samedi 11 octobre 2008

Nationalisation, colbertisme

benoit hamonDepuis quelques jours, les archéo-socialistes et les journalistes en quête de commentaires sautent comme des cabris en criant à la "nationalisation. "On vous l'avez bien dit qu'il fallait nationaliser !". Même des esprits plus jeunes comme le sous-député Hamon, réclament d'aller au bout du concept marxiste en renationalisant le secteur bancaire. Il n'avait que 14 ans en 1981 et ne se souvient pas de l'incongruité de la démarche qui nous avait alors stigmatisés sur toutes les places financières du monde. Georges Brassens l'a si bien dit : "le temps ne fait rien à l'affaire ...".
Le contribuable français a payé très cher ces foutaises idéologiques, même si le ménage à trois "affairistes-politiciens-banquiers" a permis de lancer de belles fortunes privées comme celles de M. Arnault ou M. Pinault, et continue de métastaser dans l'affaire Tapie.
Hamon et quelques autres du think tank de La Forge s'appuient sur les "nationalisations" américaines de Hank Paulson pour instrumentaliser à leur bénéfice les décisions de leur "pire ennemi" ; Paulson a quitté Goldman Sachs en 2004 avec un parachute doré de cinq cent millions de dollars et reste un capitaliste "red meat" !

Ses injections de capitaux dans les institutions financières américaines en échange d'un paquet d'actions privilégiées ne visent qu'à leur donner plus de force gravitationnelle dans la galaxie financière. Accessoirement elles provoquent la mise à pied sans indemnités du patron (CEO) de la banque aidée. Quand on sortira de la crise (dans un à trois ans), ces actions seront revendues au goutte à goutte sur les marchés boursiers par le pouvoir américain qui espère bien encaisser de confortables plus-values, au prix où il paie aujourd'hui les titres échangés contre les fonds publics. C'est un sauvetage par injection de liquidités dans un réseau financier quasiment asséché en crédit interbancaire, mais aussi une belle opération de crédit professionnel, et Paulson est un professionnel, contrairement aux ministres des finances du G7 qui l'entouraient hier, et qui n'aboutirent à rien plus qu'une déclaration de principe sur la sage gouvernance. La contribution du directeur général du FMI, Strauss-Kahn, est pitoyable de convenu, inutile et presque stupide, à se souvenir de la responsabilité du Fonds dans la crise asiatique de 1997.

Hank PaulsonReste le rachat pat l'Etat fédéral des hypothèques douteuses ou pourries visant à nettoyer les actifs des banques et institutions de refinancement pour rétablir la confiance du milieu. C'est à la limite une opération caritative de "sécurité sociale" et il n'est pas dit qu'elle puisse se dénouer à terme avec bénéfice. Le gage ultime est un stock immobilier de qualité moyenne ou basse situé dans des zones moins attrayantes ou le pied-carré est bon marché et peu susceptible d'embellie. Cette décision angoisse les contribuables américains qui touchent au quotidien de quoi s'agit-il exactement, plus que la mutualisation des pertes des milliardaires de New York et de Chicago. L'intrusion de l'Etat dans la jungle libérale n'est qu'un thème de campagne électorale parce qu'il y a longtemps que l'Etat, fédéral ou local, est dans la "rue" et ne gêne personne.

Cette "nationalisation des terres" ne sert en rien la dialectique socialiste qui ne peut proposer à ses militants et bientôt à l'électorat la collectivisation de la propriété foncière, à peine de réveiller chez l'auditeur une irrésistible énurésie sarcastique. Et pourtant c'est le seul exemple réalisé dont ils disposent aujourd'hui dans leur quête du graal marxiste. Autant dire que les appels à nationaliser sont vains ; surtout depuis que le champion parisien du parti socialiste, Delanoë, a fait son coming-out ...libéral !

colbert De notre bord aussi se réveille une certaine impatience à voir l'Etat reprendre la main sur le thème du colbertisme. Au souvenir du développement provoqué par de grands commis comme Colbert (1619-1683) ou Vauban (1633-1704) - il y en eut d'autres -, nous caressons le rêve d'un retour d'une certaine gloire enfuie par une implication massive des pouvoirs régaliens de l'Etat dans l'économique. C'est oublier que ces visionnaires s'attaquaient d'abord au futur du royaume plus qu'à la conservation de positions traditionnelles ou précarisées. Le futur français est quasiment colbertisé déjà : la recherche dépend du CNRS, l'atome du CEA, l'astronautique d'Arianespace et EADS est une structure bi-étatique. La liste est longue.
Entre la sphère étatique et la sphère privée il y a le sas de l'économie mixte, vestige de la soviétisation du pays. On y trouve des milliers d'entreprises, offices et agences, de très grandes comme GDF-SUEZ (35% de capitaux publics) en passant par Renault (15%) jusqu'à de minuscules fromages pour nomenklatouristes à abriter, dont les plus nombreux s'occupent de formation professionnelle.
Cette zone grise n'est pas le royaume des grands performers même si l'on y rencontre des succès indéniables ; mais parfois aussi de grands désastres comme France Télécom sous la gestion de Michel Bon.

vaubanIl est certain que "colbertisation" et nationalisation aient les faveurs d'une large part de la classe politique française, pour la simple raison qu'elles créent des postes accessibles sans une concurrence féroce, avec simplement des relations. On s'aperçoit vite, si l'on s'en donne la peine, que la zone grise actuelle est staffée aux niveaux subalternes par les "fils et filles de ...". L'avenir n'étant pas rose, un accroissement des offres d'emploi restreintes à la génération élue lui apporterait la sécurité indispensable à se perpétuer aux manettes de toutes tailles.
Le génie français est capable du meilleur qu'il ne soit besoin de multiplier les pantoufles. Percer sur le secteur concurrentiel est la meilleure incitation à se surpasser et à donner au pays les clefs de son avenir.

En quittant ce billet, on notera que parmi les meilleurs laboratoires d'idées qui phosphorent en France, beaucoup ont choisi des noms d'Ancien régime : Institut Turgot, Comité Colbert, Institut Choiseul, le plus puissant en influence dit-on, Institut Montaigne ; et que l'association Vauban est très active dans plusieurs domaines tournés vers demain ! Doit-on s'étonner de ne point trouver dans la liste des associations du même type portant des noms républicains ? Celles-là se désignent par un nom neutre (La Boussole, l'Horloge, Terra Nova, Belles Feuilles) ou par un acronyme (AFIDORA, CAPRI, CERI, IFRI, etc).

Je me tue à vous le dire : la monarchie est un truc futuriste.

PS : Un fil a été ouvert sur le forum ViveLeRoy qui aborde le colbertisme : CLIC.


armes de choiseul
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vendredi 10 octobre 2008

Yamato ou Titanic

Les compagnies d'assurances ne choisissent pas Titanic comme raison sociale. Bien que coulé au combat, le Yamato est une épave qui git toujours par 300m de fond au large de l'archipel d'Okinawa. Ce n'est pas ce destin qui engagea les fondateurs de Yamato Life à choisir ce nom puisque la compagnie fut lancée en 1911. Elle a planté hier soir 180.000 souscripteurs d'assurance-vie. Motif, ses actifs constitués de titres ont fondu. (Dépêche de Romandie News)
Ceux qui s'étonnent à grands cris n'ont pour une fois pas écouté les agences de notation : Standard & Poor's avait déclassé dès novembre 2000 le risque sur Yamato Mutual Life Insurance Co. de BB+ à BB-, position exécrable pour un assureur sur la vie.

épave du Yamato

A se demander en passant si le maelström actuel ne donne pas l'occasion aux morts-vivants de pousser leur dernier soupir dans la dignité. Ainsi voit-on que la réaction du marché de Tokyo qui a dévissé de 9,62% cette nuit est une panique hystérique contre le secteur des assurances que la faillite de Yamato désigne du doigt. Les marchés réagissent toujours émotivement, pas seulement en période de crise. Chaque clic est réfléchi dans une poignée de secondes.

De l'autre côté du Monde, Wall Street a passé hier la cloche à moins 7,33% mais on ne dit pas que, pour des raisons obscures (pour le claviste), les ventes à découvert ont été à nouveau autorisées. Ça pue le krach certes, mais les ventes à terme permettront à beaucoup de faire de jolies pelotes si tout s'effondre, et ces bénéfices acquerront ultérieurement quelques diamants boursiers ternis par l'ambiance délétère actuelle.

Si les valeurs financières dérouillent les premières, les valeurs d'équipement les suivent depuis que la crise est sortie de Wall street pour envahir Main street. C'est une récession profonde de toute la zone OCDE qui fait peur aux marchés, et finalement au monde entier ; puisque les pays émergents n'émergent qu'autant qu'ils nous vendent leurs productions. A moins de fermer les bourses, il n'y a pas de mesures magiques qui stopperaient l'écroulement du système s'il ne croit plus en lui-même. C'est une crise de foi ! Oui, bon, d'accord ... :)

Les hommes politiques qui se succèdent derrière les micros au service médiatique pour lequel ils sont formatés, ont compris quand même que l'affaire était complexe, mondiale et à somme nulle, et donc que les milliards engloutis ici pouvaient ressortir n'importe où sur la planète Fric, sans avoir agi à bon escient, mais ne se perdront pas dans les sables mouvants ; donc, que même dans la plus parfaite perversité et à moins de n'être pas convertis en or (mais il n'y a pas un tel stock à vendre), ils finiront bien par circuler et rebrancher la pompe à phynances quelque part. On mesure les limites d'analyse des hommes de soi-disant pouvoir, qui malgré leurs déclarations à coffre ouvert, ne sont pas crédibles, car considérés comme des aliens par les acteurs de marchés. L'affaire dépasse en fait tout le monde.

Certains vieux raseurs crient que le capitalisme est mort, ... la preuve !
Ils oublient que le capitalisme tuent parfois les capitalistes et collatéralement quelques braves couillons et autres gogos comme nous le sommes tous, mais par essence est immortel. Créé par les Lombards à l'aube de la Renaissance sur la base de la lettre de crédit, il n'a cessé de muter ensuite. L'avatar "bullistique" échevelé que nous voyons agoniser aujourd'hui, cèdera la place dans 18 mois(?) à un modèle rénové lorsqu'il aura été purgé à fond. A se demander si les trillons de dollars déversés en désordre par les institutions nationales depuis vingt jours ne vont pas prolonger l'agonie dans un acharnement thérapeutique dont l'issue est certaine. Ne vaudrait-il pas mieux que le capitalisme fasse rapidement sa mue derrière des capitalistes de bons sens comme Warren Buffett ou George Soros, qui travaillent avec leur propre argent (ça change tout)..

dessin de presse de Chappatte

Le temps des porcs se battant pour leur place à l'auge doit s'achever au couteau. Les porcs c'est du boudin ! Clin d'oeil ...



L'auge d'Eugène Pottier, musique de Forest, interprétée par Sébastien Ducret
L'ordre bourgeois, c'est l'auge immense
Où de gros porcs sont engraissés
Tous les fumiers de l'opulence
Sous leurs groins sont entassés.
Ils se gavent du populaire
Ces déterreurs de capitaux,
Ce n'est pas avec de l'eau claire
Qu'on engraisse les zaristos !


PS : Deux billets ont paru en septembre qui fouillent les causes du désastre, sans les trouver toutes.
Nous les indiquons ci-dessous :
- Steagall firewall
- 2010 ou 2009

On lira surtout avec profit l'article de Samir Amin sur la ploutocratie dans Marianne2.


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jeudi 9 octobre 2008

Germania farà da sè ?

Angela MerkelGermania farà da sè ! C'est bien ce que Kanzler Merkel avait décidé lundi dans une formule raccourcie par notre président élevé à la dure dans les cités de Neuilly : « A chacun sa merde ! »
L'Allemagne, plus gros contributeur net de l'Union européenne, refusait d'abonder à la caisse "noire" de 330 milliards d'euros - elle ne demandait pas d'où viendrait tout cet argent si la France et l'Italie ne pouvaient pas payer - et dans le même temps décrétait la garantie totale sans franchise des dépôts bancaires pour rassurer son opinion, faisant ce qu'elle avait reproché samedi dernier à l'Irlande.
On s'attendait alors à ce que les frontaliers français inquiets transportent leur épargne outre-Rhin du moins pour la fraction dépassant le seuil de 70000 euros garantis par l'Etat français ; avec quoi est une autre question !
Cette attitude sonnait le glas de toute politique européenne dans l'avenir jusqu'à précariser les institutions de l'Union particulièrement inaudibles dans cette crise, à l'exception de la BCE de Francfort, puisqu'en cas de krach politique, militaire ou financier, la collaboration de l'Allemagne était maintenant à la carte.

nicolas sarkozyOn peut craindre que ce "retrait" de l'Allemagne ait été provoqué par les déclarations "spectaculaires" du président Sarkozy à la fin du G4, lui qui vendait sa soupe médiatique sans grand souci de la réalité des divergences. Il n'empêche que l'Allemagne réagissant sur un coup de tête n'était pas attendue dans ce registre. Sans doute le rallye à Berlin de conseillers financiers d'un niveau plus élevé a-t-il permis de convaincre la chancellerie du R... de la RFA que l'endogamie bancaire fédérale n'était pas le pare-feu qu'elle croyait et qu'on entendrait dans le landerneau financier allemand, d'autres détonations que l'implosion soudaine de l'Hypo Real Estate de Munich, même si l'Oktoberfest bat son plein. Peut-être lui fut-il réexpliqué que l'Europe continentale était désormais allemande sous le joli nom d'Euroland et que ses intérêts vitaux excédaient largement ses frontières. Le IV° Reich est pratiquement achevé, ce n'est pas le moment de revenir au périmètre de la Prusse, voyons !

Demi-tour à 180° donc ! Mercredi soir, Paris et Berlin se coordonnent officiellement. En braille ça veut dire que la BCE retrouve sa liberté totale de gestion du prix de l'argent (exigence allemande) si elle consent à soulager le crédit par un enfoncement de son taux de base (exigence française) ; pour le reste "on se téléphone !".

gordon brownEntretemps le Trésor britannique met 200 milliards de livres sterling à la disposition des banques anglaises qui ne se prêtent plus entre elles, pour renforcer leurs fonds propres et relancer leurs prêts dans un meilleur ratio d'engagements. Suit la lettre du Premier britannique aux 27 pays de l'Union demandant de l'imiter en créant un fonds paneuropéen : « Le marché du financement à moyen terme est actuellement gelé sur la planète, avec des conséquences économiques potentiellement graves [...] il faut faire repartir le marché en rétablissant la confiance, en assurant que les prêts aux institutions financières seront remboursés (Gordon Brown)»

Cette lettre est pour l'instant ignorée des autres, mais pose une vraie question : quelles sont les contreparties que les banques remettent aux banques centrales en échange de ces capitaux frais ? Leur qualité est-elle de premier choix ? Parce que si le bon argent se paie en assignats, on est foutu !
Or en échange des prêts à court terme voire très court terme qu'elles reçoivent de la BCE ou de la BOE, les banques des places concernées déposent en garantie des créances à beaucoup plus long terme dont la bonne fin est imprévisible. Ainsi au fil des jours les actifs de ces deux banques sont-ils en train de se dégrader en qualité.

jean claude trichetIl vaut mieux forcer les banques à se prêter entre elles pour réamorcer la pompe, et pour se faire, ne pas hésiter à intervenir brutalement dans leurs directions générales par tous moyens, même répréhensibles ! A défaut de quoi, les garanties d'Etat données au moteur financier mondial en panne peuvent conduire à une dégradation sévère de la note financière des Etats dans les agences de notation si le temps se gâte, ces Etats qui auront garanti un montant faramineux de dette bancaire, jusqu'à conduire in fine le contribuable à payer sur son épargne confisquée, l'addition de crédits de mauvaise qualité. Et là se dessinerait le scénario catastrophe argentin : le Trésor devrait payer plus cher son emprunt forcé hebdomadaire sur la place, entraînant la hausse des taux d'intérêts de la Dette, ce conduisant à l'assèchement des capacités budgétaires de l'Etat qui, pour survivre, dévorerait alors la richesse nationale ou ce qu'il en reste, dans le droit fil des Révolutionnaires de la haute époque. On voit déjà le tabou de l'épargne brisé et les doigts crochus du Trésor s'avancer vers les Livrets A et les Codevi !

Dans la situation de contestation et de très faible confiance des citoyens de ce pays dans leurs dirigeants, on peut deviner en cas de malheur les prémices d'une révolution. Nous sommes en retard ...



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mardi 7 octobre 2008

Nécessité du projet

La mort de Pierre Pujo fin 2007 aurait pu être l'occasion d'un aggiornamento des axes de propagande de la mouvance d'Action Française. Comme on pouvait s'y attendre, elle provoqua une nouvelle division de l'infiniment petit. Après la réunion du groupe de Liaison Royaliste de Sommières fin juillet, il a été décidé par les participants de faire place nette à Olivier Perceval pour reprendre la composante la plus active du mouvement dans l'espoir de fédérer les énergies vers un point de convergence unique.
Deux mois plus tard, à Jambles en Bourgogne, Olivier Perceval fait sa déclaration d'investiture.
Vous pouvez l'écouter sur ce lecteur (peut-être pas sous Opera) ; elle ne dure que 10 minutes :



Si le lecteur n'apparaît pas ou ne démarre pas, cliquez ici !


On en retiendra qu'il faut tourner la page des fidélités exogènes qui ont plombé le combat royaliste et se méfier du nationalisme jacobin actuel qui n'est qu'une resucée du nationalisme révolutionnaire destructeur de l'ordre social au profit du seul économique, lui-même à la merci du capitalisme anonyme et vagabond mû par sa seule avidité. Quelques points de doctrine maurassienne utilement rappelés, l'orateur constate que les royalistes n'ont pas de projet et ne font plus de politique depuis que les chapelles dépensent toute leur énergie à légitimer leur angle d'approche militante. Il annonce donc l'analyse critique de nos faiblesses qui ne découlent pas de la "conspiration universelle" contre nos valeurs.
Bravo, mais je suis déçu.

L'analyse critique a été poussée à fond par deux fois, quand se créèrent successivement la Nouvelle Action française (aujourd'hui NAr) et le CRAF dissident de la Restauration Nationale. S'il fut jadis question d'ego irréconciliables la parthénogenèse fut à chaque fois provoquée par des divergences politiques. La cause de la non-réduction de ces fractures est tout simplement qu'aucun prince n'a voulu trancher le noeud gordien (appelé en Gaule sac de noeuds) en adoubant une chapelle et son axe de propagande, soit qu'aucun axe ne leur convienne jamais - c'est ma crainte - , soit qu'ils ne veuillent rehausser plus encore l'ego de l'élu. Le seul à s'exprimer librement est Jean d'Orléans, mais son discours est fragmentaire et reste à distance du projet de restauration. Les ralliements à contretemps et les déclarations oecuméniques d'Henri d'Orléans ajoutent plutôt au désordre en confortant la diversité dans une convergence qui n'existe pas du tout.

Je crois que "le mot" du discours de Perceval est "projet".
Aucun parti politique ne vit sans projet sauf un syndicat de sortants. Effectivement, il n'y a pas de projet intelligible par un esprit moyen que l'on pourrait promouvoir largement dans l'opinion, sauf celui de l'Alliance Royale déroulé sur une plateforme politique complète (touffue) et carrée. N'y manque que le nom du roi.

Dans l'émission de Lesquen sur Radio-Courtoisie hier, la journaliste Dominique Paoli relevait (ce ne sont pas ses mots exacts) que la restauration n'interviendra jamais sans assentiment populaire et donc que l'on devait infuser dans l'Opinion l'idée royaliste. Je partage cette approche et la défends ici depuis le début de ce blogue. Si cette condition est vérifiée par les docteurs de la loi, elle oblige à un canevas institutionnel clair et vulgarisable. Or celui de l'Alliance est "cénaculaire" et, même avec des diagrammes comme ceux que Royal-Artillerie avait dessinés lors de la présidentielle de 2007 (auto-clap), compliqué. Je propose cette esquisse de projet en surfant sur les évidences d'actualités qui condamnent l'éléphantiasis de l'Etat mais réclament en même temps du muscle et une juste compassion ; on peut développer chaque thème à l'envi.

(1) Pérennisation de la fonction de chef d'Etat
pour retrouver un vrai symbole d'union nationale par la recherche d'un affect populaire, une dignité au-dessus des partis politiques et de leurs syndicats, le bénéfice d'avis et remontrances au gouvernement des gens par l'expérience acquise, pédagogie du Bien commun et proximité de l'Opinion, garant de la Justice.

(2) Restauration des pouvoirs constitutionnels du premier ministre qui redevient le vrai chef du gouvernement et s'attelle à résoudre les handicaps de la nation qui s'accumulent, dans l'optique d'un recalibrage offensif du pays.

(3) Réduction drastique des parlements
national et régionaux et locaux dans le cadre de la réduction du train de vie de l'Etat préalable à la résorption de la Dette (une assemblée nationale de 300 députés est largement suffisante, un sénat entre 0 et 60 sénateurs aussi, fusion verticale des conseils régional et général).

(4) Réduction drastique de l'Administration nationale en rénovant et renforçant les services utiles à l'espace public. Sauvons la Poste !

(5) Privatisation des syndicats, agences, partis, conseils, offices, officines, ligues et autres hauts-commissariats qui ne dépendront plus du budget national, mais de leurs adhérents ou usagers.

Comme on peut le voir, nous balayons ici devant notre porte, et ne nous soucions pas de l'Europe, de l'Otan, de l'OMC, de la stratégie de Big Oil et de tous ces loups-garous derrière qui se cachent les souverainistes, par ailleurs alléchés par la prébende strasbourgeoise (je pouffe). Il sera temps de revenir à la gestion des dépendances et contraintes quand la maison France sera propre et en ordre de bataille. Pour le moment, et par sa faute, elle est en train de disparaître dans le paysage mondial comme un hologramme !

Cet axe politique, s'il ne contredit pas celui découlant du catéchisme AF que défendent les Manants en récusant le terme dans leur compte-rendu du CMRDS 2008, recentre les efforts sur l'os du problème et remet aux calendes la décoration dialectique convenue :
Pourquoi partir dans une propagande de sécession européenne, par exemple, qui pis est à l'époque de notre plus grande impécuniosité ? Que d'énergie dissipée en pure perte ! Laisser critiquer l'euro dans les organes royalistes est une ânerie, la piastre appelée franc français n'aurait pas résisté plus longtemps que le baht thaïlandais de 1997 aux bouleversements financiers actuels. Rechercher une autonomie militaire avec une armée squelettique, sans argent, dépourvue de moyens de projection, chiche en appui-feu mais asphyxiée par sa mexicanisation, est irresponsable dans ce monde dangereux ; c'est bien au contraire le moment de mutualiser les moyens existants tout en virant les surnuméraires de la piste aux étoiles.

On étudiera aussi avec profit le dernier discours de cadrage du président Pascaud de la RN qui bat le rappel des militants royalistes sous son aile pour former un soutien structuré au duc de Vendôme, ce qui est prendre la question par le bon bout : un chef, c'est lui, des moyens, c'est moi !

Mais ne nous trompons pas de combat.
Ne chassons pas le lièvre des causes sues perdues d'avance. Essayons plutôt de rechercher en tous domaines accessibles par la politique l'intérêt de la France, avant de promouvoir un corpus doctrinal un peu daté qui jusqu'à ce jour n'a jamais été testé en conditions malgré son impeccable cohérence !

L'Etat français doit maigrir pour soulager la Nation de son poids et libérer l'énergie des enfants de ce pays magnifique encore. Est-ce si compliqué qu'il faille au contraire se ruer à la roulotte des diseuses de bonne aventure et prendre la remorque des partis démagogiques de l'île enchantée de Pinocchio ?
Brisons avec la rouspétance et la nostalgie stériles, et travaillons avec qui le voudra, de chez nous ou hors-bord, au format d'un Etat rénové qui, pour tenir debout et être respectable, nécessite ordre des choses le composant et clef de voûte.


Ce blogue va décanter quelques heures ...
Pause !


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samedi 4 octobre 2008

Portail de presse ?

pc balladeurIl faut bien en parler. La misère conceptuelle du royalisme français pour sa propagande ne peut s'expliquer par la rareté des effectifs et de l'auditoire. Ils sont bien plus nombreux qu'on ne veut le dire dans les chapelles, ceux qui s'intéressent à la forme monarchique de gouvernement. Simplement ils sont indifférents à la doctrine maurrassienne et se détournent des combats d'arrière-garde perdus. Il suffit de parler "en ville" hors-mouvance royco pour s'en apercevoir ou s'en étonner !
Nos organes de "communication" ne sont pas attrayants. Pourquoi ? Le roi n'est pas le sel et le poivre de l'actualité, on ne peut le mettre en condiment de chacun des articles, dans chacun des dossiers ou des reportages. Le lecteur intéressé ne l'est pas jusqu'au point de "vivre" le roi du lever au coucher. Or, c'est le travers de beaucoup d'organes royalistes que cette obsession du royalisme. Un article n'est pas vendable dans un support royaliste s'il ne parle du roi. Seul le trimestriel Les Epées combattit ce travers ; mais je ne sais pas avec quel résultat au final et un trimestriel n'est pas la meilleure jauge.

Ce que nous produisons est "barbant" pour les non-initiés parce que nombriliste et le plus souvent grincheux. Des brûlots mécontents il s'en tire partout, surtout dans les syndicats trotskystes et aux extrêmes ; les gens ne les lisent que si on les leur offre gracieusement à la fin du marché, et la plupart finissent sur la chaussée ou dans les corbeilles de voirie s'ils ne vont pas aux épluchures.
A l'opposé, faire payer cher un journal dont le lecteur ne partagera - s'il le trouve - que vingt ou trente pour cent des dénonciations, n'amassera pas d'audience. Ce n'est pas le bon plan financier, nos tirages le prouvent par leur non-divulgation. L'heure n'est plus au journal d'opinion. Désolé pour les continuateurs de la presse d'avant-guerre. La presse qui modèle l'Opinion est la presse généraliste, les docteurs de la démocratie ne s'y trompent pas, qui l'investissent massivement, et s'essaient même au "subliminal".

Pourquoi n'y a-t-il pas de presse en kiosque éditée par des royalistes ? Non pas une presse royaliste, elle ne se vendrait pas en l'état actuel des préoccupations politiques de l'Opinion, mais une presse de royalistes.
Parce que c'est cher à monter, vous répondra-t-on, poussant du pied d'autres problèmes sous le tapis.

Or Internet a résolu le problème des capitaux de départ en éradiquant les coûts d'accès à la propagande de masse. Les sites d'information générale extérieurs aux médias mainstream sont aujourd'hui nombreux et attractifs. Parmi les plus fréquentés on trouve Bellaciao, Présent (sur abonnement) et Rue89. J'en citerai deux autres moins connus entre vingt, qui sont déjà référencés par la syndication Google News et qui donc apparaissent sur les pages "actualités" du moteur de recherche le plus puissant :

- Continental News qui reprend le format de la communauté de rédacteurs AgoraVox. La technique du site est assez chiadée. Cliquez ci-dessus.

- Romandie News, un site suisse parfaitement abouti et qui s'ouvre comme un blogue, mais avec beaucoup de possibilités de navigation et un défilement de nouvelles. Il donne ses partenaires qui travaillent avec lui en réseau, jusqu'à même un site de petites annonces. C'est un portail ouvrant sur beaucoup de ressources.

Ce n'est pas l'heure de faire un concours de chapelles en listant les erreurs, les stratifications, les donjons et les herses, mais si compte tenu du niveau socio-culturel de la mouvance royaliste, la propagande ne s'organise pas, c'est qu'il y a autre chose : de graves divergences d'axes de propagande.

On peut réunir deux groupes : d'un côté le canal historique, les thuriféraires inlassables de la doctrine politque de Charles Maurras et parmi eux, le sous-groupe des conservateurs des hypothèques de l'Action française, et ces hypothèques sont exagérément lourdes dans l'Opinion informée. On observe que ce bord est engagé à fond dans le souverainisme jacobin et plus loin même, en invoquant le compromis nationaliste. La canne y surpasse en emblème le lys. C'est un choix qui se respecte, mais qui serait plus attrayant s'il avait marqué une seule fois un but.

De l'autre côté, les pragmatiques qui, sans aller jusqu'à dire que, si Maurras a réglé la monarchie il a tué le royalisme, le pensent. L'état de déshérence de l'idée royaliste en France après un demi-siècle d'hégémonie intellectuelle leur donne raison. Ceux-là visent à faire revivre l'idée dans l'Opinion par tous moyens convergents y compris de philosophie politique, en évitant de ressusciter le souvenir des hypothèques, toutes associées à une forme de violence trahissant une dérive autoritaire condamnée aujourd'hui. Que leur démarche aborde au seuil des processus électoraux ou pas est secondaire : ils n'arrivent pas non plus à crever l'écran d'indifférence.

Finalement on en vient à la question stragégique : a-t-on besoin de l'Opinon pour restaurer le roi ?
Quand on se prend une raclée aux élections, on élabore vite une doctrine qui s'en passe. Et pourtant le simple bon sens indique qu'une large empathie de l'Opinion sera nécessaire le jour où s'ouvrira la fenêtre d'opportunité. Ceux qui argumentent autre chose dans leur for intérieur calment la douleur intime d'un échec centenaire. Ceux qui instrumentalisent ce même autre chose dans des conférences, risquent leur réputation en frôlant l'escroquerie politique. Arrivés à l'âge adulte, leurs auditeurs avec un peu de plomb dans la tête les abandonnent. On pourrait faire pédant ici en convoquant toutes les réflexions et maximes des grands anciens qui promeuvent l'affect préalable. Nous n'en mettrons qu'une pour les archives, celle qui orne le site des Manants du Roi :
« Que la Monarchie Française soit utile ou même nécessaire, cela se prouve et ne convainc personne. Il faut d'abord qu'elle soit aimée » (G. Bernanos, revenu de tout).
Il y a du boulot !

PSP3 de Sony
Disons tout net que le foisonnement de démarches individuelles provoqué par l'inadaptation des organes principaux, n'y supplée pas. Dans son petit coin, Royal-Artillerie est à mille visites/semaine depuis trois ans et ne décollera pas. Partisan Blanc - un site de réflexions et pas de copiage - est mort, et ce n'est pas d'orthographe. Plusieurs sites personnels ont été abandonnés en rase campagne. Ces initiatives portées souvent sur les épaules d'un seul homme, sont forcément limitées en quantité d'offre rédactionnelle, si même la qualité a suivi, ce qui n'est pas toujours vrai ; et je mets ce blogue dans ce cas.

Puisque donc nous ne pouvons lancer un vrai hebdomadaire offset sur papier glacé qui se place en kiosque entre Le Point et le NouvelObs, investissons dans la presse électronique.
Je ne parle pas des sites associatifs de chapelles ou des sites paroissiaux mais réellement d'un site de presse, qui débite nouvelles, reportages, commentaires, dossiers, etc. et qui au fil de l'eau infusera le message royaliste, sans être un site militant pur où tout se qui se passe au dehors doit tourner autour du (roi-)soleil pour entrer. A quoi bon, me diront certains, si l'on ne parle pas de l'institution monarchique, de la doctrine AF, de la vie militante ?
Justement, les bulletins paroissiaux couvrent cette fonction de "liaison-réflexion-mémoire". On peut même les électroniser en créant des communautés du type Facebook, mais ils sont incapables d'agréger une empathie autour de l'angle de vue royaliste parce qu'ils cherchent à convertir d'abord les "agnostiques" prédisposés à l'idée du roi, ce qu'ils réussissent parfois à petite échelle, et malheureusement souvent chez des adeptes du pouvoir fort qui font des amalgames bonapartistes inadéquats !
Si l'offre royaliste publique est strictement dirigée vers les royalistes, elle n'a aucune chance de percer.

Le site de presse dont je parle peut très bien aborder la critique institutionnelle, exemplifier des points de doctrine de temps en temps, lier au site une manifestation militante réussie, mais pas en continu, pas à chaque page ; l'infusion au goutte à goutte ... avant la perfusion (?!).
En outre, nous pourrions aller dans le sens de l'audimat en profitant de la vie des princes, princesses et bergères qui, si nous lâchons les cannes, les tags et les collages, accepteront des reportages et interviews sur la face pipolisée de leurs activités, et de temps en temps des entretiens de fonds. Nous sommes informés par Hola et Point de Vue qui nous doublent, les s... !

Mais surtout - et j'enrage - la crise financière mondiale ouvre un boulevard au débat institutionnel, au débat sur la qualité des gouvernants, sur les stratégies programmables, sur la dignité des fonctions, sur l'inanité du parlementarisme, sur le niveau moral exigible des dirigeants et patrons, et surtout surtout, le débat sur l'espérance des élites : quelle société humaine privilégier !
Nous sommes secs !

Certes nous convierons des universitaires à parler de leur dernier ouvrage sur la société de perversion ou sur Louis XIII que personne n'achètera, ou nous exhumerons des réflexions prémonitoires de la situation présente. Mais je n'ai rien vu lundi, mardi, mercredi, ... de la semaine dernière. Cet après-midi notre système bancaire joue à pile ou face avec la Banque centrale renforcée de l'Allemagne : rien ! Sauf un copiage venu d'ailleurs. Nous nous taisons sur l'actualité essentielle ! Nous ne "thésons" pas au moment, et sans motif de commémoration nous ne dévoilons pas le diamant monarchique quand il pourrait briller sans concurrence.
Attendra-t-on la prochaine occurrence d'une crise systémique ?
Sans moi, je serai mort. Le Pr Chauvin disait ne pas vouloir mourir "royaliste", il sera déçu à la fin, si nous continuons à perdre !

La Toile abonde en exemples réussis.
Ce site de presse nécessite un webmestre professionnel à plein temps, un chargé de pub et abonnements, et un team rédactionnel assez large connaissant les domaines répartis ; mais d'abord un patron de presse qui donne sa marque et l'axe de propagande. Et c'est là le hic !
Des axes, il y en a plusieurs comme nous l'avons dit plus haut.
A mon avis seul un prince-arbitre peut trancher.

PS: je ne suis candidat à rien de fonctionnel, mais cesserais ce blogue s'il y avait la possibilité d'intégrer une équipe de rédaction électronique.


mûres
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vendredi 3 octobre 2008

Canards sans tête

GontranQuand vos ministres creusent le déficit budgétaire ; quand la banque centrale européenne lutte contre l'inflation en maintenant son taux de base sans vous entendre ; quand l'Allemagne débine tous vos projets semestriels européens ; quand vous avez perdu les municipales et perdrez sans doute les régionales si vous ne ramenez pas le mode de scrutin à un seul tour ; quand enfin la pauvreté mesurée par l'Insee s'étend en même temps que les riches prennent Easyjet parce que la récession s’annonce et les menace dans leurs avoirs – pas d’argent, tous en Suisse - ;
... comment exister encore dans cette fonction putassière qu'est devenue la présidence de la République ?
Dévolue à des psychodwarfs ainsi que le crache Beppe Grillo dans sa croisade chlorhydrique du Vaffanculo Day, vous vous berlusconisez et parlez avec les mains ; vous vous consacrez à l'inutile en réglant la force du vent médiatique dérivé des sondages ; jamais pris de court, vous noyez vos contempteurs sous les discours et vos médias revendent aux gogos la magie du Verbe !...

M. Sarkozy se lance dans la refondation du capitalisme continental ! Un peu démesuré comme challenge, mais bon, il n'a plus que 90 jours pour faire Grand. La Deutschland AG et son kanzler prussien ont assez de patience pour tenir jusqu'à Noël. Après, le couple présidentiel le plus mauve de l'Ouest fera la noce aux Bahamas ! Et les affaires sérieuses reprendront ici sous les auspices de la meilleure colonie allemande : la Tchéquie, qui prend le manche de l’UE au premier janvier. Chamberlain était extra-lucide !

L'affaire sera donc réglée demain dans la réunion à Paris du "G7 à quatre", plus le patron de la BCE, le président de l'Euroland et l'ineffable président portugais de la Commission qui n'en rate aucune car il est en campagne. Ça fait 7 ! Le réflexe étatique français, « mettons 330 milliards dans une corbeille où viendront puiser les amis du pouvoir défaits par les subprimes ! » n'est pas du goût des pays du Nord. Ceux-ci font de réels efforts de management sur leurs comptes publics, persuadés que cet argent dont la gestion leur est confiée à bail, ne leur appartient pas. Saine persuasion à cent lieues de la conscience professionnelle des dirigeants français qui claquent nos impôts sous l'impulsion de leurs caprices, à tel point que nos partenaires européens commencent à avoir peur de nous, et qu’il est fort probable qu’ils se rangent derrière l’Allemagne et son orthodoxie rigide (c’est un pléonasme).
L’Europe sérieuse va-t-elle finir en IV° Reich ? On verra bien !

PicsouAvant clôture, et après 400 millions de largesses à un homme d'affaires méritant victime des banques socialistes, l'Etat achète pour un milliard des actions Dexia parce que ses filiales spéculatives ont fondu les plombs et y enfourne la Caisse des Dépôts pour deux fois plus ; l'Etat rachète derrière ses investisseurs institutionnels 30000 logements sur plan aux amis promoteurs du pouvoir pour les revendre aux pauvres, lesquels seront peut-être pris à la gorge rapidement pour assurer les mensualités si le temps se couvre ; auquel cas la Poste, les caisses d'épargne, et au sens large la « mutualité », se substitueront aux malheureux pour joindre leurs deux bouts. C'est le schéma américain ... : "signez, nous nous chargeons du reste !". On connaît la fin du film !
Le libéral mal assumé Sarkozy, ancien chef de la police un peu juste en substrat culturel, s'essaie à la social-démocratie, et tous comptes faits – ils sont vides -, lâche la "gouvernance" promue par nous en Afrique et en Papouasie, pour verser dans la redistribution marxiste à crédit, qu'il y ait encore quelque chose à distribuer ou point. Le jour-même où l’Insee prédit la récession, ces messieurs les locataires du pouvoir déploient sur les PME (qui n’ont encore rien demandé) 22 milliards confisqués sur les Codevi et livrets d’épargne populaire (détails dans la Pravda). On trouvera aussi les fonds indispensables à la rénovation des colonnes-pissoires de Buren (5 millions) que je croyais benoîtement financées sur la Prime de Noël des sans-travail déclaré ! Tout est possible dès que le tabou de l’Epargne inviolable est violé !

colonnes de B.
La compulsion répartitive est telle que la région Ile-de-France déboutée par le secrétaire d’Etat Blanc de son projet pariphérique, vient d'accorder la gratuité des transports publics aux "bénéficiaires" de certains minima sociaux, soit 60000 personnes de plus que les 400000 Rmistes déjà transportés à l'œil : 460000 voyageurs susceptibles d'encombrer les rames juste pour la ballade ou la manche !

Il y a comme une fin de règne dans l'air.
Les canards sans tête qui ne s'envoleront plus, faute de crédits, courent dans les palais dorés et réclament à la fois de la morale et des bouées. L'Etat voulant tout faire, il sera le premier dénoncé pour incompétence sinon même bidouillages inéthiques si la situation économique se détériore encore. Et le Français n'aime rien tant que la lanterne quand ça va mal ! Ce n'est jamais la faute de l'individu citoyen, égalisé, libre et fraternel, mais celle du régime, de la marquise, des accaparateurs, fourriers et munitionnaires qui grèvent la Bête. La faute de l'autre en face ! Changez les institutions, le neuf sera plus beau et nous serons tous riches, et mon salaud de voisin de fonctionnaire devra me vendre sa maison pour rien.

Ce peuple, dont la fine fleur fut alignée au cordeau sous des croix blanches par deux fois il y a 70 et 90 ans, n'est tout simplement pas mature pour accepter d'être baladé de telle manière et mis en coupe réglée si bas, sans autre forme de rouspétance que les blogues d'humeur, les caricatures de zinc et les éructations parlementaires des jours à questions.

Demain sera une autre annonce pour l'effet produit, une autre largesse aux corporations, une autre menace sur les corporatismes, une autre reculade précipitée (les RG du Rhône qui compte les fonctionnaires à risque, sont désavoués aussitôt découverts) ; une autre caresse, une autre gifle ; l'important est qu'il se passe toujours quelque chose aux Galeries élyséennes car une nouvelle chasse l'autre. Le président qui s'occupe de tout et des "copains d'abord" lance maintenant les Etats Généraux de la Presse. Le Grenelle de la propagande ? Comment faire lire la Pravda au citoyen en lui faisant payer la désinformation quotidienne, parce qu’il n'y croit pas s'il ne sort pas ses sous !

DonaldEt le couillon de base de broder sans comprendre qu'il n'y a ni agenda ni complot derrière toute cette agitation. Comme le dirait mieux que moi Alain Souchon : « Et si les greniers du pouvoir étaient vides ? », vides d'idées et de projections à long terme, vides de programme tout simplement, à l'insu des promesses électorales de plein gré. Le réflexe répété souvent cette année : "à idée nouvelle, taxe nouvelle", laisse croire qu'il n'y a aucun plan directeur dans les cabinets ; savoir que tous les clignotants sont rouges leur suffit déjà bien. On gère boutique, 9h-midi/14h-19h. A fonction éphémère, politique de l'instant, et quand ça tourne mal, précipitation des happy few à s'établir socialement, jouir vite et bien (surtout à 80 ans face au palais du Luxembourg !), laisser à la dernière minute un nom dans l'Histoire, même dans la petite, en se hissant sur la pointe des pieds pour faire la toise, sur des chaussures ressemelées. C'est si court cinq ans, qu'on voit déjà la fin de l'épisode !
Le régime nous fait la démonstration de son incapacité à régler les tempêtes, c’est un système de beau temps. Il existe autre chose …

Au suivant ! ... au suivant ! ... au suivant !


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mercredi 1 octobre 2008

du fric et des hommes

pièce de 10F millenaire capetienLes savants expliquent que la monnaie n'est fondée que sur la confiance de ceux qui l'échangent, et que cette confiance pourrait être représentée comme une tiare papale.
Le tiers-bas est la confiance méthodique : le détenteur d'une monnaie est alors certain qu'elle sera acceptée pour régler le prix du bien ou du service qu'il veut acquérir ; si cette confiance n'est pas obtenue ou disparait les acteurs économiques restent ou en reviennent au troc ;
Le tiers-moyen est la confiance éthique : la monnaie est le symbole d'une cohésion de la société dans laquelle elle circule ; les envahisseurs d'un pays commencent toujours par faire circuler leur monnaie pour disjoindre la cohésion sociale, et accessoirement détruire les bas de laine ;
Le tiers-haut est la confiance hiérarchique : elle reconnaît aux autorités politiques ou subrogées la capacité d'émettre de la monnaie dans les deux règles de confiance précédentes ; c'est de celle-ci dont on parle le plus.

Si l'Allemagne a retiré sa confiance du tiers-haut aux Etats latins, c'est par la constatation que leurs habitants valorisaient de plus en plus de services en deutschemarks sur les marchés extérieurs (tiers-bas fragilisé) et qu'ils n'avaient confiance dans la valeur de leur monnaie nationale qu'à partir du moment où celle-ci avait été intégrée dans le serpent monétaire européen. Les dévaluations compétitives du trésor public pour franchir ses échéances trimestrielles avaient dégoutté tous les détenteurs de capitaux.
L'euro n'est pas né de la volonté convergente de plusieurs pays de faciliter les règlements du marché unique, mais a été le moyen de communication le plus abouti pour présenter la digestion des monnaies nationales européennes dans un large zone deutschemark.

Aparté : si ce n'est pas ça, comment expliquer que la "monnaie commune" ait été impossible à créer à côté des monnaies locales réduites aux échanges quotidiens des ménages ? il fallait retirer tout le tiers-bas aux acteurs peu fiables.

L'euro a gagné la bataille du tiers-bas sans aucun problème, à la stupéfaction de certains monétaristes distingués qui n'avaient pas mesuré le déficit de confiance des monnaies nationales dans l'opinion avant l'instauration du SME. Il suffisait de sonder les voyageurs et de leur demander où ils serraient les dollars qu'ils avaient rapportés. L'euro a-t-il gagné le tiers-moyen ? Sans doute aussi ! La monnaie n'étant plus un symbole de souveraineté, elle reste celui d'une forte cohésion mercantile, le marché unique étant réel et la liberté de circulation des personnes (les clients de ce marché) étant évidente.

billets euros
Le tiers-haut de la confiance hiérarchique en l'euro est assez bizarre pour les Européens habitués par l'Histoire à entendre battre monnaie. Or depuis l'euro, il ne se passe rien de tel. La Banque Centrale Européenne, hors de portée des doigts des brigands(1), suit une politique de discrétion qu'elle a peut-être empruntée à la Sublime Porte. Le mystère de ses décisions génère une crainte respectueuse. D'aucuns critiquent ce gros défaut de communication dans un siècle de transparence pipolisée. Trichet à la triste figure, qui se demande chaque jour comment il a pu atteindre tant d'honneur et de pouvoir, n'a pas l'âme bateleuse ; et c'est tant mieux !

Ainsi, les peuples latins, s'ils n'ont pas remarqué que l'euro ne dévalue jamais, ont noté dans un coin de leur mémoire que la BCE en a injecté ces derniers temps 220 milliards sur les marchés obligataires pour huiler les échanges interbancaires. Plus de 300 milliards de dollars, sans demander le blanc seing de quiconque ! Si le Trésor américain, gouverné par l'ancien patron de la Goldman Sachs, est à la merci de la Chambre des Représentants qui gère les deniers publics, la BCE ressortit, elle, au pouvoir régalien de compétence absolue : c'est royaliste ça !
Quand tout va mal, qui pense encore en France remettre la décision entre les mains de ce que Villepin appelait "les connards" ? Le parlementarisme montre chaque jour son usure morale (affaire Poncelet) et ses limites, ce qui est bon pour le pays dont on pourra bientôt désiller les yeux.

Fermons la parenthèse "euro" en regrettant qu'il y a ait encore chez certains partis politiques un peu arriérés des promoteurs d'un retour au franc.

Ces "retardataires" sont imprégnés de l'Histoire des mondes anciens où l'instauration d'une monnaie fiduciaire - c'est à dire une monnaie signée représentant une valeur supérieure à la valeur de la matière que l'on tient en main - consacre un Etat en fin de construction qui arrive à la plénitude de sa puissance. Savez-vous que ce réflexe existe encore : En 1990, la Lithuanie émit le litas pour affirmer sa nouvelle indépendance et refouler le rouble russe. Deux "tiers" sur trois n'étant pas rétablis, elle adossa son litas au dollar américain. Nombre de pays font de même par le monde, adossant leur monnaie locale à une grande monnaie internationale pour lui donner un début de convertibilité dès lors que le pouvoir politique de passage ne peut plus jouer avec. Les Balkans sont en euros depuis longtemps. Ceci traduit un déficit du tiers-haut.

La monnaie, si elle a ou avait une dimension politique, a d'abord pour fonction essentielle de réguler les échanges : Si pour une raison, la fonction de régulation mercantile doit être renforcée au détriment du symbole politique, la première doit primer la deuxième dès lors qu'il en va de la cohésion sociale du groupe national.

fric dans l'évier
La monnaie n'est pas un voile sur les échanges de biens et services mais, nécessaire au lien marchand, elle est le sang de toute la circulation économique. En cas d'effondrement d'une monnaie, ce sont tous les repères économiques qui disparaissent, et plus vite qu'on ne le croit le troc ne suffit plus ; une foire d'empoigne générale mène alors les gens à s'entretuer. Les krachs allemand et russe d'avant-guerre ont bien montré cette spirale que l'on ne stoppe que par l'émission d'une nouvelle monnaie "patriotique" fondée sur un patrimoine économique à redresser. C'est l'histoire du "miracle allemand" qui en l'absence de "patrimoine politique", a surgi d'une représentation commune de la situation économique générale du pays et de son potentiel, image infusée au plus profond de chacun des acteurs économiques, image d'une cohésion.

Les espaces d'exercice de la fonction régulatrice mercantile de la monnaie ne coïncident plus avec les espaces de la souveraineté politique. C'est une mutation du système économique terrestre provoqué par la globalisation des échanges. Il vaut mieux l'étudier que de laisser la peur s'insinuer dans notre analyse du monde nouveau à cause de la perte du lien politique.
La globalisation n'est réversible que par la guerre mondiale, autant faire avec ; et dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, découpler définitivement le coeur (émetteur de monnaie) et le cerveau (créateur d'idées) de notre corps social, qui sont par nature indépendants l'un de l'autre.
Le politique a désormais peu d'effet sur l'économique, même si les politiciens tentent d'attraper la main du prétendu noyé capitaliste.
Ils n'attraperont que le gant !

Lire quand même Georges Soros : La vérité sur la crise financière, chez Denoël, 216p. 18€.
Georges Soros
Note (1) : Ne pouvant émettre de monnaie, le gouvernement Fillon émet de la dette, et convoite l'épargne populaire (livret A). Le tabou est donc brisé, comme nous l'annoncions dans un billet précédent sur l'austérité.


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