mardi 19 septembre 2006

Le pape a ses raisons que la raison ...

TincqHenri Tincq, horrifié que le pape ait renversé la tasse tiède de la tisane oecuménique de son prédécesseur, nous inflige cent lignes de bien-pensance pour corriger le saint-père dans Le Monde de ce soir. Pas moins ! Il rage d'être ringardisé par un pape aux idées claires qui déteste rien plus que le syncrétisme compassé et convenu de toute la presse catholique de masse. Benoît XVI a des idées sur le dogme, sur la pourriture doctrinale de l'Eglise, sur le silence de Dieu ! Alors qu'il faudrait qu'il parle sexe et sida, mariage des curés, ordination des femmes, pour qu'on puisse vendre de l'audience ! Ce pape est "contre-productif" ; il nous ruine !

Un paragraphe dans cette longue tartine que vous pouvez avaler en cliquant ici : admirez le choix des mots et leur densité dans le texte :

"Plus que d'inexpérience, c'est de méfiance qu'il faut parler à propos de ce pape. Son secrétaire d'Etat, numéro deux de la Curie, chargé de la diplomatie vaticane, a été volontairement recruté, contrairement à tous les usages de la maison, en dehors du sérail des diplomates de métier. Benoît XVI a préféré se rassurer en choisissant un autre proche théologien, le cardinal Tarcisio Bertone, qui fut son complice à la congrégation de la doctrine de la foi."
L’article est illustré de la pire photo du pape que l’on ait dénichée aux archives.

Manque de chance pour le cuistre titulaire de la chaire catholique au Monde, il est des voix dans la Oumma qui s'élèvent aussi pour saluer la lucidité de notre saint-père. Incroyable mais vrai ! Il faut les dénoncer dare dare à l'islam satellitaire de contrôle théologique que nous signale le journaliste parisien, afin que les nervis de l’orthodoxie sévissent à leur endroit !

MeddebL'écrivain tunisien Abdelwahab Meddeb se fend d'un article courageux dans le Nouvel OBS qui mérite un coup de chapeau pour prendre ainsi son lectorat à rebrousse-poil.

Extrait : "Dans son discours de Ratisbonne, le pape a touché du doigt les germes de ce que j'appelle dans mes ouvrages "la maladie de l'islam", qui est aussi la base de l'islamisme. La question de la violence dans l'islam est une réalité. Quand le pape a évoqué le rapport très étroit de cette religion avec la violence, il a dit la vérité, même s'il ne faut pas séparer l'islam de la raison. J'aurais souhaité qu'un imam ouvert et éclairé se saisisse de son discours pour ouvrir le débat, en reconnaissant que Benoît XVI avait en partie raison. Car il n'y a pas une seule et unique doctrine islamique, mais des textes qui méritent un débat et une analyse. Le monde musulman aurait besoin de se confronter à une effervescence intellectuelle. Au lieu de cela, il n'a réagi que par l'indignation." (18.09.2006)
Le reste de ce remarquable article en cliquant ici.

Ainsi donc la pape, dans l'obscurité de l'université de Ratisbonne, aurait ressenti quelque chose d'essentiel dans le bouillon des fermentations islamiques, quelque chose de "non-raisonnable". Qui de bonne foi aurait vraiment besoin du bagage papal pour comprendre que l'islam est une communauté ouverte à tous les excès, et où la raison dispose d'un tout petit strapontin sans voix au chapitre. Les manifestations hystériques de la Rue arabe mais pas seulement elle, montrent bien que la raison n'a aucune place dans le débat.
Le silence obsédant des autorités religieuses sur le Onze Septembre, comme les manipulations tardives de l'opinion à propos des mauvaises caricatures danoises, donnent plutôt le sentiment que les instances de contrôle suivent le courant du moment, par application de la politique du chien crevé au fil de l'eau. On accompagne ainsi la pire des guerres civile en Irak - les détails vous hérissent les cheveux sur la tête - dans l'attente du vainqueur auquel il faudra bien se rallier si l'on veut persiter à pontifier sur le coran.

Et pourtant l'islam c'est autre chose !
Une grande civilisation engloutie que l'on transforme peu à peu en cancer redoutable, au point de devenir l'ennemi numéro un de la planète ! Le Moyen Orient est observé par le reste du monde, et l'islam déjà ressenti comme un grave danger en Extrême-Orient. Son prosélytisme est mis partout sous surveillance. A l'instar du dicton sur la monnaie, on devrait dire que le mauvais islam a chassé le bon.

Le prétendu fondamentalisme médiéval du wahhabisme est un recul sévère de la condition humaine, qui se nourrit de la misère des peuples abandonnés de leurs dirigeants politiques, à défaut de la fragilité mentale de laissés-pour-compte.

Il faut cependant ne pas tomber dans le manichéisme bushien, et affiner notre approche, sinon déjà les termes de notre confrontation à cette lame de fond qui pourrait se lever dans le Croissant Vert. Il faut étudier l'islam dans toutes ses chapelles pour favoriser l'islam de paix. Il existe. Le soufisme en fait partie.

Ne tombons pas dans le piège de la dénonciation globale qu'on nous tend. Encore moins dans celui de la flagellation, n'en déplaise à Petit Tincq qui déjà se couche sous le chat à neuf queues dont il sent la morsure avant même de le recevoir.
Pauvre de nous avec de pareil experts !

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