samedi 5 décembre 2009

Ça mousse en Septimanie

Frêche et GayssotGeorges Premier de Septimanie est un monarque indétrônable parce qu'il a sû capter l'affect populaire. Les stratèges en cabines de la rue Solférino ont voulu lancer le croiseur PS Canal-Dogmatique à l'assaut du vieux vaisseau de la gauche plurielle qui tient la région Languedoc-Catalogne de pied ferme. Macaboudeu ! Quand on a ouvert les portes de la cale sèche, il n'est pas entré un mètre d'eau. Frêche avait tout bu.
Avec plus de quatrevingt pour cent des voix militantes de la région, la liste socialiste Frêche & consorts coule bas la liste des socialistes notabilisés. Le chef des miquets parisiens, oubliant que le roi fut viré du parti pour racisme prouvé, va au rallye en exaltant le souverain juge, le peuple militant. C'est faire bon marché des caciques locaux en devenir, obéissants, C6 cuir et tout et tout, mais monter contre Frêche et perdre à Montpellier, c'est simplement mourir. Ton boucher ne te sert plus. Quels étaient donc ces jeunes présomptueux ?

maire de montpellierLe docteur Hélène Mandroux, maire de Montpellier et affublée de l'attribut "conne" par le président de l'Agglomération, Frêche. André Vézinhet, nomenklaturiste, ruthénois d'origine mais hors-garantie aujourd'hui, député-président du Conseil général de l'Hérault qui fut adjoint de Frêche à la mairie de Montpellier. Kléber Mesquida, député localier du PS sans avenir. Le professeur de Droit Paul Alliès, passionné de science politique théorique, simple conseiller régional de l'ancienne liste Frêche, s'est essayé à la pratique en tentant de faire endosser le putsch par Solférino. Pierre Bouldoire, socialiste lambda+, maire de Frontignan et conseiller général. On ne retrouve aucune "pointure" dans la Fronde. Elles serrent le vent et sont toutes venues chez Frêche.

président du CG de l'HéraultLes alliés naturels de la liste du roi sont les communistes emmenés par l'inénarable nullissimus Gayssot de Béziers (le seul que la Sainte Inquisition ait loupé après le Sac) et les radicaux de gauche, mais ceux-ci seraient, dit-on dans les cercles de crapette, traversés par un courant réformateur contempteur de l'ébranleur d'opinion, Baylet, la grosse saucisse de Toulouse. Frêche entend-il les remplacer par les Chasseurs & Traditions avec qui il a naturellement une conversation facile ? Extrait : « Il y a des tas de nullards qui ont la carte du Parti socialiste. Les "dirigeants" du PS feraient mieux de s’occuper un peu de toutes les régions où il y a des mecs qui piquent de l’argent. C’est marrant, ça n’a pas l’air de les gêner. Aubry, d’ailleurs, ne me connaît pas bien. Je crois qu’elle a de moi une fausse idée ».
Et dans un amphi aujourd'hui célèbre : « Les gens, ils ne fonctionnent pas avec leur tête, ils fonctionnent avec leurs tripes. La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête, c’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse » [la totale ici].

Bon courage à ceux qui veulent encore lui passer sur le ventre. Il lui faudra quand même compter sur les mélenchonistes du Parti de Gauche qui peuvent lui pomper les purs. Il en reste là-bas, autant que de culs blancs vignerons.

manif viticole
Première région française pour la consommation de pétards, la Septimanie est aussi leader pour le pinard et queue de liste pour l'alcoolisme, on ne peut pas emporter tous les premiers prix. Par contre ses viticulteurs sont redoutables à jeun, et craints par les CRS qui leur ont abandonné jadis¹ un mort. Il ne suffira pas d'être "grande gueule" pour les faire retourner aux chais. C'est le grand défi de Frêche s'il réussit à conserver sa région, car l'Etat se désengagera d'un contentieux dangereux pour l'ordre public et pour "l'identité nationale". Les 24000 vignerons languedociens, renforcés peut-être de leurs confrères catalans, peuvent faire précipiter tous les mécontentements qui sont nombreux, dans une région plus revendicative [archives de la grande révolte de 1907] que laborieuse. Quoique ! Dans la viticulture, les efforts coûteux de la profession pour monter en qualité ont été récompensés par l'invasion de piquettes industrielles de l'hémisphère sud que l'on oublie trop souvent d'analyser avant la mise en libre pratique sur le marché unique. Heureusement que la sécheresse australienne détruit en ce moment leurs fermes à vin.
On lira avec intérêt le rapport très documenté (et bien écrit) des députés Philippe-Armand Martin et Gérard Voisin, publié par l'Assemblée nationale sous la cote 3545.

Pour participer au cirque électoral des régionales, en Septimanie ou ailleurs - chaque région a sa sciure - veillez à être inscrit sur les listes ad hoc de votre commune avant le 31 décembre.

Note (1): A Montredon le 4 mars 1976, les CAV (comité d'action viticole) ouvrent le feu sur les CRS et tuent le commandant Joël Le Goff ; la riposte tuera un vigneron, Emile Pouytès. [source]. La CEE entend la colère, ouvrent les vannes des subventions et les modérés reprennent la main sur le terrain, mais il était plus que temps. En juin 2008, deux véhicules de gendarmerie ont été incendiés à Montagnac par les fils des CAV. La situation de la viticulture est pire aujourd'hui.



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