dimanche 30 novembre 2008

L'Europe compte les jours

locomotive fumantLa vieille locomotive française de l'Union arrive à court de houille. Les gentilles moqueries du président Medvedev mimant le bonneteau du camelot Sarkozy sont partagées par le grand frère allemand qui vient de nous "envoyer chier" sur la relance européenne.
Chacun de nos partenaires en a sa claque de recevoir des leçons de maintien de la part d'une République française gérée par des gitans et distribuant généreusement les concours communs à compte d'autrui.
L'insolent Jean-Gilles Malliarakis relève la déclaration agacée du ministre fédéral des finances qui pointe sans ambages la gabegie sarkozienne : « Conformément aux directives de l'Union européenne, l'Allemagne a accompli de lourds efforts pour assainir son budget. Et parce que nous avons enregistré un certain succès, nous devrions maintenant jouer le rôle de payeurs en chef ! » ...
(Peer Steinbrück devant le groupe SPD du Bundestag le 25 courant)

Les argentiers disposant de finances ont lâché la rampe du consensus théâtral et sont passés aux choses sérieuses dans leur pays, laissant les Français à leur fonds souverain national sans fonds, puisqu'aucune rente géographique ou minière n'existe pour l'abonder, et à leur création hebdomadaire de taxes ridicules - la dernière étant la redevance télé exigible des détenteurs d'ordinateurs connectés au Web !

Flash Gordon BrownGordon Brown qui n'a pas notre dette abyssale, creuse momentanément son déficit courant pour relancer les chaudières britanniques sans attendre de coordination avec les équipes du petit reître qui n'auront plus que 15 jours à vivre après le dernier Conseil de crise du 11 décembre à Bruxelles consacré aux 200 milliards de crédits de plein-vent.
Cette fois, l'Allemagne ne paiera pas, fera le gros dos le temps nécessaire en conservant ses finances à l'équilibre le mieux possible, persistera à exporter son industrie contre vents et marées, après avoir couper la ligne avec Paris à la Saint-Nicolas. Merkel & Steinbrück (c'est une coalition) n'entrent pas dans le tour de table européen de relance des canards boiteux et laissent "ces cons de Français" démarrer une politique de "subprimes" pour maintenir leurs amis promoteurs immobiliers à flot ! Nous serons plus forts que l'Amérique qui faillit en crever !

Angela MerkelBundeskanzlerin Merkel au Bundestag le 26 courant : « Ces plans de relance sont dangereux. Ils ouvrent les vannes du crédit alors que c'est un trop-plein de crédits immobiliers aux Etats-Unis qui a provoqué la crise. Le rôle du gouvernement n'est pas de "surmonter la crise" mais de "préparer un pont pour la reprise qui viendra en 2010". Comme les ménages allemands n'ont pas perdu confiance (selon les indices) et que la baisse du pétrole va apporter du pouvoir d'achat, il suffit de mesures ciblées de sauvegarde (automobile par exemple). Si les choses s'aggravent, on verra ».
On ne peut être plus clair. La Chancellerie n'achète pas le plan français ; il semblerait que Deutschland AG n'achète pas non plus et préfère parler du futur à Berlin entre soi !

A cet effet, l'annulation du sommet sino-européen de Lyon par les Chinois n'est pas pour inquiéter nos partenaires qui ne sentent pas l'affront, dès lors qu'ils l'estiment dirigé exclusivement contre la diplomatie racoleuse de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ils craignaient, bien plus que des accords mal ficelés pour la gloire immédiate, la générosité inconsidérée de l'Union, et à tout prendre préfèrent le canal diplomatique classique et direct pour avantager leurs positions en Chine, laissant les discours mussoliniens aux sans-le-sou qui paradent aux pupitres de presse !
Il est fort probable que la Tchéquie qui nous succède à la présidence européenne, insultée par la prétention française à garder la main sur le chadburn bruxellois après le 31 décembre, n'emboîte le pas de son partenaire historique avant de nous snober.
L'Europe pourrait-elle se passer du génie sarkozien ?

JC JunckerLe président de l'Eurogroup Jean-Claude Juncker qui a une certaine responsabilité dans la bonne tenue de la devise européenne, le croit. Il ne goûte pas l'insistance permanente de Paris à vouloir se libérer des critères de saine gestion dits de Maastricht, de se vanter d'y parvenir comme le remède miracle à notre déconfiture économique, sachant que donner la main laisse emporter le bras quand on est supplié par un pays de cigales :
"Vous chantiez, j'en suis fort aise, et bien dansez maintenant".

M. SarkozyAlors que les feux s'éteignent dans beaucoup d'usines françaises qui ne redémarreront pas sur notre sol, que le chômage explose et que tous les déficits se creusent jusqu'à mettre en péril l'épargne populaire, dernier bocal de perfusion d'un système politique à l'agonie, nos ministres sont occupés à rafler les sans-abris comme sous Louis XIII, à incarcérer des gosses de 12 ans comme dans les romans de Dickens et à soutenir les supermarchés du dimanche contre les boutiques ! Mais le grand truc du moment est de refinancer la télévision publique privée des ressources publicitaires octroyées aux amis du pouvoir. Urgence !

Le "Plan de relance" élyséen en passerait presque inaperçu. Avant-hier à Meaux (c'est le fief de Jean-François Copé qui supporte mal le coaching du Cabinet), le président a haussé ton et menton dans une allocution de préaux :
« Je crois profondément qu'il faut une relance, parce qu'après la crise financière on est dans la crise économique (sic). Attendre que des boîtes ferment, tombent en faillite, je ne l'accepte pas. Une fois qu'on a dit qu'il fallait relancer, il faut essayer d'être le plus efficace possible et que chaque euro public soit un euro qui serve à quelque chose ». Madame le ministre de l'Economie sans finances Lagarde chiffre le Plan à 19 milliards d'euros. Nous devons rattraper notre retard en écologie, en recherche, en innovation, en compétitivité, en infrastructures ! Dix neuf milliards semblent peu pour combler la béance budgétaire française rien qu'en infrastructures : quand finira-t-on le canal Seine-Nord pour n'en citer qu'une ?
Quant à l'industrie automobile qui a perdu ses gogos, elle sera sauvée par ... une baisse de TVA à la Brown que l'on critiquait vertement il y a huit jours !

Edouard BalladurAinsi que le disait l'Ottoman Balladur l'an dernier : " il est urgent de devenir sérieux ". Malgré sa proximité du pouvoir absolu, il semble clair qu'il n'a pas été compris. Etre sérieux, c'est couper tout le bois mort de la fonction publique, détruire au moins deux strates politico-administratives sur sept, supprimer une chambre sur trois - éliminons le Sénat -, larguer les territoires d'outremer volontaires pour l'aventure individuelle, réduire les prestations sociales au niveau des cotisations collectées, cessez l'immigration par un décret "total zéro" (déjà expliqué sur Steppique Hebdo) et, ce n'est pas la moindre réforme, interdire tout cumul de mandats afin de rafraichir l'écran politique national et territorial complètement moisi.

Sont-ce des mesures de temps de guerre ?
Nous y sommes, quasiment.


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1 commentaire:

  1. A l'issue du prochain Conseil Européen, nous quitterons les feux de la rampe et redeviendrons un pays d'Afrique, endetté bientôt de 26 milliards de plus !
    Et la Chine nous pisse à la raie, déjà !

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