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lundi 18 juin 2012

Nous survivrons


La victoire des incapables aux élections législatives - il n'y avait pas le choix de capacités répondant à l'enjeu - nous amène à considérer sérieusement les possibilités de repli sur nos tenures, pour survivre à la grecque, en attendant que l'Europe meure et nous libère de la gangue de l'Etat-providence, avant regain.

L'arbre à pain
Dans le tiers sud du pays, il subsiste un miracle de la nature que l'on appelle châtaignier. Véritable arbre à pain de la cévenne, il est une base sérieuse pour toute exploitation de polyculture méridionale en dehors des plaines surchauffées de la garrigue. Son ombre n'est pas dangereuse au bétail contrairement à celle du noyer et il n'est pas difficile sur la qualité du sol. Convenablement situé et sans apport ni effort, le châtaignier devient un grand arbre qui couvre le sol de ses fruits en automne. Il suffit de les ramasser. Pour alléger le faix, l'usage veut qu'on écorce la châtaigne sur place et que seul le fruit comestible soit rapporté. Les châtaignes sont cuites à feu vif dans une grande poêle trouée et deviennent pareilles à celles du cornet de marrons ; mais la plus grande quantité est traitée pour la conservation.
On les fume à la clède jusqu'à dessication. Il reste à les battre dans un sac pour que la peau tombe et on les range au sec et au frais. Cuites à l'eau plus tard elles donneront un bouillon marron sucré.
La feuille de châtaignier sèche fait une excellente litière pour les animaux, exempte de parasites à cause des tanins ; les ballots de feuilles jadis se vendaient au quintal (50 kilos).
On vendait aussi le surplus de menu bois, les jets de souche et les branches latérales inutiles qui, refendus et formés en cercles, servent à tout.
L'arbre fournit un bois d'oeuvre quasiment imputrescible et les sujets conduits pour être les plus droits donnent la futaille à conserver le vin, industrie qui remonte en Cévennes à l'Antiquité.

L'herbe verte
Au débroussaillage, on fera place à la culture du chanvre indien qui va être légalisée par le showbiz socialiste. Les traversiers d'adret sont exactement les supports de cette culture importée, bien plus rémunératrice que les oignons qu'il faudra malgré tout conserver par endroit pour leurs qualités nutritives. A noter que l'huile de chanvre passe dans un moteur diesel atmosphérique. Consommée crue c'est un apport décisif en omega-3. Les tiges de chanvre sont une base textile recherchée car la fibre est très résistante à la traction. On me dit dans l'oreillette que le chanvre peut aussi se fumer. Faut voir.

Nous recommandons aux survivors d'acquérir dès demain de la broussaille cévenole avec le mas en ruine qui vous signale le puits ou la source. Pas cher, et d'avenir, faites marcher vos neurones. Les traversiers doivent être débroussaillés dès à présent et les châtaigniers convenablement élagués et replantés par endroit avec soin. En attendant, il faut un lexique pour le châtaignier cévenol, le voici :

* Bodzonet - bouiillon de châtaignes vieilles
* Brozucados - châtaignes devêtues fraîches
* Burla - battre les châtaignes séchées dans un sac pour ôter la peau
* Céoucléÿro - Jet droit montant d'une souche débarrassées de tous rejets. Se coupe au bout de 7 ans.
* Costognosous (los) - la période de ramassage des châtaignes (octobre-novembre)
* Clédo - fumoir à châtaignes
* Djenos-longos - arbre à châtaignes communes
* Djors - pousses parasites que l'on coupe au ras de leur reprise.
* Dooufinecos - arbre à marrons du Dauphiné, ne se sèchent pas.
* Dongal - châtaignier douvain greffé que l'on conduit droit pour la tonnelerie. Se coupe chaque 20 ans.
* Dougat - Jet qu'on laisse monter plus vieux que 7 ans pour obtenir des pièces de tonnellerie plus fortes
* Lentos - châtaignes séchées de conservation
* Ofotchous - châtaignes grillées dans leur peau brûlée
* Pélous - coques piquantes de la châtaigne


Postscriptum : Royal-artillerie a commis en 2006 un billet sur la frugalité cévenole :
Manger sous l'Ancien régime.


 - Emblème de la nouvelle France -



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1 commentaire:

  1. Un article qui vaut le détour :-) Parcourir la toile a du bon quand on tombe sur des blog anonymes comme le tiens... Pas la peine d'être médiatiser pour faire un écrit digne d'intérêt...
    Jim depuis : parasites comestibles

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