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lundi 13 juillet 2015

Un Service civique de cohésion

Ce billet est paru dans le Lien légitimiste n°63 (mai-juin 2015, pages 10 et 11)) sous le même titre. A l'occasion de la fête nationale, il entre en archives Royal-Artillerie.

François Chérèque
Depuis le premier juin 2015, le Service civique devient un droit. Chaque jeune peut poser sa candidature et recevoir une offre de mission. C'est une manière de fêter le premier lustre à cinq bougies de ce substitut du service militaire. Que le projet soit entre les mains de François Chérèque est un atout car c'est un homme de terrain pétri de convictions, et Dieu sait s'il en faut dans les domaines non essentiels à la réélection de la gent politique.
Perçu au départ comme un vecteur de lien social, avec un fort impact sur les collectivités, ce dispositif d'intégration de la jeunesse dans le tissu social représente aussi une pré-formation de six à douze mois pour les jeunes intéressés ensuite par un travail dans les secteurs non marchands liés à la santé, à l’éducation nationale ou à la fonction publique territoriale et plus tard peut-être à la transition énergétique. Le Service civique représente aussi un facteur de cohésion – même s'il n'y suffit pas à lui seul – en exemplifiant les valeurs du bien commun autour de la solidarité élémentaire qui fait d'un troupeau une nation. C'est donc une très bonne idée qui jusqu'ici n'était malheureusement pas prioritaire.

A La Villette au mois de mars dernier, le président de la République a relancé ce service universel – aucune condition d'accès autre que la tranche d'âge 16/25 ans - dans l'espoir d'y passer cent cinquante mille jeunes en 2016. En dépit de l'effet d'annonce, l'effort budgétaire en cadres et débours est louable même si l'on sait qu'il faudra, comme pour tout le reste, emprunter. Il y a d'autres chapitres à fouiller pour y faire des économies compensatoires afin de réussir ce grand projet, depuis qu'est apparu un grand danger pour notre nation, le défaut de cohésion de sa jeunesse. Un communautarisme y grandit qui pourrait forcer même les tièdes à se ranger dans un camp, quand ce ne sera pas aussi le cas des esprits supérieurs, submergés par les effets pratiques d'un émiettement social tout le long de fractures haineuses. Chacun sait d'où vient le problème, mais le dire est tabou, pire, répréhensible et punissable. Aussi suivrez-vous mon regard vers un lointain sud-est et cela suffira.

La France n'est pas équipée intellectuellement pour résister à l'assaut du tiers-monde dans sa composante la plus misérable, non par défaut de gens intelligents capables de répondre au défi à sa source, l'émigration, mais parce que leur parole ne peut plus couvrir le brouhaha de la société de consommation qui emporte tout, y compris les réactions d'une classe politique collée à l'opinion du jour en gazouillant sur Twitter. Ce ne sont pas les synthèses savantes et leurs alarmes qui manquent. Qui écoute ou lit aujourd'hui des philosophes vivants ? Finkielkraut, Onfray, Morin, pour les plus médiatisés, produisent à jet continu des avertissements. Quelques étudiants, quelques oisifs qui aiment perdre du temps les suivent, mais l'ignare décide. La masse des gens ne s'informe pas et... vote ! Les cellules familiales, professionnelles, au sein desquelles s'est débattue pendant des siècles la politique de la cité, sont éclatées ou hyper-spécialisées et l'individu fait aujourd'hui monde à lui-seul. Il soustraite sa pensée à une société autour de lui déresponsabilisée, paramétrée comme élément économique, financiarisée, mercantile, qui ne veille plus à sa propre cohésion à aucun niveau. La nation est un troupeau de chats !

Les gouvernements, moins aveugles qu'on ne veut le dire, cherchent une source de cohésion nationale pour la jeunesse dont ils commencent à se méfier - la loi de Renseignement Total est faite pour eux - et ces gouvernements reviennent régulièrement à l'option du service civique qu'il faut espérer n'être pas qu'un leurre au bénéfice d'une opération de communication à inscrire à l'actif d'une mandature. Le bilan de cinq ans du dispositif lancé par la loi du 10 mars 2010 n'est pas enthousiasmant¹ : ne sont venus que 85000 jeunes répartis sur 5000 structures missionnées, la durée moyenne d'engagement étant de huit mois. Peut mieux faire, bien que les bases soient saines et les participants généralement contents. Mais les maigres résultats indiquent que le développement de l'idée n'était pas le premier souci des gouvernements. L'est-il devenu depuis qu'on excave régulièrement de notre sol des filières salafistes prêtes à tout ? Evidemment, les yeux se dessillent. Et nous ne pouvons que pousser à la roue.

Sur quoi autrement fonder une cohésion des générations montantes dès lors qu'il n'y a plus aucune valeur transversale autre que celles de la morale naturelle que les familles ont bien du mérite à maintenir ? L'expression "valeurs républicaines" est un slogan de préau que Denis Tillinac avait démonté dans Valeurs Actuelles (n°4082 du 19 février 2015) et ne veut plus rien dire depuis que ses principes essentiels, laïcité, égalité, liberté sont battus en brèche par les pouvoirs successifs, aux fins de quoi on se le demande encore ! A faire le tour des valeurs reconnues par notre jeunesse, on s'aperçoit tout simplement qu'il s'agit de valeurs chrétiennes qui ne disent pas leur origine mais qui font consensus. D'aucuns seraient bien étonnés de voir leur monde personnel ainsi requalifié par la charité, l'entre-aide, la fidélité en amitié, la modestie, l'amour de leur prochain qu'ils manifestent naturellement, une exigence de justice intègre, prudence dans ses choix, assez de force pour brider ses excès, sans parler de l'enthousiasme de l'âge. Rien de ré-pu-bli-cain !

Nous, royalistes, sommes mieux placés que d'autres pour avancer l'idée saugrenue que la cohésion sociale et particulièrement celle de la jeunesse est grandement facilitée par la projection mentale d'un modèle accessible dans l'avenir, par l'affect convoqué au milieu du peuple par une famille régnante, en laquelle il est facile d'identifier son propre destin. Comme le disait à mon père une Dame des Halles de Paris qui, avec les Forts, ouvrait un cortège d'Action française dans les années trente : "Avec un roi, nous aurions au moins quelqu'un à aimer !". Une cohésion sentimentale peut être forte. On l'a vu aux jours anciens des mobilisations générales. On la connaît dans les monarchies du Nord.

L'art moderne est aveugle !
Si les Français étaient hier trop fiers de leur "citoyenneté" pour oser l'échanger contre la douce "sujétion" à un roi, ils constatent aujourd'hui les ravages sociaux du concept purement cérébral d'une République en plâtre qui n'existe plus que dans les discours officiels. Pour en finir avec la rouerie des élites politiques qui ont confisqué partout la démocratie, l'idée commence à germer de jeter le régime en décharge et de reconstruire nos institutions sur du neuf. Toute la gauche dure en a fait son leitmotiv en appelant de ses vœux une VI° République ; on ne sait trop ce qu'en pense la droite dure qui semble être aux aguets avant d'être aux abois. Les autres formations dites de gouvernement se savent la cible de cette révolution de la démocratie directe et des référendums. Les dérives autoritaires du pouvoir actuel nous disent que c'est le moment, c'est l'instant. Le totem au pied pourri craque sous le vent du mécontentement. Il faut pousser plus nombreux.

A nous donc de saturer l'espace en expliquant que le modèle neuf préexistait, qu'il fut éprouvé et certifié, et que replacer au mur l'image aimable d'un souverain vivant serait plus efficace à faire converger la diversité de notre jeunesse vers un projet commun qu'une Marianne un peu stupide qui vous fixe de ses yeux morts dans la salle des mariages de la mairie où personne ne va plus. Faut-il encore que la démonstration soit intelligible et que le projet commun soit bien défini et crédible. C'est un des plus grands défis qu'affronte la cause monarchiste en France : faire simple et convaincant.

Les princes y aident-ils ? Sans doute aucun, leur discours étique et convenu laisse le champ libre à toutes les simplicités confortables dans un monde de complications². Ils ne me semblent d'ailleurs pas impatients à les analyser, à nous d'y pourvoir. Monarchisons le domaine régalien disponible et tenons-nous y !


(1) cf. Le Monde du 9 mars 2015
(2) L'entretien du prince Louis de Bourbon au Télégramme du 29 mai 2015 signale néanmoins le refus catégorique des mesures attentatoires à la vie et à la famille, et accessoirement cantonne la maison d'Orléans dans ses espérances philippistes.

Communiqué de l'Association pour le Souvenir de la Chouannerie du Maine

PROGRAMME DU QUATORZE JUILLET 2015

La traditionnelle promenade du 14 juillet de la Chouannerie du Maine se déroulera autour de Flers de l'Orne sur le thème de la Chouannerie Normande et conduira ses participants à travers le bocage sur les traces de Frotté, de Commarque, de Mandat, de Michelot Moulin et d'autres...

Le départ sera donné à 9h30 devant la gare de Mayenne après organisation éventuelle des co-voiturages.
Au programme : château de Torchamp, château de la Bérardière, château de Flers, églises de La Lande Patry, de Monsecret, de Chanu...
Repas tiré du sac en forêt vers 12h30.

Merci de confirmer votre participation à Yves Floc'h, secrétaire général de l'association par message chez ediregoatorangepointfr


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