lundi 25 septembre 2023

Miscellannées d'automne

feuilles mortes de bouleau

Le tapis de feuilles mortes recouvre la voie du garage, c'est parti ! M. et Mme Macron ont assisté à la messe pontificale du Vélodrome de Marseille au grand dam des curés de la laïcité. Se foutre à ce point de l'avis de M. Mélenchon, c'est du sirop ! Il n'empêche que sa prestation de rentrée sur France 2 était un peu au-dessous du registre exigé par l'emploi, avec quelques tête-à-queue spectaculaires comme dans l'affaire du Niger. L'explosion des rivalités ethniques au Sahel l'ont cornérisé et faire plus que des proclamations menaçantes est impossible à l'ancienne puissance coloniale. Que le califat sahélien vienne pour prouver que nous n'avions pas tort, à défaut d'avoir eu complètement raison. Tournons la page car nous ne sommes pas de taille à contrer l'implosion de ces sociétés bigarrées que nous gouvernions autrefois pas si mal que ça à la réflexion. Que la France prenne rang en Afrique parmi les autres partenaires occidentaux et cesse de se pousser du col au motif d'évangélisation de valeurs allogènes aux pseudo-civilisations qui nous ont succédé. Nous avons bien trop à faire chez nous et dans nos outremers pour distraire nos talents et nos sous dans des collaborations forcées qu'on nous reprochera toujours, au gré des subversions concurrentes du moment.

L'un de mes visiteurs de la fin de l'été m'a accroché sur la succession héréditaire de la monarchie, prônée dans les cercles royalistes français. Et j'avoue qu'à l'époque de la Big Tech que d'aucuns dénoncent à raison comme une résurgence du féodalisme de rente (clic), le dilemme du crétin dynaste laisse un parfum d'anachronisme persistant. Si les malheurs du pays faisaient le lit d'une monarchie revenue, la question se poserait très vite.
La monarchie héréditaire n'est pas un protocole de haras guidé par l'ADN mais une façon de pérenniser le régime par l'automaticité de la succession plutôt que par l'élection ou tout autre procédé extérieur. De tous temps, les cours royales ont formé l'héritier avec soin, les héritières aujourd'hui aussi. Le terme consacré dans les cercles royalistes est la primogéniture agnatique abusivement dénommée "loi salique", formule barbare du IVè siècle exhumée par les docteurs du XIVè siècle quand une fille s'est avancée sous la couronne, pour lui barrer la route. Tout le monde comprend ce terme encore de nos jours.

Il y a eu beaucoup d'empirisme dans cette succession à l'époque moderne et l'on a beaucoup compté sur des formules du style "bon sang ne saurait mentir" quand ce ne furent pas les "conseils" que l'on convoquait à parer l'insuffisance éventuelle du titulaire. Mais ça c'était avant, au temps du monde lent, quand on mastiquait le problème pendant des semaines pour s'y prendre l'an prochain. Le village global a rétréci l'espace et compacté le temps, aujourd'hui on réagit dans l'heure, une sorte de nucléarisation de la gouvernance. J'appuie, j'appuie pas ! La main du crétin s'exclut du protocole.
On peut dès lors comprendre que l'irruption d'un cancre voire un crétin dans la ligne successorale puisse créer la panique chez les dynasties régnantes, du moins celles dont les souverains ne sont pas que des rois au balcon. On touche là aux limites du modèle héréditaire pour comprendre que la seule automaticité n'est pas suffisante à pérenniser le système. Le crétin royal peut aujourd'hui le détruire !

Reste donc à contourner le crétin. Il n'y a pas d'autres façons que celle d'élargir le vivier. On abandonne la succession patrilinéaire pour puiser dans la famille dynaste le scion capable de continuer la mission. Bref rappel : chez Royal-Artillerie la mission est de gouverner et de protéger le domaine régalien strict des menaces extérieures et des empiettements politiques intérieurs. Y entrent donc des compétences dans les sous-domaines, diplomatie, armées, justice haute, finances et sûreté intérieure. Qui et comment choisit-on l'héritier ? Ma langue au chat sachant que le crétin ne résistera pas trois jours au quatrième pouvoir.

Justement, la question que devrait se poser tout contre-révolutionnaire est celle de bien situer le pouvoir à combattre. Qui a le pouvoir ? Henri-Pierre Jeudy dénonça très tôt l'irruption des médiats dans la sphère décisionnelle, directement parfois dans des procès cathodiques, sinon par influence lors de campagnes de presse en période électorale mais pas que. Si le pouvoir politique est fort, la presse et assimilés font de l'information et du commentaire. Le pouvoir politique faiblit-il que déjà montent au créneau des experts dont la science nous est vendue indiscutable par les chaînes d'information, et qui dictent la marche à suivre, l'infléchissement incontournable, la réforme indispensable sous peine de pilori. On voit les gouvernements retraiter en plus ou moins bon ordre devant les assauts du quatrième pouvoir capable de mettre les masses en mouvement. Mais ce pouvoir est bien plus pernicieux dans sa dictature de l'opinion qu'on ne le croit, en ce qu'il stérilise tout ce qui ne passe pas par lui. Après le ressac de la presse écrite, ne parlons pas des revues savantes qui reviendront bientôt au polycopié, il n'est aujourd'hui d'évènement que le télévènement. Les médiats en sont parfaitement conscients qui gèrent l'apparition et la disparition de voix qu'ils jugent "bonnes d'expression" ou interdites. D'où le tapage contre la presse Bolloré qui est sortie du champ de manœuvre délimité. L'incidence est directe sur la communication des courants minoritaires qui est bridée par les pontifes médiatiques, mais plus encore sur la communication groupusculaire par abonnements telle qu'elle se pratique dans le microcosme royaliste. Aucune contribution de notre bord à l'espace médiatique ne vaut si elle n'est pas un télévènement. Les démêlées judiciaires de l'Action française avec le ministre de l'Intérieur ont fait savoir aux gens qu'elle existait encore puisqu'on l'avait vu défiler. Et puis rideau ! Pareil pour les communiqués des princes, parfois intéressants ; ils sont contents d'avoir dit quelque chose de sensé, mais ils n'impriment pas ! Dire ou se taire revient au même sans le porte-voix cathodique. Nous refusons de le croire.

jeudi 21 septembre 2023

Cartographie d'un projet

ombres chinoises formant Dark Vador
Ce dossier est constitué de dix articles qui tirent les leçons du passé, même lointain, du présent bien sûr, et permettent de projeter dans l'avenir une possibilité de restauration monarchique. Si le principe prime le prince, celui-ci est indispensable. Aussi doit-on s'atteler à produire des candidats de talents formés à l'emploi ; qui eux-mêmes ne seront pas d'un grand secours si l'environnement institutionnel est vicié ou vicieux. C'est donc la pyramide du socle à la pointe qu'il faut embrasser tout entière, ce qui n'est pas aussi difficile qu'on peut le redouter de prime abord.

Le socle institutionnel favorise ou défavorise une restauration monarchique. Propager le plus largement possible la réforme de notre Etat est le moment le plus important sur l'axe d'effort. C'est le dixième article qui s'y colle. Mais il faut déblayer en même temps les obstacles à la marche en avant. Tous les obstacles.
Si pour la restauration qui vient, une dispute dynastique hors de saison diminuait dramatiquement les chances d'une accession à l'emploi du candidat le plus apte à régner au recommencement du royaume, il serait légitime d'écarter les plaideurs et de trouver la troisième voie qui mettrait tout le monde d'accord, contents, pas contents ! Qu'importe à la fin ! Sans doute devrons-nous casser les codes pour échapper au blocage des lois abolies. Toute l'évolution, toute l'histoire des découvertes est une fracture des codes légués pour laisser naître de nouveaux systèmes. La désignation du prince en charge parmi le vivier dynastique pourrait, comme on l'a souvent dit sur Royal-Artillerie, découler de la victoire circonstancielle de quelqu'un, celui (ou celle) que nous appelons d'habitude : "le dernier debout au milieu des ruines à Paris", plutôt que le premier à Reims dans le char à bœufs. L'évolution de notre société a remisé définitivement la berline de Gand. Les Français sont vaccinés au chef. Un chef va au charbon. Ce fut vrai des vieux rois, et ça le redevient. S'ils n'y prennent garde, les rentiers dynastiques, qui se sont juste donnés la peine de naître, vont tomber de l'échelle ! Mais le principe s'appliquera, en tirant de l'histoire les erreurs qui ruinèrent la monarchie, toutes les erreurs pour n'y pas revenir.

lys étaminé brodé au fil d'or pâle
* le régalien au roi *
* les Etats au peuple *
* la couronne aux dieux *


Dans l'ordre de publication sur Royal-Artillerie nous trouverons donc les dix articles suivants :

armes au chat hérissonné du piéton du roi
Catoneo



Cet article est paru dans les mêmes termes le 30 janvier 2022 sous le titre Rénovation - note d'ordre. Le voyage d'Etat de Charles III d'Angleterre en France est l'occasion de le remettre en avant.

lundi 18 septembre 2023

Immigration, fuir le défi ?

île de Lampedusa
La submersion de l'île de Lampédusa (↑) par des bateaux chargés de migrants noirs a réveillé le rayon "romans d'anticipation" où figure très visiblement Le Camp des saints de Jean Raspail. On s'y serait cru ! Jusqu'à Marion Maréchal qui a fait le voyage avant Ursula VDL pour toucher la réalité du doigt. Ce n'est pas non plus le port de Charleston, hein ?

Parler du défi migratoire que l'Europe devrait affronter convoque plusieurs angles d'analyse précédant des réponses raisonnées ; mais n'ayant pas reçu la mission de donner un cours magistral à l'assistance médusée, je me contenterai de prendre la question par nous-mêmes :
Que voulons-nous réellement à la fin ?

Il doit y avoir quatre "demandes" dans la conscience collective des Français. De la plus difficile à la plus facile à réaliser, on citera...
  • 1.- Retrouver le village entre Gaulois.
  • 2.- Calibrer l'immigration aux stricts besoins non comblés de l'économie française.
  • 3.- Rester Français et vivre à la française en s'adaptant intelligemment aux contraintes.
  • 4.- Ouvrir grand les portes du pays dans une démarche de charité universelle.
Le Piéton a choisi la proposition (3) ; les contraintes sont dans tous les champs, démographiques (un continent va se déverser dans l'autre), économiques (déficits de main d'œuvre primaire chez nous) et stratégiques (l'Occident reflue inexorablement par bonté d'âme sur la vague de ses valeurs libératoires).

S'il semble évident que l'immigration doive se travailler en priorité au stade de l'émigration en intégrant aux efforts réciproques ce concept d'entropie des conditions d'existence qui annulerait la marche au mirage de peuples sous-éduqués (nombreuses références sur Royal-Artillerie par le mot-clé "entropie"), deux paramètres s'interposent qui bloquent ces efforts, d'une part la natalité non maîtrisable augmentée des ravages de la polygamie dans les sociétés les plus précarisées d'Afrique ; d'autre part la modification du paradigme environnemental qui, outre la stérilisation des écosystèmes, déclenche des catastrophes naturelles d'ampleur, annulant en peu de temps des années d'efforts. En résumé, la Transméditerranéenne a de "beaux" jours devant elle et les squales deviendront énormes ! On fait quoi dès lors ?

Pas vraiment de solution. Endiguer le torrent démographique serait un bon commencement. Etant tenu pour acquis qu'il n'y a pas de politique européenne en la matière, il serait avisé que les trois sœurs latines s'entendent entre elles, en dehors de toute ingérence bruxelloise, pour accorder leurs violons sur la régulation de l'immigration qu'elles subissent. Il ne peut s'agir que d'un faisceau de dispositions nombreuses et ciblées, moins tonitruantes que les proclamations de préaux électoraux, mais reconnues efficaces. Le reste est littérature. Des idées, il y en a donc beaucoup, mais on doit commencer par la promesse d'application des mesures retenues, et sans doute revoir les protocoles judiciaires et la maîtrise des frontières, ce qui ne veut pas dire de les fermer à la coréenne comme certains le crient. Problème à attendre maintenant d'une union latine ad hoc : M. Macron voudra absolument en prendre le leadership et, comme le disait Donald Trump, ça deviendra de la merde !

Des grands espaces vides et cultivables existent au nord, derrière l'Oural ; mais pas en Europe occidentale où il n'y a ...... que du travail !

mercredi 13 septembre 2023

La Droite où l'on arrive jamais...*

*C'est un titre d'Yves-Marie Adeline et Hugues de Soyecourt, disponible à l'Alliance royale (clic).

Beaucoup d'agitation dans le camp retranché de la droite pour les élections européennes, mais nul ne veut refaire le parti de la Ligue à moins bien sûr d'en être lui-même le chef. Je ne sais plus quel journaliste américain en poste à Paris, surtout au Harry's Bar, me disait devant un blue lagoon qu'il y avait trop de "chefs" en cuisine à droite pour que les plats arrivent en salle et soient bons.

Voici les sondages : Toutes catégories confondues, le score le plus fort en intentions de vote est l'abstention : ce serait du 55+/-5% puis viennent les quatre partis qui nous intéressent :
- Rassemblement national/Bardella à 25%
- Les Républicains/Bellamy-Barnier à 9%
- Reconquête/Maréchal à 6%
- Debout la France/Dupont-Aignan à 3%

Il saute aux yeux que le RN, qui devance déjà le patchwork Renaissance à 23%, n'est pas demandeur d'un renfort, qui l'amènerait fatalement sur des bordures qu'il ne veut pas piétiner. En plus, Jordan Bardella n'a pas commencé sa campagne et il est un débatteur qui peut améliorer le chiffre tant il est bon. Un 30% est à sa portée, sans qu'il ait besoin du rancisme de Zemmour ni des hypothèques de pouvoir stérile des Républicains. Qui est-il d'abord ?

Jordan Bardella avec son rictus chiraquien
Pur produit de l'immigration heureuse, né à Drancy aujourd'hui en 1995 d'une souche italo-kabyle, Jordan Bardella fera très tôt de la politique en intégrant l'UNI. Cultivant une certaine intimité avec une fille du clan du Menhir, il accèdera facilement à la rampe de lumière du FN-RN, parce qu'il est surtout foutrement intelligent et très délié dans son discours. Tout le monde comprend Jordan Bardella, et d'abord sur les sujets difficiles. C'est pourquoi nous pensons qu'il peut améliorer le score RN aux Européennes de 2024 et, si nous le pensons dans notre cuisine, d'autres ont compris aussi qu'il y avait un train à prendre qui arrivera à l'heure pour une fois. C'est pourquoi la Droite, une fois encore ne coagulera pas en une alliance de circonstance capable de la faire gagner en sièges au Parlement de Strasbourg. Plus sur l'homme, voir la Wikipedia.

L'autre pointure dans le basket c'est bien évidemment Marion Maréchal. Elle aussi est intelligente et a un esprit délié, mais il n'a pas la plasticité de celui du jeune patron du RN ; en un mot, elle ne peut (sait) pas parler de tout en restant convaincante. Avant d'en venir au porte-à-faux Zemmour, il faut quand même dire que le projet qui devait la lancer à pleine vitesse sur une ligne droite politique, a fait pschitt. L'ISSEP de Lyon (Institut des sciences sociales, économiques et politiques) est un four, pour une première raison : il y a beaucoup de concurrence dans ce secteur de grandes écoles de management et la validation des diplômes par l'Etat est primordiale pour que s'y inscrivent des élèves cotisants en nombre. Même s'il y a quelques noms connus, on n'a jamais vu non plus de vraies pointures dans le corps enseignant et sans doute trop d'éditorialistes moyens. L'autre problème de Marion Maréchal est la présence à ses côtés de Nicolas Bay et Guillaume Peltier au Bureau national du parti zemmourien. Ces ambitieux ont un agenda qui croise celui de belle blonde et leur CV les garantit sans scrupules. Mais elle a par son mari italien des connexions que les autres n'ont pas et qui pourraient compenser dans les couloirs de l'institution européenne.

Reste le syndicat des sortants, Les Républicains, réunissant toujours les deux courants du centre libéral et de la droite affaissée de gouvernement. Leur chef actuel à Strasbourg est François-Xavier Bellamy, prof de philo, intelligent et assez bon débatteur, mais - est-ce physique ? - il n'imprime pas, comme on dit chez les sondeurs. Le parti de M. Ciotti aurait-il enfin un candidat naturel ? Nul n'en voit et les tentations sont grandes d'aller faire masse chez Horizons pour profiter des bons sondages d'Edouard Philippe, si tant est qu'il y reste de la place depuis que le Petit Reître qui s'agite en tous sens avant que ne claque la trappe judiciaire, a adoubé Moussa Darmanin pour la présidentielle de 2027 sans voir qu'il ne fait pas le poids. Les malins ont vu le défaut de carres et la connivence des nains. Chez Horizons et le hamac électoral promis !

Un mot sur celui que tout le monde avait en tête jadis, Eric Zemmour. Ses qualités de polémiste n'ont pas suffi à transformer le lecteur en électeur. Son plus gros défaut, et c'est la fente de l'armure, est son inclination à solliciter l'histoire pour nourrir son présupposé. La dernière bêtise est cette affaire de Pétain sauveur des juifs français. C'est une légende urbaine que j'entends depuis mon enfance et qui n'a jamais pu être prouvée dans aucun protocole de recherche. Pourquoi s'y agripper comme la moule au bouchot ? Il semble incapable de ne pas avoir raison, surtout dans le domaine de l'histoire du dimanche. Le roman national(iste) est de plus en plus romancé. Sa prosopopée l'enferre et il semble que personne ne puisse le convaincre d'arrêter le massacre de ses idées par ailleurs de bons sens souvent. Ses travers prendront le pas sur le programme de sa tête de liste et augurent d'un petit score (3%?) après lequel les troupes se débanderont en vue des prochaines législatives.

A qui Bardella prendra-t-il des voix ? Aux Républicains bien sûr, même si le programme socio-économique de Marine Le Pen est un repoussoir pour les électeurs actifs qui se lèvent plus tôt qu'elle. Six ou 7% ? Ce sera bien payé vu le brouillard programmatique de ce parti téfalien et enterrera définitivement ses chances futures. Les affaires à droite se discutent désormais hors de lui, entre Philippe, Le Maire, Woerth, Bayrou voire Darmanin et Sarkozy. La Droite sera alors représentée par le Rassemblement national avec une politique sociale à l'Insoumise qui répond parfaitement au constat d'Yves-Marie Adeline, lequel expliquait dans son livre en titre « pourquoi la droite, même quand elle est au pouvoir, est contrainte à faire une politique de gauche » mais cette fois pour d'autres raisons que morales, par pure démagogie, le second péché capital de la démocratie après la luxure des élus.

dimanche 10 septembre 2023

L'Ovalie t'emmerde, gauchiard !

phase de jeu du XV féminin
Bien sûr le rugby n'est pas un sport de dentelières qui se pratique loin de la ligne des trois-quarts en cagoule et tutu. C'est un sport collectif brutal sans rembourrages d'épaules où le joueur passe avant le ballon et l'équipe avant tout. Tout le jeu est là.

Comment plairait-il aux ratiocineurs en sucre d'orge qui hantent les canaux d'opinion et nous prient de nous soumettre à leur mode de vie grisâtre, nourri d'assistance publique, de revendications oisives et de saccages anonymes ? Le pire pour les contraltos de la gauche doctrinale c'est que le rugby, avec tous les défauts de la France rance comme dit Libération - un journal qui va bien à frotter les rangers - le rugby donc, c'est en plus un sport de gonzesses pratiqué par les filles avec autant de vigueur et de brutalité qu'on en voit sur les rings de MMA féminin. C'est sûr que Rousseau, Tondelier et Panot, les remèdes-à-l'amour des hémicycles, ne peuvent pas comprendre l'engouement de joueuses saines de corps et d'esprit, libérées du féminisme hystérectomisé, ce d'ailleurs qu'on n'exige pas d'elles, tant elles comptent peu finalement. Ces harpies n'existent que par le tapage de la punchline, autant qu'il est relayé par les médiats avides de putaclics.

Bien sûr, le rugby est un sport "jambon-pinard-ortolans" originellement pratiqué à droite et l'image ci-dessous d'entrée en mêlée de Kléber Haedens, Antoine Blondin et Roger Nimier le prouve. On ne pourrait faire la même avec Sartre en talonneur ! Ni d'ailleurs avec aucun pontife de la gauche "caviar". Terrible exclusion !

Haedens, Blondin, Nimier

Si la chasse à courre n'est pas répandue en Ovalie, la tauromachie par contre y prospère, ce qui, avec le rugby franchouillard, est le second motif de redressement d'une France méridionale perdue d'avance pour le wokisme végétarien tant à la mode, qui va reconstruire l'homme nouveau selon les critères d'anachronie énoncés par tous les laissés pour compte de l'Occident global.
Ces gens du Midi ne comprendront jamais les phobies des "parisiens" qui s'insurgent contre des traditions qui ne leur appartiennent pas. Restez chez vous ! Caltez de nos causses, nos vallons, nos montagnes et nos rivières à mouches, vous êtes trop sales entre les oreilles, on vous hait ! Drop !

mardi 5 septembre 2023

L'abaya, le gag !

La petite maison de couture Al Haya Paris réinvente l'abaya et le kimono pour ses clientes du Golfe. En arabe, "al haya" veut dire la pudeur, et son premier défilé à Dubaï en 2021 mérite qu'on s'y attarde. Les modèles sont très chics, parfois suggestifs, les mannequins plus en chair que les arincades de l'agence Elite. Jugez-en :


Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.

Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.

Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.

jeune fille musulmane aux yeux bleus
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.

En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.

L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.

Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !

samedi 2 septembre 2023

Quand le prince Jean signe Paris

Jean d'Orléans et son blason aux pleines armes de france

Dans une lettre aux organisateurs de l'Université d'été de l'Action française, le comte de Paris a posé, mais un peu tard, les lices de la réflexion studieuse que lui inspire le programme du Camp 2023. C'est un encouragement à persévérer dans l'agit'prop visant la réforme des institutions de la Vème République afin d'y insérer la famille d'Orléans dans le projet d'un retour de la monarchie constitutionnelle. Texte poli-miroir, sans saillant criticables, répétible annuellement. On s'en contentera. Merci Monseigneur d'y avoir pensé.




La Saint-Louis, 25 août 2023

Chers amis,

Vous achevez votre camp d’été, durant lequel vous avez réfléchi et travaillé à l’avenir de la France et des Français, dans une perspective qui prend en compte le temps long et la spécificité historique de notre pays. C’est pourquoi votre réflexion politique s’appuie sur le Roi non comme sur un souvenir, mais dans le souci nécessaire de renouer le pacte millénaire entre la Nation et la Famille royale, pacte qui a construit la France et participe de son identité même.

Notre pays traverse une crise sans précédent, politique et sociale, bien sûr, mais aussi et, peut-être avant tout, morale. Sa cohésion est gravement menacée et, trop souvent, des intérêts particuliers prennent le pas sur l’intérêt général. C’est pourquoi, dans un moment aussi crucial pour notre pays, une réflexion sur l’évolution de nos institutions et la relation du Prince avec les Français doivent dicter votre engagement, afin que le souci du bien commun redevienne la boussole de l’action politique. C’est, je n’en doute pas, votre préoccupation profonde et je vous en félicite.

Tel est, dans l’attente de vous rencontrer ou de vous revoir, le court message que je tenais à vous envoyer, en vous priant de me croire,
Votre affectionné.

Paris
(source AF)

lundi 28 août 2023

La guerre mondiale n°3 n'aura pas lieu.

Dans un entretien d'une heure accordé à Natalia Turine (clic) dans sa Librairie du Globe, Michel Duclos évalue la possibilité d'une extension du domaine de la guerre émanée de la crise régionale déclenchée par la Russie dans la galaxie slave. Cet embrasement courrait sur tout l'espace eurasien jusqu'à mettre le feu à l'étranger proche de la Chine populaire. Dans la perspective d'une réalisation de cette vision apocalyptique, montent le chant des colombes de la paix au détriment bien sûr de toujours les mêmes, les agressés, qui par leur entêtement font courir au monde un danger existentiel. Les munichois français en sont rassurés, qui donnent tout à l'appétit de l'ours russe pour qu'il ne trouble pas l'heure de l'apéro. On y croise des gens plus accomodants à l'endroit du Kremlin que les Chinois eux-mêmes qui restent abonnés aux frontières des Nations-Unies. Et nous citons Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour pour les plus visibles. Mais que pensent au fond d'eux-mêmes Olaf Scholz et Emmanuel Macron, en chauffant leur cognac devant un bon feu de cheminée ? C'est le moment de régler l'horloge stratégique.

champignon nucléaire
Dans le feu de l'action mais toujours en état de paix, on trouve les deux Europes, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada, chaque bloc ayant ses motifs propres. En renforts lointains, mais assez proches de l'extrême-orient russe, se trouvent le Japon et la Corée du Sud.
L'Europe orientale est directement menacée de glaciation par la guerre russe d'Ukraine et, à l'exception notable de la Hongrie (better red than dead !), elle entend se défendre manu militari si l'Ukraine s'effondre. Pour commencer elle pare les coups d'une guerre hybride annonciatrice d'une exacerbation de l'hostilité russe envers les anciens pays du pacte de Varsovie. Certes garantis par l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, ces pays réarment quand même à grands frais derrière la Pologne à qui on ne la fait pas. L'idée semble être de rendre impossible une victoire conventionnelle des Russes qui se risqueraient sur leurs territoires, obligeant le Kremlin à monter alors le niveau d'attaque jusqu'à déclencher une réplique américaine. En fait le réarmement mené tambour battant vaut réassurance du parapluie atomique américain ; et c'est bien vu car ça plaît à l'Administration de Washington de quelque bord politique qu'elle procède, parce que la "nouvelle Europe" se sort enfin les doigts.

L'Europe occidentale continentale (du Cap Nord à l'Ile de Fer) se cherche. Toutes les chancelleries connaissent Vladimir Poutine, certaines pour l'avoir reçu plusieurs fois, et elles peinent à reconnaitre dans le petit csar d'aujourd'hui le nain maléfique qui va foutre le feu à la moitié de la planète. Donc elles écoutent tout ce que dit la communication du Kremlin pour y trouver matière à se rassurer de l'existence d'une rationalité, différente de la leur sans doute, mais praticable néanmoins quand on a les codes. C'est dans ce travers qu'a versé Emmanuel Macron au début de l'engagement russe en Ukraine. A creuser, on ne connaît toujours pas les termes de l'échange ! Faute de mieux, l'Europe occidentale mise sur la casse des armées soviétiques qui reportera plus à l'est le front "euro-russe", ouvrant en même temps une confrontation froide susceptible de s'atténuer dans le temps, ou plus vite, si la disparition de Poutine ouvrait les vannes d'une débacle de la Fédération de Russie avec accélération des routes chinoises de la soie vers l'Europe solvable. Il y a un pont stratégique à double sens à jeter par dessus les ruines de la connerie poutinienne entre l'Europe et la Chine qui passe justement par ces routes de la soie.
Dans l'entretien qui ouvre cet article, Natalia Turine laisse entendre que la porteuse psychologique de l'Europe de l'Ouest continentale est la capitulation. Ce qui ne manquera pas d'arriver si les élections américaines portent à la Maison Blanche un président hostile à l'implication des Etats-Unis dans une guerre européenne (ils ont déjà donné). Mais si le manche branle parfois sur cet espace de la "vieille Europe", il nous reste une possibilité de prendre nos gains en cas de rupture du plafond de verre sur lequel et sans grâce patine Poutine, en rebranchant la station-service russe à nos économies qui en sont le débouché naturel.

Depuis les opérations de nettoyage de la diaspora russe par le FSB sur son sol, le Royaume-Uni n'a pas tergiversé, qui a entraîné l'armée ukrainienne dès 2015 à se départir du règlement de combat soviétique pour être capable d'un raisonnement tactique adapté aux circonstances. C'est cette autonomisation des unités qui a permis de stopper la marche sur Kiev des brigades playmobil russes. L'ouverture des hostilités l'a confirmé dans sa prospective et, résistants dans l'âme, les Britanniques poussent au confinement et à la destruction de la puissance militaire russe, après le saccage organisé de son économie. Au cas où la question nous serait posée, ce blogue est sur cette même intention, bloquer et détruire les ressorts de la menace... jusqu'au Kamtchatka. Mais le défi qu'affronte le Royaume-Uni est sans doute plus grand que les moyens dont il dispose aujourd'hui en défense. La distance relative du danger russe freine aussi l'abondement aux caisses du réarmement, la société de sa gracieuse majesté étant confrontée à d'innombrables déconvenues depuis le Brexit. Le gros morceau sur l'épure stratégique, c'est l'Amérique du Nord.

Le Canada est le pays de l'Alliance le moins impliqué dans la dispute russo-ukrainienne. Il contribue néanmoins à la défense de la Liberté en formant des recrues ukrainiennes. Rapportée au PNB, sa contribution relative dépasse celle de l'Allemagne. C'est un pays qui sait aussi mettre les moyens et le seul qui avait débarqué des escadrons de chars Leopard2 en Afghanistan... pour s'en servir.
Les Etats-Unis d'Amérique sont une thalassocratie mondiale dont les intérêts sont partout menacés ; c'est le propre d'un empire ; plus tu es grand, plus tes mitoyennetés conflictuelles s'additionnent. S'il peuvent faire face à une globalisation du conflit slave déclanchée par la consumation des mèches lentes interagissant entre pays détestant l'Occident, ce n'est pas non plus sans y perdre des plumes, au plan économique et financier d'abord. Globalisation du conflit signifie que la Chine populaire entre en transes et menace le Pacifique nord dont elle est barrée d'accès par l'île de Taïwan (on ne ressort pas la carte). Il est plus que probable qu'une coalition navale des Etats-Unis et du Japon réarmé tiendrait tête à l'escadre chinoise percluse de faiblesses inhérentes à la hiérarchisation communiste. Mais sur zone, les deux points chauds que seront le verrou formosan et l'industrie sud-coréenne que les Kims veulent anéantir, coûteront très cher à défendre contre l'ouragan de missiles promis. Il faut souhaiter que le PCC mesure bien l'effervescence sociale que créera en Chine une crise économique des exportations passant par le Détroit, sans parler des crises immobilière et bancaire annoncées qui anéantissent l'espérance des classes inférieures. Il y pourrait périr non sans avoir fait tuer beaucoup de monde avant - on ne se refait pas ! Certains le voient-ils à Pékin ? On m'assure que oui et que l'obsession taïwanaise est une idiosyncrasie du président Xi qui se retrouve condamné à poursuivre cette chimère sur un chemin qu'il a lui-même tracé, jusqu'au centenaire de la proclamation de la République populaire par Mao Zedong. Mais cette incertitude de la coagulation sino-russe qui obère les meilleures analyses, se confronte à une autre : la stratégie-miroir de l'Occident qui "ré-agit" et ne commande plus aux événements.

Dans l'entretien, Natalia Turine suggère de se pencher sur le régime démocratique qui fait s'affronter aux Etats-Unis une moitié du pays contre l'autre, créant un momentum stérilisateur de toute stratégie. Son invité voit très bien le biais dialectique contre le régime démocratique auquel il répond par l'expression des libertés individuelles et autres valeurs, ce qui, à mon sens, est botter en touche. Ce que dénonce sans le citer Natalia Turine - elle a des difficultés en français - c'est le régime parlementaire qui renverse le parti du moment sur le parti de la veille dans une alternance sans fin, peu propice à la permanence stratégique. Michel Duclos concède quelques défauts au modèle mais ne peut le renier sans renier tout ce qui l'a fait lui, énarque et diplomate de haut niveau. Or c'est bien là que se trouve le défaut de la cuirasse occidentale. Courir au plus pressé, dans les contraintes d'opinion et les bornes budgétaires votées n'est pas propice au déploiement d'une stratégie de long terme. Que peuvent vouloir les Etats-Unis à vingt ans de vue ? Cette période de temps est séquencée en segments de deux années : de mid-terms en mid-terms. Il n'y a que dans une guerre ouverte où la nation américaine précipite en une force assez puissante pour vaincre ou décourager ses contempteurs. Le modèle parlementaire étant en vigueur également en Europe, il lui apporte les mêmes défauts ; sauf à être plantés devant la porte ouverte du four russe comme le sont les pays de l'Est anciennement soviétisés, qui surmontent la démocrature par une forme de cohésion nationale que nous avons oubliée.

*** Conclusion ***

Les Chinois comme les Indiens d'ailleurs ont signifié à la Russie que l'usage de la bombe atomique était restreint à la défense ultime des intérêts essentiels d'une nation et ne pouvait servir à négocier une paix par sa seule menace d'emploi. Il ne fait pas de doute qu'à Zhongnanhaï tout au moins, les analystes chinois ont conclu à l'anéantissement de l'empire céleste et de sa colonne vertébrale communiste si une guerre nucléaire était déclenchée. On peut fonder une prospective stratégique sur cette conviction, c'est à dire que tant qu'un conflit régional ou global ne pénètre pas les intérêts essentiels des parties prenantes, il n'y aura pas d'escalade nucléaire de la part des acteurs majeurs. Mais si le projet d'un "doté" est de conquérir continuellement ses marches, il reporte en avant la ligne rouge de sa réaction de sauvegarde. La Chine n'est pas sur une trajectoire de conquête. Contrairement à ce que pense Turine, la Chine populaire a un projet pseudo-hégémonique dans ses propres limites, qui dépasse le matérialisme vulgaire : revenir aux marches de l'ancien empire (les sources hydrologiques) et soumettre son étranger proche au kowtow voire au tribut (RDLS) dans un but de dissuasion totale. L'invasion progressiste du XIXè siècle est dans tous les esprits. Elle ne se reproduira jamais !

Reste que le maniement inconsidéré de la menace nucléaire par le pouvoir russe peut très bien déraper et engager une frappe atomique à l'extérieur de ses frontières, auquel cas la mise en exécution de l'interdiction proférée par les deux autres puissances nucléaires reste à voir. L'hubris poutinien et son complet désintérêt du bien-être populaire laissent la porte ouverte à toutes les horreurs ; mais la rationalité sino-indienne peut conduire au confinement de la schizophrénie à la seule Russie, surtout depuis que les Etats-Unis ont déclaré répondre à pareille extrémité par de lourdes représailles conventionnelles - on parle d'envoyer par le fond toute l'escadre russe de la Mer noire et peut-être "neutraliser" la base navale de Sébastopol. En conséquence de quoi, nous pouvons rester sur le titre de cet article : la troisième guerre mondiale n'aura pas lieu.
La Chine populaire y veillera. Et l'Europe dans tout ça ? Poser la question est y répondre en contemplant l'aréopage des élites aux manettes. Elles ne dirigent rien !

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