samedi 29 février 2020

À la Saint-Oswald !


Pour franchir l'épidémie de Coronavirus chinois, il serait avisé d'apprendre à marcher sur la Lune puisque c'est la dernière station sur la route du paradis de Bételgeuse où nous allons arriver tous un jour, demain, dans quatorze, vingt-huit, cinquante-six jours ? jamais ? non ! la langue des mortels ne connaît pas "jamais". Ça nous fera un peu de rythme car, pour passer la Saint-Oswald une fois chaque quatre ans il faut, déjanter le pneu des conventions bourgeoises, des bagnoles impossibles, de la musique, même électronique, du malt à défaut de Coca qui fait grossir, des bikers revenus des enfers et Ladyva aux ivoires pour finir.


Après cette mise en jambe, nous évoquons la "bagnole ultime" - combien de temps encore ? - la voiture de la NASCAR, plus de 3 heures à 300km/h sur un V8 culbuté et boîte 4 manuelle. J'entends les evzones de l'Auto-Journal débiner une technique obsolète ! Le choix d'une technique ayant motorisé soixante années de production automobile américaine vise à limiter la course à l'armement et permettre ainsi à des écuries locales de concourir. Le moteur standard est un V8 aspiré de 5,9 litres à arbre à cames central qui envoie 800 chevaux et pousse jusqu'à 320 km/h (200mi/h) dans les 9000 tours/minute. On comprend que tenir 3h40 à cette cadence convoque une métallurgie de qualité et les moteurs ne sont pas stock contrairement à ce que dit la lettre "S" de Nascar ! Il s'agit aujourd'hui de la course victorieuse de Chase Elliot sur la Chevrolet ECR N°9 de Hendrick Motorsports au Superspeedway de Talladega en 2019. La prise, qui fait plus de trois heures, commence par un drapeau jaune et un passage au stand. Enjoy !


On finit la journée à l'apéritif. Français, nous tuons plus de deux cents millions de bouteilles de whisky par an. Le mieux n'est-il pas de le boire avec un connaisseur ? Il sait tout, de l'évaporation jusqu'aux trois gouttes d'eau qui développent l'arôme. C'est sérieux. Cheers !






Le 29 février on fête aussi saint Oswald de Worcester. C'est à l'origine un Danois né en 925, éduqué en Angleterre dans une famille d'ecclésiastiques, formé à l'abbaye de Fleury (Loiret). Abbé de Ramsey (Bénédictins), évêque de Worcester, il obtint l'archevêché d'York en 972 et rejoignit son créateur ce même jour de l'an de grâce 992. On lui attribue d'importantes réformes de la règle de saint Benoît, sous la férule de l'archevêque et conseiller du roi Edgar, le grand Dunstan de Cantorbéry.










ET VOILÀ, C'EST FINI !
À DANS QUATRE ANS...

mercredi 26 février 2020

Die eine heißt Veronika 
L'autre s'appelle Marie


La succession d'Angela Merkel tarde ! C'est le moins que l'on puisse dire tant la liquéfaction de la Chancellerie passe d'eau sous la porte. Y domine l'impression (vue de l'extérieur bien sûr) d'une gestion fébrile des affaires courantes qui se limiterait à la réorganisation des écuries légataires d'un pouvoir qui fait son mandat de trop. La pantalonnade parlementaire de Thuringe, la faille entre la CDU droitière et la CSU sociale doucement s'élargit, qui peut finir en fracture. La tuerie de Hanau, instrumentalisée comme jamais pour enfoncer le parti national-nationaliste Alternative für Deutschland, qui finalement ne fait pas plus dans le chauvinisme que ses cousins du cercle de Visegrád, donne du grain à moudre aux adversaires d'une Allemagne-puissance qui poussent à l'éternel repentir d'un cortège d'horreurs vieux de trois-quarts de siècle. Tout affaissement de l'Allemagne ne nous profite plus, nos économies sont interpénétrées et nos soucis extérieurs presque partout partagés, quel que soit le chancelier à poste. Et dans le compartiment de la défense, sans l'Allemagne, notre résistance concrète sur la béance du nord-est est plus que mal assurée, même si la géographie des guerres à venir modifie les espaces et la rose des vents.

Trois mandats "hambourgeois" de la chancelière Merkel ne sont pas parvenus à établir une diplomatie qui fasse la toise. La menace non voilée d'attaquer les importations de voitures allemandes aux Etats-Unis stoppe le gazoduc Northstream et vitrifie la riposte européenne aux contre-mesures américaines. A tel point qu'on se demande ce que fait aujourd'hui la République fédérale dans des cercles décisionnaires comme le format Normandie sur l'Ukraine, la table ronde à quatre sur Idlib et la nouvelle conférence euro-iranienne sur la bombe atomique des mollahs. Il suffira que le Département d'Etat fronce les sourcils pour que l'Allemagne obtempère afin de sauver VW, Daimler-Benz et BMW ; à moins qu'un seul tweet de la Maison Blanche n'enterre les décisions dans l'heure !

Eut-il suffi de ruser ? Plutôt que de douter à haute voix de l'engagement atlantique des Etats-Unis, ne valait-il pas mieux d'arbitrer les crédits budgétaires nationaux afin d'atteindre rapidement les fameux 2% PIB de dépenses militaires pour leur enlever un gage ? En plus, il ne s'agissait pas de réarmer, mais simplement remettre en fonctionnement de nombreux équipement arrêtés sur parc par défaut de pièces de rechange. Les taux d'immobilisation du matériel militaire de la Bundeswehr sont hallucinants. Une fois l'armée allemande réactivée, la force obtenue pouvait servir ensuite à combler le déficit de confiance germano-américain. Mais non ! Le complexe pacifiste a pris le dessus et l'effort fut confié aux "explications". Les choses pourraient changer si une CDU déportée à droite arrivait aux affaires et musclait sa stratégie, au moins pour bloquer la fuite d'électeurs vers les partis d'extrême-droite. Cela nous concerne directement.

Inutile de développer l'intérêt de conjuguer nos forces en période de basses eaux atlantiques, surtout après le départ des Anglais. Si la relation spéciale anglo-américaine est chahutée par le trumpisme échevelé du locataire de la Maison Blanche, elle demeure active avec le protocole nucléaire de la double-clé. Le Brexit anticipe une océanisation des forces britanniques même si les coopérations françaises perdureront ; mais c'est l'état d'esprit qui sera complètement changé : Britannia rule the waves ! Ceci nous pousse inexorablement vers la continentalisation du nôtre. Et en matière de guerre ouverte, se pose au-delà des moyens disponibles la question de l'intégration des corps ou simplement des états-majors, la seule alliance ne suffisant plus (à mon avis).

Sur cette question, l'initiative de M. Macron, qui n'a pas été repoussée à Berlin, consistant à avancer notre frontière sensible du Rhin à l'Elbe, milite pour l'intégration des états-majors continentaux. Les réticences allemandes sur nos opérations sahéliennes l'exclut pour nos clusters coloniaux. La fusion des corps quant à elle ne semble pas pertinente quoiqu'en ait voulu montrer la Brigade franco-allemande de Müllheim. Mais la standardisation des armes, calibres et procédures en cours ne nuira pas, ce que permet encore le combat OTAN. Reste la question de la langue d'emploi que nous ne traiterons pas aujourd'hui mais qui empêche l'intégration des unités élémentaires, compagnies/escadrons.

La conclusion de ce billet me fait remonter à mon année allemande de manœuvre avec le panzer grenadier bataillon entre bois en triangle et bois en croissant : on se sentait épaulés !



Paroles du SansSouci de la Légion

A la sortie de la caserne,
Il y a un vieux moulin.
Deux jolies filles habitent là,
Et chantent soir et matin.
La blonde c’est Véronica,
Et la brune c’est Marie.
Ces jolies filles sont les amours
De toute la compagnie.

Pira la la,
Pira la la...
Pira la la la la la la la la.
Pira la la...
Pira la la, Véronica Marie.

Pour toi Véronica,
Ha ! Ha ! Ha !
Pour toi Véronica,
Ha ! Ha ! Ha !
Pour toi Véronica,
Véronica Marie.

dimanche 23 février 2020

Un bilan royaliste

Dans le cadre de notre promotion du projet monarchiste de société diffusé par le Groupe d'Action Royaliste, nous lui empruntons une vidéo sur les occasions de restauration manquées, en guise de bilan du mouvement royaliste français. Le document est précédé d'un avertissement des auteurs que voici :
Ce dossier n’est pas écrit et diffusé en attente de polémiques ou de remontrances, ne cherchant aucunement à blesser ni rabaisser des personnes qui, pour la plupart, ne sont plus de ce monde. Il est fait pour l’histoire, avec les quelques connaissances que nous avons, sachant que celles-ci comportent aussi des lacunes. Nous gardons un profond respect pour les grands qui nous ont précédés. Ce texte permet par l’évocation de certains faits, sous un œil critique, d’analyser quelques évènements de notre histoire politique, afin d’éviter d’autres écueils dans les temps que nous vivons et dont nos enfants auront l’héritage et la charge.

Une demi-heure pas perdue ! Moralité : en matière de coup de force, il faut préférer l'athlète éveillé à l'intellectuel assis, car en paraphrasant Napoléon : "l'affaire est un art simple, et tout d'exécution". Mais j'apporte trois bémols personnels, tirés des témoignages familiaux directs. Les gros bataillons du 6-février étaient les Croix-de-feu du colonel François de La Rocque ; les Camelots du roi étaient une force d'appoint. La Rocque ayant fait rompre les rangs, l'affaire était pliée. Dans l'émeute qui suivit place de la Concorde, les Camelots encaissèrent le choc des forces de l'ordre mais aucun chef de l'Action française n'y fut tué ou blessé.
Deuxièmement : en août 14, il était impossible de ne pas faire bloc avec la Nation ; la France n'était pas royaliste même si les sections royalistes étaient nombreuses. Après l'amendement Wallon les républicains gagnaient régulièrement les élections partielles contre les candidats monarchistes. La paysannerie qui formait le gros des troupes n'aurait certainement ni compris ni accepté l'insurrection et, avec une propagande habile du gouvernement, aurait rangé les Camelots dans le camp des embusqués et profiteurs de guerre.
En 1917, les tentatives de paix séparée avec l'Autriche-Hongrie se heurtèrent à deux obstacles : l'état-major prussien n'aurait pas laissé faire l'empereur Charles, quitte à le liquider, tant les Junkers jouaient gros cette fois ; symétriquement, les généraux alliés avaient soif d'une victoire totale qu'ils estimaient possible maintenant que les Sammies débarquaient à flot continu. Souvenons-nous que Pétain fut meurtri de la capitulation allemande qui le privait de défiler à Berlin. Cette guerre jugée d'abord impossible sur un continent civilisé ne pouvait non plus s'arrêter à mi-chemin avant la mort de l'un ou l'autre. La puissance du levier AF sur les événements me semble surestimée dans le document vidéo du GAR. Peut-être Charles Maurras en a-t-il eu une meilleure perception que d'autres autour de lui.

Revenons au présent. Comme le laisse comprendre la voix off du SACR, le mouvement royaliste s'ossifie à nouveau autour de ses gloires enfuies dans un passé de plus en plus lointain. Les monarchistes sont convoqués aujourd'hui à faire autour d'eux la démonstration technique de la pertinence d'un roi pour le plus grand bénéfice de ce pays, et rien d'autre ! L'exaltation d'un passé, que l'opinion française ne connaît généralement qu'à travers le patrimoine et les émissions de Stéphane Bern ou Franck Ferrand, a un taux de conversion très faible.

D'un autre côté, la presse royaliste résiduelle est en état de cachexie et subit le reflux général de la presse écrite. Ce support n'est plus efficace mais d'aucuns lui accordaient sans raison un prestige improbable jusqu'à couler pavillon haut. Heureusement des revues ayant pris sa place dans la presse de grande diffusion font bon accueil aux idées royalistes et celles-ci sont également relayées sur des sites d'information en ligne autant qu'on leur en fournit.
D'autres canaux de propagande existent comme les chaînes TV via Internet et de nouveaux médiats verront le jour bientôt, mais faut-il encore avoir une stratégie éprouvée, à la fois une stratégie de communication et une stratégie de conquête du pouvoir ; sinon toute cette énergie se dépense en auto-satisfaction trompeuse, voire en discussions de cénacle dans les cercles royalistes qui se maintiennent ci et là. Effet nul pour l'objectif final, même si cultiver les traditions ne sera pas inutile plus tard, bien plus tard, quand sera retombée l'écume de la vague d'assaut ! Oui, l'empirisme organisateur doit s'utiliser pour éviter de tirer à blanc encore une fois ou s'épuiser à forer des tunnels qui ne déboucheront jamais.

A côté de cela, la recension du Projet de Société du GAR avance, mais j'ai reçu la boîte de Lego en vrac sans les instructions de montage. C'est un vrai travail de synthèse qui n'évitera pas l'antithèse sans foutaises, promis !



vendredi 21 février 2020

La feuille de route allemande


Peu de commentaires de la presse généraliste française sur le discours de Frank-Walter Steinmeier à l'ouverture de la Conférence de Munich sur la Sécurité le 14 février dernier. Ce n'est pas un speech protocolaire du modèle choisi pour ouvrir les jeux olympiques mais une déclaration de politique extérieure de la République fédérale allemande engageant les années à venir. Tous les chapitres y sont traités et nous pouvons considérer qu'au moment où la Chancellerie se cherche, la présidence assume l'intérim de l'intelligence. Il faut dire aussi que M. Steinmeier n'est pas une potiche constitutionnelle mais un homme de convictions qui ne les a jamais cachées dans sa fonction.

La présidence allemande diffuse le texte en français, profitons-en en cliquant ici.

Nous allons reprendre quatre temps forts de cette allocution. D'abord le président constate que depuis sa création (ndlr: 1871) c'est la première fois que l'Allemagne n'est entourée que d'amis. Mais ce n'est pas le cas de ces voisins qui sont confrontés à des "menaces existentielles". Aussi le désintérêt de la nation germanique pour la politique extérieure est-il coupable. De même les Allemands pensent être les meilleurs européens du monde par le niveau de leurs contributions tant économiques que financières mais l'Union est fracturée en tous sens et les politiques divergent notamment au chapitre de la défense commune.
En résumé, l'Europe réelle n'est pas l'Europe souhaitée par les Allemands. C'est le constat numéro 1 !

Plus grave peut-être est de réaliser que les grands empires du monde qui jusque-là poussaient à la réussite du projet européen, ressenti comme un facteur d'apaisement et d'équilibre mondial (ndlr : le soft power), menacent aujourd'hui directement l'Union européenne dans ses intérêts vitaux quand ils n'œuvrent pas à sa fracturation.
Le président en tire un conclusion qui ramasse tout : « 75 ans après la fin de la guerre, l’Europe est et reste par ailleurs la seule réponse efficace aux défis de notre histoire et de notre géographie. Si le projet européen échoue, les enseignements tirés de l’histoire allemande seront remis en cause. C’est ce tout qui rend l’Europe pour nous existentielle. C’est grâce à l’Europe et à travers elle que l’Allemagne a pu cesser d’osciller entre une politique de puissance débridée et la démesure culturelle. Cette Europe unie ne pourra survivre que si nous la considérons comme le lieu parfaitement concret de la responsabilité allemande. ».
Chaque mot compte ; la germanité ne peut s'épanouir et se contrôler qu'au sein de l'Union européenne. C'est le constat numéro 2 !

S'ensuit une séquence que je juge adressée à la France sans qu'elle ne soit nommée, mais le rappel des Lumières et celui d'un ambition civilisatrice transportant un modèle unique partout où se pose notre regard retentit comme une ironie feutrée de la mission universelle de la Grosse Nation, nous ! Il défend l'approche pragmatique des conflits avant la célébration des principes, à commencer par éviter les guerres. Plus loin une pierre dans notre jardin sahélien où l'affaire ne se résoudra pas en ignorant la complexité des causes premières. Le propos est raccord avec le refus de la Chancelière de fournir des effectifs de combat supplémentaire à la structure Takouba montée par la France. (ndlr : cette approche ethnique rejoint les analyses de Bernard Lugan).
C'est le constat numéro 3 : pour obtenir le renfort allemand il faudra convaincre de la profondeur de nos analyses !

Au chapitre de la défense commune, le président entremêle une composante européenne dans les commandements de l'OTAN et s'appuie sur les déclarations de M. Macron qui assurait que « la sécurité à long terme de l’Europe passe par une alliance forte avec les États-Unis ». En fait l'idée porteuse de la logique allemande est de ne jamais porter atteinte à la cohésion et à l'unité européenne. Quand on sait comment raisonnent les Baltes et les pays de Visegrád sur la question atlantique, on a compris que nous ne trouverons pas toujours l'Allemagne à nos côtés dans la poursuite de la chimère d'arrogance militaire, ici souvent dénoncée. Symétriquement, il refuse d'engager l'Europe dans des relations particulières avec la Russie si elles sont susceptibles de heurter le sentiment d'insécurité des pays de l'Est. Mais, à juste raison, il prévient que ce ne sont pas les deux pour cent de dépenses militaires à budgéter par tous les pays de l'Alliance qui vont suffire à contrôler les désordres grandissants de notre planète. Et d'exalter la diplomatie, le retour de l'intelligence et l'abandon des analyses primaires (à la Trump).
On en arrive rapidement au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Les privilèges des cinq membres permanents du Conseil se justifient aussi longtemps qu'ils œuvrent en tant que gardiens de l'ordre et de la paix, ils ne le sont plus s'ils protègent les intérêts propres de chacun au détriment de cet ordre. L'ambition allemande est sur une voie de responsabilité mondiale (à l'image de son industrie qui couvre tous les compartiments de production à l'échelle mondiale), mais elle opérera à travers les structures institutionnelles de l'Union européenne. Comprenons que le siège de la France au Conseil (ndlr : impécunieuse et déclassée) devrait logiquement devenir celui de l'Union.
C'est le constat numéro 4 !


Voila ! Le président fédéral reprend l'intuition d'Agela Merkel exprimée à Taormina sur le largage d'amarres des Etats-Unis qui déplacent leur centre de gravité vers l'Asie, mais il y ajoute que ce n'est pas que l'affaire de l'Administration Trump ; c'est une tendance de fond du Congrès. N'étant pas chef de l'exécutif, il ne peut proposer ou annoncer des mesures précises pour avancer sur un quelconque agenda, mais puisque l'Allemagne prend la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne pour le second semestre 2020, sa feuille de route est imprimée.

Ce document est essentiel pour qui voudra analyser la politique étrangère allemande dans l'avenir.

Ceux de nos lecteurs qui ont continué l'allemand après le lycée peuvent écouter le prononcé diffusé par la chaîne publique allemande ARD :

jeudi 20 février 2020

Des souris et des ânes

Les soupentes du Palais Bourbon : au suivant... au suivant !

Deux jours après le happening élyséen destiné à regonfler la troupe des marcheurs qui doutent, en exaltatant un sain amateurisme ringardisant le "professionnalisme" des vieux routiers de la Chambre, apparaît sur l'écran noir de nos nuits blanches le chibre turgescent de Benjamin-Blaise Griveaux, astiqué poli-miroir par son détenteur pour séduire une belle à distance à travers l'œil de son smartphone ! Elu député de Paris dans la XVè législature, secrétaire d'Etat dans le gouvernement Philippe, le porte-parole de Matignon transportait son plus roide argument à travers Internet comme un adolescent de quatrième ! Accessoirement candidat à la succession de Radis-Noir à l'Hôtel de Ville, BBG l'arrogant a dû annoncer son retrait à cause de l'impossibilité de faire sereinement les marchés de plein vent, couverts et forains, ni les préaux d'écoles ou les salles municipales. Quelqu'un d'entre vous voudrait-il me poser une question sur mon programme de déménagement de la gare de l'Est et la création du Central Park parisien ? Fou-rire ! Le mec est dead ! Avec la nomination de la ministre Buzyn qui a remisé le projet municipal antérieur sur l'étagère à conneries, l'affaire de Paris reprend des couleurs et LaREM rattrape les furies de tête ; il faut dire qu'il n'y a pas photo entre l'apparatchik socialiste à jeun de toute valeur ajoutée et la parisienne de souche qui a déjà réussi sa vie, même si la fonction publique hospitalière la déteste. Se posera un jour la question de savoir pourquoi fut fait le plus mauvais choix chez les marcheurs, sans connaître bien sûr les dérapages de l'impétrant. Tout le monde détestait les ondes négatives émises par M. Griveaux. Le soulagement est général.

Image en cheongsam créée par Dieu et Milanoo

Pour l'amateurisme glorifié par monsieur Macron nous sommes servis, pour la pornographie aussi, mais nous n'épiloguerons pas puisque la France entière a vu la "bite à machin". Ce qui nous intéresse aujourd'hui est la crasse mentale de notre beau parlement, qui crie au viol comme une performeuse de pole-dance coincée dans les toilettes de la boîte, en réclamant le flicage chinois d'Internet plus l'interdiction de l'anonymat des contributeurs aux divers canaux et plateformes du Web. Bien secondée par des médiatiseurs comme Christophe Barbier ou Alain Duhamel qui réclame des peines en millions de dollars, la représentation nationale derrière Bruno Bonnell, Eric Woerth et quelques autres (Questel...) court aux abris avant l'averse de leurs turpitudes réelles ou supposées.

Leur problème est qu'en l'affaire, la coercition légale est sans effet - le scandale BBG aurait existé avec ou sans Internet et le faux anonymat des réseaux sociaux (voir les FAI)- mais surtout, d'anonymes on n'en a vu aucun : Alexandra de Taddeo a reçu l'enfer matutinal du secrétaire d'Etat, objectivement nommé dans la transmission de l'exploit (nom, prénom PTDR). Probablement en a-t-elle fait part plus tard à son nouveau compagnon russe, l'artiste encloué Piotr Pavlenski, pour lui confirmer le niveau de ses relations ; lequel avec l'aide d'amis ne lui voulant que du bien, a ouvert un site au Canada pour héberger du matériel de revenge porn ; et ce, afin de défendre la liberté d'expression dans le pays des droits de l'homme ! Le conseil de l'artiste russe, maître Juan Branco, a levé le doute sur la légalité de l'entreprise de diffusion de la séquence sur Internet, lui donnant en quelque sorte un blanc seing, ce qui le discréditera ensuite pour prendre en charge la défense du fada vis à vis du Parquet et du bâtonnier de Paris. Après l'alerte lancée par Zoé Sagan, le relais par les gros comptes Twitter fut le fait du député Joachim Son-Forget et du doctissime Laurent Alexandre sous leur vrai nom. La comparution de M. Pavlenski au fond, qui aura lieu le 3 mars prochain, lèvera d'autres noms puisqu'il est établi que le Russe n'a pas les capacités numériques de son ambition - son plus grand exploit fut de foutre le feu à la Banque de France - et ces noms nous seront communiqués par le secret habituel de l'instruction. D'anonymes, point ! Arrêtez de rire, vous allez vous étouffer. Pause ! Convertissez-vous plutôt au créationnisme :

Une autre image créée par Dieu et le soleil

A écouter les députés de la majorité à laquelle appartenait BBG, la loi de 2016 contre le revenge porn n'est pas dissuasive. Sommes-nous au seuil du rétablissement de la peine capitale pour crime de lèse-intimité, jusqu'à nous faire croire - mais ce n'est pas vrai bien sûr - qu'il s'y passerait des choses absolument inavouables. Le séisme parlementaire a touché la présidence du Sénat qui a diffusé sa réprobation de procédés intrusifs dans la vie privée, même si dans ce cas les "torrents de boue" qu'elle dénonce ne charrient que la boue produite par des responsables politiques. Ne revenons pas sur les histoires de mœurs qui ont défrayé la chronique, l'élection crée l'orgasme. Normalement le brouillon de ce billet faisait la liste des pourris de la République toujours aux affaires, mais il faut distinguer entre courage et témérité et bien regarder avant de traverser aux clous, comme l'apprenait jadis la république gaullienne aux dissidents.
Un seul politique semble être resté lucide, c'est le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, qui prévoit plein d'embûches à légiférer dans la panique des trouillards, même s'il penche pour un contrôle plus serré de la Toile.

Il reste pour finir à se préparer sans doute pour la levée de l'anonymat qui éteindra l'ire parlementaire, même si aucun pseudonyme n'a été mis en cause. Seront évacués des canaux internétiques ceux qui sont faibles en français et passent par l'insulte au lieu de peaufiner l'injure, la suggestion médisante jamais calomnieuse, les second et troisième degrés, l'ad hominem huileux à sobriquet, la rumeur innocente d'Orléans, bref tout ce que la bonne société française utilisaient jadis. J'ai hâte. Au fait qu'en sera-t-il du pseudonymat littéraire ?


Quand le mélomane entend Ornella chanter sous la douche il approche son oreille du trou de la serrure (W. Allen)

lundi 17 février 2020

Le mirage de la restauration


A mesure que passent les années, la restauration recule. C'est l'exacte définition du mirage, une réfraction optique de la réalité inatteignable. Dans notre cas, l'espace se double du temps : l'image provient du passé.
Est-ce vraiment cette image qui doit précipiter en régime politique à la faveur d'une prochaine révolution ? Nul ne le sait vraiment et sans doute est-ce le plus grand défaut du parti du roi que ce flou artistique sur le devenir du pays revenu à la monarchie. On parle de tout, de monarchie active, décentralisée, de monarchie constitutionnelle à l'espagnole, de présidence permanente sous le manteau de la constitution de 1958, et même de royauté mystique. Doit-on interroger les princes qui se sont déclarés pour ceindre la couronne de France le jour où elle leur tombera sur la tête ? A mesure qu'ils avancent en âge, les deux les plus en vue semblent stoppés sur une monarchie chrétienne qui défend d'abord la société bourgeoise traditionnelle et le régime d'assemblées. Ils donnent l'impression que nous reprendrons le fil depuis l'endroit où il s'est rompu, 1830 pour l'un, 1848 pour l'autre. A qui cela convient-il ? La question n'a jamais été posée.

La situation actuelle de l'opinion française remet en cause le modèle déprimé toujours en fonction. Il devient donc possible d'abattre ses cartes et de proposer un modèle innovant, à la seule exigence que l'épure soit claire, compréhensible par tous. Le projet de société publié par le Groupe d'Action royaliste dont le Piéton du roi va faire une recension critique dans quelques jours, a-t-il le mérite de la clarté et de la simplicité ? Il me plairait à plus d'un titre, surtout s'il échange une large démocratie de type cantonal contre un contrôle absolu* du régalien, prenant à Charles Maurras sa formule-choc : "l'autorité en haut, les libertés en bas". Tout compte fait, une restauration sera d'abord celle des libertés basses, aujourd'hui confisquées dans le prêt-à-penser officiel diffusé par l'Etat lui-même et ses relais de communication-propagande qui, du berceau à la tombe, formatent nos vies personnelles.
* Ab solu : étymologiquement ce qui est par soi, indépendamment de toute autre chose

Ensemencer l'opinion à l'idée du retour de la monarchie
convoque des moyens et des talents. Si les seconds existent, les premiers sont rares parce que l'argent n'est pas dans la culture royaliste et pourtant sans argent pas de Suisses ! On peut utilement passer voir Le Million du Roi (par ici) et nous ne revenons pas sur cette exigence imparable du "nerf", au moins pour la diffusion du projet. De beaux esprits éthérés me signalent parfois que cette propagande coûteuse qui vise à retourner l'opinion dévoie le projet royaliste puisque le souverain ne peut être issu du protocole démocratique. Selon eux l'intention est de rompre avec les alternances d'un régime d'opinion et donc d'en finir avec les sautes d'humeur de l'électorat. A quoi je m'use l'esprit à rétorquer qu'en pays gaulois il est futile de croire qu'un changement de paradigme puisse tenir longtemps sans la confirmation du peuple, peut-être pas avant mais certainement après. Il faut donc préparer les "gens" au retour d'un roi.

Mais comme il est dit plus haut sous réserve d'une construction fondée sur la justice et le besoin du peuple, c'est la clarté qui prime. Pourquoi changer, comment changer, vers quelle épure institutionnelle ? Et se pose déjà la question des princes. Viennent-ils dans ce projet pour le renforcer jusqu'au succès de l'entreprise ou reportent-ils à meilleure fortune leur nihil obstat ? La tentation fut grande chez eux de se mouler sur les circonstances dans une position de chasse à l'affût plutôt qu'en battue. On les sent impliqués dans les valeurs familiales, l'invocation à l'histoire, les commémorations pieuses, une certain souverainisme élastique ; on les sent moins en politique et pas vraiment novateurs. Le prince Jean qui a déblayé la voie de ses ambitions semble vouloir creuser de nombreuses questions politiques ou sociétales. Laissons-lui le temps de s'affirmer, mais avouons qu'il en a beaucoup perdu jusqu'ici.

Tout deviendrait plus facile pour relever les ruines si se levait « un de ces hommes qui semblent nés en un moment précis de l'histoire pour rassembler de vastes domaines en un tout organique, rendre une civilisation entière au sens de son unité ; un caractère d'acier, tranchant et souple, une intelligence politique exceptionnelle et, de surcroît, une âme noble ». Tel est Saladin, le rédempteur de l'islam en Terre sainte, l'ami de Richard Cœur de Lion et d'autres barons croisés, qui apparaît dans La Croisade de Daniel-Rops. Si ce prodige est né, nous ne le connaissons pas. Ou bien est-il trop jeune pour sentir en lui la vocation de roi ! Ferons-nous avec ce que Dieu nous donne ?

Quoiqu'il en soit, le mirage recule toujours dans le temps, mais nous allons essayer d'avancer quelque peu les pendules avec le "Projet de société" du GAR. A bientôt.



dimanche 16 février 2020

Bellissima


Il y eut d'abord Monica Vitti dans Le Désert Rouge. Puis Ornella Mutti dans une demi-douzaine de films parfois chauds, très chauds. Et Monica Bellucci, la ragazza più bella del mondo ! C'est tout. J'ai vu de très belles actrices au jeu très sûr et de forte conversation, mais je n'ai eu que trois amours de cinéma. Italiennes, pourquoi ? Sans doute Silvio Berlusconi avait-il raison quand il vantait la péninsule pour posséder les plus belles femmes de la planète. Marcher à Florence, Milan ou Rome, mourir d'amour.
Voici Come Vorrei sur des images de Giuseppe Tornatore et Lajos Koltai dans Malèna. Dernière pause avant l'assaut : demain matin, on parle ici de la... restauration.

jeudi 13 février 2020

Du racisme et des femmes

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau)
Avec les mots de tous les jours voici dix minutes féministes de Solveig Mineo qui démonte la violence raciste de la rue dans un discours linéaire sans raté, hésitation ou retenue, cash ! ce qu'on appelle une performance. On a compris qu'elle défend avec talent sa communauté occidentale, la nôtre. Elle mérite nos encouragements et un suivi.

- Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo -

La belle a une station radio, AllôChaton, un studio vidéos et un site de combat d'excellente tenue qui vaut le détour : BELLICA.
Courez-y, c'est mieux que pas mal !

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