samedi 5 septembre 2009

Une semaine ordinaire

Eric W.L'usine à gaz de la taxe carbone n'en finit plus de fumer, polluant tout le programme médiatique de rentrée du gouvernement. Ce blogue n'ayant pas vocation à infliger pareille punition à son distingué lectorat, nous éviterons la description du dispositif à l'analyse duquel vous convient certains sites dédiés aux exubérances bureaucratiques, comme celui-ci.
Sachez pour vos dîners en ville, que les niches fiscales sont en préparation préalablement à la fixation du prix de la tonne CO². Interdit de rire ! Le pronostic le plus trivial verse la collecte de la taxe carbone dans le déficit du budget général dès sa deuxième année d'application, avec les écrans de fumée habituels...

Il n'empêche que "Je-Suis-Obligé-de-Tout-Faire" prend la chose à son compte personnel : «La taxe carbone, je l’assume», a-t-il déclaré hier dans l’Orne. Reste à inventer le truc qui fera passer la taxe pour un non-impôt ; les gnomes bossent dans les galetas du faubourg St Honoré. A Seignosse (40), le tchat géant de l'UMP va phosphorer sur cette quadrature fiscale en menaçant de pisser partout si la solution n'est pas trouvée. C'est ce week-end au bord de l'océan que l'on taxera le gouvernement d'irrectoralisme, et Copé s'en pourlèche d'avance.

Brice H.A deux pas de là, le chef de la police cherche à arranger les choses entre les keufs et les djeunes. Il y va de la survie médiatique du kärcher, l'insécurité ne faiblit pas, au contraire. Le ministère Alliot-Marie est un échec retentissant. On va retirer les Taser aux nervis municipaux pour les distribuer aux petits commerçants. Plus sérieusement, Brice Hortefeux harangue ses préfets et ses directeurs, et le président de la République s'occupe de régler lui-même la confrontation de premier échelon. Il pense s'y connaître, Neuilly fut une excellente école pour gérer les apaches des "fortifications".

De cette semaine, on retiendra aussi la version pasteurisée du "casse-toi, pauv'con" qui devient dans la bouche du ministre de l'Intérieur : "no comment, pauvre homme". C'est de Girot de Langlade qu'il s'agit, celui qui voit des nègres partout ! En revanche, on ne retiendra rien de l'affrontement des deux gorgones du parti socialiste car je ne tire pas sur les corbillards, non plus que celui des deux salopes in-matables qui se crêpent le chignon pour une vieille histoire de topless salace !

Terminons par le plus important, et de loin : le show bizness américain annonce le retour de Whitney Houston dans un single "Million Dollar Bill". La voix est cassée, tellement que c'est un crèvecoeur pour ceux qui avaient la chair de poule sur Bodyguard. Moralité, ne fumez pas n'importe quoi. Ces temps-ci, prenez de l'amsterdamer pot plutôt que de l'afghan trafiqué par les Karzaï Brothers.


adresse si désactivation : http://www.youtube.com/watch?v=ydnsvn4ONcA

Un autre morceau mieux travaillé sur la table, mais qui laisse transparaître l'usure : I Look To You (la vidéo n'est pas exportable). On peut comparer avec Exhale (shoop, shoop) de 1995 qui indiquait déjà un début d'affaissement vocal. Le gap est sensible, ça me rend malade. Elle passe derrière sa grande rivale Toni Braxton, remontée des enfers elle-aussi, qui a délivré "Pulse" cette année :


Toni Braxton - Pulse (Prod. By Underdogs) 2009 sur Yahoo! Vidéo
adresse si désactivation : http://fr.video.yahoo.com/watch/5377791/14169873



Braxton
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vendredi 4 septembre 2009

Le Parti Pirate

logo PPKézako le Parti Pirate ?
C'est une machine à couler les droits d'auteur en organisant l'anarchie du téléchargement sur Internet sans le Pouvoir. "L'ordre sans le pouvoir" : connaîtraient-ils la formule qu'on les rattacherait à Proudhon mais ils n'ont aucun ancrage dans le passé. Leurs grappins ont été lancé à l'abordage du futur. Si ...! ils savent malgré tout que "la Propriété c'est le Vol". Enfin presque.

L'utopie proudhonienne a déjà percuté ailleurs : c'est l'affaire de la Communauté du Libre, GNU/Linux et Wikipedia pour les sachants. Son fondateur Rikhard Stallmann n'est pas un gourou gonflé au coquelicot afghan, il attaquait les copyrights classiques de manière construite en leur substituant les licences alternatives. Par le choix de telle ou telle licence, l'auteur définit précisément quelles libertés il souhaite accorder : liberté de reproduire l'oeuvre, de la modifier,... mais également sous quelles conditions il concède lesdites libertés : obligation de mentionner son nom, par exemple. De telles licences, de ce fait, si elles sont plus permissives que le "droit d'auteur" légal, sont tout de même plus contraignantes que le Domaine public, véritable cimetière des droits : on peut donc régir dans la liberté. C'est l'évolution qui attend le Parti Pirate qui va se dé-radicaliser pour embrasser plus large et gagner en efficacité ce qu'il perd en doxa.
Royal-Artillerie est édité sous une licence Creative Commons spécifique.

président KalkvingeC'est sa condamnation à trente millions de couronnes suédoises par un juge vendu au lobby des copyrights qui a lancé Piratpartiet en Scandinavie. C'est la loi HADOPI qui a lancé le Parti Pirate en France.
Combattre les droits d'auteur excessifs, les brevets de blocage et l'invasion de la sphère privée par la police d'Etat, l'idée est suédoise¹. Depuis 2006, l'affaire a pris des proportions jusqu'à ce que Piratpartiet fasse 7% aux Européennes et gagne un siège au parlement de Strasbourg pour son vice-président. Son homologue allemand a aussi un siège au Bundestag. Si ce n'est pas encore du lourd, c'est déjà du sérieux.
Quand je vous aurai dit que le parti est ultracapitaliste, vous aurez de quoi satisfaire votre perplexité :« Les conservateurs ne sont pas pour le capitalisme pur. Ils sont une espèce de poules mouillées sociales-libérales. (...) Je me définis comme ultracapitaliste, et c’est à partir de ce positionnement que je me suis impliqué politiquement. (...) La bataille maintenant se joue sur les droits des citoyens, qui est le sujet majeur. Plus important que le système de santé, l’éducation, le nucléaire, la défense et toute cette merde dont on débat depuis quarante ans. » (Rickard Falkvinge, président)

Ça change !
Enfin pas tellement : la filiale gauloise s'est déjà subdivisée en trois partis Pirate, le PPF, le canal historique (PPFCH) et le PP-Cérésiani qui est peut-être la taupe de Beauvau sinon de Solferino, comme en Corse ou en Roycoland. Faut pas désespérer des us et coutumes du royaume.

Pour finir, la première proclamation des candidats : rambouillet
Longtemps attendue, cette candidature est un signal fort à l’échelle européenne en faveur du libre accès à la culture et à l'information, le respect de la vie privée des citoyens et la refonte du code de la propriété intellectuelle, face aux brevets et aux droits d'auteur. Cette élection intervient, précisément, dans la période du vote de la loi Hadopi et précèdera l'ouverture du débat sur la future loi Loppsi : cette candidature porte la voix des citoyens qui souhaitent dénoncer les choix de société que compte nous imposer le gouvernement actuel.
Chaque voix compte !
Porteurs d'idées nouvelles, nous comptons sur chacune et chacun d'entre vous pour affirmer avec force vos convictions citoyennes. Si chacun d'entre nous le souhaite et se mobilise pour aller voter, alors, ensemble, nous saurons offrir à la politique nationale le renouveau qui s'impose pour relever les défis de notre temps, et envisager plus sereinement ceux à venir.
- Maxime Rouquet et Laurent Le Besnerais -


On les aura ! Sus à la 10° !

Plus sur le Parti Pirate en passant par la Wikipedia.


Note (1): ...d'où la voile de drakkar du logo



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jeudi 3 septembre 2009

De l'anarchie au roi

logo A+1L'anarchie est une utopie infatigable : l'homme né libre ne supporte pas le joug. Le boeuf, si ! Ceci explique pourquoi l'Etat est par essence un hongreur. Il lui faut couper les élans individuels en abaissant la testotérone par la normalisation minutieuse des moeurs, réflexes et pensées. L'Europe occidentale, pour s'en tenir là, a atteint un degré inouï dans le calibrage des citoyens-consommateurs, bien aidée par les médias de masse qui promeuvent le modèle accepté et débinent toute évolution libertaire. La liste de "tout ce que nous ne pouvons plus faire" est longue, et la perversité du blacklisting est dans le "bon motif". Chaque ligne de la liste est écrite pour mon bien ou préserve l'intérêt général, m'assure-t-on.
En fait, nos sociétés découragent le "génie" auto-porté et encourage l'entropie grise du format, si facile à gérer. Les royalistes n'échappent pas à cette tentation de réguler les moeurs et pensées, et se planquent les uns, derrière le catéchisme catholique, les autres, derrière le catéchisme maurrassien, d'autres de plus en plus nombreux, derrière le manifeste légitimiste. Mais quelle que soit la porte d'accès, il en résulte le même catalogue de "valeurs" incontournables sous peine d'excommunication. Finalement ils remplacent un Etat invasif et hostile par un Etat sympathique tout aussi invasif, alors qu'il s'agit d'abord de brider l'Etat.

L'anarchie est-elle la seule réponse ? Je serais plus enclin à la promouvoir si elle n'était pas si difficile, à concevoir d'abord, à appliquer ensuite. Il n'en demeure pas moins qu'une société anarchique n'est distinguée d'une autre que par les limites qu'elle publie à leur intention, limites qui marquent l'éloignement maximum du pôle de référence qui la représente chez les autres et dans les enceintes internationales de décision. Bien sûr, l'instrument d'une identité "anarchique" est refusé comme tout autre par les adeptes, mais c'est un premier réflexe qui s'estompe par le raisonnement.
L'institution royale peut servir de pôle d'aimantation à une société anarchique, sous réserve bien sûr que le magnétisme ne dérive pas en fourrier d'une autorité morale universelle. Le réglage fin de la dialectique entre un roi et l'anarchie n'a jamais été fait, à ma connaissance. Mais il n'est pas interdit d'y réfléchir (on me dit dans l'oreillette que l'interdiction ne va pas tarder).

affiche bombe
Redéfinissons déjà l'anarchie pour les retardataires : ses gourous proclament que « l’anarchisme n’est pas une de ces doctrines qui emmurent la pensée et excommunient brutalement quiconque ne s’y soumet pas en tout et pour tout. L’anarchisme est, par tempérament et par définition, réfractaire à tout embrigadement qui trace à l’esprit des limites et encercle la vie. Il n’y a, il ne peut y avoir ni credo, ni catéchisme libertaires ».
Au delà du "ni dieu, ni maître" des tatouages, cette philosophie politique récuse les cadres de l'autorité de tous ordres, laissant ses citoyens-atomes se moléculariser au gré des intérêts individuels dans la gestion des contraintes économiques, physiologiques et morales de la vie en commun. Ainsi deviennent facultatifs les cadres naturels et artificiels créés par l'espèce en évolution : il y en a quatre : la famille, le "cadastre" ou la propriété, la religion et l'Etat. L'explosion des cadres présuppose que "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".

Sauf à ne sélectionner que des bisounours en couveuse, il est bien évident que l'arrogance propre à l'espèce et le machisme biologique se conjugueront vite pour former des clans, des bandes, des sectes avec leurs codes, leurs haines ou leurs phobies, au détriment de la société du bonheur et du concept proclamé. Il conviendra donc d'assurer le minimum vital d'ordre à la société anarchique pour que foisonnent les libertés, que soient débondées les énergies individuelles et que s'expriment sans entraves les talents et particularités d'une diversité décrétée enrichissante.
Ce minimum vital est un champ aimanté appliqué "sous" la société et que l'on peut définir concrètement par les quatre fonctions essentielles que d'expérience il est plus facile de confier à un Etat distinct des tribus (Etat qu'on peut désigner autrement, bien sûr) qu'à la génération spontanée locale. Cet Etat doit être limité à l'exercice de ces quatre pouvoirs, strictement limités mais denses et efficaces, sous l'autorité absolue du roi. C'est la marotte du bouffon de Royal-Artillerie. Nous les rappelons :
pendule de foucault

I.- pouvoir de justice
En se défiant de la république des juges, procureurs et greffiers, il faut assurer une confrontation des contestations dans des enceintes dédiées, qui seront jugées à l'aune du bon sens par un magistrat indépendant des parties. Un codex de procédures est-il nécessaire ? Devons nous nous inspirer de l'adaptabilité des juges anglais ? Tout est à construire, dès lors que notre justice actuelle est devenu la plus mauvaise possible, si l'on en croit les analyses d'experts convoqués à la réforme de l'Instruction. (clic Libé)

II.- pouvoir de police
Les règles visibles de la vie en commun doivent être protégées par un corps de "gardiens de la paix" investi localement ou de plus loin, qui préviendront les conflits directs ou répareront leurs effets. Mais la police criminelle ne peut être sous la coupe d'intérêts locaux (comme aux Etats-unis). Elle garantit son impartialité par la distance qu'elle maintient entre elle et son champ d'enquête. Une police du roi qui n'a pas besoin d'être asservie à des règles bureaucratiques si elle est recrutée dans un champ d'excellence, est tout à fait capable d'inculper à bon escient. Les limites de son action peuvent même être dressées localement.

III.- pouvoir diplomatique
La société anarchique ne peut être représentée vis à vis des sociétés tierces es qualité. Il convient de confier ses intérêts extérieurs prépondérants à une structure professionnelle du meilleur niveau qui les défendra en guettant et prévenant les atteintes étrangères. Ce pouvoir débouche fatalement sur le suivant dès lors que les intentions des tiers au pays sont explicitement hostiles.

IV.- pouvoir de guerre
S'il est un domaine où l'anarchie est inopérante, c'est bien la guerre. Lorsque une société y est contrainte, il est sage d'avoir forgé d'abord l'outil de réplique implacable qui la dégagera des menaces de conquête ou destruction auxquelles le destin convoquera sa réponse. Un roi et son armée sont plus sûrs que les milices patriotiques et la levée en masse, qui d'ailleurs aujourd'hui n'en lèvera pas des masses !

Ceci étant posé, asseyons-nous sous la treille et observons depuis le palais royal les lemmings en anarchie. C'est peut-être une posture littéraire plus qu'un précipité de physique sociale. Un prochain billet dans lequel nous donnerons aussi quelques recettes de recrutement des fonctionnaires de cet Etat minimaliste, nous fera vivre en anarchie.


bandeau anar
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mercredi 2 septembre 2009

10° des Yvelines

Royal-Artillerie soutient le Parti Pirate dans la partielle¹ du 20 septembre sur la 10° circonscription² des Yvelines. Royalistes de la forêt de Rambouillet, bougez-vous et marquez un but contre les Bureaux !
La campagne du Parti Pirate est lancée sur un blogue dédié à cette élection particulièrement bien fait. Nul doute que la Liberté triomphera à la barbe des lobbies gramophoniques qui cherchent à nous abrutir et contre leurs fidei-commis politiques qui passent par la faille pour envahir notre sphère privée à des motifs scabreux. L'Anarchie plus Un, c'est maintenant, du moins pour le premier terme.



Contre l'étatisme, pour la liberté...
en attendant le Roi !




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Note (1): Christine Boutin ne se représente pas à la députation.
Note (2): Ablis, Allainville, Auffargis, Auteuil-le-Roi, Autouillet, Bazoches-sur-Guyonne, Béhoust, Beynes, Boinville-en-Gaillard, Boissy-sans-Avoir, Bonnelles, Bullion, Clairefontaine-en-Yvelines, Coignières, Emancé, Flexanville, Galluis, Gambaiseuil, Garancières, Gazeran, Goupillières, Grosrouvre, Hermeray, Jouars-Ponchartrain, La Boissière-Ecole, La Celle-les-Bordes, La Queue-lez-Yvelines, Le Perray-en-Yvelines, Le Tremblay-sur-Mauldre, Les Bréviaires, Les Essarts-le-Roi, Les Mesnuls, Longvilliers, Marcq, Mareil-le-Guyon, Maurepas, Méré, Millemont, Mittainville, Montfort-l´Amaury, Neauphle-le-Château, Neauphle-le-Vieux, Orcemont, Orphin, Orsonville, Paray-Douaville, Poigny-la-Forêt, Ponthévrard, Prunay-en-Yvelines, Raizeux, Rambouillet, Rochefort-en-Yvelines, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Sainte-Mesme, Saint-Germain-de-la-Grange, Saint-Hilarion, Saint-Léger-en-Yvelines, Saint-Martin-de-Bréthencourt, Saint-Rémy-l´Honoré, Saulx-Marchais, Sonchamp, Thoiry, Vicq, Vieille-Eglise-en-Yvelines, Villiers-le-Mahieu, Villiers-Saint-Frédéric.

mardi 1 septembre 2009

Attention taxistes !

RocardTapis rouge aux taxateurs, la Commission de l'Emprunt est installée demain ! Le géronte bafouilleur Rocard saute de joie depuis qu'il a été rattrapé par le Pouvoir à la grille du Père Lachaise. L'Elysée, carboné de taxe écologique à 300 euros par ménage, le consulte maintenant pour savoir quoi faire de tous les sous qu'il va collecter auprès des masses laborieuses et démocratiques. Il s'y connaît Rocard. Il avait frappé les esprits populaires par un chiffre extravagant à la tonne de CO² pour laisser au donneur d'ordre le rôle du bon père de famille raisonnable qui n'exige que le strict nécessaire de ses enfants : Bercy revient de 32 à 15€/T sans explications.
Le vieux Rocard est un rusé taxateur de masse, qui a su imposer l'universalité de l'assiette fiscale par la CSG, ce qui à l'époque (1990) évitait d'entrer dans de douloureuses réformes de notre Sécurité sociale nationale, en accroissant la ressource sans majorer les cotisations paritaires. La mesure a bien enflé depuis et le produit des taxes mère et filles abonde au tonneau des Danaïdes sans douleurs.

Comme on l'avait fait de la Commission Balladur-modernisation avec Jack Lang, il fallait une seconde tête pour "équilibrer" le jury. C'est le blafard des Landes en déshérence qui a été retenu puisque grand taxateur lui-même devant l'Eternel : il a ponctionné en 1995 entre un quart et un tiers de la marge nette des entreprises françaises par augmentation de la TVA normale de 18,6% à 19,6%, toujours dans le but d'accroître la ressource en calmant les réformes ; un pont trop loin "droit dans ses bottes" eut raison de la posture et de la réforme de la Sécu, son maître ayant fait sous lui en regardant la grève générale du secteur protégé. Ni l'un ni l'autre ne s'en relevèrent dans l'estime des gens, jusqu'à ce qu'ils disparaissent de la scène publique, l'absence étant favorable aux avant-hier qui chantaient. Tu parles !

JuppéConcomitamment, le chef des foireux du centre pile, un ectoplasme du nom de Méhaignerie, lève l'insupportable pression fiscale que représenterait la destruction des "niches bourgeoises" et 70 milliards de rentrées supplémentaires, pour faire de la place aux taxes dédiées, qui finissent par être nombreuses, qu'elles en remplacent d'autres ou qu'elles soit régionalisées de Paris vers les provinces ! Finalement, qui choisir comme emblème fiscal de Pénélope ou du sapeur Camembert, on creuse ici pour boucher là, on tisse et défait sur le même métier ? Rien compris. L'important n'est que de dire et d'être vus et de maintenir l'agitation au couple maximum. Mais dire ce que César te dit de dire ! Achtung !
En a fait les frais cet été, madame le ministre des Finances qui vint à la télé pour nous annoncer d'abord que la Crise était passée, puis relativisa son enthousiasme au milieu de l'émission, et déclara in fine qu'elle était bien devant nous : le BlackBerry branché sur le Cap Nègre hurlait au charron pendant l'interview : comment la mettre profond aux Français par l'emprunt si la Crise ne passait pas la Toussaint ?

Ainsi Rocard et Juppé seraient-ils bien inspiré d'organiser une petite conversation à trois au coin du feu, mercredi soir, avant que d'ouvrir leurs chapitres de dépenses. Il ne seront pas avalisés mais préemptés. Pour sûr, le Dacquois sait y faire, chat échaudé craint l'eau froide. On ne l'y reprendra pas. L'autre ne risque rien, il était mort.


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samedi 29 août 2009

Le Lien interpelle l'Alliance

pin fleudelisA l'heure où nous mettons sous presse s'ouvre à Paris la Cinquième université d'été du parti royaliste qui va se pencher sur son avenir. Il n'est pas innocent que le 28° Lien Légitimiste soit tombé dans les boîtes il y a deux jours, on sait la proximité des uns et des autres, mais heureux les abonnés, quatre pages sur douze de cette livraison sont éminemment politiques, les huit autres excavent tout ce que vous vouliez savoir sur la rivalité des branches espagnoles de Bourbon au XX° siècle sans jamais oser le demander. Une mine !

Gérard de Villèle ouvre le feu par une salve à démâter. Beaucoup de bois brisé sur le pont de la galère royaliste, à commencer par ce que nous les gueux savions depuis longtemps, que la noblesse du XVIII° siècle s'était chié dessus¹ jusqu'à disparaître à terme et laisser la passerelle à la bourgeoisie brumairienne (ndlr: c'est RA qui use de cet adjectif), bourgeoisie dont les filles et les fils tiennent la roue depuis lors et ne semblent pas pressés de laisser le commandement réel du pays à quiconque sauf à leurs propres fondés de pouvoir, élus avec leurs fonds.
Mais il reste du bois debout.

La deuxième salve prend le légitimisme en enfilade : « La noblesse royaliste n'existe plus ou presque², la bourgeoisie royaliste aussi, et le peuple ne connaît pas ou guère cette option politique ». Suffit-il de servir le prince légitime ? Dans une société républicaine, on ne peut "servir" le roi de jure que nous donnent les lois fondamentales du royaume, inusitées depuis cent quatre-vingt ans, a fortiori un prince in absentia (ndlr: c'est RA qui rajoute la contumace). Et Villèle de condamner le Manifeste « issu de pensées dépassées, ne tenant pas compte des décennies de vie républicaine, [ni] des habitudes prises par nos compatriotes [... et de déplorer] de reporter nos attentions, voire nos suffrages, à des formations politiques qui pour être peut-être sympathiques, ne sont pas moins républicaines ». Puis de recharger la batterie à grenaille pour se payer Bernard Antony.
Avec beaucoup de finesse (trop sans doute), il nous démontre que le politicien de la "droite de conviction" qui surfe, à l'enseigne du sacré-coeur de Jésus et lys réunis, sur des valeurs acceptées au Roycoland, ne peut viser que la charge quinquennale suprême et sera infoutu de réaliser son programme³ contre tous les partis installés. Seul un roi assuré du temps nécessaire et indépendant des factions serait capable d'aboutir ; ce que B. Antony refuse explicitement en daubant sur l'Ancien Régime et caricaturant le royalisme comme une perte de temps !

Le coque flotte toujours. Pendant que Villèle se pousse un petit blanc de Touraine pour éponger les vapeurs de cheddite, Jacques Rolain revenu de la sainte-barbe où il comptait les barils, fait pivoter le bord et aligne l'Alliance royale à mitraille. Il constate comme beaucoup que le flou pseudo-artistique sur la question dynastique voulu par Yves-Marie Adeline pour ratisser large, entame la crédibilité du programme. Royal-Artillerie a souvent dit que la réponse "après on verra bien" n'en était pas une, et quelle laisse au citoyen l'impression que l'ouvrage est inachevé, ouvert sur l'incertitude, mal fagoté. D'ailleurs lors de la campagne des parrainages 2007, cette fausse réponse était la partie la plus faible du discours d'Adeline, la critique systématique de la procédure venant juste après en termes de contre-productivité. Et Rolain d'insister : l'infléchissement légitimiste « permettrait de poser clairement les principes de la monarchie exercée par le roi légitime et de la comparer à celle créée pour le président d'une République qui ne cesse de se chercher et de se définir ». Au moment où le parti d'Orléans au mieux possible avec le régime actuel, quémande et obtient des croix, ce que vous ne ferez jamais (non ?), cartes sur table, messieurs de L'Alliance, il faut aller à Caracas !

batterie de La Provence
Nous terminons ce billet par une définition de la gouvernance de Louis XV par Pierre Gaxotte : Peu de personnel, peu de paperasse, pas de routine, de l'initiative : tout ce qui est nécessaire pour aller vite et faire bien. Je me dis que M. Sarkozy en campagne a dû rêver d'un dispositif durci de la sorte. Mais dans le schéma démocratique, il faut récompenser les alliés du second tour et meubler les bureaux de la nouvelle nomenklatura, en suivant le livret de la geste clientéliste essentielle au régime républicain. La partition attire les mouches, on voit de grands inquisiteurs se rallier sans vergogne, et bien des connétables de Bourbon sonner à la Grille du Coq.

Le Lien Légitimiste
10 place Foire-le-Roi
37000 Tours


livrable par e-mail tous les deux mois au format .pdf pour 10 euros/an



Note (1): Il cite le comte de Ségur que nous ne pouvons résister à rapporter ici : "Riants, frondeurs des modes anciennes, de l'orgueil féodal de nos pères et de leur grave étiquette, tous ce qui était antique nous paraissaît gênant et ridicule... On trouve du plaisir à descendre, tant qu'on croit pouvoir remonter dès qu'on veut... Ainsi, quoique ce fussent nos privilèges, les débris de notre ancienne puissance que l'on minait sous nos pas, cette petite guerre nous plaisait... Les formes de l'édifice restant intactes, nous ne voyions pas qu'on le minait du dedans...".
Note (2): s'il parle de la noblesse en état, il a raison tant de titres ayant été relevés sous les régimes successeurs de l'ancien. Plus, il n'est de féodalité nobiliaire que foncière, ce qu'a bien compris Giscard d'Estaing qui s'enracine sur les rives du Lot avec armes (de France) et bagages.
Note (3): le catalogue d'Antony est accessible par ici.



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mercredi 26 août 2009

Bonus à gogos

On a fait fort lors de la réunion des banques à l'Elysée. Les gnomes en soupente ont vendu à l'omnispécialiste le bonus-malus du dioxide de carbone ou des primes d'assurances applicable aux primes des traders. Comme tout ce qui descend des galetats du cabinet noir la mesure sur son épure a des allures d'usine à gaz :
« En réalité, ce système va consister à étaler dans le temps les bonus perçus par les traders. A la fin d’une année donnée, le trader recevra un tiers du bonus qui lui est dû en cash. Les deux autres tiers lui seront versés sous la forme d’actions durant les deux années suivantes. Et ces titres ne pourront eux-mêmes pas être vendus avant deux ans. Au cours des deux ans pendant lesquels le trader attend les deux derniers tiers de son bonus, un certain nombre de critères seront contrôlés. Il s’agira par exemple de vérifier que le bonus perçu correspond bien à un bénéfice ou bien encore de contrôler les conditions de sa performance. Si les critères (dont aucune liste n’a été rendue publique, ndlr) n’ont pas été respectés, le trader peut perdre tout ou partie des deux tiers qu'il lui reste à percevoir. » (source 20minutes.fr)
trader

Le prurit réglementaire français convaincra-t-il les autres places financières lors du G20 du 24 septembre à Pittsburgh ? Poser la question c'est déjà rire un peu. On déteste notre foutoir bureaucratique autant que notre irrésistible propension à donner la voie à suivre. Les primes font partie des contrats de trading et motivent les acteurs qui se défoncent comme des malades pour s'établir dans ce monde ingrat avant l'âge de 40 ans. J'en connais un personnellement à Canary Wharf et son histoire est édifiante. Maîtrise de math en poche, il végétait comme pion à Louis le Grand en attendant que sa recherche d'emploi percute enfin, quand un copain le convainquit de prendre le train pour Londres et de faire le tour des banques. Le master intéressa tout de suite une des grandes banques de la City et il fut engagé au back office pour faire des mathématiques appliquées au marché, auxquelles je ne comprends d'ailleurs rien. Le salaire est copieux et les deux premières années la prime annuelle fut de 200.000 livres sterling. La troisième année, on lui confia le back office de Madrid car c'est un bon, et la prime monta !
Mais c'est du soixante heures par semaines et vingt jours de vacances qu'il passe en plongée au fond de la Mer Rouge ! Chasser le poisson vivant c'est son truc. Il ne mange que du poisson frais, pour le phosphore ! Il sait qu'il n'ira pas jusqu'à soixante ans à ce train, mais qu'il aura une belle maison-piscine quelque part dans le monde libre, et peut-être une gouvernante pour la tenir, une bonne pour ses enfants, une femme normale et de l'argent qui travaillera gentiment dans un paradis tropical. Il suffit d'avoir le niveau et le courage ... et le talent. Pas très communiste tout ça !

Les dispositions de l'Elysée n'intéressent personne pour la simple raison que ce ne sont pas les primes qui ont déclenché la Crise financière mondiale mais tout simplement l'immixion déjà ancienne de l'Etat américain dans les mécanismes de marché. Tout a commencé avec les lois Carter de 1977 qui ont encadré étroitement le développement du marché hypothécaire en forçant les prêts à risque. Les administrations démocrates nous ont mis dans le lac. Obama est sur cette ligne ! Les prêts à taux zéro français aussi. On y reviendra.
Et de tout cela beaucoup conviennent loin des caméras et micros. Mais l'Etat est par essence invasif, dictatorial et en démocratie, bête ! Aussi profite-t-il de toute fissure même momentanée dans l'économie pour glisser son lierre et grossir. Le problème reste toujours l'Etat !

miss Univers 09La mesure prise aujourd'hui à l'Elysée contre les traders est un coup d'épée dans l'eau qui a éclaboussé les écrans de télévision, ce qui était le but recherché. Reste à savoir s'il restait du monde devant l'écran pour avaler l'information, tant les gens se contrefoutent de toute cette agitation qu'ils savent vaine. Miss Univers est vénézuélienne et montre déjà son meilleur profil taille basse (censuré) et sa moue bitchy, ce qui enthousiasme les banquiers cochons. Mme de Fontenay n'aimera pas, mais le comité Miss Univers ne lui demandera rien, sauf bien sûr si elle décide de participer au G20 avec ses clients !


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mardi 25 août 2009

Paris libéré

Francois ChalaisNous avons fêté la libération de Paris. C'est bien, même si personne n'est au courant. C'était l'occasion d'une sortie vidéo du petit reître qui est remonté de la Côte exprès. On dit aussi qu'il fera, ce soir ou demain, qu'importe, les gros yeux aux banquiers goinfres. C'est du bidon ; ils couchent tous ensemble, et si le parti au pouvoir pousse trop fort à la moralisation de la profession impure, les salles de marché vont simplement passer la Manche. Paris est une place d'appoint, en dehors de la galaxie Nylonkong. Mais tout ça, l'Elysée le sait déjà ! C'est la Rentrée, le moteur du gouvernement médiatico-politique reprend des tours. On fera feu de tout bois, grippe ou pas grippe, avec ou sans Clotilde ; et on a déjà retrouvé Julie ! Il faut meubler l'agenda. Le cabinet Fillon et le cabinet Guéant ne vivent que de leur exposition aux lucarnes bleues.
Justement, voici le témoignage décalé d'un spécialiste des lucarnes sur cette fameuse libération de Paris que tout le monde a oubliée autant que la complication qui faisait rage à l'époque ; celui d'un jeune reporter alsacien du nom de François Chalais : ...

« L'année de mes dix-neuf ans le monde m'a déclaré la guerre. Le monde est un lâche : j'étais seul, pas lui. A la suite de cet abus de pouvoir, j'ai dû passer quatre ans dans le cours desquels je cherche vainement un souvenir heureux. Quatre ans ? Hélas ! pour moi, l'Occupation dure encore. [...] On sait que quelque soit notre lendemain, il ne chantera plus. Le voici, ce lendemain. Des gens que l'on connaissait partent pour Sigmaringen. On rencontre l'un d'eux, à un carrefour; le plus violent, le plus hardi en paroles. Le plus pâle. Mais c'est celui qui ne tremble pas, Robert Brasillach, que l'on fusillera. Cet autre, le plus riche, il est déjà en Amérique du Sud. Sigmaringen ? Pas fou. Hitler c'est fini, combien de fois faudra-t-il vous le répéter ? Pas lui, en tout cas. Franco, à la rigueur ... Mais on ignore encore que c'est Franco qui a gagné la guerre. Un autre encore. Il paraît, maintenant, qu'il est cuisinier en Espagne. Ses enfants sont sans ressources. Qui s'en soucie ? Les enfants d'un traître... Le reste revient d'Allemagne pour se retrouver à Fresnes. Pêle-mêle, ministres, idéologues, écrivains, tueurs. Peu de millionnaires. Et des militaires, seulement s'ils étaient à la retraite. Ceux qui ne l'étaient pas se trouvent déjà aux avant-postes de la nouvelle gloire. La plupart des policiers ont été recasés. Le manque de personnel. [...]

Revenons à la Libération. De Gaulle paraît. A Notre-Dame, on lui tire dessus. Déjà. On le rate. Déjà. Il ne courbe même pas la tête. Déjà. La France entière est gaulliste. Enfin. Ne rions pas : il est important que les générations futures sachent que papa n'a jamais été nazi en Allemagne, fasciste en Italie, collaborateur chez Laval. La Marseillaise éclate, chantée par des moutons et des mouches. On comprend enfin, quel était le rôle des morts sous la torture : ils devaient servir de caution à ceux qui, n'ayant pas eu leur courage, étaient vivants.
Couvert de croix et de breloques, alors même que l'on m'insulte, je vis dans les cours de justice, en uniforme de lieutenant découvert Dieu sait où pour la circonstance, à essayer de sauver des têtes. J'y parviens généralement. Je ne sache pas que l'on m'en ait su gré. Parallèlement, certains s'acharnent à me traîner devant ces mêmes tribunaux. Comme accusé, cette fois. Dénonciations anonymes dans les journaux succèdent aux chantages d'anciennes secrétaires maquées à des policiers. Un livre me couvre de boue, rédigé par l'ancien employé d'une agence de presse de l'Occupation. Ce qu'il a fait a dû tellement le dégoûter qu'il a imposé à son passé le châtiment de lui rapporter des droits d'auteur.
Plusieurs années après, je reverrai ce folliculaire aux allures de corbeau déplumé, à la fois croque-mort et veuf inconsolable de la vertu qu'il aurait tellement voulu avoir. Il me dira qu'il ne savait pas que j'étais quelqu'un d'aussi merveilleux. Ma parole, il pleurait ...»
François Chalais, Les Chocolats de l'entr'acte ©Stock-1972.

François Chalais (1919-1996) fut correspondant de guerre et grand reporter pour la presse parisienne et l'ORTF (5 colonnes à la Une). Collaborateur au mauvais moment de Je Suis Partout (Brasillach) et de Combats (Darnand), il se fit tirer les oreilles lors de l'Epuration mais sortit du tunnel avec une médaille de la Résistance. Homme de droite sans états d'âme, il se fit des amis par tout le spectre politique jusqu'aux communistes dans son approche pointue de la vérité, et il n'aurait sans doute pas retouché la conclusion que Michel Audiard laissait en 1984 à la fin de son billet sur la première épuration de Paris et que le Hoplite nous a livré aujourd'hui : « les forces françaises de l’intérieur avaient à elles seules mis l’armée allemande en déroute. Le Général De Gaulle devait, par la suite, accréditer ce fait d’armes. On ne l’en remerciera jamais assez. La France venait de passer de la défaite à la victoire, sans passer par la guerre. C’était génial. »

Chalais était aussi un critique de cinéma passionné. Un prix porte son nom.


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