mardi 22 mai 2007

CMRDS 2007 c'est parti

Real del SarteLe camp royaliste d'été est annoncé du 17 au 26 août prochain au château de Lignières (18160). On en est à sa 54è édition. Pas mal ! Un site web est dédié à cette manifestation traditionnelle : www.cmrds.new.fr
Vous y trouverez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le camp Maxime Real del Sarte* sans jamais oser le demander, i.e :

- C'est quoi un CMRDS ?
- Les infos pratiques indispensable pour rejoindre et survivre !
- L'histoire de cette université d'été qui commence en 1953.
- Le formulaire d'inscription que vous pouvez télécharger en cliquant ICI vers l'AFE.
- Et les comptes-rendus des camps précédents, les photos, vidéo, etc... tout ce qu'il faut pour s'y préparer.

L'objectif de cette manifestation se résume en trois paragraphes :

1/ Dispenser une formation d'Action française et royaliste. D'Action française en ce qu'elle veut contribuer à l'instauration d'une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée en France. Royaliste en ce qu'elle entend promouvoir une société conforme aux principes du catholicisme social et défendre l'héritage culturel capétien.

2/ Etre un lieu de rencontre et de débats entre les acteurs du royalisme contemporain, par l'enseignement ou par la confrontation d'expériences.

3/ Former les futurs cadres du royalisme mais aussi de la société française de demain : élus lycéens et étudiants, syndicalistes, élus locaux... En cela, le CMRDS vise à être une véritable école de l'engagement politique et civique.

affiche 2007
Le samedi 25 août est organisée une journée "portes ouvertes" dont le programme est le suivant :

10 h 00 : Une table ronde sur les élus locaux

12 h 00 : Apéritif amical, autour des stands de l'Action française et de ses amis

12 h 30 : Déjeuner autour des princes

14 h 15 : Conférence sur les nouveaux défis du combat souverainiste

16 h 15 : Conférence sur l'actualité de la pensée de Charles Maurras

18 h 15 : Pot de l’Amitié

20 h 00 : Dîner barbecue

Et, toute la journée, tables d’auteurs et de journaux.

Questions diverses ? Prendre contact avec le chargé d'affaires indiqué à la rubrique "Portes ouvertes" du site CMRDS.

Pour s'y préparer et profiter au maximum des dix jours de formation, il est judicieux de rafraîchir ses connaissances en parcourant les textes fondamentaux. Ceux qui n'ont pas accès à une bibliothèque de section AF peuvent astucieusement télécharger certains textes sur le forum Vive Le Roy à la rubrique Textes/Quelques classiques :

Histoire de France (Bainville)
Ce qu'est la monarchie (Dom Besse)
De l'anarchie à la monarchie (Montesquiou)
De la monarchie selon la Charte (Chateaubriand)
Dictateur et Roi (Maurras)
Etudes sociales et politiques (La Tour du Pin)
L'idée de décentralisation (Maurras)
La Cité antique (Fustel de Coulanges)
La monarchie que nous voulons (Georges Rousseau)
Considérations sur la France (Maistre)
Le gouvernement inhumain (Maurras)
Le socialisme en France (Maurras)
Pour un jeune Français (Maurras)
Mes Idées politiques (Maurras)
Nos Raisons (Maurras)
La Politique de Jeanne d'Arc (Maurras)
Réflexions politiques (Chateaubriand)
Vive le Roi (Mgr de Ségur)
Manifeste légitimiste (UCLF)

Ceci, qui est déjà beaucoup pour faire un choix préparatoire, n'est que la partie émergée sur ce blogue des titres de la littérature royaliste, qui est un continent à elle-seule. Vous en viendrez à bout en une seule vie, vous qui ne croyez pas à la métampsychose !

Si vous avez l'âme vagabonde sur le chemin de Lignières, récitez in petto le Colloque des Morts de Charles Maurras, c'est long et calme les impatiences !

Enfin ceux qui veulent soutenir l'action de formation de la jeunesse royaliste peuvent aussi contribuer en ligne. Il y a un sas Paypal qui s'ouvre d'un clic sur le site CMRDS.

PS : un peu plus sur le sculpteur et camelot du roi Maxime Real del Sarte sur wikipedia.

samedi 19 mai 2007

Ils avaient jeté l'éponge ...

chevalierLes légitimistes, sellés, bridés, prêts à mourir, avaient jeté l'éponge et je ne le savais pas. Dans son colloque universitaire d'avril 2005 l'association des Amis de Guy Augé s'est retirée sur la pointe des pieds de la scène politique en faisant l'amer constat que voici :

« Légitimité ? Le point d’interrogation ne vise nullement une intention critique envers un grand concept historique que nous avons soutenu et illustré pendant plus de dix ans. Il veut simplement jeter le doute sur l’opportunité de faire encore état de la Légitimité, là où la Monarchie se trouve acculée à ne plus relever que de la mémoire culturelle. Non seulement faute d’un substrat qui lui conserverait un minimum d’avenir ; mais, plus gravement, en raison de l’opposition frontale entre sa dimension spécifique – qui est spirituelle – et les aspirations d’un monde devenu son repoussoir absolu. Il faut savoir tourner la page : notre monarchisme, sauf miracle, n’intéressera bientôt plus que l’histoire des idées.

L’y cantonner, avec lucidité, est le meilleur service qu’on puisse aujourd’hui lui rendre. C’est ce que fait, en cet ultime "Cahier de la Légitimité", le petit groupe qui aura été, jusqu’au bout, fidèle à celle-ci. Le petit groupe perdurera pour maintenir vivant – à défaut de pouvoir travailler au service de l’institution – l’esprit monarchique. C’est en s’en inspirant qu’il continuera à analyser, si Dieu le veut, une société politique dont il a au moins le devoir de ne jamais devenir, intellectuellement, le complice.
»
(La Légitimité, 2005, 51, Sées 2006)

Le site de cette association prestigieuse nous rappelle que Guy Augé (1938-1994), docteur en droit, diplômé en science politique et licencié ès lettres, maître de conférences à l'université de Paris II (Panthéon-Assas), était un spécialiste de l'histoire du droit, des institutions et des idées politiques. Grâce à ses nombreux travaux, mais aussi à l'ensemble de ceux qu'il a suscités et dirigés dans le cadre de ce qui était pour lui un véritable apostolat professionnel, il était unanimement reconnu comme le meilleur connaisseur du légitimisme contemporain et son plus fin, plus rigoureux et plus scrupuleux historien.

Vous trouverez sur ce site plusieurs digests des actes de colloques traitant de ...

- la Nation contre le cosmopolitisme européen(III/96)
- des pièges de la Tolérance affichée par un régime intolérant (V/98)
- de l'idée de Croisade opposée à la repentance officielle (III/99)
- de la fin de l'Occident miné par la violence, le chômage, la dénatalité, l'insalubrité publique, des épidémies de virus aussi variés que difficiles ou impossibles à soigner, l'analphabétisme, l'abrutissement télévisuel, les impostures artistiques et intellectuelles, la corruption, les fraudes en tout genre, les pollutions, etc. (II/00)
- du Miroir des Princes qui ont disparu de l'épure politique (V/01)
- de l'Europe ou le vide souverain (V/02)
- de la Guerre ou comment faire la paix (V/03)
- de l'Aristocratie ou la démocratie et l'homme nietzschéen (V/04)

Le prochain colloque est annoncé au samedi 2 juin prochain sur le thème de « L’illusion démocratique ».

Interventions de MM. Miguel Ayuso, Guillaume Bernard, Jean-Pierre Brancourt, Thierry Buron, Claude Polin et Claude Rousseau.

Université de Paris II (Panthéon-Assas)
Salle des conseils (2e étage, « aile Soufflot »)
12, place du Panthéon 75005 Paris

Entrée libre de 10 h à 17 h, venez y nombreux en ces temps de démagogie débridée.

Mais, à quoi bon relever les calamités de la démocratie présente, dès lors qu'on fait retraite ?

Napoléon pensait-il à l'aménagement des plaines noires d'Ukraine quand il combattait le blizzard de Courlande pour rentrer à Paris ? Il s'inquiétait peut-être de la page d'histoire qu'il venait de rater, ou de l'inéluctable destin des génies conquérants repoussés un jour sur leurs bases de départ avant que de disparaître. Le désenchantement légitimiste et la proclamation d'un cessez-le-feu aussi "raisonnable" soit-il, contreviennent aux attentes de la génération royaliste montante qui majoritairement a le coeur "légitimiste".

C'est l'âge chevaleresque, celui de la piété médiévale, du scoutisme et bientôt de l'amour courtois. La saga des Bourbon, dans ses gloires et sa fin tragique, y correspond bien, plus certainement que les péripéties parfois scandaleuses d'une branche collatérale très "affairée", qui semble aujourd'hui vouloir s'assagir pour plaire.
Que la branche aînée dispose d'un jeune prince de belle allure, issu d'une enfance tragique, n'est pas pour rien dans le rallye des coeurs. Même s'il n'a pas daigné leur adresser ses meilleurs voeux de bonne année, ils le gardent pour leur champion. Ne pouvant le suivre dans ses trop brefs séjours sur la terre de France, ils l'acclament en silence, l'aiment et l'insèrent dans leurs prières avec son épouse Marie-Marguerite et la petite princesse Eugénie. Ils ne savent pas encore qu'il a offert Excalibur au musée de la monarchie.

Pourtant le site officiel de la Maison de Bourbon en France, s'il ne se lasse pas de porter haut sa revendication d'unique héritier, est très clair dans sa profession de foi :

L'I.M.B. a pour objectif de promouvoir la connaissance de la maison royale qui a régné sur la France et sur une grande partie de l'Europe et du monde. Il veut montrer comment l'histoire de la France a été forgée par la longue suite de ses souverains, de Clovis à Charles X en passant par l'empire de Charlemagne, l'œuvre de reconstruction de Louis VI, Louis VII et Philippe Auguste, la sainteté de Louis IX, la politique de Philippe le Bel, la sagesse de Charles V, la reconstruction du royaume par Charles VII, le génie politique de Henri IV et de Louis XIV, le martyre de Louis XVI. Les huit siècles de la royauté des Capétiens directs, des Valois et des Bourbons forment l'essentiel de la mémoire politique, culturelle et artistique de la France. L'I.M.B. entend être le conservatoire des traditions françaises, et à ce titre contribue à la mise en valeur de son patrimoine.

Conservatoire du passé. D'accord !
Alors pourquoi entretenir cette dispute avec le parti d'Orléans et l'Action française. Que les choses soient clairement dites aux jeunes militants : pour l'action politique allez voir le CRAF, la Restauration nationale ou l'Alliance Royale. Pour les commémorations historiques et les colloques inquiets, c'est ici !

... et les moutons seront bien gardés !

jeudi 3 mai 2007

Fin de l'utopie globale ?

Nous aurions aimé voir débattre hier de la France de demain dans le Monde réel, celui qui ne nous attend pas, et que les questions économiques, stratégiques et militaires soient creusées. A l'évidence le veau national n'était pas preneur de plus que le foin de sa mangeoire. Tant pis, nous oserons parler de la mondialisation pour la démystifier, pour dire que ce combat d'hier et d'aujourd'hui n'est peut-être pas le vrai combat de demain, celle-ci pouvant ne toucher que la génération actuelle et s'éteindre, ou au moins se rétrécir car on ne pourra pas aller au bout de la belle utopie.
En attendant l'embellie, il faut peut-être recaler le concept :

C'est une « invention » capitaliste qui prend racine dans le libéralisme commercial d'après-guerre visant à développer la consommation de biens de masse pour pouvoir prélever de la richesse sur les flux financiers induits. OCDE (plan Marshall), GATT (père de l'OMC), FMI, CEE même combat, et ça a marché puisque le capitalisme a enfoncé tous ses rivaux.
Le « bonheur collatéral » qui apparut tardivement dans cette démarche libérale, fut le déclenchement (enfin !) d'un développement économique massif par la mise en mouvement de la roue vertueuse de la mondialisation. Que ce ne soit pas aux endroits prévus n'est pas grave (1).
Rapidement, ces vertus peuvent s'expliquer ainsi :

- Réexportation en cascade du travail fourni par le marché global vers le pays le plus pauvre « Y »au fur et à mesure de l'élévation du prix de l'heure et du niveau de vie dans le pays producteur « X ».
- Reflux des productions à bas prix vers les consommateurs qui augmentent en nombre mécaniquement par l'abaissement du seuil d'accès des populations à la société de consommation.
- Exigences de combativité économique des pays avancés pour compenser le drainage du travail non-qualifié par la recherche et développement continus de l'innovation qui puisse profiter à tout le monde.

Pour que le moyeu de cette roue vertueuse tourne sans dommages il faut qu'il baigne dans l'huile des règles du jeu équitables ; ce qui n'est pas encore le cas, tout le monde triche. Il faut aussi que les populations des pays avancés soient convaincues de l'intérêt du mouvement de la roue ! C'est une autre affaire, la France semble tétanisée sur ses "acquits sociaux", ses "exceptions" et leur déclin !

engrenages
Cette mondialisation-là dans son cercle vertueux est le seul vecteur de développement à grande échelle qui ait prouvé sa capacité à arracher d'énormes masses de populations à la misère endémique du Tiers-Monde. On reviendra une autre fois sur les conditions de « participation » qui sont complexes et qu'un continent comme l'Afrique ne réunit pas (2).

Dénoncer la Mondialisation c'est d'abord refuser le vrai développement aux pays pauvres, en leur vendant des placebos comme le co-développement, le micro-crédit, les mini-projets, etc. tant de fadaises qui masquent notre mépris à leur égard. (3)

Mais il y a une roue vicieuse qui engrène dans la roue vertueuse de la mondialisation.

Nul n'avait prévu que la submersion des marchés mondiaux par les productions nouvelles s'accompagnerait d'un essor des migrations. Au contraire même, avait-on pu croire à la possibilité de vivre décemment au pays globalisé qui retiendrait les éventuels candidats à l'exil économique. Hélas, c'était un point de vue académique ; tout a dérapé. Les frontières se sont abaissées pour les biens, et la recherche générale d'une vie meilleure s'est engouffrée à leur suite. Il est amusant de constater que la moitié des sans-papiers régularisés en 2006 par le ministre Sarkozy sont des Chinois plus impatients que la moyenne de leurs concitoyens pour ne pas attendre sagement de profiter du céleste empire revenu.

Le facteur aggravant est la gestion pitoyable de trop nombreux pays du monde qui fabriquent en continu des émigrants. Le travail exporté comme nous l'avons dit au début, ne suffit plus à couvrir la destruction par incompétence ou par la guerre d'activités locales dans beaucoup de pays pauvres, laissant un solde énorme de gens désespérés. Citons deux pays favorisés par des rentes de situation, ayant ruiné leurs chances : Zimbabwe, ex-Rhodésie prospère coulée par l'accession au pouvoir d'un gang sous couvert d'une lutte de libération. Sri-Lanka, île riche déchirée par une vraie guerre inter-ethnique tranquillement entretenue par les riverains. Mais il y en a tant d'autres où l'incurie fait rage ! D'immenses cohortes de réfugiés économiques et politiques (c'est finalement la même chose) se superposent aux migrants volontaires.

La SAARC (South Asian Association for Regional Cooperation) a fait son Davos en avril dernier sur la « Connectivité » inter-régionale pour favoriser les flux de biens, services, gens, technologies, savoirs, capitaux, la culture et ... les idées. C'est une blague : au même moment on constate sur cette zone et partout ailleurs dans le monde, l'érection urgente de murs !
Time magazine en fait la liste dans son numéro daté du 7 mai. C'est impressionnant : Pakistan/Afghanistan, Inde/Pakistan, Inde/Bangladesh, Iran/Pakistan, Botswana/Zimbabwe, Arabie Séoudite/Yémen et Arabie/Irak, Thaïlande/Malaisie, Etats-Unis/Mexique, Israël/Palestine. Motif : les bonnes clôtures font les meilleurs voisins !

Certes tous ces pays ont des problèmes internationaux. Mais n'en avons-nous pas ? A notre échelle de conscience de la douleur ils nous sont aussi insupportables. Il semble donc difficile que dans un avenir proche n'émerge pas la décision de rayer de la liste des flux favorisés par la SAARC, par l'UE et par bien d'autres organismes de commerce transnational, le flux des « gens » !
Du moins seront pourchassés les profiteurs du libéralisme économique dans sa version autorisée de l'immigration choisie : avec un fond d'oeil, toute la gentry capitaliste et ses yuppies sauteront les frontières sans retard, et avec eux bien des touristes chargés de cartes bancaires, sauf les Roms, les Yougoslaves, les Killims, les Towelheads, les Mongols, les Kurdes et ... les Polonais de la clef anglaise !

Qu'en déduire ?
Que lutter contre la mondialisation comme le font certaines organisations bruyantes est encore utile pour motiver les décideurs de Bruxelles à « faire le mur » réglementaire tout de suite mais c'est presque un combat du passé, un combat vain comme celui que l'on mènerait contre une mauvaise météo.

La situation va se réguler d'elle-même par la fermeture des sas au passage de la « matière vivante ». Trop c'est trop ! L'Europe dit Pouce ! Les règles d'échanges de biens et services seront amendées pour atteindre une meilleure équité strictement mercantile - TVA sociale sur les importations, taxe carbone - mais l'espèce humaine sera retirée de l'épure.
Attention : tant que la roue vertueuse tournera, le renouvellement des secteurs productifs continuera obligatoirement dans nos pays développés, et dans tous ceux qui vont nous rejoindre. L'exigence d'innovation et de recherche-développement subsistera. Nous devrons reconstituer notre seule rente possible, la matière grise.

Le catalyseur du processus est le terrorisme islamiste anti-occidental provenant de la zone non-globalisée, qui accélère de ce côté-ci le phénomène de claquement des portes, et si cela ne se décide pas rapidement pour des motifs humanistes, un accident sur la tour Montparnasse ou ailleurs balaiera les appréhensions ou du moins servira de prétexte. La mondialisation anarchique a vécu mais elle ne le sait pas.

C'est le moment de décréter « l'Immigration Zéro »(4) au lieu de perdre du temps dans des usines à gaz réglementaires qui exploseront un jour après avoir été contournées par le génie humain de la désespérance. Ce qui ne veut pas dire que le Tiers-Monde Bloqué doive être abandonné à son triste sort au motif qu'il n'a pas su « participer » à la flamboyante globalisation. Simplement on doit accepter que celle-ci ne marche pas partout.
Pour sortir l'Afrique et les pays andins de leur crasse - et il n'y a pas qu'eux - il faudra du lourd, une vraie guerre à la misère avec des budgets de guerre et des acteurs nouveaux, ici et là-bas, à défaut nous serons engloutis.

Le libéralisme est au taquet ! Ce n'est pas dommage.


Notes
1.La prospective officielle des années 60 donnait comme pays définitivement sortis d'affaire l'URSS, l'Argentine, la Corée du Nord, la RDA, la Roumanie et quelques autres pays sous-développées disposant de rentes minières ou agricoles facilement transformables par l'aide occidentale, comme le Congo Kinshasa, l'Afrique du Sud, les Rhodésies et même la Guinée Conakry ! mais certainement pas les pays grouillant de l'Asie du Sud-est, coulés d'avance par une démographie indomptable sur des terres agricoles limitées ou dégradées.

2.Participer à la globalisation exige pour un pays deux conditions au moins :
- un esprit d'entreprise latent ou même éteint dans le secteur secondaire (industrie). Les pays limités traditionnellement à un secteur primaire de subsistance ne décollent pas.
- une volonté politique de favoriser le développement industriel en fournissant progressivement aux entrepreneurs les infrastructures basiques d'accompagnement et la récompense de leur succès au lieu de la punition fiscale.
L'Afrique est passée du secteur primaire à l'agro-alimentaire commercial et aux services en bypassant le secteur secondaire industriel faute d'entrepreneurs dans ce domaine. Pléthore de docteurs, d'avocats, négociants en tous genres, quasiment pas d'ingénieurs capables de former un couple capitalistique avec un financier et de lancer une industrie.

3.L'Afrique sahélienne n'a pas besoin de groupe électrogènes portables pour tirer l'eau du puits, mais de centrales électriques et un réseau maillé de transport d'énergie à bas prix capable d'alimenter de vraies infrastructures de développement comme l'éclairage des bourgs et villages, la force motrice des ateliers, les forages, pompages, l'irrigation, la traction électrique des chemins de fer, etc.

4.Voir le billet Total Zero de Steppique Hebdo sur ce sujet.

mercredi 25 avril 2007

13 mai Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc
Dimanche le 13 mai 2007 à 9h30, à l’angle de la rue Royale et de la rue Saint Honoré, nous nous retrouverons pour nous souvenir qu'une volonté surhumaine les soulève effectivement ces montagnes !
Jeanne d'Arc c'est une des plus belles vies, réelles et légendaires, du répertoire du Moyen Âge. La bergère touchée par la grâce, fait le roi, boute ses ennemis hors du royaume reconquis et finit brûlée vive pour l'amour de son Dieu. La rencontre de Chinon, le sacre de Reims, la prise d'Orléans, la personnalité de ses capitaines de guerre, celle de son juge, tout est dramatique et authentique à la fois !

Les sites royalistes vont multiplier sans doute les évocations. Nous avons choisi cette semaine de faire une présentation du "connétable" Jeanne d'Arc et de nous en tenir à sa guerre, normal chez Royal-Artillerie.

le dauphin Charles de ValoisTout commence à Vaucouleurs (aujourd'hui en Meuse) où le commandant de la place forte, Robert de Baudricourt, harcelé sans relâche par ses suppliques, finit par plier et lui accorde pour aller en sûreté jusqu'à la cour du dauphin Charles, deux chevaliers, Bertrand de Poulengy et Jean de Metz qui participeront à toute l'épopée johannique.
C'est à Chinon que tout se joue. Elle conquiert le timide dauphin de France et forme immédiatement une maison militaire qu'on appellerait aujourd'hui un état-major, composé de l'écuyer Jean d'Aulon, du page Louis de Coutes, d'un héraut, d'un chapelain, le tout sous l'oeil attentif de Jean de Valois duc d'Alençon, dit "gentil duc". Elle prend pour bannière un jeté de lys d'or sur fond blanc portant l'inscription Jhesus Maria, commande à Tours une armure complète comme un homme, et ceindra sa taille robuste de l'épée de Charles Martel cachée dans la chapelle de Ste-Catherine-de-Fierbois, son Excalibur en quelque sorte. Si les docteurs de la cour peuvent jurer de sa virginité, ce n'est pas une pucelle au sens d'aujourd'hui ni une rosière évaporée dans les visions, mais bien un chef de guerre, bon cavalier et habile à la lance, et forte assez pour se battre à la rapière ! Cette aptitude innée contraste avec les récits villageois de son enfance de bergère et a fait le lit de doutes quant à ses origines réelles. Jeanne était-elle une enfant de sang royal de l'Empire que les accidents de la politique avaient placé chez des laboureurs ? Peut-être, mais cela ne change rien.

carte militaire
Sa guerre de libération débute par la levée du siège d'Orléans, défendue par le maréchal de Sainte-Sévère et le Bâtard d'Orléans, Dunois, avec un renfort de gardes écossaises dont beaucoup archers aussi réputés que les Gallois. Un millier d'hommes en tout selon les livres de soldes. La bataille n'est pas un assaut courageux comme le montrent les enluminures, mais de véritables opérations amphibies exécutées de concert et d'instinct par les assiégés et l'armée du dauphin. L'affaire que Wikipedia va vous narrer par le menu ci-dessous prendra quand même dix jours. Talbot lève le camp le 9 mai 1429.

Wiki : La levée du siège procède d'une série de coups de mains tactiques extrêmement bien exécutés. Orléans sur la rive nord de la Loire est cernée au nord et à l'ouest par un réseau de fortifications, et l'accès par l'est est verrouillé par le fort de Saint Lou. Le pont sur la Loire au sud de la ville est tenu par les Anglais (son accès sud est fortifié). Enfin l'accès fluvial est verrouillé en amont par le fort de Saint Jean le Blanc qui est le pendant de Saint Lou sur la rive sud. (Ndlr : en fait les assiégés ont coupé le pont quand son châtelet de défense sur la rive opposée a été pris par l'ennemi)

le Bastard d'OrléansLe 4 Mai 1429, une escarmouche oppose des français aux défenseurs de Saint Lou. Jeanne d'Arc, réveillée en pleine sieste, charge la bastille avec un fort parti de miliciens orléanais. Pour contrer cette sortie, Talbot envoie des troupes de ses fortifications au nord pour prendre Jeanne d'Arc à revers et soutenir Saint Lou. Dunois voyant la manœuvre sort à son tour et attaque la bastille de Saint Pouair qui marque l'extrémité nord de son réseau de fortifications. Talbot doit alors rapatrier ses hommes pour ne pas être pris de flanc et perdre Saint Pouair. Dunois se replie et Saint Lou est prise par Jeanne d'Arc.

L'accès fluvial par l'est n'étant plus verrouillé, les anglais transfèrent des troupes de Saint Jean le Blanc vers la bastide de la Tourelle qui permet de tenir le pont. Malgré les difficultés dues aux bancs de sable qui encombrent le lit du fleuve à Orléans, Jeanne d'Arc réussit à traverser la Loire en bateau à l'est de la ville avec un fort contingent, jusqu'à l'île aux Toiles. Voyant l'importance de ces troupes, la garnison de Saint Jean le Blanc abandonne la bastille qu'elle tenait et se replie vers la Tourelle. Les sapeurs français construisent un pont au dessus du petit bras de Loire qui sépare l'île aux Toiles de la rive sud, et Jeanne prend facilement possession de la bastide de Saint Jean le Blanc. (merci Wiki)

Ce premier succès "coagule" les troupes de France qui obtiennent la preuve d'un commandement professionnel. A l'époque c'est très important. On descend donc les rives de la Loire et en quarante jours tombent toutes les quilles anglaises : Jargeau, Meung-s/Loire, Beaugency, et Patay le 18 juin 1429. Cette bataille est intéressante car elle fut la première bataille en rase campagne. Chacun sait qu'elle fut meurtrière pour les Anglais qui trop sûrs d'eux et d'une tactique éprouvée, ne s'éclairèrent pas suffisamment loin jusqu'à se laisser surprendre par l'avant-garde française en maraude.

Les Anglais qui refluaient depuis Orléans s'étaient renforcés des troupes fraîches de Fastolf dépêchées depuis Paris. Ils décidèrent de bloquer la progression au village de Patay et prirent leurs positions comme chaque fois, mettant leurs archers derrière la palissade de pieux "antichar".
Ils furent détectés lors de leur mise en place bruyante et chargés aussitôt par les capitaines La Hire, Xaintrailles et Loré dont les piquiers les taillèrent en pièces. Notre cavalerie lourde rappliquait déjà pour passer sur la chevalerie anglaise qui n'avait plus d'espace pour se lancer.
L'armée anglaise perdit les plus vaillants de ses officiers et son corps d'archers de métier et de beaux chevaliers. John Talbot est pris. Il mourra 24 ans plus tard l'épée à la main à Castillon (notre illustration ci-dessous). John Falstof parvint lui à s'enfuir, pour essuyer la disgrâce du régent de Bedford qui le lui reprocha. En France, la route de Reims était ouverte, Troyes, Auxerre et Châlons ne furent que des formalités.

Talbot à CastillonAprès le sacre (17.07.29) l'élan diminue. Sauf à se parjurer du serment de bouter l'anglois hors du royaume, Jeanne aurait pu considérer sa mission accomplie par la restauration du roi. Bien lui en aurait pris, car le nouveau Charles VII, conforté dans ses fonctions par sa gloire toute neuve, retrouva son caractère taciturne et hésitant. Alors que la France entière était prête au soulèvement derrière son jeune roi, il mettra trente-six jours pour parcourir les cent cinquante kilomètres qui séparent Reims de Paris... l'objectif militaire majeur. Laon, Château-Thierry, Crépy-en-Valois, Coulommiers, Compiègne, Beauvais ouvrent leurs portes dans une allégresse inimaginable. Mais le roi veut parlementer avec le duc de Bourgogne pour fendre l'alliance anglaise d'un coin définitif. Le sort de la bataille de Paris ne l'intéresse pas vraiment dès lors qu'il a choisi la diplomatie pour terminer la guerre de Cent Ans.

Le 8 septembre 1430, nous sommes à Saint-Denis pour descendre attaquer la porte Saint-Honoré. L'assaut dure une journée, en vain, le charme est brisé. Nos pontonniers n'ont pas fini de lancer un pont de bateaux sur les douves que les ordres du roi arrivent. C'est fini, on lève le camp. Jeanne a reçu une mauvaise blessure à la cuisse. L'armée royale est congédiée. Ne restent avec elle que quelques fidèles de la première heure. Soignée, elle reprend sa route vers Saint-Pierre le Moûtiers qu'elle prend et la Charité sur Loire tenue par des compagnies de brigands qu'elle ne prend pas. A la Noël 1429 le roi anoblit Jeanne et ses frères pour services rendus, c'est un signal de mise à la retraite. Elle ne le voit pas et guerroie avec de petits moyens contre les Bourguignons pendant tout l'hiver avec quelques succès, infligeant des pertes désormais inutiles à ses adversaires.

Sentant le parti français affaibli par l'irrésolution de Charles VII, le duc de Bourgogne n'hésite pas à refaire son alliance anglaise et tente de reprendre les villes passées au roi de France. Celui-ci mesure les limites de sa diplomatie "désarmée" et laisse faire Jeanne. Elle engage des mercenaires et resserre le dernier carré de ses fidèles pour être à Pâques à Melun où la population l'acclame. Le 24, elle attend à Senlis les renforts demandés au roi qui traîne. Elle choisit d'attaquer seule le blocus de Compiègne assiégée. Elle gagne et multiplie les sorties contre l'ennemi pour assurer sa position. Celle du 23 mai 1430 lui sera fatale. La suite appartient à l'Inquisition.

Ses capitaines sont passés à l'histoire. Ce n'étaient pas vraiment des mystiques mais de rudes soldats dans l'air du temps qu'elle arriva à subjuguer par une autorité naturelle et ce "je ne sais quoi" que chacun confiera par la suite. On s'arrêtera pour finir sur le plus extravagant, le baron de Retz.
Orphelin élevé par un grand-père sévère et brutal, Gilles de Laval débutera une brillante carrière militaire dès l'âge 16 ans, en se trempant dans la guerre de succession de Bretagne avec son duc, Jean V.
Gilles de LavalCelle-ci finie, il s'attaque aux Anglais en souvenir de son grand oncle Duguesclin, au service du dauphin de France. Il prend le château du Lude en 1427 non sans étriper son commandant, puis la forteresse de Rennefort, et le château de Malicorne-sur-Sarthe, dans le Maine. Il est du parti de Jeanne d'Arc dès le début, ouvre la route d'Orléans et prend Jargeau le 12 juin 1429. Après la victoire de Patay la bien-nommée, il monte à Reims où il a l'insigne honneur d'aller quérir la sainte ampoule du sacre. Il est fait maréchal de France. Il est avec Jeanne à Paris quand les choses tournent mal. Sa disgrâce est aussi rapide que sa promotion et le motive de retourner dans ses terres. On le voit encore à la prise de Melun, et l'année suivante à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais. En 1436, il commande avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont. Puis il rentre définitivement au château de Tiffauges en Vendée. Riche à millions par sa naissance et son mariage, il verse dans un luxe inouï, entretenant une garde de deux cents piques et une armée de profiteurs de tout calibre. Il dilapide sa fortune et se jette dans l'alchimie, la magie et le satanisme. Une querelle sur l'abolition de droits concédés dans une possession vendue et non payée, comme savait en susciter le droit féodal, sera le prétexte de son assignation devant le tribunal épiscopal de Nantes pour profanation d'une chapelle à Pentecôte et mise aux oubliettes d'un clerc (le nouveau propriétaire indélicat). Le procès suivra son cours avec moult péripéties et ruses car on le craignait beaucoup. Le duc de Bretagne s'en saisira. Il sera mis au gibet en Prairie de Biesse à Nantes le 26 octobre 1440. Il avait 36 ans.

tract AFE
Participez au souvenir de l'épopée johannique, dimanche 13 mai à Paris et ailleurs. Et relisez un peu l'Histoire avant, ça inspire pour la méditation sur notre temps !

mardi 24 avril 2007

Quatre vérités

Sarko-Bayrou-Ségo
J'aurais aimé éplucher les résultats détaillés du scrutin de dimanche dernier pour vous faire le plaisir de lister les villes ou territoires qui ont "élu" un candidat dès le premier tour en lui offrant 50% des suffrages, et ceux qui ont remboursé des petits comme la Nouvelle Calédonie qui a donné 5,83% à José Bové. Ce sera pour une autre fois. Les résultats sont accessibles facilement sur le site de Monsieur Baroin.

Je fais quatre observations que j'ai pour certaines débattues sur divers forums.

Le découplage du domaine régalien :
(suite du billet précédent, "Dérive monarchiste")
A l'exception notable de la requalification de la minorité des prévenus et des maisons de correction militarisées, le domaine de la justice n'a pas été abordé par les candidats, ni ce débat réclamé par l'opinion. De même, la dispute concernant les BACs et la police de proximité n’a été qu'effleurée. Le peuple veut plus de sécurité quelque soit le moyen d'y atteindre. C'est tout. Dans ces deux domaines, Justice et Sûreté, il y a pourtant des questions très importantes sur les limites des libertés individuelles en temps de "guerre larvée", questions soulevées par le Patriot Act américain aux Etats-Unis, mais pas chez nous. Trop compliqué.

Le "domaine réservé" du président, domaine coutumier et pas exactement constitutionnel, n'a pas été du tout abordé sauf de manière sarcastique pour relever les insuffisances apparentes du candidat socialiste lors de ses deux voyages promotionnels en Chine et au Proche-Orient. Les deux pouvoirs "réservés" sont la Diplomatie et la Défense. Pourquoi ont-ils été exclus de la querelle électorale ? Simplement parce qu'ils sont pratiqués l'un et l'autre dans des enceintes de choix rapides hors de portée du vulgum pecus. A quoi servirait-il de mettre sur la table électorale les problèmes posés par l'administration Bush dans la relation euro-atlantique ? A exprimer un mauvais choix, mauvais parce que tous les éléments d'analyse ne sont pas en libre accès, mauvais choix qui en plus lierait le futur président au motif faisandé du peuple souverain. Idem pour nos relations avec les producteurs d'énergie que sont les monarchies du Moyen Orient et le nouvel empire russe. Il n'y a rien à voir sauf à faire des études dédiées à ces questions complexes. Aucune de ces questions ne sera déterminante du second tour. Et que pensent les Français de leur défense ? Rien !

Ainsi s'est-on aperçu cette fois plus clairement, que les quatre pouvoirs de Justice, Sûreté, Guerre et Diplomatie n'étaient pas négociables dans les débats d'opinion(s). Or ces pouvoirs expriment parfaitement la permanence et la continuité de l'Etat fondamental. On y reviendra.

Le sursaut démocratique à l'étage sociétal :
Le qualificatif est moche mais "social" ou "public" sont galvaudés. La forte participation au scrutin trahit le goût populaire pour l'expression de choix politiques. En parallèle les préoccupations soumises au travers de toutes les doléances télévisées et les sondages, montrent que l'opinion s'inquiète de son quotidien et quasiment que de cela. Du travail correctement rémunéré, une bonne protection sociale, l'enseignement public gratuit pour tous, des conditions de fin de vie aussi dignes que la Nature l'autorise, un accès au rêve ouvrier : un bon logement chauffé et sa table garnie. Et point barre !
Si l'on rajoute quelques disputes entamant la morale collective comme l'euthanasie ou l'eugénisme, on voit que tous les débats ont tourné autour des questions sociétales. A noter que la colère des banlieues a fait l'objet de remarques dans les deux camps mais n'a pas été traitée au fond, même après les incidents de la gare du Nord.

Il apparaît bien que les gens se sont sentis très concernés par ces questions et il n'est pas présomptueux de préconiser qu'elles puissent être tranchées à l'avenir "démocratiquement" par des votations du type helvétique. Puisqu'on parle de VIè république, ce serait une bonne piste à y tracer. Evidemment qu'une vraie décentralisation de la vie politique améliorerait encore la démocratie directe.

A noter en passant que ceux qui bénéficient de la TNT ont pu suivre des débats d'un niveau un peu plus relevé sur des chaînes comme Direct8, avec des gens cultivés et avisés qu'on laissait parler.

Les ralliements obligés par le modèle de scrutin :
Le scrutin uninominal à deux tours exige de convaincre les électeurs dont le candidat est éliminé de la compétition de rejoindre l'un des deux poursuivants. Cette conquête de votes supplémentaires n'est pas immorale en soi s'il ne s'agit que de les convaincre un par un ! Les moyens modernes de propagande sont bien adaptés. Mais ça ne se passe pas comme cela.
Le raisonnement qui consiste à penser que l'électeur lambda est quasiment incapable de se déterminer en son âme et conscience et qu'il a besoin de guides, remet en selle les battus et leurs appareils auxquels est confiée la tâche du ralliement. Et là, c'est le marchandage de souk. D'autant plus sûrement que derrière se profilent déjà les élections de 577 députés au scrutin uninominal à deux tours qui par sa nature, ouvre grand la porte à toutes les combinaisons.

Ainsi le discours de madame Royal à Melle, dimanche soir, était-il intéressant voire séduisant - elle a pris le temps de le peaufiner - sinon même convaincant. Mais nul n'est une île, encore moins le chef de l'Exécutif. Et lorsqu'on voit le ramas d'idéologues sectaires qui se pressent à son soutien et obtiendront obligatoirement ses faveurs en cas de victoire, notre enthousiasme à peine né s'éteint. Déjà que sur douze nous avons qualifié au premier tour une moitié de communistes et trotskystes à la surprise du monde entier, Cuba y compris, on voit se mettre en marche à gauche les morts-vivants de l'archéo-socialisme, et déjà retentir au soir du premier tour sous la coupole du Colonel Fabien le slogan ridicule du "fascisme ne passera pas" ! Ce ne sont pas des Kärcher qu'il faudrait importer.

Le vote militant :
Tout électeur sauf un peut exprimer son refus de choisir entre deux candidats dès lors que cette alternative ne peut être tranchée en conscience. Il vient au bureau de vote, glisse un bulletin blanc dans l'urne et dit "aucun n'est le bon pour moi" ! Il peut aussi bien y glisser un voeu que l'on découvrira au dépouillement. Si deux cent mille personnes expriment le même voeu le même soir il finira par être connu. Les résultats donnent 536000 bulletins blancs ou nuls, il y a donc de la marge.

Le un, celui qui est interdit de vote blanc, c'est le militant politique, qui par son engagement a vocation à briguer tout de suite ou plus tard des responsabilités politiques, locales, régionales, nationales et pourquoi pas, accéder un jour aux étages du Pouvoir.
A ces étages il n'y a aucun vote blanc. Le responsable est convoqué tous les jours à exprimer obligatoirement un choix, et souvent dans des alternatives que sa conscience repousse ou même qui interpellent ses compétences immédiates.

Il n'est pas mauvais que les jeunes militants s'exercent à exprimer leur choix même s'il est déplaisant, ça développe l'analyse critique fondée sur l'examen des faits et situation réels. Il y avait autrefois dans l'armée une méthode dite de raisonnement tactique qui permettait de briser ce genre de noeud gordien. On ferait bien de s'en inspirer dans les cours de formation des cadres du parti.

Pour ma part, je ne voterai pas ViveLeRoi comme le proposent d'éminents responsables de la sphère monarchiste, mais Nicolas Sarkozy, pour barrer les allées du pouvoir à l'armée de freux de Madame Royal, des gens que je juge néfastes sinon hostiles au pays qu'ils font passer après leurs convictions politiques. Il faut toujours choisir ce qui est bon pour la France quelque soit le dommage collatéral éventuel au parti d'où l'on vient. Cela est impossible à un socialiste. Même le plus noué en doctrine comme François Hollande refusa à Lionel Jospin la réforme des retraites et la remise en cause des régimes spéciaux au motif que c'était néfaste aux classes d'électeurs du parti socialiste. Et pourtant Jospin avait une fibre trotskyste avérée ! Les exemples abondent, et dans la majorité chiraquienne aussi d'ailleurs !

Pour finir sur une pique - ça fait très sans-culotte - je décerne la plume de fiel à Laurent Fabius.
Sous le côtelé populaire du velours, cet éternel jeune premier ministre est ranci jusqu'à l'os de n'avoir pas succédé "naturellement" à François Mitterrand. Lors des tribunes du dimanche soir il appelait indirectement et fort adroitement à l'insurrection dans le cas où Sarkozy gagnerait le second tour, l'accablant d'intentions brutales. Ce n'est pas la première fois qu'il fait dans le pronostic actif !

Un seul me semble adaptable à la réforme nécessaire parce que ça l'amuserait, Jack Lang ! Un autre serait capable de la mettre en oeuvre, Strauss-Kahn. Mais mon choix est fait, et François Fillon que je verrai bien premier ministre, m'inspire confiance.

Au second tour on élimine !

vendredi 20 avril 2007

Dérive monarchiste

roi-lion
Quand il m'arrive de relire Maurras j'abandonne à l'Histoire sa rhétorique politique que j'ai labourée d'un soc moins affirmé qu'il n'y paraissait, à montrer des certitudes irréfragables à mes adversaires d'un jour. Les doutes je les gardais pour moi. Si le schéma politique l'emporte encore de nos jours sur tous ses concurrents - quelle pureté dans la physique sociale d'une monarchie déliée, absolue ! - les voies pratiques d'accès ne sont plus les mêmes et le paysage politique français, qui reste le plus vieilli d'Europe, n'a plus grand chose à voir avec la IIIè République. Une guerre mondiale est passée par là qui a fait s'effondrer la France sur sa gloire, définitivement hors d'atteinte. Il reste de ce grand oeuvre un matériau abondant pour un raisonnement articulé sur les fondamentaux de la nation française, la dialectique royaliste la plus au point, continuée magnifiquement par Pierre Boutang, et ce diamant de l'empirisme organisateur qui comme le vrai ne fait que briller sans rien produire d'irréversible, et sur lequel nous comptons trop.

Charles MaurrasJe ne peux cependant m'empêcher d'interroger en pensée le vieux maître sur les moeurs de notre époque et leur désert spirituel. L'Economique et le Paraître ont pris le pas sur l'Être et règlent nos vies sans courage. Le peuple qu'il a quitté en 1952 est formé aujourd'hui de rentiers de la redistribution nationale. Tout est marché. Tout se compte. Il ne s'agit que d'en détecter les flux pour les taxer au bénéfice des moins pourvus, des moins vaillants, des plus bruyants. Même la campagne électorale produite par Unilever, CocaCola ou Neuf(!) avance sur un marché d'images rémunérateur ! Tout coûte car on sait le prix de tout, nous qui devons tout régler à la fin ! La République c'est le fric ! Le mot le plus fréquent c'est "combien", combien pour moi d'abord ! Les idées deviennent un luxe d'happy few.

Le faisceau national que Maurras croyait réunir des compétences corporatives et des richesses de notre diversité, a perdu sa ligature, chaque caste verse dans la pire cupidité à dévorer les lambeaux d'une nation caporalisée, appauvrie sinon ruinée par la banqueroute socialiste qui perdure. Les remontrances populaires subies par les candidats confirment que nos valeurs sont à l'étiage. Ce peuple a la trouille de manquer, il appelle sa maman !

La croisade que prêchait le martégal en 1908 (déjà !) pour préserver le monde occidental des nouveaux Barbares, nous fait horreur aujourd'hui au point de dire des grâces au Veau d'Or en compagnie de satrapes incultes. Notre soumission au nouvel empire chinois sous des prétextes mercantiles et la compréhension que nous manifestons aux abominations du Moyen Orient détruisent ce qui reste de vaillance dans nos âmes qui se noient dans des ondulations suggestives destinées à séduire.
Pire, nous divisons notre propre camp pour masquer notre propre impuissance quand on sait que seuls nous ne valons rien contre la houle du Tiers-Monde. Que valent l'anti-européanisme et l'anti-américanisme à l'aune d'une planète de huit milliards d'hommes, en majorité pauvres mais informés ? Les souverainistes ont des responsabilités dans la vision en meurtrière qu'ils propagent du Monde parce qu'ils laissent leurs disciples compter sur des forces domestiques qu'ils ne pourront jamais réunir dans les domaines essentiels que sont par exemple l'industrie et la guerre.

Pierre BoutangPeut-être son analyse de la situation actuelle ou celle de Pierre Boutang, en surprendrait quelques-uns si l'on veut comprendre qu'ils ne se satisfaisaient pas de rétrospectives ou du recyclage de concepts précédents parfois éventés. L'un comme l'autre fabriquaient de la doctrine en continu et la projetait sur l'avenir. Tout l'empirisme maurrassien est fondé sur le constat et développé en vérité. Si dans la physionomie du monde menaçant de ce siècle nouveau ils reconnaîtraient des affrontements annoncés par eux de longue date, ils partiraient quand même de l'existant pour chercher nos moyens de réaction au lieu de rêver à nos gloires enfuies et commémorer des regrets éternels. Il manque un nouveau thaumaturge de cette trempe à la cause royaliste, un créateur d'idées capable d'affronter notre monde tel qu'il est vraiment. Les cercles pleureurs nous lestent.

A ce moment charnière de la politique française, Charles Maurras s'étonneraient certainement que six mois de logorrhée médiatique n'aient quasiment jamais entamé la question des pouvoirs régaliens de la république, qui sont là pour parer ces éventualités gravissimes, menaces extérieures ou d'autres enkystées dans le pays.

Vous savez tout sur le salaire minimum, le contrat par chance, la poste du village, les OGM, l'allocation machintruc, la charia des piscines et l'insurrection larvée des tribus KA en banlieue.
Vous ne savez rien ou presque des intentions présidentielles sur les quatre pouvoirs qu'un chef d'Etat doit exercer et maintenir au plus haut niveau possible, la justice, la sûreté, la guerre, la diplomatie. J'ai feuilleté les professions de foi des douze candidats pour n'y rien trouver de ce niveau. Même les trotskystes plus internationaux que les autres, ne s'étendent pas sur ces questions. L'Etat essentiel n'est plus leur souci, ils en constatent la liquéfaction par dévolution générale de l'autorité à l'Economique. Mais les candidats respectables ne s'y aventurent pas non plus, ne sachant trop mesurer les perceptions de l'opinion au-delà des clichés vendus par la presse. Le martégal s'en réjouirait sans doute en recevant la preuve que ces questions éminentes sur les pouvoirs régaliens sont trop graves pour être galvaudées dans l'exercice périodique de la démocratie et mises à l'encan du suffrage universel.
Que sait le peuple de nos contraintes diplomatiques, de nos marchandages atlantiques, de nos contrats africains, des déceptions que nous suscitons chez bien de nos amis traditionnels que nous ne pouvons plus aider ? Que sait le peuple de la porosité de nos systèmes de défense en regard des budgets énormes qu'elle engloutit ? Seule la justice et la police sont appréhendées par tout un chacun, pour s'en plaindre. Sur la question de la justice les candidats se défilent généralement, sauf un qui ose affronter les street-warriors (racaille en français). Seules les forces de police mises en lumière par l'actualité, bénéficient de leurs égards ; encore s'inquiète-t-on bien peu de nos marges de libertés individuelles, le citoyen ayant été convaincu de choisir entre elles et le parapluie du ministère de l'Intérieur.

Qu'on serve l'ordinaire du domaine public et des questions sociétales au peuple souverain-pour-rire, d'accord, mais en réservant l'essentiel du domaine régalien aux gens sérieux, au chef d'Etat, tel doit être le précepte appliqué par les candidats. C'est un petit signe encourageant qu'il se crée une différenciation, deux étages.

Le concept politique maurassien d'une monarchie sur un Etat recentré sur ses pouvoirs régaliens, équilibré par une réelle décentralisation, garde toute sa fraîcheur dès qu'on l'extrait de sa gangue historique, et ce serait bien le diable si nous n'arrivons pas à le faire prévaloir un jour largement. Avançons au possible en visant l'impossible. Finalement nos idées progressent puisque les candidats sont intimidés par le domaine réservé du président.

"J'entends un roi qui vient ..."
(:-)
armes de France

jeudi 19 avril 2007

Nihous le Wisigoth

Frédéric NIHOUSCe billet est à l'attention des patriotes et de nos cousins indentitaires. Il vise à les convaincre de voter dimanche prochain pour monsieur Frédéric NIHOUS en application de la maxime "à l'impossible nul n'est tenu sauf un Français".

Les lignes ou fractures de notre paysage politique ont sensiblement bougé depuis le coup de tonnerre du 21 avril 2002 répliqué le 29 mai 2005 par le refus populaire des diktats de la nomenklatura européenne. A tel point que nous voyons les candidats majeurs (dans les sondages du moins) puiser à pleines mains dans le caddy nationaliste autrefois jalousement tenu par le Front National et quelques supplétifs. Il n'est pas nécessaire d'égrener la liste des mesures frontistes qui sont ouvertement privilégiées par les deux candidats de tête, chacun les connaît.

Les adversaires des thèses Le Pen diront qu'elles ont métastasé par toute la classe politique de gouvernement, sauf peut-être chez François Bayrou qui nous refait le coup de "l'ailleurs" tenté jadis par Michel Jobert ! Si le marché d'images qu'est devenue notre démocratie ne le barre pas, il peut réussir à prendre le poste en faisant ce grand écart jobertien. Pour aboutir à quoi est une autre affaire ! Chacun des autres ayant acheté son package natio, à quoi bon dès lors renouveler l'alarme ? Pour obéir au "jamais deux sans trois" ? Ce serait puéril.

Pour des raisons qui tiennent certainement à la psychologie du sujet, il est exclu de prédire une mise en oeuvre du programme frontiste par son originateur, l'intéressé souffrant à l'évidence d'une phobie du succès pour avoir si souvent ruiné ses chances par des humeurs intempestives qui en plus, n'intéressaient que lui-même et ses ennemis, mais jamais la France.

Le programme essentiel du Front étant inclus dans tous les programmes des candidats en position de l'emporter, et son volet économique n'étant pas au niveau requis dans un monde plus compliqué qu'ils ne l'imaginent à Montretout, il n'est pas nécessaire de repasser le plat.

La France est néanmoins en péril dans son essence même, dans son identité, dans ses moeurs, encore faut-il la saisir dans sa réalité. C'est quoi la France au fond ?

Pour avoir un peu couru le monde, j'ai partagé à chaque retour au pays le "Gott in Frankreich" de nos envahisseurs bien-aimés qui ne se satisfirent jamais du Serment de Strasbourg et de leurs noirs terroirs. Entourée de pays quelconques, embrumés sinon poussièreux, sauf la Suisse alpine, le Piémont et la Toscane, la France est une terre de lumière unique au monde, qui marie montagnes, fleuves et bois, plaines et mers, cultures immenses et forêts profondes, faune abondante et diverse, sous un climat qui protège les moins pourvus de ses enfants, le tout parcouru par un peuple instruit et jouisseur qui n'a pas son pareil pour mettre en valeur ses défauts.

Ouvrons les yeux pour comprendre : c'est le sol même du pays qui est mis en cause, agressé par une civilisation échevelée et décadente ! A rouler en région on voit l'urbanisation de mauvaise qualité laissée aux satrapes municipaux, ronger les meilleures terres d'Europe au moment où nourrir l'espèce humaine devient un défi majeur de notre époque. La surexploitation du territoire en tous domaines produit des scories et gangrènes en tout genre qui sont lavées à l'eau extraite jusqu'à puits sec de ce même territoire, à défaut enfouies en son coeur pour y pourrir sur des générations. Il est toujours de bons motifs pour asservir plus encore nos espaces à notre avidité citadine, le plus banal étant ce sacré développement sans lequel l'incurie de nos dirigeants serait insupportable. Tous l'avouent qui tirent des traites sur le retour de la croissance. Jusqu'où veulent-ils aller ? Ils ne le savent pas eux-mêmes, au fond s'en soucient peu, le poste visé n'étant qu'en CDD. Quant aux générations futures, puisque les précédentes ont survécu à deux guerres mondiales, elles s'en dém ..., n'est-ce pas ?

Un candidat stigmatise cette dictature de la Cité sur l'Espace et sur le Temps. Il dit défendre la ruralité, un mot qui ne veut rien dire mais qui cache de vraies valeurs. Elles remontent très loin ces valeurs "rurales" et furent apportées sur notre sol par ...... les Barbares ! On les résume par l'amour des champs, leur possession et leur mise en valeur directe, la fierté par la liberté de les parcourir. Ce frémissement intime à la limite de l'ivresse parfois, s'affronta d'entrée à l'empire des cités que constituait l'Empire romain. Ayant abouti à une qualité de vie citadine que nous ne retrouverons jamais plus, il ne connaissait l'Espace "orbi" qu'en tant qu'assiette fiscale et distances à franchir. Il y réussit fort bien dans les chaussées et viaducs, et dans les manoeuvres militaires. Les Barbares ruinèrent l'Empire devenu Bas, et construisirent ce que j'ai appelé dans un billet plus ancien, la charpente féodale, une organisation remarquable de l'espace dans ses moindres recoins, fondé sur un cadastre minutieux, le socle même du système hiérarchique que l'on connaît encore mal à travers des images pas toujours honnêtes. Cet âge dit moyen passa de l'adolescence à la décrépitude sans qu'il ait eu le temps de son apogée, mais il laissa la trace d'admirables élans comme d'intolérables abus qui sont encore la marque de l'Occident. L'Occident vient du Moyen Âge. Notre terre aussi !

Le Moyen Âge féodal a succombé sous les coups patients et sans cesse renouvelés de ses adversaires qui entendirent dès le départ l'exploiter : l'Eglise qui prêcha l'asservissement des âmes, les rois désireux de rétablir le despotisme unificateur de l'époque romaine, la bourgeoisie des villes accapareuse des fruits de l'activité humaine au seul prétexte de détenir le capital pour sa mise en valeur. Les trois institutions qui le vainquirent à mort, agonisent à leur tour, dévorées par la démocratie ou plutôt son avatar naturel, la démagogie qui in fine les tuera ! Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles ! C'est fait, on est au ruisseau !

Bien qu'il ait fait souche dans le Sud-Ouest, Frédéric NIHOUS ne retourne pas à l'époque wisigothique. Débarqués chez nous vers 415 après une excursion mémorable à Rome - ils y auraient pris l'Arche d'Alliance hébraïque pour la cacher je ne vous dis pas où - les Wisigoths construisirent très vite un royaume imposant qui forma un arc épais depuis la Ligurie italienne jusqu'à l'Aragon espagnol et développa en moins de cent ans une unité de moeurs et d'usage assez remarquable, et une langue connue aujourd'hui sous le nom bizarre d'Occitan. Ils avaient le tort de préférer la lecture arienne du christianisme au motif de quoi l'Eglise de Rome leur lâcha ses Francs. Vouillé 507 !

le Goth Alaric
NIHOUS défend la terre, notre terre, le sol, notre sol, la qualité de la vie humaine, chez nous, sans prendre la remorque de l'altermondialisme trotskyste de la Campesina, ni les lubies marxistes des Verts en recherche permanente de prébendes, bien au chaud dans leur Marais à Paris 4è !
Il aime les traditions, le point du jour et la laine qui monte des labours au printemps, les haies qui bruissent de la dispute des merles, la mouche sur l'étang, les arbres qui chuchottent au vent, le blitz du chevreuil dans la futaie, les chemins creux bordés de violettes, la surprise des champignons ou du lièvre qui détale, le prix de la sueur à la peine des hommes vrais, convaincus de ce jardinage géant qu'est l'agriculture, et la cheminée que l'on sent de loin qui annonce la soupe. Il tient des propos mesurés, argumentés sans véhémence comme un paysan, bien qu'il soit fils de mineur. Et bien qu'il ait une maîtrise de droit public et européen, qu'il soit diplômé en droit économique international, il ne sent pas la chicane surie. C'est un candidat viril ; ça finissait par manquer !

Alors pour qu'une fois, cette fois, le message en faveur du Sol franchisse le mur d'indifférence et accessoirement que celui qui le porte rentre dans ses frais, votez Frédéric NIHOUS, un type bien !

lundi 16 avril 2007

Chasse à courre

 

Tyndare de PérinetFaçon d'épauler la candidature d'un chasseur, voici un billet sur un sport sulfureux, la chasse à courre. Eliminons d'entrée les veneurs en Land Rover et autres métèques de la ville qui courent pour la photo avantageuse. Parlons vènerie. Jetons aussi par dessus les moulins de la vanité les viandards abonnés aux chasses d'infirmes et les trop nombreux parachutistes du dimanche qui traquent les fells et les lapins en tenue camouflée pour voir sans être vu ni que leur sueur ne soit perçue par la bête !

Toute chasse est un art. La vènerie est le plus abouti. La Société de Vènerie nous dit gravement que "La chasse à courre est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens, jusqu'à sa prise éventuelle. Seuls les chiens chassent grâce à leur odorat et leur instinct naturel de prédateur, l'homme n'étant là que pour les assister. On chasse à courre en France le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard et le lièvre". Bientôt le loup ?!

 


Le Vol ce l'est - courtoisie Chasses du Monde


Cet art reconnaît la collaboration de l'homme, de l'animal et de la nature en une unité de lieu et de temps dans le plus grand espace de liberté qui soit. Le gibier n'est pas tiré par surprise, à l'affût, ni piégé d'aucune façon. Il doit participer. L'intérêt - sauf à se nourrir dans les temps antiques - fut toujours d'égaliser les chances de chacun, en confiant à l'homme ce qui restait propre à son génie particulier, la présomption, le pronostic et le codex. Quels sont-ils donc ces participants ?

La nature d'abord.
Quel intérêt y aurait-il à chasser l'antilope dans le désert de Dubaï ? Aucun, mais ils y viendront quand même, nous imitant en tout. C'est la variété du pays qui fait le charme de la vènerie, entrelaçant les difficultés de parcours, les lisières de déception, les bois de repose, les étangs qui coupent la voie aux chiens, les prairies de relance, les pistes fausses et sures.
A savoir la beauté et la diversité de nos terroirs, on se doute bien que la chasse à courre y garde un bel avenir, du moins si les culs-de-jatte de la ville n'arrivent pas à égalitariser tout cela au motif de ne pas désespérer les nouveaux Billancourt.

Vieux dix-cors
Le gibier.
Contrairement à la chasse à tir, l'exercice de la vènerie contribue à l'amélioration des races de gibier parce qu'elle y développe les caractères de ruse et d'endurance. Le cerf est l'animal le plus prestigieux et souvent plus intelligent qu'il n'y paraît, mais le renard est le plus sportif car aussi malin que le maître d'équipage et dix fois plus qu'un grand bleu de Gascogne que l'on ne mettra pas sur sa piste.

chien courantLes chiens.
L'originalité du chien de chasse à courre est double. Il chasse (1)en meute sur (2)une seule espèce. On comprend bien que toutes les races de chiens de chasse n'ont pas ces prédispositions. La meute est donc une création humaine à base d'un matériau choisi en fonction des ressources et profils du terroir considéré. Les qualités recherchées chez le chien de vènerie sont la finesse de nez d'abord, l'intelligence de la quête ensuite, et pour y parvenir une ossature, gage d'endurance dans des conditions extrêmes - les chiens s'encouragent mutuellement jusqu'au-delà de leurs limites propres -, la vitesse évidemment, la résistance nerveuse - un courant ne se décourage pas - et la gorge, sa voix pour le repérer à l'ouïe. On les appelle "Chiens d'Ordre", car ils sont conformés à un équipage donné.
Peu de races sont élues. La Société de Vènerie en distingue huit sans les bassets. Ma préférence va au Blanc et Noir issu de vieux gascons anglaisés. C'est un costaud qui a l'acharnement du grand bleu. S'il n'a pas inventé la poudre c'est qu'il n'en a pas besoin. Il pousse, il pousse ...

Le centaure.
Lui c'est le phénomène, hors-nature, quoique les grands anciens nous aient cité cette espèce dans des voyages initiatiques à l'aurore des temps. Les premiers auraient été les Celtes, après les Chinois certainement puisqu'ils ont tout fait les premiers. Le centaure sait tout de la chasse. Il ressent tout ce que ressentent les chiens et le gibier, il prévoit comme eux la pluie, le vent, le changement d'allure, la ruse à choisir parmi cent. Il est sur son terroir comme le gibier, ils le partagent ensemble. Quatre fois sur cinq ils se quittent sans s'être vus, et si l'un est rasséréné d'avoir gagné, l'autre l'est également pour posséder dans son univers de vènerie un exemple d'intelligence instinctive. Le cerf vainqueur récompense le centaure s'il a lutté jusqu'au bout, le centaure !

sonneur sur l'étrierLa trompe.
Non ce n'est pas un cor, celui-ci est en mi et amuse les chasseurs ... alpins !
La trompe de chasse (en ré) est le cuivre le plus vrai car intrahissable. Pas de coulisse ni de pistons. Des dents d'appui, des lèvres forgées et un souffle de dragon, c'est tout ! C'est la trompe qui parle en vènerie. Il faut apprendre le Code. Les mots n'existent pas. Mais ce n'est pas si difficile une fois qu'on a chopé le virus. Tout est dans la fréquence des répétitions puisque c'est un instrument simple façonné par l'exécution (on peut d'ailleurs fausser une trompe).

La réunion des compétences énumérées dans une société de chasse à courre produit ce que l'on pourrait appeler une aristocratie si le terme n'était pas si galvaudé. Les grands équipages naturels sont en symbiose avec leur territoire. Autour d'eux gravitent d'authentiques écologues qui battent la campagne en leggins pour gérer leur chasse et réviser leurs paysages aux quatre saisons. La vènerie c'est aussi la convivialité rurale la plus authentique car elle respecte tout le monde, du moins les ensouchés, mais sans doute faut-il y participer pour bien comprendre cela.

 


La laie - courtoisie Chasses du Monde

Si vous êtes bon cavalier de steeple, laissez-vous inviter à une chasse à courre. Vous y découvrirez un monde qui vient de loin et qui n'entend pas s'arrêter aujourd'hui pour répondre aux vociférations des inaptes à la vraie nature. A l'inverse, trouvez une excuse pour vous abstenir, car c'est un monde plutôt dur à la peine, et qui supporte mal le teint pâlot des petits marquis restés avec les damoiselles à boire des orangeades à la paille. De toute façon, elles obéissent elles-aussi aux lois immémoriales de l'espèce humaine et choisiront les centaures à leur retour !

2 veneurs rentrants

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