mercredi 11 avril 2007

Adieux suisses

uniformes des Suisses de la garde

(i)
Nous étions trop heureux mon amie
Nous avions trop d'espoir et d'amour,
Nous croyons nous aimer pour la vie
Mais hélas, les beaux jours sont si courts
(ii)
Le bonheur dure peu sur la terre
Entends-tu tout là-bas le tambour,
Mon doux cœur je m'en vais à la guerre
Ne crains rien jusqu'au jour du retour
(iii)
Tes baisers étaient doux à mes lèvres
Ton sourire était doux à mes yeux,
Que nos larmes aujourd’hui sont amères
Donnons-nous le baiser des adieux
(iv)
L'ennemi a passé les frontières
Il a pris nos maisons et nos champs,
Défendons le pays de nos pères
Il faut vaincre ou mourir bravement
(v)
Compagnons, si Dieu veut que je meure
Retirez cet anneau de mon doigt,
Mon amie est là-bas qui me pleure
Dites-lui cette bague est pour toi
(vi)
Compagnons, si Dieu me prête vie
Ce sera le plus beau des retours,
Mon amie est là-bas, si jolie
Qui attend la douceur de l'Amour





Ce fut, dit-on, le chant qu'entonnèrent les Suisses de la Garde le 10 août 1792 avant leur massacre, quand ils se surent abandonnés aux révolutionnaires par le billet du roi qu'apporta D'Hervilly au péril de sa vie ! La fin tragique de Louis XVI dispose un interdit moral sur ses responsabilités quant à la liquidation de la monarchie capétienne. Nous ne le franchirons pas aujourd'hui, nous bornant à souligner que la race s'était de beaucoup amoindrie, à voir comme ses successeurs s'enfuirent à la première alarme, jusqu'au dernier qui attendit en grand uniforme de lieutenant-général dans un appartement de Versailles en 1873, le landau de Mac Mahon ! Mais brisons là.

Le coeur vaillant Jean-Christohe Vallet persiste dans sa démarche de commémoration du sacrifice des Suisses, régiments d'élite au service de la France depuis Louis XIII. C'est bien le moins que nous puissions faire pour leur fidélité au serment, même si ce genre de réaction apparaît incongrue de nos jours où aucune promesse n'engage plus, paraît-il. Les réticences semblent fortes chez les autorités, locales et nationales, à revisiter une page tragique de l'histoire de France qui amalgame la république naissante à la pire canaille que le peuple ait chauffée en son sein ! Les récits de cette page horrible qui nous sont parvenus, font frémir. Le site du Mémorial Gardes Suisses en présente quelques-uns.

Monsieur Vallet a donc adressé une lettre à chacun des candidats à l'élection présidentielle, que nous reproduisons ci-dessous. Je ne sais si tout à leurs sondages les candidats auront la minute nécessaire pour la lire, et la volonté de s'engager dans une réponse qui ne contribue pas à l'épicerie électorale. Nous verrons bien car Monsieur Vallet nous tiendra informés.


Madame, Monsieur,


Vous êtes candidat à l’élection présidentielle française pour 2007.
A ce titre, je me permets d’attirer votre attention, ainsi que celle de tous les candidats officiels, sur une pétition que j’ai lancée en janvier 2006 à la mémoire du service des Gardes Suisses en France et notamment au sacrifice de certains d’entre eux morts les 10 août et 2 septembre 1792.
Vous savez que suite au message de déposer les armes lancé par Louis XVI le 10 août 1792, six cent trente gardes suisses meurent dans d’affreuses conditions et seront jetés dans un vaste charnier, sur lequel sera édifié la Chapelle Expiatoire. Cent cinquante six autres, également sans défense, qui seront faits prisonniers, seront assassinés puis mutilés dans leur prison le 2 septembre 1792.

Le 18 novembre 2005, le Président de la Confédération Suisse, Monsieur Samuel SCHMID, assiste à une cérémonie privée aux Invalides, au cours de laquelle une plaque commémorative est dévoilée. Cette plaque, destinée à l’origine à la Chapelle Expiatoire, repose toujours aux Invalides.

Il s’agissait pour la France d’une occasion extraordinaire de rendre hommage à ce pays voisin qui de 1613 à 1830 fournit à la France un million d’hommes, dont la moitié ne reverra jamais son pays. Depuis 1831, à la dissolution du Régiment des Suisses a succédé la Légion Etrangère avec la même devise : « Honneur et Fidélité ». Le Chant des Suisses est toujours chanté par notre Armée.

A ce jour, la pétition recueille 1650 signatures parmi lesquels Michel DEON, membre de l’Académie Française, Jean RASPAIL, écrivain, Ghislain de DIESBACH, écrivain, François BLUCHE , historien, Jean-Christian PETITFILS, historien, Lady Antonia FRASER, historienne, Reynald SECHER, historien, René PILLORGET, historien, Jean de VIGUERIE , historien, de nombreux historiens, juristes, professeurs de nos Universités, militaires, descendant des familles de Gardes suisses.

J’ai naturellement contacté au fil des mois entre autres, l’ambassade de Suisse en France, le Musée de l’Armée aux Invalides, la Mairie de Paris, la Mairie du 8ème arrondissement de Paris, la Mairie de Rueil-Malmaison, la Nonciature Apostolique, la Mairie de Lucerne en Suisse, le Commandant des Gardes Suisses du Vatican.
Le Ministère de la Défense et le Ministère de la Culture sont au courant de la pétition.

En cette période électorale, il était de mon devoir de vous contacter, pour vous poser la question suivante :
Si vous êtes élu, vous engageriez-vous officiellement pour rendre hommage, au cours de votre mandat, aux Gardes Suisses ayant servi en France et faire mémoire de ceux qui sont morts assassinés en août et septembre 1792 par l’apposition solennelle d’une plaque à la Chapelle Expiatoire ?

Je reste bien entendu à votre disposition pour tous renseignements complémentaires afin que notre mémoire nationale ne fasse pas l’impasse sur les relations privilégiées qui nous ont unis et nous unissent encore à nos voisins suisses.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

Jean-Christophe VALLET
Le 27 mars 2007
Mémorial Gardes Suisses.
Cidex 62
21250 CORBERON


10VIII1792
La pétition nationale pour le transfert de la plaque commémorative du sacrifice des Suisses est à signer sur le site :
http://www.gardessuisses.blogspot.com/

 

vendredi 6 avril 2007

Appel aux jeunes princes

Ségolène RoyalLes quelques Mohicans qui suivent encore la piètre campagne présidentielle auront noté avant de fuir les interviews politiques, qu'aucun des quatre candidats en situation n'aborde la politique étrangère, encore moins l'Union européenne ni l'OTAN. Or dans le plus petit village de France on sait que de graves dangers s'accumulent qui mettent en cause ces domaines, et que tout n'est pas dit avec l'immigration, le CPC et l'identité nationale donnée avec le Smic !

On peut reprocher à juste titre aux journalistes d'utiliser le temps des candidats (surtout celui des petits) à leur poser des questions stupides plutôt que de pousser la question de leurs convictions intimes. Sur les chaînes numériques de seconde ligne les entretiens sont plus intelligents à croire que l'exposition du journaliste sur une "grande" chaîne l'abêtit. Leurs adresses tournent autour des mauvais sondages et de leurs consignes de vote au second tour. L'important est de désarçonner l'invité pour faire de l'audience chez la ménagère et cætera.

Mais les candidats seraient-ils si diserts que nous l'attendons s'ils étaient amenés sur ces terrains. On sait que non. Au motif que la politique étrangère n'intéresse personne en France - ce qui est faux quand on voit les élans de solidarité avec de lointaines victimes - nos ténors s'enrouent dans des querelles médiocres parce que le reste est miné. Un seul exemple, l'Union européenne : le vainqueur qui sera probablement un tenant du oui à la constitutions européenne, aura dû ramasser beaucoup de voix de nonistes pour arriver premier. Comment faire sinon se taire !

Ces questions réputées lointaines gèrent notre quotidien. L'invasion de produits manufacturés asiatiques destructeurs de nos lignes de production n'a aucune cause dans notre politique intérieure. Au lieu de perdre des milliers d'heures à construire le projet idiot des trente-cinq heures et des milliards à le vendre, le gouvernement responsable aurait mieux fait de travailler sur notre riposte à cette attaque économique. Ce n'est qu'un exemple, la liste est longue.

Jean d'OrléansQuand je regarde passer sur nos écrans les jeunes princes d'Europe je n'ai aucun mal à supposer qu'ils ont les connaissances requises dans ces questions internationales grâce à leur éducation familiale qui brasse toutes les nations d'Europe. Ces garçons parlent plusieurs langues, ont fait de bonnes études, sont pour la plupart férus de sport et s'intéressent au monde économique plus que ne le faisaient leurs parents. Ces jeunes princes sont dans le coup. Et même parfois leurs moeurs "modernes" déroutent les vieux royalistes.

Willem des Pays-BasLes conversations politiques qu'ils peuvent avoir avec leurs parents ou leurs amis qui sont aux "affaires" depuis un certain temps déjà, les enrichissent de bien autre chose que ne peut le faire la chronique discrète des magouilles républicaines pour nos candidats aux dents qui raclent ! L'expérience politique de monsieur Sarkozy se limite aux luttes d'appareil. Les bourdes, les bévues diplomatiques fleurissent de tous bords. On mélange gaillardement Sénégal et Côte d'voire, quant au Zambèze ... restons donc en Corrèze !

Emanuele-Filiberto de SavoieEmanuele Filiberto de Savoie a une ambition d'ingérence dans les affaires italiennes au motif que ce pays admirable en tant de domaines, et d'abord celui de la beauté féminine, mérite beaucoup mieux que les politiciens de rencontre qui le sucent. Il a créé en Italie une association "Valeurs et Avenir" comme socle de son activisme. Cela ressemble un peu à l'association "Gens de France" de l'héritier d'Orléans, sauf à souhaiter plus de vigueur à la transalpine.

Felipe d'EspagneQue pense Felipe d'Espagne de notre confrontation chaque jour plus dangereuse avec le sud de la Méditerranée ? Je l'ignore, mais le dernier voyage de Juan-Carlos en Algérie a dû être un cours complet pour le prince des Asturies. Parallèlement il doit tenir en piètre estime le freluquet Zapatero qui laisse diffuser des montages pornographiques de scènes pieuses pendant le Carême. Que les Espagnols supportent ce ministre-provocateur et somme toute très moyen, m'étonne. Sauf s'ils ont baissé les bras pour tout sauf leur bien-être personnel. Possible !

Frederik de DanemarkMais il y a aussi Willem des Pays-Bas, Frederik de Danemark, qui sont des princes de qualité de la même génération, capables d'indiquer les axes d'effort de la diplomatie européenne après synthèse des défis. Sans oublier Georg de Prusse qui se sert de la mise en valeur du patrimoine des Hohenzollern pour rappeler au peuple allemand que la République Fédérale actuelle aux liens distendus gagnerait avec sa famille la clef de voûte depuis toujours recherchée.

Georg HohenzolelrnQue ne forment-ils une Conférence "informelle" des princes d'Europe pour réfléchir ensemble à l'avenir de notre sous-continent ? Mais surtout de faire une synthèse de leurs réflexions à l'adresse des peuples inquiets. Il suffirait de confier la diffusion des recommandations de leur Conférence annuelle au prince Albert de Monaco pour qu'elles atteignent le plus petit village de la Creuse ou du Jura souabe.

En attendant, messeigneurs ...... les jeunes militants vous crient leur impatience ...
Oyez !

tract

jeudi 29 mars 2007

Nos aliens perdus

gare du Nord, mars 2007
Les échauffourées de la Gare du Nord à Paris sont l'écho amplifié des désordres ordinaires que subissent les banlieues de nos grandes villes. Champions du monde hors-concours des feux de voiture, nous avons l'audace de laisser nos dirigeants participer à la résolution de disputes inter-états quand les mêmes sont incapables de juguler ce cancer insurrectionnel dans leur propre circonscription de pouvoir, qui reste, quoiqu'on en dise, à leur portée.

Nul ne doute longtemps qu'il faille réformer en profondeur le grand attelage Education-Police-Justice après avoir dénoncé les dysfonctionnements de toute nature, y compris ceux d'intention. Hélas, la période incantatoire que nous vivons actuellement non sans une certaine honte par l'image que nous laissons transparaître au-delà de nos frontières, interdit toute analyse sereine et encore moins aucune décision. Ce président chalereusement sympa comme nous le disait hier Mazarine Pingeot (!), aura joué la politique du chien crevé au fil de l'eau jusqu'à la dernière heure de son mandat. Où est-il ? Au cimetière des éléphants ! Que veulent faire ses successeurs déclarés ? En parler ! Même le petit énervé qui se croyait d'Otrante saura nous tenir trois heures de rang à parler debout de nos lendemains qui chanteront l'ordre et l'emploi ! Encore que je choisisse ce disant le moins éloigné de possibles solutions. Le reste du plateau est carrément sous le niveau requis. Alors contre mauvaise fortune bon coeur, prenons le temps de relire la déclaration du comte de Paris au moment des émeutes de novembre 2005. Il y a beaucoup à prendre avant que d'envoyer les chars.

Henri d'Orléans" Afin d'éviter que le sang ne coule, que la révolte ou même la révolution ne s'installent durablement, ayons le courage de constater que toutes les politiques menées jusqu'à ce jour en ce domaine ont échoué. Les habitants des banlieues sont au bord du colaps. Le drame n'est pas loin.

Le premier volet de l'échec de la politique des banlieues concerne l'Education Nationale. Qu'elle soit laïque ou confessionnelle, l' école devrait avoir pour vocation première de forger des êtres humains, de former des citoyens libres et responsables capables de s'assumer et de s'insérer dans la vie du pays. Or depuis que les voitures brûlent, que les écoles partent en fumée et que le tissu économique de nos villes se désagrège, pas une seule fois je n'ai entendu prononcer les mots d'enseignement civique...

Une chose est vraie, bien que cela puisse paraître ridicule de nos jours, c'est que toute véritable politique doit être fondée sur des règles éthiques et ce dans toutes les sphères de la vie politique, y compris l'économie.

Or notre société qui se dit libre et civilisée se comporte vis à vis des faibles, des déshérités, des pauvres, des chômeurs, pire encore que du temps de la colonisation. L'appétit du pouvoir politique ou économique est devenu le seul moteur de l'ambition. On assiste alors au développement de tous les fanatismes, de toutes les escroqueries, à la prolifération des mafias, au manque généralisé de tolérance, mais surtout... à l'absence dramatique d'écoute envers autrui, cette écoute qui devrait être le début de l'amour du prochain et celui du respect de la dignité de l'autre. Le civisme c'est cela. En langage moderne; nous dirions fraternité et solidarité.

Le deuxième échec concerne un manque total de vision de la politique de la Famille en France. Qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, il faut affirmer le rôle prépondérant de la Famille dans toute société. Elle peut-être comparée aux diverses cellules du corps humain. Elle a un rôle de cohésion entre les générations et devrait pouvoir être un atout primordial dans l'éducation des enfants. Mais si les parents eux-mêmes ne sont pas, ou ne se sentent pas intégrés, quel soutien peuvent-ils apporter à leurs enfants ?

En effet, il est urgent d'aider la Famille et de la protéger. Ainsi, sur le terrain, le logement est un point d'ancrage, encore faut-il que ce soit un véritable logement et pas un taudis ou pire encore... Toute la politique de l'urbanisation est à revoir. Il est urgent, gauche - droite confondues dans une même volonté, qui existe certes, mais éparse, de dégager un plan Marshall, un Grenelle, peu importe le nom pour l'avenir.

Cet engagement devra être tenu quelque majorité qui gagne demain ou après demain. Car la politique de la ville et celle de l'aménagement du territoire, son corollaire, sont par essence des politiques à long terme. Ce long terme doit pouvoir être garanti aux Familles. Cela fait partie de l'espoir.

Mais pour sauver du désespoir près de dix millions de Français, pour effacer la haine de leur coeur, il faudra revoir totalement notre copie économique. Laissons de côté idéologies et théories, tentons ensemble avec bon sens d'inventer l'avenir pour que nombreux soient les Françaises et les Français qui puissent trouver enfin du travail. Ce n'est pas la mondialisation qui résoudra de nos jours le drame du chômage ; en revanche, je rends hommage à l'immense bonne volonté et même à la volonté de ceux qui, par le moyen d'associations, soutiennent les jeunes et les aident à trouver un dynamisme dans un présent si difficile et pour un futur meilleur.

Il va donc être nécessaire pour les décideurs politiques mais aussi pour les acteurs économiques, syndicats ouvriers, agricoles et Medef de se concerter, d’oublier tout égoïsme sectoriel et de dépasser certains privilèges pour se mettre au service de la France et de ces trente pour cent de Français oubliés sur le bord de la route.
Car la seule vraie politique, la seule digne de ce nom est celle qui est au service du prochain, au service de la communauté, au service des générations actuelles et futures.

Alors, seulement alors, les "Français-oubliés" pourront être fiers d'eux-mêmes et de leur contribution au développement de leur pays, celui dans lequel ils sont nés, celui qu'ils ont choisi : la France."

Henri d'Orléans
Comte de Paris, Duc de France
le 15.11.2005


jours tranquilles à Clichy

mardi 27 mars 2007

Chez la reine de Danemark


Ogier le danois dormant
Holger Danske, Ogier le Danois chez les Francs, grand pourfendeur de Sarrasins et de Lombards, dort dans les caves du château d'Elseneur. Il se réveillera quand le pays sera menacé ou à l'appel des cornes de guerre de l'empereur Charlemagne qui lui, enchâssé d'or en réparation du pillage de ses attributs de majesté et de son épée par ses successeurs, repose en sa bonne ville d'Aix-la-Chapelle.

Si les caricatures du Prophète des terroristes ne l'ont fait en rien frémir, pas plus que l'incinération des ambassades en Syrie et au Liban - d'ailleurs il aurait bien été le seul dans ce cas, vu le silence assourdissant des amis du royaume - il n'en sera pas de même quand on lui dira que le petit prince Christian, fils du dauphin Frederik, ne boit pas son lait d'aurochs dans un crâne de maure comme le veut l'étiquette du palais d'Amalienborg.

Il y a quelque chose de pourri à la maison de Danemark (... Hamlet ...) : le gentil poupon a été délaissé à la crèche municipale de Fredensborg par son aussie de maman. "C'est bon pour l'éveil et plus hygiénique car on y fait bouillir les tétines" a-t-elle déclaré à la presse en folie qui mitraillait à tout va. Les Danois adorent leur princesse des antipodes.

christian de danemark
Le royaume le plus craint d'Odin s'est soumis à une reine, et dispose d'un prince consort français, Henri de Montpezat. Comment les Grands Danes ont-ils pu dédaigner la loi salique ou ce qui en tiendrait lieu au pays des brumes éternelles, et confié leur destin au sexe faible ? Le royaume est-il disponible pour un prince étranger qui y ferait sa loi et le vendrait pour une couronne symbolique à un homme d'affaires canado-smyrno-arméno-hongrois comme l'OM. A l'évidence, non ! Idem pour Bernadotte en Suède.

Margrethe II de DanemarkAlors je voudrais connaître plus à fond cet argument de francité qui bride en France l'abandon de la vieille loi salique, au motif que le trône passerait dans des mains étrangères, forcément hostiles. Des reines, on en trouve régulièrement dans les royaumes du Nord. En Grande Bretagne, aux Pays Bas ! Et aucune fois l'on n'a vu "partir" le royaume. Peut-être dans notre "monde" royaliste (j'allais donner du "mouvement") est-il dangereusement progressiste de prendre en considération les moeurs du temps. S'il y a une vie après la mort, les Mérovingiens qui furent dépêchés en nombre dans ce fameux Walhalla qu'on leur rebaptisa Paradis, doivent pouffer de rire devant leur PS-III céleste, à nous savoir encombrés d'une vieille loi franque qu'ils ont sans doute depuis longtemps oubliée.


Emmanuelle de DampierreSur terre comme au ciel, de nos jours les walkyries commandent ! Regardez l'autorité de Bernadette Chodron de Courcel (yellow coins), l'agressivité naturelle de Simone Jacob (unveil my heart), l'arrogance propre aux sots de Marie-Ségolène R., le gant de velours cachant la main à claques de Cécilia Ciganer-Albeniz, et on y passerait une heure à faire des comparaisons avec leurs homologues masculins. Mais rien que pour le fun, opposez les caractères morphologiques de ... Marie Drucker et François Baroin, Céline Dion et René Angélil, Clara Lejeune et Hervé Gaymard, Charlotte Rampling et Jean-Michel Jarre, Nadine Lhopitalier et Edmond de Rothschild, Simone Signoret et Ivo Livi, Bonnie Parker et Clyde Barrow, ... rien n'interdit un meilleur gouvernement des femmes, si rien ne le garantit non plus.

Le gouvernement des hommes ne se limite pas à l'haltérophilie, sinon il n'y aurait partout que des dynasties basques. Les chances d'avoir une pointure sont les mêmes dans les deux sexes, et d'avoir une cloche tout pareil. Les Français risquent bien de nous le montrer dans quelques semaines.

Alors pourquoi cette discrimination qui procède sans doute de Néandertal et de la chasse à l'ours ? Où est l'erreur d'origine ? Dans le péché du même nom au jardin d'Eden, si l'on en croit la légende hébraïque de la Genèse.
Tuons à y être tous les serpents, et interdisons le cidre de pomme !


Vive la Reine !


armes de la maison de Danemark

lundi 26 mars 2007

Communautés européennes

Angela MerkelLa Communauté européenne a 50 ans. Son avatar ultime, l'Union européenne, se dispute la sciure du cirque constitutionnel au lieu de se battre sur le théâtre de la globalisation. Grâce aux Gaulois, épaulés par les Bataves, l'élan s'est brisé. Pour faire quoi ? Il n'y a pas de Plan B contrairement à ce que prétendaient les pourfendeurs du Oui. Angela Merkel dans sa déclaration qui va passer à l'histoire sous le nom de Déclaration de Berlin, n'est pas effrayée par la difficulté, elle qui a vu l'impossible, l'effondrement du Mur, de Berlin justement. Elle donne juqu'à 2009 pour qu'une règle du jeu efficace soit instituée quelque soit le nom qu'on lui donnera. "Si l'Europe est divisée, elle trébuche plus rapidement que certains ne le croient. Il faut sans cesse s'engager pour préserver et réaffirmer l'unification européenne, c'est la tâche qui sera la nôtre à l'avenir". Ce qui se traduit par : "Je prends la main !".
Cette finition institutionnelle est le champ magnétique qu'il faut appliquer à l'Union pour retrouver un "sens général". En attendant que les profiteurs polonais se décident et que les Allemands payent, occupons nous de la limaille de fer populaire et tâchons d'y mettre un peu d'ordre.

Concentrons nous sur un phénomène qui nous interpelle tous, nous inquiète tous, nous agace aussi : la mutation multiculturelle du sous-continent avec sa composante islamique qui en effraie plus d'un. Il y a collision entre la civilisation celto-greco-germano-latine des premiers occupants, les born-and-bred, et les valeurs et comportements sociaux apportés par nos anciennes colonies. Horrible, l'empire renvoie ses traites que nous refusons. Nous avons mis trois mille ans à construire notre civilisation hybride et la voila mise en péril en moins d'un demi-siècle par sa confrontation généralisée avec nos aliens. Avant de défendre pied à pied les valeurs extraordinaires portées par l'Europe, nous pourrions nous interroger sur cette sensation de ventre mou mental qui nous laisse subvertir par des concepts issus tout droit du Moyen Âge, période oubliée que nous avons quitté le 29 mai 1453 à 7 heures du matin à Constantinople.
Tiens, connotation musulmane déjà, bigre ! Le multiculturalisme n'est pas une option politique mais un fait ! Serait-ce l'avènement de l'Eurabia Heureuse que nous promettent les gnomes de Bruxelles ? Beaucoup y croient, certains y poussent. Et de nous expliquer doctement que le face-à-face" date de la Conquête maure, et que la poussée sur les digues n'a jamais longtemps diminué. L'interpénétration n'est pas nouvelle, et elle ne fut pas systématiquement néfaste ou inutile. On peut égrener de grands noms comme sur un chapelet qui nous rappellent l'échange permanent de nos cultures, surtout dans le sens des intrants. Les sept dormants d'Ephèse, Averroès, Maguelone, Aladin, [......], Shéhérazade, Atatürk, René Guénon, Mimoun et Louis Massignon, lequel aurait déclaré avant sa mort (1962) :
" Si l’Occident n’a rien à attendre de l’Orient, s’il n’a que la peur à lui opposer, alors il faut reprendre partout le même mot d’ordre d'Henri Massis : Défense de l’Occident. Si l’Orient estime qu’il ne devra son salut qu’en combattant l’Occident, alors, c’est le djihad qui commence. C’est une vision apocalyptique qui a d’ailleurs un sens spirituel. Mais si l’Occident et l’Orient devaient s’enrichir mutuellement, à commencer d’un point de vue culturel, comme Dante en son temps, et Goethe, et Mohammed Iqbal, et Ali Shariati au XXè siècle, alors les choses en iraient tout autrement. Il y aurait même espoir que l’Occident et l’Orient en viennent à se rencontrer sur un plan spirituel !"
Ce qui ne veut pas dire "religieux", mais Massignon avait fait le tour de la question par cette formule. "Défense de l'Occident" avec quelles armes et sous quels motifs ? On ne va pas refaire la bataille de Lépante, la prise de Grenade ou le siège de Vienne. Nous ne sommes pas envahis par des armées conduites par un pouvoir politique conquérant, même si d'éminents politologues font des droits avec la submersion islamique et la gangrène wahhabite et salafiste. Des gens que l'on croyait sérieux sont tombés dans ce travers, à peine pour eux de remonter maintenant sur la route. C'est quoi la réalité ?

danseuse du ventreNous sommes pénétrés par des gens qui fuient de mauvaises conditions de vie, mais qui sont marqués depuis leur plus jeune âge par des rites, des codes, des lois, étrangères à nos moeurs voire incompréhensibles. Les experts (?!) disent que vers 2025 l'influence démographique de l'islam toutes écoles confondues culminera à dix pour cent. C'est beaucoup, l'Europe n'en recense aujourd'hui que 3% ! En attendant que les gouvernements européens s'entendent pour une réponse continentale qui nous dépasse et si nous ne souhaitons pas nous placer sur un plan géopolitique où les intérêts stratégiques et financiers occupent tout l'espace, il nous reste à observer l’Islam européen au quotidien sans s'enferrer dans la question de Palestine qui nous ronge depuis 1917, ni dans celle de la Perse qui annonce une apocalypse que nous allons conjurer. Sans oublier les autres communautés exotiques non musulmanes ; les Chinois sont pas mal non plus dans la défense et illustration de leur supériorité nationale.

On peut réfléchir à une démarche de pacification vigilante. Deux points me semblent prioritaires.

(1) Déboutonner le col de la chemise républicaine.

Afficher nos valeurs sans timidité à commencer par cette valeur rare de l'Occident, la liberté individuelle de faire, dire et penser. En l'appliquant au comportement d'autrui. Que nous chalent les voiles sur la tête des écolières, c'est leur liberté essentielle de se vêtir comme l'entendent leurs parents. La République en a fait tout un fromage qui est passé pour une brimade inutile aux yeux de nos voisins et clients. C'est parce que notre Etat ne laisse plus aucun espace de liberté dans notre société qu'il se mêle de vêture. Décrétons plutôt la liberté des uns et des autres de prendre leurs responsabilités, parmi lesquels les directeurs d'école, en déchirant la carte scolaire. Idem pour les professeurs qui viendront déguisés en towelhead barbu ou en hijab. Certains établissements proscriront, d'autres pas. Et après ! Les petites voilées auront le choix d'établissements ouverts ou pas à leur choix. Il n'est pas bien loin le jour où les voiles - étoiles jaunes modernes - sauteront par dessus les moulins comme les voilettes de nos aïeules car ils sont malcommodes dans la vie de tous les jours. D'ailleurs la saveur de l'interdit qui soutient une bonne moitié des carnavaliers, disparaîtra aussi. Mais de là à institutionnaliser le code hallal, sihk ou casher au niveau du conciliateur municipal ou du tribunal d'instance comme en Angleterre ou récemment en Allemagne, il y a un pas qu'il faudra se garder de franchir. Les nouveaux venus doivent comprendre qu'il existe ici comme dans leur patrie d'origine, des lois qui visent à préserver un certain "bien commun" et que s'y soumettre est obligatoire.

(2) Comprendre les problèmes verticalement, agir horizontalement.

Puisqu'on nous rabache qu'il faut compter sur eux, comptons-les donc ! Cessons cette hypocrisie française d'abhorrer les listes ethniques pour se rabattre sur le 99 de la carte de sécurité sociale. Comptons ! Entre autres bénéfices sans doute plus importants, nous évaluerons si les pyramides ethniques sont déformées, si des disparités dangereuses se créent, si des rancunes couvent. La discrimination positive est un leurre et une injustice à cause du siphonnage, mais la discrimination est positive jusqu'à un certain point. Elle demande à la population minoritaire un surcroît d'effort pour accéder aux responsabilités et elle écrème les meilleurs. Si les plus anciens dans le grade le plus élevé, pour reprendre la formule militaire, sont les surdoués de l'immigration - certaines communautés font un véritable festival dans les multinationales -, soit nous créerons des rancoeurs mûries par des cerveaux en les barrant des postes qu'ils méritent, soit nous barrerons les primo-résidents en acceptant ces surdoués étrangers en lieu et place des premiers. Dans les deux cas on est mal. Alors gérons les !

Le ferment primaire du conflit civilisationnel entre nos communautés n'est ni la ségrégation en banlieue, ni la couleur, ni la religion. C'est l'argent ! Inutile d'injecter de l'argent dans des communautés poreuses ou moralement ruinées. Par contre il faut réparer l'ascenseur social pour faire monter les volontaires aux étages où on ne sent plus la merde. Les membres d'une communauté qui accèdent au travail, fondent une famille, et s'endettent pour un pavillon et une Mégane, sortent du problème et ne constituent plus une menace. Si l'on n'y peut réussir pour tous, faisons leur croire que c'est possible. Nous l'avons bien cru nous !

Agir horizontalement. Les grands débats démagogiques, les grandes campagnes de sensibilisation aux feux de voitures, les grands ministères sont inutiles, les Restos du Coeur vont-ils entrer au CAC40 ? C'est localement que tout se joue. Intégrer les populations allogènes commence (et finit ?) avec les enfants. La base est l'éducation civique à la vie en société. Mais le régime républicain du moule unique est inadapté au défi, et il est dommage que nous n'ayons pas ce protecteur de la diversité qu'est le roi. On reproche d'ailleurs si souvent à l'Education nationale son endoctrinement néfaste au retour du roi, qu'il ne devrait pas être si difficile, ci et là, d'instrumentaliser adroitement les acteurs scolaires pour inculquer les bons principes de la vie en commun à nos chères têtes bouclées, et ringardiser les soi-disant valeurs culturelles qui ne sont trop souvent que des scories d'une sauvagerie primitive.

De même ce n'est pas le énième plan Boorlo qui va trouver du travail aux jeunes avant qu'ils n'entrent dans la Carrière ... du shit. Ce sont les acteurs économiques locaux qui peuvent ouvrir ou fermer les portes. Le CPE de Villepin leur était destiné. Les étudiants qui n'étaient pas du tout concernés en ont fait une montagne. Or le message à l'adresse des entrepreneurs était simple et efficace, embauchez sans vous prendre la tête, débauchez sans vous prendre la tête. On n'a voulu retenir que la seconde partie. C'est une faute grave et les banlieues ne s'y sont pas trompées. Il faut réinstaurer le CPE sous un autre nom, ou casser le code soviétique du travail.

belle rêveuseL'Europe change. Le multiculturalisme que l'on avait gommé par les lois jacobines ressurgit. Mais il est très différent. La mutation est en cours sur tout le territoire européen, et ce foisonnement qui fait peur, risque aussi, par les débordements de la compétition des églises qui agiront comme repoussoir, d'accompagner un effondrement de la foi dans toutes les religions. Les laïcs d'origine musulmane sont déjà bien plus nombreux que les fidèles. Les Asiatiques sont passés au Veau d'Or dans les pas des Juifs ! Les derniers chrétiens s'abiment dans la Charité car ils ne comprennent plus le message catholique.


légende des 7 dormants
Voila ! Je pense que nos chantiers navals sont incapables de lancer suffisamment de navires pour rapatrier nos immigrants et qu'il serait plus efficace de réfléchir à la meilleure façon de les phagocyter. Sûr que ça ne va pas plaire ! C'est fait pour.

vendredi 23 mars 2007

Les Epées 22 ont paru

illustration du titreLes Epées n°22 ont paru, sous le titre de saison "Les élections contre la démocratie". J'ai remplacé la couverture de Serge Degrim qui n'est pas en ligne par celle ci-contre, tout de mon cru.
C'est le dossier Politique qui sera le plus prisé de cette livraison au moment où les Français retrouvent un certain engouement pour les affaires générales. Vous ne serez pas déçus, on attaque par une enquête sur les contradictions du régime actuel qui part du postulat que le peuple souverain est indivisible.
Comment dès lors une de ses sections pourrait-elle obtenir une part supplémentaire, se demande JB Barthélemy. C'est le fondement de l'escroquerie idéologique dont nous avons parlé maintes fois.

Il démonte facilement le travail de sape constitutionnelle du président Chirac qui se démarquera de la pratique "monarchique" de ses prédécesseurs pour se fourvoyer dans la satrapie. Jamais président français et pas seulement de la Cinquième, n'aura méprisé autant le corps électoral Jamais président n'aura usé avec autant de cynisme des trous de serrure de nos institutions. Le préjudice est considérable puisqu'il a quasiment tué le régime gaullien, à tel point que chaque candidat prévoit d'abandonner le cadavre et renaître sous les oripeaux d'une nouvelle mouture, plus présentable ... aux gogos. Barthélemy désosse complètement la responsabilité politique du chef de l'Etat dans l'autorité de la fonction. Il faut lire Les Epées !

Petit slogan de Serge Degrim sur le mode de campagne de Ségolène Royal : Désirs d'avenir, la plus grosse carotte ayant jamais fait avancer un si grand nombre d'ânes.

L'article d'Hector Nissac sur les Néocons américains qui se termine en amalgamant le président français (qui ne croit ni à Dieu, ni à Diable, mais à Lui-même) ne m'a pas complètement convaincu. Je crois que la mise en oeuvre d'une politique néo-conservatrice par l'administration Bush puise sa source non tant dans les universités de Paul Wolfowitz et de Condoleezza Rice, mais dans le risorgiamento national que permit la grande statue creuse de Ronald Reagan, un sorte de super-Chirac mais qui réussit son coup par délégation : effondrement de l'empire soviétique. L'équipe soudée autour de Rumsfeld et Cheney entendait refaire la même opération avec le fils Bush pour établir définitivement la suprématie américaine sur le globe avant que les empires asiatiques ne prennent leurs marques. Pourquoi, aurait été intéressant à savoir. Que cette tentation impérialiste ait réuni en France feu JF Revel, Glusckman, Bruckner et Kouchner, qui se jettent maintenant aux pieds de Sarkozy, est subalterne. Mais la photo de GW Bush coiffé du Stetson est très parlante.

On arrive maintenant au billet de Marsala, Paradoxe de l'élection, qui fait la couverture du numéro 22.
La dialectique électorale est un duel à trois, l'homme politique, le journaliste, l'opinion publique sondée. Si l'élection est devenu dans la bouche de nos dirigeants le symbole le plus pur de la démocratie, ils n'ont eu de cesse de canaliser cette expression démocratique à leur profit exclusif par tous moyens de confinement. Le marketing qui ravage aujourd'hui la campagne électorale aboutit à un système médiatico-sondagier selon Emmanuel Todd.

Il est loin le temps ou Chirac nouvellement élu élargissait le champ constitutionnel du référendum pour rapprocher "le peuple" des institutions. Hélas, il révisera cette constitution maintes fois par les voies du Congrès de Versailles. La seule fois où il suivit les mauvais conseils de son cabinet (car lui ne pense rien) c'était sur l'Europe qui fut toujours le cadet de ses soucis sauf histoire de vaches, et son référendum lui explosa dans les mains.
Pourtant la démocratie directe garde sa magie au point que la candidate socialiste a inventé les jurys citoyens. Le reste de la classe politique a vu immédiatement le danger de remettre en cause le résultat des élections par les gogos pour lesquels elle se donne tant de mal. Cette liturgie du vote universel sacralise l'élu pour le temps de son mandat et la confiance populaire doit être aveugle puisqu'il incarne la Vérité révélée de la démocratie. Tout le reste est laisser la bride aux humeurs et aux modes.
A la quatrième page Marsala conclut : " L'élection au coeur même du système démocratique moderne, instaure des logiques, des principes, des pratiques, qui n'ont strictement rien à voir avec la démocratie. C'est ainsi qu'elle dévoile la véritable nature de [...] la démocratie : un bluff qui ne peut tromper que ceux qui veulent bien l'être ".

L'autre article du dossier "Elections" est d'Axel Tisserand. Le fil rouge en est Michel Barnier, le fil blanc, Pierre Boutang. Quelques citations pour vous faire regretter d'être trop jeunes pour avoir lu l'hebdomadaire La Nation Française dans les années 50-60 :
" Il n'est pas facile pour un peuple de se donner un chef. Après bien des soubresauts, l'ancienne France avait fini par penser que c'était à la fois dangereux et illusoire".

En septembre 65 il disait : "Le suffrage universel ne peut, finalement, que reconnaître une vocation - héroïque ou historique- à incarner l'unité de la nation et à procurer la continuité de l'Etat". Ce qui balançait une réflexion antérieure de 1964 : " Le pire serait, sous le nom de république [c'est à dire l'absence d'une tête de l'Etat], de risquer l'élection d'un partisan, ou d'un factieux, à la tête de l'Etat d'essence royale, c'est à dire e couronner la guerre civile". On y est en plein !

En janvier 67 il écrivait : "A l'intérieur de la démocratie, en son acceptation générale de la souveraineté du peuple, la France ne s'épargnera pas de choisir finalement, entre le pouvoir "oligarchique", ou principe majoritaire comme masque des partis et des factions, et le pouvoir "personnel", incarnation du bien commun et de l'unité politique en une personne vivante et libre, qui fonde la liberté de l'Etat". Mai 68 allait montrer que ça ne suffisait pas. Les partis reprendront du poil de la Bête jusqu'à aujourd'hui jusqu'à vouloir se sauver sur la peau de la Nation.
Bon, nous n'en sommes qu'à la page 19, il y en a 59 !

Quelques titres d'articles en vrac :
- Plaidoyer pour la représentation proportionnelle du Pr Rouvillois (à archiver, mais on y reviendra sur Royal-Artillerie par un billet entièrement consacré à la Proportionnelle)
- Nicolas Hulot ou l'élimination consensuelle (V.Lefort-Zelminska)
- Par delà toute idéologie (A.Tisserand)

Et une critique littéraire serrée et copieuse : bio de Marcel Aymé, Réussir sa mort de Fabrice Hadjadj, Combats Littéraires d'Octave Mirbeau, portrait de Guy Dupré, Contamination de Sarah Vajda, Voltaire méconnu de Xavier Martin, Mishima de Baatsch, Fortunes et infortunes des Orléans de Dominique Paoli, Japonisme de Lambourne (excellent), La Discorde de Brauman etFinkelkraut, Dictionnaire du snobisme de Philippe Jullian, et l'éreintage de Trémolet de Villers par Ibn Assidim !

A la fin, Entrailles de la Bête de Quentin Dorval, un exercice sur l'univers carcéral, à frissonner !

Il n'est pas besoin d'être royaliste pour lire Les Epées. C'est une revue de haut niveau qui vous en donne beaucoup pour 18 euros par an.


6 rue Henry Say
92600 Asnières

jeudi 22 mars 2007

Le Peuple et le Néant, spectacle

balcon du Palais Bourbon
L'affrontement des blocs antagonistes de la campagne présidentielle ne semble satisfaire personne, chacun reclassant son adversaire au fur et à mesure de sa propagande. A preuve la mobilité du curseur de la fracture politique selon le parti qui la dénonce ou s'en empare. Que les extrêmes comme les trotskystes mettent dans le camp ennemi tout ce qui est à leur droite, comme le fait l'extrême droite de tout ce qui est à sa gauche et qu'elle nomme "Establicheuminte", n'est pas nouveau. Où la chose est très pittoresque, c'est quand les grands partis recentrés dits de gouvernements doivent, à bout d'arguments électoraux, stigmatiser les propositions de l'adversaire en le rejetant par dessus la frontière gauche-droite qui finalement leur sert d'écran de fumée protégeant la vacuité de leur propre offre politique.
Toute la journée nous entendons ainsi les pachydermes du PS - on me dit dans l'oreillette qu'ils sont très fiers de cet emblème tant qu'on ne va pas jusqu'à l'éléphantiasis - traiter de droite les propositions de Bayrou et d'extrême droite celles de Sarkozy. Ce n'est pas que ce soit plus facile que de les démonter pour les combattre, c'est plutôt que le clivage gauche-droite est essentiel en démocratie parlementaire. Supprimez-le, tout est perdu, tous sont perdus. Le triomphe doit être grossier pour être savouré et les résultats étroits pour en jouir. Qui le dit mieux encore ?
Rouvillois dans le n°22 des Epées qui vient de paraître : " Cette règle qu'une voix de différence suffit pour faire que l'une des fractions soit le peuple et l'autre le néant ".

Si vous avez pu suivre les débats de l'Assemblée sur la chaîne parlementaire LCP, vous avez noté que le temps consacré dans les interventions des députés à cette stigmatisation de l'adversaire que l'on jette au-dessus la fracture politique, est important, autant même que le débat technique. C'est Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault qui ont le plus d'aplomb dans leurs convictions primaires, leur crâne finira au Quai Branly. La stigmatisation et l'amalgame idéologique qu'ils brandissent comme une épée prennent le pas sur l'analyse du projet soumis et sur la contre-proposition possible. Qui ça intéresserait d'ailleurs sur les bancs de l'Assemblée où souffle l'esprit du chahut estudiantin plus fort que celui des responsabilités devant l'Histoire ? Je comprends le mépris du bonapartiste Villepin pour la Représentation nationale qu'il traitait de connards ; mais il n'a pas intégré que cet affrontement, cet étripage, était vital pour la démocratie, vouée à rechercher cette majorité-plus-un adossée à la plus grosse minorité possible qu'elle va vaincre légalement. Tout est là, c'est le moyeu de la République ; à la fin de la guerre des mots il lui faut un survivant qui se repaisse d'un mort, sinon où est le plaisir.

Bayrou a décidé de ne plus croire à cette anthropophagie institutionnelle. Il pare le régime républicain de vertus inconnues jusqu'ici en France et construit une utopie séduisante mais éthérée d'un consensus national des Purs. S'il avance de vraies propositions, il les étouffe à l'instant par son projet de réconciliation au centre. Son schéma politique n'a pas le combustible d'affrontements qui fait vivre la république, république nouvelle pire encore que l'actuelle s'il la souhaite plus parlementaire en Sixième version ! A cet égard, l'UDF a déjà rédigé la 6ème constitution en 95 articles que l'on peut lire en cliquant ici.

Bayrou se fourvoie de bonne foi comme Hulot le ludion écologique dont la trace d'étoile filante est analysée par Valérie Lefort-Zelminska dans Les Epées (bis n°22) : " C'est bien l'ironie de notre régime que celui qui représente tout le monde (ce que cherche à faire Bayrou, ndlr) apparaît comme ne représentant personne, car la République suppose l'ennemi : celui qui est au-dessus des partis n'a pas d'ennemi, mais il n'a plus de pouvoir ".

Villepin pensifLe parlementarisme en champ clos que nous déplorons n'est pas un cancer politique, guérissable avec de meilleurs préceptes doctrinaux, mais un des travers de la société humaine. Si rire est le propre de l'homme, ratiociner "sous vos applaudissements" ne l'est pas moins. C'est ce que je fais à l'instant sans vous entendre. A tous ceux qui disent vouloir combattre le modèle démocratique d'expression des choix populaires par délégation pour passer à un régime autoritaire ou à la démocratie directe locale, je dis que c'est vouloir charger les éoliennes à la lance de don Quichotte. Même le comble de l'égalitarisme démocratique que serait une élection de nos représentants par tirage au sort dans le corps électoral (comme on le fait des jurys d'assises) se heurterait à l'inégalité de talents et de moeurs de la nature humaine. Il y aura toujours de bonnes idées mal défendues et qui chercheront un porteur vers l'auditoire, des médiocres qui s'en remettront à l'aisance dialectique d'autrui, des hommes ni droits mais adroits dont l'ambition naturelle est d'écraser les moins dotés et leur faire tâter de leur pouvoir. Les tribuns poussent naturellement sur la terre de France qui s'écoutent parler, surtout dans le Lot & Garonne ! C'est vieux comme les grottes de Lascaux. Contre tout cela on ne peut rien faire de mieux que cantonner l'énergie polémique à des étages subalternes où les dommages seront moindres ; la décentralisation aurait dû aspirer la foire d'empoigne parlementaire en régions et laisser se former un consensus sur l'essentiel au niveau de l'Etat central. Hélas ! La nation est prise en otage à chaque session, encore que les parlements modernes n'aient plus les pouvoirs discrétionnaires de leurs aînés du début du XXè siècle, et que les dommages soient finalement contenus. Il n'empêche que le peuple a coutume de briser les défenses corporatistes des partis politiques quand l'écart devient trop grand. Il faudrait aller jusqu'au bout et exploser le système partisan en décrétant la proportionnelle intégrale. Ainsi aurait-on au niveau de l'Etat le terreau de France sur lequel on rechercherait des consensus libérés des idéologies ; comme en Allemagne.

Mais la France est un cas spécial avec une nette tendance à l'autodestruction. Dans un souci ultime de préservation du bien commun le projet monarchiste demande d'extirper des joutes électorales et du processus de moisissement social les pouvoirs strictement régaliens dont nous avons déjà parlé dans ce blogue. Mais c'est aussi une certaine façon de libérer la Représentation nationale du poids écrasant des grandes exigences auxquelles elle ne sait toujours pas répondre ; à preuve la Dette qu'elle a voté année après année ; à preuve les réformes en trompe-l'oeil qui n'en sont pas mais satisfont les acquits de catégories nanties, dès lors qu'elles font du chiffre en suffrages. Peut-être que le recentrage du pouvoir législatif sur les affaires de société qui deviendraient alors les siennes en propre, l'obligerait-il à devenir sérieux !

Le continuum essentiel à la Nation n'a pas à être remis en jeu tous les cinq ans dans les mains partisanes, mais préservé et confié à des gens avertis qui ont le temps devant eux. Il s'agit de la justice, de la diplomatie et de la sûreté. Cessons de plaisanter avec l'avenir.

mercredi 21 mars 2007

Europe chrétienne aux Lys de France

couronnement de Charlemagne

Les Lys de France vous invitent à une double conférence chez les Soeurs de l'Enfant-Jésus-du-Mans à Paris.

EUROPE et CHRETIENTE

Ce vendredi 23 mars 2007
19 h 45 précises
3, rue Antoine Bourdelles, Paris XVe
Entrée : 6 € (Adhérent : 4 €)
Métro Montparnasse (Sortie N°2 – Pl. Bienvenüe) / Duroc

Au programme :

Claude ROUSSEAU
" Chrétienté et Europe des Lumières : un choc culturel "

Reynald SECHER
" Charlemagne, Père de l'Europe "

La conférence sera suivie d'une vente-dédicace autour d’un verre de l'amitié.




Petites notices sur les conférenciers

Claude ROUSSEAU
Agrégé de philosophie, maître de conférence honoraire à la Sorbonne, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes Politiques et Sociales. Il est un polémiste redouté et l'auteur de nombreux ouvrages, dont Machiavel, le Prince (1973), Tocqueville, la démocratie en Amérique (1974), L'esprit totalitaire (1977), Les illusions de l'Occident (1981), Le libéralisme, espoir ou péril (1984), Le totalitarisme (1994), Les illusions républicaines (1993), La Cité dénaturée (1997).
Membre de l'association des Amis de Guy Augé, il a participé à tous ses Colloques Universitaires : Les tyrannies ont-elles encore un avenir ? (Le Miroir des Princes - 2001), La notion traditionnelle de la guerre juste (La guerre - 2003), Aristocratie et modernité chez Nietzsche (L'aristocratie - 2004).
En 2001, il a apporté sa contribution au colloque organisé au Sénat par l'Institut de la Maison de Bourbon "La Monarchie, patrimoine européen pour le XXIe siècle" et placé sous la présidence de Jean Foyer, Ancien Garde des Sceaux.


Reynald SECHER
Docteur ès lettres, est notamment l'auteur de La Chapelle-Basse-Mer, village vendéen : révolution et contre-révolution (1987 - Prix de l’Académie Française), Juifs et vendéens, d'un génocide à l'autre (1991), Un prince méconnu : le dauphin Louis-Joseph, fils aîné de Louis XVI (1999) Prix Hugues Capet, La Vendée-Vengé : le génocide franco-français (1986/2006), Du système de dépopulation de Gracchus Babeuf (1987).
En 1993, il organise à Paris l'exposition "Vendée - Chouanneries l'Ouest dans la Révolution 1789 - 1832 " - Introduction du catalogue de Jacques Chirac, Maire de Paris. Il s'est spécialisé dans la publication de bandes dessinées historiques : Histoire de Bretagne, Vendée 1789 - 1801, Chouannerie, 1789-1815, Charlemagne, Louis XIV.
A la Chapelle-Basse-Mer, il oeuvre à la restauration de la chapelle détruite pendant la Révolution et projette d'ériger les statues de Marie-Antoinette et de Louis XVII.
Il est un des instigateurs de la pétition Luca qui circule en moment pour la reconnaissance du génocide vendéen.


Toute information par courriel auprès de :
nicolas.chotard@wanadoo.fr

blason Lys de France

Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07

www.royal-info.com



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