mercredi 19 juillet 2006

Le cèdre brûle

nuit d'artillerie navale
Dans L'Orient-Le Jour de ce matin je lisais l'éditorial de Issa Goraïeb dénonçant les enfantillages de la classe politique libanaise qui libérée de la tutelle syrienne est retournée à ses vomissements. Que penser à côté de cela de la collusion du vieux général Aoun avec le Hizbollah ?
Lisez l'édito complet en cliquant ici

Extrait:
" Comment diable Israël a-t-il fait pour convaincre le monde qu’il était le mieux désigné pour mettre en application la résolution 1559 de l’ONU ? Nous l’y avons tout simplement aidé par une incroyable accumulation d’erreurs, par nos inhibitions, nos contradictions et nos divisions, par notre incapacité de saisir la chance historique d’édifier un Liban nouveau que nous offrait la fin de l’occupation syrienne. Erreur générale, pour commencer, que tout ce temps perdu en vaines discussions, en manœuvres, en finasseries politiciennes, à la recherche de cette formule magique qui eût permis de désarmer le Hezbollah sans le désarmer tout à fait, en le désarmant absolument. Erreur, que l’ambiguïté érigée en règle de gouvernement sous couvert de consensus national, sans souci de la lassitude croissante des puissances ou des énormes périls que recelait l’entrée en éruption du volcan palestinien."

Mais je partage sa conclusion :
" Ce n’est pas en le cassant purement et simplement que l’on peut régler la complexe question du Liban."

Au-delà de l'autodéfense légitime et de la lutte internationale contre le terrorisme, on peut être surpris qu'un peuple qui se dit "choisi" et réputé parmi les plus fins et les plus intelligents du monde après les Chinois, ait choisi la dialectique guerrière de l'administration évangélique Bush, qui détient de pompon de la simplification.
La conduite de l'Affaire irakienne depuis le début est manichéenne, binaire. Elle aboutit au désastre actuel que ne masque même plus la manipulation de la communication. Des analyses de presse menées par des reporters chevronnés viennent de démontrer que les dommages subis cette année par les populations civiles sont au décuple - oui, décuple - de ce qui est annoncé par les Autorités qui n'en ont plus que le nom, protégées qu'elles sont dans les bunkers américains de la Zone Verte et que tous ignorent.

L'Irak aussi est un prototype - anglais celui-là - d'état multicommunautaire complexe. On n'imagine aucun mémoire futur d'ancien combattant américain cherchant à le décoder. Ils n'y comprennent toujours rien. Mais le Missouri ou le Kansas sont si loin ! Alors qu'Israël et le Liban se touchent. Et la même bêtise semble s'y donner rendez-vous.

Leurs hommes d'affaires juifs et libanais se croisent et se parlent dans les enceintes mercantiles et sur tous les comptoirs de négoce du monde. Ils ont de plus quelques communautés cousines de part et d'autre de la frontière. Et trois mille ans d'histoire commune !
Malgré cela, Ehoud Olmert qui paraissait si pénétré de son destin paisible saccage le pays d'une manière plus brutale encore que Rumsfeld ne le fit à Bagdad. Le marteau juif déborde tant la taille de l'enclume qu'on est en droit d'y voir une vengeance. Sentiment généralement désastreux pour celui qui le subit en son coeur car il lui ôte l'indispensable mesure dans son débat polémique.
Est-ce par dépit de voir le plan Sharon réduit en miettes ? Déteste-t-il être réveillé dans son premier sommeil par l'Etat-Major ? Quelque chose cloche dans le comportement du Premier ministre israélien. Ce gouvernement semble paniqué par la brièveté de la fenêtre de tir que lui a autorisée l'Occident

Qu'aura obtenu Israël en détruisant les Echelles du Levant et leur arrière-pays ? Un désert économique et commercial. Le Liban resuscité risquait-il de faire de l'ombre à la puissance économique du voisin ? Qui le sait ? Mais pour sûr, un supplément d'ennemis farouches et in fine une résurgence générale de l'antisémitisme, bien que cette folie destructrice n'ait rien à voir avec les Fils de Sion !
Quand le pasdaran Amahdinejad réclamait hier l'éradication d'Israël, on parlait de propos de tribune ; aujourd'hui c'est le grand ayatollah Khamenei qui parle de tumeur cancéreuse à extraire du Moyen-Orient ! Ils finiront par convaincre les indécis.

Qui pis est, le but affiché sera manqué ; les organisations terroristes se déplaceront plus loin mais toujours à portée de nuisance, soutenue inlassablement par les puissances qui les arment aujourd'hui.

Le chef de la Maison de France a exprimé sa douleur de voir le Liban à ce point pilonné.



Armes de la Maison Royale de France


Paris, le 17 juillet 2006


Les trois spiritualités monothéistes se rencontrent, s’imbriquent en un point géographique précis, car toutes sont issues d’un même point commun.
Salam, Shalom, la paix soit avec toi disait Melchisédech, Prince de Salem, Cité de la Paix.
Et le diable alors s’en mêle, la loi du talion revient sur le devant de la scène avec toutes ses horreurs dignes des dernières immondices des guerres d’il y a peu… 39-40, Afghanistan, Irak, Guantanamo, Pol Pot, Rwanda…
Dans l’escalade du talion pourquoi ne pas annihiler les sanctuaires de terroristes et leurs soutiens, pense-t-on tout bas ?
Folie des gouvernants, orgueil de l’homme qui croit détenir le pouvoir et ne peut utiliser sa puissance que par des armes pour détruire la vie.
Honte à cette humanité inhumaine de quelque côté qu’elle puisse se situer, prête à supprimer la beauté de la vie alors qu’il suffirait de tendre la main, Salam, Shalom, et que la paix demeure entre nous.


Henri
Comte de Paris
Duc de France

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