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samedi 14 mai 2011

Et si le réveil sonnait !

Les docteurs d'opinions dénoncent en continu l'avancée du populisme en Europe. Ce qui dans une dé.mo.cra.tie n'est pas incongru, le peuple n'y est-il pas réputé souverain ? C'est pour avoir menti que les régimes de la social-démocratie se voient débordés aux extrêmes par un réflexe vieux comme le monde, le bon sens ! Après l'enfumage fédéral de la mondialisation heureuse, il n'est pas un jour maintenant que des mesures ne soient édictées par des gouvernements pour sauvegarder leurs intérêts nationaux en faisant litière du consensus international convenu dans les enceintes strasbourgeoises, sorte de totem entaillé de toutes parts par la confrontation quotidienne de nos sociétés au monde réel. Ce recentrage forcé sur des fondamentaux ensouchés dans les vieilles nations est sans doute une des rares vertus de la démocratie obéissant à la dictature du Nombre.

Le Danemark abaisse ses barrières orientales sous la pression du Dansk Folkeparti. La Norvège, hors-Union, est gouvernée sous la surveillance du Fremskrittspartiet d'opposition, deuxième formation politique du royaume avec 23% des suffrages aux législatives lui donnant 40 sièges au Storting. Son euroscepticisme devient quasiment constitutionnel et les mosquées séoudiennes carrément refusées au motif de réciprocité de lieux de culte. Le Riksdag suédois a accueilli vingt députés du Sverigedemokraterna qui n'entendent pas s'endormir sur leurs pupitres et y défendront la primauté nationale pour diminuer le solde migratoire à la hauteur des vrais besoins de la pyramide des âges. Les règles migratoires et de résidence se sont bizarement durcies à Stockholm. Les Perussuomalaiset arrachent trente-neuf sièges à l'Eduskunta de Reykjavik pour cantonner la politique de providence du pays sur les rails du bon sens, en commencer par le refus de la solidarité avec les pays rieurs d'Europe méridionale dans l'affaire des dettes souveraines. Que les Grecs se démerdent avec leur soleil ! Le dernier pays scandinave, l'Estonie, jadis le plus eurosceptique des PECOs à cause de sa forte minorité russe, fait exception au désenchantement général du Nord. Le qui-vive permanent imposé par la menace sourde que constitue le voisin russe l'occupe à plein temps.
A cette exception près, l'Europe recule chez les casques à cornes, jadis modèle du vivre-ensemble ! Le "brassage" des peuples y recule donc aussi.

A l'autre bout de l'épure, il en va tout autant pour des raisons parfois opposées. Agressés par la cherté de la vie qu'ils attribuent à l'euro, les peuples (gréco)latins ne voient plus l'avantage européen et les pouvoirs en place ne savent pas le leur expliquer avec des mots simples.
La Grèce, malade de social-démocratie à vouloir vivre à la suédoise sans payer d'impôts, voit sa société précipiter dans une xénophobie instinctive qui prélude à de vastes mouvements de rejets des étrangers installés ou en transit. Les récentes ratonnades d'Athènes ne sont que le hors-d'oeuvre d'une saint-barthélémy orthodoxe. N'oublions pas qu'ils se sont arrachés à l'humiliation du joug ottoman en 1821 seulement et qu'ils en éprouvent encore une allergie. Le pays étant enclavé dans la problématique balkanique, il pourrait servir de mèche lente à des désordres plus grands le long des lignes d'affrontements ethniques intra-européens. Bruxelles n'entend pas tiqueter la bombe et se focalise sur le musulman partout en danger aujourd'hui en Grèce. Mais l'on voit mal les chars de l'armée hellène écraser ces "pédérastes" qui se croient aux Thermopyles.


La crispation populaire est manifeste en Italie (Nord et Sud), les élections municipales de Milan (15 et 16 mai) seront un indicateur précis du mécontentement des gens à l'endroit du cirque Berlusconi qui n'en finit pas de mordre la piste sous le fouet de la Ligue du Nord. En Espagne (Valence et Andalousie) où les travailleurs maghrébins sont maltraités, et en France (Alsace et PACA) où le Front National commence à réfléchir à un vrai avenir politique sous la houlette d'un politicien ambitieux et doué, appliquant les codes du genre, j'ai nommé Marine Le Pen, la pénurie de travail est de plus en plus reliée aux communautés étrangères, même s'il y a une strate d'emplois qui leur est dédiée, travaux salissants ou pénibles que les purs blancs ne s'abaisseront pas à prendre.
En périphérie de l'Union, mais au coeur géographique de l'Europe, la Suisse est travaillée en profondeur par l'Union Démocratique du Centre d'Oskar Freysinger qui bloque la vente à l'encan des moeurs helvétiques bazardées par des politiciens trop à l'étroit dans la Confédération pour leurs ambitions internationales. La moindre votation équivoque secoue désormais toute l'Europe et les hémicycles strasbourgeois d'abord !

Une page se tourne. Les pouvoirs ont menti, les administrations ont apporté leur complicité, et se disent surpris maintenant que les peuples aient changé pour devenir moins moutonniers. Le peuple, outil de légitimation jusqu'ici, devient un empêcheur de tourner en rond et à défaut de cap donné qui lui convienne, prend sa propre boussole, la vraie, celle qui indique le Nord. Les sciences sociales convenues du vivre-ensemble dans des quotas acceptés d'avance sont un peu à la traîne, c'est un euphémisme.

A telle enseigne que le Parti Socialiste parisien réfléchit aux recommandations du think tank strausskahnien Terra Nova qui veut larguer les classes populaires définitivement attirées par les thèses simplistes et concrètes de la Droite. Il faut dire que le slogan meurtrier dévoilé par Pierre Lellouche en campagne va décimer les rangs : « Pas assez riche pour être socialiste » ; aussi vaudrait-il mieux pour les caciques de la redistribution de l'argent des autres, accepter l'hémorragie populaire et se recentrer sur un électorat aisé et raisonneur plus facile à convaincre. En fait, viser au centre et sur l'aile gauche de l'UMP. D'ailleurs le patron porschiste du FMI saurait assurément gouverner ces gens mais certainement pas s'imposer aux masses laborieuses & démocratiques qui le prendront pour Tonton Cristobal, le cul cousu de pesos ! Dès qu'ils seront révélés, les patrimoines des Eléphants vont les couler auprès des gens du commun qui triment ! Les masses automatiques bernées prendront-elles alors le pouvoir à Paris en renforçant le Front jusqu'à bloquer la dérive immigrationiste du Medef et la gabegie redistributive de l'Administration qui lui est liée ? On verra.

Une bonne chose est en route donc. La Corrèze avant le Zambèze¹.
Il est quand même moins que sûr que le raidissement des pouvoirs nationaux contre la pression migratoire et contre les délires bruxellois suffise à redresser les comptes européens de plus en plus déficitaires en terme d'innovation, industrie et sécurité, comme le montrent sur ce dernier point les difficultés à conclure l'affaire libyenne quand le commandement OTAN est livré aux seuls européens. Nous ne sommes "très bons" en France que dans la bancassurance, secteur puissant comme le colosse de Rhodes !
Vendre Le Pirée aux Chinois n'est pas si idiot. Ils montreront aux Grecs ce qu'est un port moderne qui gagne des fortunes. Volvo racheté par Geely a renoué avec les profits sans déménager les usines comme on le craignait. Saab va y passer aussi. En France, il serait bien avisé de confier aux Chinois la Douane et la Police, dans les Quartiers pour commencer. Et à y être, une île des Antilles pour y cloner Hong Kong, juste pour montrer aux cannibales ce qu'on fait avec de la montagne verte et de l'eau bleue sous les tropiques. On me dit dans l'oreillette que les Chinois, ce sont encore des étrangers. Damned ! On n'en sort pas.

Note (1): Raymond Cartier (1904-1975) dans Paris Match Print Friendly and PDF

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