vendredi 13 juin 2008

Une presse de sansonnets

J'observais hier matin un essaim d'étourneaux au-dessus de la Seine. Leur capacité de vol en formation serrée est impressionnante, un véritable exercice de voltige à plusieurs centaines ; le nuage d'oiseaux ne se défait jamais. Connivence coercitive.

vol d'étourneaux
Au même endroit hier soir, des centaines d'hirondelles chassaient bas à cause du temps lourd. Elles volaient en tous sens dans un grand désordre sans se percuter, et prenaient des virages à angle droit derrière leurs cibles. Anarchie régulée.

La presse française est un vol d'étourneaux ...

Je suis depuis quelques temps la « cabale Enderlin » par le blogue d'Yvan Rioufol (s'il n'en reste qu'un, je serai ce Mohican-là !). Pour les termites de la Cause, je résume : Charles Enderlin, correspondant permanent de FR2 en Palestine, a adressé un reportage à la chaîne montrant l'abattage dans les bras de son père d'un enfant palestinien de 12 ans par l'infanterie israélienne, le 30.09.2000.
Tout laisse croire – y compris un examen minutieux des rushes - que le reportage a été bidonné par le caméraman palestinien, membre lui-même du Fatah, Enderlin n'étant pas sur le lieu même de la prise d'images. Cela ne serait pas si grave, mais la diffusion de cette séquence a déclenché la seconde intifada, et le journaliste Daniel Pearl, décapité en Afghanistan, portait sur son cadavre la photo de l'enfant mort.
affiche al duraLa dénonciation de la supercherie par l'agence de notation Media-Ratings dirigée par Philippe Karsenty, a dressé la profession dans son entier contre un crime de lèse-majesté pour lequel les assignations ont plu. Déboutée en première instance, la corporation fait appel. On soupçonne plus facilement de dépucelage une moukhère de Lille qu'on ne brade la vertu de la classe médiatique. Ils font bloc comme les étourneaux ! Même Régis Debray s'insurge contre "l'insulte" à ses pairs.

S'il en était besoin, la réaction corporatiste confirme ce que Jacques Attali dénonçait comme une « société de connivence et de privilèges » dans ses 300 décisions pour changer la France.

Cet épisode dans l'histoire sulfureuse de l'Ordre Médiatique (Pétain a oublié de le créer) est très justement synthétisé par l'un des commentateurs du billet de Rioufol : « Obnubilés par leur sentiment de supériorité et les idées qu'ils veulent imposer, maints journalistes s'écartent de leur mission et s'exposent ainsi aux compromissions dictées par leur nouvelle ambition : celle de faire triompher le monde dont ils rêvent, quitte à créer les événements ou les adapter, selon les besoins de leur cause, au lieu de les relater. Et dire que dans ce monde-là, ils seraient les premiers exclus pour ne pas dire plus. » (L'Expatrié – 13.06.08 – 5:40 – commentaire/blogue)

Quelles sont donc nos chances d'accéder à l'espace médiatique pour « vulgariser » l'offre monarchiste ? Nulles par le canal historique ! Du moins tant que nous ne faisons pas l'actualité mais nous limitons à la commenter, épisodiquement. Nous ne perçons qu'au niveau des ouvrages historiques et des thèses universitaires, et toutes les conférences de débat-vente ne parviennent pas à insinuer le début du commencement d'une réflexion royalisée dans l'esprit citoyen, celui qui sera convoqué un jour à nous dire que nous avons raison.

Nos éditions de périodiques ne me semblent pas très percutantes, et me donnent l'image de chaufferettes pour les coeurs chouans qui saignent. Par contre leurs livraisons sont remarquables sur le plan historique et sur les analyses de fonds de notre société. Hélas, d'avoir raison sur la connaissance du fond sondé ne fait pas avancer le navire, c'est juste une ligne dans le journal de bord.

kiosque de presse à paris

Sommes-nous condamnés à la crypte parce que nous n'accédons pas aux médias ? Oui ! Du moins tant que nous n'aurons pas mis au point un plan professionnel de propagation de nos idées, de la vraie propagande. Peut-on en parler ? A voir la énième guerre à l'Action Française, il semblerait que cela soit très difficile, jusqu'à se demander si l'axe d'effort désigné est réellement la conquête des esprits ou la commémoration un peu triste d'une conquête inachevée avant la Seconde Guerre mondiale ! Cela commence à faire loin !
Prenons le champ médiatique comme il est organisé par la corporation des journalistes et, comme au judo, essayons de profiter de ses lignes de forces plutôt que de dénoncer ses faiblesses :

La presse est moutonnière : une actualité bien construite et valorisée sur un seul grand média va se diffuser. Nul doute que la présence hier à l'Elysée de l'aîné des Bourbons à la remise de la croix d'officier de la Légion d'Honneur au père médiatique de La Morandais, a été notée et diffusée, ne serait-ce que par la participation de l'abbé à certains émissions un peu sulfureuses du PAF. Le Figaro du week-end a fait une brève avec photo dans sa rubrique des « Confidentiels ».

La presse est paresseuse : les Editions Perrin ont lancé le dernier bouquin de Daniel de Montplaisir sur le Comte de Chambord chez un joallier de la place Vendôme :
« Le présent ouvrage dissipe le mystère politique et humain. Mais l'héritage du dernier monarque continue de planer comme une ombre sur l'histoire de France. » Duc d'AnjouEn contrepoint de quoi elles invitent le Duc d'Anjou, héritier dynastique du Duc de Bordeaux, à y venir aussi. La chaîne du service public FR2 fait un court reportage mais très construit pour son journal de 13-heures hier, évoquant la querelle Bourbons vs. Orléans avec un peu d'humour et laisse parler Louis-Alphonse de Bourbon. Les Editions Perrin et le secrétariat privé du prince ont mâché le travail. Même le webmestre du site officiel du Comte de Chambord, l'ami Lamy, fut convoqué, s'il y avait eu des questions noiseuses !

La presse est irritable :
inutile de l'agresser avec des slogans éculés la dénonçant, du moins si l'on veut faire parler de soi. Il faut savoir brosser dans le sens du poil pour laisser passer les idées. Surprendre aussi.
Il est dommage que le blog de campagne présidentielle d'Yves-Marie Adeline ait été fermé, car il contenait les reportages et permettait de comprendre son angle d'attaque, et les améliorations possibles.

Quand décidera-t-on de faire du chiffre ? Pour pénétrer les consciences, étudions bien ce vol d'étourneaux et évaluons les meilleurs vecteurs possibles.



armes de France

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mercredi 11 juin 2008

Action française, le débat

lis AFNe dites pas à ma mère que j'écris dans l'Action Française, elle me croit pianiste au Figaro ! Naïf comme toujours, j'ai été surpris d'apprendre que des contributeurs importants à l'AF2000 étaient du club "Le Masque et la Plume".
Que les Fils de la Lumière s'assemblent dans des loges cadenassées, participe de la décoration nécessaire au recrutement. Qu'un journal politique prétendant au kiosque mime la discrétion ravageuse d'un réseau trotskyste en souvenir de condamnations anciennes, fait sourire. Celles-là étaient motivées par les masses assez considérables que le dit-organe pouvait à l'époque mouvoir sur l'espace politique en cours d'épuration. Que reste-t-il du "moment" de levier aujourd'hui ? Rien !
Pourquoi dès lors serait-il dommageable pour des carriéristes de participer à l'école de pensée au grand jour ? Parce que la ligne éditoriale est sulfureuse ? Parce que l'image laissée au titre par le grand aîné est "mal comprise" ? Parce que la queue de trajectoire paraît ubuesque aux quelques uns du commun des mortels qui s'informent ? Vous n'y êtes pas ! ...

Vous ne pouvez soutenir une carrière légitime au travers des arcanes du pouvoir, par exemple universitaire - mais le pouvoir politique ou médiatique est aussi à portée - en brandissant la carte de chef de rubrique à l'Echo International de Pont-les-Bains !
L'échec en presse, s'il n'est pas assumé, compris, utilisé pour rebondir, est terrible dans ses effets. Malheur aux petits, aux vaincus quelque soit leur talent.
Or la parthénogenèse régulière de l'Action française depuis la Libération a divisé la population des sympathisants et militants politiques sans que jamais le stock ne s'accroisse, ni que l'un des avatars parvienne à tuer l'autre pour reprendre à son compte les quelques effectifs convaincus ; ce afin de livrer un jour la bataille d'opinion, nom de dieu, de manière professionnelle ! Hélas, il ne s'agit une fois de plus que de rassurer ses fidèles, pas d'en recruter. Qui se pose la question de la descente aux enfers ?

couve d'Aspects de la FranceJe n'entrerai pas dans les détails de La Querelle* qui oblige à une nouvelle division de l'infiniment petit, entre les oulémas d'un coran anachronique d'une part, et les jeunes turcs qui cherchent à s'arracher aux sables mouvants, de l'autre. J'ai lu le nouvel Aspects de la France et j'ai été quelque part déçu. Non par le titre de voyagiste, il avait été abandonné pour son côté "affiche du PLM", ni par la maquette rustique, mais par le contenu.
Certes je ne suis pas sur la même ligne éditoriale que les rédacteurs du CRAF, qui à mon sens s'enferrent dans une dialectique bouchée par la théorie du coup d'état ; mais déçu par la déconnexion avec le phénomène "actualités". Ce premier numéro pourrait être daté entre 2000 et 2010 sans que l'on s'en aperçoive.
L'édition est accessible en ligne en cliquant ici.

Bien sûr, le format bimensuel est le plus mauvais qui soit. Outre le fait que les dates de parution ne soient pas mémorisables sauf par les militants, il est toujours en retard d'un train, ne colle pas aux excitations populaires, et si l'on privilégie la réflexion critique, n'a pas non plus l'épaisseur d'une revue de fonds comme Les Epées pour ne citer que celle-là. C'est le canard boiteux. Le minimum est une parution hebdomadaire. Si l'on ne peut la financer, il vaut mieux chercher des mécènes ou des moyens d'y parvenir et attendre, plutôt que de répéter l'erreur.

Il y a maintenant la question du contenu.
La limaille des diverses contributions, annonces, critiques, sauf les mots-croisés, doit être orientée par le même champ magnétique, avec peut-être la soupape de respiration d'une "tribune libre". Pour le moment les jeunes turcs n'ont pas livré leur déclaration de politique générale et nous ignorons donc la queue de trajectoire privilégiée. Laissons-leur le temps !

paquet de journauxQuand bien même le dossier sur le fascisme sous l'angle allemand soit remarquable, je doute un peu qu'il éveille la curiosité de nouveaux lecteurs, l'AF étant suffisamment jugée "fachiste" par l'opinion désinformée. Inutile d'expliquer. Ne cherchons pas demain à expliquer non plus l'antisémitisme de Charles Maurras et de Georges Bernanos. Nous savons déjà tout sur le maréchal Pétain, qu'il repose en paix et hors des colonnes du journal. La coupe des connotations destructrices de lectorat est pleine. Il y a tant à faire à se projeter vers demain que giberner dans nos désillusions achèvera de nous marginaliser encore plus jusqu'à la cendre des souvenirs.

L'éditorial de Philippe Champion est une critique immanente du Mammouth ; je ne sais pas si la République est partie prenante "es qualité" au débat, mais le sujet a trois mois de retard. On me dit que tout fut rédigé à la hâte.

En revanche l'article de Naudin sur les oukases de Barroso m'a beaucoup intéressé. Le président de la Commission est une enclume qu'il ne faut pas laisser refroidir car c'est un fédéraliste intransigeant et borné, prêt aux manoeuvres les plus lâches pour valoriser son karma personnel au faite de l'Europe (cf. sa campagne d'Irlande). Je souhaite que Belfast lui fasse la nique demain.

L'annonce d'un "six-février" prochain m’a beaucoup fait rire quand j'observe le désintérêt tranquille de mes concitoyens pour les catégories professionnelles touchées par le choc pétrolier. Il faut dire que la banalisation du mécontentement corporatif émousse l'attention publique. Les grévistes sont discrédités par les dispositifs de service minimum et les manifestants gras du bide, d'éternels braillards assimilables aux artificiers des cités interdites. La priorité est aux vacances et à leur organisation minutieuse. Même le dynamitage des 35 heures ne fait pas recette !

chemin du roy, nouvelle franceTrès bonne note de situation sur le Liban. Je ne sais pas si la retenue des Chrétiens dans l'affrontement entre le pouvoir légal et les deux milices chiites leur portera chance. Au moment des élections législatives de 2009 qui mesureront démocratiquement l'influence de chacun, la diplomatie des Etats-Unis d'Amérique aura été réorientée. Je parie sur Obama. On pouvait signaler que l'armée est soumise au clanisme comme toutes les armées arabes, et qu'elle n'est pas une sûreté pour le pouvoir mais un acteur imprévisible dans le champ politique.
Le reste de la livraison est commémoratif. Concernant le Québec, nous saurons une fois prochaine pourquoi les troupes de Rochambeau n'ont pu récupérer la Belle Province après la capitulation anglaise de Yorktown. En attendant, c'est une bonne nouvelle que le Duc de Vendôme soit invité officiellement par le gouvernement du Québec.

Tant que les monarchistes n'auront pas décidé de "vendre le roi" mais se dresseront sur les ergots de leurs certitudes institutionnelles sans jamais les vulgariser, ils formeront un cénacle riche en controverses intellectuelles, en supputations uchroniques, en prospective fondée sur la légende d'Arthur, mais un "parti politique", point !

La monarchie est une conquête, pas une réflexion !


Note militaire :(*) la querelle se livre ici et sur commentaires, ; la bataille des communiqués, ici.



3 lis de mer
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lundi 9 juin 2008

Le roi sur les cendres

louis 6« Citoyens, on vous a raconté que nos rois étaient des monstres : il y eut parmi eux, il est vrai, des hommes faibles, peu intelligents, plusieurs médiocres, débauchés, et peut-être deux ou trois méchants. Il y en eut peu qui fussent des hommes re­marquables, la plupart furent des hommes d'intelligence moyenne, et consciencieux. Regardez leur œuvre : c’est la France. Et je dis au Roi : Parmi la série de vos ancêtres, ne regardez ni Saint Louis, ni Henri IV, ni Louis XIV. Regardez le bon roi Louis VI. Il abattit les barons brigands, il transforma les bons barons en prévôts qui proté­geaient sérieusement le petit peuple de France, paysans et artisans, et il donna aux bourgeois des libertés sérieuses et étendues, mais préci­ses et réglées. Ce fut la besogne indispensable ; elle rendit possible les gloires séculaires. »
(Frédéric Amouretti, 1896) ...

A la fin de l'Ancien régime, cette Nation patiemment construite était un colosse, même si son Etat central était par éclipse impécunieux pour diverses raisons. Il en faudra des ambitions politiques personnelles, des saccages, des guerres pour abattre la France. Premier acteur mondial des échanges avec un commerce extérieur au niveau d'un milliard de livres, comme le laissait Louis XVI, la France ne retrouvera pas cette dimension avant le Second Empire (lire Commerce et Prospérité de Guillaume Daudin au PUPS). Pareil pour le niveau général d'instruction !

malplaquet
En 1789, on avait oublié les fondamentaux :
Les substrats francs et gaulois du pays interdisent certaines aventures. La révolution est la pire car "ce peuple est terrible" disait un courtisan à Louis XVI. Si le Gaulois a mis au pot commun son indiscipline créative, un individualisme forcené, le système D, la furia francese et le bien-vivre, le Franc a apporté le "projet commun", l'utilité du chef, la force organisée et l'impassibilité sous la charge. Par le liant de la civilisation romaine qui a rajouté le codex, l'amalgame a précipité en quelque chose de spécial, une idée unique : la France.
Tant qu'elle reconnut son chef, ses codes, et aussi longtemps qu'il fut possible de canaliser le foisonnement gaulois, elle monta en puissance grâce à la diversité de ses terroirs et malgré leur dispersion. La "race" était active, conquérante, inventive, rebelle, militaire et intellectuelle à la fois. Mais surgit un jour le venin de la social-démocratie dans le corps des "droits de l'homme" : le bonheur égalisé maximum, la sécurité assistée, la subrogation de l'Etat-assureur dans tous les champs de risques y compris l'entreprise, jusqu'à celui de l'ultime fin : mourrez, nous nous chargeons du reste. Il est un mot plus court : castration !

Au moment du plus grand défi qu'ait jamais affronté la France - elle est au seuil de disparaître comme état-nation -, la "race" n'en est plus une. Sur ce territoire encore porteur d'un grand avenir, elle est remplacée par la liste des numéros de sécurité sociale à douze chiffres de ses soixante millions d'administrés. Lire la presse convainc que le peuple, l'un des plus riches de la planète, craint de manquer : A quand les cyclo-pousse ? Ma retraite ? La baguette a augmenté !

une émeute
Le président Sarkozy pense que ce n'est pas le cas ; qu'elle existe toujours cette "idée France" mais combattue pied à pied par les catégories protégées qui se sont retranchées dans tous les chapitres de son Etat. La population en tranchée est en tel nombre qu'il ne peut suffire de la réduire autoritairement par compartiment ; il faut ruser, il faut la saper et la discréditer pour libérer le Gaulois qui sommeille en chacun et inventera nos lendemains. Si c'est un Hongrois qui nous le dit, pourquoi pas ?
Certains ont déjà compris que le modèle de la social-démocratie était toxique. Ceux-là s'expatrient vers des pays libéraux adeptes d'un certain capitalisme sauvage. C'est bon signe pour la santé de la "race", sauf que ces saines mentalités nous font gravement défaut, car c'est le haut du panier qui part désormais, contrairement à l'époque coloniale où c'était le fond.

Sarkozy de dosLe président actuel n'a pas le charisme suffisant pour convaincre, et cultive une image de ludion qui énerve. Aucun président de la République n'a jamais retrouvé la légitimité naturelle qu’apportaient la vieille monarchie et l'autorité naturelle qui en découlait. Même Charles De Gaulle qui s'en était le plus approché, n'a bénéficié de cette reconnaissance que le temps de nettoyer les écuries d'Augias ; la paille enfin propre, il fut mis en ballottage à l'élection présidentielle de 1965 ! La social-démocratie totalisa 47% contre 45% au président sortant, pourtant rénovateur des institutions pourries. "Vive ma mort" criait le peuple sans s'entendre. Le mal se diffusa alors rapidement et Valéry Giscard d'Estaing gagna 9 ans après sur un slogan racoleur qui fit mouche chez les indécis : "Je viderai le Programme Commun de sa substance". Le socialisme n'a été stoppé qu'en mai 2007, mais le pays est cliniquement mort.

Que faire ?
Tant que le pays réel n'aura pas touché du doigt à se le faire couper net que la civilisation socialiste est un venin indolore conduisant à une mort douce mais sure pour nos enfants, rien ne sera possible.
Si le service de la Dette explose, l'épargne populaire sera séquestrée par emprunt forcé, un quart des fonctionnaires sera mis à pied avec de modestes pensions de survie, les délégations de paiement seront diminuées des trois-quarts, les caisses primaires de sécurité sociale cesseront leurs remboursements fin novembre et les soldes ne seront pas reportables, toutes les pensions de retraite subiront un abattement "national" de 20%, les indemnités de chômage seront forfaitées sans tenir compte des revenus antérieurs et les enfants seront conditionnés à émigrer. On coupera la clim dans les hospices, les pauvres seront morts.

MishimaDans le concert des lamentations, devra alors surgir l'offre monarchiste si tant est quand même que le champ médiatique ait été largement ensemencé afin de l'acclimater auparavant dans les consciences citoyennes. Pour le moment, après soixante ans de militantisme sûr de soi elle n'a émergé nulle part, à se demander s'il n'y a pas un problème de langue ou de voltage ! Quoiqu’il en soit aucun chef royaliste n’a commis le seppuku. Ça tue plus sûrement que le ridicule.

Quelle est-elle ?

Pour moi c'est clair et compréhensible par tous y compris les non-initiés :
« L'effort qui est demandé à tout un chacun afin de relever le pays mis sous tutelle du FMI pour manger du veau aux hormones de Chicago, exige une constance d'axe et la vertu de justice quant à la répartition minutieuse de l'effort national.
Le système d'alternance démocratique qui, sans le vouloir, nous a conduit au désastre, changeait d'axe à chaque législature et les catégories ponctionnées une fois prenaient leur revanche ensuite.
Un pouvoir suprême fixe, intègre et juste est la seule solution qui nous débarrassera du proconsul international installé à l'Hôtel de Lassay. Elle a marché pendant mille ans, faisant de la France la première puissance commerçante du monde au XVIII° siècle et la référence intellectuelle universelle jusqu'en juin 40.
Les pouvoirs publics actuels ont convoqué très souvent l'Ancien régime et ses "quarante rois" à la décoration de leur succès éphémères. Ils ne leurraient personne mais reconnaissaient en creux des mérites oubliés.
Nous retrousserons maintenant nos manches pour un roi et pour nos enfants, pas pour nous-mêmes car nous avons trop revendiqué et pas assez servi (humour). » (musique de la Marine - c'est à côté) ...(Catoneo au balcon du Crillon le 29 septembre 2012 sous la pluie).

Comment ?
Une monarchie du type des monarchies du Nord à laquelle on remettra ce qu'il reste du domaine réservé gaullien, à charge pour elle de le reconstruire. Ce domaine régalien retiré à la controverse permanente, sera complété de la justice et de la sûreté intérieure pour que les conditions de vie publique soient uniformément réglées.
Au-dessous d'elle, la bureaucratie sera licenciée jusqu'à ne garder que les services vitaux, et l'anarchie policée et libératrice de la créativité sera centrée sur les communes qui seront abonnées aux crédits budgétaires des régions, lesquelles seront taxées par le gouvernement central pour services rendus du domaine régalien.

Qui ?
Facile : la vieille monarchie avait ses lois successorales dont la première était le droit d'aînesse. Elle en vaut d'autres et nous suffira !
Laquelle des chapelles royalistes viendrait propager une offre politique sur ce schéma, c'est-à-dire préparerait une restauration plausible au XXI° siècle sur un concept simple, déroulé pour un pays réel et non rêvé, sans attendre Godot qui ne dit toujours rien et dont l'opinion importe moins que le principe revenu ?



lis de florence rouge
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samedi 7 juin 2008

La fin du rêve américain

Finalement l'Histoire n'aura pas de Fin, la planète bisounours des wilsoniens et des Nations Unies aura peut-être explosé avant que la déesse de la Démocratie ne règne universellement sans reproches ni murmures de l'est à l'ouest de l'Île de Fer sur 360° de longitude.
Les hommes foisonnant à milliards régresseront au statut néandertalien vers la Guerre du Feu, du moins les mutants seront-ils des millions de fois plus nombreux que les sapiens sapiens, en application de la loi Sevran qui énonce que les plus pauvres sont toujours les plus multipliés.

champignon atomique
En attendant Soleil Vert ...

... il faut que vivent les think tanks de stratégie, qui nous promettent la même chose mais bien plus savamment : la planète retourne au XIX° siècle. Et de nous expliquer par le menu que les empires vont s'allier jusqu'à ouvrir les hostilités pour le partage des énergies et matières devenues rares. Il est fini le temps des pays petits et moyens, sauf pour eux à faire où on leur dit de faire.
C'est Robert Kagan, néoconservateur helléno-américano-belge, qui publie ces temps-ci "Le retour de l'Histoire et la fin des Rêves" en contrepoint du célèbre "La fin de l'Histoire et le Dernier des hommes" de Francis Fukuyama (1992).
Est-ce le désastre démocratique en Mésopotamie qui lui fait abandonner la théorie de soigner les cons par le développement ? Les avions d'al-Qaïda avaient été lancés sur New York, disait Paul Wolfowitz, par la crasse gouvernementale arabe. Ou bien, a-t-il assimilé que les projets planétaires les plus nobles sur l'échelle de valeurs américaines étaient systématiquement contrariés par deux empires qui se partagent tout l'arc septentrional eurasien, j'ai nommé la Fédération de Russie et la Chine, amis qui semblent passer leur temps libre à pourrir la vie tranquille de la Pax americana.

parade 2008 à Moscou
Le choc des civilisations est enterré - il ne s'est pas produit - alors passons au choc des continents. Les démocraties contre les autocraties. Deux blocs sont donc en phase de constitution :
Au nord, de Mourmansk à Vladivostok, l'alliance d'intérêts des empires russe et chinois augmentée du cordon sanitaire de l'Asie centrale vassalisée dans le Groupe de Shanghai (Kazakhstan, Chine, Kirghizistan, Russie, Ouzbékistan et Tadjikistan), détenant tout l'espace entre le pôle nord bientôt libre de glaces et l'équateur au droit de Singapour puisque la Mer de Chine Méridionale est déjà sous la souveraineté chinoise exercée par une escadre puissante à demeure.
Partout ailleurs, l'alliance des démocraties qui veulent remonter la Grande Muraille contre les Huns, se consolidera entre l'Amérique du Nord, le Japon, l'Inde et l'Union européenne. Mais la dernière citée pose problème aux Américains.
D'abord elle n'est que la péninsule occidentale d'Eurasie et Franklin D. Roosevelt avait en son temps rêvé d'une simplification du futur en la donnant à Staline. Secondement elle n'a pas la cote dans les milieux néocons pour des raisons très anciennes.

tanks chinois
En fait, l’Amérique s’est toujours définie contre elle : contre l’Angleterre, contre l’Europe royaliste, contre l’Europe coloniale – quitte à oublier ses propres tentations -, contre l'Europe corrompue, contre l’Europe des totalitarismes et la pire, l'Europe de l'Holocauste. Puis le déclin du vieux continent venu, a émergé après-guerre l’idée d’une Europe dépendante, féminine, velléitaire et immorale, l'Europe amollie de la Guerre froide qui établissait des contrats de gaz avec l’URSS quitte à se lier les mains avec Moscou ; ce fut aussi la putain de la Détente, qui voulait s'entendre avec l'adversaire communiste au lieu de le combattre… (posture gaullienne).

parade navale nippone
Or, la nouvelle donne géopolitique fait que l’Europe tend à s’affirmer comme de plus en plus indépendante dans les enceintes décisives quand les Etats-Unis et le vieux continent partagent de moins en moins de fondamentaux communs (origine des menaces, multilatéralisme vs. unilatéralisme, supranationalitarisme…).
Le divorce probable est indéfiniment reporté parce que cette alliée riche et vermoulue n'est pas même capable de se défendre seule. Elle ne veut pas payer le vrai prix de sa sécurité, et in fine représente un lest mobile dans la stratégie future de l'Occident ? Sacrifiera-t-on la sûreté des Etats-Unis au sauvetage de l'Europe pacifiste décadente ?
J'entends déjà le candidat républicain McCain nous répondre que non !

croiseur indien
Mais le parti wilsonien n'est pas mort. Il est représenté par le candidat démocrate Barack Obama qui, s'il reste très américain dans la défense des intérêts propres à sa nation, partage l'approche oecuménique des Européens et des Japonais, et privilégie la palabre et l'imbrication des intérêts économiques pour préserver une bonne paix armée sur toutes les zones stratégiques du monde.

Le président Sarkozy, ami des Reaganiens, est sur cette ligne oecuménique. Mais d'un autre côté il tient au retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN sans qu'il en ait donné ses raisons et convictions intimes. Il ne sait pas trop où il habite. Pour ma part - et ça change tout bien sûr :) - je suis pour que cesse cette position immorale de profiteur typiquement gaullienne, un pied dehors mais un pied dedans au cas où.
Soit nous assurons nos alliés que nous nous battrons avec eux sans barguiner et pour cela nous retournons au SHAPE, soit nous avons des réticences quant à notre "indépendance de jugement" et nous nous retirons carrément de l'Alliance atlantique. Quelques pays européens n'y sont pas qui n'en sont pas morts : Irlande, Suède, Finlande, Autriche, Suisse, Lichtenstein, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Albanie, Monténégro, ...

Un autre motif de retour au SHAPE est la fin de l'américanisme. Les Etats-Unis vont affronter la crise systémique que Philippe Grasset décode très bien sur son site dedefensa.org, et chercheront à passer à d'autres certains relais moins essentiels pour la continuation du rêve américain, et l'Atlantique est à l'évidence devenu l'océan d'hier. Tout se jouera sur le Pacifique et l'Arctique. La péninsule européenne pourrait être "remise" à une coalition de forces aéro-navales européennes appuyant le choc blindé anglo-franco-allemand, sous réserve que l'ordre du jour soit bien l'attaque à outrance comme meilleure défense. C'est une question grave qui méritera un petit développement ultérieur.

leclercs français
Mais avant de prendre une décision, il serait réaliste d'attendre qui des deux candidats emportera la Maison Blanche, car la relation euro-américaine sera dans chaque cas différente, et de beaucoup.
Ne nous croyons pas non plus charbonniers-maîtres-chez-soi de notre sécurité souveraine avec un budget militaire inférieur au service de la Dette publique. La paix a son prix, nous n'assurons pas ! Trente ans de gabegie outrancière finissent pas se payer concrètement. Le second porte-avions est parti en fumée, ce n'est qu'un début, hélas.

A lire en français :
Justin Vaïsse, La croisade des néo-conservateurs, L’Histoire, février 2004
Robert Kagan, La puissance et la faiblesse, Plon, 2003
William Kristol et Lawrence Kaplan, Notre route commence à Bagdad, Saint-Simon, 2003



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jeudi 5 juin 2008

D-Day


Omaha Beach, Utah Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach : Clap de la 65è demain !

Demain claqueront au vent de la Manche les bannières alliées saluant les mânes des étrangers et français morts pour la France en Normandie.
Bien que toutes les unités ayant participé au 6 juin soient à l'honneur, nous nommons ici les unités amphibies qui les premières prirent pied sur les plages :
- Le US 116th Infantry Regiment et le US 16th Infantry Regiment, à Omaha Beach (St Laurent s/Mer). Les huit premières compagnies seront décimées.
- Le US 8th Infantry Regiment et le US 70th Tank Battalion de la 4th Division, à Utah Beach (Pouppeville).
- Le UK 6th Green Howards, le UK 4th/7th Dragoons et le UK 1st Hampshire, à Gold Beach (Arromanches).
- Le CAN Royal Winnipeg Rifles, le CAN Regina Rifles Regiment, le CAN 1st Hussards (50% de pertes pour les trois premiers) et le UK 48th Royal Marines Commando, à Juno Beach (Bernières s/Mer).
- Le UK 1st Lancashire (décimé), le UK 2nd East Yorkshire, le 1er Bataillon de fusiliers marins commandos Kieffer, à Sword Beach (St Aubin s/Mer, Ouistreham)
- Le US 2nd Rangers battalion à la Pointe du Hoc.

Le site de l'US Navy dédié à l'opération Neptune qui est l'action navale et appui-feu du Débarquement donne une tonne de détails intéressants pour caler le programme. Prendre sa journée et Cliquer ici.

croquis du débarquement
Ainsi commence le premier jour du retour des démocraties sur le continent, quatre ans après l'évacuation de Dunkerque. A la fin de ce mardi 6 juin, les Alliés ont prise sur le continent : Ont débarqué par mer 133000 hommes. S'y ajoutent 15000 Américains, 7000 Britanniques et 32 Français projetés au sein du dispositif adverse par 2395 avions et 867 planeurs. En dépit du Mur de l'Atlantique, plus de 155000 hommes foulent le sol de France après le premier jour de campagne. Les pertes éprouvées sont de l'ordre de 2500 tués au premier assaut sans compter les noyés, et 9000 blessés, plus un millier de disparus dont certains seront retrouvés les jours suivants.

Omaha
Quelques forces françaises ou composées de Français participèrent à l'opération Overlord mais sous commandement direct anglais ou américain. On doit quand même les citer d'autant qu'elles furent remarquables :
(1) Croiseur Montcalm, croiseur Georges Leygues refondu à Philadelphie en 1943, corvette anti-sous-marine La Roselys et torpilleur La Combattante (Glascow 1942), participent à l'Opération Neptune, sous commandement allié, Western Task Force.
(2) Escadrille Guyenne et Tunisie de bombardiers quadrimoteurs Halifax dans la 2nd Tactical Air Command.
(3) Groupe bombardiers légers de nuit Lorraine (342° French Squadron) sur bimoteurs Douglas Boston III, 6 avions descendus.
(4) Groupes de chasse sur Spitfire, Île-de-France (340° French Squadron) , Alsace (341°) et Cigognes (329°) du 145th Wing RAF.
(5) Commando Kieffer (178 h) appartenant au 8th Troop du 10th Allied Commando, qui portait son béret vert à l'anglaise - petit détail irritant - et qui finira la guerre sous commandement anglais à Flessingue (Hollande).
(6) 4e bataillon français du Special Air Service (SAS) qui parachutera 32 h. en Bretagne le 5.

Le Montcalm
Compte tenu de la position internationale de la France officielle depuis juin 1940 et de la prise en considération uniquement de fait de la France Libre, la France combattante du général De Gaulle était un mouvement et non un gouvernement allié reconnu, statut que recherchait précisément le Général, obsédé de politique. Le débat stratégique, on le sait, avait été depuis 1943 strictement anglo-américain : la France n’y occupait même pas la place de partenaire politique d’arrière-plan ou de référence comme Staline pour l’Union soviétique ; elle était un espace comme l’Italie ou les Balkans, estimé en fonction de sa position sur les théâtres d’opérations en Europe (source ISC). De Gaulle fut tenu à l'écart du Débarquement ; onze mois plus tard, un officier français servira de témoin "local" à la capitulation allemande de Reims où la France n'était même pas convoquée.

Douglas Boston III
Si les Français qui ont combattu se sont fort bien battus à côté des alliés sinon même individuellement dans les unités anglaises et américaines (on les a oubliés car ils dépareillaient la légende), l'effort de guerre titanesque a été assumé par deux pays qui parlaient la même langue. Pourquoi perdre des heures de disputes avec un général 2 étoiles sans commandement réel - l'Armée d'Afrique n'était pas à ses ordres - et qui énonçait des prétentions prématurées alors que GI's et Tommies continuaient à mourir au contact de la Wehrmacht qui, en deux mois et demi (6-6-44/21-8-44), perdra 340000 hommes dans la bataille de Normandie, dont 50000 tués indentifiés, 80000 blessés et 210000 disparus ; résultat obtenu sans épidémie de peste mais au prix de 209000 tués et blessés chez les Alliés ! Bilan global effroyable !
Avait-on vraiment le temps d'examiner les requêtes pressantes du nouveau chef français ? De Gaulle garda une dent aux alliés pour avoir manifesté ce pragmatisme anglo-saxon qui lui faisait comprendre qu'il ne pesait rien tant que la guerre ne serait pas terminée. Le général Bradley lui fit cadeau d''une libération prématurée de Paris par la 2°DB et basta ! Son orgueil incommensurable en souffrit et ses dons de metteur en scène dont on eut un échantillon au balcon de l'Hôtel de Ville de Paris, ne furent pas employés. Il se rattrapera plus tard.

mitrailleur allemand
Au même moment, d'autres aussi français que lui mais les pieds au sol (stricto sensu), jugeaient les choses avec réalisme. Ainsi le général de Lattre de Tassigny rappelait à ses commandants d’unités à la veille du débarquement de Provence, la dépendance logistique complète dans laquelle ils se trouvaient vis-à-vis des Anglo-saxons, et leur donnait pour instructions de suivre les directives et les ordres militaires alliés, obéissance et loyauté essentielles au succès de l’opération.

Finalement, pour des raisons relativement obscures, en 1966 en pleine guerre froide, le président de la République Charles De Gaulle retirera la France du commandement intégré allié, exposant son pays à l'aventure et au chantage. Nous n'y gagnâmes rien et les circonstances stratégiques qui suivirent ne permirent heureusement pas de tester la pertinence de cette rupture d'alliance. Les traces de ce refus de "combattre ensemble" demeurent depuis lors dans nos relations extérieures, elles s'appellent "The French Denial".
M. Chirac a fait une piqûre de rappel en 2003, pour "l'honneur" !

* Merci aux Alliés *
bannière des drapeaux alliés


A choisir un seul site en français décrivant la bataille de Normandie, je recommanderais Normandie 44. Pour la chronologie, celui-ci est bien fait.



pucelle Kieffer
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mardi 3 juin 2008

Forcer l'Afrique

affiche TICADSe réunit aujourd’hui à Rome la conférence mondiale de la FAO sur la crise alimentaire. On cherche 30 milliards. Ce qui nous intéresse, nous Européens, c’est l’impact de la crise sur l’Afrique. Son développement doit éviter la rupture des digues démographiques ; hélas l’Europe s’agite beaucoup en désordre, se chamaille en contemplant l’intrusion des puissances asiatiques sur le continent réservé, mais au final prend la remorque des grandes institutions internationales car elle n’a pas de plan. Le Japon a un plan qu’il travaille avec les Africains et l’ONU (PNUD) depuis quinze ans :
Tokyo International Conference on African Development.

La TICAD s'est réunie fin mai à Yokohama (Japon) comme annoncé dans un billet antérieur. Le plan d'action arrêté vendredi dernier est accessible en ligne (la version française sous .pdf).

Ils veulent mettre le paquet sur les infrastructures régionales de transport (routes et ports), sur les grilles de distribution stable de l'énergie électrique, sur l'irrigation. Le paquet est adossé à des banques régionales renforcées, ce qui est relativement facile pour le Japon qui avancera 4 milliards de dollars.
On note aussi une accentuation de la coopération Sud-Sud entre l'Afrique et l'Asie, déchargeant la vieille Europe.

En position 2, les actions de réhabilitation et promotion de l'agriculture n'attaquent pas la concurrence déloyale du programme alimentaire mondial au moment où tous luttent contre la pénurie de grains, mais l'on sait que celui-ci est maintenant sous surveillance, car c'est un destructeur d'avenir.
Un plan pour doubler la production de riz à vingt ans est lancé. Dans ce domaine aussi, le Japon sait faire.

Tout le reste, santé, gouvernance, éducation, participe du programme onusien Millenium (Millenium Development Goals) qui échoit en 2015 et dont l'avancement est mesuré avec précision.

Apparemment les débats étaient de bon niveau. La requête globale est strictement capitalistique, les chefs d'états africains demandant au Japon de rebasculer une petite partie de ses investissements asiatiques sur l'Afrique noire. Pour le moment ils sont canalisés sur l'Egypte et l'Afrique du Sud, dit en passant, deux pays sans pétrole abondant.

Mitsuhirato du Lotus BleuFini les incantations tiers-mondistes et les vibrations marxisantes, le pilote est un pays de pisse-froid sans idéologie qui compte ses sous et n'a plus rien à apprendre de personne. Un sacré chemin a été fait depuis le temps des icônes de la libération africaine, Lumumba, Nkrumah, Mengistu, Touré, Kabila, et … jusqu'à Mugabe, qui ont coulé le continent de manière grandiose.
La recherche d’efficacité est indéniable : on attire le capital souverain pour allécher le capital mercantile. On place le premier sur les projets longs à faible récompense financière directe pour laisser le second faire son beurre plus facilement et se multiplier en faisant des émules locaux. Le drame est qu’il n’existe que très peu d’entrepreneurs noirs africains. Ils vont dans les sciences molles, le judiciaire, la sociologie, la fonction publique, le commerce ou la musique, pas dans la sidérurgie comme le font par exemple les Indiens.

train en RSAQuestion timing, il est assez curieux de voir l'implication sérieuse du Japon dans le développement de l'Afrique noire, au moment où l'Europe s'invente des raisons pour "dynamiser sans frais" ses structures de coopération traditionnelles. La Françafrique, un temps vouée aux gémonies a été réhabilitée par le cabinet noir de l'Elysée, tout simplement parce qu'on ne sait pas faire autrement et ne dispose d'aucun moyen supplémentaire pour relancer une coopération lourde. Or le Japon n'est menacé en rien par le sous-continent noir sauf par contrecoup d'une faillite régionale. Encore y aura-t-il toujours moyen d'accéder aux mines ou aux plateformes pétrolières.

L'Europe, elle, peut s'inquiéter que les ravages de la misère ne rompent les digues démographiques si la destruction des terres arables se conjugue à la famine et si le renfort asiatique s'avère insuffisant. Hormis l'agitation peu crédible au Darfour et en Iturie, elle reste sur ses positions classiques et donne des cours du soir de gouvernance. Elle se vautre dans l’humanitaire à tout va mais à peu d’effet, une véritable fièvre blanche ! Nos sauveurs ne comprennent pas de se voir parfois barrer l’accès aux zones sinistrées, c’est pour eux un droit acquis. Sans ce droit, ils disparaîtraient des listes de subsides, dons et legs. Terrible !

enfants de Goma
Si la crise alimentaire éclate, les digues se rompront. L'émotion suscitée par les images des migrants noyés en mer, celles du Darfour prémonitoires de la catastrophe sahélienne, comme autrefois celles d'Ethiopie, obligeront les pays européens à ouvrir leurs frontières à leurs opinions domestiques qui comptent aussi de fortes proportions d'immigrés africains. Les drames vécus par les villages noirs, par les métropoles surchauffées d’émeutes et d’exactions, seront insoutenables sur nos écrans, et les belles résolutions de quotas ou d'immigration choisie s'envoleront à mesure que les sondages de popularité du pouvoir s'étioleront.
Il s'agira de solidarité humaine et du temps nos gouvernements n'en auront pas pour lancer un groupe de travail et tuer la question posée.

La question est à mon sens suffisamment toxique pour que, à défaut de disponibilités dévorées par la Dette et les avantages acquis des secteurs protégés, nous acceptions un forte baisse de notre niveau de vie afin de dégager les moyens d'un développement réel de l'Afrique noire, mesurable et visible par tous.
Et les autres me direz-vous ? Les sud-américains, les océaniens et même ...... les nord-africains ? Les uns sont bien trop loin pour entrer dans le champ de nos responsabilités, l’Afrique et l’Europe partagent le même quartier d’orange sur cette planète, les derniers ont des phosphates, du fer ou des hydrocarbures, et des fermes agricoles en bon état ; et surtout assez d'orgueil pour se débrouiller tout seuls.
Concentrons-nous sur l'Afrique noire et rajoutons notre contribution à celle du Japon.

Durban docks
Pour terminer, je ferais observer que les trois vieilles nations coloniales qui se sont longtemps maintenues en Afrique noire ont une longue expérience de cette zone d'intérêt et qu'elle peuvent identifier plus facilement que d'autres les freins au développement, quitte à les briser ensuite directement, soit par l'intervention innocente de tiers. Il faudra faire rentrer de force dans la calebasse les génies tyranniques et allumer la mèche.

C'est une sorte de guerre économique préventive que nous devons lancer contre la misère pour notre propre survie. Il ne serait pas extraordinaire qu'il y ait quelques pertes ciblées pour préserver le timing.


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dimanche 1 juin 2008

CMRDS 2008

tract lapin CMRDS
Comme chaque été depuis si longtemps qu'on ne les compte plus, l'Action Française monte son camp Maxime Réal Del Sarte pour accueillir les jeunes férus de politique et ceux qui veulent la découvrir avec un oeil neuf.
Ce n'est pas la énième université d'été d'une journée médiatique à la plage avec FR3, mais du 22 au 31 août prochain, 10 jours studieux au château de Lignières en Berry, propriété du prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme.
Quoi de neuf, docteur, pour 2008 ?

tract cybercruiser
Au programme, des conférenciers pointus dans leur domaine, des ateliers de militance, un peu de sport, beaucoup de discussions.
Une journée portes grand ouvertes le samedi 30 août avec table ronde, débats avec des écrivains, dédicaces et stands divers, déjeuner avec les princes, conférence de clôture "Vers l'indépendance", barbecue en musique et soirée dansante Black Velvet. Les non-inscrits s'acquitteront d'une participation au frais.

En prime pour cette année, close-combat olympique tibétain phase 2 au nunchaku d'Okinawa béni par un bouddha, et toujours l'inégalable camaraderie AF.

[la collection des intervenants est en cours, la liste n'est pas close au moment où nous publions ce billet. Nous y reviendrons.]

tract terre de champagne
Rejoindre le site est facilité par le covoiturage depuis quelques grandes villes françaises comme Aix-en-Provence, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Metz, Paris, Poitiers, Reims, Rouen, et par une navette à la gare de Châteauneuf-s/Cher. Détails sur le formulaire d'inscription.

L'inscription à prix canon jusqu'à fin juin est à télécharger ici en 2 pages. Plus tard, plus cher !

Un site complet sur tout ce que vous vouliez savoir sur le CMRDS sans jamais oser le demander, est dédié au camp : il suffit de cliquer sur la bannière chouanne en bas de cette page.

Le château historique de Lignières est accessible par ici.

prince SH de Bourbon-ParmeL'hôte de ces lieux est donc le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme de la lignée des ducs de Parme, qui détient ce château par succession de sa mère, Madeleine de Bourbon-Busset de la lignée des comtes de Lignières, branche des comtes de Busset descendant de saint Louis.

Son père (†1977) est François Xavier Ier de Bourbon-Parme, prince de Bourbon-Parme et Plaisance, roi titulaire d' Espagne sous le nom de Javier Ier selon la tradition carliste avec le titre usuel de comte de Molina. Il renonça à ses droits carlistes espagnols. Il descend du roi Henri IV et est inhumé parmi les bénédictins de l'abbaye St Pierre de Solesmes.

Lui-même, né à Pau en 1940, est prince de Bourbon-Parme, infant d' Espagne selon la tradition carliste et titré duc d' Aranjuez, sous le nom duquel il s'engagea dans la Légion étrangère espagnole en 1965, après des études de droit à la faculté de Clermont-Ferrand et à celle de Paris.

Un prince de traditions ; le mieux connaître à travers un entretien donné à Catholique & Royaliste.

tract PVLT



bannière accès site CMRDS

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vendredi 30 mai 2008

Pathologie révolutionnaire

couve du Cannibalisme de NghiemC'est un avis de conférence prochaine qui m'a intrigué : « La Révolution : une maladie mentale des peuples ? ». Le docteur Louis NGHIEM Minh Dung se fait fort de prouver que la révolution est une des pathologies des nations, leur Alzheimer peut-être ou leur schizophrénie. Diable ! J'ai voulu en savoir plus et je suis allé aux Editions de Paris qui publient ses recherches. Le résultat est à la hauteur de l'attente.
Nghiem a écrit, entre autres, les ouvrages de référence suivants, les liens vers l'éditeur sont dans les titres :
Cannibalisme révolutionnaire, c'est le sujet du jour ;
La royauté primitive : modèle asiatique, préfacé par Olivier Pichon ;
Les arts et l'équilibre mental ; cette apologie du Beau pour la santé mentale de l'espèce devrait être obligatoire au lycée...

Rappelons-nous que l'animal social appelé "homme" a survécu à l'Evolution dont la loi dominante est l'Extinction, par son réflexe grégaire et son agressivité primitive. ADN du lycaon ? Sans doute. Il doit être le seul à avoir réussi à tuer des mammouths pour manger.
Pour répartir la nourriture, les risques et les plaisirs, les hordes ont inventé la pyramide aryenne, la justice immanente cachée au ciel ou dans les enfers, et la discipline "faisant la force principale des armées (Soult)". Ces codes sociaux engendrèrent l'inhibition sociale, une sorte de paix mentalement armée qui sauve les apparences, jusqu'à ce que le cervelet du lycaon ne reprenne le dessus.

lycaons à l'affût
L'Histoire est bourrée de révolutions sanglantes. Ne dit-on pas que la pire des guerres est la guerre civile par le cortège d'atrocités qu'elle convoque à l'étanchement de la haine réciproque ? Quelques noms récents se passent de commentaires : Cambodge, Rwanda, Bosnie, Darfour,... (il y a des pointillés pour le futur).

Ne nous croyons pas nous-mêmes supérieurs. N'avons-nous jamais "rêvé" de tenir sous le feu d'une lourde Thompson nos ennemis politiques qui "exagèrent" dans l'outrance, le mensonge, la manipulation, la cruauté mentale ... ? Parfois l'inhibition tombe, on charge le camembert et on appuie sur la détente pour avoir l'enchantement du bruit, et accessoirement raison ! Ce n'est pas bien.

The Thompson
Pour vous faire à l'idée de notre fragilité génétique et préserver l'avenir, allez entendre le Dr Nghiem le 7 juin prochain à 20:00 au 174 rue du Fbg St Honoré à Paris. L'entrée est libre mais il faut s'inscrire auparavant chez Lys de France, l'organisateur.

Avec l'historien Ghislain de Diesbach de Belleroche que l'on ne présente plus - le régiment des Suisses de Diesbach devenu le 85° de Ligne (1690-1940) - vous vous poserez la question qui tue : « Pouvait-on éviter la Révolution française ? » ; à quoi les lecteurs du Royal-Artillerie formés à la polémique répondent déjà : "Oui, en la précédant !". M. de Diesbach auteur de nombreux ouvrages historiques mais aussi d'un Proust qui reçut en 1992 le Grand Prix de biographie de l'Académie française, a contribué au dernier Livre Noir de la Révolution Française.

Ces deux conférences clôtureront une belle journée Lys de France au Grand Palais, pour une visite guidée de l'Exposition Marie-Antoinette, flamboyante réhabilitation de la reine-martyr ordonnée par les conservateurs de musées, qui fait grincer bien des dents dans le camp des sans-culottes de l'université.

blason Lys de France
Inscrivez-vous rapidement pour cette visite de samedi 7 juin dont le rendez-vous est fixé à 15h30 au kiosque du métro Champs Elysées Clemenceau. Participation au frais : 22€ (adhérents LDF : 20€)

Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07


Lys de France, c'est bien !



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