lundi 13 mai 2019

Un prix mérité !


13 mai 2019 : 61 ans après le putsch d'Alger qui stoppait la dérive décoloniale de la IVè République, c'est une Marocaine et quelques autres Nord-africains comme le séfarade Zemmour qui tentent de nous défendre contre la subversion du fascisme islamique, affublé des atours de la liberté, des droits à, et de la laïcité qui bloquent ses contempteurs.

Après une carrière de combats (cf. la Wikipedia), elle reçoit une haute distinction maçonnique, et bien que royaliste, nous nous en faisons l'écho parce qu'elle la mérite et qu'elle en est très fière.



Ainsi le Grand Orient de France a-t-il décerné à Mme Zineb El Rhazoui le prix Marianne Jacques France vendredi dernier. Le GODF nous indique que « le prix Marianne Jacques France est remis chaque année dans le cadre des Utopiales maçonniques. Il salue une personnalité s’étant distinguée par la défense constante des valeurs républicaines tout au long de sa carrière. Sculpteur et franc-maçon, Paul Lecreux dit Jacques France, réalisa en 1881 un buste de la République qui connut alors un grand succès populaire. Sa Marianne originelle a été déclinée dans une version maçonnique qui orne nombre de loges du Grand Orient, ainsi qu’en une version dépouillée des symboles maçonniques et portant les grandes dates de la République.»

Outre nos plus vives félicitations pour son courage et sa pugnacité, nous souhaitons que Zineb El Rhazoui soit retenue comme modèle de la prochaine Marianne. Même si le GODF n'est pas notre tasse de thé au jasmin, ce prix apporte au lauréat une certaine protection, dans ce cas, contre la barbarie islamiste et la lâcheté islamique qui lui tient la porte. Ancienne journaliste de Charlie Hebdo, elle et son mari vivent sous protection policière.

Tous nos vœux de bonheur.

jeudi 9 mai 2019

S'il n'est pas mort...

...ça y ressemble !

8 mai 2019 les Champs Elysées attendent le président

Le verbiage trop convenu que la chaîne d'Etat nous a laissé surprendre à l'Arc de Triomphe, et la lenteur très arrosée du serrement de mains de monsieur le Président dévoilent les prémices de la cachexie politique. Si Emmanuel vit encore, Macron est mort.

Le prochain scrutin aura lieu le lendemain de l'Acte XXVIII de la révolte molle des Gilets jaunes chez qui le slogan le plus répandu est devenu « Macron ! Démission ! ». Les sondages, qui par habitude ne sont pas hostiles au chef de l'État - restons entre amis - donne 21,5% des intentions de vote à Calamity Loiseau (©Epoka) sur une participation attendue de 40% de l'électorat, soit un résultat calculé à 8,6% du corps électoral. Ce chiffre ridicule ne permettra de claironner aucune victoire dans aucun des deux camps arrivés en tête, et se posera à nouveau la question de la légitimité d'un président qui ne se relance pas.

Parlons alors d'Europe. Le projet européen d'Emmanuel Macron est au cœur du programme décennal. Il a commencé par là en visitant en premier la Chancellerie du Reich, réclamant une solidarité budgétaire à travers les eurobonds ou tout autre dispositif de mutualisation de la gabegie latine, ce qui provoqua l'humiliante rebuffade du chef de file de l'Europe sérieuse Mark Rutte, premier ministre du roi des Pays-Bas : "Réparez votre pays avant d'organiser les nôtres !". On notera sans y insister que cette année la France fut mise en minorité lors de la prolongation du Brexit à Bruxelles.

Le programme européen de madame Loiseau, qui fut si long à rédiger dans les soupentes du château, reste sur la trajectoire macronienne d'imposer à leurs frais notre modèle à nos partenaires, quels que soient leurs propres soucis. Synthèse RFi : Investir mille milliards d'euros d'ici 2024 pour les énergies et les transports propres, taxer le carbone des produits importés en Europe, un SMIC adapté à chaque pays européen, élargir Erasmus aux collégiens et lycéens.... Venant d'un pays exsangue qui finance son fonctionnement sur la Dette et les taxes pléthoriques, les propositions sont particulièrement osées. L'Europe sérieuse (dite du Nord) ne nous prend pas au sérieux justement, nous sommes un gros furoncle sur l'Eurogroup. L'Europe rieuse ou latine refuse pour sa part notre leadership, sachant bien que le pouvoir réel supranational qui les fait vivre est à Francfort et à Berlin. Reste l'Europe désoviétisée qui, au réflexe pavlovien du chat échaudé craignant l'eau froide, oppose les plus pressantes réserves aux demandes de la France socialiste, sauf si d'aventure nous demandions d'augmenter les transferts financiers vers elle, les PECOs n'étant venus que pour ça.

Si la défiance est au maximum à l'intérieur - 60% de soutien aux Gilets jaunes -, elle ne l'est pas moins chez nos voisins de plus en plus fatigués de la Grosse Nation. A la grande exportation, notre diplomatie n'est pas plus flambarde. Le copinage initié avec Donald Trump que monsieur Macron devait charmer irrésistiblement est un flop. Le magnat newyorkais ne prend en considération aucune difficulté que ces décisions causent chez les pays étrangers, alliés ou pas. La France seule ne le fera jamais plier et nos intérêts sont en remorque des intérêts allemands bien plus grands que les nôtres. A l'orient de nos défis, les efforts d'amélioration de la balance commerciale et stratégique avec la Chine populaire sont vains dès lors que le ministère chinois ad hoc a compris que le Marché commun est une union douanière intégrée et gouvernée à Bruxelles, et qu'aucune décision nationale de commerce extérieur n'y sera validée si elle ne s'applique pas à tous les autres partenaires qui en l'espèce ne sont pas des godillots. Même la chancelière Merkel a des difficultés à se faire comprendre des autorités politiques chinoises pour cette raison. Pékin, "rival systémique" assumé de l'Union européenne, pousse les routes de la soie chez les pays démunis et se s'inquiète pas du reste sauf à installer chez elle des chaînes de montage payées par l'industrie occidentale. Restons dans le concret, se disent-ils...




Le 27 mai au matin, après le vacarme des éditions spéciales, se réveillera un président pas moins honni que la veille, qui traînera comme un boulet le pourcentage de 8,6%+/-epsilon, pourcentage humiliant que ses adversaires colporteront sur tous les plateaux médiatiques. François Hollande avait subi une forte érosion de popularité qui, à la fin du processus, l'avait conduit à se retirer de la lutte électorale. On oublie d'ailleurs qu'il avait bien mieux gouverné après le jour de sa renonciation qu'avant. Emmanuel Macron n'aura pas franchi la moitié de son mandat qu'il se retrouvera déjà dans la même situation, un président rejeté par la rue et plus souvent moqué que son prédécesseur. Comment réformer alors ? En dissolvant la Chambre ! Il y est condamné.


Le désert du 8 mai - un président au coeur de sa garde approche de l'Etoile



samedi 4 mai 2019

Méditation au rond-point

Sur un réseau social à l'emblème de l'oiseau bleu, l'exquise Sophie de Menthon exprimait sa perplexité quant au soutien général que reçoit le mouvement des Gilets jaunes dans ce pays. Tout est dans le dernier mot :
@SdeMenthon - « Aux 60% qui soutiennent les gilets jaunes: il faudrait commencer à prendre conscience que vous contribuez à déstabiliser le pays et qu’il n’y a rien d’autre à attendre sinon vous endetter vous et l’État @MouvETHIC. Sans compter que vous encouragez la violence. Incompréhensible.»

Ce sentiment d'incompréhension est largement partagé chez les élites françaises qui pointent les incohérences et incompatibilités des revendications populaires dans le pays le plus redistributeur qui soit, le plus taxé, le plus endetté pour faire l'échéance de ses fonctionnaires pléthoriques. On serait tenté de leur donner le point mais ce qu'elles ne voient pas est une nation malade d'elle-même. La Nation française a pourri sur pied, elle s'effondre lentement. Et la nature ayant horreur du vide comme le montrent les villages en ruines recouverts de lierre, cette Nation malade habitant le plus beau pays du monde va être submergée par les nouveaux barbares, vigoureux et pleins d'envies. Abonné à l'Itinérant, hebdo de clodos jadis ayant muté en magazine de qualité (je recommande), je lis par curiosité et un peu en diagonale le cahier d'annonces légales qui le fait vivre. Sans avoir besoin de pointer, les deux tiers des annonces sont le fait d'entrepreneurs étrangers ou d'origine étrangère par leur patronyme. Les deux tiers !!! Deux tiers du risque économique de base est pris par des étrangers en France ? Dans mon chef-lieu de canton de 30000 habitants il ne reste qu'une boulangerie française ; toutes les autres sont arabes (ou perse) et elles gagnent chaque année un prix au concours départemental du pain. Le matin passe la benne à ordures : qui est au cul du camion ? Des étrangers. L'emploi paie mal ? pas du tout, très bien au contraire. Mais il faut se lever à 5 heures. Près de la gare s'est construit un gros ensemble immobilier, un quartier entièrement neuf gagné sur les épandages : j'observais cet hiver sous la neige les pointes d'épingles noires qui bougeaient sur les immeubles en construction. Les trois-quarts des ouvriers du bâtiment sont noirs. Mon voisin a fait isoler son pavillon par l'extérieur, tout le chantier parlait arabe. Trois maisons ont été construites à la place d'un garage désaffecté tout à côté de chez moi, tout le chantier parlait balkanique... je peux en faire dix pages sans oublier la métallerie d'en-face autrefois française (des amis y travaillaient) aujourd'hui yougoslave (je ne sais de quelle ethnie)... Tout ça pour dire que le grand remplacement dénoncé parfois abusivement par la bande à Camus est surtout un remplacement dans le travail. Qui livre chez Fedex, UPS, DHL, TNT si ce ne sont des arabes ou des noirs ? Qui va monter demain chez moi mon lave-vaisselle Bosch made in Turquie, 10 euros que ce sera un noir ! Gros déficit de courage dans la population de souche, Antilles comprises. Alors le mal-être se diffuse, le cancer de la frustration métastase, la culpabilité pointe son nez, le Gaulois râle, la Nation se liquéfie.



Le mouvement des Gilets jaunes ne mobilise pas grand monde, trente ou cinquante mille, cent mille, deux cent mille sur une population politique de quarante-cinq millions de citoyens. Mais à son spectacle, chaque samedi, la Nation (ou 60% de la nation selon Mme de Menthon mais c'est monté à 84% en novembre 2018) résonne de l'expression de ce mal-être, elle vibre ! S'il est reconnu que l'assistanat généralisé a provoqué chez nous un affaissement mental sans égal en Europe à tel point que le sevrage devient dangereux, la route est courte vers la mise en cause des cadeaux empoisonnés que fit le Conseil national de la Résistance de 1945 à un peuple battu. On ne peut comprendre cette dépression sans dénoncer le régime politique conservateur qui depuis cinquante ans trafique la représentation politique et stérilise l'innovation sociale par l'arrosage des clientèles. Cette perception d'un régime en défaut fut patente au sein du mouvement des ronds-points de 2018, qui se défiait de tout ce qui pouvait ressembler à un corps intermédiaire, chambre ou ordre professionnels, parti politique, syndicat etc... La construction même de la Vè République en est ébranlée dans l'esprit des citoyens, sa constitution est vue comme une entrave, l'organisation des pouvoirs qu'elle induit, le boulet du forçat à la cheville du citoyen. On ne peut gouverner durablement une démocratie comme la nôtre si la moitié du corps électoral est barré d'accès aux hémicycles législatifs. Il n'y a pas lieu aujourd'hui de dauber sur la gabegie généralisée du régime de prébendes, la corruption morale d'une classe politique professionnalisée, la dictature d'une technostructure d'habiles et malins formatés à l'identique dans les canaux d'alimentation des cours, cabinets et administrations du pouvoir central. Non, nous nous en tiendrons au déclassement de la moitié de la Nation, ailleurs les Intouchables, ici les Invisibles.

Pour représenter les gens et en même transporter les disputes de la rue à la Chambre, il n'y a que des élections à la proportionnelle. On objecte à l'établissement de la proportionnelle dans les scrutins nationaux qu'elle empêcherait la formation de majorité de gouvernement du pays. Ce qui exclut l'exercice de coalition que pratiquent tous autres les pays européens. Sont-ce des génies de la démocratie ? Peut-être ! Nous avons déjà montré ici que la coalition est jouable dans des systèmes à la proportionnelle sous condition de contrainte, nous n'y revenons pas (cf. Parlementarisme de 2007 sur ce blogue).
L'autre objection est double. D'une part, la confection des listes électorales ouvriraient la porte à l'allégeance et à la caporalisation des groupes parlementaires. La transformation du député libre en godillot date des débuts de la Cinquième où l'électeur et le mode de scrutin majoritaire à deux tours envoyaient à la chambre des bataillons UNR ou UDR ou RPR tout à fait mécaniques de soldats stupides aux ordres, ce qui n'a pas augmenté l'estime des électeurs à leur endroit. D'autre part, le déracinement du député soi-disant hors-sol l'éloignerait encore plus de ses mandants. Ce qui est un gag quand on voit la distance mise entre eux deux. Essayez d'avoir rendez-vous. Mais notons que cette distance imposée s'est un peu réduite depuis l'explosion de la colère. Il y a cent façons de connecter l'élu au peuple, il suffit d'en choisir une qui soit distincte du mode électif.

Instaurer la proportionnelle et dissoudre l'Assemblée nationale dans la foulée aurait été une mesure suffisamment dramatique pour stopper la dérive du ressentiment général à l'endroit du Macronisme. Au lieu de quoi l'Elysée a mis en page un catalogue des Trois Suisses de la Réforme tranquille sur déficits aggravés et dette accrue. Qu'il ne se plaigne pas maintenant que le compte n'y soit pas dans le cœur des révoltés, malgré l'avalanche de milliards toujours non financés. Les gens n'attendaient pas la manne des Hébreux, mais une refonte du modèle social vers plus d'efficacité, de libertés et quelque part de bonheur. Le pouvoir, isolé dans l'entre-soi, captif d'une discipline de projet, ne l'a pas compris. Ce qui manque à ces messieurs, ce n'est certes pas l'intelligence pure ni la pugnacité, moins encore la résilience, c'est tout simplement la culture de l'Etat et celle du gouvernement des nations, choses qui ne s'apprennent pas dans une école de bachotage. Ces gens sont des touristes. Ils vinrent, cherchent à durer, seront chassés à marée descendante. Ceux qui les précédaient étaient des nomenklatouristes issus des partis politiques, blanchis sous le harnois de la prévarication, corruption, concussion et arrogance pour faire bon poids. Pour que ça marche, il faut barrer les cons et les rusés de l'accès au pont du navire. Le régalien doit être remis entre des mains compétentes et intègres, une aristocratie au sens premier. En reste-t-il ? Il semblerait plutôt que les meilleurs dans ce profil aient déserté la politique pour l'aventure personnelle dans des champs d'action où ils peuvent se réaliser sans perdre leur âme et l'honneur. A défaut d'en trouver suffisamment si l'on doit compléter les tableaux d'effectifs de forts en thème sans imagination, il faudrait au moins que la pointe de pyramide soit née pour l'emploi et ne combatte pas toutes griffes dehors pour s'y hisser ! En attendant que le régime nouveau stabilise l'Etat central, les royalistes devraient diffuser plus largement l'offre de compétence et pérennité de la monarchie pour la France de demain, sans se perdre dans les vieilleries d'hier. Dit en passant, les 60% de Mme de Menthon correspondent à la prévision d'abstention aux prochaines élections européennes.


mardi 30 avril 2019

L'ère Reiwa commence au Japon

©Getty images
Il s'est passé quelque chose d'important au Japon, une ère impériale nouvelle s'ouvre sur l'abdication du fils de Showa Tenno (Hirohito de son vivant), empereur controversé qui s'abandonna au projet de conquête du Pacifique que poussait le pouvoir militaire nippon pour établir son hégémonie sur les ressources de ses voisins, denrées qui faisaient défaut dans l'archipel.
Akihito a passé sa vie à réparer l'outrage à l'humanité que furent les guerres de cette époque. Epuisé, il cède la place à son propre fils, Naruhito, qui a déjà souhaité continuer sur le même axe de compassion pour les petits, les sans-grades, les victimes de l'économie intérieure, et pour la réconciliation des peuples d'Asie à l'extérieur de l'empire. Cet axe n'est pas l'orientation privilégiée par le premier ministre Shinzo Abe qui veut dissuader la Chine de confiner le Japon dans un second rôle sur la zone qu'elle laissera sous son contrôle.

M. Guibourg Delamotte [Inalco] a donné une note de synthèse à Radio France internationale que nous reprenons ci-dessous :
L'empereur n'a pas à avoir de rôle, il doit être dans une mesure constante, ne doit pas avoir d'action qui ait une coloration politique. Dans cette mesure, Akihito a été parfait, c'est à dire qu'il n'a jamais émis un avis sur un projet de loi, ne s'est jamais immiscé dans la conduite de la politique. Et en même temps, cet empereur, paradoxalement, avec toute sa discrétion, a réussi à avoir un rôle éminemment politique. D'abord parce qu'il incarne véritablement la nation, ce qui est son rôle. Les Japonais l'aiment énormément et ont beaucoup de respect pour lui. Il a su avoir les gestes forts en direction de son peuple, manifester toujours une compassion dans les moments difficiles, en particulier Fukushima. Il s'est déplacé pour voir les réfugiés. Il était assis avec eux dans les gymnases où ils étaient réfugiés. Et en même temps, il est connu pour être un personnage modéré, pour être favorable à une réconciliation avec la Chine et avec la Corée du Sud. Il est parvenu à se positionner comme une figure libérale au sens anglo-saxon, c'est à dire plutôt à gauche. Sur un plan politique, institutionnel, il a changé le rôle de l'empereur et sa fonction.

L'article d'Igor Gauquelin libre de droit sur RFi est à lire ici :



L'évènement a été traité par dessus la jambe aujourd'hui par les chaînes françaises qui ont caricaturé la tradition impériale, en s'abandonnant à des micros-trottoirs pour capter le désintérêt des passants, agacés, paraît-il, par un jour férié contraint. Lamentable as usual. Hier dimanche, seule la chaîne Euronews nous a offert de suivre les législatives espagnoles en direct, les autres chaînes d'abrutissement restant coincées sur la politique politicienne intérieure française, sauf à proclamer partout ce matin la victoire du Parti socialiste ouvrier espagnol. C'est bon de pouvoir écrire "socialiste" et "victoire" à la Une, même si c'est... à Madrid.



Addendum du 2 mai 2019 :

Podcast du commentaire avisé de Vincent Hervouet sur Europe 1. Synthèse élégante, amusée et complète :



dimanche 28 avril 2019

In VOX We Trust

L'avant-veille du scrutin législatif espagnol, le prince Louis de Bourbon encourageait sur sa page Facebook ses Friends à voter POUR l'Espagne traditionnelle en ces termes :
El 28A España se juega su futuro :
- La Unidad Territorial
- La educación de sus hijos
- La defensa de la familia y de la vida
- El respeto a su bandera, a su himno, a su historia, a su cultura, a su lengua y a la religión
- El cumplimiento de la Ley
- El apoyo a los Cuerpos De Seguridad del Estado
Hier il appelait à porter le parti VOX aux Cortès de Madrid :
Basta de votar a disgusto o con los ojos o la nariz tapados : hay que VOXtar con ilusión y esperanza de una España Mejor.
. Vota Con Ilusion
. Vota Con Esperanza
. España Viva

Les ducs d'Anjou (cliché El País 2016)

Contrairement à ses cousins de France, le prince est connu du grand public chez lui en Espagne, plus particulièrement par son ascendance* mais aussi par sa vie de famille exemplaire et ses relations mondaines et professionnelles. Il est l'aîné des Capétiens d'où procède la Casa Real. Luis Alfonso de Borbón y Martínez-Bordiú et Maria Margarita Vargas Santaella (du Banco Occidental de Descuento de Maracaïbo) font souvent leur page glacée dans les magazines people de la Péninsule, mais aussi de la presse quotidienne par son inlassable défense du généralissime Francisco Franco dans ses choix et ses œuvres. On saura ce soir s'il a été entendu.

(*) il est l'arrière-petit-fils en ligne directe du général Franco mais aussi pareillement du roi d'Espagne Alphonse XIII.

Le programme de VOX se décalque parfaitement sur les recommandations du prince Louis mais le soutien qu'il lui apporte n'aurait pas été aussi explicite si le président du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, n'avait fait mousser l'exhumation de Franco en Valle de Los Caïdos à des fins électoralistes. Négociant en plus avec les séparatistes catalans un futur détesté par la droite et la majorité des Espagnols, Sanchez a fait de VOX ce parti d'appoint indispensable à une coalition de droite, qui a permis de renverser la table en Andalousie, province socialiste, assistée du berceau à la tombe jusqu'à maintenant.

Si, au-delà de la querelle dynastique française, d'aucuns ici s'interrogeaient sur les intentions politiques de Louis de Bourbon pour la France, il leur suffirait de connaître ce qu'il demande pour l'Espagne :

- l'unité du territoire de la nation
- l'éducation de ses enfants
- la défense de la famille et de la vie - il paraît dans des conférences internationales sur le premier sujet -
- le respect du drapeau, de l'hymne national, de l'histoire du pays, de sa culture, de sa langue et de sa religion
- l'état de droit
- l'appui aux forces de sûreté du pays

On peut trouver une majorité de Français sur ce faisceau de convictions ; mais aussi une forte minorité issue des forces de déconstruction et d'affaissement moral à l'œuvre depuis quarante ans parce que l'esquisse induit de fortes exclusions. Deux absences importantes dans le programme - il y en a quelques autres - sont l'économie et les finances, ce qui ne laisse d'étonner chez un banquier. S'il reste très critique du libéralisme social ou sociétal, je n'ai pas le souvenir de l'avoir entendu sur le libéralisme économique, le capitalisme, la globalisation. Les fan clubs légitimistes français, plutôt que d'exposer son combat catholique qui ne fait aucun doute, enrichiraient le débat en l'interrogeant sur ses convictions dans ces chapitres déterminants pour notre futur. Quoique on puisse soutenir que le réarmement moral de la nation doit précéder la reconstruction du pays qui l'héberge.

Royal-Artillerie souhaite à l'Espagne que triomphe ce soir le meilleur de ses traditions dans le droit fil des espérances du prince de Bourbon.



Addendum du 28/04/2019-23:05

Avec une participation de 75% les cartes ont été rebattues à l'intérieur de chaque camp, à droite et à gauche, mais sans en avantager aucun. Le PSOE de Pedro Sanchez passe en tête et cherche à former un front populaire pour gouverner mais Podemos a rétréci. Le PP s'effondre mais Ciudadanos s'envole. VOX a obtenu 2,5 millions de voix et entre aux Cortès avec 24 députés. Même si le score du parti nationaliste est inférieur à ses attentes, à quarante-trois ans seulement, Santiago Abascal est là pour longtemps.


vendredi 26 avril 2019

Au comptoir du Canon des Ternes



En décembre dernier, ce blogue déplorait la trop forte hauteur de marche entre un connétable de France et un capitaine de gendarmerie après avoir analysé les brillantes insuffisances de monsieur Macron. Vers le trou noir d'une révolution... titrions-nous alors ! C'était au temps de l'Acte V, nous en serons demain à l'Acte XXIV ! Il n'y aura pas de révolution parce que le peuple, abruti par le modèle socialiste à dose homéopathique, ne veut pas la faire pendant les vacances scolaires ni les vacances d'été. Alors notre président de la République déroule le one man show de plus (pas encore de trop) qui tel un discours de premier ministre à la chambre basse sur la politique générale programmée de son gouvernement endort les plus attentifs. Le pays n'est pas en révolte, il est en décomposition. Faudra-t-il attendre qu'il soit pourri à l'os, qu'il schmoute de partout, pour qu'à l'exemple de l'Algérie et du Soudan les éléments encore sains renversent les institutions calamiteuses de cette République anachronique avec l'accord tacite des forces de sécurité ? La révolte des ronds-points annonçaient l'an dernier quelque chose de profond. Les défilés de Gilets jaunes de cette année sont un défouloir scénarisé par quelques vedettes du mouvement et leurs correspondants de la rue des Saussaies. Malgré les maladresses, le pouvoir finira pas dissoudre le mécontentement dans l'acide de la lassitude. La conférence de presse de l'Elysée devait être le clap de fin, le jour où un jeune et fringant président renverserait la table de toutes les vieilleries qui nous encombrent ! Discours construit, aisance au pupitre, forte corrélation des diagnostics et des remèdes... une révision générale de la voiture ! Il n'y a pas eu de clap, ni de choc qui auraient précipité la foule en nation.

Il eut fallu deux ou trois mesures emblématiques qui se seraient attaqué au cancer de base, le socialisme hérité de la Libération. On attendait "un" Margaret Thatcher ! Nous avons eu le lauréat du Concours général de la Somme, un gamin intelligent aux épaules étroites et aux pattes trop longues !



jeudi 25 avril 2019

Culture à l'ISSEP

« La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme lorsqu'il a tout oublié » [Emile Henriot (1889-1961) entre autres]. L'aphorisme fit florès, on l'attribua même au président radical-socialiste Edouard Herriot pour l'avoir cité dans son ouvrage Notes et Maximes. Qu'importe finalement s'il ne s'agit que d'expliquer l'importance d'une imprégnation culturelle dans la vie en société en insistant sur les moyens de l'obtenir.
Si Montaigne militait (comme Rabelais d'ailleurs) pour des têtes bien faites plutôt que bourrées, il anticipait l'avalanche de paradigmes nouveaux qu'il faudrait bien comprendre sans fouiller toutes les archives de l'humanité. Quoi de plus utile que de construire en chacun son laboratoire intellectuel. La directrice de l'ISSEP de Lyon est sur cet axe. Elle développe Montaigne à sa façon. Cela nous change des ravins abrupts du Rassemblement national familial :





DE L’IMPORTANCE DE LA CULTURE GÉNÉRALE


Avant de plaider pour l’intégration de la culture générale dans la formation des futurs dirigeants politiques, rappelons d’abord ce que la culture générale n’est pas.

La culture générale n’est pas une simple accumulation de connaissances. Elle est la tête bien faite, autrement dit, l’intelligence transversale capable de rassembler des informations, apte à puiser dans différentes matières sans être enfermée dans un domaine d’expertise et disposée à confronter le présent au passé pour en tirer des leçons, une analyse, un jugement.

Il ne s’agit ici pas de quantitatif mais de qualitatif. Il ne s’agit pas d’avoir mais bien d’être. La culture générale n’est pas faite pour briller en société, elle aide à penser, à vivre, elle façonne la personne et sa façon d’appréhender le monde. Qui a lu Balzac, qui a entendu Chopin, qui a admiré les statues du Bernin, qui a vibré au récit de la bataille de Patay ne perçoit pas les murmures du monde de la même manière.

A l’heure où la gouvernance et l’administration des choses ont remplacé le gouvernement des peuples, où le langage et la pratique managériale ont remplacé la Politique, il est important de rappeler que la capacité à conduire des Hommes émane moins de techniques toutes-faites de management que d’une bonne connaissance des tréfonds de l’âme humaine (à ce titre, la qualification désuète d’Humanités pour désigner la culture générale prenait tout son sens) et d’une réelle capacité de discernement. Le Général de Gaulle résumait parfaitement ces bénéfices dans son ouvrage Au fil de l’épée : « La véritable école du commandement est celle de la culture générale. Par elle, la pensée est mise à même de s’exercer avec ordre, de discerner dans les choses l’essentiel de l’accessoire [...] de s’élever à ce degré où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances. Pas un illustre capitaine qui n’eût le goût et le sentiment du patrimoine et de l’esprit humain. Au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote…»

Dans un monde où les expertises sont rapidement obsolètes, où l’intelligence artificielle commence à concurrencer l’intelligence humaine, où les professionnels sont amenés à changer plusieurs fois, non pas de postes, mais de métiers, il est indispensable de comprendre rapidement, de savoir construire un raisonnement, de développer son esprit critique. Telle sont les véritables compétences attachées à la mobilité si souvent citée comme nouvel impératif dans le monde du travail.

Un futur dirigeant politique ne peut se dispenser de s’enraciner dans une culture et une histoire pour s’imprégner de l’inconscient du peuple, de sa mentalité et de ses mœurs en vue de lui donner un cap auquel il adhérera. Comme le disait André Charlier dans l’une de ses lettres adressée à ses élèves: « l’âme d’une maison, comme celle d’un peuple, est faite de beaucoup de fidélités silencieuses ».

S’inscrire dans le temps long c’est accepter d’être le dépositaire de ces fidélités qui nous dépassent. C’est en comprendre la valeur et la fragilité, car la fraternité humaine est un sentiment que l’on ne peut imposer ou décréter. Il est le fruit mûr du temps et d’échanges séculaires qui façonnent la reconnaissance de soi en l’autre au point de se sentir responsable de lui.

Le politique qui s’amuse à déstructurer cette fraternité par méconnaissance, inadvertance ou pire, par lâcheté ou cynisme est terriblement coupable. S’attaquer à ce legs est la pire des trahisons car il constitue le socle de notre société et la condition de son harmonie.

Rechercher une culture générale est un exercice d’humilité.

Effleurer l’immensité des savoirs qui nous ont précédés permet de mesurer à quel point nous ne savons rien ou si peu. Cet exercice aide à se prémunir contre la grande vanité frappant chaque génération, qui consiste à se croire bien supérieure dans la morale et l’esprit à la précédente. Tous ces savoirs nous invitent à pratiquer la prudence, cette vertu que la philosophie grecque puis la doctrine chrétienne présentent comme cardinale.

Voilà pourquoi l’ISSEP place la culture générale au cœur de son projet pédagogique. Afin que les futurs dirigeants politiques que nous formons abordent la politique pour ce qu’elle est : une science de l’Homme, l’art de son gouvernement, la poursuite de ce qui sied à sa cohésion et à son bien-être.


Marion MARÉCHAL
Directrice générale de l’ISSEP
(original ici)

mercredi 24 avril 2019

Parce qu'il le vaut bien !

 


Hommage au rocker sympa Hervé Forneri, niçois de naissance et de cœur. R.I.P.


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