samedi 20 octobre 2007

Kléber Haedens pour le rugby

La finale de la Coupe du Monde a donné la victoire à l'Afrique du Sud sur l'Angleterre. L'intensité de l'engagement a démontré que les deux équipes n'étaient pas arrivées au bout de cette redoutable compétition par hasard. Quelle combativité ! Voir ces percussions lancées de vingt mètres emporter l'adversaire sur sept mètres au moins est un spectacle rare. Et la sûreté de pied des arrières remarquable ! 48,5 m de biais et la balle passe ! Epoustouflant.

L'an dernier nous avions fait un billet en mémoire de Kléber Haedens, intoxiqué au ballon ovale depuis le collège et décédé en 1976. Le podium 2007 aurait pu l'étonner.
Nous en reprenons l'évocation rugbystique.
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Kléber Haedens est né en décembre 1913 à Equeurdreville près de Cherbourg dans la famille d'un militaire de carrière. Papa était officier d'artillerie, ce qui lui permit d'entrer en 1927 au prytanée de La Flèche en classe de quatrième. Elève atypique, il dédaigne les sciences et préfère nettement les lettres et le rugby, nous dit la mémoire de l'école. Il y apprend néanmoins la rigueur et gagne son côté physique.

"J'ai le souvenir d'un Principal de collège français qui nous comparait à des veaux se roulant dans un pré. Le pauvre homme ! Il se croyait bien fin avec sa grosse tête, son pince-nez et ses lectures d'Anatole France.
Je me rends compte aujourd'hui que son intelligence n'était jamais sortie de ses vingt-deux mètres, et qu'il n'aurait jamais pu toucher la balle ailleurs qu'en ballon mort.
En fait, pour quelques-uns d'entre nous, enfermés entre les murs d'un lointain lycée de province, le rugby, que nous pratiquions tous les jours, aura été la protection la plus efficace contre l'incroyable ennui des études secondaires. Il était, pour nous, la fontaine où venaient se rafraîchir le corps et se décrasser l'esprit".
(extrait de Adios)

Sa production se partagera entre des récits, des chroniques pour le Nouveau Candide sur le rugby, le tennis, la littérature, les corridas, la course cycliste, et aussi les portraits d'auteurs, et des articles dans Paris-Presse, dans le Journal du Dimanche, la Revue du Théâtre.

Il tirera à vue sur le nouveau roman jusqu'à s'étouffer et dire que "c'était une littérature ésotérico-philosophico-robbe-grilletesque", mélasse de style qui ne lui ressemble pas. Et bien sûr des romans, beaucoup chez Grasset, la plupart republiés en poche. En vrac, L'Ecole des parents (1937), Magnolia Jules (1938), Essai sur Gérard de Nerval (1939), Une Jeune Serpente (1940), Paradoxe sur le Roman (1941), Une Histoire de la Littérature française (1943), Salut au Kentucky (1947), Adieu à la Rose (1955), L'Air du Pays (1963), L'Eté finit sous les tilleuls (1966) prix Interallié, Adios (1974), grand prix du roman de l’Académie française.

Les commentaires de troisième mi-temps doivent aller bon train de là où il a suivi tout ça.

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