lundi 21 décembre 2009

La grande peur des Métèques

vase grec
Ce titre un peu "avant-guerre" est pourtant approprié au débat actuel sur l'identité nationale. Que le motif électoral de ce débat surnage n'est pas important dès lors que toute action politique en démocratie est électorale par essence. Il n'en demeure pas moins que l'initiative sarkozienne a désinhibé l'opinion française qui, encouragée par le holà confédéral sur l'architecture exotique, répond aux préfectures avec ses mots à elle, ...que nous avons trop d'étrangers ; mais sans savoir combien nous avons d'étrangers et d'anciens étrangers sur notre sol, puisqu'ils disparaissent vite dans les profondeurs statistiques au lendemain de leur naturalisation.
La seule trace exploitable est le code 99 en quatrième position de l'immatriculation SS (voir votre la carte Vitale). Combien de "99" en France ? Secret défense. S'y ajoutent les "malgré nous" qui ont acquis la nationalité française par naissance, à contrecoeur, et qui sifflent la Marseillaise. Ceux-là ont un quatrième code "normal". Combien de "malgré nous" ? Secret défense. Les statistiques ethniques sont un délit, dit-on. Cette République est la plus bête du monde ! Elle devrait identifier ses étrangers jusqu'à la troisième génération de résidence, comme il en va dans beaucoup de pays.

L'internationale ouvrière qui nous tient lieu de Gauche-pour-rire, demande que cesse le débat Besson car il exaspère les immigrés ! Leurs porte-paroles réclament leurs droits avant même qu'on les leur coupe (les droits), et hurlent au charron sur l'apostat de la Drôme qui en remet aussitôt une petite, déclarant ce matin que le débat institutionnel continuera contre sirocco et marée noire jusqu'à... (ndlr : ... ce que les frontistes aient élu les listes UMP aux régionales) ...la fin de 2010.

Dominique Soppo SOS RSOS Racisme, qui a lâché le négoce de montres rares, se fend d'une pétition adressé à l'Elysée que l'on peut lire ici, voire même signer si on veut s'en servir de coupe-file pour draguer Isabelle Adjani. J'y ai relevé cet extrait, coincé entre "libérer une parole stigmatisante" et "le vivre ensemble" : « les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population ». Le gros mot est "légitimité". Quelle est la légitimité de quelqu'un à vivre dans un autre pays que le sien ? Il n'y en a aucune. Vous y êtes accueilli, invité, toléré, tout ce que vous voudrez, mais votre résidence pour légale qu'elle soit n'est pas légitime par essence, mais par la décision du premier occupant de vous octroyer cette qualité. Larousse !
"La légitimité est fondée en droit, justice ou équité". Bien ! Il y a des règles gouvernant la présence et l'activité des étrangers sur notre sol. S'y soustraire (criminalité) ou s'en prémunir (clandestinité) ôte donc la légitimité de la résidence. Il est donc normal que Eric Besson chartérise les déserteurs afghans.

Eric BessonUn bon tiers de Français (toutes couleurs sondées) pense que le débat doit aller à son terme et qu'à donner la langue au chat, il faut l'appeler par son nom. Qu'on en finisse avec les passe-droits, les priorités, les dérogations et les insultes. La réponse globale de ce premier tiers (celui du Picon) n'implique pas une xénophobie automatique qui arrangerait bien les adversaires du pouvoir, ni ne conteste aux aliens la liberté d'une installation utile à tous dans les formes légales.
Il y a aussi beaucoup d'anciens étrangers qui n'en peuvent plus de ce communautarisme arrogant, et pis que tout, de cette racaille omniprésente. Ils ne visent qu'à vivre en paix de leur travail au sein de leur petite famille sans être "marqués" par leurs ex-alter ego. Dès fois, leurs fils signent dans l'armée française pour rompre.

Un autre tiers - très remuant ces jours-ci - craint pour la paix civile dont la fin proclamée par ses thuriféraires signifierait la mise en danger de leurs positions, prébendes, parfois trafics. Ceux dont les positions ont été acquises légitimement n'ont pourtant aucune raison de s'inquiéter, ce pays est un vieil Etat de droit. Si vous voulez en rencontrer, prenez la liste de la pétition SOS-Racisme ici.
Un grand tiers s'en contrefout ; c'est de l'eau, comme au Bar de la Marine.

Pour ma part, je pense qu'il faut crever l'abcès quelle que soit l'alène choisie.
Vous avez remarqué que nous n'avons pas parlé de l'islam ; parce que c'est un sujet spécial.


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8 commentaires:

  1. "mais sans savoir combien nous avons d'étrangers et d'anciens étrangers sur notre sol, puisqu'ils disparaissent vite dans les profondeurs statistiques au lendemain de leur naturalisation"

    Ca n'est pas exactement vrai. Je crois qu'il existe une statistique "immigré" créée en 1990 qui recense les personnes nées étrangères à l'étranger. Mon père qui est demeuré turc, est compté dans cette catégorie. Tout comme moi qui suis né turc à l'étranger.

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  2. Je n'en doute pas (le 99 est le comptage le plus simple) mais ces statistiques ne sont pas accessibles facilement ou pas du tout, alors que de nombreuses démocraties n'ont pas cette ... inhibition, provoquée dit-on par les fichiers juifs de l'Etat Français.

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  3. A titre personnel, je ne suis pas opposé à la statistique ethnique par principe.
    Mais encore faut-il savoir comment définit-on et crée-t-on des "catégories" ? Une case "subsaharien" pour englober des ethnies aussi diverses que celles du Congo, du Sénégal, etc ? Une catégorie "asiatique" pour recenser les vietnamiens, les chinois (eux-mêmes divisés ethniquement) ou les cambodgiens ?
    Peut-être qu'un occidental non-averti ne fait pas de différences entre un turc et un kurde, mais nous, nous la faisons par exemple.

    En résumé, ce n'est pas tant le principe (après tout, pourquoi pas), que les modalités d'ordre technique qui suscitent mes doutes (qu'est-ce qu'une ethnie? à partir de quand dispose-t-on de "sa" catégorie?).

    Amicalement.

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  4. Les Américains ont fait des catégories qui leur servent dans beaucoup de domaines, et ces recensements sont faits depuis le niveau du comté, puis remontent jusqu'à l'Etat.
    Ils ont une optique "communautariste" dans un projet commun, ce qui écarte les arrières-pensées". Ici, on ne sait plus trop.

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  5. En tout cas pour turc la catégorisation est très facile :

    99.t.0 = turc qui n'a rien à cirer du génocide arménien qui n'a peut-être même pas existé ( selon lui )
    => DEHORS

    99.t.1 = turc qui reconnait le génocide arménien et serait même prêt à nous rendre sainte Sophie, au titre de la réciprocité pour les mosquées turques construites en France grâce à la folie de la République ...
    => BIENVENUE

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  6. Cher anonyme, vous êtes hors-sujet.
    Le génocide arménien, parfaitement avéré, n'a rien à faire sur l'épure.
    Et ce n'est pas la faute des Turcs si Byzance en pleine décadence a perdu Aya Sofia !

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  7. "Vous avez remarqué que nous n'avons pas parlé de l'islam ; parce que c'est un sujet spécial."

    Ben , pourtant en redigeant cette phrase, c'est bien ce que vous faites!

    ça en est meme le mot de la fin!!!!

    Preuve que.....!

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  8. Finalement je n'en parle pas, laissant la plume au père Charles de Foucauld qui les connaissait bien mieux que moi.
    Voir le billet du 29 décembre "Islam de Foucauld".

    :)

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