mardi 21 janvier 2020

Le Duc d'Anjou à Paris


[Spécial Royco] Une fois encore, le prince Louis de Bourbon a honoré de sa présence la messe expiatoire en la Chapelle éponyme pour se souvenir du roi Louis XVI décapité par la nation le 21 janvier 1793. Comme le pressentait Léon Bloy, nous y avons gagné une damnation éternelle ! Après l'allocution que nous propose la page Facebook des Rois souterrains, le duc d'Anjou a participé à la marche annuelle pour la vie, avenue de l'Opéra, liant sans effets de manche les deux manifestations qui se faisaient concurrence jusqu'ici. On le savait décidé, actif, résilient aux attaques, il montre dans son discours qu'il ne craint pas de montrer du doigt les responsables des désordres français. On notera en introduction l'élégance du prince dans l'hommage appuyé au défunt duc de Bauffremont avec lequel il eut maille à partir jusqu'à créer une structure séparée de l'IMB, l'Institut Duc d'Anjou, IDA. La réconciliation eut lieu du vivant du duc de Bauffremont par l'arrêt de l'IDA, et les choses sont revenues en ordre de ce côté-là.


On ne peut passer sous silence le cuir de la Comtesse de Paris qui à la sortie de la messe de Dreux avouait au journaliste qu'on ne pouvait juger aujourd'hui les fautes d'hier, eussent-elles engendré la Terreur, sous-entendant que Philippe-Egalité avait agi selon les circonstances du temps. Je pense que la communication du château devrait être laissée aux bons soin du prince Jean qui a plus l'habitude de cette exposition publique que son épouse autrichienne. C'était la première fois que la Maison d'Orléans organisait une messe de repentir dans son fief. Jusqu'ici, feu Mgr le comte de Paris n'avait fait que participer à la messe du Cercle de l'Œillet Blanc à Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, en implorant le pardon du Ciel. Il n'est plus que temps que les maisons de Bourbon, Parme et d'Orléans organisent une messe annuelle commune chaque 21 janvier, manifestation qui donnerait une image claire de leur existence à la population française.




Postscriptum du 22 janvier 2020 via La Couronne : Prière de repentir du comte de Paris, Jean d'Orléans, en ouverture de la messe expiatoire du 21 janvier à la nécropole royale de Dreux :

Seigneur,

Moi, Jean, Comte de Paris,
Comme tout fidèle au début de cette messe, je me reconnais pécheur devant Toi.
La Maison Royale de France, dont par Ta grâce je suis devenu le chef, nous Te demandons pardon, ainsi qu’aux victimes des fautes de nos ancêtres et en particulier de celle de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans à l’égard de son cousin Louis XVI, roi de France, père de son peuple et qui a reçu l’onction par le sacre, mais aussi à l’égard de sa famille et de la France.
Nous implorons Ta miséricorde sur nous, notre famille et notre pays. Tu le sais, comme Josué, nous et notre maison, nous avons choisi de Te servir.

(source Facebook - Comte de Paris le 21.01.20-09:31)




Ce repentir officiel et public du chef de la maison d'Orléans est considérable d'importance. Il ressoude l'hérédité des fautes jusqu'ici niée par les descendants, en même temps qu'il la fait absoudre par Celui qu'il implore.
Cette démarche d'humilité permet le raccord aux quarante rois jusqu'ici impossible. C'est un grand moment, solennisé par l'érection d'une belle stèle du souvenir de Louis XVI au sein de la Chapelle Royale de Dreux. S'ils sont adroits, les docteurs de la monarchie ont ici matière à faire tomber le lambel de blocage.

lundi 20 janvier 2020

Miserere mei Deus !

Le plus beau des miserere, le Miserere d'Allegri (1639) sur le psaume 50 du roi David en l'abbaye de Lagrasse, born 779 still going strong !


Miserere mei, Deus : secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, dēlē iniquitatem meam.
Amplius lavā me ab iniquitate mea : et peccato meo mundā me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognōscō : et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccāvī, et malum coram te fēcī : ut justificeris in sermonibus tuis, et vincās cum judicaris.
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum : et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti: incerta et occulta sapientiæ tuæ manifestasti mihi.
Asperges me, Domine, hyssopo, et mundābor : lavābis me, et super nivem dēalbābor.
Auditui meo dabis gaudium et lætitiam : et exsultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a peccatis meis : et omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum crea in me, Deus : et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Ne projicias me a facie tua : et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi lætitiam salutaris tui : et spiritu principali confirma me.
Docebo iniquos vias tuas : et impii ad te convertentur.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meæ : et exsultabit lingua mea justitiam tuam.
Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique : holocaustis non delectaberis.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus : cor contritum, et humiliatum, Deus, non despicies.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : ut ædificentur muri Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes, et holocausta : tunc imponent super altare tuum vitulos.

samedi 18 janvier 2020

Requiem de Neukomm pour Louis XVI


Résultant d’une commande de Talleyrand au compositeur autrichien Sigismund Ritter von Neukomm, ce requiem en ut mineur fut créé le 21 janvier 1815 au Congrès de Vienne en présence de tous les souverains et représentants diplomatiques des plus grandes puissances, réunis pour reconstruire l’ Europe sur les décombres de l’Empire français. Dédié à la mémoire du roi Très Chrétien Louis XVI, il fut donné en la cathédrale Saint-Etienne avec la participation de plus de trois cents chanteurs répartis en deux chœurs dirigés respectivement par Neukomm et Salieri (source Chœur & Orchestre Sorbonne Universités).

Cette œuvre est proposée sur inscription au public ce jeudi 23 janvier à Saint-Louis des Invalides à 20 heures.

jeudi 16 janvier 2020

La chute de la Maison Macron


La réunion africaine de Pau sur les terres de Bayrou le visqueux est un coup d'épée dans l'eau du terrorisme. Alors que l'ambition du président Macron était d'engager plus avant les armées africaines du Sahel, formées convenablement par des instructeurs occidentaux depuis plus de deux ans, et d'enrôler sur un volet "renseignement et rezzou" les forces spéciales de nos partenaires européens, la décision finale est d'augmenter (petitement) le contingent français et le son des incantations collaboratives. Les réponses européennes arrivent timidement par pure compassion, mais le refus de l'Allemagne d'y participer détruit l'esprit de fraternité établi par la brigade franco-allemande. Sur le fond de l'affaire qui reste politique quoiqu'on en pense, il n'y a aucun progrès. Le colonel Goya a fait un point de situation remarqué auquel le Piéton renvoie ses lecteurs militaristes : De ma terre jusqu'au Sahel.

D'autres observateurs spécialisés, comme Lugan, nous promettent un ensablement au Sahel, et mon opinion est que, sans règlement contraint de la question touarègue et sans l'implication des deux armées arabes du Nord (Algérie et Maroc), nous chauffons dans le manteau un petit afghanistan qui va nous bouffer le foie. Après la reddition contrôlée d'Abidjan sur le crime colonial qui donne des billes à nos adversaires à l'intérieur et en Afrique, les revers probables au désert, où seule tient bon la Mauritanie, annihileront la politique africaine de la France. Ce sera sans doute le dernier clou dans le cercueil des ambitions de Brigitte Trogneux pour son élève !

Le reste va venir plus vite. Allons à l'essentiel : la mère de toute réforme socio-politique en France est la réduction du périmètre de l'Etat, partant, la réduction d'une dépense publique que le pays ne peut plus soutenir sauf à quêter en permanence chez les émirs du Golfe. On ne reviendra pas sur le péril de la Dette pour un pays moyen petit, sans rente ni imagination. Le retournement de conjoncture sur le marché des bons appellera un service de la dette qui ne pourra être assuré qu'en séquestrant l'épargne populaire résidente, l'épargne technique des initiés n'ayant pas attendu l'orage pour fuir.

Or M. Macron n'a pas avancé d'un pouce depuis deux ans et demi sur cet axe qui commande tout. Les réformes catégorielles (code du travail, statut de la SNCF) ne sont pas au niveau de l'enjeu. Ce pays crève de ridicule quand il est comparé à ses voisins. Qu'on parle du taux de prélèvements obligatoires, de chômage, du classement PISA, des dysfonctionnements généralisés dans la sphère publique (hôpitaux, transports, agriculture, services de proximité, désorganisation judiciaire, gestion de l'immigration, la liste est longue), nous sommes partout moins bons... et plus chers. Ce qui affecte mécaniquement le taux de confiance que nous accordent nos partenaires européens qui semblaient, à en croire la presse officielle, favorablement disposés à notre égard lors de l'avènement du jeune empereur. L'Europe sérieuse ne demandait pas moins que l'impossible à ce nouveau tribun dont les discours rappelaient les grandes envolées de la Société des Nations. Et la réforme de l'Europe, moins comptable, plus entreprenante, se paraît des atours de la conviction partagée. Il n'en reste plus rien ! Indice ? Après l'échec de la conférence libyenne de Moscou, c'est Berlin qui hébergera la conférence des Nations-Unies avec participation des protagonistes. Bien que présente dans le groupe des membres permanents du Conseil de sécurité, la France est marginalisée. Angela Merkel ne va pas se laisser voler la vedette par le président bavard d'un pays en faillite. Deuxième indice ? La défense européenne, marotte française, ne fait plus recette à Bruxelles ; la Commission envisage de faire des économies drastiques sur le volet PSDC du budget de l'Union et le Parlement européen a voté avant-hier le rapport annuel sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune par seulement 364 voix sur 707 exprimés. Greta Thunberg qui a "fait" 482 voix, pèse plus lourd qu'Emmanuel Macron.

L'Europe, défiée quotidiennement par les empires revenus et embringuée dans des conflits où elle refuse de combattre, n'attend plus rien de M. Macron. Et le problème d'icelui est bien que le peuple français pour les deux-tiers n'attend plus rien de lui non plus.

Le quinquennat est terminé confiait William Thay aux Echos d'hier (clic). Le projet de loi synthétique sur les retraites, amalgamant au régime général des droits particuliers pour les corporations les plus bruyantes, croise à angle droit le régime universel du point au même prix pour tous. Ecrasé par le front syndical des privilégiés, le pouvoir qui a laissé bêtement s'y agréger toutes les professions libérales, et qui a géré le mécontentement des Gilets jaunes en dépit du bon sens, est dorénavant interdit de réforme par la rue. Indice ? Après quarante-deux jours de grève et de galère, la moitié des Français soutient le mouvement des privilégiés ! On mesure la haine que M. Macron et son gouvernement ont suscité.

Quelques idées furent bonnes mais non suivies d'effet, comme les cahiers de doléances des états généraux informels que la Commission nationale du débat public savait gérer mais que l'intelligence artificielle du gouvernement Philippe s'avère incapable aujourd'hui de transformer en propositions. Autre bonne idée, le Conseil des 150 pour contrer l'évolution climatique ; le tirage au sort a été biaisé et il n'ira pas plus loin que l'ambassade des pôles. Le bateleur de l'Elysée y trouvera peu de satisfaction tant l'audience est lassée maintenant du marathon didactique transformé en one-man-show.

M. Macron n'est pas venu de nulle part. Il est le champion de la haute bourgeoisie socialiste qui détient des journaux d'opinion, des banques, des réseaux d'influence comme les francs-maçons et des affiliations internationales. Mais le brillant lauréat du concours général de la Somme, que l'on a trop souvent félicité dans la sphère privée, a pris le melon dès sa victoire. Au bénéfice du doute, on lui passait tout. Après Hollande le grisâtre, il fallait bien que ça change ! Puis les erreurs se sont accumulées, à commencer par la suppression de l'Isf qui, bien que promise, n'était pas une urgence des cent jours. Vint après la jupitérisation un insupportable dédain des gens qui manifestaient leur mal-être, jusqu'à la coagulation sociale des mécontents de la basse classe moyenne étranglée d'impôts sur les ronds-points, lesquels eurent assez tôt le sentiment d'être pris pour des peigne-culs.
Crut-il renverser la contestation par les réunions foraines de ville en ville où il montrait ses capacités de débatteur infatigable en bras de chemise ? Sincèrement il y a cru. Mais la bonne connaissance des dossiers n'induisait pas leur solution. Et de ça les Français se rendirent vite compte. Quoiqu'il dise aujourd'hui, hormis dans le camp assez étroit (+/-20%) de ses supporters, les gens se bouchent les oreilles. Il agace.

Quand personne ne vous croit plus en démocratie, on s'en va ou on tourne au satrape. Bien des indices laissent penser qu'au prétexte moral toujours réinventé, le pouvoir tourne à la tyrannie. Avec la loi Avia qui complète les lois anti-terroristes, nous allons entrer dans l'ère de la chasse aux dissidents. Welcome in 1984 !

mardi 14 janvier 2020

À chacun sa m...

Le premier djihadiste français de l'Etat islamique en Irak et au Levant est sorti hier lundi de prison après avoir fait son temps. Sans doute, comme Gilles le Guen capturé à Tombouctou et libéré pour bonne conduite l'an dernier, le dit Abdel Fattah (Flavien Moreau de Nantes) sera-t-il astreint à un pointage quotidien au commissariat du quartier, surveillé et soumis à d'autres mesures que nous ignorons. Une vingtaine vont le suivre cette année.
Au même moment, le Garde des Sceaux Belloubet se déclare favorable au retour des enfants regroupés dans les camps du Levant et au rapatriement des assassins-combattants qui ne peuvent pas être jugés en Irak pour d'évidentes raisons de sous-capacités du système judiciaire irakien. Les veuves noires feraient partie du lot.

Puisqu'en cherchant un peu, on trouve tout sur Internet, ce billet limite son ambition à réfléchir sur un dilemme majeur de notre époque et laisse chiffres et détails à la navigation de chacun. Disons simplement qu'on parle en centaines d'individus. Tant le président Erdogan que le président Trump demandent aux nations européennes de récupérer leurs ressortissants pour l'instant parqués dans divers camps (kurdes souvent) afin de garantir qu'ils ne s'évaporent pas un jour vers les zones de conflits à la faveur d'un aléa de la guerre au califat, et pour soulager l'ordinaire et le sanitaire des communautés qui les détiennent. La démarche se résume fort bien par l'expression triviale : "A chacun sa merde !" Les Européens - sauf les Danois qui les groupent dans une sorte de château d'If - sont très embarrassés parce que leurs systèmes judiciaires sont débilités par des décennies de "compréhension" à l'endroit des coupables en voie de repentir. Même si les condamnés ayant purgé leur peine restent normalement sous contrôle, sauf quand ils vont égorger le Père Hamel à St Etienne du Rouvray, nulle assurance n'est donnée quant à leur "conversion", leur retournement, leur normalisation. Les souvenirs des atrocités auxquelles ils ont assisté ou participé sont imprimés au fond de l'âme et rien n'indique que le plaisir qu'ils prirent jadis ne ressurgisse pas demain au moins en intentions. On en vient vite à la question de la peine de mort : c'est la seule police d'assurance et la moins chère en primes. Qui soutiendrait, et sur la base de quoi, que le peuple français broncherait à la liquidation de djihadistes ayant perpétré des crimes de sang dans toute l'horreur que l'EIIL nous a montré complaisamment dans ses reportages de propagande ? Une seule photo suffira, celle des Coptes égyptiens égorgés pour leur foi en Libye, mais il y en a de bien plus atroces que nous ne publierons pas pour éviter d'être accusé de racolage.


Une nation saine aurait déjà rapatrié ses ressortissants qui lui avaient déclaré la guerre. Mais la France n'en est plus une. Entre les débats byzantins sur la déchéance de nationalité, l'application tatillonne des jurisprudences quand le code ne suffit plus, le confort de l'incarcération sur instruction, les circonstances toujours atténuantes, les remises de peine, le pays est exposé comme jamais il ne le fut depuis l'armistice de juin 40. Qui a compris ça :

Nous avons en France une masse importante de musulmans radicalisés au seuil du terrorisme (FSRPRT): on parle de presque vingt mille ! Rapatrier les djihadistes de l'EIIL c'est à terme incorporer leurs chefs dans l'armée future du califat. Ce ne sont pas des caïds de cité qui rentreront mais des "cadres" ayant combattu dans les pires conditions et rescapés de durs combats où tombèrent des milliers de leurs camarades. Sans parler du prestige qu'auront ces détenus auréolés de gloire dans nos prisons françaises, on n'imagine pas l'influence des libérés sur parole dans cinq ou dix ans sur leurs communautés d'origine ! Et c'est bien là la faute majeure de ces gouvernements de danseuses qui ne savent pas trancher au col. Nous formons inconsciemment l'armée islamiste de l'intérieur. Espérons seulement que les bonnes âmes y passeront les premières.

Que faire d'autre sinon qu'une révolution ? Ce n'est pas la peine d'attaquer Mme Belloubet ; c'est la classe politique qui est rongée par l'affaissement moral de notre société, à moins que l'Etat profond qui est raisonnablement "tueur" ne prenne le dessus sur les intermittents de la Bêtise.

dimanche 12 janvier 2020

Meghxit

Cliché ©Splash Magazine

Les ducs de Sussex ont soixante-treize ans à eux deux. Même s'ils cultivent un côté adulescent, ce ne sont pas des perdreaux de l'année. La tragi-comédie du retrait de la Firme, loin des yeux mais près des sous, plante un clou dans la poupée vaudoue de la dynastie Saxe-Cobourg-Gotha, naturalisée Windsor en 1917 pour se départir des Huns qu'on allait écraser. La gentry anglaise a toujours pris de haut ces nobles d'importation. D'ailleurs les Spencer ont plus d'une fois signalé qu'ils étaient seigneurs sur leurs terres bien avant que ne débarque la famille régnante. C'est le funeste épisode "Wallis Simpson" qui a entamé le prestige de la dynastie. Et c'est justement cette affaire qui remonte en surface dans le caprice de la duchesse de Sussex aujourd'hui. Le mariage très inégal du frère du futur roi d'Angleterre, le statut de divorcée de l'épousée, la condition d'actrice et sa matité héritée de maman, plus son américanité synonyme grand-breton de barbarie, résonnent dans le passé. Annonçaient-ils sa fuite au Canada, laissant le gentil prince Harry se dépatouiller seul avec la famille régnante prise au dépourvu. C'est ce que pense une majorité de gens qui ne lisent pas tous les tabloïds londoniens. Le peuple est déçu, sauf une poignée de républicains qui louent le caractère frondeur d'un couple décidé à vivre par lui-même et pour lui-même, loin des hypocrisies royales. C'est sûr qu'il n'y en a pas ailleurs !

Le prince est le fils cadet de Lady Diana, tuée, on s'en souvient, par les reporters-photographes dans le tunnel de l'Alma à Paris. Il a conservé de cette tragédie une exécration de la presse people devant laquelle ses fonctions dynastiques l'obligent à se présenter, quand son épouse, actrice remarquée outre-Atlantique, s'y ferait plutôt bien, si tant est qu'on ne l'accable pas pour des détails. Ce défaut d'axe entre eux va grandir dans le futur mais il est peut-être moins dangereux que le projet humanitaire qui n'en est pas vraiment un au fond. Manger sur du Charity Bizness n'est pas digne d'un duc, vendre des mugs à l'effigie du couple non plus. Si ce n'est déjà fait, Meghan Markle va comprendre qu'elle a épousé un prince de belle prestance certes, mais un peu immature. Comme d'ailleurs une bonne partie de la Firme. Que l'on pense à Margaret, sœur de la Reine, et ses amants officiels, au prince Andrew et Sarah Ferguson, et même, pourquoi le cacher, à Charles et Camilla Parker-Bowles. La Maison Windsor aurait pu faire mieux avec une pincée de bromure dans le five o'clock.

Dans un long article donné au New Yorker, Rebecca Mead démonte le termitage de la charpente monarchique anglaise et, partant de la monétisation de la marque "Sussex Royal", conclut en termes définitifs comme suit :
« This step is unlikely to please critics who insist that Sussex is a title, not a brand name, and that it is no more Harry and Meghan’s to exploit than Buckingham Palace is the Queen’s to sell off. This is a position in which the republican-leaning petitioners of Brighton and Hove find themselves in unlikely unity with the royalist and would-be Sussex canceller, Piers Morgan. That the monarchy is an intolerable institution can be widely agreed; the Duke and Duchess of Sussex are merely the latest and loudest to say it, just as George IV, with his bedizened escape hatch by the sea, was one of the most flamboyant to express it. There are many reasons to argue for the monarchy’s abolition; it is only lately that the human rights of those born and married into it have come into focus as among the most compelling arguments for the institution’s obsolescence.»



Harry est un pilote d'hélicoptère militaire (Squadron leader de la Royal Air Force). Il plairait à tout le monde qu'il monte une compagnie de services héliportés à Vancouver ou à Seattle, qu'il abandonne un métier de relations publiques qui le gave, et devienne patron de sa propre affaire et de sa propre vie. Si Meghan ne l'a pas épousé que pour le titre, elle le suivra et l'épaulera. A défaut, il continuera seul, jusqu'à trouver l'âme sœur moins éblouissante sans doute mais plus "raccord". C'est tout le mal que je souhaite à ce garçon si sympathique.


samedi 11 janvier 2020

Il est minuit Docteur Tsaï !


Le camp de la liberté a gagné les élections de Taiwan avec une meilleure mobilisation de la jeunesse épouvantée par la répression communiste à Hong Kong et celle moins connue des minorités aborigènes de l'île outrées du sort fait aux Ouighours du Turkestan chinois. Le gauleiter du Guomintang Han Kuo-yu va-t-il retourner à sa mairie de Kaoshiung après une sévère perte de face ? C'est la question que le peuple en liesse ne se pose pas.

Tsai Ing-wen (c'est la Wikipedia qui en parle le mieux) avait subi l'érosion de tous les dirigeants démocratiques, assaillis d'intérêts particuliers qu'ils ne peuvent satisfaire tous. Les Taïwanais vivaient leur démocratie à l'occidentale, demandant toujours plus et une juteuse embellie économique inter-chinoise. Ce qui laissait croire que le Guomintang, toujours le parti de la réunification - retrouvait des couleurs et devait facilement gagner. Jusqu'à ce que les gens s'aperçoivent que les libertés acquises étaient précarisées par la doxa continentale et que la démocratie dont on ne voyait pas les effets positifs, pouvait tout simplement mourir dans un rapprochement avec le Parti communiste chinois. D'où la réaction.

Le mot qui résume tout dans les émissions post-électorales ce soir est celui de "démocratie" parce qu'il est blasphématoire en Chine populaire. La présidente réélue tend la main au pouvoir chinois pour apaiser les tensions dans le Détroit, expression qui couvre toutes les dissensions politiques et économiques entre la petite Chine nationaliste et l'énorme Chine communiste. Xi Jinping entendra-t-il raison ? Rien n'est moins sûr.
Dans son hubris despotique, l'empereur revenu - il ne lui manque en réalité que le titre - ne pourra accepter aucune déviation de la sacro-sainte ligne politique, même pour de mutuels bénéfices, alors que ses prédécesseurs avaient mis beaucoup d'eau dans leur vin pour faciliter les échanges entre les deux provinces sœurs que sont le Foukien et Formose, les deux parlant la même langue, le hokkien. La vie était devenue normale pour les uns et les autres et un flux continu de touristes continentaux ne cessait de croître, la curiosité à l'égard de la Chine ancienne l'emportant sur toute autre considération patriotique. Pékin a coupé le flux des voyages individuels en 2016 pour punir le cabrage de la présidente de l'île rebelle, n'autorisant plus que les voyages organisés (par le Parti). Le motif secondaire était la masse d'éloges rapportés du voyage par des centaines de milliers de Chinois originaires des cinquante villes délivrant des visas pour Taïwan. Assez impressionnés par le calme au quotidien, la gentillesse naturelle des gens et les libertés publiques, ces voyageurs diffusaient des idées malsaines à leur retour à la maison. Depuis cette attaque économique sous la ceinture, Taïwan a fait plus largement la promotion touristique du pays en Asie et en Océanie ; sa fréquentation a atteint des records, compensant le recul chinois.

Les bisounours de la diplomatie consensuelle s'attendent à un apaisement pragmatique sur le Détroit, ce qui indirectement détendrait les crispations en Mer de Chine méridionale où les riverains commencent à s'agacer de la morgue chinoise. Mais une analyse plus fine, tenant compte des défis intérieurs, conduit à anticiper un renforcement de l'hostilité communiste, les principes marxistes-léninistes ne pouvant plier devant les réalités mercantiles, et pis encore, devant cette horreur occidentale qu'est le simple bon sens !

jeudi 9 janvier 2020

Pour Louis XVI


21 janvier, le jour noir de l'année royaliste. Nous commémorons la décapitation du roi Louis XVI condamné par les représentants du peuple et son cousin pour conspiration contre la liberté publique et attentats contre la sûreté générale de l'État. C'est ce que dit le jugement. De fait on l'avait chargé de tout les péchés d'Israël et l'intention avouée des Montagnards derrière Robespierre n'était que de le tuer. Ce qui entraînera par la suite l'extinction de la lignée directe par la mort/disparition du Dauphin. Les Révolutionnaires avaient anticipé que le retour des frères du défunt roi serait moins dommageable ou plus facilement combattu que l'accession du jeune Louis XVII.

Le Père Duchesne qui fut l'organe de presse le plus assidu à l'insulte reçut une leçon de dignité qui lui tira des larmes : « Il écouta avec un sang-froid rare la lecture du jugement. Il eut tant d'onction, de dignité, de noblesse, de grandeur dans son maintien et ses paroles, que je ne pus y tenir. Des pleurs de rage vinrent mouiller mes paupières. Il avait dans ses regards et dans ses manières quelque chose de visiblement surnaturel à l'homme. Je me retirai, voulant retenir des larmes qui coulaient malgré moi et bien résolu de finir là mon ministère. » Il est vrai que si son courage ne fut jamais mis en cause, on reconnaît mal le roi Louis XVI dans cette description. Prince sans doute le plus cultivé de son époque, père attentionné, mari fidèle, croyant sincère, passionné de sciences dures, mathématiques, physique, géographie et de mécanique, il avait toutes les qualités de l'honnête homme. Hélas, impolitique en diable, impulsif, incohérent souvent, sa charge l'agaçait au point que ses tergiversations ont pu le ranger dans le camp des paresseux. Le roi tire le char, à peine d'être écrasé par lui. Le char de la Révolution l'écrasa.

Il incombait à Louis XVI de conduire la révolution d'un Etat et d'une société qui en criaient l'impérieux besoin. Ayant lu l'Encyclopédie, il observa les événements mais n'en vit pas la queue de trajectoire, et freina des quatre fers quand il retrouva un certain pouvoir en tant que roi des Français. Aurait-il frappé le coup décisif au bon moment qu'il aurait pu réussir et enterrer ses ennemis ; mais s'il en a jamais eu l'intention, la force de caractère et la capacité de travail lui manquèrent pour être à l'initiative. Il ne sut convertir ses idées en action, parce que - c'est la thèse royaliste - il n'avait pas été dressé assez tôt à la fonction qui normalement devait revenir à l'aîné Louis-Joseph, mort avant l'âge de dix ans. On touche du doigt les limites de la Loi Salique qui se trompe au plus mauvais moment en élisant l'intellectuel le plus doué au lieu d'un roi à poigne. Faut-il continuer à soutenir que Dieu choisit et la Loi verrouille ce choix ? Cela nous entraînerait trop loin pour un simple billet d'annonces de pieuses manifestations.

Charles-Henri Sanson qui exécuta le roi place de la Concorde, fut frappé par la dignité du supplicié au point d'infirmer les rumeurs de panique que faisait courir le camp révolutionnaire sur le compte du roi : « Il a soutenu tout cela avec un sang-froid et une fermeté qui nous ont tous étonnés. Je reste très convaincu qu'il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion dont personne plus que lui ne paraissait pénétré ni persuadé.» C'est en souvenir de sa haute tenue à l'énoncé de sa condamnation et sur l'échafaud que cette année encore, des messes à sa mémoire seront dites partout en France pour le repos de son âme. Les trois offices principaux sont prévus à la Basilique de Saint-Denis le mardi 21 janvier à midi ; à l'église de Saint-Germain l'Auxerrois le même jour à 12h15 (Paris 1°) ; et à la Chapelle Expiatoire le dimanche 19 janvier à 10h30 (Paris 8°). Par ailleurs, le mardi 21 janvier un hommage à Louis XVI sera rendu place de la Concorde à 10 heures, à l'emplacement-même de la guillotine de 1793, à côté de la statue Rouen, face au Crillon. Quant à la traditionnelle marche aux flambeaux de l'Action française, elle partira de la Place des Pyramides le samedi 18 janvier à vingt heures.



« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet »

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