lundi 8 octobre 2007

Classe "Affaires"

armoiries louis 18 de la caisse des dépôtsVu du blogue, les armoiries de la CDC disposent-elles en 2 et 1 les fleurdelis
des Bourbons ou des pigeons ? Je crois que je vais passer rue de Lille me faire
une religion sur le subliminal de la communication de voirie !

Comme un cadavre dont les effluents ne cesseraient de passer le bois de la bière, la Chiraquie se décompose lentement et tache le caveau de la République. Les affaires sont les affaires dans tous les sens du terme. On savait les casseroles rangées en batterie inoxydable par des juges réputés acharnés, qui surgiraient au petit matin chez M. Hariri, quai Voltaire, demandant à voir le locataire du meublé. Finalement, ce n'est plus une batterie, c'est toute l'usine d'emboutissage qui est offerte.
...

Peu nous châlent les confusions de porte-monnaie de la mairie de Paris, les notes de bouffe(sic) extravagantes du couple corrézien, les virements et les amitiés nippones faisandées. Les remugles d'égout remontent de cette pénible affaire Clearstream-EADS. Un scénario de pieds-nickelés qui dévoile maintenant une caisse noire chez l'avionneur, selon M. de Villepin soi-même. Qui aurait pu le croire ? La République des copains et des coquins n'était-elle pas enterrée ? La morale une exigence de tous les matins avant d'avaler son banania ? Que disions-nous à la tribune des Nations-Unies contre les mensonges et turpitudes évangéliques des Texas Boys ? L'intelligence et l'honneur étaient à Paris.

Las, pendant les travaux d'excavation de la vérité la vente de poisson pas frais continue. Le fils Pasqua (PPP) revient de Tunisie où il se terrait depuis sept ans avec dix millions de rétrocommissions. Il est libre de mouvements sous caution en petites coupures. Et l'on reparle de la SOFREMI, lancée par Pierre Joxe en 1986, et instrumentalisée par Pierre Falcone - un nom de polar d'espionnage - jusqu'à mouiller jusqu'au cou le fils de Mitterrand Papamadi ! Falcone rentre aussi.

Qui ne voit que Noël Forgeard est une créature du cabinet politique chiraquien plus qu'un industriel, lui qui a passé le plus clair de son temps à mafiater d'ordre et pour compte au lieu de tenir les usines.

Quel courage ce monsieur Breton d'oser dire devant la commission sénatoriale que la Caisse des Dépôts et Consignations bénéficie du privilège d'indépendance exécutive, privilège accordé par le parlement, ce qui implique celui-ci dans la même ironie, et Quick Burger en sus pour faire les manchettes. Français vous détenez Quick Burger !!! Tout cela pour nous affirmer les yeux dans les yeux que l'achat d'actions EADS par la CDC concomitant à la vente d'action par Lagardère, n'était pas un rachat.
Et d'en remettre un coup en expliquant que le pronostic lucide de l'Agence des Participations de l'Etat décrivant quelques mois avant la panique boursière, EADS comme une mauvaise aventure à la corbeille, n'était pas parvenu aux étages responsables de la rue de Lille. Les prend-il tous pour des benêts ? Non pas, c'est du théâtre, tout le monde jusques et y compris nos paisibles sénateurs sont au moins informés que la vague d'opprobre peut fragiliser des amis, des amis qu'ils ont peut-être perdu de vue après qu'ils aient métastasé par tout l'appareil d'Etat, mais qui ont leur nom dans le répertoire téléphonique. Or des amis il en faut pour durer, et qu'ils restent discrets. Pas comme M. de Villepin.

Concrètement, le contribuable a payé les actions pourries de monsieur Lagardère fils deux fois le prix qu'elles devaient valoir quelques jours après la transaction, l'intervention de la CDC ayant sans doute entraîné aussi un rallye sur cette valeur. Il faudrait décortiquer la semaine avec le logiciel boursier de La Tribune (que je recommande en passant).

M. Lagardère n'est pas clair, du moins en ses conseils. Il devient l'ami encombrant du nouveau président de la République, après avoir été l'ami nécessaire et encombrant du maire socialiste de Paris dans les deux affaires des Jeux Olympiques et du Racing Club du Bois de Boulogne. Il encombre beaucoup. Nous voilà bien revenus aux connivences étroites du Second empire et de la Troisième. Si la bourgeoisie n'est plus vraiment brumairienne, si nous n'avons plus de canal à creuser, elle parasite toujours autant le chêne de l'Etat avec un avantage sur le gui, elle ne meurt pas avec lui quand il tombe !

Dans un excellent article d'Insurrection de ce mois-ci, PV Latortue - c'est un nom de pirate qui lui vient d'ancêtres boucaniers - a démonté la réforme fiscale impossible du gouvernement Fillon. Le clientélisme obligatoire en démocratie représentative qui pousse à la satisfaction de besoins catégoriels, s'accorde mal de l'équation d’intérêt général qui dans une société d'égoïstes bloquée comme la nôtre, est à somme nulle. Sauf banqueroute, ce que l'on donne à l'un est arraché à l'autre, ou préempté sur ses enfants.

De grandes réformes sont néanmoins possibles avec les Français, avec beaucoup de pédagogie certes, si une précondition est remplie : celle d'une justice équitable, faisant litière de la morale de La Fontaine : "selon que vous serez puissant ou misérable ...". Or nous en sommes très loin !
On aurait pu s'alarmer que des inculpations de corruption de ces dernières décennies aucune sauf celle de Carignon à Grenoble, n'ait jamais donné lieu à de la prison ferme, même seulement deux mois ! La liste des hommes politiques inculpés est très longue. Les non-lieux aussi, sans parler des amnisties. Très peu ont dû lâcher la cocarde tricolore de pare-brise ; mieux ils se pavanent dans les hémicycles et sur les tréteaux comme des gorets et déclament que leur réélection provenant du seul jury souverain en République, le populaire, annule de facto les jugements antérieurs ! Daumier revient !

Sont-ce les conditions matérielles lamentables de l'institution judiciaire qui sont en cause ? Sans doute plus que les directives de la Chancellerie qui se veulent habiles. Il n'en reste pas moins que nommer à la tête du ministère de la Justice un simple juriste de faculté, frais émoulu de l'Ecole de Bordeaux sur titre, aussi charmant soit-il que Mme Dati, n'est pas le signal d'un retour des plaideurs sous le chêne de Vincennes. Notre justice, en l'état de déréliction où nous la laisse la Chiraquie, a besoin de pointures.
chêne de saint Louis

1 commentaire:

  1. Et Villepin qui pressent l'odeur d'urine des cachots, a décidé de mouiller ses "chefs" !
    L'agonie de la Chiraquie est commencée.

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