vendredi 25 décembre 2009

Le 30° Lien est paru

Chambord dessiné par Vallotton en 1895Joyeux Noël, le Lien Légitimiste est paru.
Harassé, je rentrai chez moi hier soir pour affronter une longue soirée, quand je pris le Lien dans la boîte et ouvris l'huis en souriant à mes pénates inquiets. Cette trentième livraison est aussi pleine de sens que les précédentes et continue de pivoter sur son axe, pour nous expliquer qui du verbe ou de l'action précède l'autre. Les mollahs du muppet show - suivez mon regard - fouillent déjà dans la trousse d'excommunication avant même d'entendre que le comte de Chambord n'avait pas suffisamment mûri les prédispositions activistes du duc de Bordeaux ainsi qu'en atteste une lettre du prince au vicomte de Chateaubriand postée de Vienne en 43, dans laquelle il affirmait ne pas croire au droit divin de la royauté. Enorme, pour les licteurs autoproclamés du Catafalque royal. Hélas, le prince de gouvernement, capable d'embrasser les contradictions du royaume pour les réduire ensuite, serait donc devenu avec l'âge un providentialiste contemplatif sous l'influence de sa tante¹, après le plébiscite napoléonien. Le verbe prenait tout le champ, le prince se pétrifiait-il en gentilhomme ? Gérard de Villèle s'en désole : « Par tradition familiale, je pense qu'il vaut mieux tâcher de trouver une solution plutôt que de tout abandonner »...

Les évènements du siècle montraient pourtant que la première vertu d'un prince de gouvernement en France ne pouvait être que "politique". Comme l'avait signalé Choiseul à l'avènement de Louis XVI, ça s'apprend. Espérons que la leçon sera retenue par l'impétrant d'aujourdhui au moment du rendez-vous de la France et de la royauté, et qu'il n'ira pas à Vêpres quand chargeront les dragons au Pont de la Concorde. Les ruptures constitutionnelles se gagnent à cheval, pas au prie-dieu. La bibliographie qui a permis le billet du Lien est en note (2).

Aujourd'hui il n'y a qu'un projet institutionnel complètement développé sur la table. C'est celui de l'Alliance Royale. Le Lien entame un cycle d'explication de ce projet par le rôle du Roi et celui du Haut Conseil. Heureuse initiative qui va se continuer sur plusieurs numéros. Souhaitons qu'elle soit largement débattue.
Le Lien c'est aussi douze pages.

princes Alphonse et Louis-AlphonseLe fondateur Jacques Rolain - qui me prend pour un loup, mais on m'a dit pire - revient sur la question du secrétariat politique du duc d'Anjou qui pallierait le choix de l'exil (pour raisons économiques). Le projet convoque la matérielle. C'est ce qui manque le plus à nos mouvements, littéralement castrés par l'impécuniosité. Dans son dernier volet de l'In Memoriam, Gérard Guillotel nous égrène la composition du secrétariat du prince Alphonse, qui devenait un vrai cabinet politique, plus étoffé que je ne le pensais avant. Nous nous permettons de le reprendre ici.

- Finances : comte Jacques de Pontac
- Relations avec les organisations légitimistes : vicomte Yves de Pontfarcy
- Voyages et déplacements officiels : Philippe Montillet
- Relations avec l'Institut de la Maison de Bourbon : Philippe Montillet
- Sécurité : lieutenant-colonel Boret
- Communication : Daniel Hamiche
- Etudes et recherche : Pr Jean Barbey

A côté du secrétariat, un service d'honneur était assuré par le duc de Bauffremont, président de l'institut de la Maison de Bourbon.
Le territoire était quadrillé par des secrétaires délégués, flanqués d'un ou plusieurs assistants. Leurs noms sont aussi dans Le lien.
La cohésion était assurée par le baron Pinoteau qui en répondait devant le prince.
Cette machinerie politique s'arrêtera à la mort du prince, mort qui reste suspecte comme le ressent José Maria Zavala dans son ouvrage récent "El Borbón non grato. La vida silenciada y la muerte violenta del duque de Cádiz". On en attend une traduction en français.

Reste que pour le moment, le royaume le plus vivant, s'il est vrai que le liant essentiel d'une pareille nation est fourni par l'intensité du sentiment d'appartenance et l'affection partagée pour une même idée transcendantale, c'est celui de Patagonie de Jean Raspail, royaume dont nous fêterons le 150° anniversaire de sa fondation, le 18 septembre 2010 à Tourtoirac, où repose SM Orélie-Antoine Premier. On y reviendra dans Royal-Artillerie.

LLL : 6 numéros par an
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Le Lien Légitimiste
Petit-Prix
37240 La Chapelle-Blanche-St Martin

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Note (1) : Madame Royale, Marie-Thérèse, duchesse d'Angoulême puis comtesse de Marnes, sa mère de substitution
Note (2): bibliographie récente sur Chambord :
- L'Enigme par Philippe de Saint-Robert (Valeurs Actuelles 3810)
- Le Journal par Philippe Delorme (FX de Guibert)
- Le Comte de Chambord par Georges Poisson (Pygmalion)
- Le Comte de Chambord par Daniel de Montplaisir (Perrin)
- Henry V par Christine de Buzon (Albin Michel)




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6 commentaires:

  1. Voilà certes une édition qui "continue de pivoter sur son axe"...

    Votre pétard fait pschitt... une fois de plus!
    Si vous vous étiez donné la peine de (re)lire certains chapitres du Manifeste (ou le dernier numéro de la Gazette Royale), vous sauriez que nous ne nourrissons aucune illusion envers le comte de Chambord, sujet aux revirements et aux contradictions comme n'importe qui... "suivez mon regard"!

    Il faut vraiment n'avoir RIEN compris au légitimisme pour s'imaginer que nous faisons des rois de France (de fait et de droit) les propriétaires de la tradition monarchique... Encore raté!

    En attendant, les libéraux continuent à libéraliser: « Par tradition familiale, je pense qu'il vaut mieux tâcher de trouver une solution plutôt que de tout abandonner » M. de Villèle a bien assimilé l'esprit de ces générations de royalistes qui nous ont précédées, et on voit autour de nous les beaux fruits de cette combinaison "réaliste", "pragmatique"... La fulgurance de l'idée, tout comme sa pertinence, sont éblouissants de sens politique!

    Mais à lui comme à d'autres, on reconnaîtra une certaine cohérence avec leurs principes: M. Guillotel, ancien président du cercle Châteaubriand (tout un programme...) posait déjà les bases idéologiques de l'AR à Rennes en 1991, lors de sa première (et dernière) journée royaliste: un flop précurseur?

    En tous cas, M. Rolain apporte l'espoir au quarteron, avec cette idée de "secrétariat politique", qui recueillerait, dans sa mansuétude, les prophètes avertis de la demie-légitimité.

    Entre génies incompris et isolés, on semble en tous cas sur la même longueur d'onde, n'est-ce pas?

    Dans tous les cas, la caravane légitimiste passe... malgré les grincements des girouettes. Et tout cela n'est pas grand chose à côté des guerres maurrasso-picrocholines du forum VLR!

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  2. L'ennui avec vous, c'est le défaut de surprise. Toujours le souverain mépris de tout ce qui n'est pas vous.
    Mettez-y au moins une once d'humour, merde !
    Votre chute est complètement à l'ouest, mon vieux.

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  3. Je viens de finir mon Lien et j'ai zappé la page 10 que j'avais déjà lue sur ce blog :
    Lex Salica.
    :D

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  4. Cette reprise du billet de RA Lex Salica s'est faite à mon insu. Il aurait été intéressant de prendre l'instantanné de la Maison royale d'Espagne au moment où la loi franque serait définitivement abolie.
    Thribette - si elle passe ici - nous dirait tout de suite qui succèderait alors à Juan-Carlos. Je crois que le prince des Asturies serait précédé par une femme.

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  5. Le "défaut de surprise"... je ne crois pas que c'est l'expression qui convient à l'effet que vous attendiez de votre pétard mouillé!

    Je ne méprise personne, même si j'ai une profonde aversion pour l'erreur théorique autant que pratique.
    Aussi ne vous attendez pas à un concert de louanges quand vous vous faites l'écho de ceux qui s'engagent sur les sentiers rebattus avec l'assurance du "tombé de la dernière pluie"... L'expérience, les lois de la politique concernent tout le monde, à commencer par ceux qui épanchent leur amertume à tous les vents, en colportant au passage de faux bruits et de vraies calomnies.

    Au passage, bravo pour la définition de votre "engagement" royaliste sur VLR: j'en salue volontiers la clarté et la sincérité! Mais, là aussi, je vous retourne votre compliment initial:"L'ennui avec vous, c'est le défaut de surprise".

    Quant à notre "coran", on aimerait une critique un peu plus construite (notamment sur la base de la science politique) qu'une remarque à l'emporte-pièce...

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  6. De grâce, respectons la trêve des confiseurs !

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