samedi 27 février 2010

Le Lien 31 est paru

le Duc d'AnjouRoyal-Artillerie offre à ses lecteurs ce beau portrait du duc d'Anjou, mis en ligne sur la page Facebook de l'Institut de la Maison de Bourbon. Cette 31° livraison du Lien Légitimiste qui ouvre le carême manque un peu à la charité de circonstance, mais n'est pas piquée des hannetons. Ceux qui ne se sont pas abonnés au Lien perdent vraiment quelque chose. On dit que des orléanistes patentés le reçoivent chez des amis pour connaître heurs et malheurs de la "Maison de France". Cette fois-ci, la "fête à Gaston" les rembourse de leur (modeste) investissement. Malheureux faux-dauphin à peine né et déjà impliqué dans la querelle dynastique des grands. Mais son prénom n'est pas non plus "cadeau" qui remonte au frère déloyal de Louis XIII, sinon résonne quelque part dans le "téléfon ki son". Le signe du scorpion le sauvera !

Temps pourris... titre Villèle à la une du Lien, et de nous donner d'entrée le goût des néologismes de sens. Je découvre la "parasélite" qui précipite les vocables parasite et élite. C'est bien trouvé et sa définition est encore mieux :
Parasélite désigne les individus appartenant aux classes sociales favorisées, dirigeantes et médiatiques, n'ayant ni le goût ni la compétence à gérer le Bien Commun. L'élite étant la fleur d'une société, la parasélite forme un clan de notables usurpateurs, idéologues, portés par l'ambition personnelle. L'oligarchie au pouvoir s'illustre dans la parasélite.

On effleure alors le futile débat bessonnien de l'identité française qui se limite in fine à l'exaltation des valeurs républicaines. Si 1793 fut l'an I de la République, il ne fut pas l'an I de la France ainsi que le laisse croire les gens en place qui captent l'héritage, comme nous le montre plus loin la récupération du quadricentenaire d'Henri IV par la cellule "Com" de l'Elysée. Finement analysée, elle fait dire à Gérard de Villèle que « dans nos interventions extérieures au milieu royaliste, il faudra pouvoir faire des comparaisons et donner des explications inversement tendancieuses à l'aperçu du poulet présidentiel* et aux diverses manifestations républicaines et laïques que devra subir la mémoire de ce roi ». Gageons que d'aucuns, anarchistes voire libre-penseurs, promouvront en revanche la mémoire de Ravaillac qui les débarrassa de ce roi consensuel. Quel mescladis à venir !
* On y reconnaît la patte de Guaino, Sarkozy étant incapable de synthétiser tout ça.

TremoletMais le meilleur suit. Le baron Pinoteau a failli s'étouffer à la chronique des gaffes en série de maître Trémolet de Villers, transporté d'extase dans Présent, par l'avènement d'un Gaston Premier dont « le couple (Jean et Philomena) menace les Français si leur cause arrive à ses fins ». Pinoteau est en verve, qui nous en fait deux pages et demi, écrit serré, et m'apprend incidemment qu'Henri d'Orléans portait à Senlis la décoration de la Légion d'Honneur qui ne lui avait pas été encore remise par le Chef d'Etat qu'il entend remplacer. Personnellement, j'avais plutôt noté le port du makila, arme déplacée au mariage de son propre fils. Je partage aussi l'étonnement du baron à l'instrumentalisation récurrente de la mort du sous-lieutenant François en Algérie pour asséner l'esprit de service à l'auditoire, et déplore l'amalgame que fait son frère entre cette fin tragique et la peine de coeur que nous savions. Tant de familles ont été dévastées sinon terminées par les deux guerres mondiales sans jamais prétendre à l'exception. Il y en eut trop !

Comte de Paris à SenlisOn sort de chez Pinoteau un peu secoué, en regrettant seulement qu'il utilise par deux fois l'argument d'autorité, qui affaiblit toujours la meilleure démonstration. Qu'il reçoive le Boletin de la Real Academia matritense de heráldica y genealogía en tant qu'académicien correspondant étranger coûte quatre lignes à l'article pour rien ; de même que doubler explicitement son courrier à Trémolet de Villers d'une copie à la rédaction avec prière d'insérer au motif que « je connais son illustre mentor depuis plus de 40 ans, et que je lisais sa prose il y a 59 ans à Cherchell pour devenir aspirant » fait ... petit joueur ; car l'avocat dithyrambique n'en mérite pas tant, se ridiculisant de lui-même.
L'humeur vindicative n'excuse pas non plus le cuir morganatique à l'endroit de Mlle de Tornos y Steinhart, parce que « par les temps qui courent » et ont couru, l'épouse du prince Jacques-Henri n'était pas de sang royal, il s'en faut de beaucoup, et encore moins celle du prince Alphonse son fils. Mlle Vargas y Santaella, aussi charmante qu'elle soit ne descend pas non plus d'un conquistador royal. Il y a évolution des moeurs pour renouvellement des plaquettes.

C'est Yves Méra qui fait l'interlude à mi-chemin. Non seulement c'est un teigneux de la plus belle eau mais en plus il a du style. L'opposition royaliste en mairie d'Héricourt restera dans les mémoires et les minutes. Il a fait condamner le maire par le tribunal administratif de Besançon pour l'y forcer ! Une page de pur bonheur.

abbé MichelJe passe sur l'analyse pertinente du numéro précédent, mais qui a maintenant quatre mois, par le fondateur du journal, Jacques Rolain. Apparemment il s'est mis à Internet et semble s'y plaire. Je passe pour aller comprendre l'affaire de Thiberville décrite en détails (croustillants) par l'ancien cérémoniaire pontifical du cardinal Veuillot, Claude Timmerman. On est au coeur de la lutte sourde entre l'épiscopat progressiste français emmené par le cardinal Vingt-Trois et le Vatican du motu proprio, et on comprend pourquoi c'est le second qui va gagner parce que beaucoup plus retord que ne l'anticipaient les prélats gallicans. Ratzinger a fait ses classes à la Sainte Inquisition, rebaptisée pour plaire aux gentils, ils l'ont oublié. Timmerman nous en met deux pages et demi que l'on relit aussitôt pour emmagasiner toute l'histoire.

logo ARAprès Gérard Guillotel qui entame la genèse du concept de légitimité par la déclaration de Philippe V d'Espagne au pape Clément XI en 1720 (dont post-Utrecht), le 31° livraison se termine par une explication du schéma institutionnel prôné par l'Alliance Royale. C'est le déroulé de la plateforme politique qui est en ligne sur le site du parti. Si j'aurais aimé un rewriting plus pédagogique - le texte original est affaibli en portée par un ton de décret-loi un peu difficile pour les esprits simples - je persiste à mettre en cause l'assemblage Premier ministre - Ministre d'Etat - Garde des Sceaux dans les structures concurrentes que sont le Gouvernement, le Haut Conseil et le Ministère d'Etat. Les textes organisant les compétences respectives sont clairs mais insuffisants pour la bonne raison qu'ils seront mis en musique par des hommes, naturellement enclins à pousser les marches de leur "empire" et à favoriser la primauté de leur influence auprès du roi. Il sera intéressant d'en débattre à l'occasion, tranquillement entre deux élections.

Le présent billet n'est qu'un aperçu du Lien Légitimiste. Abonnez-vous si ce n'est encore fait. Un tarif de dix euros pour six éditions électroniques, c'est vraiment donné, vu la masse d'information et la rigueur de traitement.

Le Lien Légitimiste
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les ducs d'Anjou


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jeudi 11 février 2010

Actualité de l'Ancien droit

logo RFIJ'ai décidé d'archiver ce texte sur Royal-Artillerie après en avoir reçu l'autorisation de l'auteur. Ce texte est désormais diffusable librement sous réserve d'en révéler la source par un lien actif vers http://www.lys-de-france.org/ (et non pas vers Royal-Artillerie !).
Le 21 janvier 2010, le Président des Lys de France était l’invité de RFI (Radio France International) pour débattre sur « le prétendant à la Couronne de France ». Son interlocuteur, Jean-Sébastien Robine, rédacteur en chef du magazine « People & Gotha » et conseiller du Comte de Paris, faisait reposer son argumentaire sur sa reconnaissance présidentielle et affirma que la fonction essentielle d’un prince était d’être « le gardien de la mémoire historique de la France ». C’était ignorer les lois fondamentales du royaume et l’idéal du prince justicier, l’histoire du Droit se confondant avec l’histoire de la monarchie. Plus de deux siècles après la fin de l’Ancienne France, la monarchie est toujours d’actualité. Certaines lois votées récemment en attestent.
lys aux lauriers des LDF
Ainsi, le 26 janvier 2010, l’Assemblée nationale a voté une loi reconnaissant l’inceste¹ comme un acte criminel. Pourtant, les légistes des Lumières, rédacteurs du Code Pénal de 1791, l’avaient aboli au nom de la liberté individuelle car ils estimaient qu’il s’agissait d’un crime « religieux » au même titre que le blasphème, le suicide, l’adultère, la bestialité ou le sacrilège : ces infractions relevant uniquement de la morale religieuse issue de la chrétienté. Bien entendu, cette « laïcisation » du droit était conforme à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui en son article 4 proclame que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Ces dépénalisations seront confirmées en 1810 par le Code Pénal voulu par Bonaparte, fils de la Révolution. Quant à la bestialité (ou zoophilie), il faudra attendre 2004 pour voir le législateur, au nom de la protection des animaux (!) la réinscrire dans le droit pénal.

cour d'appel de DouaiDepuis l'ordonnance criminelle de 1670 de Louis XIV, le Parlement connaissait l’appel du jugement pénal condamnant l’accusé à une peine corporelle (condamnation à mort, galères…). Ce double degré de juridiction sera aboli à la Révolution. Les réformateurs ont alors institué la cour d’assisses avec un jury populaire qui désormais, « Au nom du peuple français », rend un jugement incontestable : le peuple souverain ne pouvant pas se tromper. Mais, en 2000, sous la contrainte de la Cour européenne des droits de l’homme, la France a rétabli le double degré de juridiction en instituant pour les condamnés la faculté d’interjeter appel. En 2002, après 15 ans d’emprisonnement, Patrick Dils a été le premier condamné à exercer un recours devant la cour d’assisses d’appel, il sera acquitté et indemnisé pour l’erreur² judiciaire subie.

Jean ChouanAinsi, nous réalisons que derrière les « beaux » principes d’humanisme et de justice se cachent de réelles dérives républicaines. Tandis que la Révolution française affirmait défendre les libertés individuelles, un décret en 1791 déportait les prêtres réfractaires. Puis, la loi des suspects (1793) condamnait ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle ». Que dire aussi de cette loi démocratique qui appelait « les soldats de la Liberté à exterminer les brigands de la Vendée », une « spécificité » française car ni les nationaux-socialistes ni les communistes ne légiférèrent sur l’extermination.
Le 21 février 2007, Lionel Luca déposait une proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen. Depuis, le Premier ministre, citoyen de Solesmes, ne l’a toujours pas inscrite à l’Ordre du jour de l’Assemblée. Il serait attristant d’en déduire qu’il s’agissait d’une sordide manoeuvre électoraliste prise à quelques semaines de l’élection présidentielle afin de s’assurer le soutien de l’électorat du vendéen Philippe de Villiers !

carmélites à l'échafaudEnfin, les Lumières voulaient bannir l’arbitraire³ dans les affaires criminelles. Au contraire, la loi du 22 prairial supprima les droits de la défense et tous les justiciables découvrirent le sens du mot « égalité » lorsqu’ils entendirent la seule sentence possible : la mort. Ainsi, les treize Carmélites de Compiègne seront condamnés à monter « à l’autel des martyres » après avoir été reconnues coupables « de former des rassemblements et des conciliabules contre-révolutionnaires, d'entretenir des correspondances fanatiques et de conserver des écrits liberticides. ». Lorsque sœur Henriette de la Providence demanda ce qu'il fallait entendre par le mot de « fanatique », elle reçut cet aveu qui devait les remplir d'une joie indicible : « J'entends par là votre attachement à ces croyances puériles, vos sottes pratiques de religion ». A ce jour, malgré les nombreux martyrs de la foi reconnus par l’Eglise, la République française, pourtant responsable de ces crimes, n’a toujours pas fait acte de repentance... Au contraire, elle continue sa politique christianophobe (loi sur le travail du dimanche, suppression du caractère férié du Lundi de Pentecôte - rétabli à la veille des élections municipales -, politique « raciale » ou de la « diversité » au dépend des chrétiens…).

Note (1): dans les travaux préparatoires, François Zocchetto (Centriste) a souligné qu’un viol qui serait commis par un fils sur sa mère ne serait pas qualifié d'incestueux. Dans ces conditions, il a souhaité que le paragraphe inséré dans le code pénal soit intitulé « De l'inceste commis sur des mineurs ».
Note (2): Francis Holmes sera convaincu du double meurtre d'enfants.


louis d'or du roi
Voilà ! Ce texte, s'il n'est pas fon.da.men.tal, est très juste de ton et porte très bien l'intention de l'invité à l'émission radiophonique. On aimerait toujours voir autant d'aisance et de clarté dans les interventions royalistes sur les médias. Merci au président de Lys de France, Nicolas Chotard qui ne compte ni peines ni soins à la défense du roi en France, du Roi de France.

L'émission elle-même doit être archivée chez Radio France. On accède à un podcast par le lien copiable ci-dessous que je donne en clair, mais je n'ai pas réussi personnellement à le charger (un pb de lecteur chez moi) :
http://www.rfi.fr/contenu/20100121-monarchie-quel-pretendant-le-trone-france

Ndlr (3): on peut se référer aux retentissants procès voltairiens, Calas, Laly-Tollendal, Sirven, etc...


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lundi 1 février 2010

Billet du mois : l'opportunisme

tract CRAFLa pénibilité de l'agit'prop royaliste devrait valoir aux militants une retraite anticipée, au moins des points de bonification. Cent ans de combat de société mené de main de maître par la crème intellectuelle du temps, relayé sur le terrain par des militants opiniâtres, courageux et bien formés, aboutit à l'enfouissement en décharge politique de l'idée de restauration monarchique qui, à entendre ci et là le niveau des questions posées par le vulgum pecus, n'est familière à quasiment personne dans ses principes les plus évidents. Les monarchies qui nous entourent nous évitent heureusement les quolibets sur la tyrannie du prince ou la mise en coupe réglée du pays par l'aristocratie nobiliaire. Mais que de clichés quand on nous aborde ! Sauf qu'on ne nous aborde pas si souvent.

tag VLRLes esprits forts débinent la démarche de l'Alliance Royale au motif que la monarchie ne reviendra qu'à la faveur (façon de dire) d'une rupture politique grave, consécutive à une crise majeure économique ou sociale ou pire, et jamais par l'élection. Les chapelles se préparent-elles à prendre leur avantage au moment critique de sauver la nation ? Beaucoup le croient. Avec quel prince, quel volontaire, pour une sorte de "coup d'état", et selon quel processus, est une autre affaire, qui nous dépasse.
Ce projet indéfini apporte au mouvement une culture de la crypte qui est néfaste parce qu'elle empêche par essence la recherche d'un consensus populaire sur le retour du roi. Comme il faut bien occuper les jeunes qui, à cet âge, sont normalement impatients, on compense le déni de propagande de masse par l'action de quelques brigades urbaines qui collent et tractent, et produisent du matériel de très bon niveau sur Internet, même si l'outrance fréquente, inséparable du genre, amoindrit un peu la pertinence du message.

tract UDTMais il n'y a pas que les jeunes qui soient impatients. Les vieux monarchistes aussi sont en droit de s'interroger sur la justesse de la voie d'accès tracée finalement en dehors d'eux. Les chapelles peuvent-elles se remettre en cause sur leur démarche militante, sur leur projet politique, au simple énoncé de leur nul effet à ce jour ? Il ne semble pas. Nous n'irons pas jusqu'à dire que la direction d'une chapelle est somme toute plus confortable que celle d'un plus grand mouvement politique, avec ses courants, ses ambitions personnelles, ses problèmes pécuniaires et forcément l'acharnement de ses ennemis, mais nous l'avons dit !
Or les Contes de la crypte, depuis si longtemps que nous en tournons les pages, n'ont pas de happy end. Il n'est pas besoin d'avoir poussé à "bac plus dix" pour subodorer qu'en ce XXIè siècle, le retour du roi passera par un plébiscite ou autre voie de consentement du peuple, obtenu soit préalablement, soit après un accès d'aubaine. Soutenir autre chose est tromper son monde, et je pense d'abord aux jeunes militants qui se donnent à fond dans la propagande royaliste. C'est sur cet axe réaliste d'acclimatation de la monarchie que se situe la frêle Alliance Royale qui ces jours-ci est à la peine. Elle est handicapée par sa taille, par le schéma étatique complexe qu'elle promeut, et par son "indépendance dynastique", mais la ferveur demeure. Il y a néanmoins une autre voie.
La suite du billet qui va décoiffer un peu, excusez-nous d'avance, est quelque part par ici.
[Billet "La Couronne d'argent d'abord" du 28.02.07]


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jeudi 21 janvier 2010

Et les shadoks pompaient...

epee excaliburLes meilleures disputes de Royal-Artillerie ont eu lieu avec les ultrabrites de la Légitimité dont l'impatience se résume à maintenir La Loi en attendant¹ que la Providence favorise des circonstances que l'on ne saurait soupçonner. Le temps ne fait rien à l'affaire. Garder La Loi intacte et la passer aux générations montantes pour qu'elles capitalisent l'espérance : le salut est au bout. S'ajoute à la pureté d'intention un confort intellectuel inégalable. Prions !
Si l'on est convaincu de la supériorité en bien des domaines de la monarchie successible du modèle français, l'autre voie d'accès au bonheur civil est de favoriser par soi-même les circonstances d'une instauration/restauration monarchique sans attendre les caprices du Ciel, par tous moyens à combiner, organiser, soutenir et financer. A plusieurs c'est plus efficace. On monte donc le parti du roi, et en avant, sus aux moulins !

conspirateur cartoonA la première occasion, le prochain 1958, ou 1940, bon tant pis, 1870, 1848, 1830, non ? 1792 alors... on saute dessus, on encaisse l'aubaine et on restaure le trône sans attendre l'autel. Ni vu ni connu. Hélas, je nous sais d'aucun bord en capacité d'encaisser, n'ayant ni le feldmarschall, ni le prince d'assaut qu'il faudrait au moment. A défaut de pouvoir surprendre la gueuse au tournant de l'histoire, nous serions mieux aviser de profiter de l'effet de levier d'un opinion conquise à nos idées, sans bien sûr s'interdire le "coup" du un pour mille et placer à la barbe des indécis le diamant de la monarchie ab solu. Nous n'avons pas non plus un Frédéric II en attente, bien qu'il soit le modèle idoine pour reconstruire le royaume. Que des princes de beau temps ! Quoi de neuf sinon ?

Cette Sixième République dont on parle beaucoup à mesure que l'on découvre les inconvénients du quinquennat et son corollaire, la captation des pouvoirs entre quelques mains habiles à manipuler les médias, pourrait bien être la fracture institutionnelle pour une première monarchie constitutionnelle revenue. Exit la vulgarité de Division 2 au faîte de la Nation. On relève la France en commençant par en-haut. On applique le modèle des monarchies du Nord¹, on récure la constitution pour revenir à ses fondamentaux de 1958 sans la bouleverser - j'en laisse l'organisation des détails à votre imagination - et le peuple est content d'avoir enfin comme beaucoup de ses voisins, sa famille royale avec les potins, les couffins, les belles images de chevaux et carosses, et la Garde qui veille endimanchée aux grilles des Tuileries remontées. Pétaing, la classe !

J'en vois au fond qui se trémoussent pour contester déjà. J'ai les noms ! A quoi auront servi cent ans d'Action française, nos morts, nos académiciens, six tonnes d'archives doctrinales numérisées, et tous ces cortèges, ces prières, ces chants d'espérance derrière nos drapeaux cousus main ? Pour un roi constitutionnel qui ne gouvernerait pas ? Fichtre ! Foutre !

shadok marinA ceux-là je dirais que le projet en cours est inabouti, intrinsèquement inaboutissable ! Sinon nous ne serions pas cinquante, au plus cent, dans nos rassemblements. Prenez le possible qu'on vous offre, ne répétez pas l'erreur du comte de Chambord, incapable de régner sur Terre, contentez-vous de saisir l'opportunité, les plats ne repassent pas souvent dans l'histoire.
La cohésion nationale revenue, l'image représentative du pays rehaussée, le repère immobile dans une mer démontée - on va vers des collisions continentales graves -, des conseils avisés et des remontrances désintéressés au chef du gouvernement démocratique donnés régulièrement par une autorité morale non contestée, l'aimantation de l'affection de tous sur le même axe, tout cela mériterait que l'on mette le mouchoir de Cholet sur la doctrine impeccable qui tient debout toute seule, au point de rester tout à fait seule !
Sans abandonner l'idée bien sûr de faire plus et mieux à la prochaine occasion, quel grand pas de franchi serait-il d'installer à Paris ou à Bourges "le monarque du Nord" !

La condition sine qua non gît dans l'Opinion. S'il n'est pas démontré qu'une restauration monarchique, même soft, puisse se faire avec le peuple, il est à peu près sûr qu'elle ne pourra pas se faire contre lui. Si ce que je dis est vrai, la priorité de toute action politique, de toute propagande est de réacclimater le roi en France.
Que le "peuple" en ait envie, ce serait merveilleux. Qu'il laisse faire, pas mal non plus.

C'est un travail complexe et cher à mettre en oeuvre, mais, vu la popularité de la cible, il peut être complètement dissocié de la maintenance académique du projet capétien dans des enceintes choisies et rares. Il faut sortir des cénacles (y compris de la rue qui est l'anti-cénacle aussi stérile que le cénacle). Il faut quitter l'entre-soi. Le "peuple" doit être évalué dans toutes ses composantes ; le pays réel obtenu alors doit être jaugé, les modèles de propagande adaptés au résultat. Souvenons-nous qu'un sondage BVA pour l'Alliance Royale paru dans France Soir (8 mars 2007) donnait 17% de royalistes dans le corps électoral. On imagine bien que 16,95% pensaient à un roi constitutionnel du type qu'il croise dans les pages du gotha, et pas à Louis XI !

blason assisesEst-ce que les Assises, dont on ne sait si elles se tiendront en 2010 ou plus tard, dégageront l'avenir pour un projet crédible ? Détermineront-elles les champs de propagande et identifieront-elles voies et moyens, cibles et adversaires, avantages et dangers, pour que commence enfin la guerre d'opinion ?
Est-ce que les princes qui voudront rejoindre seront conscients qu'ils évoluent sur un marché d'images et d'information/investigation ouverte. A eux revient l'exemple devant l'Opinion ; à eux de cesser le jeu des faux-semblants et parfois délaisser l'amour du toc ; à eux d'affronter les faiseurs d'opinion en connaissant leur sujet.
A nous d'avoir les idées claires sur la queue de trajectoire choisie ensemble, et de donner à nos prochains l'exemple et l'explication attendue. Veillons à édulcorer les caricatures contreproductives en ne mélangeant pas nos valeurs personnelles et celles de l'institution. Ne préemptons pas les valeurs du roi à notre modeste niveau. Il verra tout ça au moment. Contentons-nous de propager le palpable, le populaire, le facile.

Du travail ! Dans une nouvelle voie ! Un but à atteindre pour tous ! Des progrès mesurables ! Un gestion par objectifs de nos structures ! Et la récompense promise à la fin.

Vienne le roi, la reine et le petit dauphin* !


Note (1): Lire le bref testament des Amis de Guy Augé
Note (2): Sur les monarchies du nord c'est par ici
Si ce prince devait gouverner ce serait par là

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*Lundi matin, le roi, sa femme et le pti'prince...

Bastiat, Hayek et les autres

globe anarchieDans nos voeux du premier de l'an, nous avions promis d'expliquer notre option libérale en économie. Le temps presse, la clôture approche. Voici la contribution de ce blogue au débat.
Si l'ADN anarchiste du Cévenol prédispose au libéralisme, il faut un peu organiser l'espace autour de lui pour assouvir complètement sa liberté. C'est le rôle de l'Etat (au sens large) qui s'arroge le développement et l'entretien de tout ce que le particulier, seul ou groupé, ne peut faire de lui-même. L'empilage des groupes d'intérêts individuels et leur interactivité repoussent sans cesse le périmètre utile de l'Etat, en théorie. La résilience des structures étatiques qui procurent des avantages évidents à leurs serviteurs, combat ce rétrécissement du domaine "public". La meilleure défense étant l'attaque : l'Etat enfle de lui-même.

Vue de la planète Mars, la Terre apparaît pourtant très mal gérée, bien que le logiciel dominant pour ne pas dire exclusif soit celui où l'Etat s'implique dans les affaires économiques et sociales, toujours et de plus en plus loin dans le détail ! A force d'organiser les sociétés humaines, un tiers des hommes mangent pas ou mal, deux tiers sont pauvres, un petit sixième a les dents du fond qui baignent, et personne n'ose prédire d'autre issue que catastrophique. Les habitudes sont tenaces et le modèle n'est pas remis en cause, simplement on le considère perfectible. La faim du sahélien est perfectible.
Dogons, corvée de bois
Mais on ne peut être "libertarien" uniquement contre l'Etat. Attention, il est des postières girondes qui pourraient vous faire apostasier, sans parler des airatéputes aux yeux félins et des polissonnes de l'Opéra. Non ! On est (naît) libertarien parce qu'on croit en l'homme. Pas le bon sauvage, pas le ravi de la crêche, ni le curé d'Ars, mais parce que l'on croit en l'entreprise humaine, cette impatience de faire, cette mégalomanie intrinsèque à l'espèce, cette vanité à marquer le bref instant de son passage en ce bas-monde, cette revendication à la dignité dans l'indépendance. Lâchez la bride à l'homme, il réussira. Si ce n'est lui, ce sera son frère, son fils, sa nièce, quelqu'un.

consommateurs addictésPour l'en empêcher, il faut le "châtrer" et le distraire par la sur-consommation. C'est le programme du socialisme actuel, mais c'est aussi le programme de tout Etat qui sort de ses gonds institutionnels et se mêle d'économie politique.
Regardez la renaissance de l'empire chinois. Elle est fondée exclusivement sur l'homme, le Han, le sel de la Terre et fils du Ciel. Le vieux Deng - pas un tendre, qui a lâché les chars sur les étudiants de Pékin - a retourné dans tous les sens le futur de la Chine populaire pour se convaincre qu'elle n'en avait aucun. Pourtant ce peuple trimillénaire avait tout réussi dans le passé et ses gènes étaient toujours là, cachés, brimés, latents. Que risquait-il à 76 ans, le hakka rieur ? Qu'on le pende par les c... sur la place du marché ? Elles ne l'auraient pas soutenu ! Organiser le peuple était une imbécillité dès que la Révolution était terminée; il fallait débonder les initiatives individuelles, toutes les initiatives individuelles du champ économique, proclamer l'enrichissement des coeurs vaillants, et pour pallier la révolte de la nomenklatura, lui offrir de montrer l'exemple en préemptant des terres à bâtir, en l'impliquant dans le développement économique à base d'implants étrangers, en lançant des banques d'affaires non plombées par les conglomérats anciens, in fine lui laisser acheter ces fameuses "benzies" qui la faisaient tant baver, et envoyer les gosses poursuivre leurs études aux Etats-Unis !
milliardaire chinoiseLe Han qui compte en dormant, qui joue en bourse comme nous au tric-trac, a fait le reste. Les usines "dérèglementées" ont surgi comme des champignons. Il fallait à tout prix être plus riche que son voisin, accumuler les appartements, les objets rares, les putes russes, et lui montrer que sa maîtresse officielle était plus belle que la sienne. En trente ans (30 ans !), comme une Atlantide à rebours, de l'océan de misère chinois est sorti un empire d'une force telle qu'on ne parle plus que de G2 dans les affaires du vaste monde. La première équipe de secouristes débarquée en Haïti avant-hier est chinoise !

Notre problème à nous Français, qui avons moins souffert du communisme que les Chinois, est que notre socialisme est beaucoup plus sophistiqué et que son lait est sucré au départ pour bien addicter le nouveau-né citoyen. Aucune contrainte ici. Pas de commune populaire obligatoire, pas d'ouvriérisme obligé, pas de petit foulard rouge à l'école. L'opium édulcoré, la canada dry de la schnouf dogmatique. On vaseline le peuple.
Il n'est que de voir la succession de revendications puériles ou carrément stupides qui passent sur nos écrans. Au moindre pet de travers, à moi l'Etat ! Les aiguilleurs du ciel travaillent-ils quatre-vingt-quatre jours par an que c'est déjà trop, vu la souffrance dans les tours de contrôle. Les conducteurs du RER A conduisent-ils trois heures et demi par jour avec six semaines de congés et la retraite à 55 ans que c'est "l'exploitation de l'homme par l''homme".
boeufReste-t-il des gènes de conquête dans la population des veaux ? C'est tout le débat économique, dans un pays plombé par un modèle social somptuaire, obsolète, ridicule, par des prétentions extravagantes à régenter les autres plutôt que nous-mêmes ; et par une dette inadmissible sur un territoire béni des dieux, le plus beau du monde (et j'en ai vus !). Il faut détruire d'urgence "l'organisation" de nos moeurs économiques, euthanasier les syndicats incapables de recouvrer des cotisations, débander les services centraux extérieurs au domaine régalien, et foutre tout ce beau monde à la mise en valeur des Kerguelen ! Lancer la souscription nationale pour les "Exodus".

Plus sérieusement, vous irez sur les sites libertariens suivants qui développent le vrai "libéralisme économique" avec plus de pédagogie que je ne saurai le faire.

D'abord à tout Français tout honneur, le site de François Rideau, Bastiat.org. Frédéric Bastiat (1801-1850) est un économiste landais très connu au Nouveau Monde, région insatiable de recherches et développements. Son oeuvre est pleine et le site indiqué vous y conduit partout. Comptez une petite semaine. Si vous sortez dîner en ville déjà demain soir contentez-vous des Harmonies économiques qui sont en ligne. Vous dénoterez brillamment, les temps étant aujourd'hui au gaullisme de gauche revenu !

dessin ChappatteAprès lui, vous pouvez passer par l'Ecole autrichienne d'économie (Menger, Von Böhm-Bawerk, Von Mises, Hayek et Rothbard) en traversant par exemple le site du Québécois Libre. Tous condamnent l'intervention de l'Etat en économie et sont mal vus des fonctionnaires qui régentent le général et le menu dans nos sociétés policées et nous enfument quand leur modèle implose. Le krach de la Lehman Brothers est typique de la malfaisance de l'interventionisme, mais on l'a habillé de "finance sauvage" pour ne pas avouer que les indiens de Wall Street ne savaient danser autour du feu que si l'Etat garantissait le bois de chauffage. Ils continuent de plus belle, sans que le doute effleure quiconque que l'Etat remontera les ruines qu'ils laisseront.
En passant, si l'Islande avait confié sa circulation monétaire sous "contrat de monnaie" à une banque familiale privée, les Islandais ne seraient pas dans le marasme actuel. Les plombs auraient sauté, préservant l'essentiel.

Salma HayekJe termine sur l'approche anarchiste de Friedrich Hayek de "L'Ordre Spontané" que rapporte la wikipedia : il s'oppose aux intellectuels « constructivistes » qui établissent des « projets de société » dont il dénonce le « scientisme ». Dans une perspective épistémologique, il s'attache à montrer que nul ne peut appréhender le monde dans sa complexité, y compris les gouvernants. Tout projet de société collectiviste, toute tentative de gestion rationnelle et globale de la société ne tient nécessairement pas compte de l'autonomie des personnes et de l'imprévisibilité de leurs actes, et est vouée à l'échec. Par « constructivistes », Hayek désigne principalement les socialistes mais également les « conservateurs » qui entendent modeler la société conformément à leur idéal.

On pourra compléter avec profit (je n'ai pas peur de le dire) par un billet de Royal-Artillerie, Europe, que faire de la démocratie et par l'article de l'AF2000 du 3 septembre 2009, Cerises pour les nuls.

L'anarchie plus Un, disait Maurras.
Ce soir, je suis hayékien.
Salut.


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mercredi 20 janvier 2010

Archivons !

le lis brodé de RA avec étaminesLe blogue monarchiste offensif(?) Royal-Artillerie fait sa transmutation en blog d'archives. Après cinq ans de clavier et huit cents billets, le piéton du roi est quasiment à sec. La perception immédiate de son environnement lui indique que la cause qu'il défend, depuis bien plus longtemps que ce blogue, n'a pas avancé d'un mètre. Il n'est donc pas bon dans cette propagande et en tire la conclusion pour lui-même qu'il impose aux autres sans trop prendre de gants, je l'avoue, dans le ton habituel du support : il rend le paquetage.

JullianDepuis mes premières journées royalistes aux Baux, à La Malène, à Buzeins et ...ailleurs, il y a cinquante ans, j'ai trouvé puis retrouvé un "parti du roi" dans les mêmes prédispositions d'esprit et les mêmes ressources d'effectifs et la même impécuniosité qu'aujourd'hui. Après bien des remises en cause, des idées géniales, des déchirements, des "schismes", il est devenu patent que le "mouvement" n'a aucun leader au niveau de l'enjeu ; ce qui laisse courir ci et là les adjudants majors ou les mages, mais de général, point !
Quant aux princes... ils nous craignent autant qu'ils nous "aiment". Les préventions d'Henri d'Orléans contre les royalistes (chez Thierry Ardisson) en disent long sur leur confort bourgeois. A quoi bon s'obstiner ? Le rêve passe de toute façon et le spectacle de la farandole des fantômes suffit à la plupart. On peut les comprendre puisqu'après tout, ils sont ceux-là indemnes de toute responsabilité dans la disparition du royaume de France, il y a cent quatre-vingt ans !

Jean d'OrléansLe prince Jean propose ses idées politiques à la France et il en fait courageusement la promotion dans tous les Landerneau de la république. A compter d'aujourd'hui il se donne dix ans pour choisir son destin. Il en aura cinquante-cinq, la force de l'âge. Souhaitons-lui le meilleur.
Je n'attendrai pas l'embellie promise du côté du mouvement, car le parti du roi est littéralement plombé par les hypothèques du passé d'un côté, et par le désordre dialectique dans un discours généralement obsolète de l'autre, à tel point que les chevaux-légers de la Cause, les quelques médiatisants qui se "compromettent" devant le "vrai pays réel", en font cinq fois plus en cinq minutes que tous les précités en chapelles et ce blogue avec. Le prince pourrait en tenir compte.

SchtroumpfsJe remercie les mille lecteurs hebdomadaires (visiteurs uniques absolus moyenne¹ selon Google Analytics), qui ont pris la peine de me suivre dans cette exploration d'une propagande différente, et qui en de trop rares fois ont contesté mes perceptions hétérodoxes. Hélas cette audience moyenne fut pratiquement atteinte dès la fin de la première année d'édition et ne s'est jamais vraiment accrue par la suite, sauf lors de disputes internes au mouvement, qui ont fait du racolage jusqu'à 1300 lecteurs hebdo.
Des propositions faites et expliquées en détail ici, aucune n'a percuté ; ce qui ne me vexe pas. Mais aucune alternative n'a vu le jour non plus pour les ensevelir dans l'indifférence, ce qui est désolant, au vu de la déréliction ambiante. Même les bons sondages sur la perception du roi par les Français sont restés inexploités. Pour faire court, il ne se passe rien en lices.

Bon courage aux revenants dans l'exploration des huit cents archives. Le squelette du blogue a été modifié pour en simplifier la consultation, mais on pourrait encore l'améliorer, ce que je ferai à l'occasion.

Vive le roi, quand même !



Catoneo
le vingt janvier deux mille dix,
piéton de soixante-cinq ans ce matin



un borsalino

Note (1): le chiffre de lecteurs sensibilisés par nos billets serait plus élevé que mille car il y a eu un renouvellement régulier du lectorat difficile à analyser. Le fonds de commerce stable (en termes d'IP) serait de 600 assidus.

lundi 18 janvier 2010

Messe pour le Roi mort


blason du mémorial de France




Sous la protection de Monseigneur le Duc d'Anjou, le Mémorial de France invite tous les royalistes à se joindre à S.A.R. le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme pour prier en la Basilique de Saint-Denys le jeudi 21 janvier 2010 à midi.

Messe de Requiem pour le repos de l'âme du Roi Louis XVI
célébrée par le RP Argouac'h
dans le rit extraordinaire


Quelques images d'une cérémonie passée :


assistance
autel
nef
deuil

Nous joindrons cette année dans nos prières aux mânes du roi mort le malheureux peuple d'Haïti et toute la francophonie qui souffre.


S'y rendre :
Métro ligne 13 bleue, station Basilique-St-Denis
Bus 239 et 153 depuis la Porte de La Chapelle (Zone 3)
Tram T1 venant de Noisy-le-Sec
Pas de parking dédié à la basilique (zone 9-3)

Conseil : Arriver avant l'heure pour obtenir une place assise.

Liens utiles :
Mémorial de France
Autres messes de l'Association Louis XVI



lis blancs
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dimanche 17 janvier 2010

150 ans de Patagonie (1860-2010)

Rama IX de ThaïlandeIl est deux royaumes au monde que je ne me lasse pas d'observer tant ils résument la force d'aimantation de la monarchie : le royaume de Thaïlande et le royaume de Patagonie. Le premier assemble une mosaïque d'ethnies dispersées sur un territoire malcommode et gouverné en sous-main par les Chinois d'outremer (parfaitement siamoisés).
Ce pays est traversé d'orages politiques fréquents et reste malgré tout debout. Il fut le seul état asiatique à ne pas souffrir la colonisation européenne, et à l'époque, menaça en permanence l'Indochine française sans que nous ne puissions le mettre au pas. Le roi est un phare qui luit au milieu du désordre. Le contester sur place vous transforme en charpie. Royal-Artillerie fit en son temps un billet intitulé "Cours de coup" qui met en scène le palais dans la tempête.

Par le roi, l'Etat demeure, la Nation continue

Mais le plus affolant est le royaume en parenthèses de Patagonie.
C'est un royaume virtuel en fonctionnement, qui en a tous les attributs, et dont le ciment est totalement affectif. Il fête cette année le cent cinquantième anniversaire de sa fondation par Orélie-Antoine Premier.

Antoine TounensLe samedi 18 septembre 2010, derrière le Consul Général de Patagonie, Jean Raspail, et le vice-consul chancelier, François Trulli, se rassemblera à Tourtoirac (Dordogne) le gotha du royaume - des Patagons du monde entier - pour un dépôt de gerbe à 17 heures précises sur la tombe du roi. La cérémonie sera suivie d'un vin d'honneur. La logistique restera dans l'esprit patagon, individuelle et portative.
Les vice-consuls sont invités par le consul général à hisser les couleurs au siège de leur vice-consulat et à organiser une rencontre avec la presse locale et les autorités municipales et préfectorales. Une réception officielle est en préparation le dimanche soir 19 septembre à Paris. Y verra-t-on le nonce apostolique ? Peut-être pas, mais nos princes seraient bien avisés de s'y rendre pour en prendre de la graine.

Ce royaume présenté dans un billet précédent, que l'on peut découvrir à travers son roi, son site et son forum, édite un annuaire général et diplomatique à couper le souffle, puisqu'il ne fait pas moins de seize pages A4 imprimées serré, liste en lignes ! Il est inséré dans le Moniteur de Port-Tounens (140p. en quadrichromie, 25€).

armes du roiComme on s'en doute, les corps constitués sont d'abord militaires¹ puisque le royaume attaque régulièrement (pour de vrai) les possessions anglaises en rétorsion de la capture des Malouines, ce en dépit d'un ultimatum à évacuer, adressé en bonne et due forme le 1er juin 1984 par la chancellerie de Paris au gouvernement de Sa Gracieuse Majesté, dont on croit qu'elle se serait torché. Il attaque aussi tout territoire vacant s'il est maritime ou désolé, afin d'y planter sa bannière, marquant une prise de possession éternelle et virtuelle². La guerre anglaise n'empêche pas que le premier attaché naval soit le contre-amiral Templeton'Cotill de l'Amirauté, qui se met chaque fois en disponibilité les jours de conquête. So british ! Le commandement passe alors au contre-amiral d'Hérouville et à son état-major particulièrement relevé, puisqu'on y croise des généraux trois-étoiles, des capitaines de vaisseau, de corvette, des colonels, chef d'escadrons et autres capitaines de toutes armes pourvu qu'elles soient d'assaut. Les Corps de volontaires disposent aussi d'un service de santé et d'aumôniers car la proximité du Ciel est recherchée en toutes affaires. A tel point que les morts fonctionnent parfaitement. Feu le général Armijon commande en second le 1er Royal Etranger, Vladimir Volkoff s'acquitte avec brio de son rôle de consultant pour les affaires serbes et russes.

Bon ! Quand vous rajoutez l'annuaire des associations civiles et tout le réseau diplomatique (47 pays), ils sont quatre ou cinq mille. Pour mémoire, le comte et sonneur de Quincerot est légat auprès de l'Ordre souverain de Malte. Pour boucler ce billet, nous signalons à l'attention des touristes que le vice-consul patagon en Thaïlande est M. Yvon Jagues qui réside à Chiang Maï. Il est peu de pays au monde où le Patagon perdu ne puisse atteindre son consulat.

Si je demande ma naturalisation un jour de blues, parmi les cinquante associations patagones ouvertes, je m'inscrirai à l'Institut Royal Patagon pour la conservation du patrimoine historique des îles Wollaston, Hoste, Clarence, Santa Ines et Desolacion. Croisières rafraîchissantes en vue.



Après l'hymne patagon composé par Guillermo Frick pour SM Orélie-Antoine 1er, nous finirons sur l'éditorial de Jean Raspail tiré du XII° Moniteur de Port-Tounens. Pour se le procurer, envoyer un chèque de 25 € chez François Tulli, 20 avenue de Lowendal, 75015 Paris (chèque à l'ordre de François Tulli) :
Raspail par Terpant
Le temps n'a pas d'importance. Ce qui compte, ce sont les parenthèses. Le royaume de Patagonie est un royaume entre parenthèses. Chacun de ses ressortissants les ouvre ou les referme à sa convenance, l'espace d'un instant, d'un jour, d'un regret, d'une révolte, d'un élan de coeur, d'une impulsion, et Dieu sait, par ces années qui courent, que les motifs ne manquent pas ! Voici longtemps, au siècle dernier, ayant demandé à André Frossard, académicien célèbre, éditorialiste de haute volée, vice-consul de Patagonie à Ravenne, pourquoi il avait souhaité devenir sujet de Sa majesté, je l'entendis me répondre, avec son laconisme coutumier : « parce qu'il y a plus de Patagons qu'on ne croit...» Tout était dit. Rien à ajouter.

Dont acte.


Note (1): Dans les années 80, de sérieuses tensions surgirent entre l'EMAT et la chancellerie, quand toute une promo de Saint-Cyr demanda sa naturalisation et qu'un régiment de blindés défila le 14 juillet en arborant les couleurs patagones. C'était l'époque du malaise.
Note (2): Le roi défunt de Patagonie est aussi souverain de Patagonie Septentrionale qui rassemble les possessions des Minquiers, la Nouvelle Dawson de la baie de Rance, les îles Saint-Marcouf, le château de Monteloro en Toscane, la baie d'Armijon à Puerto Eden (Patagonie de la Pluie), Le Mazel en Cévennes, les forts militaires de l'Aussoie en Savoie, un fortin d'Afghanistan, le cratère du Fego au Cap-Vert, la pointe de l'île Espagnola aux Galapagos, le Karakol Peak du Kirghizistan, et "Le Jeu du Roi" continue.

carte du détroit
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