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samedi 10 novembre 2012

Monsieur Placé monte en bateau

L'alliance des carpes et du lapin tourne au seau d'anguilles. Comme le lui prédisait son bon ami Schröder, M. Normal ne peut tenir longtemps l'attelage des revenants soviétiques et des végétariens en poil de mouton. Le courant central de sa majorité étant lui-même divisé entre trotskystes libéralisés (le parangon de l'apostasie), radicaux socialisants, molletistes de consensus, traminots du désir et centristes errants, il est à prédire que seule la menace d'un renvoi aux urnes en période de sondages atroces va calmer ce foutoir magnifique du rêve en marche. D'ailleurs, ne ruent que ceux qui en sont exempts, les sénateurs (on ne dissout pas le Sénat).

Les brontosaures du Front de Gauche ne peuvent plus s'asseoir sans douleur tant le cabinet Ayrault la leur a mise : dialogue social pour de rire, traité merkozien pour l'Europe des banques, choc fiscal des masses laborieuses et démocratiques, plans sociaux à la pelle défendus par un bellâtre de prétoire en marinière ; de courir aux sites il suffit (clic - clac).

C'est pire en vert. La règle d'or teutonne, l'achèvement de Flamanville et l'aéroport Ayrault de Nantes, c'était déjà beaucoup, mais accepté au motif des faibles scores électoraux obtenus malgré l'accord généreux de Solférino. L'électrification des transports induisant la pérénnisation des centrales déplaisait. Mais le grand plan de sauvetage de l'industrie française polluante, couplé à une réforme fiscale d'ampleur qui ignore ou reporte aux calendes la fiscalité écologique tant souhaitée, ne passe pas ; sauf bien sûr chez les EELV qui ne pourraient plus vivre sans les privilèges d'une prébende chèrement acquise. Le régime achète ses élus. On ne va quand même pas jeter la cocarde pour un peu de TVA sociale. Cohn-Bendit est d'ailleurs dans ce camp des thermidoriens.



Distraits par les lois sociétales instrumentalisées par le pouvoir comme un rideau de fumée cachant les "choses sérieuses", les alliés réalisent qu'ils sont venus dans une coalition commandée par un combinard, ce dont ils avaient été prévenus par les propres concurrents du président lors des primaires socialistes. Il est toujours dur de voir s'étaler publiquement sa seule ambition de parvenu politique, prêt à manger son chapeau pour bouffer ensuite à la cantine parlementaire. M. Jean-Vincent Placé ne se supporte plus !
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2 commentaires:

  1. Après la déclaration du président Hollande qu'un départ des écologistes du gouvernement serait "possible" même s'il n'est pas au moment souhaité, certains responsables socialistes misent sur ce largage du lest EELV et prennent Placé au mot, quand il menaçait qu'un revirement du gouvernement (sur le gaz de schiste) serait une violation absolue de l'accord passé, ce dont apparemment tout le monde se tape à gauche.
    Rocard compare ce gaz de schiste au gaz de Lacq extrait jadis par fracturation sans dommages, Montebourg maintient sur la table l'étude des techniques d'exploitation et Vidalies chargé des relations avec le parlement demande que cette énergie ne soit pas écartée pour l'éternité. Sans parler d'Allègre... (à suivre)

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  2. Au Sénat, le Parti communiste mène la vie dure au gouvernement, surtout dès qu'apparaît dans un projet la patte des écologistes. Après avoir refusé aujourd'hui la taxe Nutella, la taxe Aspartame, ils rouvrent en commission, présidée par le socialiste Daniel Raoul, la recherche technologique pour le gaz de schiste, bête noire de MM. Placé et consorts verts. Qu'en dit Le Figaro ?

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