mercredi 11 mars 2009

Du Tibet à la Mer de Chine

PotalaLe "choc des civilisations" est en marche dans la commémoration du soulèvement tibétain de 1959 Encore une commémoration ! A quand la Journée internationale du yack en cette année du Buffle ? L'on sait d'avance qui gagnera : l'empire adémocratique.
La militarisation actuelle de la province himalayienne et de ses marches historiques au Qinghai, Gansu et au Sichuan n'a d'autre but que de ne pas faire perdre la face à l'Etat central vis à vis de son propre peuple. L'ordre règnera quoiqu'il en coûte, à la réserve près que son maintien s'exercera à huis clos pour prévenir tout "détournement" d'images mal-intentionné. Et c'est bien ce qui met en rage la presse internationale, littéralement kidnappée dans la zone précitée.

Si le couvre-feu médiatique au Thibet était attendu par un moyen direct (refus des sauf-conduit) ou détourné (carence de sièges dans les transports), la chasse aux journalistes en périphérie de la TAR (Tibet Autonomous Region) contredit les assurances données en 2008 par le Ministre des Affaires étrangères à Pékin pour apaiser alors la bronca internationale avant les Jeux olympiques. Elles stipulaient que tout le territoire chinois (sauf la TAR) était accessible sans préavis ni préalable par les journalistes étrangers.

tigre brasse couléeEdward Wong et Jonathan Ansfield du New York Times, ont été détenus le 27 février par la police anti-émeutes au bureau de sécurité du Gansu pendant 20 heures sans boire ni manger, puis mis dans l'avion de Pékin. Un cliché pas assez rapide leur a valu un bras démonté et l'appareil photo en miettes.
Beniamino Natale de l'agence italienne ANSA a été détenu 2 heures à Guinan (Gansu) pour avoir visité un monastère le 9 mars. La veille, Isabel Hormaeche de TVE Madrid et son équipe ont été arrêtés par la police de Ganzi (Sichuan), leurs enregistrements détruits, et pour finir, eux-mêmes convoyés pendant 200 kilomètres hors de la province.
Katri Makkonen de la télé finnoise a été arrêtée plusieurs fois et son véhicule escorté sur la route de Tongren à Xiningin (Qinghai). Son permis de conduire chinois lui a été enlevé jusqu'à ce qu'elle fasse sur le capot de la voiture une déposition sur son emploi du temps des derniers jours.
(source FCCC - Foreign correspondents' club of China)

L'agence Associated Press a rapporté le même genre de misères faites à ses équipes au Sichuan et au Gansu. Inutile d'ajouter que les assistants chinois de toutes ces agences se sentent très menacés. Des collabos !

Nous savons que l'empire céleste ne fonctionne pas avec nos codes et que l'insurpassable supériorité chinoise sur tout ce qui marche ou rampe sur terre ou dans les mers, n'acceptera jamais les codes étrangers sauf à s'en émerveiller. Contrairement à notre perception, l'époque des "traités inégaux" qui vit le vieil empire dépecé comme un vulgaire bantoustan, reste en mémoire et s'apprend dès l'école primaire.

base de Yulin
Mais la semaine ne se passe pas dans les brumes du printemps himalayen. La semaine est "navale". L'affaire des bronzes volés d'Yves Saint-Laurent est un épiphénomène, la revendication de souveraineté chinoise sur les Îles Spratleys, réitérée ces jours-ci, présage, elle, d'un engagement naval sans retenue si les riverains s'avisaient de broncher.

Cette semaine, le chasseur de sous-marins américain USS Impeccable a été "poussé" hors de la zone économique exclusive chinoise par cinq patrouilleurs lancés de la base de Yulin (Haïnan). Ils ont même envoyé le pavillon de beaupré qui est une marque agressive. Que l'Impeccable navigue dans les eaux internationales à 120 km de l'île chinoise ne les a pas émus, puisqu'ils se disent souverains de toute la Mer de Chine du Sud jusqu'à l'archipel des Natuna, qu'ils disputeront un jour à l'Indonésie. Le temps des jonques armées est révolu, leur navires de guerre atteignent la capacité occidentale même s'ils restent en retard sur la conduite d'opérations combinées et la manoeuvre d'escadre.

destroyer chinoisToujours à l'effet de propagande, la marine chinoise fait plus que sa part dans le convoyage de navires marchands autour de la Corne d'Afrique, et sa disponibilité est très appréciée des armateurs, autant sans doute que son manque de scrupule à tarir la piraterie somalienne en ouvrant le feu. Un navire taïwanais a transmis un message de compliments au renfort apprécié du "grand frère".
Si la mission du contre-amiral Zhang Deshun est d'abord d'escorter les navires chinois, ses deux destroyers sont aussi appelés par les allemands, les italiens, les singapouriens et même les chypriotes. Est-ce cette hyperactivité qui a motivé le détachement de deux destroyers nippons afin que les porte-containers japonais ne soient pas escortés par la marine céleste ? Sans doute aucun, l'image ferait un triomphe incroyable !

Pour marquer leur espace ils doivent "démilitariser" la Mer de Chine en expulsant la 7th Flotte américaine du détroit de Formose. Tout sera bon, y compris l'enrôlement de leurs voisins dans cette croisade nautique, pour marquer la limite de fourniture de la démocratie étrangère qui dérange là-bas tout le monde. Car au fond il s'agit bien de cela. La démocratie est un virus dont on n'a pas le vaccin, et le PCC n'entend pas chopper cette maladie médiatiquement transmissible capable d'abaisser un pays aussi puissant que l'impérial Japon, sans parler même de la sainte Russie !

Je ne crois pas qu'Obama puisse les convaincre du contraire, d'autant qu'ils détiennent la poche de perfusion en bons du Trésor américain, ce que le vice-ministre Yang Jiechi est venu dire aujourd'hui à Timothy Geithner, le nouveau secrétaire au Trésor.

china sub



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1 commentaire:

  1. Un patrouilleur chinois de 4450T de déplacement est arrivée aux îles Xisha sur la zone contestée de la Mer de Chine du Sud.
    (info Chine Nouvelle)

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