mercredi 3 juin 2009

TAM 89

exécution d'un ouvrierLe massacre de Tian-An-Men a déjà vingt ans ! Zhongnanhai¹ serre les fesses, d'autant que le fils de Zhao Ziyang, alors secrétaire général du PCC, édite à Hong Kong le "testament" politique de feu son père qui bat en brèche le prétexte invoqué par le premier ministre Li Peng pour lâcher la cavalerie sur une contestation populaire quasiment sans armes : « J'avais dit, à l'époque, que la plupart des gens nous demandaient de corriger nos imperfections et ne voulaient pas renverser le système politique. »
A moi, reste de cette affaire le souvenir de l'enthousiasme général d'une grande capitale qui croyait venue l'heure de la pérestroïka², une ambiance très décalée par rapport à l'indifférence générale des provinces qui suivaient avec inquiétude ce gigantesque charivari qui durait depuis un mois, et dont on ne voyait pas la fin, le pouvoir étant complètement muet. Dans les quartiers des corporations d'Etat, les employés avaient déserté leurs bureaux pour s'encanailler à la démocratie de voirie, mais les vieux chefs de services qui savaient déjà l'issue probable, avaient un mal de chien à les convaincre de revenir. Bien leur en prit d'entendre raison.

2 filles à vélo cachées sous un pontL'échauffement général faisait reculer dans les esprits toute possibilité de réaction brutale des autorités, malgré la loi martiale décrétée le 20 mai, dès lors que le Premier secrétaire Zhao était venu converser dans le camp de toiles avec les contestataires, et que le 38° corps d'armée de Pékin - constituée surtout de sursitaires - avait refusé d'entrer en ville, obligé pour ce faire qu'il était de prendre des barricades civiles à chaque porte. C'était sans compter avec la peur, celles des vétérans de la Longue Marche, celle de toute la nomenklatura retranchée dans ses privilèges exorbitants, derrière le vieux sage cracheur Deng Xaoping, communiste cynique que l'on persiste à louer chez nous comme le génie de la lampe !

Lui ne laisserait pas mettre en péril son ouverture économique, garante de la pérennité du Parti, par la chienlit démocratique. Ainsi les 27° et 28° corps d'armée, appelés de province pour se substituer aux troupes pékinoises, perceront-ils sans difficultés la ceinture éphémère jusqu'à parvenir à la place Tiananmen qu'ils nettoieront sans ménagement aucun dès la nuit tombée. Les pertes restent difficiles à estimer tant fut grand le désordre, mais elles varient selon les sources de 700 morts (agence Xinhua officieuse) à 2600 morts (Croix rouge chinoise).

La relation française de la révolte de Tiananmen sur la Wikipedia est très honnête ; nous vous y adressons, mais la vidéo ci-dessous est exemplaire :


Tank man, l'homme de Tian'anmen - 5 Juin 1989 -
par Rudy-D
Ne croyez pas que Tankman soit resté anonyme ou impuni. Il a ... "disparu".

Dans des extraits diffusés par avance de son testament, Zhao Ziyang proclame l'insurpassabilité de la démocratie occidentale pour consolider la réforme économique chinoise, au simple motif que, tous comptes faits, les pays de l'OCDE ont capitalisé une avance très grande sur le monde communiste : « En réalité, c'est le système occidental de la démocratie parlementaire qui a fait la preuve de la plus grande vitalité, avance-t-il. Si nous ne prenons pas cette direction, il nous sera impos­sible de gérer les conséquences du passage à l'économie de marché en Chine. »

la place nettoyée par les VTT
La suite lui donne tort, à l'évidence, surtout si l'on compare l'évolution des deux grands pays communistes, Chine et URSS. Celle-ci peine à s'arracher à son africanisation et commence à être colonisée par sa voisine en Extrême-Orient. La Chine dictatoriale quant à elle, est devenue le partenaire de référence dans la crise mondiale qui se déroule aujourd'hui. Elle dicte ses conditions au Monde à l'exception notable des Etats-Unis (et encore, on verra pour la Corée du Nord) et du Japon, qui restent les seuls contempteurs de même taille qu'elle. Le reste, y compris l'Allemagne, attend son bon vouloir, et se dispute avec elle sur des questions non stratégiques comme les droits de l'homme, le Thibet, la propriété industrielle, le dumping, la falsification des comptes nationaux, la tricherie légale, etc... rien de sérieux.

Est-ce à dire que la démocratie parlementaire occidentale soit incapable de gérer l'émergence d'un empire de 1300 millions d'hommes ? On ne peut l'affirmer puisque le schéma n'a été nulle part mis en pratique. La Chine bénéficiant du peuple Han, à la fois ingénieux et travailleur, donc susceptible d'adaptation rapide non contrainte, il eut été intéressant de faire cette expérience après 89.
Par contre, à voir l'état désastreux de l'Europe occidentale à mi-chemin du socialisme et du libéralisme, on peut douter de la pertinence de ce système hybride, qui par essence exacerbe tous les défauts des peuples assujettis et les perversités des régimes. Nous serons les derniers du Monde à quitter la Crise !

Ayons demain une pensée pour l'insurrection pékinoise et pour les victimes du dernier massacre communiste, encore de nos jours, assumé ! J'ai même trouvé hier des "explicateurs" de la voie unique : la répression à outrance.

restes humains chenillés


Note (1): Quartier névralgique du gouvernement central chinois à Pékin
Note (2): le Mur allait tomber le 9 novembre 89, soit six mois après



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lundi 1 juin 2009

Sondage Assises

bannière assises
Le questionnaire de la Conférence Monarchiste Internationale en vue de publier un état des lieux du Roycoland sous la forme d'un « livre blanc » a franchi au 31 mai 2009 le nombre de 1250 réponses exploitables ; c'est à dire que la population est suffisante pour que les techniques statistiques lui soit appliquées. Comme prévu au départ, ce questionnaire sera clos le 30 juin. Vos réponses sont accessibles pour corrections ou additions par vous-même avec le code identifiant et votre mot de passe en cliquant sur la bannière ci-dessus.

Comme le fait remarquer dans sa dernière circulaire Sylvain Roussillon, commissaire des Premières Assises du Royalisme, l'initiative n'a pour but que de révéler au bain de traitement la photo de la mouvance royaliste en France la plus ressemblante à la réalité "vraie". Quelques tendances déjà :

Les régions les plus motivées pour répondre sont Rhône-Alpes et l'Ile de France. Les moins : l'Alsace, la Bretagne et la Corse.

T'shirt Assises- Une réponse sur sept provient d'encartés des organisations royalistes, un tiers d'abonnés à la presse royaliste et deux tiers d'anciens membres défroqués des chapelles.
- Un bon quart des réponses est le fait de femmes ; et dans la même proportion on trouve des gens syndiqués ; mais le plus étonnant est qu'une réponse sur cinq arrive d'encartés de partis non royalistes.

La CMI insiste sur le fait que ce questionnaire donnera lieu à la publication d'un « livre blanc », synthèse et analyse des différentes réponses. Ce livre blanc sera incontestablement un outil prospectif et stratégique utile à toute la famille royaliste. Son secrétaire-général s'étonne d'autant plus du silence volontaire de certaines organisations royalistes quant à cette démarche de reconnaissance du Roycoland, silence vain puisqu'il n'a apparemment pas freiné les réponses de tous bords et surtout celles des inorganisés.

Pour avoir souvent mesuré des écarts parfois grands entre la parole portée par les organisations et les réalités de terrain, Royal-Artillerie soutient le sondage CMI et les Assises depuis le début, car on ne peut rien bâtir sur un sol virtuel ou rêvé. Nous pensons que ce livre banc sera aussi très utile aux princes qui disposeront enfin d'une image réelle du royalisme pour le moment déformée par le prisme des courtisans. Peut-être qu'une approche technique de cette mouvance politique avec laquelle ils sont en empathie suscitera-t-elle un positionnement proactif de leur part.

gouache
Je crois bien que nous pouvons voter déjà des félicitations préliminaires à l'équipe de la CMI.



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Filles du roi et soldats

logo filles du roi
Au hasard du surf, j'ai rencontré les filles du roi ... sur Internet. Descendantes des génitrices exportées en Nouvelle France par la commandite du roi Soleil, elles ont formé une association américaine dans l'état de Virginie, et pour ne pas rester entre filles, ont agrégé les descendants du régiment de Carignan-Salières au bon motif. Il est temps de présenter ces deux corps d'armée à l'origine du Canada français.

Le Carignan-Salières, soldé à 1200 hommes, est embarqué à la Rochelle pour Québec en 1665. C'est un régiment de prestige ayant appartenu au prince Pierre de Savoie-Carignan. Désargenté, le prince l'offrit à Louis XIV à la Paix des Pyrénées. Réuni au régiment d'Henri Chastelard de Salières dès 1659, il acquéra son nouveau nom pour entrer dans les armées régulières du royaume.
couleurs du carignanNormalement de huit compagnies à 50, il sera porté à vingt compagnies pour former le corps expéditionnaire de la Nouvelle France. Ces renforts provenant d'autres régiments enrôlaient des soldats et sous-officers ayant été engagés avec succès contre les Turcs dans la campagne de Hongrie de 1664, et cela créera la légende des "Croisés du Carignan". Sur le théâtre d'opérations canadien, il sera renforcé de quatre compagnies prélevées sur les régiments stationnés aux Antilles, et dès le mois de juin 1665, les colons français disposeront enfin de quoi tenir la dragée haute aux Iroquois qui ravagent leurs possessions. L'intendant Jean Talon, choisi spécialement par Colbert pour ses capacités de résilience, et huit compagnies supplémentaires seront débarquées en août et septembre de la même année pour attaquer les Indiens dans leurs fiefs et finir le travail commencé par le Carignan. La paix indienne sera signée en 1667.
Les compagnies rembarqueront aussitôt à l'exception de 4 compagnies à 75 qui resteront pour la sûreté de la Province. En 1671 lors du démontage des garnisons, 446 officiers, sergents et soldats se laisseront tenter par la colonisation proposée par la Couronne et subsides divers attachés à leur choix par un intendant avisé.
On dispose des rôles d'enracinement des soldats par seigneurie : cliquez ici.

Quand le "Carignan" est arrivé à Québec, les colons étaient environ 3200. Ce qui laisse comprendre que les 32 compagnies qui vinrent pacifier le pays étaient au total très importantes par rapport aux résidents, et donc que beaucoup de Canadiens français descendent du Carignan et des filles du roi. Qui sont-elles ces délicieuses ?

gouache des filles du roi par Milville
A l'inverse de la colonisation anglaise qui débarquait des familles entières, la colonisation française fut le fait d'individus plutôt intrépides qui s'adonnèrent à la trappe et au commerce des fourrures. Enrichis et bientôt sédentarisés, les trappeurs eurent vite le désir de s'établir pour de bon, avec femme, enfants et cheminée fumante. Le roi conçut le projet de pupilles royales issues de milieux modestes ou très défavorisés, qu'il prendrait en charge jusqu'à leur mariage auquel il contribuerait par un dot de cinquante livres. L'expression "Filles du Roy" n'est pas en ce temps péjorative et ce sont de vraies demoiselles qui à partir de 1663 débarquent à Montréal ou Québec au dispatching des bonnes soeurs.
Marguerite Bourgeoys, supérieure de la Congrégation de ND de Montréal, fut canonisée en 1982. S'y glissèrent aussi quelques filles de famille en rupture de bans. Contrairement à une idée reçue, les 800 pupilles ne sont pas des paysannes mais plutôt de pauvres citadines ou des enfants trouvées, donc peu adaptées aux travaux de la ferme. Elles n'en ont que plus de mérite d'avoir triplé la population de la colonie en presque 10 ans, démarrant ainsi une vraie colonisation de la Belle Province. Le recensement de 1692 décomptera 11075 habitants, sacré coup de rein.

logo Filles du Roy US
La Société des Filles du roi et soldats du Carignan est une belle initiative de généalogistes amateurs qui recherchent leurs racines françaises. Elle a été fondée en 1994 et l'accès en semble sévèrement gardé. Vous saurez tout en cliquant sur leur site :
www.fillesduroi.org


*Etude complète du Carignan-Salières et de la guerre indienne sur ce site canadien : www.laferreire.us
**Un accès Google-books à Marguerite Bourgeoys et les Filles du roi en cliquant ici.



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vendredi 29 mai 2009

Européennes d'outremer

miss MartiniqueLes élections au parlement de Strasbourg impactent directement l'outremer français, en ce que la majorité des dispositions qui les visent sont co-décidées¹ par le Conseil de l'Union européenne (les gouvernements nationaux) et le Parlement des élus de tous les pays.
Se souvenir aussi que la nouvelle Commission doit être adoubée par ce parlement et qu'il serait souhaitable de débarquer le président Barroso dans le projet d'annuler le monopole de proposition de lois de la Commission. Malgré les dispositions réglementaires, on s'aperçoit que la technocratie usant de son expertise arrive très bien à tordre le bras des pays au bénéfice de sa propre hégémonie. Et si le "gouvernement professionnel" n'est pas pour déplaire aux royalistes, faut-il encore qu'il exerce son pouvoir dans le souci du bien commun des peuples. Les résultats constatés jusqu'ici ont privilégié une idée fédéraliste qui ne fait pas l'unanimité, au détriment des peuples que l'on craint !

D'autre pays européens que la France agrègent à eux des souverainetés ultramarines, le plus directement étant le royaume des Pays-Bas et Caraïbes². Le Royaume-Uni est souverain sur de beaux restes³, le plus souvent des paradis fiscaux ! Et le plus gros morceau est au Danemark avec le Gröenland. Plus bas, le Portugal et l'Espagne considèrent leurs îles atlantiques autonomes comme quasi-métropolitaines, mais l'Union les a classées "ultrapériphériques", ce qui ne s'explique pas pour les Canaries puisque le méridien "zéro" de l'Europe impériale fut depuis Charles-Quint celui passant au droit de l'île de Fer (Hierro). D'autres pays européens possèdent des territoires outremer, comme la Norvège (Bouvet, Jan Mayen, Pierre Ier, Terre Reine-Maud et Svalbard) ou des curiosités comme les îles anglo-normandes ou les allemandes de la Frise.

navire dans la tempêteMais ces élections ont aussi une influence sur les pays du Tiers monde extérieurs à la Communauté européenne quand ils participent aux accords de Cotonou (ex-convention de Lomé). Ils sont aujourd'hui 79 qui peuvent bénéficier de systèmes techniques de stabilisation des marchés de denrées assez puissants, d'une aide au secteur minier et d'un accès plus rapide à la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement). Les Français qui vivent dans ces pays sont donc concernés par les élections européennes autant que leurs compatriotes des DOM-TOM. Il est de leur intérêt bien compris de se présenter à leur consulat dès aujourd'hui pour faire établir les procurations qu'ils adresseront à l'électeur de leur choix inscrit en France sur les mêmes listes qu'eux.

lys alliance royale
Appel de l'Alliance Royale aux Français d’outre-mer


Français d’outre-mer, le parti royaliste qu’est l’Alliance royale a formé une liste de candidats, afin de vous proposer de choisir parmi eux vos prochains représentants à l’assemblée européenne.

Il est courant de dire : les Rois ont fait la France ; il faudrait ajouter que ce sont eux qui ont ajouté l’outre-mer à notre pays, plusieurs départements de métropole étant français depuis moins longtemps que vous.

Aujourd’hui, la république semble parfois bien empruntée quand il s’agit de vos territoires, de vos départements, de votre vie, de votre économie.

Au contraire, pour nous, royalistes, ce n’est pas vous qui êtes loin de nous au point qu’on vous oublie, c’est nous qui sommes loin de vous, nous qui comptons sur vous.

A l’heure d’une construction européenne laissée à la libre initiative de grands partis mondialistes, nous avons besoin que vous réaffirmiez à nos concitoyens qu’avant d’être Européens, vous êtes d’abord Français.

L’Europe est une réalité, l’Europe est une chance, l’Europe doit progresser pour être forte face au reste du monde. Mais pour y parvenir, l’Europe doit être composée de nations dont l’identité est claire, sans état d’âme.

Les Français, quel que soit l’endroit du monde où ils vivent, doivent être solidaires de notre pays France, comme la France doit s’occuper de ses enfants, partout dans le monde.

A l’occasion de cette échéance, élisez des représentants qui ne sont pas otages du régime des partis, mais conscients de la France dans sa diversité.

Téléchargez et imprimez votre bulletin de vote sur notre site.


carte UE des PTOM

Note (1): Les domaines en co-décision sont trop nombreux pour être listés ici. Nous vous adressons à la wikipedia. De cette liste on peut noter les transports, la coopération douanière, la libre circulation des travailleurs, l'environnement et le fonds de développement régional.
Note (2): Aruba, Bonaire*, Curaçao, Saba*, Saint Eustache*, Sint Maarten (*)= communes néerlandaises de plein droit
Note (3): Anguilla, les Bermudes, les îles Caïmans, la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, les Falklands, Montserrat, les îles Pitcairn, Sainte-Hélène, le Territoire britannique antarctique, le Territoire britannique de l'océan Indien, les îles Turks-and-Caicos et les îles vierges britanniques.



polynésienne
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jeudi 28 mai 2009

Sarko d'Habi

cartes des bases françaises
Nous sommes plus engagés par l'accord de coopération militaire franco-émirien de 1995 doublé d'un "partenariat stratégique" que par le traité de l'Atlantique Nord ou que par les accords de défense françafricains, car il s'agit en fait d'un accord de défense automatique : « Si l'Iran attaquait les Emirats, nous serions aussi attaqués !» reconnaît le porte-parole de l'Elysée, et M. Sarkozy de le confirmer avant-hier, en inaugurant la base Harpon d'Abou Dhabi : « c'est dans les coups durs qu'on reconnaît les vrais amis ».
Il est à souhaiter que le dauphin Jean de Neuilly garde près de lui son paquetage, car il n'est pas pensable que des calculs commerciaux exposent nos armées au feu des missiles iraniens sans que le pouvoir n'y mette le soupçon de patriotisme nécessaire en la personne du fils du président, comme le font les Britanniques.

Rappelons quand même que ces accords nous ont permis de vendre des Mirage 2000 que nous espérons remplacer par 60 Rafales, des hélicoptères Tigre et quatre centaines de chars Leclerc dans une configuration si avantageuse pour le client qu'elle a coulé le GIAT¹ de Roanne. Nous visions une coopération industrielle dans le nucléaire civil mais Obama nous a soufflé le marché le jour de l'Ascension (p...taing de pont !).

bouquin Chirac d'Arabie (Grasset)Le bâton merdeux (plus facile à prendre qu'à lâcher) de l'accord franco-émirien est un legs ... de Jacques Chirac, le même qui a fait constitutionnaliser le principe de précaution ! C'est son ministre dans le vent François Léotard qui en 1994 concocta le piège à dents où nous pouvions glisser le pied, dans une rédaction de cabinet, difficile à obtenir aujourd'hui ; cabinet où sévissait un certain Hervé Morin, conseiller technique des relations avec le parlement ; parlement tenu à l'écart comme il en va aujourd'hui même des conditions de rehaussement des accords émiriens antérieurs classées sujet sensible et confidentiel.

Si l'on observe l'exposition française sur le Golfe persique, on peut justifier le point d'appui aux Emirats comme participant à la sûreté de nos achats d'énergie et huilant nos exportations en tous genres, d'abord militaires ; à la réserve près que cette zone s'appelait encore il y a trente ans la "Côte des Pirates", sous domination anglaise. Il n'est à l'Arabe d'ami qu'arabe. La fraternisation d'avant-hier ne doit pas nous faire oublier que nos "frères" trafiquaient, il y a peu, dans les tapis, les blanches, l'or, les pistaches et l'opium, et que nos valeurs partagées sont en réalité très rares. Pour le huilage, ils s'y connaissent aussi.

Quant à soutenir comme le président béarnais du MoDem que « cela signifie que la France peut se trouver engagée dans un conflit sans l'avoir voulu », on objectera qu'il est bien fini le temps où nous "voulions" un conflit ! Se targuer d'une diplomatie universelle implique l'exposition à des conflits de toutes sortes. On peut aussi replier les ailes et ne promouvoir au-dehors que les pastourelles inégalées de nos vieilles provinces : pour vivre heureux, vivons cachés!
Revirement stratégique dit Bayrou ? Désaveu de la "politique chiraquienne" ? Plutôt, persistance de la politique arabe de la France, exaltée par ce même président Chirac comme l'avait expliqué en 2006 l'excellent bouquin d'Aeschimann et Boltanski.

aviso Cdt BirotMais le volet bizness est plus visible aujourd'hui. Au moment où nous bombons le torse, nous aimerions que Téhéran baisse le son de ses centrifugeuses afin que Total puisse redémarrer le champ de gaz South Pars sans encourir les foudres de la Maison Blanche. Renault s'engouffrerait dans la brèche éthique pour accroître sa production iranienne de Tondar 90 (Logan rebadgée) à destination des marchés intérieur, irakien et afghan. Au nord, nous ne traitons plus le premier ministre irakien de trouduc (Kouchner, première visite à Bagdad débinant Jawad al-Maliki comme sursitaire) afin de renouer avec les coopérations sadammites interrompues par la paire infernale Bush-Cheney. S'ajoute à ce dispositif impressionnant celui du Quai d'Orsay traditionnel, bienveillance envers les Kurdes (legs de Pierre Rondot), ingérence pédagogique au Liban jusqu'au coeur du Hezbollah par le canal du général Aoun, indulgence vis à vis de la Syrie alaouite, miséricorde avec la Palestine émiettée par nos amis de toujours israéliens. Manquent à cette liste, nos amis francophiles d'Egypte et de Tunisie, en sus de nos relations spéciales avec le royaume chérifien qui a trébuché du pied gauche dans la confiance en achetant des F16 au lieu de nos Rafales, mais du pied gauche ça porte bonheur.

François Georges PicotCe panorama de la politique arabe de la France est un patchwork dans lequel nous ne distinguons pas d'axes structurants. Et pour cause ! Après analyse, ce désordre est justifié par l'absence de tout axe structurant dans le monde arabe, sauf une confrontation congénitale avec l'empire perse et une méfiance avérée vis à vis des héritiers de l'empire ottoman, nos deux alliés historiques (XVI° et XVII°).
Ainsi le monde arabe était-il pris jadis en tenaille dans les branches d'une pince, à l'ouest: la Sublime Porte et à l'est: la Perse. Nous avions nos entrées de longtemps quand par un heureux hasard les hégémonies autrichienne et anglaise n'en avaient pas. La liquéfaction de l'Empire ottoman dans les vapeurs des harems affaissa le niveau d'accès, ce qui provoqua l'invasion prussienne (Guillaume II) et l'expansion de l'empire britannique sur les champs de naphte, puis les accords Sykes-Picot au bénéfice de Londres.

Difficile donc de se réinsérer en situation d'influence comme autrefois, d'autant que notre loyauté a été remise en cause lors de la première guerre d'Irak (nous avons donné au Pentagone les codes des radars CSF irakiens), que notre pugnacité a été mise en doute par le refus à l'obstacle de Chirac et Villepin en 2003, et que le déploiement de nos "moyens" n'impressionnent plus grand monde s'ils le firent un jour, sur une zone envahie d'escadres. Nous sommes devenus un acteur technique, pas stratégique. Il vaudrait mieux jouer à fond la carte "expert" plutôt que celle des effusions dégoulinantes qui ne trompent plus personne, à commencer par les gens de notre protectorat libanais abandonnés aux bombardements israéliens pendant 34 jours en 2006, sous le menton vengeur de Pinarque d'Arabie, complètement gelé dans cette affaire, sans parler de la communauté copte persécutée en Egypte au motif scabreux de la grippe porcine sans que ne moufte le casher du Quai.

Aussi nos frères émiriens ne doivent-ils pas se faire trop d'idées quant au secours que nous leur apporterons en cas d'attaque frontale iranienne. Il nous faudra du temps pour mobiliser, si déjà Bayrou ne déclenche pas la grève générale des dockers de Bayonne.

carte des Emirats

Note (1): Groupement Industriel des Armements Terrestres devenu Nexter



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mardi 26 mai 2009

Presse papier

martin masse du québécois libre
Les publications sur support de bois mort sont en déclin accéléré partout dans le monde et jouissent de moins en moins du monopole de la pensée correcte et officielle qu'ils partageaient il n'y a pas longtemps avec quelques grands réseaux de télévision. Soyez certains que ça écoeure royalement bien des éditorialistes et chroniqueurs de journaux d'avoir à partager le terrain de l'analyse et du commentaire avec des blogueurs «non professionnels» et autres nouveaux médias de plus en plus nombreux et critiques, dont certains n'ont pas peur de remettre radicalement en question les «consensus» du petit monde de l'establishment médiatico-politico-universitaire (Martin Masse sur LQL).

C'est si vrai que nos politicien(nes) s'émeuvent que n'importe qui hors du contrôle de la "profession" puisse dire m'importe quoi que tout un chacun peut lire ... sans payer, en plus ! Ces orfraies persistent sur la nécessaire infantilisation de l'Opinion, incapable de jugement, qui, s'il lui advenait d'émerger à la conscience sociale et politique, rendrait inutile l'intermédiation de nos représentants élus ou non. Nous n'aurions plus besoin de Nadine Morano pour comprendre le monde de la famille ! Les journalistes sont sur la même longueur d'ondes, qui parlent de labéliser les blogues ; lire : "normaliser", "autoriser", "sanctionner", "récompenser", "détruire".

Si l'endogamie complice touche à sa fin dans le monde anglo-saxon - voir le dynamitage surprenant du parlementarisme britannique chez la Mère de toutes les démocraties - elle a de beaux restes en France où on appelle le contribuable à abonder au tonneau des Danaïdes de la presse qu'il ne veut plus lire. Sans doute le sauvetage participe-t-il de la préservation réflexe d'un "patrimoine" dans un pays sans projet. Or ce "patrimoine" s'avère médiocre pour ne pas dire pire dans bien des domaines.
'ti dèj et wifiSi vous avez un secteur que vous possédez à fond, vous pouvez mesurer l'écart de pertinence ou compétence entre les réalités et le discours du grand noeud volant qui s'en saisit dans votre journal préféré. Qu'apprend-t-on dans les écoles de journalisme pour que les jeunes professionnels soient à ce point nuls ? Le débat européen préliminaire aux élections du 7 juin mené dans la presse est du niveau de Détective ou du Crapouillot. Celui sur l'OTAN qui le précéda fut affligeant de banalités. Les journalistes courent à l'Audimat sur injonction de leurs rédactions et, comme il n'y a pas cent recettes pour obtenir les chiffres, le mimétisme fait rage, surtout dans l'audiovisuel qui aimante toute la limaille d'usinage d'une médiocrité impossible. Et les quelques exceptions comme la chaîne parlementaire ou Arte, de nous surprendre agréablement !

Internet et les radios d'actualités en boucle ont ringardisé les supports papier et plateaux dès lors que les nouvelles ne le sont plus tant que ça. Le bulletin radio de 06:30 me dit l'essentiel. La consultation de quelques fils "rss" complète l'information quotidienne avant 08:30 et quand je passe devant les kiosques, je sais déjà tout ce que les titres de la presse du matin me proposent. Deux unes pourront attirer mon attention, celle traitant d'un phénomène local, celle traitant d'un domaine spécifique qui excite mon impatience. Tout le reste a jauni.

Ainsi la presse nationale ne tire plus les jours fériés pour des motifs comptables, et recule-t-elle chaque mois, non sous la concurrence des gratuits puisqu'ils stagnent, mais sous la pression de l'indifférence. Le support et son mode de diffusion (nmpp) sont obsolètes. Et j'ai réalisé il y a quelques années que je ne lisais de quotidien avec avidité que le matin au petit déjeuner dans un hôtel à l'étranger ! Reste la question des contenus évoquée par l'amorce de ce billet.

Diplo et chocolatQui vais-je étonner si j'avoue qu'une demi-page d'Alliot-Marie ou de Kouchner dans Le Figaro me laisse froid. Les grands journaux sont friands d'entretiens et d'analyses fournies par des détenteurs de pouvoir ou des stratèges. Est-ce à dire que leurs journalistes ne peuvent plus emplir leurs colonnes ? Thèse, antithèse, synthèse critique, c'est un peu ce que l'on attendrait d'eux. Etre intelligents à notre place. Sur le fond, nous demandons au journaliste de penser pour deux, pour mille, cent mille, pour notre confort, et d'être donc un peu plus éclairés que nous-mêmes. Sauf quelques éditorialistes ronflants qui jouent un jeu toujours équivoque, la masse rédactionnelle déversée chaque matin en ville est du cirage de pompes, adroit certes, mais astiqué ! De toute manière pour accéder à l'information qui rapporte il faut être encarté au club.

Pour un parti politique, le champ de la communication est plus attrayant que jamais quand les possibilités foisonnent dans l'innovation permanente. Les résultats modestes que nous retirerons d'une participation à la campagne européenne qui dévore les énergies, nous convaincront-ils de lancer un grand portail de presse et le quotidien électronique qui va avec ?



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lundi 25 mai 2009

Boom Boom

SolanaJ'apprends au saut du lit que M. Javier Solana a fait des remontrances au gouvernement nord-coréen pour avoir détonné une bombe atomique sans sa permission. Si quelques-uns d'entre vous connaissent de vue cet ancien secrétaire général de l'OTAN muté à la Commission de Bruxelles pour y faire le diplomate en attendant un vrai ministère des affaires étrangères européen, il est sûr que cet apparatchik est le parfait inconnu à Pyongyang. La junte Kim connaît Ban Ki-moon le sudcoréen patron de l'ONU, Li Zhaoxing qui organise les trains de riz hebdomadaires, Hillary Clinton le cerveau diplomatique d'Obama et sans doute Bernard Kouchner car il est très divertissant dans ses effervescences jusqu'à le passer en boucle à la télé. Mais Solana ? What else ?

Le Quai sachant cela s'est fendu d'un communiqué lourd de sens dont l'amorce est intrépide :
"La France condamne fermement l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord et appelle celle-ci à s’abstenir de toute nouvelle provocation". Ce qui à destination va se traduire par : "ce n'est pas bien du tout, les mecs, tâchez de ne pas recommencer !" et Dear Leader de s'étrangler de rire dans son poumon d'acier !

Lee myung bakPassons dans la cour des grands. Pour tous les observateurs, c'est clairement Obama qui est testé par le test. L'ancienne équipe Clinton n'avait eu de cesse de critiquer l'approche brutalisante de l'Administration Bush-Cheney en lui opposant les résultats prometteurs que les missions antérieures¹ (James Kelly, Jimmy Carter) avaient obtenues à peu de frais, sauf d'intelligence. L'explosion atomique de cette nuit après le tir de missile à longue portée du 5 avril laisse comprendre que le gouvernement militaire de Pyongyang s'en tient à son calendrier de menace directe de l'Alaska pour blinder sa propre sécurité et marchander l'aide alimentaire. Ni les réunions du sextet (US,RU,CN,NK,SK,JP) en Extrême Orient, ni les rodomontades au pupitre onusien ne l'en feront dévier. Dissuasion classique du faible au fort qui ne peut jouer que dans la complicité de la Chine et de la Russie. L'une nourrissant le peuple, affamé par la recherche nucléaire et la surmilitarisation du pays, l'autre en tenant à distance l'établissement de bases américaines à l'ouest des Aléoutiennes et surveillant l'espace aérien critique. La guerre de Corée n'aura pas lieu malgré l'érection mentale qui saisit le gouvernement de Lee Myung-bak à Séoul, un faucon excédé par la danse du ventre américaine.

Kim Jong-ilObama est ainsi nargué par la "connerie en bottes de fer", et par quelque bout qu'il veuille saisir le dossier, il se retrouve à la merci de Pékin puisque la seule clé qui tourne dans serrure est pendue au trousseau de Hu Jintao : diminuer le nombre de convois alimentaires, corrompre des généraux, fomenter des troubles populaires et masser des troupes en frontière pour contenir les réfugiés, et briser la noix. Mais si Pyongyang utilise sans finesse le chantage à la vitrification du Sud ou du Japon, Pékin n'en fait pas moins en utilisant ce chantage à son propre bénéfice pour neutraliser un futur concurrent de poids que serait une péninsule coréenne réunifiée.

Dans cette affaire, nous avons trois modèles de régime qui s'affrontent. Les régimes de temps long (Chine et Corée du nord), les régimes calés sur un axe patriotique permanent malgré les alternances (Japon et Russie) et les régimes fondés sur la démocratie d'opinions qui changent de cheval à tout moment (Etats-Unis et Corée du Sud). Les régimes de temps long ont la main.

taro aso Il reste à souhaiter que les Chinois gardent un oeil éveillé sur l'échiquier et ne laisse pas passer un coup décisif dans un moment d'inattention car la course à la bombe serait lancée. Les Japonais peuvent en sortir une en moins d'un an et les deux ennemis héréditaires se retrouveraient dans la position de l'Inde et du Pakistan. Ça ferait beaucoup pour Javier Solana, d'ici là devenu Talleyrand de Berlaymont.

Note (1): http://archive.newsmax.com/archives/articles/2006/10/9/132140.shtml




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dimanche 24 mai 2009

Made in Qualité

M.LhoteM. Bernard Lhôte publie chez les Manants du Roi un billet offensif de fantassin, les pieds ancrés dans la réalité de ce monde que nous ne changerons pas de sitôt. Prenez la peine de le lire par ici, et revenez nous voir ou pas, l'important est plutôt de l'avoir compris lui.
Depuis ses premiers articles en 2005, Royal-Artillerie appelle à entrer en guerre au-delà de nos frontières dans le champ économique, en mobilisant tous nos atouts - que bien des pays nous envient - et en précédant cet assaut des réformes indispensables à son succès, dont la moindre n'est pas la désoviétisation d'un pays addicté aux cautères et gouverné par des minus.

Nous n'allons pas réécrire l'excellent billet de M. Lhôte, je lui pique simplement l'idée de la French Touch, mais avec les yeux d'Adjani dont nous sommes tous amoureux (ndlr : le rouge à lèvres est quand même trop clair).

Isabelle AdjaniD'où vient notre déclin économique ? La question dépasse ce modeste blogue râleur, mais on peut avancer que lorsque l'Allemagne était gouvernée en réalité par des industriels, que la Grande Bretagne l'était au même moment par des banquiers (des vrais), la France était conquise par les énarques, une classe hors-sol engraissée à l'idéologie socialiste comme des tomates de serre.
Quand nous subîmes les deux premiers chocs pétroliers (1974 et 80), notre industrie fut ébranlée, mais pas plus que celle de nos voisins. Du haut de sa pyramide, le pharaon d'Estaing décréta l'industrie obsolète, concept du XIX° siècle. L'avenir était aux services sophistiqués. Ancien ministre des finances du président Pompidou, il suivait le sillon tracé par ce dernier qui avait annoncé formellement que les retardataires à la modernisation qu'impliquait l'ouverture programmée d'un marché unique, disparaîtraient pour de bon. Je l'entends encore ! Raymond Barre parlait lui de canards boîteux.

Les énarques n'ayant pas de temps à perdre avec les petites merdes économiques (ils dorment avec la cocarde collée au pyjama), construisirent des échafaudages de ravalement pour les entreprises emblématiques du pays, laissant crever le tissu industriel de base encore foisonnant mais ramolli par le protectionnisme antérieur.
Bluecar BolloréCeci est la vraie explication de la disparition de l'industrie française, jadis une des quatre premières au monde, faite de PME et TPE comme le tissu industriel allemand que l'on admire aujourd'hui, et qui alimentait en pièces, composants et sous-ensembles tous nos grands assembleurs.
Dans les années soixante et soixante-dix, vous pouviez fabriquer un avion complet en région parisienne sans importer un rivet. Les usines du 9-3 sous-traitaient même des pièces pour l'industrie allemande, et la forge d'aluminium d'Issoire débitaient les hublots de carlingue pour Boeing. Aujourd'hui, même le sous-traitant lambda assemble ici des pièces importées.
Mais les aliens de l'ENA, parfaitement dénués de fibre industrielle - l'industrie, c'est comme la noblesse, une éducation familiale -, durent au bout d'un moment liquider les fleurons de l'empire qu'ils étaient chargés de relancer, faute de résultats en bon argent ; ils avaient pris tous les postes de direction et s'étaient voté des salaires. Le chef de fabrication (ex-contremaître) de l'usine de roulement à aiguilles de Vierzon fut remplacé par un polytechnicien ET un énarque. Partirent ailleurs ou moururent debout de grosses entreprises structurantes comme Creusot-Loire (leader mondial de la tole plaquée pour brise-glace!), Péchiney soldé à Alcan, Alsthom et Thomson à la découpe, Lip c'est fini (sic Messmer), etc...

Exocet 40La compétition s'est avérée cruelle, et la réplique largement insuffisante. L'économiste Elie Cohen estimait en 2003 que la France s'est dotée d'un système d'enseignement et de recherche propre à faire du rattrapage à faible coût et à bâtir une économie d'imitation, pas davantage. Aujourd'hui, il faudrait plutôt parler innovation, souplesse, essaimage, croisement des recherches. C'est loin d'être le cas, selon Cohen, qui stigmatise notamment le sous-investissement dans l'enseignement supérieur au profit du collège intégrateur et la coupure entre recherche et entreprises. La France est loin de cette tension vers l'innovation qui caractérise les Etats-Unis, où « on trouve en permanence à la fois des gens qui veulent du nouveau et d'autres qui veulent faire fortune en offrant ce nouveau...» !
Pire, les états-majors énarchiens qui ont délocalisé leur centres de recherche en Chine ou aux Indes, ont tous été surpris du niveau excellent des jeunes ingénieurs locaux, capables de développer les gammes sur place. Ces centres d'influx nerveux industriel ne reviendront pas.

C'est Tony Blair qui répondait à Chirac avec un sourire retenu que la globalisation va bien aux pays battants. Une position forte dans l'aéronautique, le spatial et les nanotechnologies change la donne et incidemment rehausse l'instinct entrepreneurial du pays. A l'inverse, que la France veuille se contenter de sa rente touristique et de services d'assistance à la personne, d'artisanat de proximité à faible valeur ajoutée, d'un ou deux groupes de bancassurrance, d'un ou deux groupes d'eau et d'un chantier naval sous perfusion, sans parler de l'acharnement thérapeutique aux morts-vivants, et elle en subira la traduction en termes de niveau de vie. C'est en cours. Par chance ils nous reste encore quelques pointures et des trouveurs qu'il ne faudrait pas dégoûter. En passant, la France devrait être depuis le début leader mondial du "bio", et dans sa tradition tiermondiste, leader incontesté du commerce équitable ! Mais passons d'abord ce marché avec nous-même, comme le demande si bien Bernard Lhôte, de produire en tout une qualité irréprochable, ce "Made in France" de jadis qui ouvrait tant de portes.

2 Rafales
Une balance commerciale créditrice est paradoxalement le vecteur d'une "souveraineté économique" qui prélude l'optimisation de nos dépendances appelée indépendance, et par dérive sémantique, la souveraineté tout court. L'excédent quand il est structurel, est d'abord un signe d'enrichissement qui donne une autorité dans les enceintes internationales de décision. Qui du gouvernement français peut l'ouvrir en séance et critiquer la mal-gouvernance ou la gabegie d'autrui ? Quelle autorité avons-nous en Europe où notre comportement démagogique met en péril la monnaie unique ? Nos gens n'ont d'autorité que sur la presse parisienne qu'ils menacent. A deux cents kilomètres de Paris, plus aucune.
Il faut faire et refaire l'inventaire de nos atouts et détruire les obstacles et les suceurs de roue, mais d'abord cette bureaucratie tsariste et ses codes impériaux complètement dépassés, et sans doute fermer l'ENA ou la revendre à l'exportation pour couler la concurrence.
Haut les coeurs dès après !


étiquette Chaval Blanc
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