lundi 17 février 2020

Le mirage de la restauration


A mesure que passent les années, la restauration recule. C'est l'exacte définition du mirage, une réfraction optique de la réalité inatteignable. Dans notre cas, l'espace se double du temps : l'image provient du passé.
Est-ce vraiment cette image qui doit précipiter en régime politique à la faveur d'une prochaine révolution ? Nul ne le sait vraiment et sans doute est-ce le plus grand défaut du parti du roi que ce flou artistique sur le devenir du pays revenu à la monarchie. On parle de tout, de monarchie active, décentralisée, de monarchie constitutionnelle à l'espagnole, de présidence permanente sous le manteau de la constitution de 1958, et même de royauté mystique. Doit-on interroger les princes qui se sont déclarés pour ceindre la couronne de France le jour où elle leur tombera sur la tête ? A mesure qu'ils avancent en âge, les deux les plus en vue semblent stoppés sur une monarchie chrétienne qui défend d'abord la société bourgeoise traditionnelle et le régime d'assemblées. Ils donnent l'impression que nous reprendrons le fil depuis l'endroit où il s'est rompu, 1830 pour l'un, 1848 pour l'autre. A qui cela convient-il ? La question n'a jamais été posée.

La situation actuelle de l'opinion française remet en cause le modèle déprimé toujours en fonction. Il devient donc possible d'abattre ses cartes et de proposer un modèle innovant, à la seule exigence que l'épure soit claire, compréhensible par tous. Le projet de société publié par le Groupe d'Action royaliste dont le Piéton du roi va faire une recension critique dans quelques jours, a-t-il le mérite de la clarté et de la simplicité ? Il me plairait à plus d'un titre, surtout s'il échange une large démocratie de type cantonal contre un contrôle absolu* du régalien, prenant à Charles Maurras sa formule-choc : "l'autorité en haut, les libertés en bas". Tout compte fait, une restauration sera d'abord celle des libertés basses, aujourd'hui confisquées dans le prêt-à-penser officiel diffusé par l'Etat lui-même et ses relais de communication-propagande qui, du berceau à la tombe, formatent nos vies personnelles.
* Ab solu : étymologiquement ce qui est par soi, indépendamment de toute autre chose

Ensemencer l'opinion à l'idée du retour de la monarchie
convoque des moyens et des talents. Si les seconds existent, les premiers sont rares parce que l'argent n'est pas dans la culture royaliste et pourtant sans argent pas de Suisses ! On peut utilement passer voir Le Million du Roi (par ici) et nous ne revenons pas sur cette exigence imparable du "nerf", au moins pour la diffusion du projet. De beaux esprits éthérés me signalent parfois que cette propagande coûteuse qui vise à retourner l'opinion dévoie le projet royaliste puisque le souverain ne peut être issu du protocole démocratique. Selon eux l'intention est de rompre avec les alternances d'un régime d'opinion et donc d'en finir avec les sautes d'humeur de l'électorat. A quoi je m'use l'esprit à rétorquer qu'en pays gaulois il est futile de croire qu'un changement de paradigme puisse tenir longtemps sans la confirmation du peuple, peut-être pas avant mais certainement après. Il faut donc préparer les "gens" au retour d'un roi.

Mais comme il est dit plus haut sous réserve d'une construction fondée sur la justice et le besoin du peuple, c'est la clarté qui prime. Pourquoi changer, comment changer, vers quelle épure institutionnelle ? Et se pose déjà la question des princes. Viennent-ils dans ce projet pour le renforcer jusqu'au succès de l'entreprise ou reportent-ils à meilleure fortune leur nihil obstat ? La tentation fut grande chez eux de se mouler sur les circonstances dans une position de chasse à l'affût plutôt qu'en battue. On les sent impliqués dans les valeurs familiales, l'invocation à l'histoire, les commémorations pieuses, une certain souverainisme élastique ; on les sent moins en politique et pas vraiment novateurs. Le prince Jean qui a déblayé la voie de ses ambitions semble vouloir creuser de nombreuses questions politiques ou sociétales. Laissons-lui le temps de s'affirmer, mais avouons qu'il en a beaucoup perdu jusqu'ici.

Tout deviendrait plus facile pour relever les ruines si se levait « un de ces hommes qui semblent nés en un moment précis de l'histoire pour rassembler de vastes domaines en un tout organique, rendre une civilisation entière au sens de son unité ; un caractère d'acier, tranchant et souple, une intelligence politique exceptionnelle et, de surcroît, une âme noble ». Tel est Saladin, le rédempteur de l'islam en Terre sainte, l'ami de Richard Cœur de Lion et d'autres barons croisés, qui apparaît dans La Croisade de Daniel-Rops. Si ce prodige est né, nous ne le connaissons pas. Ou bien est-il trop jeune pour sentir en lui la vocation de roi ! Ferons-nous avec ce que Dieu nous donne ?

Quoiqu'il en soit, le mirage recule toujours dans le temps, mais nous allons essayer d'avancer quelque peu les pendules avec le "Projet de société" du GAR. A bientôt.



dimanche 16 février 2020

Bellissima


Il y eut d'abord Monica Vitti dans Le Désert Rouge. Puis Ornella Mutti dans une demi-douzaine de films parfois chauds, très chauds. Et Monica Bellucci, la ragazza più bella del mondo ! C'est tout. J'ai vu de très belles actrices au jeu très sûr et de forte conversation, mais je n'ai eu que trois amours de cinéma. Italiennes, pourquoi ? Sans doute Silvio Berlusconi avait-il raison quand il vantait la péninsule pour posséder les plus belles femmes de la planète. Marcher à Florence, Milan ou Rome, mourir d'amour.
Voici Come Vorrei sur des images de Giuseppe Tornatore et Lajos Koltai dans Malèna. Dernière pause avant l'assaut : demain matin, on parle ici de la... restauration.

jeudi 13 février 2020

Du racisme et des femmes

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau)
Avec les mots de tous les jours voici dix minutes féministes de Solveig Mineo qui démonte la violence raciste de la rue dans un discours linéaire sans raté, hésitation ou retenue, cash ! ce qu'on appelle une performance. On a compris qu'elle défend avec talent sa communauté occidentale, la nôtre. Elle mérite nos encouragements et un suivi.

- Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo -

La belle a une station radio, AllôChaton, un studio vidéos et un site de combat d'excellente tenue qui vaut le détour : BELLICA.
Courez-y, c'est mieux que pas mal !

mercredi 12 février 2020

LBC n°15

[spécial roycoland] J'ai reçu le numéro 15 du mensuel Le Bien Commun et, après un an et trois mois de parution, le temps est venu de faire le point. Tout le bien que je dois en dire sera augmenté d'une critique positive de ce nouvel organe de la presse royaliste, régénérée après la faillite du bimensuel L'Action Française 2000, successeur de l'hebdomadaire Aspects de la France.
NB : ce billet est sans grand intérêt si vous n'avez pas Le Bien Commun en main, mais s'il vous donne envie de vous abonner, tant mieux !
Le sommaire donne envie, qu'on en juge :
3 L'édito pugnace de François Marcilhac expliquant la une
6 La France en surendettement ? Ponzi revient !
9 Les Maudits (écrivains purgés à la Libération)
10 Greta Thunberg, petit ange déjà parti
12 Le masochisme national (Blanchonnet)
14 Politique étrangère : Lybie, accord impossible ? • Que se passe-t-il à Rome ? (le match des papes)
17 Philosophie avec Rémi Soulié • Entretien avec Baptiste Rappin : "Ken le survivant", manga post-apocalyptique pour penser notre société
21 Dossier Iran (remarquable)
32 Histoire : l’œuvre d’un grand historien : Jean de Viguerie
36 Pour le Roi : chronique télé • Campagnes, je vous hais (ou l'archipel français de la relégation)
39 Rubrique "littérature" : dans les poches du camelot
40 Nouvelle de Frédéric Rouvillois : La Découverte du 8e continent
44 Musique : Alphonse X, Cantigas de Santa Maria • Cinéma : De Scorsese à Malik, le nom de Dieu
46 Sorties de films
Loin de moi toute intention de critiquer les textes fournis puisqu'ils sont instructifs et agréables à lire. Restons-en au journal sec. Riche idée d'avoir mis un dossier de douze pages au cœur du numéro : ce dossier sur L'Iran à la croisée des chemins, un vrai défi, est très réussi au plan technique et le choix des contributeurs suscite un réel intérêt, même chez ceux qui connaissent déjà le Moyen Orient. L'incipit est alléchant : « La mort du général Qassem Soleimani, le chef des gardiens de la Révolution, tué par un drone américain le 3 janvier à Bagdad, a remis au goût du jour le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis...» mais comme va le démontrer progressivement ce dossier, il s'agit d'abord de la résurgence du nationalisme arabe irakien secouant la tutelle perse offerte à l'Iran par l'effondrement du régime baathiste de Saddam Hussein, qui amorce le reflux de l'Iran. Le dossier rappelle utilement les points de la mortelle dispute entre chiisme et sunnisme.

Sur le reste ; personnellement, j'aimerais lire un peu plus du Rémi Soulié à la place d'une chronique télévision qui date un peu dans ses clichés. Campagnes, je vous hais offre un angle d'analyse inédit sur le mouvement des gilets jaunes qui remonte à la surface Le Midi Esclave de Charles Maurras. Autre bonne chose, le courrier des lecteurs, c'est comme les commentaires de blogue ou de site Web, l'âme d'une revue ; il faut les souhaiter plus nombreux (avec parfois une réponse de la rédaction) puisqu'il y a de la place à l'infini en jouant sur la police. La rubrique "littérature" par encarts dans une page camelot est bien mise en relief et les titres mémorisables. Pensez qu'on nous y vend un Saint-Just ! La rubrique "cinéma" a fait de réels progrès et donne envie de sortir. Que demande le peuple ? Plus ! Plus de matière à format égal.

Quant au support : on est passé de 32 (2x16) pages mensuelles au format "tabloïd" de l'AF2000 de Pierre Pujo à 48 pages "demi-tabloïd" soit une diminution d'espace d'un quart, même si le numéro 15 propose dix pages de plus que le numéro 1. Ceci n'est pas si bénin puisqu'on conserve l'édition mensuelle deux fois plus de temps sur la table du salon, et qu'à la relecture on note trop de blancs dans la maquette : la perte en espace-texte avoisine les 10% ; sans compter deux pages de publicité gratuite (13 et 48) qui font monter encore l'espace perdu. C'est beaucoup trop et l'argument d'une présentation "aérée" ne tient pas vraiment pour un organe politique produit par une école de pensée. Terminons avec ça : si pour occuper les blancs, des encarts publicitaires sont refusés (aux motifs de l'indépendance rédactionnelle et d'une cotisation à l'OJD), ne pourrait-on pas y placer maximes et aphorismes des grands penseurs de l'Action française, textes corrélés au sujet traité, voire des annonces de manifestations organisées le mois suivant ? Dernier reproche côté maquette, le très bel article nécrologique de Philippe Pichot-Bravard sur Jean de Viguerie aurait pu s'illustrer d'un portrait du défunt plutôt que d'une pile de vieux livres près d'une feuille désormais blanche qui mange la moitié de la page.

Incauda : à l'exception des caciques du CRAF - c'est le dernier organe AF pur - toute l'équipe rédactionnelle a été renouvelée, ce qui est logique après une faillite : les rédacteurs de l'AF2000 portent autant que la direction momifiée leur part de responsabilité dans le naufrage du journal, au moins pour l'intérêt insuffisant qu'ils ont suscité chez leurs lecteurs qu'ils n'ont pu multiplier. Personnellement j'y mets un orteil dedans pour la modeste place qui me fut offerte les dernières années par Grégoire Dubost, mais je regretterais Anne Bernet, partie vers nulle part sur un rafiot pétainiste, Pascal Nari et Charles-Henri Brignac sur la rubrique étrangère.

En conclusion de cette recension du quinzième opus, le fond est très intéressant, la forme améliorable, la quantité de pensée au mètre-carré est à augmenter, surtout que le prix au numéro reste élevé : 6,36 euros. Le mensuel n'est pas distribué par Presstalis, il faut vous abonner ou le demander à la section locale d'Action française qui généralement vend le journal à la criée (voir le site AF Paris).

lundi 10 février 2020

Une intention allemande

Ce billet fait suite à celui du 8 février titré La Bombe européenne.


La diplomatie est le plus sûr moyen de cacher une intention stratégique (sauf à la Maison Blanche) et les ballons d'essai lancés par la Chancellerie de Berlin et par ceux qu'on appelle les milieux autorisés convergent au renouveau diplomatique de la République fédérale jusqu'ici nanisée. J'en citerai quatre bien connus, sans autres références puisque ce travail n'est pas une thèse universitaire.

(1) D'abord, lors du G7 de Taormina, la chancelière décréta publiquement que la confiance dans l'alliance Europe-Etats-Unis était fortement écornée par les déclarations pétaradantes de Donald Trump. Ceci induisait un changement d'étagère du dossier OTAN.
(2) Par ailleurs, il fut dit et répété à Berlin et à New York que la France était le passager clandestin au Conseil de sécurité des Nations-Unies car elle siégeait en première classe avec un billet de seconde.
(3) Puis, la Chancelière refusa carrément de participer à la force spéciale Takouba au Sahel qui reste pour elle une zone d'enlisement colonial français.
(4) Récemment, "on" fit état d'un intérêt particulier pour une coopération germano-française dans le domaine de la dissuasion nucléaire dont les constituants sont à la peine sur le plan budgétaire.

On n'y comprend pas grand chose si on ne décèle pas l'intention. La détermination américaine d'activer un jour l'article 5 de la Charte atlantique est douteuse et il faudra tester le Congrès qui n'a pas envoyé l'assurance de son contraire. Ceci implique une évolution de l'approche stratégique allemande, appuyée au-delà des marches du Reich reconquises, sur une connaissance approfondie du futur partenaire russe dont les intérêts économiques en Mer baltique sont déverrouillés par une chancelière russophone, ayant succédé à un chancelier russophile (fin de l'incidente).
La consécration du renouveau diplomatique allemand est le siège au Conseil de sécurité. Mais le fauteuil permanent au Conseil est réservé aux puissances nucléaires. Parmi les pays atomiques extérieurs, seule l'Inde pourrait prétendre entrer au club mais l'Allemagne jamais, on sait pourquoi. Sauf ? Sauf si le siège de la France devient celui de l'Union européenne, maintenant que le Royaume-Uni a fait sécession. Et qui pèse le plus lourd et de beaucoup dans l'Union européenne ? Outre l'Allemagne, ce siège représenterait aussi d'autres pays européens qui, à l'exception de l'Italie, ne participent ni au G7 ni au G20. Cela fait du monde intéressé.
M. Macron accèdera-t-il à la demande en négociant un renvoi d'ascenseur sur la défense européenne ou tout autre domaine ? L'avenir proche va nous le dire. Mais d'ici là, le couple Merkel-Von der Leyen (son ancien ministre de la Défense) va avancer ses pions sur l'échiquier vers le "pat" !

Pour faciliter la passation de pouvoirs à New York il est utile d'amoindrir les capacités de souveraineté de la France en usant ses forces. La France est engagée partout sur l'ancien empire (Levant, Afrique, outremers). Les opérations sahéliennes qui ne parviennent pas à réduire la ressource des ennemis sont sans fin et la France s'y épuisera ou perdra la face. L'autre angle d'attaque est la collaboration industrielle. Les ministères de la Défense ont décidé de construire en commun le char lourd du futur MGCS (Main Ground Combat System) chez KNDS* et le chasseur-bombardier du SCAF (Système de combat aérien futur). L'ombre portée de la puissance industrielle allemande, qui a déjà montré son expertise dans la série des chars Léopard (6869 exemplaires produits !) et s'est fait la main sur le Typhoon d'Eurofighter GmbH (683 exemplaires produits chez Airbous), va ringardiser l'industrie d'armement de l'Etat français qui jusqu'ici avait surtout produit des "invendables". Le seul concurrent sérieux dans l'industrie d'armement (avec l'Italie) va se retrouver sous une tutelle qui ne dit pas son nom : les capacités de productions, le cash-investissement, les canaux d'exportation ne sont pas comparables, et comme dans toute entreprise, c'est celui qui vend le plus qui parle le premier et le dernier, on peut prévoir une revanche allemande sur l'histoire.
* Krauss-Maffei Wegmann + Nexter Defense Systems


Si au prestige industriel indéniable de nos voisins, s'ajoute une capacité dissuasive extorquée aux forces stratégiques françaises, la puissance accomplie de la belle République pacifique la désignera pour succéder à la France seule dans le fauteuil "européen" du Conseil de sécurité, en tout bien tout honneur avec la collaboration des vingt-cinq autres Etats membres afin de ne pas provoquer les pays de l'Est et la Russie. Il y faudra du temps et beaucoup de savonnage pour astiquer la plaque onusienne mais Berlin y arrivera, si en même temps les Français persistent dans l'erreur socialiste qui les appauvrit, les affaiblit, les laisse à la merci de pays riches. Il semblerait que ce déclin ne soit chez nous combattu qu'en paroles et manipulations statistiques. Depuis deux ans et demi on ne voit rien de décisif sauf des proclamations parfois tempétueuses mais vite remisées.

Notre thèse pourrait être qualifiée de complotiste en ce qu'elle est développée sur des indices et n'a pas donné lieu à des synthèses produites par le principal intéressé qui la confirmeraient. Mais si l'intention allemande était bien de revenir dans le Top 5 des puissances à la faveur d'une mainlevée américaine, c'est bien ce protocole progressif d'une totale suprématie européenne qu'elle devrait suivre.

dimanche 9 février 2020

Dac !

En ces jours de grand tumulte où chacun renvoie son prochain à ses racines, il est rassurant d'écouter pour le quarante-cinquième anniversaire de sa mort, la reprise de volée de Pierre Dac au micro de Radio-Londres contre l'orateur vedette du régime de Vichy, Philippe Henriot, qui lui déniait tout patriotisme au seul nom de son nom.
Sans être aborigènes comme les Celtes de nos forêts, les Juifs sont une ancienne race de France héritée de l'Empire romain et qui prospéra avec des hauts et des bas dans le royaume pendant des siècles, puis sous l'Empire et la République, effaçant à jamais l'idée qu'ils puissent venir d'ailleurs, même si l'Eglise catholique ne manquait aucune occasion de leur imputer le Cruxifié du Golgotha, sans le supplice duquel elle n'aurait jamais existé !
Mais le sionisme du vingtième siècle ayant rattaché les communautés israélites (et les juifs hors-communauté) au projet israélien, les fils de Sem se sont retrouvés ensouchés en Palestine, et contre leur gré pour certains. Le retour aux sources a recréé des amarres qui avaient disparu depuis vingt siècles même si Jérusalem est toujours restée la cité mythique ! S'il avait vécu jusqu'à nous, Pierre Dac aurait fait un sketch excellent sur le sionisme obligatoire sous peine de poursuites !

A la fin de l'envoi, Dac souhaitait une bonne fusillade à Henriot. Six semaines plus tard, en juin 1944, il était tué dans les locaux du Ministère de l'Information à Paris par un commando FFI. Le régime lui fit des funérailles nationales très courues sans que l'on sut pourquoi tant de monde était venu, saluer l'orateur lâchement assassiné ou féliciter les FFI de leur audace. Des messes d'anniversaire seront dites à Paris chaque 28 juin jusqu'aux années 70 et une plaque orne sa tombe avec des mots dont l'ironie a échappé à ses amis : Passi Pro Veritate Patriaque. Les cendres d'André Isaac nous attendent au colombarium du Père-Lachaise depuis 1975. Passez-y rire un peu !

samedi 8 février 2020

La Bombe européenne

Ce vendredi 7 février, le Président de la République a prononcé un grand discours sur la stratégie de défense et de dissuasion devant les stagiaires de la 27ème promotion de l'Ecole de Guerre. Le texte est sur le site de l'Elysée. Dans cette longue adresse polémologique à la Nation, qui a le mérite de cadrer la politique de défense française, M. Macron explique que la protection des citoyens, des territoires et l'existence même de la nation sont les objectifs de notre force de frappe dotée du strict nécessaire, Forces aériennes stratégiques et sous-marins lanceurs d'engins. Sauf que dans un protocole de dissuasion nucléaire, ce ne sont pas les ogives qui comptent ! L'arme n°1 c'est le Président lui-même.


Comprenons-nous bien, toute la dissuasion nucléaire est fondée sur la certitude donnée à l'ennemi que le chef de l'Etat disposant de ce recours ultime décidera dans le silence de sa méditation de suicider son pays en tuant l'autre. Qui peut raisonnablement croire que la réplique fatale soit mise en discussion ? C'est bien d'ailleurs le gros point d'interrogation des pays d'Europe occidentale à propos de la réplique atomique des Etats-Unis pour les défendre : iront-ils jusqu'à détonner la bombe atomique pour contrer la vitrification d'un pays européen ? Les pays de l'ancien Pacte de Varsovie font semblant d'y croire et dans leur for intérieur pensent que la seule menace américaine suffira à bloquer l'ours russe sans qu'il soit besoin de larguer les bombes. Mais aucun d'entre eux n'accorde un effet similaire à la dissuasion française ; ils ont déjà donné et le laissent comprendre dès que Paris critique l'OTAN ou les Etats-Unis. La défense européenne est un leurre pour faciliter la carrière européenne de M. Macron, personne d'autre que lui n'y croit, n'en veut. C'est bien la preuve que son entêtement a une autre but.

De quoi participe l'européanisation de la dissuasion nucléaire française ? De la chimère carolingienne d'un surdoué aux épaules étroites qui n'en finit plus de croire en ce destin promis d'empereur sans titre ! En devenant un jour prochain le président de l'Union européenne, accomplira-t-il le vœu de Valéry Giscard d'Estaing ? Lui au moins avait travaillé son sujet et écrit toute la constitution fédérale qui lui allait comme un gant, tel Charles de Gaulle dessinant celle de 1958. Pourtant nul n'y croit hors de France, même si la Chancellerie du Reich a laissé fuiter son intérêt pour une participation dans le financement de l'arme.
Personne n'y croit : la dissuasion est un exercice éminemment solitaire qui ne peut se partager ni être mis aux voix autour du tapis vert, puisque la Mort est au bout de l'affaire.

mardi 4 février 2020

15è anniversaire de Royal-Artillerie


Aujourd'hui mardi, ce blogue monarchiste à spectre large fête ses quinze ans. En trois lustres, il a accueilli 1770 articles, et il tourne en roue libre avec un noyau de six centaines de lecteurs fidèles selon les statistiques, plus bien sûr le passage de chalands qui rendrait très fier celui qui ne sait pas comment ils sont comptés. Pour commémorer le jour de l'irruption d'un site non conventionnel dans le microcosme royaliste, j'ai choisi la voie la plus facile : reprendre un texte de Charles Maurras qui fut publié en pied de billet le 4 février 2005 pour adosser solidement l'aventure.

Tout ceci (voir le billet de positionnement du blogue) fut "découvert" par Charles Maurras qui de sa plume incisive traça les contours de l'épure comme jamais personne ne sut mieux le faire ensuite, l'autorité en haut, les libertés en bas :

« Il faut tendre à éliminer de l'Etat politique d'un grand pays tout élément de démocratie parlementaire et républicaine. Cet Etat politique doit être indépendant. Cet Etat politique doit être « absolu », mot qui signifie indépendant en latin, et qui doit être répété, dans son sens, par tous les esprits sains qui, n'étant pas malades, n'ont pas la peur des mots, qui est une maladie. Il y a des questions qui ne peuvent être réglées sans une indépendance souveraine : là, le chef de l'Etat politique doit être un souverain indépendant, donc absolu.
Mais il faut tendre à éliminer de la vie sociale tout étatisme. Il faut constituer, organiser la France, ou plutôt la laisser se constituer et s'organiser en une multitude de petits groupements, naturels, autonomes : véritables républiques locales, professionnelles, morales ou religieuses, d'ailleurs compénétrées les unes par les autres, mais se gouvernant par libres conseils spontanés. Le parlementarisme, expulsé de l'Etat central, peut se réfugier dans ces Etats inférieurs, à condition que l'Etat central soit demeuré le maître de la diplomatie, des armées de terre et de mer, de la haute police, de la haute justice, et soit assez fort pour veiller de haut à toutes les fonctions d'intérêt général.»


Un air de trompe pour souffler les bougies ? La Rallye Garenne d'Anjou :


Courtoisie Chasses-du-monde.com
Le Rallye Garenne d'Anjou est un des équipages de vénerie du Maine & Loire. Il chasse au beagle sur lapin.



Quinze ans de production par libellé (le dernier chiffre indique le nombre de posts - le tableau n'est pas responsif) :

111117 13 mai4 13 novembre4 19681 1million5 201238 201746 20201 20221 20271
64 6-février10 9116 Académie française1 Actu296 AELE2 AF59 AF200043 AfD1 Afghanistan29 aficion2 africaworks1 Afrique44 agriculture9 Algérie18 Allemagne42 Alliance13 Amassada2 Aménagement du territoire8 anarchie17 Ane du roi5 Antilles2 antisémitisme1 AR49 Arabie6 Aragon1 aristocratie7 armée15 Artillerie4 Assad2 Assises8 assomption2 astrakans2 atom1 Audace1 australie1 Azawad1 bagnoles9 Baltique1 banlieue8 banqueroute11 Barbanès1 Barkhane1 Barlow1 batellerie1 beauté1 Beltrame1 ben Laden5 Berlin1 Bhoutan1 Bien commun1 Biennale1 biocarburant1 Birmanie1 blog36 blues4 Bonnard4 bouddhisme5 bouquins20 bourbon18 Boutang2 Bouvines3 Boxing1 boycott3 Brasillach1 Braxtons1 Brel1 Brésil1 Brexit16 Bucentaure1 Buisson1 Bulgarie1 Bush3 Calais1 Cambodge2 camions1 canards1 cantonales4 Caracalla1 Carillon1 carlisme3 carrefour1 Catalogne13 cathares5 catholicisme3 Caucase1 Céline2 char1 Charles X3 chasse3 chauprade4 cheval1 chine79 Chirac1 Chouans4 chrétienté6 civilisation10 classiques1 climat1 CMI2 cmrds39 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