samedi 21 janvier 2006

In Memoriam

En ce jour anniversaire de la mort du roi Louis XVI, les royalistes s'unissent en prière pour le repos de son âme. Trente semaines d'années ont passé et la plaie reste ouverte. Que le roi repose en paix.

Le roi était d'abord un homme de coeur. S'il avait survécu à la Révolution, nul doute qu'après le Soleil, et le Bien-Aimé, le pays aurait appelé Louis XVI, le Bon.
La Convention a tranché le continuum dynastique qui depuis mille ans avait construit la France. Malgré de belles gloires militaires achetées au prix de myriades de morts, les régimes qui lui succèderont ne pourront jamais assurer la relève du projet capétien à aucun moment des deux siècles à suivre.
Louis 16
Celui qui fut décapité devant les troupes le 21 janvier 1793 place de la Concorde était un homme bon, cultivé, vertueux, non-violent et dévot;
un roi aimant ce peuple que Dieu lui avait confié lors de son sacre à Reims.
Aussi ne put-il comprendre que la sentence qui le condamnait, convoquât dans ses attendus le sang qu'il avait toujours refusé de verser. Ses derniers mots à son procès trahissent sa stupeur:
"En vous parlant peut-être pour la dernière fois, je vous déclare que ma conscience ne me reproche rien, et que mes défenseurs ne vous ont dit que la vérité. Je n'ai jamais craint que ma conduite fût examinée publiquement, mais mon cœur est déchiré de trouver dans l'acte d'accusation, l'impression d'avoir voulu répandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du dix août me soient attribués. J'avoue que les preuves multipliées que j'avais données dans tous les temps de mon amour pour le peuple, et la manière dont je m'étais toujours conduit, me paraissait devoir pouvoir que je ne craignais pas de m'exposer pour épargner son sang, et d'éloigner à jamais de moi une pareille impression".
Debout sur l'échafaud il rejetait encore cette accusation et appelait au pardon en des termes christiques:
" Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France ! Et vous, peuple infortuné..." Les tambours étouffèrent sa voix.
Le sang dès ce jour allait couler à torrents comme jamais jusque là.

La France s'est "arrêtée" alors au milieu de la tourmente révolutionnaire. Elle termine aujourd'hui une course effrénée au majorat universel qu'elle persiste à revendiquer avec arrogance, alors qu'elle n'est déjà plus qu'une simple et belle province d'Europe, écrasée de dettes, sans espérances, et oubliée du monde quand on traite les affaires sérieuses.
Une nation sans cap, un Etat obèse et omnipotent partagé entre toutes les coteries, un gouvernement de l'instant, tel est l'aboutissement d'un régime que l'on croyait perfectionner sans cesse à la lumière des Lumières. Il termine à la lanterne. La république est le régime d'une incandescente Vertu. C'est exactement la Vertu qui lui manque le plus.
Notre Etat se désagrège lentement sous la pression du faux-semblant institutionnalisé, et de la compétition des corporatismes, chacun voulant au moment, lui déchirer le morceau de chair le plus grand possible, dans ce combat général des égoïsmes où chacun mesure d'un regard avide, le morceau de l'autre.
La Nation n'a plus d'axe de référence. Elle est livrée aux lubies politiques de minorités de défense de leurs intérêts propres, qui par l'application adroite de règles électorales adaptées, parviennent à capter le pouvoir, et se réclament le lendemain matin, issues de la "majorité". Le Président de 2007 pourra accéder à la charge suprême en partant d'un socle de 12% des inscrits. La démocratie a viré à la caricature et son fonctionnement, à l'escroquerie.

Le monde qui s'est rétréci et concentré, devient de plus en plus dangereux. Seuls les pays ayant un projet national à la mesure des enjeux mondiaux préserveront leur nation. Les autres seront fondus dans un magma mercantile, soit du bord de la Production, soit de celui de la Consommation, parfois des deux, mais sans âme, sans valeurs sauf à les compter, sans sûreté pour l'épanouissement de leurs enfants, finalement sans avenir autre que celui que lui dicteront les pouvoirs internationaux qui se mettent en place. Bon exemple que le défaut d'un schéma européen précis et consenti par le peuple. Conjugué aux alternances politiques de la revanche éphémère qui renverse les vainqueurs du lendemain sur les vaincus de la veille, les errements européens de la France nous ont conduit dans l'impasse où nous ne pouvons ni avancer ni reculer, en rien, tant que nous n'aurons pas réussi à faire bouger dans le même sens, vingt-cinq pays aux desseins divergents.

Les pays majeurs de demain, quelle que soit leur taille, seront ceux qui nourriront une conscience nationale sereine et pacifique, une exaltation de valeurs fondamentales partagées par le plus grand nombre, un dessein connu et accepté par tous, et obtiendront le respect international. Si l'on n'est pas l'empire trimillénaire du Milieu dont le gouvernement actuel poursuit patiemment la construction, on doit identifier et rassembler toutes ses forces, toutes, parce que les défis sont presque plus grands que les forces avec lesquelles nous pourrions leur répondre, et d'assurer surtout la solidité de l'ouvrage par un gouvernement permanent et sage.
Il vient le temps des évidences.
Sur une planète balayée par l'ouragan de la mondialisation, la Nation a besoin de permanence à sa tête pour relever les défis, et de libertés pour que renaissent les pulsions créatrices de ce peuple étonnant. Peuple politisé dont on a confisqué la voix et qui pourrait à nouveau s'exprimer pleinement dans une vraie démocratie de proximité.

Plus que de perte de repères comme on le dit partout depuis que les feux de la St Jean ont embrasé le mois de novembre, la Nation est malade de l'abandon de ses valeurs fondamentales. On pourrait les regrouper sous le vocable de valeurs helléno-chrétiennes. Pourtant leurs racines plongent encore dans le terreau populaire puisqu'en dépit d'une propagande stimulant le nombrilisme, la passivité et l'enrichissement, on trouve en nombre le don de soi aux autres, l'éveil citoyen et un certain mysticisme. La famille semble renaître de ses cendres soixante-huitardes, la fraternité aide à supporter l'insupportable de la cité, la liberté tente de se défendre contre les dictateurs du prêt-à-penser. Tout n'est pas perdu.

La France peut reconstruire un destin national au sein d'une Europe réorganisée sur des bases confédérales. La France doit mener cette rénovation. Autour d'elle, on l'attend. Non pas bien sûr, la France de la chiraquie à l'agonie, mais celle que l'on suppose exister encore dans sa braise millénaire, ce génie inimitable, à défaut jamais égalé ainsi qu'il se montrait au monde jusqu'à la fin du XVIIIè siècle et dont il reste des traces ci et là. Ce destin européen qui commande à tout désormais, ne sera accompli qu'après avoir reconstruit à Paris un Etat respectable dans des dimensions en rapport avec les ressources que pourront mettre à contribution les activités du pays. Autant dire qu'il devra être compacté pour revenir aux équilibres d'une gestion normale et réorganisé en profondeur pour exercer réellement ses pouvoirs régaliens. On comprend déjà qu'il sera formidablement diminué dans ses échelons subalternes pour dégager l'espace économique et culturel de ses inerties, afin que s'expriment toutes les créativités d'un esprit français qu'on espère avoir survécu.

C'est par le foisonnement des libertés que le pays se relèvera, c'est par une productivité nouvelle dans l'excitation d'un contexte ouvert, que nous commencerons le règlement des dettes accumulées sans vergogne sur les générations montantes par un Etat obèse. Et il faudra du temps.
Et de la persévérance.

La refondation d'un Etat capable de favoriser cette reconstruction de la Nation implique une certaine pérennité dans l'action. Pour diverses raisons, une monarchie successible est le régime le mieux adapté à ce projet. Essentiellement parce que la transmission en dehors de joutes politiques sans fin, ne vise qu'à porter au successeur un Etat amélioré par rapport à celui qui fut reçu du prédécesseur. En monarchie, l'institution prime le titulaire. En république, la brièveté de l'étape appelle à l'établissement fébrile de la famille et à des assouvissements éphémères. Et le "métier" de roi, aussi complexe soit-il, s'apprend vite et bien dès lors qu'il est enseigné dès la Maternelle.

Dans une nation aussi remuante et vindicative que la nôtre, il y a aussi un affect particulier entre les gens et le pouvoir. C'est bien pour cela que les sympathies sont des paramètres clés des élections, et que la communication qui les met en valeur, est si importante. Cet affect tient à la relation de confiance.
La confiance entre le peuple et le roi est le plus sûr liant national dès lors que le prince est vertueux, juste et présent. Le Peuple & le Roi doivent "précipiter" dans un composé nouveau. Contre toutes les nouvelles féodalités du monde moderne, c'est le meilleur bouclier.

Du testament de Louis XVI, rédigé au Temple le jour de Noël 1792, nous retiendrons ce passage pétri de sagesse :
" Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve. Qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu'un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile."

Sache son fils spirituel entendre le commandement.

mardi 17 janvier 2006

Prologue de la Révolution

Les grandes épopées essoufflent parfois le lecteur. A changer la lorgnette par la loupe on profite souvent d’une approche « individualisée » des évènements qui s’éclairent dès lors de touches familières permettant des lustres plus tard, d’investir la période dans un meilleur confort de repères.

Isidore Boiffils de Massanne a fait oeuvre d’historien en la baronnie d’Hierle, aujourd’hui englobée dans l’arrondissement cévenol du Vigan. Il fut maire de Sumène de 1871 à 1877 et tint cette fonction à l’époque de la restauration ratée de 1873 quand le comte de Chambord refusa l’obstacle, derrière le prétexte du drapeau blanc. Sans doute fut-il tenté de revenir au pourquoi du désastre.
sumène
Il nous offre un cliché instantané de la société française à l’ouverture des Etats généraux de 1789, qui vaut meilleur résumé que bien des développements laborieux de nos amis professeurs d’histoire des collèges. Laissons-lui la parole.

L'Ancien Régime fourmillant d'abus et de contradictions, touchait à sa dernière heure. Bizarre assemblage d'institutions féodales et de lois césariennes, rien n'y coïncidait, tout y était disparate. La dynastie capétienne avait accompli l'oeuvre de destruction du Moyen Age lentement, patiemment, quelquefois à regret. Sortie des entrailles de la Féodalité, un pressentiment secret lui disait que cette oeuvre était un suicide. 1789 se chargea de le lui prouver.

  • Une royauté omnipotente mais sans appui dans la nation.

  • Une cour dissolue où seul le roi était vertueux.

  • Les finances penchant vers la banqueroute.

  • Un clergé riche et peu exemplaire, ballotté entre le pape et le roi, les Jésuites et les gallicans.

  • Une noblesse frivole, avilie dans les antichambres.

  • Des parlements factieux.

  • Une bourgeoisie aisée et spirituelle, jalouse de ses privilèges nobiliaires, se croyant appelée à réformer l’Etat, n’ayant ni plan ni vues d’ensemble.

  • Un peuple royaliste au fond, mais tendant l’oreille aux Réformateurs qui lui promettaient l’amélioration de son sort.


A travers toutes les couches de la société avaient filtré des idées appelées "philosophiques", proclamant le dogme de l’Intérêt Public, cette arme terrible qui depuis 1789 sert à renverser les vainqueurs du lendemain sur les vaincus de la veille. Et sur tout cela une ardeur, un enthousiasme incomparables.
Ces jours de 1789 furent illuminés d’un clair rayon d’espérance. Si jamais on a pu se croire à la veille d’une Rénovation Universelle, si jamais le règne de la Justice et de la Vérité parut près d’advenir, c’est à ce moment.

Par une aberration inexplicable, le clergé catholique, seul instituteur de la France féodale et monarchique, ayant toujours les yeux fixés sur l'Antiquité, présentait pour modèle les héros républicains d'Athènes et de Rome à des adolescents destinés à devenir avocats du roi ou mousquetaires.
De même, il montrait la mythologie à ceux qui se destinaient au sacerdoce chrétien. Les saintes cathédrales étaient dédaignées, ridiculisées par le nom de "gothiques", et les institutions nationales traitées de barbares. Du haut des chaires, on prêchait l'égalité de tous les hommes devant un Clergé seul légitime dominateur.
La bourgeoisie de 1789 était imbue de ces doctrines sauf en un point particulier: elle refusait formellement la domination aux clercs pour l'accorder à l'Etre abstrait nommé Société ou Etat.

Ainsi l’Eglise vit ses doctrines se tourner contre elle-même. Cette classe bourgeoise suffisante et vaine se vit porter au pinacle. C’est elle qui posséda l’initiative et l’influence et qui doit aussi porter la responsabilité. L’histoire de nos quatre-vingt ans (ndlr l’auteur écrit à la veille de la guerre de 1870) de Révolution est l’histoire de l’incapacité de la bourgeoisie. Elle viola le précepte « le bien d’autrui tu ne prendras ! » sciemment, déloyalement, en faisant des distinctions et des commentaires, en invoquant l’intérêt public et le bien général. On dirait que les générations françaises depuis 1789 ont été mordues au coeur par une dent de vipère.

Le mal qui les ronge c’est l’envie. Non pas cette envie personnelle que tous les siècles ont connue mais une envie héréditaire, sociale, érigée en dogme, canonisée par l’esprit moderne. La démocratie c’est l’envie, a dit Proudhon et il a bien dit. A ces multiples causes de désordre qui menaçait la société française venaient s’ajouter dans notre pays la présence du protestantisme et du ressentiment de la Saint-Barthélemy contre tous les catholiques, de la révocation de l’édit de Nantes contre les Bourbon de la branche aînée et tous leurs partisans.

Isidore Boiffils de Massanne (1824-1907)


Bibliographie :

Un coin des Cévennes pendant le Moyen Age, la combe de Recodier dans la paroisse de Saint-Roman de Codières
édité par Fragile en 1883

Histoire de Sumène : Des origines à la fin du 18è siècle
ré-éditée par le Vieux Pont en 2001

    jeudi 12 janvier 2006

    De la supériorité économique de la monarchie

    HoppeHans-Hermann HOPPE est un allemand, professeur d'économie, docteur de l'Université de Francfort sur le Main. Pour l'instant, il enseigne aux États-Unis, à Las Vegas, à l'Université du Névada ; et a écrit un livre (1) qui fit grand bruit outre-atlantique. Le présent digest vient d'un vieux "Politique Magazine" que nous avons rechargé et accéléré.

    Du point de vue de la science économique, une monarchie est un régime où le pouvoir politique est privatisé dans les mains d'une dynastie. Une démocratie est un régime où le pouvoir politique est collectivisé, et remis aux mains du peuple. Les conséquences sont les mêmes que pour une entreprise privée. Dès qu'elle est nationalisée, l'entreprise rentable se met à avoir des déficits. Le roi, parce qu'il est propriétaire, a le souci, non seulement des revenus du pouvoir mais aussi du capital. Il va donc faire des choix rationnels de bon père de famille, en ayant en vue l'intérêt à long terme de la dynastie, et du pays. Le chef démocratique élu, en revanche, n'est pas propriétaire. Il n'est que gérant ici pour cinq ans, soumis à réélection. Son intérêt est de maximiser les revenus du pouvoir à court terme, pour plaire aux catégories qui vont le réélire. Il n'a aucun souci du capital à maintenir ou à accroître. Pire encore, si ce chef démocratique a des scrupules et ne joue pas le jeu politique par souci du pays en longue période, il sera sans doute battu par un démagogue sans scrupules à la prochaine élection. Le système est pervers.

    En effet, que le pouvoir soit ouvert à tous, n'est pas nécessairement un avantage. La compétition n'est pas toujours un bien. La compétition pour produire des biens est une bonne chose. Or, la compétition électorale démocratique, qui consiste à exploiter l'envie des plus nombreux contre les plus riches, est moralement dégradante. Pour Hoppe, la démocratie élève la préférence pour l'immédiat. Or, une forte préférence pour l'immédiat caractérise les êtres peu civilisés. La civilisation suppose une discipline pour préférer un bien durable à long terme à une jouissance fugitive à court terme. Or, seule la monarchie privilégie le long terme.

    La monarchie est restée le régime dominant en Europe jusqu'à la guerre de 1914. Depuis que la démocratie s'est installée en Occident, les signes de décadence liés à la préférence pour l'immédiat, se sont accrus. La sécurité sociale au sens large a déresponsabilisé les individus. La famille a perdu sa valeur économique et la natalité s'est effondrée pour des raisons liées d’abord à la mise en productivité des mères. Les moeurs se sont dégradées pour capter des voix dans toutes les chapelles, même les moins recommandables, et une sous-culture de masse vulgaire a envahi les esprits.
    La démocratie favorise l'égalitarisme par la modélisation simplifiée des comportements et des opinions qui sont ainsi plus facilement « accédés » par le pouvoir manipulateur. Même l'immigration de mauvaise qualité est favorisée au motif de la standardisation du consommateur électeur, alors que les monarques, comme Frédéric II de Prusse ou Marie-Thérèse d'Autriche favorisaient une immigration de qualité. Ainsi vaut-il mieux aujourd’hui naturaliser un immigré qui vit de l'aide sociale et qui vote pour les distributeurs de cette aide, plutôt qu'un immigré génial vite pressuré par le fisc qui votera mal parce d’esprit supérieur et libre.

    Quel avenir ? Pour Hoppe, la démocratie occidentale va s'effondrer un jour comme l'URSS l'a fait en 1989. Car elle mange le capital accumulé dans le passé. La dette publique s'accroît sans cesse et les régimes sociaux sont menacés de faillite. La démographie, minée par la politique anti-familiale des classes politiques qui diminuent la population active contributaire, empêchera de financer les régimes sociaux. Cela détruira la réputation de la démocratie et fera voir son vrai visage.

    Comment la remplacer ? Hoppe, en bon libertarien, rêve d'un monde sans État, composé de propriétaires associés. Mais à cette utopie il préfère la monarchie. Il préfère aussi les petits États, comme le Liechtenstein, Monaco ou le Luxembourg, qui font moins de mal que les grands !
    Il lui semble que tout tourne autour d’un principe qui se manifeste à travers la propriété privée. La préférence pour l’immédiat est mauvaise : elle caractérise l’attitude des adolescents pour qui un besoin, ou prétendu tel, doit être, sans attendre le résultat d’un effort, satisfait au plus vite : impulsivité, imprévoyance et désintérêt pour ce qui n’est pas eux.
    En revanche, la propriété privée, qui suppose épargne et investissement, est bonne, car elle implique une vision à long terme. Et Hoppe, de définir la monarchie comme un gouvernement basé sur la propriété privée où le roi, développant cette vision à long terme de ses intérêts, s’efforce de ne pas taxer ses sujets inutilement et de ne pas agir avec excès pour maintenir sa légitimité. Le roi, en tant que propriétaire privé, ne peut détruire sans danger pour lui-même la propriété des autres ; il y a solidarité.
    En contraste avec la modération interne et externe de la monarchie, le gouvernement nationalisé de la propriété "publique", ou démocratie, est porté aux excès. Le président d'une démocratie se sert de l'appareil d’état à son avantage, mais il n'en est pas le propriétaire, il n’en est que le gérant provisoire. Il possède l'usage des recettes de l'État, mais non pas son capital. Il va donc maximiser le revenu courant en ignorant la détérioration du capital. Il utilisera les ressources le plus vite possible pour consommer tout de suite.
    De plus, en république, les gouvernés se croient gouvernants et sont donc moins vigilants. La démocratisation n'est donc pas un progrès pas plus que la nationalisation l'est pour une entreprise. L'État taxe, s'endette et exproprie. L'endettement, notamment, est préféré car il frappera plutôt le gouvernement futur, peut-être même celui des adversaires du gouvernement présent : il n'y a pas de solidarité entre les gouvernants successifs.
    En résumé, la monarchie est un gouvernement privatisé, où l'intérêt du roi propriétaire est basé sur le long terme, dans le respect du capital national.

    Les rois de jadis ne purent gouverner que parce que l'opinion publique trouvait cela légitime ; de même, le gouvernement démocratique dépend de l'opinion publique. Il faut donc que cette opinion change, si l'on veut arrêter ce processus de déclin de la civilisation. L'idée du gouvernement démocratique sera un jour considérée comme immorale et politiquement impensable quand il sera patent que la démocratie républicaine a conduit à l'accroissement permanent des impôts, de l'endettement public et du nombre des fonctionnaires, en dévorant le capital. Cette délégitimation est nécessaire pour empêcher la catastrophe sociale qui s'annonce. La dette qui court détruira l'assurance-maladie avant dix ans ; et les pensions de retraite ne seront plus servies aux taux actuels à la même époque.

    Depuis 1918, le processus de collectivisation s'est généralisé, tous les indicateurs d'exploitation du peuple par l'État sont en hausse :
    Pression fiscale : de 8 % en moyenne durant huit siècles jusqu’en 1900, elle atteint plus de 50 % aujourd’hui.
    Endettement : Il a tué la monarchie française, elle s'en souvient. La République pas, ou trop tard.
    Famille : la cellule de base naturelle est attaquée de toute part en république parce qu'elle peut constituer in mini contre-pouvoir. Il faut laminer les idées et donc individualiser les comportements.
    Droit : en monarchie, le gouvernement ne crée pas la loi.
    Le droit privé général s'applique à tous. Le roi, comme un juge, applique la loi préexistante. Ayant lui-même des droits subjectifs, il respecte ceux des autres, même antérieurs à son autorité. Si un roi violait une propriété privée, il remettrait en cause le titre qui le fait roi. Dès lors, on ne change pas les droits des sujets sans leur consentement. Le droit privé s'impose au roi. S'il transgresse, il y a crise grave.
    Au contraire, un gouvernement public fait émerger un droit public orienté vers la redistribution. Son gérant se moque que la redistribution réduise la productivité dans le futur, confronté qu’il est au présent électoral et à la concurrence. Le droit privé est perverti de façon totalitaire par une réglementation galopante. La démocratie collectivise ou mutualise la responsabilité individuelle.
    Démographie : Le déclin massif des taux de la natalité en Occident correspond à la période démocratique d’après 1918, avec une chute plus grande dans les années soixante, les plus " démocratiques " et égalitaires dans la mentalité.
    L'héritage biologique et juridique préservé, le choix sélectif du conjoint et le mariage renforcent l'autorité naturelle de certaines familles dont les membres, de conduite exemplaire, sont bien placés pour jouer le rôle d'arbitre et de juge. De là, naît la monarchie de façon endogène. Si le monopole du pouvoir doit être surveillé, la production naturelle d'une aristocratie est à favoriser, pour obtenir littéralement le gouvernement des meilleurs.

    Selon Hoppe, aucune société libre ne peut éviter de dégénérer en société de masse vulgaire si elle se prive d’une aristocratie naturelle dirigée par des ascètes de la civilisation. La survie du monde libre dépendra de notre capacité à produire un nombre suffisant d'aristocrates dévoués au sens de l'Etat.

    En monarchie, c'est le prince qui décide si vous pouvez participer au pouvoir.
    En démocratie, tout le monde peut, en théorie, participer : on élit n’importe qui. Il n'y a pas de privilèges attachés à la personne, mais des privilèges attachés aux fonctions publiques. Les privilèges, la discrimination et le corporatisme ne disparaissent pas et peuvent être exercés par n'importe qui. Le suffrage universel combiné à la loi de majorité, organise une compétition entre gérants qui vont faire des promesses de type égalitariste à divers groupes sociaux pour se faire élire. Il faudra payer d'autant. La qualité des hommes baisse, comme la vie qui perd en agrément. La sélection de l'homme politique par voie électorale exclut presque qu'un homme honnête ou neutre parvienne au sommet. Seul le démagogue sans inhibitions morales arrive à se faire élire président. Et la corruption le dispute vite à l'arrogance d’un pouvoir éphémère ! C'est une escroquerie.

    En revanche, si la sélection d'un prince n'est pas parfaite, il est quand même éduqué dans la préservation de la dynastie. S’il est très mauvais, la famille interviendra et l'entourage immédiat prendra soin de l'État. C'est pourquoi un roi n'est jamais un Hitler ou un Staline mais, ou bien un homme de qualité, ou bien au pire un charmant dilettante comme Louis II de Bavière.

    Note : (1) Democracy, the god that failed
    Hans-Hermann HOPPE.
    Transaction publishers
    New Brunswick. New Jersey - USA, 2002


    samedi 7 janvier 2006

    Monarchie successible

    La monarchie française dite de principe capétien, est une monarchie familiale, successible dans l'ordre de primogéniture mâle. Les lois fondamentales qui ont composé au fil du temps le codex juridique royal aboutirent à retirer à l'homme tout choix de la succession. L'automaticité fut si complète qu'il était devenu plus simple de croire en un monarque de droit divin, et sa fonction de roi, une charge qui lui était imposée d'en-haut. D'où bien sûr les disputes dynastiques entre ceux qui arguent de l'incapacité du titulaire de modifier les automatismes propres à cette charge par des renonciations ou des abdications, et d'autres qui s'accommodent d'une influence prépondérante de l'environnement historique sur le droit strict. De nos jours cette succession sans surprises autres que le défaut de continuité génétique contredit le réflexe démocratique du choix périodique qui a été incorporé au cortex de tout citoyen à la naissance. Jean-Philippe Chauvin, prof d'histoire à Versailles, nous dit ce qu'il en pense, et c'est chaque fois intéressant.
    Parmi les objections faites à la monarchie, revient souvent l'idée que, du fait du mode de succession héréditaire, le nouveau monarque peut être un parfait imbécile: "le talent n'est pas héréditaire", me rappelle un de mes contradicteurs. "La République, au contraire, assure une diversité de choix; le choix, c'est la liberté". Ces arguments me donnent l'occasion de rappeler, à mon tour, quelques éléments importants sur ce thème de la désignation du chef de l'Etat.
    La Monarchie française est héréditaire et successible: cela signifie qu'elle n'est pas esclave des élections et de ceux qui les font, c'est-à-dire non pas vraiment les électeurs (qui, en définitive, départagent des candidats déjà choisis pour cette "reine des élections" qu'est la présidentielle), mais bien plutôt les partis et les puissances d'argent, qui sont les premiers "sélectionneurs", au risque de désespérer les électeurs eux-mêmes qui ne se retrouvent pas dans les candidats proposés. Dans l'élection présidentielle, et on l'a bien vu en 2002, le choix, surtout quand les médias considèrent qu'on ne l'a plus..., ce n'est plus vraiment une décision positive mais une décision négative, de crainte ou de dépit : on vote "contre", au risque de voter en même temps (et là, il n'y a pas le choix!) pour quelqu'un que l'on déteste et que l'on a combattu farouchement quelques jours auparavant, et qui se moque bien de vos scrupules... Formidable jeu de dupes, qui laisse souvent un goût amer.
    Objection, votre honneur. Si le système électoral était profondément révisé afin de représenter toutes les sensibilités de l'Opinion, l'argument de la manipulation tomberait de lui-même, du moins dans son principe. En clair, à la proportionnelle intégrale, les législatives donneraient une image fidèle du pays et l'accès exactement juste aux subsides électoraux qui prédisposent les candidats à la fonction suprême. Par contre l'exigence de convaincre tout un chacun dans le pays conduit le processus à une débauche de moyens financiers qui seraient mieux employés ailleurs dans un pays au seuil de la banqueroute. Secondement et c'est sans doute le point le plus faible de l'élection présidentielle, le candidat élu part d'un socle électoral de moins de 20%, socle réduit d'autant que la proportionnelle multipliera les accès à la joute. On peut dire que le socle peut tomber à 15% des votants. Avec un coefficient de 35% de non votants (sans compter en plus les non-inscrits), ce socle de légitimité descend à 10% environ du corps électoral. C'est une faillite politique ! Le pays est ingouvernable. Mais pardonnez mon interruption.
    La monarchie, par son principe même, c'est la transmission de la magistrature suprême par le biais le plus simple, le plus naturel, car filial, du père au fils, par la disparition de l'un et "l'apparition immédiate" de l'autre. "Le roi est mort, vive le roi !" et son complément théorique "le roi de France ne meurt jamais !" sont les deux formules qui caractérisent le mieux cette "passation de sceptre" qui, si elle voit la mort physique d'un monarque, voit aussi dans le même temps la pérennité de sa fonction et de l'Etat, immédiatement assurée par son successeur. Ainsi, le roi ne doit son pouvoir qu'à la naissance et au deuil : il n'a pas choisi de naître héritier de roi, "roi en devenir", comme il n'a rien choisi de ceux) qui le précède. Mais cela lui assure une indépendance de fait, sans l'intervention des partis et au-delà de leur propre sphère d'activité et d'influence. En même temps, il n'est pas identifiable à un groupe économique ou social ou même, communautaire. En ces temps de communautarismes parfois agressifs, l'indépendance de naissance du souverain, le fait qu'il appartienne à toute la nation, aux "peuples de France" selon l'expression consacrée, est le meilleur moyen qu'il soit, non un point de friction, mais un trait d'union. Qu'il échappe au "choix" est le meilleur moyen qu'il puisse garantir les libertés de chacun dans l'unité du pays, n'étant l'élu de personne.
    N'étant l'élu de personne sauf s'il est sacré à Reims, auquel cas il sera celui du Très-Haut. Mais considérons qu'il soit agnostique in petto. N'étant l'élu de personne, aura-t'il suffisamment d'intérêt aux affaires de sa charge ? Ne préfèrera-t'il pas vaquer plutôt aux plaisirs faciles de sa position s'il n'es pas très doué? Et - c'est la question "existentielle" - aura-t'il le goût du pouvoir et celui d'un certain sacrifice de ses ambitions personnelles, s'il est en revanche extraordinairement doué ? Louis XVI vibrait bien plus à l'exploitation de ses larges connaissances géographiques et ethnologiques.
    Certes, il n'est peut-être pas le plus intelligent, mais son indépendance statutaire lui permet de choisir les meilleures compétences pour gouverner le pays : souvenons-nous qu'il n'y a pas de Richelieu possible sans un Louis XIII qui l'appelle et le soutient, y compris contre la Cour et certains membres de la famille royale. Louis XIII n'est pas un roi très doué mais sa position lui a permis de choisir Richelieu, non en fonction de sa popularité ou de ses soutiens, mais en raison de ses qualités propres. L'histoire de la Monarchie compte ainsi de nombreux grands serviteurs et commis de l'Etat qui suppléent aux insuffisances des monarques. Bien sûr, il y eut des erreurs et des égarements mais, tout compte fait, le bilan de l'ancienne Monarchie est plutôt positif comme en conviennent les historiens contemporains nourris d'abord au lait de la république. La nouvelle Monarchie à fonder n'en aura que plus de devoirs...
    Reste la question "démocratique" de l'exercice solitaire du pouvoir, ce pouvoir qualifié d'absolu attaché à un homme, cet homme seul ou solitaire qui tranche et coupe pour tous. Dans un monde où l'on ne produit rien que par un travail d'équipe tant les paramètres de décisions sont complexes, comment un homme seul est-il assuré de voir juste ?
    La Monarchie "à la française", même "absolue", n'a jamais été le pouvoir d'un seul homme sur la société ou sur le pays : le pouvoir central, même sous Louis XIV, devait composer avec les "franchises et privilèges" multiples dans les provinces, ce qui évitait ce face-à-face inégal d'aujourd'hui entre l'Etat et l'individu, face-à-face souhaité et théorisé par les révolutionnaires de 1789, au nom de la Liberté "majuscule" et théorique. Exemple : la Bretagne garda son autonomie malgré les pressions de l'Etat central, jusqu'à la nuit du 4 août et, surtout jusqu'à la création des départements, fin décembre 1789, départements qui ne furent que de simples relais des injonctions de l'Etat central jusqu'à une période récente.
    Je reviendrai sur la grande question de la Liberté et Des libertés (ce qui n'est pas la même chose), des communautés et de l'Etat sous l'ancienne Monarchie.
    Le Roi n'est pas "le seul Pouvoir", mais doit accepter, ou assumer, les contre-pouvoirs (qui sont eux-mêmes des pouvoirs...) qui existent et cohabitent dans le royaume. Il n'est seul que pour les grandes décisions régaliennes dans les domaines diplomatique ou de "grande politique": là encore, il fait appel à de nombreux conseils (parfois antagonistes ...) avant de prendre une décision. Néanmoins, dans l'histoire récente, dans une monarchie qui n'est pas absolue, la décision "solitaire" d'un roi d'Espagne face aux putschistes de février 1981 a été déterminante pour résoudre, sans un coup de feu, et avec le soutien immédiat du peuple (quelle que soit la couleur politique des Espagnols...), la crise provoquée par la tentative de coup d'Etat de Tejero. Il me semble que l'Espagne n'a pas eu à regretter cette intervention royale...
    Entre les caprices de la providence, les forces relatives du pouvoir et des contre-pouvoirs, les capacités diverses de chacun des rois à comprendre son siècle et à parvenir à imposer à la société les rectifications de trajectoires nécessaires, peut-on dire sans remonter à Richelieu que le bilan de la monarchie capétienne est globalement positif ?
    Quant aux bilans, regardons les derniers siècles de notre histoire nationale, et comparons, sans esprit de parti ou d'idéologie: sur le plan des guerres et des invasions de notre pays; sur le plan des régimes constitutionnels et des libertés publiques; sur le plan du pouvoir et des contre-pouvoirs; etc. En ces trois domaines, les faits parlent d'eux-mêmes.
    Néanmoins, il faut aussi évoquer le problème institutionnel sous la Ve République qui a tenté de concilier les deux traditions, monarchique et républicaine. C'est son caractère monarchique qui, de par la forte personnalité du général de Gaulle (dont plusieurs ministres comme Edmond Michelet ne cachaient pas leurs sympathies monarchistes...), a permis à la Ve de s'enraciner durablement : mais, renouant dès l'époque giscardienne, avec les mauvaises habitudes politiciennes, la Ve a ainsi montré qu'elle ne pourrait se réaliser pleinement au bénéfice de la France et de l'équilibre du monde qu'en instaurant la monarchie à la tête de ses institutions... Certains ont évoqué cette solution sous une formule apparemment paradoxale : "Couronner la Ve République". C'est une autre question.
    Ce mode d'accession au pouvoir est apparemment le plus simple. Le pays élit un candidat "royal" qui s'est présenté ouvertement pour stabiliser le pouvoir exécutif et dans la foulée le corps électoral vote un plébiscite pérennisant la successibilité de la charge à perpétuité. Les attributions actuelles du chef de l'Etat sont assez étendues et puissantes pour permettre un exercice des pouvoirs régaliens dans un contexte monarchique. A supposer que les choses aboutissent, il n'en restera pas moins à faire le travail de redressement du pays, en compactant fortement l'Etat qui est entrain de l'asphyxier et en détruisant les privilèges les plus insupportables, avant de les annuler tous. Le régime sauvé un temps par le couronnement de la charge suprême, résistera-t'il à la chirurgie invasive nécessaire pour le sauver de la gangrène gazeuse ? C'est pas fait !

    jeudi 5 janvier 2006

    Voeux d'Inde

    Nous continuons la publication des voeux de nos princes.


    Français, Navarrais, Bourbonnais de si loin et d'ailleurs,

    lac de BhopalLe soleil s'est levé dans le Capricorne et nous appelle à nouveau à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2006 dans les grâces du très saint seigneur Jésus-Christ fils unique du Très-Haut, lui même Dieu de tous les dieux, qui vit et règne dans l'aeternité au-dessus de toute loi ou système cosmique.

    Il est de nôtre coutume de nous enquérir de la santé et de la prospérité des nostres sujets tant il est dit par les lois divines immanentes que la charge de vous gouverner pourrait un jour s'abattre sur nos épaules ou celles de nos descendants comme un joug précipité par le Ciel, pour vous arracher au péché du monde et vous conduire sur la route des gloires enfuies.

    Le vent d'occident nous rapporte par les voies prosaïques de notre abonnement incessamment renouvelé au Monde Diplomatique, que vos organismes trop richement nourris résistent désormais à tout antibiotique, ceci pour la santé ; et que vos nourrissons issus de votre sang ou apportés par le vent de sable qui souffle sans faiblir sur les Europe, sont grevés chacun de vingt mille dollars de dette exigible avant leur majorité, ceci pour votre ancienne prospérité. Hélas.

    La disparition de ce beau pays de France dans les affaires du monde actif est durement ressentie par nous-mêmes à Bhopal en Madhya Pradesh où l'on n'en parle jamais plus, depuis la victoire acquise à domicile par l'équipe française de football sur le Brésil dans les années quatrevingt-dix. Le gouvernement central de l'Union a soumis aux autorités internationales une requête de substitution de la France au Conseil de Sécurité de New York, qui nous l'espérons n'aboutira pas; même si les chances réciproques sont tellement disproportionnées, que seule la Providence pourrait nous en préserver.

    Feu le grand prince Salvador, me récitait au chevet du soir les vers de Joachim du Bellay que je murmure encore quand il pleut trop fort ici.
    France, mère des arts, des armes et des lois,
    Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
    Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.



    Croyez amis fidèles ou même indifférents, que la situation dans laquelle vous ont précipités des gouvernements de rencontre depuis que notre frère Louis a été séparé du destin de la nation, nous navre au plus profond de notre coeur. Nous retrouverons un jour la maternité des arts, des armes et des lois.

    Nous prions pour vous chaque matin, et pour nous-aussi, afin que Dieu prenne pitié de vous et de nous-aussi, qui vivons dans l'effroi de sa possible et terrible décision, à moins qu'il n'insuffle à son nouveau lieutenant les forces surnaturelles qui à l'instant lui font défaut.

    Mais à l'appel de Lui, nul de Bourbon dans ses droits ne saurait s'esquiver, et je viendrais à Reims endosser ce destin, quel qu'en soit le poids.

    Montjoie Saint Denis.

    Soyez tous assurés de ma profonde affection.
    Que l'an neuf soit meilleur.



    Balthazar-Napoléon Bourbon

    (traduction "belle infidèle" de Steppique Hebdo)




    lac supérieurNDLR : À Bhopal, au cœur de la péninsule indienne, vit une famille Bourbon descendant d'un fils du connétable Charles III de Bourbon, Jean-Philippe né en 1535 qui fut exilé au Portugal à la suite d'un duel. Capturé par des pirates en 1541 lors d'un voyage de Sicile vers la Provence, il fut vendu comme esclave en Égypte où il rendra de grands services au sultan qui le comblera d'honneurs. Fait prisonnier de guerre en Abyssinie, il s'évade sur un boutre marchand vers la côte de Malabar aux Indes, vers 1558. Présenté à l'empereur moghol Akbar à la cour de Delhi, il acquiert l'estime du souverain à la tête de l'artillerie moghole, qui lui octroie un titre princier et un jagir (fief). Ces Bourbon de l'Inde acquieront des positions importantes et parmi les plus remarquables, il faut citer Salvador III, général en chef de Bhopal vers 1830, puis son fils Balthazar (+1879) de la huitième génération qui sera ministre puis régent de Bhopal. Ils vivront princièrement dans leurs immenses palais. Fidèles à la religion catholique, ils bâtiront une église, centre de la communauté chrétienne. Un de leurs descendants, Salvador de Bourbon (1917-1978), dernier témoin de la destinée princière de la famille en Inde, a laissé une généalogie de sa famille "History of the Bourbons in India". Maître Balthazar-Napoléon de Bourbon, né le 29 juillet 1958, perpétue le souvenir de cette gloire méritée, encore rayonnante.

    Epilogue

    Charles III de B.Le connetable Charles III de Bourbon a laissé dans les livres d'histoire de France la trace d'un traître, victime de la vieille duchesse d'Agoulème, et partout ailleurs celle d'un redoutable capitaine de guerre qui gagna la bataille de Marignan en 1515 afin que les écoliers gardent au moins cette date unique en mémoire. Dépouillé de ses biens par un procès injuste, il s'était mis au service de Charles Quint avec des fortunes militaires diverses jusqu'à tuer le chevalier Bayard sur les bord de la Sésia, et vaincre et capturer le roi François Ier lui-même à Pavie en 1525. Il mourut sous l'armure en 1527 à l'assaut de Rome.
    Le connétable de Bourbon mourut sans postérité lui survivant. Que le quatrième enfant du connétable ait été une légende, reste une belle histoire. Mais si l'on clame si haut "bon sang ne peut mentir", on remarquera que celui qui atteignit la cour moghole à Delhi avait un caractère trempé et des compétences d'artilleur, et que sa descendance poursuivit dans le chemin des honneurs militaires, juqu'à finir au poste de régent chrétien d'un nabab musulman régnant sur un peuple hindou.
    Si la valeur du sang prime, les mérites héréditaires de Mgr Balthazar-Napoléon ne semblent pas moindres que ceux d'autres prétendants, même si bien sûr, il ne nous a jamais adressé ses bons voeux de nouvelle année. Qu'il nous pardonne, et accepte l'expression de notre affection sincère !

    samedi 31 décembre 2005

    Voeux de Royal-Artillerie

    Amis royalistes, artilleurs et piétons du roi,

    CatoneoL'année européenne de la France s'achève dans la confusion de la République qui accumule maintenant les causes d'un déclin inéluctable de notre nation en l'état présent des forces qui l'enserrent.
    Rejeté par une Europe qui lui reproche de se cramponner becs et ongles à des privilèges désuets qui obèrent les productions de l'intelligence, seules chances de l'Occident à moyen terme, ridiculisé par une insurrection générale des quartiers pauvres qu'il aura fallu un mois à réduire, humilié par la mise en cause de ses soldats en mission sur les théâtres extérieurs d'opérations, abandonné par un président diminué et indolent, l'Etat français doit annoncer en plus sa déconfiture financière à la face du monde.

    Désormais nos élans, nos projets, nos bonnes idées, seront freinés par notre impécuniosité et par le défaut de crédit que nous feront sentir nos partenaires habituels. Comment avons-nous pu atteindre et franchir ses limites, alors que nous nous faisions la réputation d'un peuple éduqué, admirablement sensé, juste et courageux ?

    Nous avons péché par orgueil.
    Nous avons péché par idéologie.
    Nous avons péché par cosmopolitisme.

    L'orgueil de notre diplomatie qui a décidé de se mesurer au gouvernement de notre allié de référence. C'est d'ailleurs beaucoup dire, nous n'en n'avions qu'un, ayant réussi jusque là à trahir tous les autres, les plus faibles en premier. L'orgueil de nos armées dont la dernière prise de contact avec la guerre remonte à la première guerre du Golfe, mais qui se targue d'une supériorité morale indiscutable dans ses opérations post-coloniales. Un officier de chasseurs alpins français - ce qui est la crème de la crème - se conduire comme un Tigre bosno-serbe sur une route de Côte d'Ivoire, c'est inouï ! L'orgueil de notre président, incapable d'aligner trois mots sans les lire, mais prompt à couper la parole aux nouveaux venus de l'Est, qui désormais nous débinent, prenant langue directement outre-atlantique.

    L'idéologie soviétique même francisée est en train de couler le pays comme il en est advenu du grand frère russe. Notre modèle social que notre PIB est incapable de financer, prend l'eau de partout. Et les nomenklaturas nombreuses, retranchées dans la forteresse de leurs intérêts particuliers, entendent bien que toute la nation ait crevé d'abord, avant de se remettre, par force, elles-mêmes en cause. Peut-être se partageront-elles les défroques de l'Etat défunt comme elles l'ont fait en URSS !
    La générosité de nos systèmes de pensions, l'exploitation par des professions libérales d'un système étatique de soins, l'universalité du filet social, le prix modique du système éducatif complet, tous ces avantages pris comme acquis, sont intenables dans un pays sans rente d'aucune sorte, ligoté par une administration jalouse de tout succès hors de son sein, et subissant sans réelle préparation l'orage de la mondialisation. Ces principes sont encore considérés comme intangibles, faisant partie des valeurs de la République qu'il faut à tout prix sauver, même à l'agonie, y compris en ruinant par avance les générations futures, et en bradant le capital national non soumis à concurrence étrangère comme les autoroutes.

    Le goût cosmopolite des Français a pu traduire un temps leur ouverture d'esprit sur le monde, et l'aventure impériale que l'on critique aujourd'hui, y contribua fortement. La France s'est de la sorte enrichie dans les domaines des sciences, de la littérature et des arts. Mais cette convivialité naturelle a été détournée par les administrations au nom des valeurs précitées sans s'indigner aucunement que ces préférences "étrangères" distribuées en quantités innombrables, piétinaient les droits élémentaires des nationaux. Que n'a-t-on pas édicté comme lois et programmes facilitant l'immigration de populations nombreuses, attirées par un niveau de vie ou même de survie, incomparable à celui qu'on leur assure chez elles. La France, et bien de nos voisins aussi, a été ciblée comme le guichet du père Noël à compte ouvert. Ces asiles politiques, économiques, ou complices, furent distribués sans mesurer l'impact sur le futur, et ceux que le filet ne retenait pas, étaient régularisés plus tard pour maintenir la paix sociale et essuyer les larmes des âmes généreuses (à condition que l'Etat se charge de tout). Or ce pays n'est pas un pays d'immigration, car il n'y a plus un seul arpent de terre à mettre en valeur, plus une seule livre de charbon à extraire, plus de barrages à construire. Tous grands travaux si tant est que nous puissions nous en offrir encore, sont faits à la machine. Au bout du compte, nous avons laissé s'accumuler des millions de déracinés que nous sommes bien incapables d'assimiler, ou simplement d'intégrer, parce que le schéma fondamental de la République s'y oppose, tout simplement. On comprend bien que le communautarisme prôné par les spécialistes est le nom chic de l'Apartheid.

    Si les trente dernières années ont vu passer aux commandes de grands serviteurs de l'Etat, on s'aperçoit vite que l'hystérie démocratique attisée encore plus par le quinquennat, a chaque fois interdit les améliorations structurelles de cet Etat que l'on sentait enfler sous nos pieds. Le loto national est devenu le loto électoral. Les programmes les plus racoleurs dont on n'appliquera que les chapitres les plus spectaculaires en termes d'image, feront florès. En 1980 la classe politique se disputait sans vergogne autour d'un schéma marxiste. La démagogie qui ouvrit les portes du grand bazar national sous le président Giscard, allait faire rage pendant un quart de siècle, laissant à la fin - nous y sommes - le citoyen hébété.
    Tout se fait aujourd'hui à la course. On monte les marches des perrons en courant, les idées de même. L'administrateur zappe aussi vite que l'électeur. On fait, on défait sans autre but à atteindre que celui de la prochaine consultation. On parle beaucoup, trop bien sûr jusqu'à passer la moitié de son temps dans la co-mu-ni-ca-tion !

    Ce brouhaha finit pas s'accorder en fréquence, dès que les élites ressentent l'urgence de défendre l'idéologie républicaine qu'ils estiment menacée. Ils ont le complexe de l'assiégé depuis 1875, personne ne peut expliquer pourquoi. Ces élites se battent de plus pour des cadavres. Elles défendent par exemple la démocratie parlementaire dans un pays qui a réduit son parlement à l'état de casernes de pompiers, d'où se lancent à la demande, les enquêtes, groupes de réflexion ou comités de surveillance dès que l'Opinion a détecté dans les média un dysfonctionnement de notre société. Pléthore de dysfonctionnements, pléthore d'experts, groupes et comités. Ca tourne au gag. Les mêmes défendent la séparation des trois pouvoirs, en s'inquiétant un peu du quatrième qui semble assez rétif, maintenant que les ponts inférieurs du navire sont noyés.

    Des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, nous venons de dire que le second est mort. La séparation d'avec le troisième est sans doute la plus hypocrite. Quinze ans de lutte anti-corruption n'ont rien donné chez nous. Deux caissiers politiques ont été légèrement condamnés : Emmanuelli à gauche et Juppé à droite. Le reste, d'amnisties en non-lieux, s'est sorti des tracas jusqu'à revenir même dans les cabinets ministériels. Notre classement dans le tableau international de corruption est assez "bon" !
    Quant à l'exécutif, il est au main d'un satrape qui veut gérer l'ordinaire et n'y parvient plus, forcé de cohabiter à nouveau avec un premier ministre ambitieux.

    La France s'arrachera-t-elle à son déclin ?
    Peut-être pas. A moins de changer de régime dans le but de libérer ce qui lui reste d'énergie pour rebondir. Ceci passe par le démontage patient de l'Etat actuel et de ses métastases locales. L'autorité en haut, les libertés en bas. Et une vue à long terme de l'intérêt de la nation, préservée des soubresauts d'une opinion blasée forcément pusillanime car depuis trop longtemps échaudée. Il faudra convertir les élites à la pérennisation du pouvoir.
    Ceux qui savent choisiront le roi.

    Tous nos voeux de santé mentale et physique pour la période agitée qui s'annonce.

    Penser clair !

    BONNE ANNEE 2006

    vendredi 23 décembre 2005

    Voeux Princiers

    Dans notre série de voeux de Noël et de Nouvel An, nous commençons par ceux de Charles-Edmond de Bourbon.
    blason Institut L-XVII


    Vœux de Mgr Charles-Louis-Edmond de Bourbon



    Mgr Charles Edmond « A quelques jours de Noël, ma pensée va particulièrement à tous ceux, hélas toujours plus nombreux, qui connaissent de grandes difficultés matérielles. Je suis ému des très nombreux courriers qui me parviennent quotidiennement et qui témoignent d'une extension considérable des difficultés pour beaucoup de familles françaises, mais aussi pour beaucoup de gens âgés trop souvent isolés.

    Cette souffrance-là est discrète, parfois muette, insoupçonnable. Elle ne brûle pas les voitures, les écoles ou les églises. Elle n'insulte pas la police et n'exige pas,la menace à la bouche,l'aide de l'Etat, pourtant en grande part,responsable d'un appauvrissement général.

    Le spectacle magnifique de le crèche nous renvoie l'image éternelle de cette pauvreté courageusement affrontée,cette pauvreté qui ne ménage pas sa peine,mais qui,aussi,s'en remet chaque jour à la Providence par la prière. Il est bon de méditer l'exemple de la Sainte Famille. Pour eux aussi, c’est l'Etat qui les jette sur les routes:

    L'Empereur procède à un recensement, saint Joseph doit donc se rendre à Bethléem malgré la grossesse avancée de son épouse. Pour eux aussi, il est très difficile de trouver un toit: les hôtelleries les refusent. Pour eux aussi, les moyens sont limités: Saint Joseph, pourtant de la lignée de David, est artisan et privé de la possibilité de travailler pendant ce long périple.

    Suivre dans la prière, la nuit de Noël, la Sainte Famille sur les routes est une source intarissable d'émerveillement et nourrit en nous les trois vertus théologales dont le docteur Feuillé parle également dans ce bulletin*: la Foi, l’Espérance et la Charité.

    Je voudrais donc m'arrêter un peu plus longuement sur la Charité, car malgré la sobriété du texte évangélique, il est bon de se rappeler que s'il y eut au moins une crèche pour accueillir le Sauveur du monde, c’est grâce à un fermier charitable, qui ne voulut pas laisser ce jeune couple en difficulté sur les routes. Cet homme, dont l'Histoire n'a pas conservé le nom, fit sans doute son salut à l'instant même où il leur ouvrit sa porte.

    Parce que le coeur de Dieu déborde pour nous d'un amour sans limites, il est promis à ceux qui donnent un peu, de recevoir au centuple. C'est pourquoi j'appelle chaque Français à soutenir tous ceux qui souffrent autour de lui, sans oublier jamais que chaque être en difficulté est un membre souffrant du corps de Notre Seigneur, qu'il est l'image de la Sainte Famille la nuit de Noël.

    Je choisis donc, chers amis, de mettre cette année qui commence sous la protection très spéciale du Sacré-Coeur de Jésus, mais aussi du Coeur Immaculé de Marie, pour clore l'année jubilaire des apparitions de la rue du Bac.

    Soyez assurés de mes prières. »

    Charles


    (*) Bulletin de L'Institut Louis XVII
    BP 90968
    75829 Paris Cedex 17
    Internet: http://www.louis-XVII.com/
    Courriel: institut@louis-XVII.com



    En attendant Orléans, Anjou, Parme et Deux-Siciles nous vous invitons à donner sans retard à LA SOUPE DU ROI.

    (Communiqué de l'assoc)


    Si vous voulez aider une association amie et aider aussi les plus nécessiteux,"la soupe du roi" est devenue une association "loi 1901":

    "Nos seigneurs les pauvres et les malades"

    Née il y a trois ans à l'initiative d'une royaliste, ce projet qui ne devait pas perdurer, est toujours là..., mieux, il grandit et s'étoffe, grâce à la générosité de beaucoup.
    Preuve que la Providence est avec elle, des royalistes de toutes sensibilités "légitimistes","orléanistes" et "survivantistes", s’y côtoient au service de ceux qui n'ont plus rien.
    Cette association, en plus de "la soupe du roi" a le projet de la compléter par "le petit-déjeuner du roi" qui aura lieu chaque samedi matin.

    Pour conclure, je laisse la parole au secrétaire général, Mr Turbier:
    "Pour continuer, et pour durer, elle (l'association) a évidemment besoin de contributeurs, pas forcément spectaculairement généreux, mais simplement nombreux, car il est bien connu que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Elle a également besoin de vos prières car sans l'aide du ciel, rien ne se fera et rien ne durera."

    Voila cher amis,donc si vous voulez aider à la fois les plus malheureux et une association qui représente nos idées,vous pouvez le faire en envoyant vos dons(déductibles des impôts) à:

    "Association Nos Seigneurs les Pauvres",
    chez madame Chazelas (trésorière)
    15 rue de la Gare
    78690 LES ESSARTS LE ROI

    vendredi 16 décembre 2005

    L'Accession

    La procédure électorale n'est pas plus solide que celle du coup d'état pour restaurer ou instaurer une monarchie en France.
    Dans des circonstances normales telles que nous les vivons aujourd'hui et tenant compte de ce que les média participent à un jeu de rôles avec l'establishment politique, il ne sera pas possible de développer une offre politique monarchiste devant l'Opinion sans qu'elle ne soit pilonnée par les clichés les plus ringards, à commencer par la revanche de l'aristocratie dans sa morgue, les gènes rampants du régicide, la loi d'un seul et pas forcément génial, le déni de souveraineté populaire, quand ce ne sera pas l'écrasement par l'impôt des classes laborieuses et démocratiques au profit de la caste privilégiée, et au mieux, la marionnette du prétendant ou des prétendants dans les fils du grand capital. Nous connaissons tous les réponses à ces fantasmes, mais nous n'aurons jamais le droit ni le temps de les donner. Sauf à les écrire dans des opuscules que personne ne lira parce qu'ils ne seront pas annoncés sur les lucarnes bleues ; la monarchie à compte d'auteur.

    D'autant plus que se diffusent à tort ou à raison dans la strate politisée de notre population, les signes avant-coureurs d'une soi-disant attaque de la République par les forces du mal, le complot anglo-saxon, la subversion islamique, le fascisme en réaction, ... autant de fadaises dont l'énoncé permet aux professionnels de l'agitation permanente du bocal, d'exister tout simplement. Défile au manège de la République-a-besoin-de-tous-ses-enfants, le gouvernement au grand complet terrifié de son incompétence mais qui ne peut plus sauter du train tant il va vite, ses godillots affidésde la Chambre sous la houlette en forme de marotte du Debré d'Evreux, puis les professionnels de la niche jacobine comme Chevènement, Montebourg, Séguin, Pasqua, Aubry, Mégret, Delanoë, et l'extincteur de l'Elysée, départementaliste convaincu, ... d'être seul en sa crypte; hibernatus !
    Baisserons-nous les bras, que nous n'avons pas encore levés si haut ?
    Non, à la condition que l'offre politique monarchiste soit pour une fois claire, lisible et adressée d'abord aux laissés pour compte de la redistribution sociale, à ceux qui contribuent par leur activité besogneuse à la vie quotidienne de ce pays, dans le dédain le plus complet des nouveaux rois-fainéants du secteur barricadé et l'ignorance des malheureux assistés que la complexité du monde actif détourne de tout engagement volontaire. Ce qui exclut l'exigence de formation préalable de l'Opinion par les officines spécialisées dans l'exégèse de la doctrine. En trois mots, faudra faire simple, et digeste.

    Jules Schneider nous livre le résultat de sa cogitation difficile dans un libelle amorcé chez Vive Le Roy. Toute ressemblance avec des personnes ... etc...

    Unir les royalistes pour une monarchie populaire est la condition première de toute démarche réussie dès qu'elle abordera le champ des indifférences, à défaut de quoi la charge se fracassera sur la querelle dynastique surgissant des chapelles diverses et antagonistes qui fonctionneront dès lors comme des écuries de course. Pourtant les convergences sont nombreuses qui permettraient d'éviter cette guerre intestine dès lors qu'on s'en tient au socle monarchique. Lois fondamentales, tradition capétienne, projet social, défense de la Nation, souci permanent du bien commun, sens inné de l'Etat, prosélytisme extérieur par l'exemple plutôt que par les Déclarations, modestie devant les instances supérieures et invisibles. Non ?
    Alors unissons-nous que diable !

    Voeu pieux ! C'est Armagnac contre Bourgogne tous les jours ! La lutte des maisons royales confine au ridicule, les menaçant d'un naufrage dans l'Opinion aussitôt que celle-ci sera conviée à se rapprocher d'elles pour les connaître de près.

    Arrive-t-elle déjà l'heure de la course ? Nul n'a vu le starter s'avancer sur la cendrée que déjà l'on piaffe, on s'observe, on soupèse les chances d'autrui. On se range en bataille, bousculant les préséances et piétinant les principes invoqués jusqu'à hier. Il faut être devant ! Les titres dont on dispose sans droit, pleuvent sur les rejetons alimentant leur vanité. Les fils de Henri IV viennent même de créer deux duchés d'Anjou. Anjou fut un temps le titre du promis à Reims. Ici on le donne à tort. Là on le brade en douce. Les journaux en font des tartines*.
    Mieux encore; pour améliorer la décoration d'un mariage roturier aux Caraïbes, on a capé du titre de grand machin-chose de Malte un jeune homme d'à peine trente ans sans autre fortune que celle de sa promise, sans expérience évidemment autre que celle du sport, et sans autre diplôme qu'une maîtrise de sciences-éco. Qu'à cela ne tienne, la réplique arrive vite. De ce bord-ci, le duc d'Anjou-bis est capé à son tour grand machin chose de St Lazare, du nom d'un ordre dissous il y a longtemps par le roi et le pape, mais ressuscité en pays huron par des nostalgiques sincères de la chevalerie royale. L'ordre moderne est bientôt pris d'assaut car il donne des croix et son staff sabré sans quartiers, son grand-maître légal étant du mauvais bord, capable de résister peut-être. Que nous réserve l'année 2006 ? Qui va tirer le premier ? Benoit XVI ! Non, c'est une blague.

    La division des royalistes suit majoritairement la fracture dynastique si l'on excepte les providentialistes qui tels les Raéliens, attendent un signe de Sirius. Si l'on veut réellement cette union pour le bien du pays futur, il faut que les appétits s'effacent devant elle. La seule union possible passe par la renonciation concomitante des prétendances exprimées, le retrait des maisons royales dans des activités de charité ardente, et de témoignage fervent, et le serment devant Dieu de s'en remettre à une autorité extérieure indiscutable, pour l'instauration promise d'une dynastie nouvelle. Car il faut des prédispositions pour affronter les évenements qui accourent.
    Et s'il n'est pas possible de freiner les appétits, on pourrait placarder au portail des Maisons, ces fameuses lois fondamentales qui justifient soi-disant tout, à commencer par la loi de catholicité. Et là c'est la débâcle. Le principe de catholicité est bafoué de chaque côté, les divorces princiers font florès. On croise même sur les tablettes des annulations pontificales de mariages religieux avec enfants. Les primogénitures sont mises en doute par des révélations noiseuses invérifiables mais soutenues comme vérité d'évangile dans le microcosme royal, sinon par des arrêts parlementaires sollicités à la pointe de la baïonette ou des jugements de cour délégitimant celui-ci ou celle-là, le nom ou titre d'icelui, les armoiries de tel autre ou sa non-brisure de gueules en sautoir ! Abdications volontaires ou forcées, renonciations accordées, acceptées puis reprises, pleuvent. Au Caprice du Prince serait le meilleur titre de ce qui tourne au vaudeville. Laissons aux revues spécialisées le soin de faire du chiffre sur ces histoires savoureuses ou tristes selon l'angle de vue. On reste abasourdi du décalage entre les hauts principes qui portent la quête de la couronne et le confort trivial du quotidien princier. Où a disparu la raison d'état ?
    Nous courons au désastre de 1873 si tant est qu'une fenêtre d'opportunité comparable ne s’ouvre jamais. L'accession sera freinée par ces turpitudes compétitives au moment même où le sens de l'état deviendra l'ardente obligation d'un jour, d'une heure, d'un instant à ne pas laisser passer. Parce que d'autres plus motivés s'en saisiront !

    Le Roi & le Peuple, c'est le seul attelage gagnant.
    Tout le reste est billevesées d'aristocrates en jabot. Tant qu'on n'aura pas recollé ce mariage du monarque et de son peuple, tous efforts seront vains. Toute combinaison d'appareils, manoeuvre parlementaire, accession par surprise, seront vouées à l'échec, parce que le Peuple les prendra pour une attaque directe contre lui. Malgré d'immenses doctrinaires, philosophes redoutables, grands penseurs et écrivains, la démarche monarchiste, même soutenue par les meilleurs, se sera révélée stérile (2005-1873= 132 ans) ! Les idées étaient là, les oreilles attentives ; elles ne furent jamais déflorées par leur mise en pratique. Cela reste encore du domaine de l'utopie; et c'est bien comme cela qu'elles sont encore reçues dans l'Opinion. Fumeuse et sympathique utopie !

    Pourquoi ? Parce que l'adversaire lutte pied à pied contre ces idées ? Même pas !
    Sont-ce les prétendants qui ne sont pas à la hauteur de l'enjeu, de leurs prétentions, de leur état (je ne prétends pas, je suis) ? La question est interdite de séjour dans le mouvement. Le prétendant de trop, incapable, le corsaire de la Cause, c'est l'autre. Et tout se joue dans une sphère étanche où tous les mouvements sont codés, inaccessibles à la compréhension du vulgum pecus.
    Je n'ai pas ressenti la "proximité populaire" d'aucun Orléans, d'aucun Bourbon-Anjou. Ces messieurs jouent à faire le roi, le prince charmant ou l'archiduc à Marienbad ; mais ça reste entre soi, au pré Catelan, au pavillon Dauphine, au Bal des Debs ! Quant à la compétition de capes et de croix aux jours d'aujourd'hui, c'est carrément le carnaval de Venise. Or le pays va bien mal pour se satisfaire de ce genre de manifestations.
    Le peuple et le roi doivent "précipiter" dans un composé nouveau, fait de confiance, d'affection réciproque et de don de soi sans arrières-pensées. Ca peut marcher au sentiment si la sincérité est indiscutable.

    Siméon de Saxe CobourgA l'opposé de cette attitude distante de nos princes, je relève le sens du service à son peuple montré par le roi de Bulgarie qui s'est mouillé sans hésitations ni conditions préalables, qui a travaillé d'arrache-pied pour permettre à un pays rural arriéré, livré aux mafias, et racketté par les repentis de l'ère communiste, d'entrer de plein pied dans l'Union européenne.
    C'est un résultat surhumain quand on sait les conditions locales. La démocratie l'a remercié. Mais le souvenir du service rendu ne sera pas effacé. Siméon II peut désormais prétendre à quelque chose. Il a fait ses preuves; il s'est donné à fond. N'allons pas plus avant dans les comparaisons cruelles.
    Michel de Roumanie, Zaher Chah d'Afghanistan se sont pareillement offerts avec des fortunes différentes pour servir leur nation, le second au péril de sa vie, sans falaballas. Ils ont la simplicité des gens supérieurs qui n'ont pas besoin d'atours et de cour pour exister. Il entre, c'est Lui !

    J.Schneider, 15 décembre 2005 à la Ste Ninon.

    Note(*): l'article complet en espagnol sur demande par couriel en cliquant sur l'enveloppe plus bas.

    NDLR: Jean d'OrléansQuelqu'un de ce monde me semble fuir les vanités et se préparer dans un relatif silence à la charge éventuelle de prince régnant. Celui là ne participe pas au tapage. Il s'appelle Jean. Dommage qu'il lui faille aussi une chapelle pour résister au ressac de la querelle dynastique. On peut le suivre chez son association Gens De France dont le site web semblerait être en rénovation.

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