatico-industriel français qui outre le gène de connivence avec les Puissants - ça nous servira un jour peut-être - affiche l'arrogance de la pensée de marché dans le procédé bien connu de désinformation nécessaire à la pérennité du système. Or ce complexe, véritable quatrième pouvoir, a ses clichés, ses connotations, ses interdits. Le message social du royaliste sincère heurte de plein front les tabous médiatiques et les jugements préalables et définitifs des employés des médias.
On ne passe pas ... avec en vrac, la dialectique Provie, le retour du franc, l'abstinence en guise de préservation, l'abolition de l'OMC, la femme confinée au foyer, la messe en latin, l'identité des purs blancs de souche, la virginité des adolescentes, etc.

Mais l'on peut être très bien entendu, en vrac, sur la guerre au sous-développement menée par la Banque Mondiale pour stopper l'émigration africaine, sur la priorité à l'intelligence par un sur-effort de recherche, le danger mortel d'un Iran nucléaire, le réarmement français par des technologies d'hyper-pointe (avec nos amis anglais), pour valoriser notre avance dans l'industrie nucléaire, stigmatiser la morgue israélienne qui paralyse toute solution au Proche-Orient, punir les délocalisateurs sur fonds publics, contenir la logorrhée normative bruxelloise, pousser Arianespace, donner l'avantage à la voie d'eau pour les transports de masse, dire leur fait aux irresponsables palestiniens, favoriser les transports en site propre, naphtaléniser l'UOIF, réformer le scrutin législatif pour aboutir progressivement à la proportionnelle intégrale, etc.

Les "tabous" médiatiques que nous aurons mis de côté malgré les revendications aussi bruyantes qu'inutiles de leurs défenseurs, pourront être bien sûr travaillés au moment voulu quand l'accession sera accomplie.
La communication c'est quand même un métier qui commence par la maxime « on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre ».

mercredi 14 mars 2007

Exhortation pontificale

Benoît XVIL' Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis est parue. Le fascicule complet publié par le saint Siège en cliquant ici

Finalité de l'Exhortation (texte pontifical)
« Cette Exhortation apostolique post-synodale a pour but de reprendre la richesse multiforme de réflexions et de propositions apparues dans la récente Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques – à partir des Lineamenta jusqu'aux Propositiones, en passant par l'Instrumentum laboris, les Relationes ante et post-disceptationem, les interventions des Pères synodaux, des auditores et des délégués fraternels –, dans l'intention de développer certaines lignes fondamentales d'engagement, destinées à raviver dans l'Église un nouvel élan et une nouvelle ferveur eucharistiques. Conscient du vaste patrimoine doctrinal et disciplinaire amassé au cours des siècles sur ce Sacrement, et accueillant le souhait des Pères synodaux, je désire surtout recommander dans le présent document que le peuple chrétien approfondisse la relation entre le Mystère eucharistique, l'action liturgique et le nouveau culte spirituel qui vient de l'Eucharistie, en tant que sacrement de l'amour. Dans cette perspective, j'entends mettre la présente Exhortation en relation avec ma première Encyclique Deus caritas est, dans laquelle j'ai parlé à plusieurs reprises du sacrement de l'Eucharistie pour souligner son rapport à l'amour chrétien, en référence soit à Dieu soit au prochain: « Le Dieu incarné nous attire tous à lui. À partir de là, on comprend maintenant comment agapè est alors devenue aussi un nom de l'Eucharistie: dans cette dernière, l'agapè de Dieu vient à nous corporellement pour continuer son œuvre en nous et à travers nous ».

Après les ouragans de charité et le cri des convulsionnaires de Saint-Martin qui découpent le manteau des autres et rarement le leur, voilà un homme d'église qui s'occupe de notre âme et pas de météo. Il y a des centaines de structures caritatives qui essuient les larmes hypocrites de notre culpabilité pour que l'Eglise revienne enfin (un jour ...) à son essentiel : l'âme du corps en quelque état qu'il soit. Faut-il être sevré de spirituel pour s'en apercevoir malgré la discrétion volontaire des médias français qui titrent en page intérieure sur le refus du mariage unisexe et le célibat des prêtres. Encore ont-ils sauté la sacralisation du dimanche (cote 74) qui contrevient aux espérances mercantiles de Vélizy 2. De tout le reste ils ne comprendront rien.

Pas plus que nous ne sommes théologien nous ne saurions commenter au fond la doctrine Ratzinger, la supposant par avance d’une orthodoxie impeccable. Avant le paragraphe le plus important que nous avons choisi de vous offrir en conclusion de ce billet, nous nous arrêterons un instant sur la finesse du réglage de Benoît XVI dans sa contemplation de la société des hommes et des limites de son implication. C'est la cote 89 (in extenso sauf les renvois) :

« L'union au Christ qui se réalise dans le Sacrement nous ouvre aussi à une nouveauté dans les rapports sociaux: « la “mystique” du Sacrement a un caractère social ». En effet, « l'union au Christ est en même temps union avec tous ceux auxquels il se donne. Je ne peux avoir le Christ pour moi seul; je ne peux lui appartenir qu'en union avec tous ceux qui sont devenus ou qui deviendront siens ». À ce propos, il est nécessaire d'expliciter la relation entre Mystère eucharistique et engagement social. L'Eucharistie est sacrement de communion entre frères et sœurs qui acceptent de se réconcilier dans le Christ, lui qui a fait des Juifs et des païens un seul peuple, abattant le mur d'inimitié qui les séparait (cf. Ep 2, 14). C'est seulement cette constante tension en vue de la réconciliation qui permet de communier dignement au Corps et au Sang du Christ (cf. Mt 5, 23-24). Par le mémorial de son sacrifice, il renforce la communion entre les frères et, en particulier, il pousse ceux qui sont en conflit à hâter leur réconciliation en s'ouvrant au dialogue et à l'engagement pour la justice. Il est hors de doute que la restauration de la justice, la réconciliation et le pardon sont des conditions pour bâtir une paix véritable. De cette conscience naît la volonté de transformer aussi les structures injustes pour restaurer le respect de la dignité de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. C'est au moyen du développement concret de cette responsabilité que l'Eucharistie devient dans la vie ce qu'elle signifie dans la célébration. Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, ce n'est pas le rôle propre de l'Église de prendre en charge le combat politique pour réaliser la société la plus juste possible; toutefois, elle ne peut et ne doit pas non plus rester à l'écart de la lutte pour la justice. L'Église « doit s'insérer en elle par la voie de l'argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert toujours aussi des renoncements, ne peut s'affirmer ni se développer ».

Même si la doctrine sociale bimillénaire de l'Eglise est réaffirmée ensuite (cote 91), on n'en est plus à prioriser saint Vincent de Paul ou l'abbé Pierre, comme il apparaît trop souvent en France où le caritatif dévore tout. L'âme est en bien plus grand péril !

Chemin faisant, l'universalisme de la catholicité est heureusement souligné par l'appel du pape en faveur d'une renouveau du culte latin et du grégorien dans les rassemblements internationaux. Les rockeurs du dimanche en seront attristés. Extrait de la cote 62 traitant de la langue latine :
" Pour mieux exprimer l'unité et l'universalité de l'Église, je voudrais recommander [...qu']excepté les lectures, l'homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues de la tradition de l'Église et éventuellement que soient exécutés des pièces de chant grégorien. De façon plus générale, je demande que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la Messe en latin, ainsi qu'à utiliser des textes latins et à utiliser le chant grégorien; on ne négligera pas la possibilité d'éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin, ainsi qu'au chant en grégorien de certaines parties de la liturgie."

No comments. La Conférence Episcopale se mouche bruyamment. Bob Dylan aussi !

Extrait du paragraphe 70 en guise de conclusion:

Le culte spirituel

En communiant au Corps et au Sang de Jésus Christ, nous sommes en effet rendus participants de la vie divine de façon toujours plus adulte et plus consciente. Cela vaut aussi de ce que saint Augustin, dans ses Confessions, disait du logos éternel, nourriture de l'âme; mettant en relief le caractère paradoxal de cette nourriture, le saint Docteur imagine s'entendre dire : « Je suis la nourriture des grands. Grandis, et tu me mangeras, tu ne me transformeras pas en toi, telle la nourriture de ta chair; mais c'est en moi que tu te transformeras ». De fait, ce n'est pas l'aliment eucharistique qui se transforme en nous, mais c'est nous qui sommes mystérieusement changés par lui. Le Christ nous nourrit en nous unissant à lui; « il nous attire en lui ».

Heureux donc ceux qui croient !

lundi 12 mars 2007

Un prince et le projet capétien

le duc de VendômeJe suis passé au travers d'une émission de Radio France International appelée "Signes particuliers" qui invitait le 21 février dernier le duc de Vendôme Jean d'Orléans... mais Google m'a prévenu. On peut l'écouter en cherchant par ici sur RFI. (Je vous conseille de télécharger pour l'entendre car le streaming n'est pas terrible).

Les cinq dernières minutes de l'entretien sont tout à fait politiques. Quelles sont les conditions d'un retour de la monarchie ? Il y en a trois, nous confie-t-il :

La première est que le "prince" soit prêt. Son père, le comte de Paris est prêt.

La seconde tient aux circonstances.
L'intérêt des Français pour un monde plus pérenne qui tienne compte de leurs aspirations profondes et qui puisse relever les grands défis de l'heure, auxquels la classe politique ne sait pas les préparer, est décelable au fil des rencontres.

La troisième est la volonté des Français.
Les sondages ne sont que des orientations (elles sembleraient favorables) et le travail le plus important pour les princes est d'être présents dans la vie du pays. C'est au pays à vouloir un roi.

Il termine cet entretien de vingt minutes par "la vraie oeuvre capétienne c'est vraiment de construire" ! Notre gentil dauphin deviendrait-il autant politique que patrimonial ? A n'en pas douter, la rencontre des Français initiée sous l'égide de Gens De France lui aura montré que le peuple est aussi un animal politique.

Comment l'aider ?

De cent façons mais d'abord en découplant la question du régime arbitral permanent qu'il propose, du modèle social "royaliste". Entre "le poids de l'histoire et les exigences de la modernité" comme le dit le journaliste Pierre-édouard Deldique, il faut prendre à bras le corps les réalités et les dangers d'aujourd'hui. Et surtout ne pas se tromper d'étage car il n'y aura pas d'oral de rattrapage.

La question au royaliste militant n'est-elle pas tout simplement de savoir s'il privilégie le combat contre les vrais défis du XXI° siècle ou s'il préfère naphtaliser le royaume dans les douceurs enfuies de l'Ancien régime, et verser ce faisant dans une sorte de théocratie soft.
Pourtant les défis de fond sont assez clairs, et bizarrement ignorés de la sphère royco qui se dépense sur un modèle sociopolitique traditionaliste encombré de préoccupations importantes mais subalternes à la fois, rapportées du moins aux enjeux énormes annoncés autour du tapis mondial.

Finalement il n'y a qu'un seul défi qui les englobe tous : Comment la Nation française va-t-elle tirer son épingle du jeu de l'inéluctable entropie universelle ?

La planète est un monde fini qui, à l'exception de la capture excédentaire de calories qu'il génère, échange tout à somme nulle. L'émergence des empires asiatiques sur une planète surexploitée, ne peut se faire qu'au détriment des "nantis", à charge pour eux de compenser la préemption des talents, matières et ressources traditionnels des nouveaux venus, par l'invention de valeurs supérieures aux anciennes sur tous les plans, mais rémunératrices quand même. Comme nation constituée nous atteindrons le XXII° siècle avec nos neurones, pas avec nos bras ! Priorité à "l'intelligence" !

La recherche est l'ardente obligation du temps pour les "petits". L'invention, la création naissent dans des espaces libres qui récompensent les trouveurs. La transformation de l'idée géniale en levier de développement exige efficacité et productivité ! Le modèle social franco-européen est à refonder pour tenir compte de ces exigences de performance. Tous ceux des gens d'importance qui ne sont pas impliqués dans des combines d'appareils politiques vous diront que la Nation doit être libérée d'une part, et sûre de ses garanties essentielles de sécurité et de justice, de l'autre. C'est exactement l'inverse que nous subissons actuellement. Le peuple est dans les rets du marxisme qui dévore déjà le grain que sèmeront nos enfants, et sa sécurité n'est que matière à dispute entre tribuns sous haute protection. Sauf apocalypse, nos armées ne nous défendent plus et nous avons rompu l'alliance.

S'il faut briser nos entraves, il n'en est pas moins vrai que la liberté d'inventer est indissociable de la liberté tout court. Aussi est-il contre-indiqué de promouvoir une restauration monarchique par le remplacement des contraintes actuelles que nous haïssons, par d'autres réputées plus nobles. Le peuple n'a pas besoin de la monarchie pour retrouver des valeurs naturelles, mais d'une meilleure éducation qui, fors l'exemple, n'a rien à voir avec le roi. Or c'est là que le bât blesse. Nos bannières sont d'abord "sociétales" avant que d'être politiques, et quand elles sont portées par des gens impliqués uniquement dans la défense de moeurs, elles peuvent influencer le débat législatif mais ne ramèneront jamais un roi ! La question monarchique ressortit à l'étage politique, presqu'entièrement ; mais les voies d'accesssion n'y sont pas toutes, heureusement. Ne nous trompons pas de main ; « politique d’abord » !

Du roi nous avons besoin pour assurer nos garanties de sécurité et de justice, en pérennisant les pouvoirs régaliens, en arbitrant les conflits d'intérêts majeurs, en diffusant une justice intègre. Dans le cadre d'une société naturelle, refondée sur la cellule familiale, les moeurs sont à régler selon l'air du temps par des majorités de passage réunies sur un processus démocratique.

Le projet capétien dans son essence ne peut être gêné par la démocratie qui règle les pouvoirs publics au mieux du bien commun, exigeons-le. C’est un projet de construction d'un espace commun solide et rayonnant, voire offensif. Ce ne fut jamais l'hospice des valeurs en déroute, encore moins un musée de l’absolutisme. C’est fini cette chimère, même si ce devait être beau !
La France, de 65 millions d'habitants seulement, à l'échelle du monde, a besoin de se durcir et de gagner en densité d'influence ce qu'elle perd en parts de marchés, et sans traîner, car le vecteur temps est primordial. Un roi qui maîtrise le temps en réactivité et pérennité, est tout indiqué pour rester sur un axe d'effort tracé à partir d'un projet qui le domine.

Aux hommes de défendre la dignité du genre humain, le respect d'autrui, la sauvegarde des espèces, la vénération des reliques et la charité. Qu'est-il besoin d'attendre le roi ? Le roi a un dessein précis et bordé. Ce n'est pas la pierre de touche qui transmutera en or tout le plomb de notre socété usée et par endroit périe. Ne mélangeons pas tout, nous desservirions le destin du prince Jean.

vendredi 9 mars 2007

12 millions de royalistes

Un Français sur cinq se risquerait à voter pour un candidat royaliste et un sur six aimerait que revienne le roi. C'est ce que nous dit un sondage BVA publié par France Soir ce 8 mars.

"Le désespoir en politique est une sottise absolue" nous dit Charles Maurras. Il n'est pas quand même pas sûr qu'un Français sur six fasse son "coming-out" maurrassien cette année.

Ces résultats en recoupent d'autres qui avaient été publiés en leur temps par Point de Vue sur la notoriété de l'idée royaliste. On peut comprendre que devant la médiocrité de la représentation nationale qui s'étale en couche encore plus épaisse pour cette campagne électorale des pères et mères Noël, nos compatriotes aspirent à un modèle plus familial, plus professionnel, plus sélect et finalement plus simple. Il n'en faudrait pas beaucoup pour les convaincre, ces 17 pour cent, qu'il serait à la fois efficace et chic de couronner la Vè République, en confiant à un secrétaire perpétuel de la nation les clés de l'Elysée, et d'y attacher les pouvoirs régaliens détenus dans le fameux "domaine réservé".

landau
Le hic, ce sont les 79% de sondés complètement hostiles. Ceux-là n'admirent pas les carrosses et les enfants endimanchés de la famille royale sur les balcons de fer forgé applaudissant la foule qui les acclame parce que ça coûte, et puis que deviendrait l'égalité sacrée ... ! Il y a parmi eux de vrais républicains, convaincus des vertus du régime, mises à mal par le défaut de vertu de la classe politique qui a préempté le régime, et une masse plus importante de gens intoxiqués par la propagande "droitdel'hommiste" qui fait de tout roi un tyran, et du moindre citoyen un dieu ! Alors roulez bolides, pour le dieu, droit dans le mur !

La démarche de désintoxication entreprise par le parti de l'Alliance Royale et par les chapelles intellectuelles à côté de lui, est la mission par excellence de la génération de royalistes qui entre maintenant dans la vie active. Maintenant, parce qu'il est plus facile de synthétiser la faillite du régime républicain aujourd'hui qu'il y a 25 ans, lorsque la poigne gaulliste empêchait la dérive criminelle des comptes nationaux et des régimes sociaux. Giscard d'Estaing, après deux chocs pétroliers, laissa au pays une dette publique de 589 milliards de francs soit 90 milliards d'euros. Mitterrand et Chirac qui part dimanche, nous laissent une dette de 1200 milliards d'euros !

Les rapports parlementaires, le premier de 1997, dit Marini, est très instructif (cliquez sur son nom pour le lire), nous indiquent que l'endettement a été englouti dans les dépenses courantes et jamais sinon peu dans les investissements. Le dernier rapport, dit Pébereau, confirme le diagnostic cancéreux, en ajoutant qu'il a métastasé partout pour un trillion de plus ! Nos enfants ont chacun vingt mille euros de dette principale à la naissance, plus les engagements pris par leurs parents pour les retraites publiques des forçats de l'Etat.

Ce fort déficit de fonctionnement nous prouve que le système est intrinsèquement pervers dès que la démocratie se putréfie en démagogie. Mais les Grecs de l'antiquité sans connaître Darwin, soutenaient que c'était son évolution naturelle. Chacun sait qu'il est impossible de renverser un processus de putréfaction et pourtant qu'entend-on ces jours-ci sur nos médias !

marianne d'argileC'est la contradiction majeure des offres politiques qui courent la campagne électorale. Aucun candidat n'arrive à prendre le mal à la racine car il lui faut au même moment aguicher l'électorat le plus large possible pour devancer son concurrent. Même un Le Pen a reculé sur la Dette. Pourquoi ? L'endettement faramineux de l'Etat a profité à plusieurs strates sociales abonnées aux subsides publics directs et indirects. Il n'y a pas que les assistés professionnels de l'Etat providence. Certains ont épargné les fruits de la Dette, d'autres les ont investis pour établir leurs familles ! D'autres encore les ont expatriés. L'Etat a intoxiqué la Nation.

Quelle méthadone politique pourrait suppléer à cette addiction ? On n'en connaît pas, sauf l'enthousiasme collectif dans un dessein mobilisateur allié à la conviction d'une justice sure. Le chantier est cyclopéen !
Tant mieux !

Ne pourrions-nous articuler un programme de réhabilitation de l'Etat sur deux générations, en pérennisant l'effort sur l'axe choisi par l'instauration d'un pouvoir monarchique adapté à ce Grand Oeuvre ? Il faut vendre ça à nos concitoyens.

Comme nous sommes sûrs du diagnostic et que nous réfléchissons depuis cent ans au moins sur le protocole médical pertinent, notre "secrétaire perpétuel de la Nation" pourrait en deux générations seulement faire la preuve de la supériorité du régime monarchique sur la démocratie de marché-couvert actuelle.

Mais pour réussir, encore faudrait-t-il fermer la porte étanche entre la passerelle de commandement et le pont-promenade des moeurs sociales, sinon certains amalgames avec les porteurs de pancartes de la revanche ruineront le projet avant qu'on ait pu en développer l'argumentaire devant tous.
On y reviendra.

mercredi 7 mars 2007

Eugénie de Bourbon est née

Première photo de la petite princesse publiée par le blog officiel Princesse Eugénie :
Eugénie de Bourbon dans les bras de ses parents
Verseau précessionné équinoxial du 5 mars ou faux Poissons, fête de la Sainte Olive, 2007 année du Cochon d'Or, 3700g et 52cm, la maman et le bébé né à Miami se portent bien.

Premier horoscope : Eugénie aura par-dessus tout besoin de liberté, envie d'être indépendante et de faire à sa guise ce qui lui semblera intéressant. Elle ressentira les situations imposées ou qui ne s'ordonneraient pas selon ses désirs, comme une contrainte oppressante. Elle aimera décider et agir seule, et ne pas avoir à se soumettre à des conventions. Olive n'est pas la fiancée de Popeye pour rien. Elle aura l'intention de s'affirmer et d'être à la hauteur des problèmes rencontrés, en sachant maîtriser les difficultés. Elle désirera que sa fiabilité et sa compétence soient reconnues et appréciées à leur juste valeur. Elle aura besoin de contacts et de relations stimulants, mais sans contraintes, afin de pouvoir élargir son domaine d'intérêts et son expérience. Elle attendra de la nouveauté, de l'alternance et du changement, même s'ils font tout voler en éclats, qu'ils lui apportent les satisfactions enviées. Elle sera championne de polo comme papa !

Eugénie est le prénom de sa trisaïeule Ena, princesse de Battenberg et reine d'Espagne. Une histoire d'amour entre les maisons d'Espagne et d'Angleterre.

Victoria-Eugénie de Battenberg reçut son double prénom de sa grand-mère la reine Victoria et de sa marraine d'origine espagnole Eugénie de Montijo, impératrice des Français. Née au château de Balmoral, elle fut élevée à la cour par sa mère Béatrice, cinquième fille de la reine Victoria. Son père étant de noblesse allemande mais deux étoiles seulement elle aura le prédicat d'altesse sérénissime jusqu'à ce que plus tard le roi Alphonse XIII, en visite à la cour du roi Edouard VII pour faire ses compliments à la princesse Patricia de Connaught avec la ferme intention d'en faire sa reine, ne la remarque au dîner et ne la trouve plus qu'à son goût. La princesse convoitée avait entretemps décliné. Il lui fera une cour assidue tant et si bien que le roi Edouard la fera altesse royale, et que la jeune fiancée du roi se convertira au catholicisme.

Alphonse XIII et Victoria-Eugénie
Ena épousera Alphonse XIII le 31 mai 1906 contre l'avis de la reine douairière d'Espagne qui craignait plus le sang gâté des Saxe-Cobourg Gotha que l'éducation presbytérienne.
Elle aura sept enfants, dont Jacques le grand-père de Louis-Alphonse, et Jean le père de Juan-Carlos. Après quoi le roi la délaissera pour courir quelques aventures. Ena se consacrera au service des pauvres, aux hôpitaux et aux écoles, et réorganisera la Croix-Rouge espagnole. Séparée de lui dans les premières années de l'exil (1931), elle lui survivra vingt-huit ans et s'éteindra à Lausanne en 1969. Elle repose à l'Escorial.

Victoria-Eugénie de Battemberg, reine d'EspagneElle connut une existence difficile - le carrosse nuptial fut attaqué à la grenade par un anarchiste - et ne réussit pas à devenir populaire dans une Espagne abonnée au tragique. La reine-mère qui ne la portait pas dans son coeur - el veneno en la sangre - ne pourra rien lui reprocher de plus que l'hémophilie de son premier et de son dernier fils. Mais qu'y pouvait-elle ? Ena se montra digne de sa charge de reine, en épouse fidèle, mère attentionnée et veuve impeccable, ce qui lui vaudra une affection posthume des Espagnols qui ont compris bien des choses tardivement.

Elle fut la marraine de deux princes en vue, l'infant Felipe et le prince Albert II de Monaco.

C'est un bon choix que ce prénom pour la petite princesse de Bourbon. Nos coeurs chavirent de joie.


Plus sur la reine Victoria-Eugénie en cliquant ICI.

lundi 5 mars 2007

Les Tuileries c'est parti. Presque !

Tuileries.org bannière
Les Tuileries ont un site web pour leur reconstruction :
http://www.tuileries.org

C'est Jules Ferry qui au nom du gouvernement de la IIIè République avait pris l'engagement solennel de reconstruire le château. On a le texte au Journal Officiel (débats parlementaires, Sénat, 28 juin 1882). De Gaulle en avait caressé l'idée mais le Sénat ne lui en a pas laissé le temps. Par la suite on a sombré dans le "moderne" à part l'heureuse parenthèse de la Gare-Musée d'Orsay, sauvé par le président Giscard d'Estaing. Il serait temps de s'y mettre pour être prêt le moment venu ; le moment de la restauration bien sûr, mais ne le dites à personne.

Sous l'égide du comité national présidé par M. Alain BOUMIER, le projet le plus extravagant pour Paris chemine.

" Un élan au-delà des générations, des tendances politiques, des cultures et des frontières, pour un creuset où s'est cherchée et où s'est trouvée la France moderne."

LE BUT :

Promouvoir et mettre en oeuvre la reconstruction des Tuileries à l'identique, sans peser sur le budget de l'Etat ni sur celui de la Ville de Paris. Avec pour objectif de :
- rétablir l'harmonie de vaste enceinte d'art à l'ensemble Louvre-Tuileries en lui rendant le chaînon manquant (aucune loi n'a décidé de supprimer les Tuileries) ;
- terminer le Grand Louvre par la réédification de 20.000 m2 d'enfilades de réceptions, de salles de conférences et d'un musée des Tuileries ;
- reconquérir 2,5 hectares de parvis à l'endroit où les bosquets sont un lieu d'insécurité au coeur de la capitale, de tentatives d'enlèvement d'enfants, de mauvaises rencontres et de vente de drogue ;
- remettre en place la plus belle perspective urbaine d'Europe en restituant à l'Arc de triomphe et aux Champs Elysées leur vis-à-vis d'origine.

Le coût prévisionnel des travaux est de 300 millions d'euros, soit quatre fois moins que les travaux du Grand Louvre réalisés sous la présidence de François Mitterrand.


La galerie de la paix aux Tuileries
LA DEMARCHE :

Nous envisageons de faire évoluer notre Comité en une Fondation qui proposera à l'Etat un bail à construction en application de la loi N° 64-1247 du 16 décembre 1964. Sous le contrôle de l'Etat, la fondation aura la charge de reconstruire les Tuileries, puis d'en assurer l'entretien et la gestion. Au terme du bail, le terrain et l'immeuble seront remis gratuitement à l'Etat.
Le financement sera assuré, tant au niveau national qu'au niveau international, et dans une dynamique rassembleuse :

- par le haut mécénat
- par une vaste souscription populaire

" Le mouvement d'opinion qui se crée autour de ce projet montre qu'au-delà d'un aspect inattendu, il répond à une aspiration non exprimée mais très perceptible des Français et de ceux qui aiment la France."


L'effectif du comité est impressionnant tout autant que celui du haut conseil. Le renfort massif de la Cour des Comptes dévoile-t-il que nos conseillers-maîtres envisageraient de migrer en un palais de prestige ? Nous avons relevé quelques noms parmi des centaines : Otto de HABSBOURG, l'ancien président du Sénat MONORY, l'ancien garde des Sceaux TAITTINGER, Maurice DRUON de l'Académie Française, l'ancien garde des Sceaux Jean FOYER, Jean DUTOURD de l'Académie Française, Jean TULARD de l'Institut, l'ambassadeur FROMENT-MEURICE, Philippe SEGUIN, président de la Cour des Comptes, le général GALLOIS, Louis-Napoléon BONAPARTE WYSE, Jean des CARS, Paul-Marie COUTEAUX, Hilaire de CREMIERS, Alain PAUCARD, Pascal SEVRAN et Zappy MAX. N'eut-il été appelé à d'autres fonctions, nul doute que le cardinal Ratzinger de l'Institut, y serait aussi.
Quelques représentants de familles illustres et des absences remarquées.

Le site Tuileries.org est très riche, avec un Dictionnaire très bien fait et surtout un album photographique d'époque qui nous plonge au coeur de l'aventure. La table des matières est la suivante :

1. Le Comité National en neuf chapitres
2. L'ensemble Louvre-Tuileries, dix chapitres dont l'album et la bibliographie
3. L'histoire des Tuileries
4. Pourquoi reconstruire, c'est la pierre de touche du dossier
5. Dictionnaire des Tuileries
6. A l'Institut
7. La reconstruction, c'est la partie essentielle, neuf chapitres pour tout comprendre
8. Revue de presse
9. Adhérer, librement, en français, hongrois, allemand, anglais et russe


Ceux qui ont de la suite dans les idées ont prévu d'apposer la plaque confédérale en hommage aux Gardes suisses massacrés le 10 août 1792, non sur le mur de la Chapelle expiatoire comme on l'avait prévu, mais dans le grand escalier même du château où beaucoup périrent bravement.
le grand escalier des Tuileries
A ce sujet signalons que la pétition Vallet-Baux continue avec de bonnes chances d'aboutir; et que Swissinfo s'en est fait l'écho dans un long article sur le massacre du 10 août.

samedi 3 mars 2007

Notre avenir flou

sphynx
Que veulent les royalistes ? Un roi, mais encore et lequel ?
Si le principe monarchique était le seul à guider leurs espérances, ils parviendraient relativement vite à une synthèse dans l'application des "lois du royaume" au monde contemporain, que les rois ont quitté depuis 160 ans bientôt. Nous nous recentrerions sur l'essentiel : pérennité de l'état qui shunte les gouvernements majoritaires ou coalisés successifs, incarnation de la nation, réceptacle unitaire de l'affect populaire, modérateur politique, chef des armées et in fine arbitre du dernier recours. Selon l'évolution de la réflexion nationale, la crémaillère pourrait prendre un ou deux crans sur l'axe d'effort essentiel du pays à long terme, mais pour cela faudrait-il encore que le pays se connaisse un dessein, ce qui n'est plus notre cas.

Dans le billet précédent nous arguions de la connaissance intime des familles royales voisines dont dispose le peuple pour privilégier une réforme de la pointe de la pyramide actuelle sans trop bouleverser les habitudes prises et les intérêts catégoriels, à commencer par les prébendes héréditaires de la classe politique. Jusque là tout va bien, à peu près bien, mais les choses vont vite se gâter si on accroît le champ d’application. Deux éléments sont à prendre en compte : l’amalgame régime et social ; la divergence des desseins.

Régime politique et société

La dispute au sein du milieu royaliste va être déclenchée déjà par la fusion souhaitée par beaucoup d’entre nous entre l'étage de la construction politique et l'étage social, ce dernier comprenant bien sûr la religion traditionnelle du pays. Le roi doit être, dire et faire ceci et cela, et surtout pas cela et ceci. Et chaque obédience de pousser son catalogue d'intransigeances, qui a le gros défaut d'être fort différent du catalogue de l'obédience soeur, cousine ou voisine.

Le ton monte vite dès lors que vous critiquez, selon une optique strictement constitutionnelle, les proclamations définitives de ceux-là sur des questions subalternes de société comme l'avortement, l'immigration, le sida et l'abstinence, l'éducation religieuse, l’érection des mosquées, les allocations familiales et plein de choses qui ont rétrospectivement un écho certain de la France d'Ancien régime, mais qui, d'un point de vue strictement politique, sont accessoires voire étrangères au système monarchique. On appelle cela les valeurs royalistes sans se douter que ce disant, il y a captation d'héritage, ou plus justement bourrage.

Le bâton de fer dans la roue du carrosse est le droit canon catholique. Malgré le raccord a priori impeccable que l'on sait faire aujourd'hui dans le milieu ultra avec l'ancienne monarchie de droit divin que nous livrent les textes, on oublie un peu vite que le roi de France n'eut de cesse de prendre ses distances avec le saint Siège, jusqu'à caresser la tentation d'un pouvoir gallican sur le modèle anglais, ce qui aurait tranché le nœud gordien, non avec Dieu mais avec son vicaire. Les temps ont changé, les vicaires aussi, mais les ouailles qui restent, pas vraiment.

Soyons réalistes, dans un pays où quatre pour cent de la population passe de temps en temps le porche des églises, il est un peu présomptueux de brandir la lieutenance du Christ-roi dans la parfaite obéissance au saint Père. Si la collusion semble encore aujourd'hui irrémédiable, peut-être qu'à un pour cent elle décantera. Ce qui mettra mal les tenants d’un retour du roi par la re-christianisation du pays qui, dit en passant, dévoile une méconnaissance du haut et bas clergé de France. L’imaginer en fourrier de la maison capétienne reste osé, même s’il y a des exceptions.

Divergence des desseins

L'autre pierre d'achoppement est plus grave car elle empiète carrément sur le domaine politique et encombre le chantier de reconstruction de la monarchie : Quel est le dessein pour la France qui pourrait être ressuscité ?
Et là, ça par dans tous les sens.

Le mouvement majoritaire chez les royalistes est le mouvement souverainiste, avec une gradation qui épouse les partis "officiels" de cette tendance. Ca part du blocage autiste du Mouvement pour la France, passe par la vision adaptable du FN-MNR, puis par les socialistes patriotiques de Chevènement, pour finir à la LCR chauvine.

On se rengorge d'avoir atteint 55% de « non » tous ensemble au référendum constitutionnel dans une alliance éphémère des carpes et lapins. Ces 55% ne se retrouvent pas dans les décomptes actuels de la campagne présidentielle et les accédants probables au dernier rush ont tous appelé à voter "oui" sauf un. Sans faire un gros paragraphe sur l'Europe institutionnelle, un royaliste peut-il s'arrêter un instant sur le globe terrestre qui lui sert de bar roulant au salon ? Au pantographe du monde d'aujourd'hui et de demain, la France n'est plus une puissance, et ça lui coûte une fortune de vouloir le cacher. Elle a mieux à faire pour rester au premier rang que de jouer l'éternel contempteur de l'hyperpuissance. Encore y joue-t-elle en agitant, autant qu'elle le peut, les institutions militaires et diplomatiques de l'Union européenne, car "seule au monde", elle aurait depuis longtemps disparu des écrans radars, et ne serait déjà plus le premier des Petits. Ceci n'empêche pas certains souverainistes de réclamer pour la France à la fois un statut helvétique en Europe, au motif que "small is beautiful, la preuve !" et un siège prépondérant à l'ONU avec droit mondial de veto.

D’autres dont je suis, préfèrent un renforcement d’une certaine Europe pour atteindre la masse critique d’influence aux tables de négociations du Monde, et privilégient la solidarité atlantique parce qu’elle est la seule actionnable en cas de danger. Il y a bien d’autres projets, tous différents.

Quel est le dessein français caressé par les princes ? Difficile à déchiffrer.
L'un revendique ses droits depuis le Nouveau Monde et commémore à tout crin ; un autre s'avance comme prince français et chrétien, et se soucie d'abord du patrimoine du pays et des traces des Croisades ; le premier d'entre eux est fasciné par l'écologie divine planétaire et l'accès du Tiers-monde à l'eau, comme Danielle Mitterrand. Pourtant la séquence des questions est assez simple, surtout pour quelqu’un éduqué au sein de familles internationales comme le sont toutes les maisons royales. Quelques questions jamais ou rarement posées :

- comment assurer notre accès à l'énergie et aux matières premières, concrètement ?
- comment assurer la sécurité de nos populations vis à vis de menaces infiltrées, extérieures et en cas de guerre ouverte, concrètement ?
- comment inverser la dégradation de notre pyramide démographique qui mine la solidarité intergénérationnelle et nous pousse au conflit d'intérêts, concrètement ?
- a-t-on l'ambition de développer ce grec moderne qu’est la langue mathématique française, par tout le monde comme vecteur d'échanges de connaissances élitistes et comment, concrètement ?
- veut-on faire de lourds sacrifices de notre confort pour affûter la ressource d'intelligence qui est la vraie matière première de demain, et comment, concrètement ?
- quelle spécificité nationale voudrons-nous privilégier et promouvoir pour marquer notre temps sur l’espace de ce grand monde dont nous fûmes un repère, si nous en avons l'ambition ?
- quelle France risquons-nous de laisser à nos enfants si nous ne faisons rien ?

Si nos seigneurs veulent bien se donner la peine nous serions plus qu'honorés, partants !

Le dernier prince à déclarer (ou rappeler) ses choix est Sixte-Henri de Bourbon Parme à propos de la campagne présidentielle en cours. L’interview est sur France Royaliste. Il s'applique à donner quelques clés politiques et soutient les références souverainistes du Front national. Il a le mérite de la clarté.
Jean de France a donné une interview à Télé Star.
On attend le livre blanc du comte de Paris promis pour ce mois de mars.

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