samedi 24 mai 2008

UPM, le songe creux

« L'Union européenne a fait le choix de se rapprocher de la Méditerranée. Le processus de Barcelone, qui, depuis son lancement en 1995, rapproche tous les États membres de l'Union européenne des treize États partenaires du Sud dans une coopération multilatérale, et la politique européenne de voisinage, qui renforce la coopération bilatérale avec ces pays depuis 2002, marquent notre effort pour la paix, la prospérité et le dialogue dans la région. » (Benita Ferrero-Waldner au Figaro - source)

BenitaOutre la nouvelle tectonique des plaques, l'article est intéressant pour ce qu'il dévoile de billevesées livrées par l'apparatchik ahuri ci-contre. Le Processus de Barcelone dit Euromed, n'a jamais été enclenché après les caisses de champagne d'usage et dix milliards d'euros de programmes ! L'accord UPM actuel passé à l'intérieur de l'Union sous la férule allemande ne vise qu'à le relancer ; mais s'il ne recueille pas plus de crédits utiles que la version originale, l'UPM en restera là. Ce qui arrange peut-être Berlin qui a d'autres priorités à son orient comme disent les Frères.

« Berceau des trois religions monothéistes, creuset de civilisations et de cultures, de migrations et d'échanges, la Méditerranée a une histoire indissociable de celle de l'Europe. Le bassin méditerranéen est la charnière du Nord et du Sud, de l'Orient et de l'Occident (BFW, ibid.) ». La porte était grande ouverte, inutile de l'enfoncer. Et quelle idée de déterrer les racines chrétiennes de l'Europe alors que c'est le combat rétrograde du Vatican !
Dans le pâté UPM, l'alouette c'est la religion primitive, le judaïsme. Le surfait est l'islam qui n'est pas une vraie religion mais un livre de recettes d'asservissement diverses et variées - lire le coran est s'en convaincre.
Pour combien compte Israël en Méditerranée ? Certainement plus sur la rive nord qui est terre de diaspora et d'incinération, que sur la rive sud qui est terre biblique et de pogroms. Ceci pour dire que les dirigeants des Douze Sudistes de la farce de Barcelone (je mets la Turquie à part puisque c'est l'alien historique) n'attendent individuellement pas autre chose que des subsides européens, pour continuer comme avant la confiscation des fruits de leurs productions et celle des rentes nationales, en régulant les à-coups de leur développement par l'émigration des surplus.

Contrairement aux Nordistes qui, mis à part l'abcès ouvert chypriote, s'entendent plutôt bien, les Sudistes sont à couteaux tirés depuis leur indépendance réciproque. Il ne manque aucun maillon à la chaîne des clashes (ceux-ci en italique) :

Liban-Hezbollah-Syrie-Golan-Israël-Gaza-Egypte-guerre de 1977-Libye-fondamentalisme-Tunisie-GSPC-Algérie-Polisario-Maroc.

Ils sont tous en guerre larvée et chacun dispose de ses propres disputes en dehors de la chaîne riveraine. Nous n'avons bien sûr pas compté les pays caucasiens qui sont invités de plein droit, tous en guerre ouverte entre eux ! Ordre de Washington ? Que va faire Moscou ?

Merkel et SarkozyAussi, pour le grand raout de lancement du 13 juillet prochain à Paris, on voit déjà les défections s'opérer au motif que "si lui vient, moi je ne peux venir, etc". Même le Maroc est très réticent car il veut adhérer à terme à l'UE et craint sa relégation en Division II. La Turquie qui est le poids lourd d'aujourd'hui mais aussi l'ancienne puissance coloniale méditerranéenne, n'a donné aucune réponse à rien dans ce domaine pour des motifs proches de ceux du royaume chérifien. Elle ne se ressent pas comme un pays du Moyen Orient où elle n'a aucun intérêt stratégique ou commercial. Les nouvelles de Salonique, Sarajevo, Bucarest ou de Sofia l'intéressent plus que celles provenant de Damas ou Bagdad. Elle ne fait pas partie de la "basse-cour arabe" et le laisse savoir. Demandez-lui de se repentir pour la mise en coupe réglée du Maghreb et du Proche Orient, juste pour voir !

Les défis "communs" identifiés par Bruxelles sont malgré tout nombreux : « la sécurité, la protection de l'environnement, la pérennité des approvisionnements énergétiques, la lutte contre la criminalité organisée, la maîtrise des flux migratoires et le dialogue interculturel. Au-delà de cette coopération avec nos voisins méditerranéens, c'est la compréhension de l'autre et de ses intérêts, le respect mais aussi la confiance mutuelle qu'il faut renforcer (BFW, ibid.) ».
Qui se voit discuter de ces défis et de confiance mutuelle avec MM. Bouteflika, Kadhafi ou Al-Assad ? Discuter de terrorisme avec Olmert qui craint plus que tout les freins internationaux à la lutte anti-Hamas ? L'utopie UPM est stupide, et si le Processus de Barcelone n'a pas démarré malgré les louanges de circonstance de la Commission, c'est qu'il n'était pas workable.

Une nouvelle génération doit prendre le pouvoir chez les Sudistes, pour réorganiser l'Etat et libérer les énergies de la Rue arabe, avant que nous ne collaborions à un développement harmonieux du bassin méditerranéen. Et sans que les pays non-riverains n'interviennent, à peine de remonter une troisième tour de Babel, à nouveau de briques crues.

carte UPM
Fernand Braudel, cité par le commissaire européen Ferrero, disait déjà que « la Méditerranée est un carrefour, non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées. Tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire ». Sommes-nous si pressés de voir une civilisation orientale tout bouleverser et se superposer ici à la nôtre ?

Collaborons en bilatéral à notre avantage comme l'ont fait l'Italie et la Libye sans attendre quiconque, sur le projet d'autoroute Ras Jedir - Sallum, maillon central de la future Tunis-Alexandrie, et ne construisons pas un machin de plus à la gloire éphémère d'un président continental éphémère qui n'y peut rien comprendre parce qu'il ne ressent rien passé le pont de Neuilly.

Plus sur le site France Diplomatie du Quai d'Orsay.


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

1 commentaire:

  1. J'attends de voir la tête d'Erdogan quand on voudra le mettre sur la photo de famille sous la présidence d'un Egyptien.
    La Turquie remet les pieds dans sa zone d'influence et tricote un accord entre la Syrie et Israël. Elle ne va pas en ce moment rentrer dans le rang (du tiers monde)!

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".

Printfriendly