vendredi 7 septembre 2007

Deux nouveaux sites web

Charles-Philippe d'OrléansQui ne connaît Mgr Charles-Philippe d'Orléans, son sourire carnassier, ses yeux bleus aux reflets d'émeraude et sa prestance de Templier ? CPO, comme il est appelé affectueusement dans la mouvance royaliste, vient de lancer sur la Toile un vrai site de roi, dédié à son altesse certes, mais convenablement meublé de matériau utile à la Cause royale et à sa popularité.

Le plus simple est d'y courir : www.ducdanjou.com.

J'ai relevé qu'il était prévu de faire une place importante à la province d'Anjou pour sa douceur, qui est déclinée en cinq chapitres dans la colonne de gauche. Espérons que la polémique des deux ducs ne reprendra pas ses tours.

HCRLes liens partenaires sont toujours une bonne indication des implications personnelles ; il s'agit aujourd'hui du HCR - Haut Commissariat pour les Réfugiés, agence des Nations Unies pour les réfugiés à laquelle le prince a travaillé dans le passé ;

OSLl'Ordre de Saint Lazare (ressuscité) qui a beaucoup amplifié ses oeuvres caritatives depuis la prise de fonction du prince en tant que grand Maître - l'intervention en Serbie fait chaud au coeur ;

WWCenfin (pour le moment) le World Water Council, conseil mondial de l'eau créé pour favoriser une réelle mobilisation politique sur la question, ou le drame déjà, de l'eau dans le monde.


La rubrique Actualités est une ambition utile si elle nous fournit des commentaires de son altesse, et si bien sûr le webmestre la tient à jour. Au fait celui-ci s'appelle Michel Acosta et mérite nos félicitations tant nous avons attendu un site web princier de qualité professionnelle.

Le site nous fait découvrir aussi la jeune duchesse de Cadaval, Diana Álvares Pereira de Melo, que nous avions rencontrée sur The Royal Forum et qui, osons le dire, lui va à ravir.

Un forum est prévu sur le site du duc d'Anjou - je ne sais si le prince connaît les affres de ce genre d'exercice anonyme - mais souhaitons leur jolie brise.

 


Louis XVIILe second site n'a rien à voir avec le précédent.
C'est un site affectif pour maintenir la flamme du souvenir de Louis XVII, l'enfant-roi disparu dans les décombres de la Révolution française.

Il a le grand mérite de n'avoir pas versé dès l'abord dans l'une ou l'autre thèse relançant le mystère du jeune dauphin de France, quoique un chapitre soit dédié à cette question. Le site est très complet en illustrations et présente des fiches biographiques de son entourage familial.
On aurait pu pousser l'idée plus loin en incluant les fiches de ceux qui décidèrent de son enfermement au Temple et de son (ou ses) geôliers.

La partie évoquant en 19 chapitres la vie du dauphin est particulièrement réussie.
Le site est amélioré régulièrement. Sa charte graphique privilégie la douceur et sa navigation est très commode.

Allez-y voir sans tarder : Louis XVII roi-martyr.free.fr.
Bravo à Gentil Dauphin (il se reconnaîtra).

 


encre d'Isabelle des Ch.

Je profite de ce billet pour évoquer un blogue de philosophie et peinture, autrefois titré Huiles et Encres, et que j'ai mis en lien permanent sur Royal Artillerie au début de cette année :

Cliquez-là : Isabelle des Charbinières

Par la sobriété de présentation et pour le fonds exploité, c'est un grand site du World Wide Web.
Il y manque les clés de diffusion propres à l'Internet, mais sans doute cela viendra-t-il avec l'affluence des lecteurs. Elle le mérite amplement.

C'est tout pour aujourd'hui.

mercredi 5 septembre 2007

L'Inquisition facile

Bernardo Gui du Nom de la RoseLa reconquista raspalienne passe-t-elle par une intensification de la sylviculture ? C'est ce que nous conseillons aux Croisés nouveaux, après une lecture attentive des riches heures de Bernard Gui, le dom Bernardo du film Au Nom de la Rose qui acheva jadis la conquête des âmes égarées en Languedoc sans chercher à gagner celle des coeurs, et dont on réédite cette année le Manuel.

L'Inquisition tire son nom de sa capacité à avoir recours à la procédure inquisitoire, procédure extraordinaire inconnue du droit romain. Un tribunal classique ne pouvait pas se saisir spontanément d'une cause: il ne pouvait intervenir que pour répondre à une plainte au civil ou une dénonciation au pénal. Au contraire, un tribunal d'Inquisition pouvait examiner d'office (au sens littéral) toute question ressortissant à son domaine de compétence, sans avoir besoin d'être saisi par un tiers. Ce pouvoir fut attribué pour permettre d'examiner rapidement et efficacement tous ceux qui pouvaient être soupçonnés d'hérésie. Le pouvoir inquisitoire était un pouvoir exorbitant, susceptible d'être employé abusivement, et donc refusé aux juridictions classiques (source Wiki). L'Inquisition deviendra vite un Etat dans l'Eglise.

A la décharge du projet inquisitorial du saint siège, on peut relever que la préservation de la foi, dans une époque excessivement mystique et autant obsédée par son salut que celle-là, était du même ordre que la préservation de la santé physiologique aujourd'hui. L'hérésie était combattue non pour elle-même mais pour sa contagion "mortelle" au corps sain des fidèles. Les hérétiques à bas bruit n'étaient finalement pas inquiétés appliquant d'avance la maxime "pour vivre heureux vivons cachés".

Grand inquisiteur à Toulouse de 1308 à 1323, Bernard Gui fut chargé de purger la région des vestiges du catharisme qui refusait de disparaître sous les cendres de la croisade des Albigeois. Le traité de Meaux établi par la reine-mère Blanche de Castille en 1229, à part le dépeçage du Midi entre le roi de France et le pape, n'avait donc pas atteint le but fixé à l'origine. Frère Prêcheur de langue d'oc et comprenant donc le patois des Cathares, Vaudois et autres bégards déviants et béguines, tous du cru, rigoureux dans ses enquêtes, implacable dans ses sentences quoique piètre théologien, il remporta son challenge par une organisation efficace et une opiniâtreté infatigable. C'est le modèle de l'inquisiteur sévère, loyal et droit, appuyant la procédure sur une maîtrise savante de son art. Ce modèle parviendra jusqu'à nous et sera utilisé quand les circonstances exigent d'aboutir. Ses fils spirituels s'appellent Auss..., (censuré) et ses principes gouvernent encore nos juges d'instruction, capables de faire avouer n'importe quoi à n'importe qui, comme nous l'ont montré des affaires récentes. La procédure en vigueur de nos jours reste d'ailleurs qualifiée d'inquisitoire !

Les Belles Lettres ont republié en 2006 son Manuel de l'Inquisiteur (édition bilingue français-latin) dont la lecture vous consume aussi vite que le doute canonique vous saisit. Pourtant le grand Bernardo sut jouer de la peur qu'il inspirait en restant froid et distant, plus que des affres de la Question promise aux nuques raides, qu'il jugeait stupide pour obtenir témoignages honnêtes et aveux sincères. On le reconnut intègre et "juste" par rapport au Codex pontifical, ce qui lui valut la mitre des mains de Jean XXII. Des 647 prévenus qui passeront sur la sellette il n'en "brûlera" que 45 dont 3 par contumace !

Exercez-vous à l'inculpation des sorciers ou aliens de votre entourage comme suit :

Inspirez !
Interrogatoire des sorciers, devins et invocateurs des démons :

Au sorcier, devin ou invocateur des démons inculpés, on demandera la nature et le nombre des sortilèges, divinations ou invocations qu’il connaît, et qui les lui a enseignés.

Item, on descendra dans les détails, prenant garde à la qualité et conditions des personnes, car les interrogatoires ne doivent pas être les mêmes pour tous. Autre sera celui d’un homme, autre celui d’une femme. On pourra poser à l’inculpé les questions suivantes : que sait-il, qu’a-t-il appris, à quelles pratiques s’est-il livré à propos d’enfants victimes d’un sort ou à désensorceler ?

Item, à propos des âmes perdues ou damnées ;
Item, à propos de voleurs à incarcérer ;
Item, à propos d’accord ou de désaccord entre époux ;
Item, à propos de la fécondation des stériles ;
Item, à propos des substances que les sorciers font absorber, poils, ongles et autres ;
Item, à propos à propos de la condition des âmes des défunts ;
Item, à propos de prédictions d’événements à venir ;
Item, à propos des fées, qu’on appelle « bonnes choses » et qui, à ce qu’on dit, vont de nuit ; Item, à propos de des enchantements et conjurations au moyen d’incantation, de fruits, de plantes, de cordes, etc. ;
Item, à qui les a-t-il enseignées ? De qui les tient-il ? Qui les lui a apprises ?
Item, que sait-il de la guérison des maladies au moyen de conjurations ou d’incantations ?
Item, que sait-il de cette façon de récolter les plantes, à genoux, face à l’orient, et récitant l’oraison dominicale ?
Item, qu’en est-il de ces pèlerinages, messes, offrandes de cierges et distribution d’aumônes qu’imposent les sorciers ?
Item, comment fait-on pour découvrir les vols et connaître les choses occultes ?
Item, on fera notamment porter l’enquête sur ces pratiques qui sentent une superstition quelconque, l’irrespect, l’injure vis-à-vis du sacrement du corps du Christ, vis-à-vis du culte divin et des lieux consacrés.
Item, on s’enquerra de cette pratique qui consiste à conserver l’eucharistie, à dérober aux églises le chrême et l’huile sainte ;
Item, de celle qui consiste à baptiser des images de cire ou autres ; on demandera la manière de les baptiser, quel usage on en fait et seuls avantages on en retire.
Item, on interrogera le prévenu sur les images de plomb que fabriquent les sorciers ; mode de fabrication et emploi.
Item, on lui demandera de qui il tient tous ces renseignements ;
Item, depuis combien de temps il a commencé à user de telles pratiques ;
Item, quelles personnes et combien sont venues lui demander des consultations, en particulier pendant l’année en cours ;
Item, lui a-t-on antérieurement défendu de se livrer à ces pratiques et de n’en plus user désormais ?
Item, a-t-il récidivé malgré cette promesse et abjuration ?
Item, croyait-il à la réalité de ce que les autres lui enseignaient ?
Item, quels bienfaits, présents ou récompensés a-t-il reçus pour ses services ?"

Expirez !

Sentences de B. GuiLa procédure inquisitoriale étant de droit entièrement écrite et archivée au greffe épiscopal, le livre des 636 sentences promulguées avec certitude par Bernard Gui en 940 instances inquisitoriales est disponible en deux volumes reliés aux Editions du CNRS pour la modique somme de 250€, 5% étant reversés au souvenir des suppliciés. Le livre ne tombe jamais des mains et fera de vous un Parfait hibou.

Si le bûcher vous purifiait et surtout vous évitait l'Enfer à la Jérôme Bosch, on pouvait dire que les tribunaux de la sainte Inquisition étaient pavés de bonnes intentions : la rédemption par séparation de l'âme rachetée et du corps perdu. Mais avant d'en arriver à ces extrémités, les hérétiques "bénéficiaient" d'une gamme de peines non létales.

Les peines n'en étaient pas, on parlait plutôt de pénitences. Pendant le "temps de grâce" accordé sur un territoire donné pour confesser son hérésie, les sanctions étaient diverses et allaient de la fustigation pendant la messe, aux pèlerinages expiatoires, ou à l’entretien obligatoire d’un pauvre, voire au port de la croix jaune d’infamie sur les vêtements selon la mode d'alors.
Le pratiquant avéré d'une déviance réprimée qui s'était converti avant l'échéance du Temps pouvait quand même être incarcéré, soit au "mur large" dont on avait de bonnes chances de réchapper sans cholestérol, soit au "mur étroit" dans ce qu'il faut considérer comme des oubliettes, les oubliés sortant des statistiques. Les fugitifs, les relaps et les entêtés risquaient le feu et le savaient.

Il n'en demeure pas moins que certains inquisiteurs furent de véritables fées du foyer, comme le dominicain Robert le Bulgare, Parfait apostat, qui, connaissant bien ses anciens codisciples, ordonnait des feux d'enfer, tels celui de la Charité sur Loire à 50 bûchers et celui de Provins où 183 martyrs furent brûlés après une rafle au marché de la ville (1239). Le prémontré Conrad de Marbourg qui s'était fait une spécialité des lucifériens, atteignit des scores enviables en Allemagne, jusqu'à se faire assassiner dans une embuscade. Ce fut le premier dépêché d'une longue série.

T.D.
En pratique, pour faire un bon bûcher il faut se lever tôt et quérir le bois mort dans la forêt profonde où s'entend le coucou. Mieux encore la sapinière qui fleure la résine matutinale. Compter quatre stères pour une sorcière, six pour son ogre de mari. Les enfants se chargeront de la paille avec le renfort de quelques ânes et des cailloux pour ne pas se perdre.

La poix d'enduction est la substance visqueuse indispensable à la prise, on la commercialise sous le nom de poix-résine. La noire est plus chère que la blanche d'un sou. Les surplus sont exportables vers les saloons américains où l'on triche aux cartes. Soyez perfectionnistes et rajoutez de la poudre de charbon de bois au chaudron quand il est tiède, et un zeste d'amadou. Si vous êtes dans un bon jour, enduisez la chemise de lin du supplicié de soufre dont la combustion facile l'asphyxiera sûrement. Les arômes sont onéreux et ne serviront à rien, la fumée de chair calcinée emportant l'ambiance. Evitez une chaise sous le vent pour chanter vos psaumes pendant l'incinération.
Sous réserve d'aumône de la part des affligés vous serez enjoints parfois à étrangler l'impétrant ; prévoyez une petite cordelette de soie cirée pour suffoquer le vilain en lui passant le capuchon.

La cérémonie fumigatoire est décrite dans les ouvrages catholiques de la bibliothèque vaticane à laquelle je dois vous renvoyer, n'ayant obtenu encore les copyrights idoines du saint Office, de crainte peut-être que son dernier Motu Proprio tridentin n'entraîne ses contempteurs à en faire des tonnes sur cet art ancien de l'ardeur dans la propagation de la foi.
5...4...3...2...1 : ignition !

instance inquisitoriale
Fides suadenda non imponenda

L'Inquisition fut abolie en 1846 !

mardi 4 septembre 2007

Maroc une monarchie en évolution

Le royaume chérifien est une monarchie constitutionnelle dont la construction s'apparente par bien des traits au schéma monarchique privilégié par l'Alliance Royale. Les élections législatives du 7 septembre prochain sont l'occasion de décortiquer le fonctionnement d'une démocratie adaptée au monde arabe.

Le cadre institutionnel marocain est à la fois autocratique, démocratique et féodal pour obtenir un équilibre, instable bien sûr, mais maintenu par d'infimes ajustements,
De bas en haut nous obtenons le système suivant :

Le Makhzen ou charpente féodale du pays :
C’est « la structure traditionnelle de pouvoir au Maroc fondée sur la pyramide vassaux-suzerains, exprimée dans des cérémonies rituelles et dans l'exaltation d'une tradition marocaine. Gouverneurs, premiers khalifas du gouverneur, pachas, caïds forment la structure politique. Il existe une structure économique parallèle. Bien que les esprits forts appellent à rompre avec ce système « d'un autre âge » cette conception verticale de l'autorité imprègne l’ensemble de la classe politique. La clé de voûte du Makhzen est le roi !

Il serait bien avisé de n'entendre point les « lumières » qui partout ailleurs ont ruiné le pouvoir monarchique et ont abaissé les peuples dans une souveraineté de carton-pâte dont se moquent les puissants, déresponsabilisés en titre mais libres de tout contrôler en sous-main.
Les modernes invoquent une mentalité archaïque et des réflexes d'un autre âge comme si le Temps était abonné au progrès perpétuel. Les exemples abondent autour d'eux, et particulièrement dans le monde arabe, qui leur démontrent que les avancées démocratiques, ne sont pas un gage de bonheur sauf à considérer qu'elles ouvrent les vannes des subventions internationales. La démocratie à l'occidentale ça se vend aussi.

Il n'en va pas moins que la partie immergée du Makhzen, essentiellement économique et fatalement corruptrice, altère le principe traditionnel et représente un foyer d'infection dangereux pour le régime, qu'il serait utile de nettoyer de pratiques impopulaires. Cela enlèverait un argument très répandu aux tribuns de quartier comme aux critiques plus chics, qui dénoncent le Makhzen comme la cause de biens des maux, ce qui évite aux seconds de citer les coupables qu'ils connaissent. Chez nous ils accuseraient la météo !

La Justice:
Le pouvoir judiciaire est contrôlé par la Cour suprême qui siège en six chambres :
chambre civile
chambre de statut personnel et successoral
chambre pénale
chambre administrative
chambre sociale
chambre commerciale.
Chaque Chambre est sous l'autorité d'un président et peut être subdivisée en sections. L'appareil judiciaire est composé de 68 tribunaux de première instance, 22 cours d’appel, 7 tribunaux administratifs, d'un tribunal militaire permanent, d'une cour spéciale de justice, et de tribunaux consulaires qui jugent les litiges commerciaux.

Si la justice marocaine n'a pas une réputation scandinave pour son impartialité voire son honnêteté, elle constitue un corps soudé par les privilèges concédés, pour ne pas dire arc-bouté sur un corporatisme outré. En ce sens elle exerce à sa manière un contre-pouvoir vis à vis de tous ceux qui gravitent autour d'elle. Des améliorations sont possibles (humour).

Le Pouvoir Législatif est du modèle bicaméral :
Deux chambres composent donc le parlement marocain :

I.- La Chambre des représentants (notre Palais Bourbon) qui offre 325 sièges de députés élus au suffrage universel direct pour 5 ans à la proportionnelle au plus fort reste, par un scrutin de liste. 295 députés sur listes locales, 30 députés sur listes nationales. Le scrutin majoritaire a été abandonné lors des dernières élections (2002) pour des raisons évidentes, que nous montrent la composition de la chambre sortante :
- 50 USFP, 48 Istiqlal, 42 PJD (islamistes), 41 RNI, 27 MP, 18 MNP, 16 UC, 12 PND, 12 FFD, 11 PPS, 10 UD, 7 MDS, 6 PSD, 5 Al Ahd, 4 ADL, 3 GSU, 3 PRD, 3 PML, 2 FC, 2 PED, 2 PDI, 1 CNI.

La loi stipule que « Aucun parti politique ne peut être fondé sur une base religieuse, linguistique, ethnique où régionale, ou d’une manière générale sur toute base discriminatoire ou contraire aux Droits de l'homme. ». Ne nous leurrons pas, mais c'est quand même préférable aux lois théocratiques appliquées ailleurs. Parmi les députés il y a 38 femmes (soit 13 % des députés, proportion semblable à celle de l'Assemblée nationale française).

Ne peuvent postuler aux urnes que les partis ayant déjà obtenu 3 % des voix en 2002. À défaut, chaque nouveau candidat doit rassembler 500 signatures pour la liste nationale et 100 pour les circonscriptions locales. Cerise sur le gâteau : 20 % de ces signatures doivent provenir des élus et les 80 % qui restent de personnes inscrites sur les listes électorales.
Si les pouvoirs du parlement sont constitutionnellement moins importants que ceux donnés au parlement français, on s'aperçoit que dans la vie politique réelle ces chambres fonctionnent comme les nôtres, par questions au gouvernement et commissions permanentes, et n'ont pas plus qu'ici l'initiative des lois.

L'émiettement obtenu par le scrutin proportionnel exige la formation d'une coalition pour obtenir un gouvernement. Curieusement les députés marocains comme leurs homologues israéliens, italiens ou anglais y parviennent, ce qui dénote une maturité plus avancée que celle manifestée par les députés français dans leurs exercices d'obstruction par amendements, les chahuts de potaches ou les fameux claquages de pupitres. Certains ont conscience de leurs responsabilités, d'autres pas.

II.- L'autre chambre est celle des Conseillers qui sont 270, pour les 3/5è, élus régionaux et pour les 2/5è, élus provenant des structures professionnelles et des organisations de salariés, Elle est élue pour 9 ans sur collèges restreints et renouvelable par tiers tous les trois ans. C'est un hybride entre notre Sénat et notre Conseil Economique et Social.

L'Exécutif:
Il est principalement détenu par le Palais, c’est-à-dire le roi en ses conseils, et administrativement par le gouvernement. Le premier bras du pouvoir est appuyé sur le Makhzen, le second bras sur le régime parlementaire que nous venons de voir succinctement.

Le roi cumule fonction politique et fonction religieuse ce qui lui confère des pouvoirs très étendus. Il règne et gouverne : l’essentiel du pouvoir politique demeure entre ses mains. Il nomme et révoque le Premier ministre qu'il choisit où bon lui semble, peut dissoudre les chambres, et même suspendre la constitution... Il est aussi le chef des armées. Le pouvoir royal s’inscrit dans un cadre parlementaire très largement formel : les conseillers du roi forment un véritable gouvernement parallèle qui n’a aucun compte à rendre.
Le roi dispose du relais des « super walis » (les missi dominici) qu'il a nommé dans les grandes régions.

La tête du pouvoir marocain est littéralement « absolue »? Mais pour être honnête cela ne préjuge ni des qualités humaines ni des compétences des conseillers. En ce sens la fonction ne peut s'exercer durablement dans une certaine médiocrité et l'on a assisté à des frictions sévères entre la vieille équipe du roi défunt et la nouvelle composée de quadra plein d'idées. L'absolutisme exige un très haut niveau qualitatif pour perdurer. Des améliorations sont possibles (humour).

Les ministres du gouvernement sont, en principe, choisis par le chef du gouvernement. En réalité depuis 1956, ce choix a toujours été de la prérogative du souverain. Pour la première fois en 1998, le roi s’était contenté de ne nommer que les titulaires des ministères régaliens : Justice, Intérieur, Affaires étrangères, Affaires religieuses et Défense.

Comme chez nous les élites politiques parlent de nouvelle constitution, une constitution qui établisse que c’est au gouvernement, fort du mandat du peuple, de gérer les affaires de la nation, un gouvernement qui serait comptable de son action devant le Parlement, et non devant le Cabinet noir du palais. Ils demandent que les députés puissent un jour discuter de la liste civile du roi, du budget de l’armée et de toute chose qui a trait à la vie de la nation marocaine en restant tout de même respectueux de l’institution monarchique qui reste le vrai ciment de la nation. Rien que de très classique, comme en Espagne, la monarchie européenne sous leurs yeux,

Les esprits moqueurs sont allés jusqu'à dire que le roi gouverne quand le Premier ministre se contente de régner. Un peu comme avec Sarkozy ici !

Il sera intéressant pour les royalistes de voir évoluer cette monarchie proche de chez nous, Le Maroc est un pays ami de la France que nous comprenons assez bien depuis l'épopée de Lyautey dont on publie ces temps-ci une biographie signée Benoist-Méchin.

samedi 1 septembre 2007

Quand au vent du déclin ...

Autrefois première des moyens, demain qui sait, perdue parmi la foule statistique, la France maintient sa trajectoire descendante malgré les appels à la rupture du président élu, rupture essentiellement médiatique, à compter les couvertures des hebdomadaires qui vantent depuis neuf mois ses insoupçonnables talents dans tous les kiosques.

L'inflation démagogique de propositions échevelées mais populaires a sérieusement plombé le redressement économique et moral du pays si l'on observe les reculades et annulations en tout genre qui sont désormais dans les tuyaux sauf à cambrioler le FMI, à commencer par notre politique de défense dont les crédits seront sabrés sans retenue puisqu'on ne trouvera nulle part l'argent nécessaire aux autorisations de programme données hâtivement par l'équipe précédente. MAM a commandé aux Etats-Unis les catapultes du second porte-avions, le "Jacques Chirac", la veille de son départ des Armées. Va-t-on les compenser en champagne ?

Contrairement à ce que pouvait laisser croire l'exercice de bateleur que monsieur Sarkozy réussit parfaitement au côté de Jean-Claude Juncker avant les vacances, c'est bien vers 2012 qu'on a repoussé l'assainissement de nos finances publiques, 2012 ça veut dire "un jour peut-être". Nos amis de l'Eurolande nous en ont fait le reproche de manière très franche et la presse du complexe militaro-industriel ne vous en a rien dit. Mais hors-frontières les amateurs français sont montrés du doigt de la même façon que nous le faisions nous-mêmes du cabinet Berlusconi !

Le redressement est-il impossible en l'état ? Sans doute ! Nous sommes trop intellectuels et nous nous gavons d'analyses quand d'autres synthétisent naturellement et prennent le taureau par les cornes sans frémir. L'Allemagne de Gerhard Schröder s'est trouvée dans les mêmes déséquilibres convergents que nous, jusqu'à 1500 milliards d'euros de dette publique (1200 chez nous), avec en plus le fardeau de la réhabilitation de ses provinces orientales. Les réformes du système social furent brutales et nul n'a vu d'émeutes contre cette politique du fer rouge dans la plaie. Le chancelier Merkel a continué sur sa lancée, majoré sa TVA de trois points (19% aujourd'hui), et mis en application des économies drastiques à tous les étages. Il y a du résultat. Il y a toujours du résultat quand l'Etat est courageux. Excédent budgétaire au premier semestre ou pour le moins l'équilibre revenu cette année, et fort excédent commercial vers les zones globalisées en pleine croissance (73 milliards au même premier semestre contre 51 pour toute l'année 2006). Aparté : l'euro fort ne les gêne pas.

Le partenaire français a perdu 15 milliards d'euros sur la même période et son déficit public sera fortement aggravé par les cadeaux fiscaux que l'équipe au pouvoir doit concéder à ses sponsors. Le manuel du savoir-vivre stipule qu'on ne peut accepter un cadeau de 22000 dollars la semaine à Wolfeboro sans renvoyer l'ascenseur au généreux donateur, à l'occasion. On peut comprendre aussi que l'Allemagne n'ait plus de temps à perdre avec les "sauteurs" français, l'axe Paris-Berlin est plus que jamais une foutaise pour les Allemands qui ont de bien plus grandes ambitions. Idem d'ailleurs pour la Grande Bretagne qui trace sa route et ne regarde pas derrière elle pour s'appitoyer sur le déclin français qui l'avantage pour le foncier du Périgord ; mais nous en parlerons une autre fois.

Avions-nous le choix en mai ? Le challenger, d'après ce que nous en livrent les brûlots récemment lancés par Claude Allègre et par Marie-Noëlle Lienemann, est la plus parfaite des nullités politiques, une gravure de mode défraîchie avec un tempérament bureaucratique de pisseuse. J'ai ouï le dernier discours de Melle, et fermant les yeux je m'imaginais à l'ouverture des comices agricoles par le sous-préfet de Saint-Amand Montrond avant guerre (la grande). Les larges extraits de ces pamphlets complaisamment diffusés par la presse nous assurent que la peste était pire que le nicholéra.

Les gens vont-ils un jour suspecter le régime politique en vigueur de leur fabriquer ce genre d'alternative médiocre ? Et même sans se focaliser sur le second tour de la présidentielle, l'inventaire des candidats qui ont pu déboucher au premier laisse à croire que la machine républicaine excrémente sans vergogne des trognes fabriquées pour le petit écran, cachant des crânes vides, fors l'ambition. On irait jusqu'à se réjouir que de nombreux pouvoirs soient dévolus à l'administration supranationale non élue où les compétences priment les combines de partis qui dégagent ici des candidats inadaptés. Pour la monnaie, c'est sûr : entre les mains de la chiraquie et de son succédanné actuel le franc libre serait au niveau du bath siamois. Mais à voir le taux de confiance dont bénéficie le président après ses frasques estivales, son investissement médiatique inlassable (pour lui), les reculades de son gouvernement, et son goût immodéré pour les aventures diplomatiques, on sait que le veau national ne fera pas tout seul l'analyse de notre affaissement général tant que son codevi est abondé des fruits de la redistribution.

Les critiques sont méprisés sous le terme de "déclinologues" et les thuriféraires de l'oligarchie aux manettes laisse croire que tout finit toujours par s'arranger, même mal. Le déclin n'est que relatif, et tout entier relatif à nos classements internationaux. En ce sens il est avéré ! On descend régulièrement les barreaux des échelles, sans exception. Les ressorts mentaux sont brisés et les gens "n'y croient pas", mais on nous persuade du contraire. Vieille méthode Coué !

Comment dès lors exploiter cette situation, malgré tout regrettable, pour les convaincre que nous avons besoin d'excellence au niveau des pouvoirs essentiels et pas seulement de pugnacité et de vribrionnance?

Communiquer plus largement sur des schémas institutionnels simples, applicables sans révolution ni tabula rasa et destinés à barrer la voie d'accès aux pouvoirs essentiels pour les réserver aux professionnels.

La question reste quand même de savoir quel sol nous allons percuter en fin de trajectoire car notre propagande ne la ralentira pas. Sera-ce du sable, du rocher, ou la mer profonde ? Je ne crois pas au pire car que je fais le pronostic que les autres pays d'Europe ne laisseront pas disparaître le plus beau d'entre eux, une mine touristique et gastronomique inégalée mondialement, au coeur du continent, à moins qu'ils ne se le partagent, à défaut le colonisent. C'est un peu pour ces raisons que nous devons nous méfier d'une décentralisation trop poussée et d'un régionalisme centrifuge.

Le recours a-t-il un programme de la trempe de celui des chanceliers allemands ?
Les Gracques vont-ils parler, eux qui disent tenir le graal sous le boisseau ?
Le recours a fait voter Sarkozy ! A titre personnel. En a-t-il d'autre ?
Les Gracques sont encore pour quelque temps républicains.

cendres

Quand au vent du déclin les cendres se soulèvent,
En heureux tourbillons vers les cieux bien aimés,
L'âme reste jonchée des désirs et des rêves
Que la flamme a mordus mais n'a pas consumés.

Avec Charles Maurras acceptons en l'augure

jeudi 30 août 2007

Come Be My Light

soeur Mary TeresaJesus has a very special love for you. As for me, the silence and the emptiness is so great that I look and do not see, listen and do not hear.

La sainte des Egouts, bienheureuse Mary Teresa (1910-1997) vécut une grande partie de sa vie dans les tourments de l'Enfer si l'on prend au mot les Ecritures qui nous préviennent de la pire des punitions dans l'au-delà : être retranché de la vision de Dieu.

Le livre Come Be My Light qui vient de sortir aux Etats-Unis réunit la correspondance de mère Teresa avec sa hiérarchie, correspondance dans laquelle elle exprime sa souffrance de l'absence de Dieu et la peine insupportable qu'endure son âme.

Nous savions par des indiscrétions qu'elle avait été confrontée avec une relation démoniaque qui avait failli l'emporter, mais qui pouvait se douter de ce tunnel mystique de cinquante ans, même si l'histoire des saints nous familiarise avec ces longues périodes de terreur du silence divin.

Quelques mois avant de recevoir son prix Nobel de la paix à Oslo (11 déc. 1979) , où elle exalterait la présence du Christ dans le plus déshérité des pécheurs, elle confiait à son directeur de conscience :
"Jésus a un amour particulier pour vous ; mais pour moi le silence et le vide sont si grands que je regarde et ne vois rien, j'écoute et n'entends pas, ma langue murmure en prières mais ne dit rien, je veux que vous priez pour moi, pour que je Le laisse me prendre la main".

Mère Teresa et SS Jean-Paul II
Le recueil de lettres est déjà reclassé par les prélats américains au niveau des Confessions de saint Augustin tant est profond et sincère le dialogue avec un Christ qu'elle appelle au secours et qui ne parle plus. En 1947 elle avait relaté à son archevêque une extase qui avait déclenché son engagement vers les plus déshérités de Calcutta :

"[Jesus:] Wilt thou refuse to do this for me ? ...
You have become my Spouse for my love — you have come to India for Me. The thirst you had for souls brought you so far — Are you afraid to take one more step for Your Spouse — for me — for souls ? Is your generosity grown cold ? Am I a second to you?

[Teresa:] Jesus, my own Jesus — I am only Thine — I am so stupid — I do not know what to say but do with me whatever You wish — as You wish — as long as you wish. [But] why can't I be a perfect Loreto Nun — here — why can't I be like everybody else ?

[Jesus:] I want Indian Nuns, Missionaries of Charity, who would be my fire of love amongst the poor, the sick, the dying and the little children ... You are I know the most incapable person — weak and sinful but just because you are that — I want to use You for My glory.
Wilt thou refuse ?"

Au début de sa vie de religieuse, soeur Mary Teresa eut des visions qui la conduisirent dans l'intimité du Christ, une fois même elle parla au Christ en croix, et ces expériences atteignirent la limite de violence psychique qu'elle pouvait endurer. On mesure combien la longue absence ultérieure de "réponses" dut être éprouvante pour quelqu'un qui s'était approché si près du Ciel. L'agonie finale fut certainement terrible.

« Si un jour, je deviens une sainte, je serai sûrement celle des Ténèbres, je serai continuellement absente du Paradis. »

Time Magazine de cette semaine a fait un dossier magnifique de huit pages avec d'excellentes photos peu connues de mère Térésa. Ceux qui ne peuvent pas passer au kiosque voisin peuvent télécharger la version électronique en cliquant sur le titre de ce billet, avant que le dossier ne passe en archives payantes.

Come be my light
Come Be My Light du RP Brian Kolodiejchuk, postulateur de la Cause de béatification de Mère Teresa de Calcutta auprès du saint Siège.
416p. édition reliée qui sera publiée le 4 septembre, 22$95 prix normal ou 13$75 en pré-commande sous conditions chez Amazon.

On peut l'avoir immédiatement en eBook chez Random House pour 17$95.

mercredi 29 août 2007

Patrie et Nation

Une patrie, c'est la terre où reposent nos pères, "une terre que tous ses habitants sont intéressés à conserver parce qu'on n'abandonne pas son bonheur" (Chevalier de Jaucourt). Une patrie se parcourt, se contemple, se met en culture pour en admirer les fruits, et on en sent le sol quand on y marche dessus.

Une nation "est une âme; un principe spirituel. Deux choses, qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel : l'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs, l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis" (Ernest Renan).

La confusion nation-patrie fut fréquente dans le passé quand on prenait la nation de la racine "nascere" (où l'on est né). Renan donne je crois la notion moderne juste. Pourtant la confusion est permanente dans les milieux patriotiques.

la Gaule à la veille de Vouillé 507
On commémore cette année le 1500è anniversaire de la bataille de Vouillé qui ouvrait aux hordes franques la porte septentrionale du Midi, région bénie des dieux qui goûtait au retour de la civilisation sous le gouvernement attentif des Goths. Barbares cultivés par une longue cohabitation avec l'Empire romain d'occident, ils lui étaient passés sur le ventre pour y établir leurs clans quand l'Etat impérial vermoulu s'effondra. Ils en reprirent les habitudes et renouèrent avec une administration minutieuse fondée sur le cadastre fiscal antérieur qu'ils poussèrent au plus loin de tous les recoins de leur nouvelle patrie. Les Wisigoths créèrent ainsi le régime foncier féodal dont certains lambeaux sont parvenus jusqu'à nous et qui fut la charpente de la France jusqu'en 1789. Leur droit fut consigné dans le Bréviaire d'Alaric publié en 506 à Aire-sur-Adour. Un grand colloque universitaire de trois jours y fêta son quinzième centenaire l'an passé.

affiche des XXVIII Journées d'archéologie mérovingienneLe royaume méridional était vaste, riche de tous agréments et produits de la terre, ouvert sur le monde par mille kilomètres de côtes bordant la seule mer utile de l'hémisphère, la Méditerranée, et moins de cent ans suffirent au nouveau pouvoir pour imposer une langue commune et des moeurs réglées à l'identique, de Gênes à Valence d'Espagne, dans ce que l'on appelle aujourd'hui l'Occitanie. La carte ci-contre est une tentative discutée mais utile.
On comprend que cette situation enviable ait attiré les mouches. Particulièrement celles qui moisissaient dans les brumes du Nord où rouillaient leurs armures.

Il faut toujours un motif supérieur dans les entreprises humaines de confiscation fondées sur la cupidité ou l'hégémonie. Le plus sûr est la guerre de religion dont l'Occident et l'Orient se serviront maintes fois. En l'espèce, il fallait exterminer les hérétiques ariens, surtout l'église wisigothe arienne constituée, pour rétablir la quiétude des catholiques romains par la paix des cimetières.

Alaric IILa bataille de Vouillé et la conquête du royaume wisigoth est expliquée de manière concise sur le site Clovis I auquel je vous renvoie. Un colloque se tiendra le mois prochain à Vouillé et Poitiers du vendredi 28 au dimanche 30 septembre 2007 dans le cadre des XXVIIIe Journées internationales d’archéologie mérovingienne. A voir le programme ce sera certainement passionnant.

Après Vouillé les ravages furent immenses. L'Occitanie réduite jusqu'aux Pyrénées qui bloquèrent Clovis, fut dépecée dans le style de partage des dépouilles en vigueur à l'époque, et le fabuleux trésor wisigothique d'Alaric récupéré par les Mérovingiens, sauf la partie cachée dans la région de Rennes le Château comme le pensent les fumeurs de shit à poêle magnétique.

La conquête des âmes par la Cavalerie allait dévaster trois fois encore le pays.
Les sectateurs du Prophète renforcés des Alains et Vandales de jadis, franchirent les Pyrénées et déferlèrent en 719 sur le Midi toujours instable depuis le VI° siècle. Les Francs qui vivaient de la mise en coupe réglée des paysans, de pillages et rapines sans rien produire eux-mêmes, suscitaient des résistances parfois très fortes des autochtones. Le désordre facilita la conquête maure et leur permit parfois à recruter localement des supplétifs. Charles Martel vainquit à Poitiers des compagnies gasconnes autant que sarrasines et descendit ravager l'Aquitaine et la Provence où il gagnera son surnom ! Il faudra attendre l'Empire carolingien pour que le pays retrouve une ère de paix et la possibilité d'une administration civile normale. Curieusement les communautés qui avaient survécu à la colonisation franque et aux Sarrasins s'épanouirent non pas dans le cadre urbain abandonné par les Romains, ni dans le cadre militaire laissé par les Francs, mais dans le cadre féodal et rural légué par les Wisigoths. Etonnant quand on note que le royaume wisigothique ne dura en tout et pour tout que 95 ans au nord des Pyrénées (412-507).

Ce fut le peuple barbare le plus prestigieux d'Europe, tant par sa longue histoire et ses origines mythiques - les rois descendaient du dieu Gaut - que par les traces qu'il laissa longtemps dans les esprits et dans l'art. Leurs vainqueurs se disputaient leurs utérus et certains les rattachent à la diaspora juive de Dacie. Les ancêtres paternels de Blanche de Castille portaient un titre d'empereur d'Espagne en héritage des rois wisigoths. Ils n'ont jamais complètement disparu.

La fois suivante fut la répétition de la même pièce. L'Eglise catholique romaine considéra insupportable que les populations occitanes lui préfèrent une religion duale de purs esprits comme le catharisme, qui dans sa propagation préfigurait d'ailleurs le prosélytisme huguenot. Le prétexte fut saisi à la fois par les Francimans et par l'Eglise romaine de confisquer ce Midi qui s'était détaché du Nord à la faveur des divisions de l'empire carolingien. On prêcha la croisade en terre chrétienne (un comble !) et la guerre fut atroce, menée avec une sauvagerie épouvantable par les armées des vassaux de Philippe Auguste. L'extermination des Parfaits et l'abaissement du Languedoc durera vingt ans, avec quelques chagrins comme la mort du roi Pierre II d'Aragon à Muret et quelques satisfactions comme celle du comte de Leicester sous les murs de Toulouse et du roi Louis VIII à Montpensier, qui avait préféré combattre les peuples latins pour plaire au souverain pontife plutôt que de bouter l'Anglais hors de France, qui était son vrai ennemi.

manuel de l'inquisiteurL'Inquisition sera mise en place à Toulouse pour purger définitivement l'hérésie. Les Belles Lettres ont réédité en 2006 le Manuel de l'Inquisiteur de Bernard Gui, le Bernardo du Nom de la Rose. Il faut admettre que ce fut un juge sévère mais juste et intègre, qui sur 650 prévenus n'en fit brûler que 47, une paille loin des espérances du romancier. Le catharisme écrasé continuera malgré tout son cheminement d'austérité dans les esprits et sera un terreau fertile pour la Réforme.

Le calvinisme sera le prétexte de la quatrième et dernière invasion du Sud à des motifs religieux ; mais en l'espèce, les Huguenots ayant beaucoup appris des déboires précédents, prirent le parti dès le début de se venger préventivement des Catholiques, ce qui fait que les torts restent partagés, ce que contestent les Protestants qui instrumentalisent la guerre des Camisards en toute mauvaise foi.

Nation et Patrie sont donc bien différentes. Il y a plusieurs patries dans la nation. Commémorer Vouillé en victoire nationale comme se proposent de le faire les 37è Journées Chouannes de Chiré-en-Montreuil ce week-end, est une hérésie. C'est pour moi un désastre, Vouillé 507 ! D'accord, quinze siècles ont passé cette année ; mais admettez que la France n'a pas quinze siècles à ce jour ! Ses "patries" sont bien plus anciennes et diversifiées qu'elle, pensez à la Bretagne de Merlin l'enchanteur, l'Auvergne avare de son soutien à Vercingétorix, la douce Provence romaine, terre d'empire puis pontificale, la Narbonnaise antique devenue Septimanie puis marche impériale de Gothie, le Pays basque fondé par les Atlantes ! (on me dit dans l'oreillette qu'on en doute).
Ces terres n'ont pas conservé que du folklore. A preuve le renouveau occitan un moment freiné par les deux guerres mondiales que la Nation dût engager, est vigoureux. Les noms des rois d'Aragon et celui des grandes maisons languedociennes, les Trencavel, Saint Gilles, Anduze, Armagnac, se rencontrent sur les plaques de rue. On en baptise les écoles pour élargir l'Histoire à toute la "nation occitane". Même l'université de Valence à l'extrême-sud s'en est emparée et fournit des recherches fouillées. Le catharisme renaît aussi de ses cendres parmi les fous, profitant du recul de l'Eglise romaine dont bien sûr on raconte à l'envi les excès inexpiables. La Nation ne peut être qu'un prisme.

Les nationalistes seraient bien avisés d'intégrer certains paramètres pour comprendre pourquoi les peuples de France ne font pas toujours bloc, pourquoi ils votent une fois non à la fédération européenne et deux ans plus tard oui à la même chose. Pourquoi aussi les religions officielles, chrétiennes ou musulmanes, sont débinées voire craintes. Les enjeux sont multiples dans les esprits, il n'y a pas de bons et de mauvais Français. Il y a de bonnes et de mauvaises mémoires.

On peut transporter sa nation, pas sa patrie. Quand je suis en Chine j'y entraîne ma nation parmi d'autres nations, j'ai même un passeport pour m'en souvenir, mais c'est ma patrie occitane qui me manque, moins que mon pagus, moins que ma famille.

pays de Nébian

mardi 28 août 2007

Diplomatie volontariste ou velléitaire

Sarkozy aux ambassadeursLe discours aux ambassadeurs du président Sarkozy ressemble à une loi-cadre de notre politique extérieure bien que les termes soient moins diplomatiques que ne le réclame normalement l'exercice. Cela nous change des rares discours du prédécesseur mêlant dans le même paragraphe le choux, la chèvre et le loup ! La feuille de route qu'emportent avec eux nos représentants diplomatiques, n'est sans doute pas la plus simple ! Jusqu'à se demander dès fois si cette propension à déclamer publiquement les programmes n'est pas la force même du ressort nécessaire à leur mise en oeuvre. Je fais ce que je dis !

L'action est lancée sur neuf axes. On en attendait sept pour faire un chandelier. Derrière les "comités de sages" et les mots "identité, valeurs, nation" qu'en est-il ?

Le G8 passe à 13. C'en est donc fini de la connivence occidentale qui permettait une fois par an aux équipes alliées de travailler ensemble sur les gros problèmes de la planète et d'évaluer les menaces posées par les exclus. Le G13 deviendra un forum médiatique comme un gros Davos, une occasion pour tous de passer à la télé en compagnie des plus grands. Finalement la dilution inévitable des convergences et les paillettes parfois agaçantes de la mise en page, finiront par le tuer. Est-ce le but ?

Union européenne. La construction institutionnelle devient une "priorité absolue". Le traité simplifié, qui a expurgé la constitution giscardienne de ses ambitions pour ne retenir qu'une mécanique, doit passer, au moins pour concourir à la gloire de l'originateur. Il n'est pas interdit de penser qu'il améliorera notre pouvoir décisionnel au Conseil. Tout le reste est assujetti aux conditions de mise en oeuvre et au dévoiement probable que la Commission opèrera. L'adjectif absolu nous indique qu'il sera ratifié par le Congrès de Versailles, excluant le risque référendaire au motif justifié qu'un second refus formel tuerait l'Europe.

A nos amis souverainistes, je ferais observer que pour obtenir un référendum sur cette épineuse question - sans prétendre ignorer que la réponse populaire est rarement donnée à la question posée - il vaut mieux gagner l'élection présidentielle. C'est ça la République, le vainqueur d'un jour divise, écrase et commande pour 5 ans !

L'Iran n'est pas admissible au club atomique.
Depuis l'effondrement du régime baasiste à Bagdad, la République islamique d'Iran n'est menacée par personne qu'elle puisse réduire au silence par l'arme atomique, la Russie étant trop grosse pour elle. Dès lors on peut partager l'opinion de beaucoup de chefs d'Etat de la zone, Israël et Egypte compris, que la quête nucléaire iranienne vise à favoriser son hégémonie sur tout le Moyen Orient. Qui ne serait d'accord avec cette précaution élémentaire d'un refus catégorique d'ADM pour un régime aussi agressif que celui de Téhéran ?
Il ne s'agit que de lui vendre la contrepartie. C'est un pays de bazars.

Irak et Etats-Unis. Même sous Chirac nous sommes restés des alliés responsables en dehors de la dispute irakienne, collaborant dans les domaines du terrorisme et de la traque afghane. Par contre les éclats inqualifiables de notre opposition à la guerre préventive d'Irak nous ont coupé de la discussion à bâtons rompus et sans arrière-pensées entre nous, ambiance nécessaire quand justement on veut se dire les quatre vérités.

C'est d'abord ce climat plus serein que le président Sarkozy veut établir avec notre allié de référence. A partir de quoi il pourra poser à son homologue américain la question qui fâche : « Al Qaïda vous a attaqué le Onze Septembre et vous a fait 3000 morts ! L'hydre n'a pas été réduite significativement depuis, ses responsables vous narguent, et vous avez rajouté 3000 morts de votre bord dans une guerre déjà perdue. Quelles sont vos intentions pour savoir si et comment nous pouvons vous aider. » Parce qu'en définitive ce sont les OPS français qui ont mis la tête de Ben Laden au net dans l'alidade de visée, par deux fois, pour se voir refuser l'ordre de tir ! Les Américains n'ont encore "rien vu".

Kouchner en Irak par Chappatte
Proche Orient. Il est significatif que dans cette partie du programme on se paye de mots, laissant de côté toutes précisions concrètes. Les acteurs sur zone sont tous en décomposition et il est inutile d'avancer des pions. Aussi « soutiendrons-nous toutes initiatives utiles » si d'aventure ...

Afrique. On l'attendait sur ce domaine car le continent noir est l'enfant chéri de la République. Les réseaux Foccart, Pasqua et Papamadi ont été démantelés sous la présidence précédente pour être remplacés par d'autres, plus strictement économiques. Les pivots militaires sont maintenus à grand frais mais la contemplation de la situation terriblement dégradée ne peut suffire, non plus que la remise des clés au NEPAD qui a fait la démonstration de sa vacuité en l'absence de tout investissement extérieur lourd. On sait bien que le développement de l'Afrique est primordial si on veut sauver les équilibres démographiques en Europe, mais ayant tout essayé, il est temps de passer à une vraie guerre, la guerre à la misère. Sans concessions ! Sera-ce la teneur du discours sarkozien annoncé pour le 25 septembre à New York.

Plutôt que de proposer l’électricité nucléaire aux « pays musulmans » (entendez aux Arabes et aux Iraniens qui sont capables de se payer l'équipement) il serait plus juste de construire une grille énergétique sur toute l’Afrique noire, pour débiter du courant à faible prix jusqu’au dernier village. Lénine disait que le communisme c’était « le pouvoir des soviets plus l’électrification du pays tout entier », pour les soviets on verra plus tard, mais pour l’électricité ça urge.

Russie. Le comportement hégémonique du Kremlin pose un faisceau de questions stratégiques graves. On peut regretter que le programme d'hier ne développe pas les intentions françaises, à moins qu'il ne s'agisse que de contrer le nouveau Csar en coulisses pour ne pas effrayer les intérêts économiques français en Russie. « Quand on est une grande puissance, on doit ignorer la brutalité » a-t-il dit néanmoins à l’intention de Vladimir Poutine. Mais dans cette question nous sommes impuissants seuls.

Défense. Notre position sur la défense en Europe n'est pas claire. « Avancer de front vers un renforcement de la défense européenne » ne veut rien dire. Il n'y a que deux objectifs à mettre en ligne : (1) une intégration militaire partielle mais réelle des forces françaises, britanniques et allemandes sur les théâtres d'opérations européens, et laisser rejoindre les autres ; (2) une mobilisation budgétaire importante qui ne peut être décrétée présentement chez nous en l’état de nos finances publiques. Cela implique de mettre de l'ordre sérieusement dans nos propres affaires.

Nous n'avons rien à dire en Asie, ni en Amérique du Sud. La France entre dans son costume de puissance régionale. Quand il aura été parfaitement retaillé, l'Europe nous disputera le siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU. Mais est-il plus sûr pour notre nation d'être forts dans sa zone naturelle d'influence plutôt que faibles et dispersés de par le monde entier en y exerçant une vocation universelle que bien des peuples ignorent ? On ne peut courir le 3000 steeple avec des galoches de 45 si on chausse du 41. Je préfère le recentrage continental, quitte à se rédéployer dans une décennie si nous avons réussi le recalibrage.

« Une France plus forte chez elle est la condition de son influence au-delà des frontières » aurait dit monsieur de La Pallice. C’est basique mais c’est en résumé le reproche principal que fait Nicolas Sarkozy à Jacques Chirac, d’avoir tout laisser couler à l’intérieur au bénéfice de son agit'prop internationale. Ce qui l’obligea à ravaler ses rodomontades chaque fois qu’on demandait à la France de concrétiser ses positions. Je ne sais si le sursaut nécessaire se produira avec son successeur. Pour l’instant tout est calme. Les Français assistent blasés au spectacle, sachant bien qu’il n’y avait aucune alternative.

Bien dommage que l'Alliance royale n’ait pu accéder à la campagne officielle pour faire la différence et passer un message cohérent et nouveau. Il en serait resté quelque chose, surtout dans le domaine régalien.

Juste avant ce discours aux ambassadeurs, le chancelier allemand Angela Merkel était en visite à Pékin. Le ton n'était pas très diplomatique non plus et les Chinois qui jusque là comptaient sur l'indulgence du pays le plus puissant d'Europe au motif des échanges juteux dont il bénéficie, ont rencontré une "habituée" de la chanson communiste née en RDA, qui appelle un chat un chat et le ciel de Chine un cul de four. Elle sait que le buzz du protocole de Kyoto est lié aux Jeux olympiques de 2008 et elle ne se prive pas de ce levier écologique pour tempérer l'offensive chinoise vers l'Europe en l’obligeant à ralentir ses usines polluantes. Diplomatie active les pieds au sol au bénéfice de tous. Décidément on ne les refera pas nos cousins-germains !

lundi 27 août 2007

Monarchisation de l'Elysée

armes de France

A l'issue de ses Cent Jours, l'agitation fébrile du locataire suprême plaît à 71% des Français. Enfin de la téléréalité politique avec un candidat au parler vrai ! Qu'adviennent donc les chagrins d'amour, les accrochages politiques, les drames domestiques ou les grandes trahisons préludant aux retrouvailles mouillées, afin que la représentation soit parfaite, enterrant les Khalankoué aux Philippines et toutes ces îles de la Tentation vulgaire. On a l'émission en grand et les épisodes hebdomadaires, l'un chassant l'autre comme il convient dans un bon scénario.

Les jaloux n'en peuvent plus, jusqu'à même se rallier à l'opinion générale pour masquer le peu de succès de leur ire rentrée. Les docteurs de la loi théorisent pour surfer sur la vague médiatique et voilà l'explication lâchée : normal, nous sommes en monarchie républicaine ! Et même des constitutionalistes renommés comme Guy Carcassonne, Jack Lang voire Patrick Devedjian s'abandonnent à cette turquerie. J'ai cherché longuement pourquoi. Et j'ai trouvé, jusqu’à changer de taille de chaussettes !

Pérennisez la fonction de chef d'Etat en plaçant un roi (ou la reine des Roms) à la tête du pays, vous neutralisez d'un coup l'expression la moins gérable du suffrage universel, l'élection présidentielle. Si les propagateurs de la nouvelle foi parviennent à se faire entendre, ils privilégieront un roi du modèle scandinave, la Scandinavie ayant une excellente réputation en France avec Volvo et Ikea. Ce roi règnera sans gouverner, ce qui n'est pas dans la réalité profonde des monarchies du Nord mais il sera pressenti comme tel par les Français. Dès lors le "pouvoir" reviendra au Premier ministre qui recouvrera tous les attributs constitutionnels de la V° République et qui sera le vrai patron du pays comme en Grande Bretagne, la dynastie restaurée jouant le rôle de "sleeping partner".

Le schéma devient très intéressant pour l'ambitieux qui brigue la charge la plus haute car le champ de manoeuvres sera fortement réduit, pour ne concerner que le parti politique auquel il s'inscrira et ultérieurement les Chambres. Il lui suffira de savoir faire carrière pour éventuellement "parvenir", et les questions de marketing populaire, d'image, de buzz médiatique deviendront secondaires. C'est le mafiatage qui l'emportera à tous coups. Beaucoup de nos hommes politiques ont des prédispositions utiles.

le microcosme

Dans le système républicain français, ce que redoute le plus un homme politique qui fait carrière en viager dans le "microcosme", c'est la période électorale. Vaincre le complot du silence, les Guignols de l'Info et convaincre la France du Vingt-Heures n'est pas à la portée de tous. D'excellents grands commis de l'Etat sont de piètres bouffons et en pâtissent. Par contre "gérer" adroitement une circonscription législative est bien plus facile, et même dans la trivialité du vulgum pecus à ce que j'observe sur la mienne. A partir de là, les dés sont beaucoup plus largement distribués - ah, l'égalité des chances ! - et tout éventuel projet de monarchisation de l'Elysée devrait attirer des supporters dans le camp politique, du moins ce qui s'estiment à la hauteur de l'enjeu.

Dit en passant, une monarchie constitutionnelle n'est pas du tout à l'image du couple présidentiel que nous percevons et la stigmatisation présente est une facilité dialectique débouchant sur l'accusation d'absolutisme. Ce qui n'est pas tout à fait faux, puisque Monsieur Sarkozy a plus de pouvoirs que le roi Louis XIV ou Bertrand Delanoë ! Néanmoins nous savons qu'il n'y a pas même copie de l'original, les maisons princières qui fournissent le matériau royal sont d'un autre niveau. Du moins souhaiterions-nous qu'elles s'y appliquent.

Dans Le Figaro de samedi dernier, le pontife stratégique Alexandre Adler nous annonçait la réunion prochaine de la Wallonie française à la République. L'Etat belge s'effondrant sur ses bases après seulement 177 ans d'existence, il libèrera de sa charge écrasante la jeune tige belge de la vieille maison de Saxe-Cobourg & Gotha, nous laissant l'opportunité de la récupérer pour Paris en même temps que Liège et Namur ! Il n'est pas mal Albert II, roi des Belges et duc de Saxe. Il a lui l'expérience, et nous referons le royaume d'Arthur Pendragon, puisque c'est la même maison qui règne outre-Manche sous le nom emprunté de Windsor.

Arthur Astier de Kaamelott

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