jeudi 17 septembre 2009

La chimère afghane

karzaîL'Afghanistan n'existe en tant que tel que dans les périodes de guerre. Pacifiés, les territoires ethniques reprennent leur autonomie. En ce sens, l'élection présidentielle, donc le choix d'une clef unitaire, est un gag : 1500000 voix seraient suspectes selon l'Union européenne ; 1500000 voix séparent les deux candidats majeurs, Karzaï, le papavériculteur pachtoune sortant qui repasse sinon au premier tour, et Abdullah2, le bon docteur tadjik de l'ex-Alliance du Nord. De cette masse on décompte un bourrage de 1100000 bulletins au premier et 300000 au second. La presse vous explique que les suffrages des fantômes et morts-vivants de chaque camp sont circonscrits aux territoires féodaux respectifs. Et le "monde libre" de s'émouvoir ... et le monde afghan de se taire, car il a compris que la démocratie, siglée par le suffrage universel, est la burqa des occidentaux : "tu la portes, Ducon, ou tu n'est plus éligible à nos lignes de crédit"...

Peut nous chaut que le vote soit truqué ou que les deux tiers des électeurs inscrits (de force souvent pour l'aide alimentaire) soient restés chez eux par peur, par paresse, par mauvais esprit ou de mécontentement ; l'important pour les proconsuls occidentaux sur zone est de pouvoir dire à la tribune de l'ONU que le président Machinchose est élu. Bien ou mal est accessoire, le monde est encombré de présidents par magouilles puisque la démocratie est obligatoire dans ces enceintes.

mannequin de lapidationPour l'essentiel - la pacification - le pronostic est très réservé. Les pertes sur le terrain obligent les responsables politiques des démocraties réelles à plus de circonspection quant au but à atteindre - un gouvernement souverain à Kaboul, ami de l'Amérique - et quant aux moyens d'opérer, à tel point qu'on ne cache plus des contacts pris et à prendre avec les "talibans modérés". Ce n'est pas nouveau, les Anglais, toujours friands de coups en douce, firent les premières approches il y a deux ans.
La différence entre les modèles "modérés" et "classiques" tient au poids des pierres de lapidation. Celles des modérés sont plus grosses et la punition fatale dure moins longtemps. On parle même de forcer l'assistance à n'utiliser que des pierres louées (1$/pce) pour que la masse soit contrôlée. De fortes améliorations seraient également apportées aux pendaisons. La corde "modérée" a son noeud latéral dit du pendu bleu, donnant une strangulation beaucoup plus discrète alors que la corde "classique" a son noeud cervical dit du pendu blanc, plus spectaculaire au niveau des organes génitaux.

Les autres indulgences concernent l'inéducation des filles, le reversement du droit des femmes au codex agricole et l'assiette d'imposition des jus de coquelicots.

On comprend dès lors que les déclarations¹ matamoriques du président Sarkozy à Vannes, lieu de garnison du 3° RIMa, soient présomptueuses, quand l'honneur de la Cause est mis en cause localement. Il ne doit s'agir pour nous et nos alliés que d'éradiquer al-Qaïda en détruisant la tête et le bec de la pieuvre. Ses tentacules s'amolliront puis se liquéfieront. Pour cela il faut mettre le paquet sur les FATAs² incontrôlées, accroître les moyens et la motivation de l'infanterie pakistanaise, et s'il le faut au Sud, frapper Quetta où se pavane le gouvernement taliban en exil, pour lui montrer au moins que nos soldats ont une certaine valeur pour nous.
Mais recommencer une guerre d'Algérie, c'est de la folie. Nous avons l'expérience acquise pour connaître d'avance la fin de l'affaire.

vab


Note (1): "Nous resterons le temps nécessaire à l'avènement d'un Etat afghan souverain. La France y est pour empêcher les fanatiques d'y rétablir un régime allié à al Qaïda. C'est un combat contre la barbarie, l'obscurantisme. La France poursuivra ce combat aux côtés de ses alliés. La France poursuivra ce combat parce que c'est son devoir, parce que c'est sa responsabilité, et je dirais même parce que c'est son honneur".
Note (2): Federally Administered Tribal Areas à la frontière afghane du Pakistan.



PostScriptum : Lire avec profit mais avec un oeil critique les 28 consignes de contre-insurrection du Lt-Col Kilcullen traduit par Secret Défense ...et comprenez que la science du combat asymétrique que vous croirez ainsi dominer, ouvre en fait les portes de l'enfer.
Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mercredi 16 septembre 2009

Cinq minutes en Barbarie

Richard GoldstoneLe rapport de l'ONU sur l'opération Plomb Durci de Tsahal à Gaza qui parle de crimes de guerre, est jugé sévère par l'opinion israélienne qui, à son habitude, préempte le dossier au prétexte qu'Israël est la seule république démocratique de la région. Je doute que l'argutie suffise aujourd'hui, les salopards peuvent voter au suffrage universel. La déclaration de presse officielle est ici. Même s'il est juif sudafricain, le juge Goldstone (on dirait un nom byzantin anglicisé) ne peut renvoyer Hamas et Tsahal dos à dos comme le fait souvent la diplomatie américaine, car les missiles ne pèsent pas le même poids et le résultat des courses est en défaveur de l'Etat hébreu : 1300 à 13 ! Coefficient 100 ! Ne parlons pas des champs de ruines, ils ont défavorablement impressionné la mission onusienne qui succéda à la visite médiatique de Ban Ki Moon in situ. Quelques photos...

porteur de gravatscoupole de mosquée à terreLe motif le plus sûr fut celui de décourager la population civile de soutenir l'Admnistration islamique intégriste de Gaza. C'est donc bien une guerre de punition. Si l'on sait comprendre que le pouvoir du Hamas est quand même quelque part un pouvoir élu (même mal), donc légal et partant légitime puisque résident, l'opération Plomb Durci s'apparente ainsi à une opération de "terreur" dans la signification stricte du mot. Les représailles sur populations civiles après un attentat, les bombardements de zones peuplées pour démoraliser l'arrière, les blocus alimentaires, participent de l'outillage terrorisant, et de grands exemples du passé résonnent à ce mot, Coventry, Dresde, Nagazaki pour arriver aujourd'hui à la minuscule Gaza. Tsahal est le bras armé d'un Etat déshumanisé, sans âme ni projet, qui regarde avancer vers lui le mur du peloton d'exécution commandé par le concert des nations lassées. Ses gouvernements naviguent à vue dans une optique globale de survie d'un pays allogène enkysté dans une région fondamentalement hostile, à l'exception peut-être de l'avatar républicain de l'empire ottoman, ancien prédateur des mêmes territoires qui en asservit les populations arabes durant des siècles. Quel renfort !

bombes au phosphoreCertes, les chrétiens sionistes, peu émus par le massacre et les dévastations, nous expliqueront que la Rue arabe ne respecte que la force, que les combattants islamistes sont des froussards qui se cachent dans les jupes de leurs femmes au milieu de leurs gosses, que leurs dirigeants sont sans parole ni honneur, et que la misère des populations doit tout à leur indolence génétique. D'accord !
Mais si les combattants se terrent chez les civils "comme le poisson dans l'eau" (disait Mao Tsé Tung), les dommages collatéraux incontournables doivent retenir le bras armé, et d'autres moyens doivent être trouvés pour les excaver et les neutraliser. C'est à cela que l'on distingue une nation civilisée d'une nation barbare. Or, le comportement prédateur d'un Etat hébreu aveuglé par sa règle suprémaciste le disqualifie de la civilisation, malgré l'incinération de la moitié de son peuple par le reich allemand le plus sauvage de l'histoire humaine. Comment en est-on arrivé là ??? Que penserait Theodor Herzl de son "enfant" ?
Maurras ne plaçait-il pas d'instinct Sion en barbarie ?
A creuser.


Note (1): Le score de Plomb Durci ci-dessous sur les 360 km² de la bande de Gaza :
4,000 logements
600 ateliers, boutiques ou bureaux
24 mosqués
31 casernes de police
10 réseaux d'assainissement
8 hôpitaux
26 dispensaires
50 sites onusiens endommagés, principalement UNWRA
Les photos satelitte ont spotté 2692 immeubles détruits
220 cratères sur les routes et ponts
167 kilomètres de routes inutilisables
714 cratères en zone agricole
2,100 hectares de champs bouleversés
187 serres détruites (28 ha)
2232 hectares retournés par les bulldozers, les chars et les bombardements phosphoreux.
Total estimé à deux milliards de dollars au moins.
A partir de là, la bande a été transformée en camp d'internement géant et sa reconstruction bloquée par Israël à tous prétextes disponibles.



Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mardi 15 septembre 2009

Allons à Pittsburgh

PittsburghLa matière la plus sûre à brasser sur nos blogues est le scandale juste avant la Querelle. Par bonheur nous n'en avons pas de notre bord (de scandale) et pouvons nous repaître de celui de notre adversaire privilégié ... qui persiste à nous ignorer. Damned ! Au menu cette semaine : Pittsburgh ! Le reste est trop sérieux : El Baradeï se moque des sanctions onusiennes et prédit la bombe chiite ; la Russie entre au Vénézuéla par un chèque d'un milliard de dollars ; Ségolène Royal va tout nous dire sur le bourrage des urnes funéraires du PS. Mais Pittsburgh c'est du sérieux aussi :

Les principaux gouvernements télévisuels de la Planète se rencontrent dans l'ancienne capitale de l'acier pour faire mousser un agenda particulièrement copieux. L'important n'est pas d'aboutir mais de le promettre face à la caméra et si possible d'étonner. Si vous voulez marquer les esprits il faut y venir avec un projet ronflant et largement travaillé sur vos propres chaînes nationales, puis menacer d'entrée de faire pipi dans la salade si l'on ne vous écoute pas. C'est ce que vont faire M. Sarkozy, qui va exiger la mondialisation des bonus encadrés ; M. Obama qui socialise les mécanismes bancaires américains dans l'espoir que ça déteigne ailleurs ; et M. Medvedev qui étatise son pays en s'efforçant de masquer tout retour à l'économie administrée. Son problème est que lui et les siens sont des enfants du Plan et que la "ré-étatisation" de la Russie leur est un concept facile. De par les moyens d'autorité dont elle dispose et grâce à sa gigantesque rente minière, la Russie est de tous les pays du G20 le seul peut-être à atteindre l'objectif annoncé.

obamaLe problème des deux autres est qu'ils s'engagent sur un terrain étranger où le seul pouvoir qu'ils puissent exercer est un pouvoir de nuisance aux marges. La régulation de Wall-Street a démérité dans son application quotidienne mais jamais dans les textes légaux. Inciter les acteurs financiers à la sagesse sous menace d'intervenir de la part d'un président caricaturé déjà comme "socialiste¹" est un coup d'épée dans l'eau car irréalisable. La moelle de l'Amérique c'est le Fric, et la seule générosité acceptée est celle que les textes et les esprits accordent aux entrepreneurs de toutes sortes, grands ou petits. La normalité est le travail, l'anormalité le hamac. Obama risque sa peau à vouloir l'inverser. Les manifestations enragées contre son projet de sécurité sociale nationalisée ne sont pas que le fait des électeurs républicains mais convoquent toute la classe moyenne sans distinction d'opinion partisane. La loi passera, à ses risques et périls, Washington est capable de l'imposer dans quelques grandes villes mais dans le pays profond, c'est bien moins sûr.

le roi du bhoutanEtonner ? Vous disiez "étonner" mon cher cousin. C'est encore le nôtre qui s'y colle en reprenant sans vergogne l'invention du roi Jigme Singye Wangchuck du Bhoutan. Remplacer le PIB par le BNB (indice du Bonheur national brut). Il aura fallu cette excitation exotique pour convenir d'une chose évidente aux yeux des économistes : le PIB est un leurre. L'Espagne qui avait un PIB d'enfer que toute l'Europe lui enviait, est à la ramasse par l'affaissement de son marché immobilier intérieur. Or ce PIB est réputé mesurer la croissance ou la décroissance, de quoi découle toute une série d'interventions de l'Etat et de sa banque centrale sur la vie quotidienne du pays, à commencer par les arbitrages budgétaires. L'élévation du chiffre de PIB indique le succès des décideurs nationaux, la contraction s'explique par des circonstances extérieures ingouvernables. On ne dit pas hors des cercles savants que le PIB ne mesure que "l'agitation" d'un pays, son activité, bonne ou mauvaise, volontaire ou contrainte. Exemple : que survienne une calamité de grande ampleur et le PIB s'accroît aussitôt que l'industrie embraye pour réparer les dégâts causés. Le PIB du Setchouan est en forte hausse par le tremblement de terre dévastateur de Ngawa en mai 2008. Que survienne une pandémie de grippe espagnole et les laboratoires pharmaceutiques tournent à plein, embauchent, les hôpitaux vétustes sont rénovés, on achète des ambulances et des cercueils, les officines gagnent des fortunes. Construisez des prisons parce que la criminalité explose et le PIB vous en sera reconnaissant. En fait le PIB ne mesure que le flux monétaire. Dernier exemple : un agriculteur travaille sa ferme en polyculture et produit tout le nécessaire pour subvenir à sa famille. Sur les conseils avisés du Génie Rural, il lâche cette vieillerie de polyculture pour faire du maïs après remembrement de l'exploitation. Il envoie ses fils à Paris, achète un tracteur plus gros, une ensileuse et des cages-séchoirs. Il vend bientôt sa production sur le marché et y achète les denrées qui désormais lui manquent : cet agriculteur vient d'entrer dans le PIB et ses fils à l'ANPE. C'était mieux avant ou maintenant ?

SitglitzLa croissance comptable doit le céder à la stabilité sociale et à l'épanouissement des hommes. C'est ce que M. Sarkozy cherche à entrevoir dans les conclusions de la Commission Stiglitz (en photo) sur le PNN (produit national net). Un bon point pour lui, s'il s'y prend bien, il va cartonner à Pittsburgh pour notre plus grande gloire.
C'est tout ce qui nous reste.


Note (1): le sens en est plus fort que chez nous aux Etats-Unis et veut dire "communiste".




Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

lundi 14 septembre 2009

Journaux tricheurs

hall de PewPew Research Center for People & Press nous dévoile par le canal d'Associated Press que les deux tiers des américains interrogés par eux estiment que les informations que leur fournissent aujourd'hui les médias contiennent souvent des erreurs. En 1985, un sondage comparable donnait seulement 34% de sceptiques.
L'enquête de Pew Research montre par ailleurs que 74% des sondés croient que les sujets traités sont systématiquement partiaux. Ils étaient 66% de cet avis il y a deux ans.
Qu'en est-il en France ? Le sondage est dangereux pour l'institut imprudent, mais les résultats doivent être similaires. Il y manque le réflexe panurgien qui fait que ce matin toute la presse écrite et radiophonique nous gonfle avec l'anniversaire de la faillite de la Lehmann Brothers à New York l'an dernier, comme si les 365 jours qui nous en séparent signifient plus que 300 ou 400. Les journalistes sont de grands enfants. Ne doivent être pris au sérieux que les grands reporters qui mouillent leur chemise dans les zones de conflit. Le reste du troupeau... sont alimentaires.

Mais la question la plus drôle - si l'on n'en a jamais subi l'outrage - est celle de la fabrication de l'opinion par le journaliste "convaincu". On ne parlera pas aujourd'hui des interpelés présumés coupables par la presse et copieusement lynchés sous les hourras du lectorat - le tribunal populaire est le premier sport démocratique chez nous -, mais du crible des matériaux qui constituent l'information du jour. Ayant aboli les caches et les frontières, Internet permet au premier venu de puiser dans la grande citerne aux nouvelles, rien qu'en cherchant sur Google News par exemple, celles agrégées par ses nombreux sites étrangers. Pareil avec Yahoo et les autres agrégateurs. On s'aperçoit alors que la masse quotidienne est énorme.

écran ItéléDe cela, les rédactions des journaux télévisés vont retenir une petite dizaine qui doivent fournir les cases préétablies à l'année pour l'information prédigérée de l'auditrice de quarante ans : Nicolas Sarkozy, France politique politicienne, France crimes justice et société, France politique étrangère, Barack Obama, Monde insolite, Sports, Cancer et maladies orphelines, Grippe porcine, Personnes âgées. Dix cases, dix infos, une par case, circulez ... "on est bourré" ! Sans trop solliciter le contenu de chaque information, il est facile d'orienter le journal à consommer par la ménagère, du simple choix des nouvelles "traitées".
On pourrait croire que les chaînes d'information en continu fourniraient plus de matériau. C'est faux. Gérées par des "marketteurs", elles tombent dans le même travers et criblent selon l'Audimat ce qui fera vendre les produits placés par leurs annonceurs. La TNT qui offre comme alternative aux grandes chaînes nationales deux chaînes comme Itélé et BFMTV en a fait à tous la démonstration. Les artifices meublant la répétition systématique conduisent même à restreindre le champ d'enquête quotidien.

Comment alors se tenir "informé" ? La pertinence de cette exigence étant le postulat de départ, car bien des gens vivent très bien et intelligemment sans "être informés". Pour les autres, pour les affamés, il n'y a qu'Internet ; désolé pour les réfractaires. Même les journaux lourds de sens comme Le Monde, qui autrefois répondait quotidiennement en toute épaisseur à l'exhortation de son fondateur : "soyez emmerdants", succombe au markéting et fabrique de l'information par conférences domestiques interposées quand il ne passe au bling bling, scandale et petit jeu. Complet comme jadis, intéresserait-il assez de lecteurs pour couvrir les frais ? On sait que non.

une page du Monde
Finalement, nous devons déplorer l'abrutissement général qui d'un côté laisse cribler l'information sans rien dire pourvu qu'il y ait le match, et qui de l'autre nourrit les "journalistes" pour un travail de simple copie d'agence. Le temps de la grosse presse quotidienne qui disait tout est-il révolu ? On répond "non" si l'on habite à Singapour (The Straits Times) ou à Hong Kong (The South China Morning Post). Mais ici, elle a disparu, si tant est qu'elle aie pu se comparer un jour à ses confrères anglo-saxons.

Pour avoir la masse en France, il nous reste Internet, en créant l'outil d'agrégation de nouvelles de son choix. Un logiciel utile est RSSOwl qui permet à chacun de construire périodiquement son journal du matin avec les rubriques qui sont de son intérêt propre. C'est l'avenir, mais il faut brosser son anglais.
La presse écrite ... pour emballer le poisson !


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

samedi 12 septembre 2009

Encore une semaine ordinaire

Brice H.Qún pet ! (quel pet) aurait dit Jacouti à Catinou, à entendre Brice Hortefeux cette semaine à Seignosse. Qu'il y ait trop de Sarrasins au sud de Poitiers est une déclaration osée, impromptue et populiste que 99% des Français acceptent aussi au nord de Poitiers. N'y voyez aucun racisme, mais un agacement général devant l'entrisme communautariste de la faction musulmane active qui se recrute chez eux. Il n'est pas un jour que la presse ne nous signale une dérogation ici, un avantage là, au bénéfice de la communauté musulmane, alors qu'on n'entend que très rarement parler des Chinois, Vietnamiens sauf à voir des images festives de Nouvel an par exemple, où processionnent des dragons de papier. Même les Indiens sont intégrés. On s'est aperçu que nous avions une communauté srilankaise conséquente à l'occasion de manifestations parisiennes contre la répression aveugle des Tigres tamouls par Colombo. Sinon, calme plat !

« C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». C'est vrai de tout "renfort" allogène dès lors qu'il refuse de se greffer sur le corps social résident. Un pays de grande immigration comme l'Australie se voit obligé de combattre le communautarisme dès lors qu'il exacerbe des tensions inter-communautaires graves. L'ancien premier ministre John Howard, libéral musclé, adepte du "cass'toi pôv'con" avait montré clairement la sortie aux immigrés qui entendaient établir leurs coutumes en lieu et place des traditions anglo-saxones australiennes au motif du droit de l'homme à emmerder autrui de ses exigences propres. C'était le programme "One Australia".
Les rixes de ce genre en France ne sont pas rares, et la qualification de "bagarre entre bandes rivales" masque souvent le composé ethnique de l'affrontement. Il aura fallu la mise au point du ministre de l'Intérieur Hortefeux sur la rixe mortelle du Pontet (Vaucluse) pour que cet angle d'approche soit médiatisé. Hélas, la campagne ridicule des couilles molles du PS qui ne savent à qui plaire avant de mourir, a obscurci la vérité de ce communautarisme offensif, derrière un "cuir" du ministre guetté par les journalistes en manque.

Nous ne ferons pas la liste des roquets qui aboient aux basques du rouquin mais ne pouvons résister à la citation du "plus con que moi tu meurs" que je ne nommerai pas : "La question n'est même pas de savoir s'il faut ou pas qu'il démissionne du gouvernement, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci?"
C'est vrai que la seule démocratie qui vaille est la démocratie de voirie, où tout un chacun sanctionne les ministres à l'envi et "exige".

L'autre buzz de la semaine est le concert à Saint-Denis (rien à voir avec le Mémorial de France) de la sulfureuse Mylène Farmer dont le titre "Pourvu qu'elles soient douces" nous avait montré accessoirement que c'était une vraie rousse. Nous ne résistons pas au venin de sa prose en la laissant chanter dans ce court métrage anglais à la "Barry Lindon" tourné en forêt de Rambouillet ... il y a vingt ans (éloignez les enfants des scènes de guerre):



Entretemps, Brice Hortefeux a été invité à la rupture de jeûne chez les Musulmans d'Auvergne et a reçu le soutien du recteur de la Mosquée de Paris, en plus de celui de Jack Lang. On ne dit pas s'il a rencontré Mylène Farmer après le Stade.


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

vendredi 11 septembre 2009

Du socialisme royal

La ChatreAu moment où le parti de la démocratie morale découvre que son politburo a enkroumé la moitié de ses électeurs du dernier congrès en bourrant les urnes¹ comme on le fait en Biélorussie, des royalistes remettent le socialisme à sa vraie place : en salle de chimiothérapie. Il n'est que temps de dénoncer le parti des doryphores qui a ruiné la France, et en application du précepte canonique de "charité bien ordonnée...", il convient aussi de détecter et sevrer les drogués de notre propre camp.
Le socialisme, né d'ailleurs au XIX° siècle sous le beau nom de "communisme"², est une idée généreuse. C'est quand elle sort des cerveaux pour entrer dans les bureaux qu'on peut en mesurer la perversité. Mais avant ça, je remets en perspective cette générosité originelle en publiant ici des extraits des deux entrées "socialisme" et "communisme" du Dictionnaire Universel de Maurice La Chatre (1814-1900), se déclarant lui-même "bon communiste". Ce dictionnaire fut édité à partir de 1854 en feuilleton hebdomadaire pour que les pauvres puissent l'acquérir (25¢). Nous sommes à l'époque où ces concepts prennent leur forme moderne dans la société, aussi le Dictionnaire de La Chatre ne charrie pas trop de scories historiques. On va y voir plus que des nuances et les prémisses d'un cocktail explosif :


BlanquiCommunisme, s.m. [...] On désigne sous ce nom la tendance qui entraîne plus particulièrement, soit les sociétés, soit les individus, vers l'égalité. [...] Pour ne parler que de l'instinct populaire et de ses manifestations à travers l'humanité, il est évident qu'il y a de grandes époques historiques marquées sensiblement du caractère communiste : ce sont les époques révolutionnaires. Les révolutions succèdent aux périodes de liberté [...] Révolution de 1789 : le régime de liberté, d'inégalité qui la précède, s'évanouit, et la Nation veut réaliser l'égalité. [...] Qu'est-ce la Révolution de 1848, sinon une réaction égalitaire contre le régime de la monarchie constitutionnelle, régime à la fois de liberté et de privilèges...
Et l'article de deux colonnes et demi exalte le nivellement contraint contre la liberté.

FourierSocialisme, s.m. Nom qu'on a donné sous le règne de Louis-Philippe et depuis, aux doctrines des réformateurs qui ont pour but l'amélioration de la condition sociale de l'homme par une équitable répartition entre les hommes, soit des instruments de travail, soit de la richesse sociale. [...] pour obtenir le maximum de richesse et de bonheur au profit des sociétés particulières nommées nations et de l'humanité toute entière. [...] Conséquemment, le socialisme comprend la philosophie morale et politique, l'économie publique et privée, enfin la théologie. Quand on définit l'une de ces sciences secondaires, on définit partiellement le socialisme...
Et l'article est de ce tonneau sur deux pleines pages rédigées par un convaincu (ndlr: les vignettes sont un choix du blogueur).

D'un côté, nous avons le nivellement révolutionnaire qui anticipe le XX° siècle et son cortège d'aberrations dont nous peinons à sortir, si tant est que nous en sortions un jour ; de l'autre, un concept hégémonique total qui donne raison à celui qui m'a appris que la France était gouvernée par deux partis socialistes, l'un avait pour nom dans l'opinion, La Gauche, l'autre, La Droite. Et ceci pour moi explique sans doute notre déclin. La Nation nivelée et addictée à l'Etat-mère-poule n'a plus aucun ressort. D'aucun a estimé en connaisseur que « la chute du communisme peut être interprétée comme un signe indiquant que la pensée moderne a atteint sa crise finale. Notre époque a créé la première civilisation technologique globale mais a atteint les limites de ses potentialités, le point au-delà duquel s'ouvre l'abîme » (Vaclav Havel en 1992). Pour le moment, on s'apprête plutôt au grand bond en avant. Le bras armé de cette civilisation globale est l'Etat. Cet Etat est le noeud de la question, car il a acquis sa propre vitalité, son autonomie des sociétés qu'il administre : il vit indépendamment de l'état critique du pays réel.

affiche Huma 2009
L'article que les Manants ont sorti hier avec la photo de Hayek, montre la métamorphose du Léviathan qui engraisse en permanence (tant à Paris, Lyon, Marseille qu'à Bruxelles, Londres ou Francfort), et qui finira par nous étouffer quand le calibrage forcé des nations sera terminé. L'Etat a sa logique, qui n'est que de se survivre en phagocytant en permanence ses marches. Il n'est pas dangereux pour le concept de monarchie de combattre l'Etat quand il donne l'image d'une administration pléthorique et invasive. C'est même le bon moment pour le faire. Et qu'importe si le succès du projet politique le détruisait, car cette tumeur maligne est congénitale à l'espèce humaine et quoiqu'on fasse, elle renaîtra et grossira de nouveau. Il en va ainsi depuis la nuit des temps. Simplement il faut profiter des "périodes d'Etat raisonnable" pour établir les cadres le plus solides dans lesquels il sera contenu le plus longtemps possible, et pour organiser le Bien commun durable, en renforçant la subsidiarité³ des étages de décision, et en privilégiant la liberté individuelle et le génie propre à l'homme dans le respect méticuleux de notre planète. Aujourd'hui nous sommes bloqués.

Les brigadistes royalistes promoteurs du Plan, du colbertisme, de l'Etat fort, de la solidarité obligatoire, corrompent le message monarchique des hiérarchies et des initiatives, et hélas brouillent sa perception par l'Opinion. Un roi socialiste, nous en avons de temps en temps - De Gaulle, Mitterrand, Chirac - sans que ne tombe la foudre. Aussi est-il tentant d'adapter le projet royaliste ainsi, pour mieux le vendre. On noie le projet dans le bouillon politique commun. Est-ce cette axe de communication qui attire certaines élites à discuter facilement avec la NAR ? Mais alors, il faut annoncer la couleur en hissant le vrai pavillon, et dire qu'on n'attend que le couronnement de la Cinquième République, en pérennisant le poste de chef de l'Etat. Point barre. Du passé de lutte contre le socialisme, le jacobinisme et l'embrigadement faisons table rase, et ne nous encombrons pas d'être raccord avec la monarchie capétienne.
On peut s'appuyer également sur le "Sermon (essénien) sur la Montagne" qui fonde le socialisme chrétien, farouche adversaire de la doctrine d'Action française.

Finalement, Jean Sarkozy ne serait pas si mal dans cette fonction viagère. Il a le caractère, la ruse et la capacité de travail de son géniteur. Que demande le peuple ? La proposition aurait pour ses promoteurs "socialistes" le mérite d'un large consensus, jusqu'à chez nous !
Jean S.

Note (1): Ségolène Royal dans son bouquin "Hold-uPS" aux éditions du Moment.
Note (2): l'entrée "Communisme" du La Chatre commence ainsi : , s.m. Néologisme. Le communisme a soulevé, de notre temps surtout, d'ardentes controverses. Mais si le mot est nouveau, la chose ne l'est pas. [...]
Note (3): le principe de subsidiarité ne centralise que les décisions avantagées par elle, et laisse aux étages subalternes la plus grande liberté possible.



On pourrait approfondir en lisant la présentation à la Société Française de Philosophie en 1936 du mémoire d'Elie Halévy : L'Ere des Tyrannies. Libéral républicain il fut un précurseur de Raymond Aron.
Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mercredi 9 septembre 2009

999

"Longtemps" en Chine sudiste. 999 c'est "longtemps", on le souhaite aux jeunes mariés.
Les royalistes devraient-ils se dire "999" aujourd'hui ? En aucun cas ...! Ils sont au plus mal ! La désintégration lente du parti d'Orléans dont les princes rallient la République et ses ors en demandant les hochets exposés en vitrine du régime - la croix ne vous tombe pas dessus, il faut faire le dossier, le soumettre, le pousser -, régime qui soutient avec bienveillance les élans commémoratifs du mouvement royalisant et veille à ce qu'il y soit confiné, cette désintégration ne peut être stoppée que par un projet politique fort et clair, ce à quoi se refusent les mentors de la Cause : programmer est "démocratique" donc impur. Le prince saura d'instinct ! Dans l'attente, versons nos énergies aux valeurs chrétiennes, au patrimoine et à la francophonie...

999 ? Surtout pas ! C'est ce que proclament les responsables du Camp Maxime Réal Del Sarte, et sans être cotisant, je reprendrais sur ce blogue la partie politique du communiqué de Deker, communiqué qui pose les questions après y avoir apporté sa réponse. Sioux.

Puisqu'il est permis à n'importe qui de s’instituer, qui « métacamelot », qui « président », qui « canal hystérique », je me permets pour la seule et dernière fois de publier un « « « communiqué » » » (rires !) en mon nom propre…
Je n’ai rien fait qui me vaille tant d’inimitié de ceux avec qui j’ai partagé le pain, parfois le lit (en tout bien tout honneur), parfois les coups (des autres…).
Le différend récent avec « l’équipe », qui n’est pas dénuée de qualités, qui entoure Olivier P. n’est pas d’ordre personnel, mais bien politique. Lorsqu’avec Philippe C., nous étions en mesure de reprendre l’ensemble de la structure selon les vœux du « regretté » Pierre P., AUCUN des « anciens autoproclamés », des juges de paix du dimanche qui se sont empressés de sauver la barque vermoulue de Marielle P., ne s’est manifesté. Aujourd’hui j’entends parler de journal. Pas plus les dix ou onze tentatives de remonter le journal que celle de la « dernière chance » qui devait déboucher de la réunion historique que NOUS avons organisé aux locaux pour une véritable résurrection de l’AF, n’ont été couronnées de succès… Je vous souhaite d’y réussir… Mais je n’y crois plus… la structure historique, la coquille « AF » est irréformable, si elle l’était nous le saurions déjà… Je ne parle pas des vérités politiques « éternelles », au moins autant que la France en tout cas, mais de la structure juridique et administrative, avec ses « dossiers » immobiliers, ses pesanteurs structurelles, ses casseroles…
Je reste d’Action française, au sens d’une action des Français pour que France continue, mais je quitte le Craf. Il faudrait être plus nominaliste que je ne le suis pour croire durablement que le Craf C’EST l’AF…
[...]
Nous nous faisons une assez haute idée de l’amitié pour ne pas la sacrifier toute entière à la « politique », et nous ne nous faisons pas une si piètre idée des jeunes, qui sont notre avenir, pour les promettre au musée ou au chaos… alors , oui, nous leur avons proposé de travailler autrement… selon la méthode de la « tradition critique »… Attendez-vous à voir vos propres enfants dans nos rangs.

999 tractQuelqu'un au fond du lectorat m'a demandé ce que j'en pensais.
Je pense deux choses : (1) quand un parti politique est bloqué (par sa nomenklatura, son environnement, ses finances ou ses adversaires) un putsch interne est préférable à une sécession car il permet de détruire les résistances et la machine de lutte et de s'approprier ses territoires de propagande et ses ressources. Cette remarque vaut pour s'arracher à la technostructure européenne.
(2) la faction soumise à l'issue de l'opération (rien n'est jamais joué d'avance, vous aurait dit le colonel Argoud) doit être "politiquement" détruite pour éviter les surgeons futurs qui vont recoloniser l'espace politique du mouvement.

Je profite de ce billet de "crise" pour remettre en visibilité le "penser clair" de La Royale. Une chapelle s'agite plus que d'ordinaire pour promouvoir une approche "socialiste" des évolutions souhaitables, à des motifs que je ne peux juger encore, mais qui pourraient dessiner un certain rapprochement avec une opposition au régime ultralibéral du président Sarkozy. Tous les chemins ne sont pas praticables ; certains pervertissent les esprits. Le socialisme est une drogue. Si ces gens respectables en tout aboutissent, la chapelle enfantera un monstre. Il faut la réduire.

On ne saurait terminer l'incinération sans évoquer la posture avantageuse de la Légitimité dont le prince "à régner" est absent de France en paroles comme peut-être en pensées. S'il montre plus de vigueur que ses concurrents au polo grâce à la Lechuza Caracas Polo Team, la "formation" politique nécessaire à une accession prochaine à la faveur de circonstances catastrophiques ne transpire pas de l'almanach ; et, n'en déplaise à ses nombreux partisans, rien n'affirme qu'il accepte d'un mouvement naturel la fonction sacrée (et sacrificielle) qu'ils veulent lui offrir "au milieu des ruines". On est en droit de réclamer aussi de ce bord un projet politique fort et clair, au delà des bénédictions rituelles.

999 ? Pas encore !


3-macaques
Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Articles les plus consultés

Compteur de clics (actif)