jeudi 13 janvier 2022

Du microcosme

Spécial royco ! Le 2000ème article de Royal-Artillerie se termine sur un point d'interrogation : Serons-nous prêts au jour de l'insurrection qui vient ?. A vue de nez, non ! Et jamais ne le fûmes ! L'impuissance est consubstantielle au mouvement royaliste comme nous le montre son histoire. Comment se défaire de cette malédiction est le préalable à tout renouveau royaliste en France. J'en demande d'avance pardon au distingué lectorat de Royal-Artillerie si ces propos peuvent choquer, mais dans l'état de sédimentation du mouvement monarchiste il est temps d'en venir à la raison avant de laisser parler le cœur.

Typique de "la droite où l'on n'arrive jamais" comme disait Yves-Marie Adeline, le mouvement royaliste n'a jamais surmonté la liquéfaction de la menace qu'il représentait encore le 5 février 1934, ni l'erreur stratégique de Charles Maurras du 9 février 1941. Dans un article du Petit Marseillais, le Martégal évoqua la divine surprise du programme de Révolution Nationale, apportant jour après jour un soutien indéfectible au maréchal Pétain, le seul républicain des derniers maréchaux. Défendre jusqu'au bout Philippe Pétain contre les évidences d'une dérive meurtrière qui allait tourner à l'abomination n'était pas un cadeau pour la suite. Sa myopie fatale emporta toute l'Action française dans le même opprobre après-guerre, malgré les cohortes de royalistes qui avaient rejoint Londres, l'empire ou la Résistance. La classe politique battue en 40 renaquit de ses cendres plus arrogante encore à la Libération pour avoir perdu la guerre et réinventa le combat contre les "ligues dissoutes" qui contestaient sa captation illégitime des pouvoirs. Une conspiration du silence s'installa donnant tout l'espace aux organes et partis de gauche revenus. Malgré le nouveau souffle de Pierre Boutang et de ses amis cherchant la lumière dans un réhaussement intellectuel de qualité, la vieille maison expulsa tout aggiornamento dans des chapelles latérales qu'elle voulait obscures, se cramponnant aux vessies maréchalistes jusqu'à complète banqueroute du journal au terme d'une longue agonie. Ainsi a-t-on vu et successivement la parthénogenèse de la Nation française, de la Restauration nationale, de la Nouvelle Action française, du Groupe Action royaliste et quelques autres décédés en chemin. Les légitimistes ne furent pas non plus en reste qui se scindèrent entre "libéraux" et intégristes purs blancs pour se détester copieusement par dessus les tombeaux de la race épuisée.

Se diviser pour s'affaiblir semblait être l'ADN du mouvement qui s'est en plus investi dans la ridicule querelle dynastique, un combat de fantômes si on allume le projecteur des réalités qui les fait disparaître. Tout ça pour aboutir récemment au constat terrible que rien ne sera jamais prêt au jour de la rupture de paradigme. Malgré un combat courageux de tous les jours, Jean-Philippe Chauvin, pour qui j'ai une estime particulière, mourra royaliste ! Les campagnes politiques se succèdent en l'absence d'offre monarchiste. L'exemple récent le plus frappant fut l'incapacité du mouvement royaliste à embrayer sur l'irruption des Gilets Jaunes sur les ronds-points ! Manquait-il dans notre poche à tous un vademecum dialectique du royaume à venir ? Sans aucun doute ! L'Ecole de pensée pas plus que les Cercles ultras n'a jamais atterri sur un rond-point !
Seule l'Alliance royale a conçu et diffusé une plateforme politique jouable sur le papier, mais l'impécuniosité tragique de toute chapelle en odeur de sainteté, l'a privée d'un retour sur investissement après que son fondateur, vexé de l'hostilité sourde des chapelains et de celle explicite du prétendant d'Orléans en stage de Légion d'Honneur, jeta l'éponge au motif des parrainages impossibles à récolter. Il eut été mieux inspiré de persister sur un axe que nous trouvions juste et pertinent : faire la propagande du roi adossée à une nouvelle constitution sans s'indigner des embûches politiciennes qui lui faisaient perdre du temps. Nec Spe Nec Metu, la lutte continua néanmoins dans l'honneur (clic).

microcosme au microscope

Le Piéton ne cherche pas noise aux chapelles. Il leur dit simplement que le mouvement royaliste français tourne en rond au lieu de s'élancer sur un axe de conquête des esprits. Il fut un temps où, sous l'impulsion du Groupe de liaison royaliste, dissous depuis, l'idée avait germé de tenir des assises du royalisme (clic) pour mettre le problème de l'impuissance chronique sur la table. Tout fut bon à ruiner cette idée dangereuse. Les positions acquises sur un socle restreint de militants, mais aussi un réflexe de conservation des hypothèques souscrites par les aînés disparus, eurent raison d'un nouvel aggiornamento. La monarchie du futur passera après la promotion de vieilles idées du XIXè siècle, après la nécrologie de gloires à jamais enfuies. Est venu maintenant le moment d'affronter les docteurs de la loi qui désignent impérativement le successeur de Charles X sur le trône de France comme le résultat d'une équation tirée des Lois fondamentales du royaume ou de traités anciens, les déviant selon les circonstances. Jamais ! Et cette aversion des penseurs royalistes à réfléchir sur le faisceau de paramètres à réunir pour qu'une monarchie active, réactive et de temps long arrache le pays d'aujourd'hui à son déclin, me navre. C'est le petit schéma de la monarchie héréditaire successible par ordre de primogéniture mâle qui tient la rampe, bien qu'il ait échoué, complètement et trois fois. Ce qui m'émeut n'est pas la gloire à venir d'un roi superbe et bien entouré, mais la survie de la France que j'aime et que je sens passer entre mes doigts comme le sable fin de la plage du Grand Travers. Pourquoi la plupart des intellectuels royalistes refusent-ils de phosphorer sur une rénovation de l'offre politique ?

Le peuple n'est pas arithméticien mais de souche gauloise et franque, ou pire en un sens et pour partie récente, de culture caïdale. Il n'acceptera jamais le rejeton blafard d'une ancienne famille régnante déposée. Il attend le condottiere qui lui donnera envie d'être plus grand qu'il n'est grand. C'est comme ça ! Demandez aux mânes de Charles de Gaulle puisqu'il revient à la mode en période électorale. Alors ne venez pas avec un aquarelliste, un aîné foudroyé par la toxoplasmose, un bedeau, un libraire, un comptable ou un employé aux écritures de son beau-père, ça ne le fera pas. Désolé vraiment, mais ce billet de clôture n'est pas gentil parce qu'aucun motif de se réjouir ne court l'arène royaliste française, qui semble cultiver avec gourmandise l'obsolescence et la loi salique de 353 (si, si !), niant tout darwinisme : Evolution, Adaptation ! Un conseil pour la route ?

Acceptez, messires chapelains, d'être nommés sur mandat impératif d'objectifs négociés, et déchargés sur quitus au terme de la mission. Toute l'affaire est à repenser en tenant la rampe du modèle entrepreneurial, à défaut de quoi les tribuns persisteront à vouloir briller dans des conférences du mécontentement à cinquante pélerins, qui n'agrègeront que des convaincus, la plupart refusant de se compromettre pour le roi, passé la porte. L'énergie à convaincre s'obtient par la dynamique. Galette, messe, camp n'y suffisent pas. Tout ceci est sans doute maladroit sinon même indûment arrogant, mais pour commencer le vrai combat il faut un projet clair, compréhensible par tous. Il faut accoucher d'une réalité ! On va revenir là-dessus, ce mois-ci.



Ce billet est le deuxième d'une séquence "Rénovation" qui forme la deux millième contribution du Piéton du roi au blogue Royal-Artillerie. Elle se compose des trois articles suivants :

mardi 11 janvier 2022

Est-Ouest

T64-2017

La semaine diplomatique Est-Ouest est séquencée en quatre tiers (comme au Bar de la Marine) et bizarrement s'est engouffrée dans le défi politique intérieur russe qu'affrontera Vladimir Poutine s'il fait mine de reculer. Sa réélection truquée de 2024 est conditionnée par la gloire rapportée du Front, parce que les résultats intérieurs ne sont pas au rendez-vous du culte soviétique de la personnalité et qu'il lui faut des succès étrangers, même si l'opinion russe est assez rétive aux aventures lointaines. On résume la semaine en cours :

  • 1/3.- Négociation américano-russe à Genève sur les menaces acceptables de part et d'autres. Les Américains montent l'enchère sur les missiles.
  • 2/3.- Mise au clair des positions stratégiques réciproques entre l'OTAN et la Fédération de Russie en ressuscitant le COR à Bruxelles.
  • 3/3.- Rapport à l'OSCE de Vienne présidée par la Pologne, sur les positions acquises, en présence de l'Ukraine et des neutres.
  • 4/3.- Rapport informel au secrétariat du Conseil des Etats de l'Union européenne pour englober les institutions bruxelloises dans le schmliblick à la demande expresse d'Ursula von der Leyen et du président éphémère Macron.

Ce quatrième tiers n'est pas décidé à l'heure où nous rédigeons ce billet mais n'est pas douteux, sauf à vouloir humilier la France qui tient la masse d'arme financière pendant six mois : paye et tais-toi ! Mais Stoltenberg peut très bien rendre à Macron la monnaie de sa pièce sur la mort cérébrale du pacte atlantique et laisser l'UE de côté. D'ailleurs le format "Normandie" (France, Allemagne, Russie, Ukraine) n'a été retenu à aucun moment, la Russie voulant parler au patron et à lui-seul.

De mon point de vue, il ne sert à rien de discuter avec l'actuel pouvoir russe. Toute concession pour arrondir les angles sera vue comme une faiblesse l'autorisant à monter demain ses exigences. A l'inverse tout refus explicité de ses exigences sera traduit pour l'opinion russe comme une menace imminente appelant une réaction préventive. Ne comprenant que la force, il faut la leur montrer dans un total silence. Garder aussi à l'esprit que ces gens ne prospèrent que dans les crises qu'ils créent pour légitimer leur prise du pouvoir. Quelle aubaine pour eux que ce complexe du siège par l'Occident de la Fédération de Russie ! Qu'en pense monsieur Fillon ?

On notera que tant le Département d'Etat américain que le ministère russe des Affaires étrangères ont exclu dès le départ de la séquence diplomatique la participation de l'Union européenne institutionnelle pour ne pas perdre le temps en verbiage et consultations interminables. Tout se fait, se décide entre fondés de pouvoir participant aux réunions. On touche du doigt la complète impuissance du bloc dès qu'on sort du chapitre OMC. Pire : on voit aussi que chaque pays européen tout seul ne pèse rien en temps de crise grave. La promenade de Josef Borrell au Donbass marque notre sympathie aux autorités de Kiev mais ne leur donne aucune réassurance. L'Europe est à la croisée des chemins : Confédération lente à réagir et juste bonne à décaisser ou Fédération souveraine en diplomatie et à la guerre ? Pour des pays comme la France qui ont une "grandeur" à défendre, le dilemme est insoutenable : périr ou se rendre !

Encore une fois nous touchons du doigt la chimère d'une défense européenne qui n'ira jamais plus loin que la constitution d'un état-major sans troupes ni canons et qui de toute façon n'est conçue par son principal promoteur (la France) que comme une gendarmerie internationale, manœuvrant plus dans l'ordre humanitaire que dans l'intimidation de puissances. Nous n'avons aujourd'hui que les moyens d'intimider des pays mal armés. Plus gros, l'Allemagne se dérobera pour sauver les concessionnaires Mercedes. Mais pour revenir à la négociation Est-Ouest, qui ressemble de plus en plus à celle que l'on mène avec un preneur d'otages dans une banque, chacun s'aperçoit que le challenge, peut-être impossible à satisfaire, est de renvoyer Poutine dans ses "22" sans lui faire perdre la face ; sauf à vouloir la guerre qui pourrait le détruire à la fin. Poutine a sorti le gros braquemart, qui ne rentre plus maintenant dans le pantalon. Il faudrait un Talleyrand pour y mettre la main.

Postscriptum
Sur le même sujet en plus développé sur Telos : Ukraine, la guerre annoncée de Vladimir Poutine par Gilles Andréani
Sur le même sujet chez Royal-Artillerie : Le sur-bluff russe du 18.12.2021

lundi 10 janvier 2022

La faille au fond du Détroit

Petit chapeau

Ce billet a été rédigé le 15 décembre 2021 après qu'ait apparu plusieurs fois ce mois-là dans la presse diplomatique américaine l'expression "One China-One Taiwan" qui confirmait mon intuition d'une dérive diplomatique discrète plus que secrète au Département d'Etat sur la question de Taïwan. Il a été mis sur étagère en attendant le premier incident grave provoqué dans le Détroit par l'Armée populaire de Chine avant le nouvel an lunaire, mais une analyse plus fine annonce une crise économique intérieure insoutenable par le Parti, que provoquerait la réaction chimique d'une invasion éventuelle de Taïwan. La Chine est trop imbriquée aujourd'hui dans l'économie mondiale pour que la société civile accepte d'être ruinée par les caprices idéologiques d'autocrates indéboulonnables... jusqu'à preuve du contraire. Prudence est mère de sûreté, même chez les fiers-à-bras communistes. On ira de la gueule, mais sans plus, telle est du moins le pronostic de Royal-Artillerie, en attendant le démenti dans le sang et les larmes... des autres ! Le nouvel an chinois, c'est dans vingt jours. On entrera dans l'année du tigre, en plus !

aigle vs. panda

L'accord explicite de convergence sino-américaine sur l'unité de la nation chinoise résulte de plusieurs actes, après la reconnaissance diplomatique de Richard Nixon et Henry Kissinger emboîtant le pas à Charles de Gaulle :
  • Les Trois communiqués dont le premier (I) fut rédigé à Shanghaï par Richard Nixon et le Premier ministre Zhou Enlaï en 1972, stipule les positions respectives sur tous les voisins du périmètre chinois, Taïwan étant réputée incluse dans le périmètre.
    Vous pouvez le lire en cliquant ici.

    Le deuxième communiqué (II) rédigé en 1978 sépare les relations diplomatiques exclusives entre Washington et Pékin des relations commerciales, culturelles et autres que les Etats-Unis maintiendront avec Taïwan.
    Vous pouvez le lire en cliquant ici.

    Le troisième communiqué (III) de 1982 réitère la volonté de coopération dans tous les domaines, réaffirme les communiqués précédents pour Taïwan et envisage une réduction des ventes d'armes, sous réserve par ailleurs que la République populaire veuille soulager la pression sur le Détroit.
    Vous pouvez le lire en cliquant ici. Ce communiqué est suivi des Six assurances données par les Etats-Unis à Taïwan.

  • Les Six assurances à Taïwan (clic) ont été éditées par le Département d'Etat à l'intention du Congrès des Etats-Unis. Elles sont la feuille de route de toutes les administrations américaines depuis 1982, et ont été formalisées en 2016. On peut les lire ici ou les résumer comme suit :
    Elles réaffirment le Code des relations américano-taiwanaises de 1979 (TRA) (c'est presque un livre), la liberté de vendre des armes américaines à Taïwan et réaffirment la neutralité des Etats-Unis dans les relations diplomatiques sino-chinoises dans lesquelles les Etats-Unis s'interdisent d'entrer. Ce dispositif a été reconfirmé solennellement aux Etats-Unis le 4 décembre 2020.

  • Le TRA (Taiwan Relations Act), précité, est une loi du Congrès qui dispose de tous les élements de coopération avec Taïwan dans les moindres détails. Voilà, vous avez la base documentaire.

En 1998, furent ajoutés à la série les "trois non" de Bill Clinton que l'on avait connu mieux aspiré : non à l'indépendance, non à deux Chines, non à "One China-One Taiwan", en plus de la non-participation aux institutions internationales. Mais si les caciques du PCC purent frétiller d'aise, la proclamation fut un coup d'épée dans l'eau.

Depuis l'arrivée de Donald Trump aux affaires, les relations sino-américaines se sont raffraîchies sur fond de duplicité de la partie chinoise dans les domaines technologiques (espionnage caractérisé) et commerciaux (dumping généralisé). Les services américains se sont rendus compte qu'ils n'avaient plus en face d'eux la même Chine que celle avec laquelle leurs prédecesseurs avaient passés ces accords de coopération établissant un modus vivendi dont on prévoyait une amélioration à mesure que monterait le niveau de développement du géant réveillé. Le problème est que les trois acteurs parties à la dispute ont changé, le plus stable dans ses conviction restant quand même le parrain américain. A noter en passant que le Japon directement impliqué dans les hostilités n'est jamais intervenu.

Que s'est-il passé depuis les accords de 1982 ?

La situation géopolitique des années 80 était simple et très favorable à la paix. Le pouvoir chinois était affairé au décollage d'une Chine ensablée dans le soviétisme obèse des grandes corporations d'Etat. Il avait déroulé le tapis rouge aux investisseurs industriels étrangers pour gagner du temps. Les entrepreneurs taïwanais, parmi bien d'autres, s'engouffrèrent dans les programmes subventionnés ou détaxés jusqu'à constituer au Guandong de véritables villes industrielles taïwanaises. Les grands manufacturiers internationaux actuels chinois comptent nombre d'entreprises taïwanaises.
Sur l'île, c'était le Kuomintang qui tenait la barre dans l'objectif d'une réunification, à l'avantage bien sûr de ses cadres, et qui s'appuyait sur le transfert continu de technologie au continent. Le pouvoir à Pékin y avait répondu par une formule culte : un pays, deux systèmes ! De fait, s'ouvrirent des liaisons maritimes et aériennes au-dessus du détroit et on échangea des délégations et des visas pour que les populations se connaissent. Les Américains étaient enchantés ravis de voir le chemin emprunté par les Chinois des deux rives, qui allègerait bientôt le fardeau de leur présence militaire au Japon.

Puis arrivèrent au pouvoir à Taïpeh les "indigènes" qui n'avaient cure d'un quelconque anschluss à la mode communiste améliorée et revendiquaient une spécificité formosane propre à les distinguer des Foukiénois et des Cantonais de l'autre rive. On avait oublié que la prise de gage de Tchang Kaï-chek en 1949 n'était pas loin de la conquête de l'Algérie par Bugeaud, mais eux, s'en souvenaient ! En l'an 2000, la "démocratie" mettait un coup de pied dans la fourmillère diplomatique dès l'avènement de son premier chef d'Etat élu, Chen Shu-bian ! Bête noire de Pékin par ses déclarations intempestives, il sera succédé en 2008 par le candidat du Kuomitang Ma Ying-jeou et jeté en prison en 2009 pour corruption agravée. Les "affaires" allaient reprendre comme avant, sauf qu'à l'élection de 2016 c'est à nouveau le camp des "indigènes" qui revint au pouvoir en la personne de Mme Tsai Ing-Wen. Elle sait se moquer du pouvoir communiste en soutenant que l'île ne déclarera pas son indépendance puisqu'elle est indépendante de facto !

Mais de l'autre côté de l'eau les choses ont aussi changé. A partir de 2007, le clan Xi prend les rênes du parti au niveau du secrétariat central et fait de la place dans sa hiérarchie pour promouvoir Xi Jinping. Lui, comme d'autres fils de princes communistes, veut sauver le maoïsme du capitalisme débridé qu'ils ne maitrisent plus et s'invente une feuille de route hégémonique (le China Dream) pour revenir en pleine gloire aux frontières du dernier empire. Et de fixer la date de réunification, par la force si besoin, au centenaire de la fondation de la République populaire de Chine en 2049. A partir de là, les discours offensifs du président Xi Jinping et des responsables diplomatiques n'ont jamais cessé, jusqu'à l'outrance, même au ridicule parfois.

Pour les Américains, relativement bien disposés jusqu'à l'avènement de Xi Jinping à la présidence, les paramètres géopolitiques ont sérieusement bougé, la Chine populaire d'aujourd'hui n'étant plus dans l'état d'esprit de la Chine populaire d'hier, fondé sur la conciliation et la coopération économique. C'est l'affrontement qui est partout recherché par les Chinois, jusqu'à faire dire à Jean-Claude Juncker que la Chine était devenue un "rival systémique", au sens où elle travaille inlassablement à imposer son modèle dictatorial partout où c'est possible.

Arrive ensuite en 2017 le vingtième anniversaire tonitruant et militarisé de la rétrocession de Hong Kong, date encadrée de la répression sauvage de deux manifestations de jeunesse ayant convoqué chaque fois plus d'un million de Hongkongais à Victoria Park ! La première fut la révolte des parapluies de 2014, la seconde, celle de la démocratie en 2019. Terminée par la loi de sécurité nationale typiquement vague qui est désormais l'intrument de destruction massive de toute contestation, fut-elle bénigne, cette répression a eu le résultat imprévu qu'aux yeux du monde, le slogan "un pays, deux systèmes" est mort ! Outre le fait que le pouvoir chinois, défié dans sa superbe, s'est assis sur le traité international sino-britannique pour ne pas perdre la face dans l'ancienne colonie anglaise, les Américains - qui ne sont jamais intervenus à Hong Kong par aucun service parallèle - ont pris acte de ce que la partie adverse, avec laquelle ils avaient traité jadis, avait disparu et que tout revenait sur la table avec de nouveaux interlocuteurs, certainement pas de bonne foi. Certes, Anthony Blinken ne le dit pas comme ça, mais les analystes américains à Washington parlent désormais de "One China, One Taiwan" : le concept de la Chine unique a vécu ! Les Taïwanais en ont pris acte depuis longtemps, et se moquent ouvertement des Continentaux qui persistent dans une guerre civile de soixante-dix ans aujourd'hui, qui ne veut plus rien dire pour eux. Entretemps ils ont établi chez eux une démocratie du modèle de Westminster, garantissant l'alternance, et comptent bien la conserver. Et cela rend fous de rage le pouvoir chinois qui redouble sa propagande anti-nationaliste à usage intérieur.

Pour bien enfoncer le clou dans le crâne des loups guerriers qui ont cru en allant au cinéma qu'ils allaient mettre le monde à genou, Joe Biden a invité officiellement Taïwan au Sommet des Démocraties en oubliant évidemment la république tyrannique de Chine. Hurlements ! Production précipitée d'un opuscule montrant au monde effaré la supériorité en tous domaines de la démocratie à la chinoise ! Ils y croient en plus ! Tous en rient !

On assiste donc à une dérive diplomatique lente qui éloigne deux notions concurrentes depuis le début des relations sino-américaines, la reconnaissance d'une souveraineté informelle de la République populaire de Chine sur l'île de Taïwan d'une part, bien qu'elle ne l'ait jamais gouvernée ; et d'autre part, la coopération en tous domaines (sauf diplomatiques) des Etats-Unis et de Taïwan. Alors que l'intention d'origine était de laisser converger les deux postures de part et d'autre du détroit, on observe aujourd'hui leur découplage. Et se réaffirme chaque semaine l'engagement américain à défendre l'île contre toute attaque. Ce que les Continentaux ne peuvent dénoncer puisqu'ils ont accumulés des régiments d'artillerie balistique sur la côte du Foukien, unités de destruction aveugle du pays ciblé et non pas les appuis d'une éventuelle opération amphibie. Quoiqu'ils disent ou crient, ils sont contredits par les faits : l'intention est bien la destruction. Comme au Xinkiang, comme à Hong Kong, comme aux Tibets (int. et ext.), comme en Mongolie intérieure. Admonestations diveses et communiqués vengeurs du ministère chinois des Affaires étrangères sont-ils encore lus dans les chancelleries ?

Quel est le frein à l'attaque chinoise ?

Avant d'y venir, un petit rappel pour les plus distraits. La valeur stratégique de l'île de Taïwan justifie tous les efforts américains de ne pas la voir tomber dans les mains d'un régime désormais hostile, parce que la ligne de défense américaine de l'Océan pacifique nord est celle dite des îles (First Island Chain de Taïwan aux Ryukyu), qui ferment les mers de Chine méridionale et orientale entre Philippines et Japon. Formose est la plus importante en superficie et en géographie défensive, les montagnes y dépassant trois mille mètres. Conquise, l'île serait transformée en un gigantesque Gibraltar inexpugnable et menaçant la Mer des Philippines, le bassin pacifique nord-ouest et l'archipel nippon par le sud-ouest. Taïwan est la porte de l'océan.

Ceci dit, les forts en thème de la polémologie prédisent que l'affaire de Taïwan doit être bouclée en moins de quinze jours par la Chine populaire avant que le monde ne se réveille. Le risque de perdre la bataille en laissant derrière eux une île chinoise en ruines et un peuple chinois anéanti qui passeraient en boucle sur les écrans du monde entier est le premier obstacle à l'accomplissement du "rêve". Le Parti n'y survivrait pas et les dirigeants passeraient en Haute Cour juste avant les poteaux d'abattage. Si les Américains se sont laissés un peu distancer sur la zone d'effort sous les mandats Obama, ils reviennent en force et dynamisent leur allié principal, le Japon qui réarme. Si la traversée du détroit (hors période des typhons) est jouable, avec quelques pertes quand même, l'opération amphibie proprement dire sera plus ardue puisque les plages taïwanaises sont assez bien défendues et que les montagnes juste en arrière et préparées permettent d'engager sans délai la guerre hybride contre la force mécanique d'invasion. A garder à l'esprit, que la masse de manœuvre nécessairement surdimensionnée dans un réflexe impérial de supériorité tactique ne pourra être mobilisée en cachette puisque toute la zone est surveillée par les satellites et les agents au sol, et qu'on connaît en détail toutes les unités pré-positionnées jusqu'au niveau compagnie. Aucune surprise stratégique ne sera possible (voir sur RA la recension de l'analyse de Taner Greer sur la guerre de Taïwan (clic).

Les autorités taïwanaises sont prêtes à minimiser toutes les provocations qui sont quotidiennes et nombreuses pour n'apparaître jamais dans le rôle de l'agresseur, autant que la propagande chinoise s'y emploie. Nul ne connaît les plans américains de défense, ce qui est une bonne chose et vraisemblablement dissuasif vis à vis de Pékin, mais il est presque sûr qu'ils s'accompagneront d'une campagne d'ostracisation du pouvoir chinois et d'un blocage des échanges commerciaux et financiers capable de mettre à mal les usines et la classe ouvrière si l'agitation chauviniste préalable n'a pas lavé le cerveau des masses.

L'autre paramètre est l'âge des protagonistes. A 79 ans, après avoir longtemps attendu sa consécration, Joe Biden n'entend pas entrer dans l'histoire comme le président qui a laissé envahir Taïwan par les communistes, d'autant qu'il est chahuté sur le front intérieur par les radicaux démocrates et les républicains trumpiens. Il lui reste deux voire six ans à tenir ferme. On peut être sûr qu'il y pense chaque matin, surtout depuis le retrait de Kaboul. Son grand adversaire en a 68 et, si le Ciel lui est clément, il en aura 95 pour fêter le centenaire de la RPC. Il a donc le temps pour lui, mais chaque année qui passe instille en lui le doute de ne pas être celui par qui l'empire des Grands Tsings a été reconstitué. Des deux, il est paradoxalement le plus pressé tout en pâtissant de la ferveur courtisane qui entoure les autocrates, leur faisant faire des bêtises.
L'expansion chinoise soutenue par les routes de la soie est adossée à un immense pays fragile et dont l'extraordinaire démographie est très difficile à gouverner. On sait les défis intérieurs monstrueux qu'elle affronte, le dernier étant la banqueroute annoncée de la promotion immobilière qui fait 30% du Pib chinois. Mais sa faiblesse est dans la dépendance au commerce extérieur qui fait tourner ses usines et distribue les salaires sans lesquels la classe ouvrière narguée par les nouveaux riches - souvent cadres territoriaux du parti - et frustrée d'espérances se révoltera. L'autre main dans le piège est l'investissement chinois dans les banques de développement qui forment la toile d'araignée des interdépendances financières et nourrissent le Parti. La masse de manœuvre est pour longtemps dans les mains du monde capitaliste même si le yuan chinois n'est toujours pas librement convertible. Mais il n'y a pas que l'argent et la fermentation sociale. Plus largement, on commence à voir mûrir un sentiment de rejet chez des populations où les compagnies chinoises ont exagéré leur arrogance naturelle de la-race-supérieure-quoiqu'on-en-dise, et ce sentiment pourrait muter en haine pavlovienne mettant en danger cette expansion dite "win-win", quelles que soient les garanties attachées aux investissements chinois qui se trouveraient carrément "nationalisés" ou détruits par les peuples des pays-hôtes surendettés. Qui se souvient du grand pogrom d'Indonésie contre les "communistes chinois" en 1965 ?

L'histoire notera, en marge des grands évènements du XXIè siècle, un glissement sémantique chez les communautés chinoises d'outremer qui jusque dans les années 90 revendiquaient leur appartenance à la souche immémoriale la plus ancienne au monde. Ces communautés se déclaraient "chinoises" spontanément. Elles se disent aujourd'hui hongkongaises, taïwanaises, singapouriennes tout aussi spontanément. Dans d'autres pays comme la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie, elles cherchent à disparaitre dans leurs patronymes et leurs mœurs. Pour les fils du Ciel, le communisme c'est aussi la honte.

Conclusion évidemment provisoire

Le pouvoir chinois a claquemuré avant Noël la cité-capitale de l'Ouest, Xian, treize millions d'habitants, pour tenir sur son axiome zéro-virus. Cette posture n'est pas tenable dans la durée avec une démographie aussi dense que la chinoise, quelles que soient les précautions obligatoires imposées par la police. La crise économique mondiale en dents de scie impacte les débouchés des manufactures qui, sauf contre-ordre ou banqueroute, devront licencier des travailleurs postés moins qualifiés, lesquels grossiront les rangs des désœuvrés - pour certains, sans abri - qui ne laisseront pas passer longtemps les Maserati du gouvernement local. On déjà vu des voitures de police retournées par la foule en province il y a quelques années, en protestation de la corruption des cadres du parti local. Plus grave, le doute court la classe moyenne quant à son avenir : le test est sa réponse aux objurgations du pouvoir à faire plus d'enfants pour sauver la pyramide des âges. La classe moyenne qui a les revenus suffisants pour couvrir la dépense associée aux enfants en Chine, ne bouge pas. A tel point que les couples cadres du Parti ont reçu instruction d'agrandir leur famille jusqu'à trois enfants. la Nomenklatura concernée va obéir pour conserver ses privilèges puisque rien n'est "volontaire" sous ce beau régime, mais la classe moyenne civile en restera à sa prospective pessimiste.
En dehors des grandes manifestations patriotiques spontanées qui concourent entre elles d'une province à l'autre pour montrer au Central combien fort est le soutien au Parti dans les territoires, l'humeur des gens n'est pas à la guerre, surtout pour une île qui finalement n'attend plus rien du continent et - à ce que les derniers voyages organisés par les agences avaient montré aux touristes chinois - vit tranquillement sans revendication aucune !
Certes nul n'est à l'abri d'une pression trop forte du complexe militaro-industriel qui saura "vendre" aux civils une victoire facile sur l'île factieuse avant que les gros cons d'Occident n'aient le temps de réagir, sachant aussi qu'une guerre extérieure gagnée légitimera toujours ce genre de régime totalitaire aux yeux du peuple abruti de propagande. Mais quand même, il reste quelques administrateurs réalistes à Zhongnanhaï pour exprimer leur doute sur une promenade de santé à portée de missiles de la VIIè flotte US, qui obéit elle-aussi aux influences de son propre complexe militaro-industriel.


drapeau de Taiwan

Taïwan est un pays indépendant qui a pour nom République de Chine, un régime créé de l'Empire finissant par le docteur Sun Yat-sen en 1912. Les chancelleries qui ont dû ouvrir ensuite les canaux diplomatiques avec la République populaire de Chine communiste, gardent aujourd'hui un œil bienveillant sur cette vraie démocratie qui ne demande que de vivre libre et en paix avec tous ses voisins.

vendredi 7 janvier 2022

Musique 2000 !

studio d'enregistrement

On a tiré le 2000ème article de Royal-Artillerie. Mais on ne va pas boucler la série sans dire merci à ceux qui nous ont suivi dans la section musicale de Royal-Artillerie (et de Steppique Hebdo). Ce sera donc en ouverture LE TUBE des eighties, Billie Jean de Michael Jackson, chimère insurpassable de la pop, extra-terrestre du circuit, à donf ! Il n'a jamais fait semblant.... jusqu'à la mort ! Nous avons choisi la version en live de Munich 1997 où il y a tout, sur un fond de scène noir. Respect !

Billie Jean



On enchaîne (il y en aura cinq) avec Amy Winehouse dont la psychopathie m'a toujours mis les poils. Pas étonnant qu'elle se soit foutu en l'air, elle devait se trouver insupportable, et pourtant !!!

You Know I'm No Good



C'est l'heure de Patricia Kaas. C'est perso, tordue en tout sens et désirable, en voix et corps. En boucle comme un Russe, deux heures, Kaas, je peux.

Une fille de l'Est



Pour finir, Steve Goodman et sa chanson-culte reprise par toutes les pointures de la country, de Johnny Cash à Willie Nelson, la country music, un genre qui restera pour moi le plus agréable divertissement musical autour d'un verre de 1792-Small Batch qu'on me rapporte d'Owensboro (c'est une commande) :

City Of New Orleans



Il y en aurait cent autres. L'encre de tes yeux de Cabrel, le tango de Leonard Cohen Dance me to the end of love, Horse de Patty Smith ou Fuir le bonheur, on n'a pas la place.

Voici la cinquième, russe, juive, tragique : Barbara dans la chanson française à texte, la plus classique et la plus au point qui soit ! Et ce jeu du regard à la caméra !

Ma plus belle histoire d'amour c'est vous



Merci quand même (eh oui !) aux diffuseurs de musique comme Youtube, Dailymotion, Sound Cloud, Deezer, Archives qui nous offrent un choix extraordinaire d'un claquement de doigt sur la souris. Voilà, c'est fini. Euh... non ! Bonus dédié à monsieur Mélenchon :

Santimantal, le top du zouk, au casque les yeux fermés



Tchao, à plus !

mercredi 5 janvier 2022

Nos sémillants connards

Conseil à l'Elysée

La triplette introuvable, agacée de la réfutation de ses injonctions par le souverain peuple en ses représentants, oublie la séparation des pouvoirs et tient à dicter sa loi aux élus du parlement ! Véran est le plus agressif qui lors d'un échange dans l'hémicycle du Palais Bourbon où il avait le dessous, avait osé un « ...c’est ça, la réalité. Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici! »
Sortez d'ici ??? Les députés sont chez eux au Palais Bourbon depuis la tirade de Mirabeau aux Etats. Ils n'en sont pas moins pauvres en esprit pour n'avoir pas sorti les pancartes dès la reprise de séance :

[ VERAN DEGAGE! ]


Castex pour sa part a passé ses nerfs sur ses contradicteurs lors du débat sur le passe vaccinal, toujours à l'Assemblée nationale, après le refus de poursuivre toute la nuit par une majorité de circonstance sur les bancs : « Le virus galope et vous tirez sur le frein à main. Je pense, mesdames et messieurs les députés, à nos soignants qui eux ne s'arrêtent pas à minuit, comme vous l'avez souhaité. C'est purement irresponsable!».
Il oublie que charbonnier est maître chez lui et que les députés sont là chez eux, le règlement d'assemblée à la main. C'est la démocratie !
D'où notre préconisation :

[ CASTEX DEGAGE! ]


Mais le champion restera pour quelques semaines Miquet à la Houppe et son « J'EMMERDE ! » qui ne vaudra jamais le "j'accuse" de Zola mais fera le bonheur des meetings et manifs. Monsieur le Président de l'Europe ne se sent plus pisser. Il devrait consulter, même si l'urologie est plutôt dans les mains de l'opposition. D'ailleurs le Guardian n'hésite pas à écrire que sa vaccination strategy is to "piss off" people who have not had coronavirus jabs en leur rendant la vie quotidienne de plus en plus impossible.
Après insultes et avanies tout au long du quinquennat (traversez la rue!), voici qu'il compte achever son mandat sur "l'emmerdement" des non-vaccinés, et dans la foulée met en doute la qualité de citoyen des mêmes. Pour qui se prend ce petit monsieur à moumoutte et pattes "Village" ? On attend avec gourmandise les slogans de pancarte qui vont défiler samedi contre le passe vaccinal. Je propose, bien dans le ton :

[ CACAMAK AUX GOGUES! ]


amas de pancartes

Des esprits forts ont analysé l'insulte (préméditée, lue et relue avant tirage) comme une tentative de casser le camp électoral de V. Pécresse en enrôlant les citoyens raisonnables, excédés des mesures-barrières que le pouvoir justifie en boucle comme nécessaires pour faire front au danger que représente la cohorte très minoritaire des pelés et galeux antivax. Il n'est pas une heure sans que cette culpabilisation ne sorte sur les plateaux télé. Nous n'entrerons pas dans ce débat, mais il est clair aussi que mettre le projecteur sur les dissidents laisse dans l'ombre l'impréparation assumée de l'hôpital général public, comme les protocoles médicinaux qui marchent ailleurs. La gestion de la crise est politique, et en période électorale, elle ne pouvait que déraper. L'emmerdement des Français n'est que le début des provocations ciblées.

Des esprits moins forts mais plus fins, comme Valérie Lecasble, font la démonstration que toute la séquence 2021 est jouée d'avance à l'Elysée, que toutes les interventions du président et surtout le ton qu'il emploie, repentir, arrogance, fraternité, autorité, sont délibérés et le fruit d'analyses politiques de l'opinion dans les soupentes du château. Même la syntaxe utilisée est pesée ; le "je" est précis, impérial, à croire que M. Macron n'a ni empathie ni affect. Il manipule en permanence pour à la fin trancher sans discussion possible, mais le manteau de César est peut être un peu trop ample sur lui.

Peut-être que le salut viendra de Berlin quand Olaf Scholz et Christian Lindner enverront le mari de Brizitte se faire foutre sur les eurobonds. L'insulte scatologique pourrait hâter la censure allemande de la Chancellerie du reich qui n'a que faire des sauteurs.

mardi 4 janvier 2022

Clap 2000 !

nombre 2000 ensablé

Spécial royco ! Deux millième billet sur Royal-Artillerie, la psychothérapie rédactionnelle du Piéton du roi achève sa dix-septième année. L'usage est d'emplir le deux millième billet de statistiques* en tout genre montrant l'intérêt que le site a éveillé, ô combien il est "utile" et d'appeler aux dons. Que nenni ! Je remercie les lecteurs fidèles dont certains viennent ici depuis le début de l'aventure. J'aurais aimé plus de commentaires, mais bon ! Foin de la gloriole à deux sous qui ne feront jamais un franc, il en faut vingt, l'eulogie présumée du blogue monarchiste le plus décalé de la Toile (loin derrière le Lys Noir quand même) attendra. Mais l'occasion de faire le point sur des années et des années de royalisme ouvre droit à la nécrologie des prétentions dynastiques qui veulent occuper l'espace des rêves royalistes, à tout prix semble-t-il, à nul effet pour sûr. Quand on parle critique du royalisme c'est forcément ad hominem et sans débiner les personnes qui s'avancent comme légataires dynastiques universels, on peut légitimement les passer sous la toise de l'emploi, plus sûrement sous celle de l'accession.

Partant du principe discuté qu'une restauration monarchique devrait aboutir à la réinstallation d'une des dynasties ayant régné en France, l'attention (pour les jeunes lecteurs) serait directement captée par trois personnalités, dans l'ordre d'entrée en scène de leur revendication :
  • Louis de Bourbon (1589)
  • Jean-Christophe Napoléon (1804)
  • Jean d'Orléans (1830)
Un observateur arrivé de Sirius trouverait l'idée drôle : remettre en selle une dynastie battue dans le passé, plutôt que de préparer à l'emploi une famille ayant compétences et mérites d'y accéder, sans l'obligatoire ballade nécropolitaine. Vouloir reconquérir les fastes du passé à travers la transmission patrimoniale d'un royaume coulé à pic dans les abysses de l'histoire relève-t-il d'une pathologie ? Les royalistes qui s'émeuvent aux souvenirs imaginés d'un âge d'or intellectuel et moral n'ont pu avancer d'un mètre dans leur quête d'une restauration depuis deux siècles. C'est beaucoup et généralement ils ne veulent pas savoir pourquoi. C'est la faute au temps qu'il fait, aux circonstances, aux guerres, aux malveillants, aux traîtres, mais jamais aux insuffisances de la dynastie souterraine qui porte leur espérance. Et pourtant, ils seraient prêts à leur donner les clés du camion ! Pas sûr que l'idée soit si largement partagée.

Héritier moral de l'Ancien Régime, Louis de Bourbon descend du fils du Grand Dauphin, le duc d'Anjou que Louis XIV envoya en Espagne sur la demande du roi Charles II l'Ensorcelé, mourant sans postérité. Hériter de l'Empire français, Jean-Christophe Napoléon descend de Jérôme Bonaparte, quatrième frère de l'empereur Napoléon, roi de Westphalie durant l'épopée. L'empereur Napoléon III descend pour sa part de Louis Bonaparte, troisième frère de l'empereur Napoléon, cette branche est éteinte. Personne ne descend d'aucun des deux empereurs. Héritier de la Monarchie de Juillet, Jean d'Orléans descend de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV et plus directement du fils aîné de Louis-Philippe Ier, Ferdinand-Philippe duc d'Orléans. Les successions ne prenant pas les ponts, son héritage est brisé par le régicide de son ancêtre direct Philippe-Egalité. A part le Bonaparte, les deux autres buttent sur un plafond de verre : le Bourbon, celui du franquisme et de l'affairisme ; D'Orléans, celui d'une oisiveté sans vergogne revendiquant les fruits du travail d'autrui. Si rien ne prive les descendants des dynasties battues de prétendre revenir sur le trône de France, rien non plus ne leur donne l'exclusivité de cette démarche. Comme le disait un lecteur assidu l'an dernier en commentaire, on ne voit pas "le descendant de Philippe Auguste, Philippe le Bel et Charles V" dans cet échantillonnage. C'est du régime monarchique dont on doit se soucier après en avoir déroulé tous les avantages devant nos concitoyens. Pas tant que ça des impétrants !

Vient maintenant la question à cent mille dollars qu'il ne faut pas poser.

Qui serait le bon choix ?


La monarchie est un concept charnel et spirituel à la fois. Il y faut donc un titulaire de qualité offrant au bien commun le fruit de l'acquis et ses talents innés dans un environnement choisi. Royal-Artillerie a plusieurs fois évoqué la hauteur de la marche menant au trône. Explicitement cinq fois. Même s'ils sont longs, les cinq articles ci-dessous sont à relire impérativement aujourd'hui dans le lit de ce 2000è billet dont ils sont parties intégrantes (et archiver peut-être, des fois que l'hébergeur fasse faillite) :

Résumons-nous. Il n'est pas pertinent de rechercher dans le personnage qui initiera une restauration, le copycat d'un prince ancien, a fortiori le roi de vitrail de Jean Raspail, même si ça nous plairait bien. Il y faut du tempérament personnel, du caractère, une éducation au niveau de celle des alter ego du monde dirigeant et une formation préalable à l'emploi. Tempérament et caractère ressortissent à l'inné. Ce n'est bien sûr pas pour la raison qu'on n'y puit rien faire qu'il faudrait accepter n'importe qui. L'acquis pour sa part est tout le reste.
Nous avons en France des grandes écoles qui forment une vraie élite managériale disposant du plus large spectre de conscience et sciences contrairement aux universités étrangères qui réduisent le champ visuel du créneau pour accentuer sa spécialisation. Grandes écoles ne veut pas dire "grande école" mais les sept soeurs : Normale Sup, Polytechnique, CentraleSupelec, Navale, HEC, Mines ou Ponts, Saint-Cyr. On a oublié Physique & Chimie de Paris et SupOptique. C'est dans ce vivier qu'il faudra puiser le restaurateur de la monarchie, que l'on fera passer par l'ENA pour qu'il assimile tous les rouages du gouvernement d'un pays. Le tempérament devra donner la résilience et l'équanimité ; l'intelligence et la formation, la perception rapide de l'enjeu ; le caractère, l'intuition d'une décision pertinente. Le monde dans lequel nous continuons à vouloir vivre avant qu'il ne se transforme en four crématoire, ne laisse plus le temps aux "conseils" et autre réunion des licenciés en sciences molles. Le décideur interpelé doit décider, là, maintenant. En connaissez-vous ? Il n'y a aucun espoir de restauration monarchique en dehors de cet environnement.

clap 2000ème

De la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle


La royauté, flèche du progrès, s'oppose à l'Etat républicain obèse, éparpillé en autant d'emplois que de clients, manipulant une liberté abstraite, une égalité abstraite, une fraternité abstraite, jetant les vaincus idéologiques d'un jour sur les vainqueurs d'un autre dans un combat civil permanent sous la tyrannie du Nombre ! Un système à promettre condamné à la fuite en avant !
Agent commissionné de Dieu pour le bien de son peuple, le roi de France était empereur en son royaume. Il personnifiait l'unité du droit, était l'unique source du droit, et dans l'architecture pyramidale dont il était la pointe, toute loi, toute règle ne procédaient que de lui. De cette solitude impartagée est né l'adjectif "absolu" (ab solu) désignant un être existant par lui-même, parfait (dit le Larousse). Missionné par Dieu à la défense, l'harmonie et le bien commun de la nation telle que l'a forgée l'histoire et la géographie, il ne répondait de ses actes qu'à Dieu. Dans les Six Livres de la République, Jean Bodin théorise ainsi l'absorption de la société civile par l'Etat politique pour lui offrir une protection totale, créant le concept toujours vivace aujourd'hui de l'Etat-nation. Le droit régalien qui en découlait n'avait aucune autre limite que celles imposées par le Tuteur, la source primaire de toutes choses à laquelle le roi devait revenir continuellement pour y renouveler son immunité. D'où l'expression mal comprise de "droit divin".

Cet absolutisme qui ne pouvait compter sur aucune excuse, imposait une grande rigueur dans l'émission ou le retrait des lois, sinon plus encore dans l'organisation des fonctions de chacun attaché à l'Etat, le but ultime étant l'ordre, à défaut duquel rien ne tient. On se souviendra que Bodin vécut pendant les guerres de religion et que Bossuet, qui fonda le "droit divin", traversa la Fronde. Finalement, les clés de ce régime étaient le Droit de Dieu et la Morale naturelle propre à l'espèce civilisée, dans le souci premier du bien de l'humanité ainsi que le disait Bodin : "Il n’est de richesse que d’hommes". On voit que loin d'être maître de ses caprices, le roi d'antan était pris dans les fers du Droit de Dieu et que le soin qu'il devait prendre de ses peuples incluait celui qu'il réservait à ses ennemis ; d'où la leçon donnée au soir de Fontenoy par Louis XV au Dauphin : « Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner.»

Sous l'Ancien régime la conversation du roi et de son créateur était permanente et plus tendue encore quand on approchait du terme de l'exercice pour déposer les comptes. Lieutenance du Christ sur terre, la charge suprême était écrasée sous le poids de la volonté divine. Le roi craignait Dieu autant qu'il pouvait être craint de ses sujets. Evidemment, pour les esprits forts d'aujourd'hui, cette sujétion du chef de l'Etat à une puissance surnaturelle est inimaginable puisqu'ils se prennent tous pour des dieux, avant de mourir comme des hommes et pourrir comme des bêtes. Mais la sujétion divine n'est pas adaptable. Toutes les monarchies l'ont conservée. Aucun roi n'est seul au monde. C'est dans le package. D'où la difficulté à intégrer le binôme Dieu-Roi dans une société décrétée laïque par ses élites jusqu'au point d'en faire une vertu. Si l'athéïsme actuel n'est pas un obstacle puisqu'il se cantone à la sphère privée, il sied de trouver le "frein" qui se substituera au droit divin dans le domaine public, et ce fut le défi des temps modernes. Les Anglais les premiers l'ont trouvé dans le régime constitutionnel - la démocratie de Westminster - une façon de faire atterrir les commandements surnaturels en les déliant de leur origine divine. La constitution prend à son compte le droit supérieur (positif et naturel) auquel le monarque devra se conformer s'il veut exercer librement sa fonction. La monarchie n'est dès lors plus vraiment "absolue" mais par la qualité supérieure de sa gouvernance, au quotidien comme sur le temps long, elle peut conserver l'autorité naturelle qui en aurait découlé. Un seul monarque dans l'histoire a su conserver l'absolutisme en niant la transcendance, c'est le despote éclairé dont l'archétype cynique est Frédéric II de Prusse. C'est sans le savoir celui qu'attendent les Français pour nettoyer la porcherie politique. Les monarchistes devront faire avec !

En conclusion, le roi de demain (mais si !) ne sera pas échappé d'un livre mais fait de chair et de sang. Prisonnier de la tunique cathare, il devra renouer la conversation métaphysique qui le transcende et le bride, et accepter les limites que lui imposeront ses sujets avant de lui rendre sa souveraineté au sein d'une constitution de l'Etat. Dans ce double encadrement, il exercera ses pouvoirs pour le bien commun et la pérennité de la nation. Selon la formule consacrée, elle gèrera les affaires subalternes en ses états ; le roi gèrera les affaires régaliennes en ses conseils ; et les peuples seront bien gardés.

De la mise à jour


Parlons-nous en l'air, pour les petits oiseaux qui pépient dans les arbres ? Que non. L'époque connaît un net recul du fantasme républicain au sens où les générations montantes dépassent le cadre de valeurs imposé par leurs aînés et s'abstiennent de remettre des pièces dans la machine démocratique en n'allant pas voter. Ils ont acquis une conscience planétaire et jugent étriqué le périmètre national que tant de leurs soucis débordent. Ils ne connaissent la nation que comme une brique d’un tout et non une finalité en soi, pas plus que l'enclos exclusif de l’exercice démocratique. A l'autre bout du champ de conscience, ils sont affairés à la réalisation du moi à travers moult réseaux d'échanges sans frontières qui les passionnent autant qu'ils les intoxiquent. Pour au final ne reconnaître aucun avantage à la République es qualité qui peut leur apparaître comme un régime hégémonique désincarné faisant tourner sans répit la crécelle de ses "valeurs" au bénéfice des thuriféraires qui en vivent. Leur conscience est purgée, la page est à écrire dans ce qui devient un désert moral. La mesure des préoccupations de l'opinion nous montre que les tenants d'une idéologie sont définitivement ringardisés. A nous de savoir convaincre avec les mots d'aujourd'hui, en commençant par bien comprendre le nouvel environnement politique de la cité. Quelque chose est au-dessus d'elle mais la "nation" n'y suffit plus.

Aux cœurs vaillants qui entrent en monarchisme, je souhaite d'en bien comprendre les enjeux et d'approfondir leur formation dans la perspective d'une conversion des idées en succès palpables, mesurables et mesurés, au sein d'un monde différent de celui qui reçut les écrits des grands maîtres, sans doute pas meilleur (ce monde), mais qui n'a plus rien à voir avec la République inquisitoriale des années 1900 contre laquelle se levaient les royalistes. Le "danger" actuel vient plus de la société que de l'Etat. Exigez de vos chefs l'aggornamiento et la gestion par objectifs avec quitus en fin de mandat ! Nourrissez-vous du fonds théorique des penseurs monarchistes, mais pensez aussi par vous-mêmes, proposez, soyez autonomes en esprit et faites vivre vos convictions dans la France d'aujourd'hui. Courage, il en faudra ! Mais serons-nous prêts au jour de l'insurrection qui vient ? C'est notre seul défi.



(*) Stats : [974400 visites sur onze ans (2011-2021), et env. 1200000 depuis le numéro 1. Nombre de commentaires: 4200]


Ce billet est le premier d'une séquence "Rénovation" qui forme la deux millième contribution du Piéton du roi au blogue Royal-Artillerie. Elle se compose des trois articles suivants :

dimanche 2 janvier 2022

Vœux du piéton du roi

 

BONNE ANNÉE, BONNE SANTÉ
UN PEU D'ARGENT POUR DES FLEURS !


serpentins

Meilleurs vœux aux aînés de France


C'est une position particulière dans une fratrie que d'être premier né. S'il en va différemment chez les princes et les manants, les aînés d'où qu'ils viennent portent sur leurs épaules une charge dont les suivants se délestent, celle de décider sans ouvertement compatir, de trancher au plus juste, puis de partir les premiers si la nature est douce aux poursuivants.

Eugénie de Bourbon en famille
- Eugénie de Bourbon en famille -

Longue et belle vie à Eugénie de Bourbon née le 5 mars 2007 à Miami et à Gaston d'Orléans, son cadet de deux ans, né le 19 novembre 2009 à Paris. Si les circonstances devaient les appeler un jour à de hautes fonctions, qu'ils puissent remercier leurs parents de les avoir formés à tenir leur rang, c'est le message que nous passerons ce soir.

Eugénie est certes plus une "menace" pour la couronne d'Espagne qu'elle ne le serait pour celle de France si d'aventure ce pays revenait à la monarchie... Et Gaston peut être appelé lui-aussi.

Gaston d'Orléans et sa fratrie
- Gaston d'Orléans , son frère et ses soeurs -

Souhaitons à l'un et à l'autre et bien d'avance, d'y être prêts. En attendant d'avoir grandi (façon de parler, sur les photos récentes Eugénie dépasse déjà sa mère), qu'ils profitent chacun de tous les instants au sein d'une famille aimante qui les soutiendra dans leur éducation, et qu'ils sachent juger des circonstances pour l'accomplissement de leur destin.


3 fleurdelis


Royal-Artillerie souhaite une meilleure année 2022 aux royalistes de France, qu'ils voient avancer vers eux leurs espérances comme avançaient jadis les étendards du roi !





[1992°]

samedi 1 janvier 2022

En attendant les meutes...

L'Insurrection-Qui-Vient rattrape son retard. Elle va même entrer en gare avec un peu d'avance. Le battement d'aile du papillon sera peut-être l'obligation du port du masque dehors en ville, parangon de la soif de pouvoir des petits marquis de la macronie, qui jouissent de se voir obéis selon leur humeur du matin. Ouvrez vos fenêtres en grand pour aérer plusieurs fois par jour - et les prescripteurs se gardent bien de laisser leur adresse où envoyer sa facture de gaz - mais si vous sortez de chez vous, mettez le masque, l'air est pourri de variants grecs et l'amende donnée vaut 135 euros !

émeute Paris

D'où viennent les pulsions de meurtre qui traversent la nation après que tout le possible ait été accepté par les gens pour passer les vagues de coronavirus chinois les unes après les autres ? Certains ont payé cher, surtout les confinés en appartement, les vieux séquestrés en EHPAD pour leur bien, les parents de jeunes enfants scolarisés et leurs rejetons responsabilisés à outrance, les télétravailleurs forcés déconnectés de leur boîte et la masse immense des petits entrepreneurs et libéraux lâchés en rase campagne avec quelque viatique, pour agoniser en silence sitôt les subsides retenus. Côté nation le contrat a été rempli, la proportion de gens vaccinés et le commerce des autotests le prouvent. Mais côté Etat, là, non ! J'entends encore les savants consentir à m'expliquer tant je suis con, qu'on ne forme pas un réanimateur en quelques semaines, et qu'il faut du temps pour armer les lits adaptés. MAIS ÇA FAIT DEUX ANS MAINTENANT QUE VOUS AVEZ DIT ÇA ! Où sont les lits nécessaires à surmonter les vagues épidémiques ? Vous recommencez à déprogrammer des opérations chirurgicales, prouvant par là que le secteur hospitalier public est toujours aussi indécrottable. Arrêtez vos réformes technocratiques arrogantes, donnez les clefs aux professeurs chefs de service ! Et pour commencer, débandez ces équipes administratives surnuméraires qui font vivre neveux obèses, salopes et malins aux dépens des soignants qui se crèvent ?

Nous subissons la présidence du verbe, de la réthorique, de la logorrhée, les voeux présidentiels nous l'affirment. Le foutriquet finissant, reteint en blond, monte à Bruxelles faire la roue, nous laissant aux bons soins de l'impayable monsieur Castex de Prades. Ce représentant en apéritif va finir par faire sortir tout le monde à l'assaut des sous-préfectures. A leur place, je me méfierais, les Gilets Jaunes n'étaient qu'un galop d'essai.


A comme anarchie

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